Mon cœur n’est pas une cage.
Mon cœur est le cœur d’un vieux saule qui baille par ses plaies, par elles rie, et, s’ouvre au monde : vient y nicher qui veut !
— es-tu oiseau ?…
Si tu l’es, si tu as quelque nid à faire, je saurai bien te protéger et te cacher aux yeux du monde… J’ai un cœur à être habité : assez creusé par la souffrance pour que tu puisses y trouver l’aise.
Mes branches sont hautes ; mon feuillage, épais ; mes racines fortes, profondes : racines du sol, racines du ciel, je vais puiser des profondeurs de la douleur et de l’extase, tout à la fois, ce qu’il faut pour faire ma sève.
J’offre au printemps des fleurs, et, la fraîcheur, l’été ; à l’automne, tout l’éventail du choix béant de mes plaies où toujours on peut se loger ; l’hiver, la chaleur de l’écorce.
Je ne te demande qu’une chose si tu m’habites : m’oublier… vivre en moi comme tu respires, comme tu voles ou bien te reposes…
car je veux t’entendre chanter !
[27 / IV / 08]