On ne connaît bien que ce dont on manque.
On ne possède bien ainsi que ce qu’on a perdu.
On n’est riche que des coups reçus.
On n’est fort que des trahisons, des déceptions, des abandons,
tour à tour, et, jour après jour, subis, « encaissés » « bon an mal an ».
C’est toujours « un mal pour un bien ».
Quelles soient jetées par le Destin ou par les hommes, les pierres que l’on reçoit sont toujours — pour qui sait « durer », qui sait attendre — autant de « pierres dans son jardin » comme on dit chez « les gens de peu ».
On thésaurise la souffrance comme un petit capital qui rapporte des dividendes.
Ne connaît « le goût du pain » que qui en a manqué un jour.
Ne connaît « le goût des choses » que qui en fut privé souvent.
N’a « de prix » que ce qui « coûta ».
Et toute la vie est ainsi, depuis toujours ;
ainsi sera.
Ce qui va « ne va pas de soi ».
« Ce qui cloche », s’il vous sonne, ne sonne pas toujours « le glas », mais plutôt, au rebours, les Mâtines ou l’Angélus…
Mieux : « ce qui cloche » sonne nos noces,
jour après jour,
avec la vie,
« c’est ainsi et pas autrement ». Ainsi.
Ainsi soit-elle !…
Somme toute,
elle est « bonne épouse ».
[6 / II / 08]