{"id":1427,"date":"2023-10-08T11:17:45","date_gmt":"2023-10-08T09:17:45","guid":{"rendered":"http:\/\/revuepolaire.com\/?p=1427"},"modified":"2023-12-05T11:17:14","modified_gmt":"2023-12-05T10:17:14","slug":"jean-giono-et-la-psychanalyse-une-lecture-dune-page-de-regain-1930","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/2023\/10\/08\/jean-giono-et-la-psychanalyse-une-lecture-dune-page-de-regain-1930\/","title":{"rendered":"Jean Giono et la psychanalyse [Une lecture d\u2019une page de Regain (1930)]"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"471\" height=\"596\" src=\"http:\/\/revuepolaire.com\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/AVT_Jean-Giono_2456.webp\" alt=\"\" class=\"wp-image-1428\" srcset=\"https:\/\/revuepolaire.com\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/AVT_Jean-Giono_2456.webp 471w, https:\/\/revuepolaire.com\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/AVT_Jean-Giono_2456-237x300.webp 237w, https:\/\/revuepolaire.com\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/AVT_Jean-Giono_2456-300x380.webp 300w\" sizes=\"(max-width: 471px) 100vw, 471px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>GIONO \/ <em>REGAIN<\/em> \/ \u00ab LE RENARD \u00c9CORCH\u00c9&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Avant-propos&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Nous sommes en 1930. Depuis 1924, \u00e0 Paris, le mouvement surr\u00e9aliste, mouvement d\u2019avant-garde po\u00e9tique et litt\u00e9raire, se revendique des th\u00e8ses du m\u00e9decin juif viennois Sigmund Freud et de sa psychanalyse, dont les premiers cours sont parus l\u2019ann\u00e9e m\u00eame de la naissance de Giono, \u00e0 Vienne, en 1895. Jean Giono, dont la culture est encyclop\u00e9dique, n\u2019ignore rien des th\u00e9ories de Freud&nbsp;: de ce conscient, et de cet inconscient, nappe phr\u00e9atique des r\u00eaves et des pulsions, soumise \u00e0 la loi des geysers, vers laquelle tout individu refoule ce qu\u2019il ne peut ma\u00eetriser, contr\u00f4ler, g\u00e9rer. Freud a aussi pour th\u00e9orie que tout l\u2019humain est r\u00e9gi et soumis \u00e0 la pulsion sexuelle. Il y a deux instincts chez l\u2019homme&nbsp;: \u00c9ros, la pulsion de sexe, pour reprendre le terme antique, et, Thanatos, la pulsion de mort&nbsp;; l\u2019une est l\u2019envers de l\u2019autre. C\u2019est ce que Giono va mettre en sc\u00e8ne dans cette sc\u00e8ne majeure de <em>Regain<\/em>&nbsp;: ce qu\u2019on appelle en litt\u00e9rature&nbsp;: \u00ab un morceau de bravoure \u00bb, un passage clef du livre. Panturle travaill\u00e9 par le Printemps, par \u00ab le vent d\u2019Amour&nbsp;\u00bb, est en d\u00e9sir de femme. Cette pulsion de vie, qui ne peut aboutir, se r\u00e9aliser, va donc se retourner contre lui en pulsion de mort. Toute pulsion de vie qui ne peut se r\u00e9aliser se transforme en pulsion de mort. Heureusement pour lui, la Mam\u00e8che a tenu sa promesse&nbsp;: elle a pouss\u00e9 une femme vers lui, qu\u2019il va bient\u00f4t rencontrer, et qui va le reconna\u00eetre et qu\u2019il va \u00ab&nbsp;conna\u00eetre \u00bb, au sens biblique.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le v\u00e9ritable objet du texte et sa grande singularit\u00e9 en 1930&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019homme, l\u2019\u00e9crivain qui \u00e9crit ce roman, est un ancien combattant de la guerre de 1914-1918&nbsp;; il a connu l\u2019horreur de l\u2019\u00e2ge de dix-neuf ans \u00e0 l\u2019\u00e2ge de vingt-deux ans, dans la boue des tranch\u00e9es, de Flandres, entre autres&nbsp;; ce qu\u2019il raconte d\u2019une mani\u00e8re tr\u00e8s po\u00e9tique et tr\u00e8s originale dans le grand roman qu\u2019il a consacr\u00e9 \u00e0 ce sujet&nbsp;: <em>Le Grand Troupeau<\/em>, en 1931, soit un an apr\u00e8s la publication de <em>Regain<\/em>. Les v\u00e9ritables h\u00e9ros du <em>Grand Troupeau<\/em> sont les animaux plus que les humains&nbsp;; des animaux de ferme, tous innocents, perdus dans le chaos de la guerre, dans le chaos des champs de bataille, et que les deux h\u00e9ros masculins, des paysans, essayent de sauver comme ils le peuvent&nbsp;; les h\u00e9ro\u00efnes du livre, ce sont les femmes, des femmes sans hommes, livr\u00e9es aux affres de leurs d\u00e9sirs et de leur frustrations, oblig\u00e9es de se battre contre leur propre nature&nbsp;; le message est clair, proph\u00e9tique du mot d\u2019ordre des g\u00e9n\u00e9rations qui vont suivre&nbsp;: l\u2019homme n\u2019est pas fait pour faire la guerre, mais pour faire l\u2019amour et pour vivre en paix et en harmonie avec la Nature et sa propre nature, \u00e9tant lui-m\u00eame, comme disait le philosophe juif de l\u2019entre-deux guerres Emmanuel Berl, \u00ab un morceau de la Nature \u00bb&nbsp;; oui, \u00ab tout le malheur de l\u2019homme moderne vient du fait qu\u2019il ne se reconna\u00eet plus comme un morceau de la nature. \u00bb Si Giono \u00e9crit <em>Regain<\/em> (1930), puis, aussit\u00f4t apr\u00e8s <em>Le Grand Troupeau<\/em> (1931), c\u2019est pour dire au monde, en tant qu\u2019ancien combattant qui a vu&nbsp; de ses yeux vu ce dont l\u2019homme est capable quand il devient fou, quand il se perd dans le d\u00e9luge de la guerre industrielle qui an\u00e9antit la nature, que l\u2019homme est fait pour la paix et pour l\u2019amour&nbsp;; c\u2019est pour dire, comme l\u2019\u00e9crivain et cin\u00e9aste contemporain afghan Atiq Rahimi, que \u00ab celui qui ne sait pas faire l\u2019amour fait la guerre \u00bb&nbsp;; si Giono \u00e9crit ces deux livres majeurs, c\u2019est pour lancer au monde entier, aux jeunesses pr\u00e9sentes et \u00e0 venir, un slogan&nbsp;: \u00ab Paix et Amour \u00bb, \u00ab <em>Peace and Love<\/em> \u00bb diraient les jeunes combattants britanniques qu\u2019il a crois\u00e9s et avec lesquels il a combattu \u00ab <em>in Flanders Fields<\/em> \u00bb, sur les champs de bataille des Flandres, comme celui du Kemmel, de cette offensive de 1918 qui fut un massacre pour les troupes fran\u00e7aises et qui fut l\u2019une des offensives \u00e0 mettre au nombre de celles du fameux \u00ab saillant d\u2019Ypres \u00bb, qui s\u2019\u00e9chelonnent de 1914 au 11 novembre 1918&nbsp;: Ypres, Messine, Paschendaele, et le Kemmel. Tous ces jeunes gens, qui, \u00e0 partir de 1935 et jusqu\u2019\u00e0 la Seconde Guerre Mondiale, vinrent voir Giono \u00e0 Manosque, et constitu\u00e8rent cette communaut\u00e9 du Contadour, vivant comme une tribu indienne au contact de la nature, dans une grande libert\u00e9 de m\u0153urs, ont entendu le message de Giono&nbsp;: \u00ab&nbsp;Paix et Amour \u00bb&nbsp;; on peut raisonnablement les consid\u00e9rer comme la premi\u00e8re communaut\u00e9 hippie, qui a, avec trente ans d\u2019avance, esquiss\u00e9 l\u2019id\u00e9al d\u2019un monde meilleur, d\u2019un retour \u00e0 la Nature premi\u00e8re, primitive, M\u00e8re&nbsp;; ils ont esquiss\u00e9 une nouvelle fraternit\u00e9 entre les individus, de nouvelles r\u00e8gles sociales, de nouvelles m\u0153urs, mani\u00e8res de s\u2019aborder, de partager, de s\u2019aimer, de se voir.<\/p>\n\n\n\n<p>De mani\u00e8re tr\u00e8s psychanalytique, mais sans la pesanteur de la th\u00e9orie, de mani\u00e8re subtile et po\u00e9tique, Jean Giono discoure ici, dans ce fragment, de la pulsion sexuelle, qui peut devenir l\u2019\u00e9lan vital qui garantit sa survie \u00e0 l\u2019esp\u00e8ce et \u00e0 l\u2019individu, m\u00e2le ou femelle, son \u00e9panouissement, mais qui peut devenir \u00e9galement, s\u2019il ne peut se r\u00e9aliser, pulsion de mort. C\u2019est l\u2019\u00e9ternelle dualit\u00e9 d\u2019\u00c9ros et de Thanatos, pour reprendre les formulations antiques, \u00e9voquant les dieux grecs anciens, ch\u00e8res \u00e0 Sigmund Freud&nbsp;: \u00c9ros, le dieu de l\u2019Amour, la pulsion de vie&nbsp;; Thanatos, le dieu de la Mort, la pulsion de mort. La pulsion de vie qui ne peut se r\u00e9aliser se r\u00e9sout toujours en pulsion de mort&nbsp;; celui qui est capable du meilleur, s\u2019il ne peut se r\u00e9aliser, va alors tenter \u2014 en vain, d\u2019ailleurs \u2014 de se r\u00e9aliser dans le pire&nbsp;; quiconque est capable du meilleur est capable du pire&nbsp;; Giono est ath\u00e9e au sens chr\u00e9tien du terme, mais il est panth\u00e9iste au sens pa\u00efen du terme, et, \u00e0 cet \u00e9gard \u00ab&nbsp;mystique \u00bb&nbsp;: il sait que ne pas respecter la Nature, aller contre nature, est ce que les chr\u00e9tiens ont choisi d\u2019appeler&nbsp;: \u00ab un p\u00e9ch\u00e9 \u00bb&nbsp;; par ce texte, il fait voler en \u00e9clat des si\u00e8cles, deux mill\u00e9naires m\u00eame, de culpabilit\u00e9 morale inquisitoriale, la chape de plomb de la moralit\u00e9 bourgeoise catholicarde, comme les hippies la feront \u00e9galement voler en \u00e9clat trente ans plus tard. Nul n\u2019est plus fort que la Nature&nbsp;: il faut se soumettre \u00e0 ses lois, y consentir, comme une \u201cb\u00eate ang\u00e9lique\u201c, sans qu\u2019on puisse, sans qu\u2019on doive y voir l\u00e0 la moindre notion de \u201cp\u00e9ch\u00e9\u201c&nbsp;; son texte est pour l\u2019\u00e9poque d\u2019une audace et d\u2019une modernit\u00e9 stup\u00e9fiante et jubilatoire, qui n\u2019ont pas \u00e9chapp\u00e9es \u00e0 la jeunesse intellectuelle ou plut\u00f4t \u00e0 la jeunesse artiste, \u00e0 la jeunesse po\u00e9tique de l\u2019\u00e9poque. C\u2019est pour cela que l\u2019aventure du Contadour a eu lieu&nbsp;; et le Contadour, c\u2019est woodstock, ou l\u2019\u00e9quivalent&nbsp;: San Francisco, trente ans avant&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Objet annexe&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Comment disserter sur un sujet sensible ou \u201cglissant\u201c avec \u00e9l\u00e9gance et professionalisme, sans embarrasser son interlocutrice ou son interlocuteur, sa lectrice ou son lecteur. Bref, comment \u00ab&nbsp;savoir jusqu\u2019o\u00f9 on peut aller trop loin \u00bb, comme diraient de concert Jean Cocteau et Charles P\u00e9guy \u2014 qui est l\u2019inventeur de la formule \u2014, sans jamais tomber dans la vulgarit\u00e9 ou l\u2019impudeur, puisque le style, c\u2019est la pudeur de l\u2019impudeur. Bref, quand on sait dire les choses, on peut aborder tous les sujets.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Voici le texte, la page&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ce matin, il essaye encore de traire Caroline. La mamelle est dans sa main comme une petite b\u00eate morte. Elle ne vient m\u00eame plus cette goutte de lait jaune\u2026 c\u2019est fini.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Il lui donne un coup de poing dans les c\u00f4tes. \u00c9tonn\u00e9e, Caroline esquive un autre coup en creusant les reins. Il a frapp\u00e9. Pourquoi&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Il a encore besoin de frapper. Ce ne serait pas Caroline \u2014&nbsp;la ch\u00e8vre \u2014 il frapperait encore. Si seulement c\u2019\u00e9tait un homme, il frapperait encore. \u00c7a lui fait du bien. Parce que autrement, il se sent amer et tout fleuri comme l\u2019aub\u00e9pine.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Et puis, il a attrap\u00e9 le renard&nbsp;: c\u2019\u00e9tait un jeune. Il \u00e9tait pris de tout juste \u00e0 l\u2019instant. Il devait \u00eatre l\u00e0 \u00e0 manger l\u2019app\u00e2t au bout des dents, se m\u00e9fiant, connaissant le syst\u00e8me et puis le pas de Panturle a sonn\u00e9, le coup de dent a \u00e9t\u00e9 un peu plus rapide, moins calcul\u00e9 et la m\u00e2choire du pi\u00e8ge a claqu\u00e9 sur son cou. Il est encore chaud au fond du poil, et lourd d\u2019avoir mang\u00e9. Panturle l\u2019enl\u00e8ve du pi\u00e8ge et il se met du sang sur les doigts&nbsp;; de voir ce sang comme \u00e7a, il est tout boulevers\u00e9. Il tient le renard par les pattes de derri\u00e8re, une dans chaque main. Tout d\u2019un coup \u00e7a a fait qu\u2019il a, d\u2019un coup sec, serr\u00e9 les pattes dans ses poings, qu\u2019il a \u00e9largi les bras, et le renard s\u2019est d\u00e9chir\u00e9 dans le craquement de ses os, tout le long de l\u2019\u00e9pine du dos, jusqu\u2019au milieu de la poitrine. Il s\u2019est d\u00e9roul\u00e9, toute une belle portion des tripes pleines, et de l\u2019odeur, chaude comme l\u2019odeur du fumier.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00c7a a fait la roue folle dans les yeux de Panturle.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Il les a peut-\u00eatre ferm\u00e9s.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Mais, \u00e0 l\u2019aveugle, il a mis sa grande main dans le ventre de la b\u00eate et il a patouill\u00e9 dans le sang des choses molles qui s\u2019\u00e9crasaient contre ses doigts.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00c7a giclait comme du raisin.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>C\u2019\u00e9tait si bon qu\u2019il en a g\u00e9mi.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Il est revenu \u00e0 la maison. La b\u00eate crev\u00e9e chauffait son poing comme une bouche.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Il a pendu le renard sur son seuil pour l\u2019\u00e9corcher. Il a du sang jusqu\u2019au poignet&nbsp;; il y en a m\u00eame un filet qui coule, se s\u00e8che, puis coule le long de son bras, dans les poils. Il y a aussi du sang sur l\u2019escalier de la porte. Il p\u00e8se avec son couteau pointu sur la peau&nbsp;; le couteau h\u00e9site puis, brusque, se d\u00e9cide, s\u2019enfonce et il faut le retenir.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>C\u2019est bon quand on sent que le couteau entre&nbsp;!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00c7a aurait pu \u00eatre une femelle.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Avec des petits comme des noix blanches. Un chapelet de petits&nbsp;!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00c7a aurait pu \u00eatre une m\u00e8re blaireau avec son ventre lourd qui flottait dans la fontaine de la lune.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u2014 \u00c0 quoi je vais penser. Je suis un peu fou, h\u00e9&nbsp;!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le vent est dans sa chemise, contre sa peau, tout enroul\u00e9, tout fr\u00e9tillant comme une couleuvre. Le paquet des boyaux est dans l\u2019herbe juste sous l\u2019odeur du lilas\u2026<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Il fouille dans le renard comme dans une poche. \u00c7a, lourd et juteux comme un fruit m\u00fbr qu\u2019il \u00e9crase, \u00e7a sent l\u2019amer, \u00e7a sent l\u2019aub\u00e9pine. C\u2019est le foie. Du fiel vert gicle sur son pouce\u2026<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><u>Lecture &amp; commentaires<\/u><\/strong><strong>&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ce matin, il essaye encore de traire Caroline. La mamelle est dans sa main comme une petite b\u00eate morte. Elle ne vient m\u00eame plus cette goutte de lait jaune\u2026 c\u2019est fini.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Travaill\u00e9 par \u201cle vent d\u2019Amour\u201c, par le Printemps, comme nous l\u2019a montr\u00e9 un texte pr\u00e9c\u00e9dent mettant en sc\u00e8ne Arsule et G\u00e9d\u00e9mus, Panturle cherche \u00e0 ruser, \u00e0 biaiser, \u00e0 \u00e9chapper \u00e0 sa pulsion naturelle, \u00e0 d\u00e9faut de pouvoir la contr\u00f4ler. Giono, qui est un \u00e9crivain \u00e0 la fois archa\u00efque et d\u2019avant-garde \u2014 comme on le sait&nbsp;: les extr\u00eames se touchent \u2014 n\u2019h\u00e9site donc pas \u00e0 \u00e9voquer assez cr\u00fbment cette r\u00e9alit\u00e9 du d\u00e9sir vital de reproduction, sans avoir recours \u00e0 des litotes ou des p\u00e9riphrases. Pour ce paysan fruste qu\u2019est Panturle un pis de ch\u00e8vre&nbsp;; cela peut \u00e9voquer \u00e0 certaines \u00e9poques de l\u2019ann\u00e9e, un sein de femme. L\u00e0 o\u00f9 Giono est g\u00e9nial, c\u2019est dans la mise en abyme qu\u2019il fait entre l\u2019exaltation printani\u00e8re de l\u2019homme, et celle de l\u2019animal. L\u2019animal comme l\u2019homme, qui est aussi un animal, tous deux sont travaill\u00e9s par le m\u00eame d\u00e9sir de reproduction qui les taraude. Le fait que la ch\u00e8vre porte un nom de femme, rappelle, si besoin \u00e9tait, ce rapport presque sensuel entre le paysan et sa b\u00eate&nbsp;: le pis d\u2019une ch\u00e8vre, la croupe d\u2019une jument&nbsp;\u2026&nbsp;: tout cela rappelle qu\u2019il y a un compagnonnage entre le paysan et sa b\u00eate&nbsp;: ils constituent une sorte de couple&nbsp;; ils sont de la m\u00eame famille, celle de la terre&nbsp;; ce qui les unit dans le travail de survie commun, c\u2019est une r\u00e9alit\u00e9 physique. On ironise depuis toujours sur le paysan qui est souvent plus proche, plus attentif \u00e0 la bonne sant\u00e9 et au bien-\u00eatre de ses b\u00eates que de celles de son \u00e9pouse&nbsp;; et ce n\u2019est pas un mythe. Caroline, travaill\u00e9e par le printemps, par la frustration qui en r\u00e9sulte et qui l\u2019\u00e9puise, qui tarit son lait, renvoie Panturle \u00e0 son propre d\u00e9sarroi et tourment. Ce qu\u2019il devrait consid\u00e9rer avec empathie et sympathie \u2014 \u00e9tymologiquement&nbsp;: \u00ab souffrir avec \u00bb \u2014 est ressenti soudain par lui comme une trahison.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Il lui donne un coup de poing dans les c\u00f4tes. \u00c9tonn\u00e9e, Caroline esquive un autre coup en creusant les reins. Il a frapp\u00e9. Pourquoi&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Panturle est un homme fruste&nbsp;; il frappe Caroline, qui devient l\u2019all\u00e9gorie de sa propre animalit\u00e9 \u00e0 lui, de sa propre soumission aux lois de la Nature. On peut faire jouer aussi la double mise en abyme&nbsp;: en frappant Caroline, c\u2019est la Nature qu\u2019il frappe, et soi-m\u00eame. Caroline ne comprend pas&nbsp;: l\u2019animal, lui, ne songe \u00e0 aucun moment \u00e0 se r\u00e9volter contre les lois naturelles&nbsp;: il s\u2019y soumet&nbsp;; l\u2019homme, lui, peut souvent se r\u00e9volter contre elles, tenter de les nier&nbsp;: n\u2019est-il pas un homme&nbsp;? \u2026 Mais l\u2019homme est avant tout un animal, et l\u2019humanit\u00e9 se conquiert, qui lui permet de devenir l\u2019id\u00e9al humain qui \u00e9tait celui d\u2019Adam dans l\u2019\u00c9den&nbsp;: redevenir une \u00ab&nbsp;b\u00eate ang\u00e9lique \u00bb en harmonie avec le Tout du Monde, avec la Nature.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Il a encore besoin de frapper. Ce ne serait pas Caroline \u2014&nbsp;la ch\u00e8vre \u2014 il frapperait encore. Si seulement c\u2019\u00e9tait un homme, il frapperait encore. \u00c7a lui fait du bien. Parce que autrement, il se sent amer et tout fleuri comme l\u2019aub\u00e9pine.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>On a bien ici la confirmation de ce que je sugg\u00e8re. Soudain le paysan, cet \u00eatre interm\u00e9diaire entre l\u2019homme et l\u2019animal reprend le dessus&nbsp;: sa conscience le ram\u00e8ne \u00e0 la notion de solidarit\u00e9 naturelle qui existe pour lui avec l\u2019animal pour leur survie commune. Il cesse de frapper. L\u2019animal lui est sup\u00e9rieur&nbsp;: il en vit. \u00ab&nbsp;Si c\u2019\u00e9tait un homme, il frapperait encore \u00bb \u00e9crit Giono&nbsp;: la mise en abyme s\u2019avoue&nbsp;: ce qu\u2019il frapperait alors ne serait autre que lui-m\u00eame. \u00ab \u00c7a lui [ferait] du bien \u00bb, parce que la pulsion de vie, lorsqu\u2019elle ne peut \u00eatre satisfaite se transforme en pulsion de destruction, en violence&nbsp;; c\u2019est pour cela qu\u2019il y avait souvent et qu\u2019il y a encore aujourd\u2019hui des bagarres dans les bals entre jeunes hommes, qui, ne trouvant pas de compagne, transforment leur d\u00e9sir d\u2019\u00e9treindre en \u00ab castagne \u00bb, comme on dit dans le midi. L\u2019all\u00e9gorie de l\u2019aub\u00e9pine est tr\u00e8s belle&nbsp;: l\u2019aub\u00e9pine, qui est ici all\u00e9gorique du d\u00e9sir d\u2019amour&nbsp;: \u00e0 la fois floraison et amertume de la frustration, est \u00e9galement all\u00e9gorique dans la peinture de la virginit\u00e9 de la Vierge \u2014 c\u2019est avec la rose et le lys, l\u2019une des fleurs mariales&nbsp;; et l\u2019aub\u00e9pine n\u2019est autre que la forme primitive, naturelle, de la rose, laquelle, comme chacun sait, est le fruit du travail infini des horticulteurs qui les inventent\u2014&nbsp;; cela veut dire que la pulsion de Panturle n\u2019a rien de commun avec quelque chose de pervers&nbsp;: elle est pure&nbsp;; elle est naturelle, comme la rose sauvage qui \u00e9clot d\u00e8s les premiers jours du printemps. Toute chose ayant son envers \u2014 les choses n\u2019existant que par contrastes \u2014, ce d\u00e9sir, cette pulsion, est \u00e0 la fois beaut\u00e9 et amertume. Pas de rose sans \u00e9pine&nbsp;; on peut le dire autrement&nbsp;: pas d\u2019aub\u00e9pine sans amertume. C\u2019est magnifique&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Et puis, il a attrap\u00e9 le renard&nbsp;: c\u2019\u00e9tait un jeune. Il \u00e9tait pris de tout juste \u00e0 l\u2019instant. Il devait \u00eatre l\u00e0 \u00e0 manger l\u2019app\u00e2t au bout des dents, se m\u00e9fiant, connaissant le syst\u00e8me et puis le pas de Panturle a sonn\u00e9, le coup de dent a \u00e9t\u00e9 un peu plus rapide, moins calcul\u00e9 et la m\u00e2choire du pi\u00e8ge a claqu\u00e9 sur son cou.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>On a bien compris que la diff\u00e9rence entre l\u2019homme et l\u2019animal est que l\u2019animal vit son animalit\u00e9 sans se poser de question, que c\u2019est ainsi qu\u2019il la contr\u00f4le, mais que l\u2019homme, lui, la refoule&nbsp;; on ne s\u2019\u00e9tonnera donc point de constater, au fil de la lecture, que cette animalit\u00e9 refoul\u00e9e de Panturle va aller en gradation croissante pour s\u2019exprimer hors de contr\u00f4le, jusqu\u2019\u00e0 ce que Panturle soit absolument submerg\u00e9 par elle. La pulsion de vie se transforme si elle ne peut se r\u00e9aliser \u2014 on l\u2019a dit d\u00e9j\u00e0, on va devoir le r\u00e9p\u00e9ter \u2014 en pulsion de mort, en violence aveugle. La violence est la tentative de compensation de la frustration. La plupart des <em>serial killers<\/em> commettent des crimes \u00e0 caract\u00e8re sexuel et sont \u00e0 l\u2019origine des n\u00e9vros\u00e9s, dont la n\u00e9vrose a tourn\u00e9 \u00e0 la psychose, qui, \u00e0 de certains moments, g\u00e9n\u00e8re le passage \u00e0 l\u2019acte. Cette violence est naturelle chez l\u2019animal&nbsp;: tous les jeunes m\u00e2les se battent pour tenter en vain d\u2019\u00e9puiser leur force vitale, pour l\u2019\u00e9puiser et la prouver \u00e0 la fois.&nbsp; Retourn\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9tat sauvage, le chasseur-cueilleur, Panturle, se bat avec un jeune renard, en mal de femelle, lui aussi. N\u2019oublions pas que c\u2019est \u00ab&nbsp;le glapis&nbsp;\u00bb, le glapissement du renard, qui a mis le chasseur Panturle sur sa piste&nbsp;: ce \u00ab&nbsp;glapis&nbsp;\u00bb est bien s\u00fbr un glapis d\u2019amour qui appelait des femelles partenaires possibles, en vain. Le pl\u00e9onasme du \u00ab et puis \u00bb contient en soi d\u00e9j\u00e0 toute la frustration que ce comportement compensatoire de la violence contient&nbsp;: Panturle \u00ab a attrap\u00e9 le renard \u00bb, mais cela ne le m\u00e8nera \u00e0 rien&nbsp;: la frustration, la faim, le d\u00e9sir sexuel seront toujours l\u00e0 pour lui, comme aiguis\u00e9s m\u00eame par cette confrontation de d\u00e9pit du chasseur avec l\u2019animal qui tente de remplacer le face \u00e0 face amoureux. Il faut rappeler que le renard est r\u00e9solument immangeable pour un humain, qui, d\u00e8s lors, s\u2019il le chasse, ne peut le chasser que pour sa peau. Or, plus loin, Giono indique que Panturle d\u00e9chire cette peau, la g\u00e2che&nbsp;; il faut en d\u00e9duire que Panturle a tu\u00e9 ce renard, uniquement par plaisir de tuer, uniquement parce que toute pulsion de vie non r\u00e9alis\u00e9e, non r\u00e9alisable, se transforme instantan\u00e9ment en pulsion de mort,&nbsp;quand elle n\u2019est plus contr\u00f4l\u00e9e. Toujours la mise en abyme&nbsp;: ce jeune renard en rut, c\u2019est lui, Panturle&nbsp;; en tuant le renard, en le pi\u00e9geant, c\u2019est son propre d\u00e9sir qu\u2019il veut pi\u00e9ger, qu\u2019il veut tuer&nbsp;; mais, c\u2019est en vain. Deux chasseurs se sont fait face \u2014 il y a bien mise en abyme \u2014 et l\u2019homme a \u00e9t\u00e9 le plus malin. Le pas de Panturle qui sonne \u2014 on appr\u00e9ciera la m\u00e9taphore&nbsp;: proph\u00e9tiquement comme un glas \u2014 le coup de dent du renard, le coup des dents du pi\u00e8ge&nbsp;: tout cela, dans sa rapidit\u00e9, affirme le caract\u00e8re tragique d\u2019un destin&nbsp;: on n\u2019\u00e9chappe pas aux lois naturelles \u00e9ternelles. Ou l\u2019on peut exprimer la vie, ou l\u2019on meurt.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Il est encore chaud au fond du poil, et lourd d\u2019avoir mang\u00e9. Panturle l\u2019enl\u00e8ve du pi\u00e8ge et il se met du sang sur les doigts&nbsp;; de voir ce sang comme \u00e7a, il est tout boulevers\u00e9.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Giono va, \u00e0 pr\u00e9sent, mettre en place, en gradation croissante, un \u00e9rotisme mortif\u00e8re et morbide, r\u00e9solument psychanalytique, \u00e0 r\u00e9jouir un sp\u00e9cialiste de la chose. De m\u00eame qu\u2019il y a de l\u2019\u00e9rotisme dans le geste de toucher le pis de la ch\u00e8vre, de m\u00eame, et plus encore, il va y en avoir \u00e0 palper le corps encore chaud et mou du renard. Giono va vraiment s\u2019en donner \u00e0 c\u0153ur joie dans la multiplication de ses allusions psychanalytiques aux notions de \u00ab&nbsp;refoul\u00e9 \u00bb et du \u00ab \u00e7a \u00bb. Comme tous les grands artistes, c\u2019est un obsessionnel, qui remet souvent sur le chantier et en sc\u00e8ne ses \u00ab&nbsp;sc\u00e8nes primitives \u00bb, devrais-je dire, pour rester dans le champ lexical psychanalytique, car, enfin, cet \u00e9pisode du sang sur les mains \u00e9voque irr\u00e9sistiblement la sc\u00e8ne c\u00e9l\u00e9brissime du sang des oies d\u00e9capit\u00e9es qui coule sur la neige, dans ce chef d\u2019\u0153uvre tragique et tr\u00e8s noir qu\u2019est le roman de 1947&nbsp;: <em>Un roi sans divertissement<\/em>. C\u2019est l\u2019histoire d\u2019un ancien officier de la Grande Arm\u00e9e de Napol\u00e9on, qui s\u2019est reconverti \u00e0 la chute de l\u2019Empire dans la police, et qui est \u00e0 la traque d\u2019un <em>serial killer<\/em> qui tue des berg\u00e8res. Il d\u00e9couvre, ce vieux militaire courageux, que ce go\u00fbt du meurtre, que ce plaisir du meurtre est en lui aussi, profond\u00e9ment enfoui peut-\u00eatre, mais, il le sent&nbsp;; pour s\u2019assurer qu\u2019il est bien pr\u00e9sent en lui, un jour, il demande \u00e0 une paysanne de lui pr\u00e9parer deux oies, de leur couper ainsi le cou sur un billot&nbsp;; puis, il tra\u00eene les oies dans la neige, et regardant le sang des oies sur la neige, il se rend compte d\u00e9finitivement, irr\u00e9m\u00e9diablement, irr\u00e9parablement, que le go\u00fbt de la mise \u00e0 mort est bien pr\u00e9sent en lui&nbsp;; d\u00e8s lors, il se suicide. Panturle est boulevers\u00e9 de faire le m\u00eame constat&nbsp;: il pourrait devenir un sagouin, un criminel horrible, si son \u00e9tat de sauvagerie devait s\u2019installer dans le temps.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Il tient le renard par les pattes de derri\u00e8re, une dans chaque main. Tout d\u2019un coup \u00e7a a fait qu\u2019il a, d\u2019un coup sec, serr\u00e9 les pattes dans ses poings, qu\u2019il a \u00e9largi les bras, et le renard s\u2019est d\u00e9chir\u00e9 dans le craquement de ses os, tout le long de l\u2019\u00e9pine du dos, jusqu\u2019au milieu de la poitrine.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>On appr\u00e9ciera le \u00ab \u00e7a \u00bb vraiment tr\u00e8s psychanalytique. En psychanalyse, le \u00ab \u00e7a \u00bb d\u00e9signe tout ce qui a \u00e9t\u00e9 refoul\u00e9. Voici que ce renard devient soudain embl\u00e9matique de son d\u00e9sir de possession de la Nature&nbsp;: il le d\u00e9chire d\u2019un coup, comme s\u2019il ouvrait la Nature, comme s\u2019il ouvrait une femme. Il devient clair qu\u2019il ne l\u2019a pas tu\u00e9 pour sa peau, ce renard, mais uniquement pour le plaisir&nbsp;: personne ne va acheter une peau d\u00e9chir\u00e9e de renard. Giono se pla\u00eet, dans l\u2019hyperbole, \u00e0 mettre en sc\u00e8ne un h\u00e9ros archa\u00efque et mythologique&nbsp;: un Hercule&nbsp;; mais ce qui rend pr\u00e9cis\u00e9ment Panturle path\u00e9tique et \u00e9mouvant, qui suscite notre empathie, notre sympathie&nbsp;: c\u2019est qu\u2019il n\u2019est qu\u2019un homme, comme nous. Giono met en \u0153uvre alors soudain une mise en abyme bien perturbante pour nous&nbsp;: une mise en abyme-miroir, pourrait-on dire.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Il s\u2019est d\u00e9roul\u00e9, toute une belle portion des tripes pleines, et de l\u2019odeur, chaude comme l\u2019odeur du fumier.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00c7a a fait la roue folle dans les yeux de Panturle.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>On continue \u00e9videmment dans l\u2019\u00e9rotisme mortif\u00e8re et morbide pervers. Panturle, rendu fou, est devenu une sorte de <em>serial killer<\/em> potentiel, dans un \u00e9tat second, pr\u00eat \u00e0 tous les crimes, toutes les abjections. L\u2019allusion aux tripes, comme \u00e0 l\u2019odeur du fumier, ram\u00e8ne le lecteur \u00e0 la sexualit\u00e9 humaine purement animale, qui n\u2019est alors que scatologique et qu\u2019excr\u00e9mentielle. Panturle se trouve rendu hallucin\u00e9 par cette dimension de la chair brute. Arsule lui r\u00e9v\u00e8lera bient\u00f4t que nous sommes gr\u00e2ci\u00e9s de cette dimension scatologique, quand l\u2019amour v\u00e9ritable est l\u00e0&nbsp;; le corps physique alors s\u2019occulte au profit d\u2019un \u00ab corps glorieux \u00bb, comme on dit en langage mystique. Sur ce point, Arsule va bient\u00f4t lui ouvrir les yeux et le sauver. \u2026 \u2026Quant \u00e0 l\u2019allusion \u00e0 \u00ab la roue folle&nbsp;\u00bb, dont parle Giono, elle est peut-\u00eatre \u00e0 mettre en abyme avec la notion de la roue v\u00e9dique et de roue de la r\u00e9incarnation, si essentielle dans la pens\u00e9e et la mystique hindouiste.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Il les a peut-\u00eatre ferm\u00e9s.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Mais, \u00e0 l\u2019aveugle, il a mis sa grande main dans le ventre de la b\u00eate et il a patouill\u00e9 dans le sang des choses molles qui s\u2019\u00e9crasaient contre ses doigts.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00c7a giclait comme du raisin.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>C\u2019\u00e9tait si bon qu\u2019il en a g\u00e9mi.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Avec la valeur embl\u00e9matique des yeux qui se ferment ou qui sont peut-\u00eatre encore ouverts \u2014 mais, qu\u2019importe&nbsp;! \u2014 Giono nous fait assister \u00e0 une grande sc\u00e8ne psychanalytique&nbsp;: une sorte de co\u00eft, d\u2019union sexuelle, panth\u00e9iste, avec le corps mort ouvert du renard, lequel est all\u00e9gorique de la Nature tout enti\u00e8re. Panturle malaxe cette charogne fra\u00eeche, chaude encore, et g\u00e9mit&nbsp;! \u2026 \u2026 Et, bien s\u00fbr&nbsp;! \u00ab&nbsp;\u00e7a gicl[e] comme du raisin \u00bb&nbsp;: l\u2019eucharistie de l\u2019union avec la D\u00e9esse Terre, avec la D\u00e9esse Nature est accomplie&nbsp;; \u00ab&nbsp;Prenez et mangez, ceci est mon corps&nbsp;! Prenez et buvez, ceci est mon sang&nbsp;! \u00bb On est \u00e0 la fois dans l\u2019innommable et dans l\u2019indicible&nbsp;: ce qui ne peut \u00eatre nomm\u00e9 ne peut \u00eatre excorcis\u00e9&nbsp;; ce qui ne peut \u00eatre dit ne peut \u00eatre poss\u00e9d\u00e9&nbsp;; on est dans la probl\u00e9matique de l\u2019\u00e9criture de la modernit\u00e9 depuis les romantiques&nbsp;: qui ne sait plus ni dire, ni nommer.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Il est revenu \u00e0 la maison. La b\u00eate crev\u00e9e chauffait son poing comme une bouche.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La charogne du renard, all\u00e9gorique de la Nature, je devrais dire plut\u00f4t de la Terre, l\u2019absorbe litt\u00e9ralement, telle une goule infernale.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Il a pendu le renard sur son seuil pour l\u2019\u00e9corcher. Il a du sang jusqu\u2019au poignet&nbsp;; il y en a m\u00eame un filet qui coule, se s\u00e8che, puis coule le long de son bras, dans les poils.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Tout le monde conna\u00eet l\u2019expression populaire&nbsp;: \u00ab \u00eatre impliqu\u00e9 jusqu\u2019au coude ou jusqu\u2019au cou \u00bb. Quand on se laisse aller sans r\u00e9serve \u00e0 la culpabilit\u00e9 et \u00e0 l\u2019horreur, on coule dans la culpabilit\u00e9 et dans l\u2019horreur comme pour s\u2019en laver. C\u2019est paradoxal, mais c\u2019est ainsi&nbsp;: il y a des pages sid\u00e9rantes qui ont \u00e9t\u00e9 \u00e9crites par Shakespeare, entre autres, sur le sujet. Le bras de l\u2019homme, le bras arm\u00e9, a toujours \u00e9t\u00e9 le symbole du pouvoir. Les Empereurs et les Rois des p\u00e9riodes anciennes arboraient un sceptre qui symbolisait leur pouvoir. Ici, ce symbole est utilis\u00e9 de mani\u00e8re paradoxale sur le mode de l\u2019antiphrase&nbsp;: Panturle a perdu tout pouvoir sur soi-m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Il y a aussi du sang sur l\u2019escalier de la porte. Il p\u00e8se avec son couteau pointu sur la peau&nbsp;; le couteau h\u00e9site puis, brusque, se d\u00e9cide, s\u2019enfonce et il faut le retenir.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Comme pour marquer de mani\u00e8re encore plus symbolique au besoin le retour de Panturle \u00e0 l\u2019\u00e9tat sauvage, \u00e0 l\u2019\u00e9tat de b\u00eate sauvage pr\u00e9datrice, \u00ab&nbsp;il y a aussi le sang sur l\u2019escalier de la porte \u00bb&nbsp;: sa maison, qui, symboliquement, \u00e9tait son dernier lien avec la civilisation et l\u2019humanit\u00e9, se trouve t\u00e2ch\u00e9e de sang sur le seuil&nbsp;; or, on sait que les gouttes de sang sont r\u00e9put\u00e9es \u00eatre ind\u00e9l\u00e9biles, que l\u2019on se souvienne simplement du conte de \u00ab&nbsp;Barbe Bleue \u00bb de Charles Perrault pour s\u2019en convaincre. La n\u00e9cessit\u00e9 pour le criminel est de signer son crime&nbsp;: le crime est toujours dans la r\u00e9cidive. Et ce n\u2019est plus du tout Panturle qui d\u00e9cide, mais le couteau, soudain personnifi\u00e9, qui se substitue \u00e0 celui qui le tient\u2026 et, quand Giono ajoute&nbsp;: \u00ab et il faut le retenir \u00bb, il nous montre bien que Panturle est hors de sens, qu\u2019il est en transe, m\u00eame s\u2019il tente encore de lutter pour sauver le peu qu\u2019il lui reste d\u2019humanit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>C\u2019est bon quand on sent que le couteau entre&nbsp;!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00c7a aurait pu \u00eatre une femelle.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Avec des petits comme des noix blanches. Un chapelet de petits&nbsp;!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ce regret de l\u2019humanit\u00e9 perdue ne dure gu\u00e8re&nbsp;: \u00ab c\u2019est bon quand on sent que le couteau entre&nbsp;! \u00bb Panturle est toujours dans l\u2019acte compensatoire symbolique, tel un <em>serial killer<\/em>. Preuve en est cette notation de regret&nbsp;: \u00ab \u00c7a aurait pu \u00eatre une femelle \u00bb, o\u00f9 l\u2019on retrouve ce \u00ab \u00e7a \u00bb du champ lexical psychanalytique. Et, comme pour persister et signer lui aussi, Giono ajoute&nbsp;: \u00ab \u2026 avec des petits comme des noix blanches. Un chapelet de petits&nbsp;! \u00bb&nbsp;: comme pour nous rappeler que ce qui meut Panturle et le rend fou, c\u2019est le d\u00e9sir de se reproduire qu\u2019a mis en lui La Nature M\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00c7a aurait pu \u00eatre une m\u00e8re blaireau avec son ventre lourd qui flottait dans la fontaine de la lune.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u2014 \u00c0 quoi je vais penser. Je suis un peu fou, h\u00e9&nbsp;!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>M\u00e8re renarde ou m\u00e8re blaireau, c\u2019est tout un&nbsp;: c\u2019est toujours une m\u00e8re&nbsp;! Quant \u00e0 la lune qui vous noie, c\u2019est celle de la c\u00e9l\u00e8bre \u00ab&nbsp;Lune noire \u00bb, la Lilith des bals des sorci\u00e8res, de la nuit maudite de Walpurgis, celle de la \u00ab&nbsp;<em>jettatura <\/em>\u00bb, du \u00ab&nbsp;mauvais \u0153il \u00bb, de la mal\u00e9diction qui damne. Panturle a beau se r\u00e9veiller un peu avec un \u00e0 propos critique&nbsp;: \u00ab je suis un peu fou, h\u00e9&nbsp;! \u00bb Il n\u2019y peut rien&nbsp;! Il ne contr\u00f4le plus rien, d\u00e9sormais, ne ma\u00eetrise rien&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le vent est dans sa chemise, contre sa peau, tout enroul\u00e9, tout fr\u00e9tillant comme une couleuvre. Le paquet des boyaux est dans l\u2019herbe juste sous l\u2019odeur du lilas\u2026<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Et l\u2019on va retrouver \u00ab le vent d\u2019amour \u00bb, all\u00e9gorique du Printemps, qui caressait le corps d\u2019Arsule attel\u00e9 par la bricole \u00e0 la meule de G\u00e9d\u00e9mus, en plein vent, sur le plateau \u2026 le vent, oui, mais beaucoup plus inqui\u00e9tant cette fois que dans sa premi\u00e8re \u00e9vocation. Dans la premi\u00e8re \u00e9vocation le vent p\u00e9n\u00e9trait sous la chemise d\u2019Arsule comme une main. Voici qu\u2019il p\u00e9n\u00e8tre sous la chemise de Panturle cette fois comme une couleuvre, un serpent. Le symbole du serpent est le symbole du Diable et de Satan. Par une mise en abyme saisissante, le serpent diabolique devient le paquet de tripes qui pue sous l\u2019odeur enivrante du lilas symbole du Printemps. On retrouve l\u00e0 les fleurs de l\u2019aub\u00e9pine virginale et leur amertume, ce paradoxe, qui rappelle qu\u2019en la vie, dans la condition humaine, tout est m\u00eal\u00e9, contradictoire, et n\u2019existe que par contrastes.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Il fouille dans le renard comme dans une poche. \u00c7a, lourd et juteux comme un fruit m\u00fbr qu\u2019il \u00e9crase, \u00e7a sent l\u2019amer, \u00e7a sent l\u2019aub\u00e9pine. C\u2019est le foie. Du fiel vert gicle sur son pouce\u2026<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Arriv\u00e9 \u00e0 ce stade de d\u00e9ch\u00e9ance et de culpabilit\u00e9, Panturle, oui le pauvre, ne peut persister et que signer dans son ignominie&nbsp;: le ventre du renard devient un ventre de cr\u00e9ature indistincte et fantasmatique, et folle et chim\u00e9rique, qu\u2019il fouille, sans pouvoir assouvir son d\u00e9sir. Il en \u00e9prouve une jouissance mortif\u00e8re et morbide&nbsp;: \u00ab&nbsp;\u00e7a sent l\u2019amer, \u00e7a sent l\u2019aub\u00e9pine \u00bb&nbsp;: on appr\u00e9ciera le chiasme&nbsp;: aub\u00e9pine, amer, amer, aub\u00e9pine, qui se d\u00e9veloppe au cours du texte. Quant au foie&nbsp;: on sait que rien n\u2019est plus amer que le fiel d\u2019un foie qui gicle. L\u00e0, il est vraiment all\u00e9 au-del\u00e0&nbsp;; on peut croire qu\u2019il a atteint, ce que Charles Baudelaire appelait&nbsp;: \u00ab&nbsp;L\u2019Irr\u00e9parable \u00bb, \u00ab&nbsp;L\u2019Irr\u00e9m\u00e9diable&nbsp;\u00bb. C\u2019est sans compter sur la compr\u00e9hension, la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9, la r\u00e9demption de M\u00e8re Nature et du Dieu Pan.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ouverture&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Tr\u00e8s peu de temps apr\u00e8s, Panturle, notre h\u00e9ros, va faire la rencontre d\u2019Arsule. La Mam\u00e8che a ainsi accompli sa promesse. Le Printemps va pouvoir s\u2019accomplir en eux. Dans la main m\u00eame d\u2019une Nature accueillante et m\u00e8re, ils vont pouvoir se \u00ab\u00a0rencontrer\u00a0\u00bb au sens biblique, pour que la vie renaisse enfin \u00e0 Aubignane. Cette page arrach\u00e9e au roman qui constitue l&rsquo;acm\u00e9 de <em>La Trilogie de Pan<\/em> brille \u00e0 la fois par son archa\u00efsme et sa modernit\u00e9 ; et, c&rsquo;est l\u00e0, la marque des grands. Ce texte est un morceau de bravoure tr\u00e8s singulier, tr\u00e8s \u00e9tonnant, aussi puissamment \u00e9mouvant que <em>Le B\u0153uf \u00e9corch\u00e9<\/em> de Rembrandt ; il n&rsquo;est au reste pas exclu que Giono ait song\u00e9 \u00e0 cette \u0153uvre majeure du peintre flamand en \u00e9crivant cette page, en tous points sublime et exaltante. Certains anciens de 14-18, qui ont connu toute l&rsquo;horreur des boucheries des champs de bataille et des charniers, ont encore beaucoup de choses essentielles et existentielles, en effet, \u00e0 nous apprendre. L\u00e0 o\u00f9 semble triompher l&rsquo;horreur \u2014 toute chose n&rsquo;existant que par contrastes \u2014 se trouve aussi cach\u00e9 le secret du bonheur, en creux.<\/p>\n\n\n\n<p>Jean-Louis Clo\u00ebt, ces 22\/23 Mars 2020.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>GIONO \/ REGAIN \/ \u00ab LE RENARD \u00c9CORCH\u00c9&nbsp;\u00bb Avant-propos&nbsp;: Nous sommes en 1930. Depuis 1924,&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1581,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_editorskit_title_hidden":false,"_editorskit_reading_time":0,"_editorskit_is_block_options_detached":false,"_editorskit_block_options_position":"{}","advgb_blocks_editor_width":"","advgb_blocks_columns_visual_guide":"","_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":""},"categories":[8],"tags":[],"class_list":["post-1427","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-voies-textes-critiques"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.3 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Jean Giono et la psychanalyse [Une lecture d\u2019une page de Regain (1930)] - Revue Polaire<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"http:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/2023\/10\/08\/jean-giono-et-la-psychanalyse-une-lecture-dune-page-de-regain-1930\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Jean Giono et la psychanalyse [Une lecture d\u2019une page de Regain (1930)] - Revue Polaire\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"GIONO \/ REGAIN \/ \u00ab LE RENARD \u00c9CORCH\u00c9&nbsp;\u00bb Avant-propos&nbsp;: Nous sommes en 1930. Depuis 1924,...\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"http:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/2023\/10\/08\/jean-giono-et-la-psychanalyse-une-lecture-dune-page-de-regain-1930\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Revue Polaire\" \/>\n<meta property=\"article:publisher\" content=\"https:\/\/www.facebook.com\/polaire.editions\/?locale=fr_FR\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2023-10-08T09:17:45+00:00\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2023-12-05T10:17:14+00:00\" \/>\n<meta property=\"og:image\" content=\"http:\/\/revuepolaire.com\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Giono-2-scaled.jpg\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:width\" content=\"2560\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:height\" content=\"1365\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:type\" content=\"image\/jpeg\" \/>\n<meta name=\"author\" content=\"Jean-Louis Clo\u00ebt\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"\u00c9crit par\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"Jean-Louis Clo\u00ebt\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label2\" content=\"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data2\" content=\"27 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\\\/\\\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"Article\",\"@id\":\"http:\\\/\\\/revuepolaire.com\\\/index.php\\\/2023\\\/10\\\/08\\\/jean-giono-et-la-psychanalyse-une-lecture-dune-page-de-regain-1930\\\/#article\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"http:\\\/\\\/revuepolaire.com\\\/index.php\\\/2023\\\/10\\\/08\\\/jean-giono-et-la-psychanalyse-une-lecture-dune-page-de-regain-1930\\\/\"},\"author\":{\"name\":\"Jean-Louis Clo\u00ebt\",\"@id\":\"http:\\\/\\\/revuepolaire.com\\\/#\\\/schema\\\/person\\\/11d483a5451aa8b6c61183495e4e3cd5\"},\"headline\":\"Jean Giono et la psychanalyse [Une lecture d\u2019une page de Regain (1930)]\",\"datePublished\":\"2023-10-08T09:17:45+00:00\",\"dateModified\":\"2023-12-05T10:17:14+00:00\",\"mainEntityOfPage\":{\"@id\":\"http:\\\/\\\/revuepolaire.com\\\/index.php\\\/2023\\\/10\\\/08\\\/jean-giono-et-la-psychanalyse-une-lecture-dune-page-de-regain-1930\\\/\"},\"wordCount\":5929,\"publisher\":{\"@id\":\"http:\\\/\\\/revuepolaire.com\\\/#organization\"},\"image\":{\"@id\":\"http:\\\/\\\/revuepolaire.com\\\/index.php\\\/2023\\\/10\\\/08\\\/jean-giono-et-la-psychanalyse-une-lecture-dune-page-de-regain-1930\\\/#primaryimage\"},\"thumbnailUrl\":\"https:\\\/\\\/revuepolaire.com\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2023\\\/10\\\/Giono-2-scaled.jpg\",\"articleSection\":[\"Voies (textes critiques)\"],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"http:\\\/\\\/revuepolaire.com\\\/index.php\\\/2023\\\/10\\\/08\\\/jean-giono-et-la-psychanalyse-une-lecture-dune-page-de-regain-1930\\\/\",\"url\":\"http:\\\/\\\/revuepolaire.com\\\/index.php\\\/2023\\\/10\\\/08\\\/jean-giono-et-la-psychanalyse-une-lecture-dune-page-de-regain-1930\\\/\",\"name\":\"Jean Giono et la psychanalyse [Une lecture d\u2019une page de Regain (1930)] - Revue Polaire\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"http:\\\/\\\/revuepolaire.com\\\/#website\"},\"primaryImageOfPage\":{\"@id\":\"http:\\\/\\\/revuepolaire.com\\\/index.php\\\/2023\\\/10\\\/08\\\/jean-giono-et-la-psychanalyse-une-lecture-dune-page-de-regain-1930\\\/#primaryimage\"},\"image\":{\"@id\":\"http:\\\/\\\/revuepolaire.com\\\/index.php\\\/2023\\\/10\\\/08\\\/jean-giono-et-la-psychanalyse-une-lecture-dune-page-de-regain-1930\\\/#primaryimage\"},\"thumbnailUrl\":\"https:\\\/\\\/revuepolaire.com\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2023\\\/10\\\/Giono-2-scaled.jpg\",\"datePublished\":\"2023-10-08T09:17:45+00:00\",\"dateModified\":\"2023-12-05T10:17:14+00:00\",\"breadcrumb\":{\"@id\":\"http:\\\/\\\/revuepolaire.com\\\/index.php\\\/2023\\\/10\\\/08\\\/jean-giono-et-la-psychanalyse-une-lecture-dune-page-de-regain-1930\\\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"http:\\\/\\\/revuepolaire.com\\\/index.php\\\/2023\\\/10\\\/08\\\/jean-giono-et-la-psychanalyse-une-lecture-dune-page-de-regain-1930\\\/\"]}]},{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"http:\\\/\\\/revuepolaire.com\\\/index.php\\\/2023\\\/10\\\/08\\\/jean-giono-et-la-psychanalyse-une-lecture-dune-page-de-regain-1930\\\/#primaryimage\",\"url\":\"https:\\\/\\\/revuepolaire.com\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2023\\\/10\\\/Giono-2-scaled.jpg\",\"contentUrl\":\"https:\\\/\\\/revuepolaire.com\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2023\\\/10\\\/Giono-2-scaled.jpg\",\"width\":2560,\"height\":1365},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"http:\\\/\\\/revuepolaire.com\\\/index.php\\\/2023\\\/10\\\/08\\\/jean-giono-et-la-psychanalyse-une-lecture-dune-page-de-regain-1930\\\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Accueil\",\"item\":\"http:\\\/\\\/revuepolaire.com\\\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Jean Giono et la psychanalyse [Une lecture d\u2019une page de Regain (1930)]\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"http:\\\/\\\/revuepolaire.com\\\/#website\",\"url\":\"http:\\\/\\\/revuepolaire.com\\\/\",\"name\":\"Revue Polaire\",\"description\":\"Pour retrouver magn\u00e9tiquement, au-del\u00e0, en-de\u00e7\u00e0 des frilosit\u00e9s postmodernes, l&#039;esprit des p\u00f4les, le grand Air\u2026\",\"publisher\":{\"@id\":\"http:\\\/\\\/revuepolaire.com\\\/#organization\"},\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"http:\\\/\\\/revuepolaire.com\\\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"Organization\",\"@id\":\"http:\\\/\\\/revuepolaire.com\\\/#organization\",\"name\":\"Revue Polaire\",\"url\":\"http:\\\/\\\/revuepolaire.com\\\/\",\"logo\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"http:\\\/\\\/revuepolaire.com\\\/#\\\/schema\\\/logo\\\/image\\\/\",\"url\":\"https:\\\/\\\/revuepolaire.com\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2023\\\/10\\\/cropped-cropped-cropped-b-vert-deau-1-2.png\",\"contentUrl\":\"https:\\\/\\\/revuepolaire.com\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2023\\\/10\\\/cropped-cropped-cropped-b-vert-deau-1-2.png\",\"width\":246,\"height\":246,\"caption\":\"Revue Polaire\"},\"image\":{\"@id\":\"http:\\\/\\\/revuepolaire.com\\\/#\\\/schema\\\/logo\\\/image\\\/\"},\"sameAs\":[\"https:\\\/\\\/www.facebook.com\\\/polaire.editions\\\/?locale=fr_FR\"]},{\"@type\":\"Person\",\"@id\":\"http:\\\/\\\/revuepolaire.com\\\/#\\\/schema\\\/person\\\/11d483a5451aa8b6c61183495e4e3cd5\",\"name\":\"Jean-Louis Clo\u00ebt\",\"image\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/revuepolaire.com\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2023\\\/08\\\/Montage-9-150x150.jpg\",\"url\":\"https:\\\/\\\/revuepolaire.com\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2023\\\/08\\\/Montage-9-150x150.jpg\",\"contentUrl\":\"https:\\\/\\\/revuepolaire.com\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2023\\\/08\\\/Montage-9-150x150.jpg\",\"caption\":\"Jean-Louis Clo\u00ebt\"},\"sameAs\":[\"http:\\\/\\\/revuepolaire.com\"],\"url\":\"https:\\\/\\\/revuepolaire.com\\\/index.php\\\/author\\\/admin3723\\\/\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Jean Giono et la psychanalyse [Une lecture d\u2019une page de Regain (1930)] - Revue Polaire","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"http:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/2023\/10\/08\/jean-giono-et-la-psychanalyse-une-lecture-dune-page-de-regain-1930\/","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"Jean Giono et la psychanalyse [Une lecture d\u2019une page de Regain (1930)] - Revue Polaire","og_description":"GIONO \/ REGAIN \/ \u00ab LE RENARD \u00c9CORCH\u00c9&nbsp;\u00bb Avant-propos&nbsp;: Nous sommes en 1930. Depuis 1924,...","og_url":"http:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/2023\/10\/08\/jean-giono-et-la-psychanalyse-une-lecture-dune-page-de-regain-1930\/","og_site_name":"Revue Polaire","article_publisher":"https:\/\/www.facebook.com\/polaire.editions\/?locale=fr_FR","article_published_time":"2023-10-08T09:17:45+00:00","article_modified_time":"2023-12-05T10:17:14+00:00","og_image":[{"width":2560,"height":1365,"url":"http:\/\/revuepolaire.com\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Giono-2-scaled.jpg","type":"image\/jpeg"}],"author":"Jean-Louis Clo\u00ebt","twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"\u00c9crit par":"Jean-Louis Clo\u00ebt","Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e":"27 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"Article","@id":"http:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/2023\/10\/08\/jean-giono-et-la-psychanalyse-une-lecture-dune-page-de-regain-1930\/#article","isPartOf":{"@id":"http:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/2023\/10\/08\/jean-giono-et-la-psychanalyse-une-lecture-dune-page-de-regain-1930\/"},"author":{"name":"Jean-Louis Clo\u00ebt","@id":"http:\/\/revuepolaire.com\/#\/schema\/person\/11d483a5451aa8b6c61183495e4e3cd5"},"headline":"Jean Giono et la psychanalyse [Une lecture d\u2019une page de Regain (1930)]","datePublished":"2023-10-08T09:17:45+00:00","dateModified":"2023-12-05T10:17:14+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"http:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/2023\/10\/08\/jean-giono-et-la-psychanalyse-une-lecture-dune-page-de-regain-1930\/"},"wordCount":5929,"publisher":{"@id":"http:\/\/revuepolaire.com\/#organization"},"image":{"@id":"http:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/2023\/10\/08\/jean-giono-et-la-psychanalyse-une-lecture-dune-page-de-regain-1930\/#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https:\/\/revuepolaire.com\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Giono-2-scaled.jpg","articleSection":["Voies (textes critiques)"],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"WebPage","@id":"http:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/2023\/10\/08\/jean-giono-et-la-psychanalyse-une-lecture-dune-page-de-regain-1930\/","url":"http:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/2023\/10\/08\/jean-giono-et-la-psychanalyse-une-lecture-dune-page-de-regain-1930\/","name":"Jean Giono et la psychanalyse [Une lecture d\u2019une page de Regain (1930)] - Revue Polaire","isPartOf":{"@id":"http:\/\/revuepolaire.com\/#website"},"primaryImageOfPage":{"@id":"http:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/2023\/10\/08\/jean-giono-et-la-psychanalyse-une-lecture-dune-page-de-regain-1930\/#primaryimage"},"image":{"@id":"http:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/2023\/10\/08\/jean-giono-et-la-psychanalyse-une-lecture-dune-page-de-regain-1930\/#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https:\/\/revuepolaire.com\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Giono-2-scaled.jpg","datePublished":"2023-10-08T09:17:45+00:00","dateModified":"2023-12-05T10:17:14+00:00","breadcrumb":{"@id":"http:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/2023\/10\/08\/jean-giono-et-la-psychanalyse-une-lecture-dune-page-de-regain-1930\/#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["http:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/2023\/10\/08\/jean-giono-et-la-psychanalyse-une-lecture-dune-page-de-regain-1930\/"]}]},{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"http:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/2023\/10\/08\/jean-giono-et-la-psychanalyse-une-lecture-dune-page-de-regain-1930\/#primaryimage","url":"https:\/\/revuepolaire.com\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Giono-2-scaled.jpg","contentUrl":"https:\/\/revuepolaire.com\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Giono-2-scaled.jpg","width":2560,"height":1365},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"http:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/2023\/10\/08\/jean-giono-et-la-psychanalyse-une-lecture-dune-page-de-regain-1930\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Accueil","item":"http:\/\/revuepolaire.com\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Jean Giono et la psychanalyse [Une lecture d\u2019une page de Regain (1930)]"}]},{"@type":"WebSite","@id":"http:\/\/revuepolaire.com\/#website","url":"http:\/\/revuepolaire.com\/","name":"Revue Polaire","description":"Pour retrouver magn\u00e9tiquement, au-del\u00e0, en-de\u00e7\u00e0 des frilosit\u00e9s postmodernes, l&#039;esprit des p\u00f4les, le grand Air\u2026","publisher":{"@id":"http:\/\/revuepolaire.com\/#organization"},"potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"http:\/\/revuepolaire.com\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"Organization","@id":"http:\/\/revuepolaire.com\/#organization","name":"Revue Polaire","url":"http:\/\/revuepolaire.com\/","logo":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"http:\/\/revuepolaire.com\/#\/schema\/logo\/image\/","url":"https:\/\/revuepolaire.com\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/cropped-cropped-cropped-b-vert-deau-1-2.png","contentUrl":"https:\/\/revuepolaire.com\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/cropped-cropped-cropped-b-vert-deau-1-2.png","width":246,"height":246,"caption":"Revue Polaire"},"image":{"@id":"http:\/\/revuepolaire.com\/#\/schema\/logo\/image\/"},"sameAs":["https:\/\/www.facebook.com\/polaire.editions\/?locale=fr_FR"]},{"@type":"Person","@id":"http:\/\/revuepolaire.com\/#\/schema\/person\/11d483a5451aa8b6c61183495e4e3cd5","name":"Jean-Louis Clo\u00ebt","image":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/revuepolaire.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Montage-9-150x150.jpg","url":"https:\/\/revuepolaire.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Montage-9-150x150.jpg","contentUrl":"https:\/\/revuepolaire.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Montage-9-150x150.jpg","caption":"Jean-Louis Clo\u00ebt"},"sameAs":["http:\/\/revuepolaire.com"],"url":"https:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/author\/admin3723\/"}]}},"author_meta":{"display_name":"Jean-Louis Clo\u00ebt","author_link":"https:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/author\/admin3723\/"},"featured_img":"https:\/\/revuepolaire.com\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Giono-2-300x160.jpg","coauthors":[],"tax_additional":{"categories":{"linked":["<a href=\"https:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/category\/voies-textes-critiques\/\" class=\"advgb-post-tax-term\">Voies (textes critiques)<\/a>"],"unlinked":["<span class=\"advgb-post-tax-term\">Voies (textes critiques)<\/span>"]}},"comment_count":"0","relative_dates":{"created":"Publi\u00e9 2 ans il y a","modified":"Mis \u00e0 jour 2 ans il y a"},"absolute_dates":{"created":"Publi\u00e9 le 8 octobre 2023","modified":"Mise \u00e0 jour le 5 d\u00e9cembre 2023"},"absolute_dates_time":{"created":"Publi\u00e9 le 8 octobre 2023 11h17","modified":"Mise \u00e0 jour le 5 d\u00e9cembre 2023 11h17"},"featured_img_caption":"","series_order":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1427","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1427"}],"version-history":[{"count":16,"href":"https:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1427\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1572,"href":"https:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1427\/revisions\/1572"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1581"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1427"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1427"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1427"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}