{"id":1932,"date":"2020-03-06T15:58:00","date_gmt":"2020-03-06T14:58:00","guid":{"rendered":"http:\/\/revuepolaire.com\/?p=1932"},"modified":"2024-03-02T16:11:58","modified_gmt":"2024-03-02T15:11:58","slug":"levolution-du-personnage-de-roman-francais-au-xixe-siecle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/2020\/03\/06\/levolution-du-personnage-de-roman-francais-au-xixe-siecle\/","title":{"rendered":"L&rsquo;\u00c9volution du personnage de roman fran\u00e7ais au XIXe si\u00e8cle"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"960\" height=\"960\" src=\"http:\/\/revuepolaire.com\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/ob_d15b98_victor-hugo.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1934\" srcset=\"https:\/\/revuepolaire.com\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/ob_d15b98_victor-hugo.jpg 960w, https:\/\/revuepolaire.com\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/ob_d15b98_victor-hugo-300x300.jpg 300w, https:\/\/revuepolaire.com\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/ob_d15b98_victor-hugo-150x150.jpg 150w, https:\/\/revuepolaire.com\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/ob_d15b98_victor-hugo-768x768.jpg 768w, https:\/\/revuepolaire.com\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/ob_d15b98_victor-hugo-850x850.jpg 850w\" sizes=\"(max-width: 960px) 100vw, 960px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Id\u00e9e s\u00e9duisante de d\u00e9part\u00a0:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Jean Giono a cette merveilleuse particularit\u00e9 de ne pas avoir tenu compte de l\u2019h\u00e9ritage pessimiste et n\u00e9vrotique du roman fran\u00e7ais du XIX<sup> e<\/sup> si\u00e8cle&nbsp;: apr\u00e8s la Premi\u00e8re Guerre Mondiale, il remet les pendules \u00e0 z\u00e9ro. On repart dans ses romans avec de vrais h\u00e9ros positifs. La jeunesse lettr\u00e9e de l\u2019\u00e9poque \u00e9prouvera cette petite r\u00e9volution comme une lib\u00e9ration. Le r\u00f4le d\u2019un \u00e9crivain ou d\u2019un artiste n\u2019est-il pas de se faire professeur d\u2019Espoir ou d\u2019Esp\u00e9rance. [L\u2019Espoir est le mot qu\u2019utilisent les ath\u00e9es&nbsp;; l\u2019Esp\u00e9rance est le mot qu\u2019utilisent les croyants&nbsp;: m\u00eame r\u00e9alit\u00e9, m\u00eame combat&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014<\/p>\n\n\n\n<p>On peut faire d\u00e9buter l\u2019\u00e9volution du h\u00e9ros dans le roman fran\u00e7ais du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle avec Julien Sorel dans <em>Le Rouge et le Noir<\/em> en 1830. Julien Sorel est un h\u00e9ros encore au sens ancien du terme&nbsp;; ce qui n\u2019exclue pas que son auteur peut se montrer critique \u00e0 son \u00e9gard&nbsp;; c\u2019est en effet un h\u00e9ros dont on peut mesurer au fil des pages l\u2019\u00e9volution&nbsp;: il d\u00e9bute, jeune, frais et na\u00eff, puis gagne en assurance, en ambition&nbsp;; il n\u2019est rien au d\u00e9part, qu\u2019un simple prol\u00e9taire, fils d\u2019un artisan qui poss\u00e8de une scierie&nbsp;; gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019\u00c9glise qui dispense alors le savoir aux jeunes des milieux populaires qui envisagent de rentrer dans les ordres, il s\u2019\u00e9l\u00e8ve par le savoir, et, ce savoir finit par lui donner des ailes et la volont\u00e9 d\u2019\u00eatre un jour un aigle comme Napol\u00e9on, son mod\u00e8le. Napol\u00e9on fut en effet le plus grand mod\u00e8le des g\u00e9n\u00e9rations romantiques europ\u00e9ennes, avec Satan, Lucifer&nbsp;: Dieu ayant abandonn\u00e9 le monde. Lui, ne va pas conqu\u00e9rir villes, forteresses, pays, nations, mais des femmes, et leur \u00ab forteresse int\u00e9rieure \u00bb comme dirait l\u2019\u00c9glise de l\u2019\u00e9poque&nbsp;: il va conqu\u00e9rir des corps, mais, comme Dom Juan [qui se moque des corps], surtout des \u00e2mes. Ce qu\u2019il va rechercher dans ce qu\u2019on nomme l\u2019amour, ce n\u2019est pas tant le plaisir \u00e9rotique et sensuel que celui de la domination. Baudelaire disait que dans l\u2019amour, il y a toujours l\u2019un qui joue le r\u00f4le du \u00ab&nbsp;bourreau&nbsp;\u00bb, et l\u2019autre celui de la \u00ab&nbsp;victime&nbsp;\u00bb. La virilit\u00e9 de Julien Sorel n\u2019est pas sans pr\u00e9senter un aspect sadomasochiste&nbsp;: son ambition et son orgueil de m\u00e2le, son orgueil surtout d\u2019arriviste qui se sent humili\u00e9 \u00e0 vie par son origine, passeront toujours avant l\u2019amour. C\u2019est ce qui le perdra d\u2019ailleurs. Julien Sorel se perd par p\u00e9ch\u00e9 d\u2019orgueil comme Napol\u00e9on, son mod\u00e8le&nbsp;: il ne sait pas \u00ab&nbsp;jusqu\u2019o\u00f9 on peut aller trop loin&nbsp;\u00bb comme diraient P\u00e9guy et Cocteau. Certes, Stendhal se projette dans son h\u00e9ros, mais il garde avec lui une distance critique, laquelle peut \u00eatre qualifi\u00e9e plus pr\u00e9cis\u00e9ment de distance autocritique&nbsp;: c\u2019est ce qui fait de son personnage une vraie r\u00e9ussite du roman psychologique, sp\u00e9cialit\u00e9 fran\u00e7aise depuis Madame de Lafayette avec son c\u00e9l\u00e8bre roman&nbsp;: <em>La Princesse de Cl\u00e8ves<\/em> (1678). Julien Sorel est un \u00eatre profond\u00e9ment humain, qui a les d\u00e9fauts de ses qualit\u00e9s, et les qualit\u00e9s de ses d\u00e9fauts&nbsp;; comme les qualit\u00e9s sont hors du commun, les d\u00e9fauts le sont \u00e9galement&nbsp;; c\u2019est ce qui le rend singulier, int\u00e9ressant. Julien Sorel est une nature audacieuse, mais \u00e9galement un arriviste revanchard. Julien Sorel reste cependant un h\u00e9ros profond\u00e9ment romantique&nbsp;: cette loi des contrastes exacerb\u00e9e rel\u00e8ve de la typologie romantique&nbsp;: on peut m\u00eame dire qu\u2019elle en constitue l\u2019essence. Julien Sorel est porteur d\u2019un id\u00e9al issu de la R\u00e9volution Fran\u00e7aise, mais, comme Diderot dans<em> Le Neveu de Rameau<\/em> (1774), Stendhal sait se faire largement critique et proph\u00e9tique de l\u2019\u00e9volution probable de cet \u00ab homme nouveau \u00bb qui rompt avec l\u2019Ancien R\u00e9gime, sans nostalgie certes, mais avec un sens prospectif et r\u00e9aliste&nbsp;: il entrevoit d\u00e9j\u00e0 ce qui lui semble irr\u00e9versible et fatal dans l\u2019\u00e9volution sociale \u00e0 venir.<\/p>\n\n\n\n<p>Julien Sorel sera suivi en 1835 par le h\u00e9ros du <em>P\u00e8re Goriot<\/em>, Eug\u00e8ne de Rastignac. Comme <em>Le P\u00e8re Goriot<\/em> est un roman r\u00e9aliste, Balzac n\u2019a pas de sympathie particuli\u00e8re pour son h\u00e9ros&nbsp;; son h\u00e9ros est simplement l\u00e0 pour rendre compte sociologiquement des changements de l\u2019esprit du temps, en donner clairement la mesure&nbsp;; Rastignac, c\u2019est un h\u00e9ros de la modernit\u00e9 capitaliste, d\u2019un monde qui n\u2019est plus r\u00e9gi que par l\u2019argent, donc un h\u00e9ros m\u00e9diocre. C\u2019est potentiellement un petit arriviste, pr\u00eat \u00e0 toutes les bassesses pour parvenir \u00e0 se faire une place dans \u00ab le monde \u00bb, et Balzac se plait \u00e0 nous d\u00e9crire sa d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence&nbsp;: issu de la petite noblesse de province, il va incarner de mani\u00e8re all\u00e9gorique la disparition irr\u00e9m\u00e9diable de l\u2019aristocratie, corrompue par le go\u00fbt du lucre ; sa cousine et sa protectrice \u00e0 Paris, Madame de Beaus\u00e9ant \u2014 dont le patronyme n\u2019est pas exempt d\u2019une tonalit\u00e9 ironique&nbsp;: \u201cla bien assise\u201c par vertu des seuls privil\u00e8ges de la naissance \u2014, qui va s\u2019av\u00e9rer \u00eatre la derni\u00e8re vraie noble \u00e0 Paris, au point de se retirer en province par d\u00e9go\u00fbt de Paris et du monde nouveau \u00e0 la fin du roman, ne se fait aucune illusion sur son petit cousin&nbsp;: elle a bien compris qu\u2019il n\u2019\u00e9tait qu\u2019un arriviste froid et rampant, qui serait bient\u00f4t, dans l\u2019avenir, un parvenu infatu\u00e9 de sa personne et implacable. Balzac choisit d\u2019arr\u00eater son roman au dernier geste de bont\u00e9 que son h\u00e9ros fera pour le restant de ses jours&nbsp;: s\u2019occuper d\u2019enterrer le dernier \u00ab&nbsp;p\u00e8re&nbsp;\u00bb qui restait \u00e0 Paris, mais un p\u00e8re bafou\u00e9 par ses filles, qui s\u2019est enrichi honteusement durant la R\u00e9volution, en faisant des profits sur les mati\u00e8res premi\u00e8res devenues inaccessibles&nbsp;; Balzac sait comme Diderot que lorsqu\u2019il n\u2019y a plus de p\u00e8re, il n\u2019y a plus de civilisation&nbsp;; c\u2019est ce qu\u2019il veut nous dire par son roman. En v\u00e9rit\u00e9, le vrai h\u00e9ros du <em>P\u00e8re Goriot<\/em> est Vautrin, le bagnard \u00e9vad\u00e9, qui fait du petit Rastignac son avatar pour pouvoir effectuer \u00e0 travers lui et gr\u00e2ce \u00e0 lui, ses exactions dans \u00ab&nbsp;le [beau] monde&nbsp;\u00bb, dans l\u2019univers des riches et des puissants, auquel us \u00e9gard \u00e0 sa gueule de l\u2019emploi, il ne peut avoir acc\u00e8s. Les filles de Goriot incarnent elles aussi la m\u00e9diocrit\u00e9 de la fausse noblesse, de la \u201cnoblesse d\u2019argent\u201c qui peut d\u00e9sormais s\u2019acheter un para\u00eetre&nbsp;: il suffit d\u2019avoir de quoi payer. Si Julien Sorel avait encore de profonds d\u00e9sirs d\u2019\u00eatre, un \u00e9lan &nbsp;\u2014&nbsp;m\u00eame illusoire car perverti&nbsp;\u2014 vers l\u2019id\u00e9alisme de son temps, Eug\u00e8ne de Rastignac n\u2019a d\u00e9j\u00e0 plus qu\u2019un seul d\u00e9sir&nbsp;: para\u00eetre. Sorel est encore en partie un h\u00e9ros romantique du monde de l\u2019action et de la conqu\u00eate, Rastignac n\u2019est qu\u2019un pseudo h\u00e9ros r\u00e9aliste, dans une soci\u00e9t\u00e9, qu\u2019on peut d\u00e9j\u00e0 qualifier de \u00ab&nbsp;soci\u00e9t\u00e9 du spectacle&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Les choses vont se g\u00e2ter encore avec le h\u00e9ros du roman r\u00e9aliste de Gustave Flaubert, consid\u00e9r\u00e9 comme son chef d\u2019\u0153uvre&nbsp;: <em>L\u2019\u00c9ducation sentimentale<\/em> (1869). Chez Fr\u00e9d\u00e9ric Moreau peut s\u2019observer la perte totale en effet de l\u2019\u00e9volution du personnage. Julien Sorel et Eug\u00e8ne de Rastignac changent au cours du roman, qui fonctionne sur le mode de ce que G\u0153the appelait le \u00ab&nbsp;<em>Bildungs roman<\/em>&nbsp;\u00bb, le roman d\u2019apprentissage&nbsp;; \u2014 le premier \u00e9tant officiellement <em>Les Souffrances du jeune Werther<\/em> (1774)&nbsp;;&nbsp; mais je tends pour ma part \u00e0 croire qu\u2019en v\u00e9rit\u00e9 le premier roman d\u2019apprentissage est le fameux \u00ab&nbsp;Candide&nbsp;\u00bb de Voltaire en 1759 \u2014&nbsp;; personnage sans qualit\u00e9, m\u00e9diocre et falot au d\u00e9but du roman, alors qu\u2019il est encore dans la jeunesse et au seuil de sa vie sociale, Fr\u00e9d\u00e9ric Moreau n\u2019\u00e9voluera pas&nbsp;: on le retrouvera \u00e0 la fin du roman dans la m\u00eame situation qu\u2019au d\u00e9but&nbsp;; il n\u2019aura rien appris, sera simplement devenu vieux, et sa conclusion sera avec son ami Deslauriers \u2014&nbsp;dont on appr\u00e9ciera le patronyme cruellement ironique \u00e0 nouveau&nbsp;\u2014 que \u00ab&nbsp;ce qu\u2019ils ont eu de meilleur&nbsp;\u00bb fut une tentative de visite, rat\u00e9e d\u2019ailleurs, chez \u00ab&nbsp;La Turque&nbsp;\u00bb \u2014&nbsp;on appr\u00e9ciera la connotation scatologique&nbsp;\u2014, un bordel, o\u00f9 lui et son comparse avaient le d\u00e9sir d\u2019aller offrir aux prostitu\u00e9es qui exer\u00e7aient l\u00e0, des fleurs. Le pessimisme et le cynisme de Gustave Flaubert, triomphent. Il invente l\u2019anti-roman d\u2019apprentissage. On sait que Flaubert lutta toute sa vie contre ses pulsions romantiques et id\u00e9alistes&nbsp;; pour preuve&nbsp;: <em>L\u2019\u00c9ducation sentimentale<\/em> (1869), son roman le plus terrible, le plus noir, lequel est la r\u00e9\u00e9criture parodique de son premier roman romantique \u00e9crit en 1836, dont le titre n\u2019\u00e9tait pas sans comporter d\u00e9j\u00e0 une distance autocritique, puisque ce r\u00e9cit d\u2019un premier amour s\u2019intitulait&nbsp;: <em>M\u00e9moires d\u2019un fou<\/em>. Qu\u2019est la soci\u00e9t\u00e9 pour Flaubert&nbsp;? Un bordel, o\u00f9 tout se vend, o\u00f9 tout s\u2019ach\u00e8te, o\u00f9 tout finit \u00e0 l\u2019\u00e9gout \u2026 \u2026 o\u00f9 r\u00eavent seuls les idiots, jusqu\u2019\u00e0 ce moment qui vient o\u00f9 ils ne r\u00eavent plus, devenus trop vieux.<\/p>\n\n\n\n<p>Il va pourtant y avoir un h\u00e9ros pire que Fr\u00e9d\u00e9ric Moreau, un roman plus effroyable encore&nbsp;; c\u2019est celui qui fut sans doute le fils naturel de Gustave Flaubert qui va l\u2019\u00e9crire&nbsp;; j\u2019ai nomm\u00e9&nbsp;: Guy de Maupassan [on n\u2019a toujours pas prouv\u00e9 la chose&nbsp;: il suffirait d\u2019un simple test ADN]. Ce h\u00e9ros, vous l\u2019avez compris, c\u2019est celui de <em>Bel-Ami,<\/em> en 1885, Georges Duroy. Nous ne sommes plus sous la Restauration comme dans <em>Le Rouge et le Noir<\/em>, et <em>Le P\u00e8re Goriot<\/em>&nbsp;; nous ne sommes plus sous la Monarchie de Juillet, la Seconde R\u00e9publique, puis le Second Empire, comme dans <em>L\u2019\u00c9ducation sentimentale<\/em>&nbsp;; nous sommes en pleine Troisi\u00e8me R\u00e9publique, soit en plein capitalisme bourgeois triomphant, avec tout ce que cela implique socialement. Maupassant invente avec son h\u00e9ros le roman d\u2019apprentissage \u00e0 l\u2019envers&nbsp;: la boucle est donc boucl\u00e9e. Georges Duroy, fils du peuple, est un m\u00e9diocre achev\u00e9 au d\u00e9but du livre, encore na\u00eff, comme le restera \u00e0 jamais Fr\u00e9d\u00e9ric Moreau, mais, ce coureur de jupons inv\u00e9t\u00e9r\u00e9, qui a un grand succ\u00e8s aupr\u00e8s des dames, va monnayer sa compagnie \u2014&nbsp;comme un gigolo qu\u2019il est&nbsp;\u2014 en se servant de ses ma\u00eetresses pour monter aux plus hauts sommets de la soci\u00e9t\u00e9 bourgeoise, jusqu\u2019\u00e0 s\u2019offrir \u2014&nbsp;tout ne s\u2019ach\u00e8te-t-il pas&nbsp;?&nbsp;\u2014 une particule d\u2019op\u00e9rette en se faisant appeler&nbsp;: le Baron Georges du Roy. Pour paraphraser Fran\u00e7ois I<sup>er<\/sup> et sa formule c\u00e9l\u00e8bre&nbsp;: \u00ab&nbsp;Tout est perdu fors \u2026&nbsp;\u00bb, non plus \u00ab&nbsp;l\u2019Honneur&nbsp;\u00bb, mais le fric&nbsp;! \u2026 \u2026 Maupassant partage avec Flaubert, et, Balzac d\u2019ailleurs, la m\u00eame vision all\u00e9gorique de la soci\u00e9t\u00e9 moderne&nbsp;: elle n\u2019est qu\u2019un bordel, o\u00f9 tout se vend, o\u00f9 tout s\u2019ach\u00e8te. Ses v\u00e9ritables \u201ch\u00e9ros\u201c objectifs, sont, en fait, ceux qui savent et ont choisi de se mettre au-dessus de la Justice et des lois&nbsp;: les gangsters. Georges Duroy n\u2019est jamais que le retour en somme du personnage diabolique qu\u2019est Vautrin, le for\u00e7at \u00e9vad\u00e9, dans les romans de <em>La Com\u00e9die Humaine <\/em>d\u2019Honor\u00e9 de Balzac. Plus la soci\u00e9t\u00e9 est moderne, plus la soci\u00e9t\u00e9 industrielle \u00e9volue et s\u2019installe, et triomphe, plus le ma\u00eetre mot pour r\u00e9sumer \u00e0 lui seul la r\u00e9alit\u00e9 du monde social est \u2014&nbsp;comme le pensait et le proclamait Baudelaire dans ses <em>journaux intimes<\/em>&nbsp;\u2014 le mot&nbsp;: \u00ab&nbsp;Prostitution&nbsp;\u00bb. Dans un monde o\u00f9 \u00ab&nbsp;Dieu est mort&nbsp;\u00bb \u2014 ce qu\u2019a proclam\u00e9 le romantique allemand Jean-Paul Richter d\u00e8s 1790 \u2014, il n\u2019y a plus de lois, et tout est permis&nbsp;: il suffit d\u2019avoir de l\u2019audace, du culot, du cynisme&nbsp;: la soci\u00e9t\u00e9 est pour les plus forts un territoire de chasse, une zone de non droit o\u00f9 tout est possible, o\u00f9 ne r\u00e8gnent que les lois de la nature d\u00e9mont\u00e9es par Charles Darwin dans son ouvrage de 1859, <em>De l\u2019\u00e9volution des esp\u00e8ces<\/em>, appliqu\u00e9es par Herbert Spencer \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 humaine&nbsp;: c\u2019est \u00ab&nbsp;<em>struggle for live<\/em>&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;la lutte pour la vie&nbsp;\u00bb&nbsp;; les plus gros mangent les plus petits&nbsp;: seuls survivent les plus forts. Le h\u00e9ros moderne est un monstre qui s\u2019assume. L\u2019\u00e9volution du h\u00e9ros du roman fran\u00e7ais est une parfaite illustration de cette loi&nbsp;: \u00ab&nbsp;la violence engendre la violence&nbsp;\u00bb appliqu\u00e9e \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9, \u00e0 l\u2019\u00e9conomie du social.<\/p>\n\n\n\n<p>En v\u00e9rit\u00e9, le seul qui n\u2019ait pas voulu s\u2019inscrire comme un maillon de cette gradation croissante fatale \u2014et, c\u2019est, sans doute, une des raisons pour lesquelles il est si universellement mythique et incontournable, universellement aim\u00e9 et respect\u00e9 comme \u00e9crivain et comme homme&nbsp;\u2014, c\u2019est Victor Hugo, qui, \u00e0 ce titre est plus qu\u2019un \u00e9crivain, est devenu une sorte de h\u00e9ros national et plan\u00e9taire. Je parle bien s\u00fbr de l\u2019auteur des <em>Mis\u00e9rables<\/em>, qui, paru en 1862, alors qu\u2019il a soixante ans, est le Grand \u0152uvre de toute une vie. Jean Valjean, bagnard \u00e9vad\u00e9 lui aussi comme le Vautrin de Balzac, est par excellence l\u2019anti-Vautrin. Chez Balzac, l\u2019homme issu du peuple devient un monstre, dont la monstruosit\u00e9 n\u2019aura plus de limites&nbsp;; chez Hugo, l\u2019homme issu du peuple, condamn\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9, gagne sa R\u00e9demption, devient un saint. Victor Hugo est le conservateur \u00e0 lui seul de tout l\u2019id\u00e9alisme romantique, de tout le romantisme r\u00e9volutionnaire&nbsp;: il fait de son h\u00e9ros l\u2019all\u00e9gorie des \u00ab&nbsp;droits de l\u2019homme&nbsp;\u00bb et des devoirs du \u00ab&nbsp;citoyen&nbsp;\u00bb. Il n\u2019est pas fils de g\u00e9n\u00e9ral d\u2019Empire pour rien. Au h\u00e9ros adulte et mature qu\u2019est Jean Valjean, il vient ajouter un jeune h\u00e9ros qui va vivre son apprentissage&nbsp;; et les deux h\u00e9ros, le vieux comme le jeune, entrem\u00ealent dans l\u2019esprit du lecteur la dynamique et l\u2019\u00e9lan id\u00e9aliste de leurs deux apprentissages. Mais si nous y regardons de plus pr\u00e8s&nbsp;: tous les personnages des <em>Mis\u00e9rables<\/em> &nbsp;\u2014&nbsp;hormis les Th\u00e9nardiers, bien s\u00fbr&nbsp;\u2014 sont dans la logique du roman d\u2019apprentissage et progressent. Fantine progresse&nbsp;; Cosette progresse&nbsp;; Marius de Pontmercy progresse&nbsp;; \u00c9ponine progresse&nbsp;; Gavroche progresse, et finit m\u00eame dans la peau d\u2019un vrai h\u00e9ros. Il y a m\u00eame jusqu\u2019\u00e0 Javert, le flic obtus qui poursuit le bagnard \u00e9vad\u00e9 avec une haine de fonctionnaire, qui finit par ouvrir les yeux sur sa b\u00eatise, m\u00eame si l\u2019on sait qu\u2019il se suicide, lorsqu\u2019il comprend enfin qu\u2019il poursuivait un homme meilleur que lui&nbsp;: il a progress\u00e9 aussi. Notre bon vieux Victor ne veut pas renoncer \u00e0 une once d\u2019id\u00e9alisme&nbsp;! Et, c\u2019est pour cela qu\u2019on l\u2019aime&nbsp;! C\u2019est pourquoi on l\u2019aime \u00e0 jamais et qu\u2019on le v\u00e9n\u00e8re&nbsp;: malgr\u00e9 la vulgarit\u00e9 et la veulerie, l\u2019opportunisme et le cynisme implacable de son temps, il r\u00e9siste&nbsp;! Il est le r\u00e9sistant type&nbsp;! Il a invent\u00e9 cette chose g\u00e9niale qui n\u2019est peut-\u00eatre pas encore morte aujourd\u2019hui&nbsp;: le romantisme social et r\u00e9volutionnaire. Comme on le lit au fronton du Panth\u00e9on, derni\u00e8re demeure du Grand Homme&nbsp;: \u00ab&nbsp;Aux Grands Hommes, la Nation reconnaissante&nbsp;\u00bb. Gr\u00e2ces lui en soient rendues, \u00e0 jamais. Victor Hugo reste \u00e0 jamais un des P\u00e8res de la Nation R\u00e9publicaine.<\/p>\n\n\n\n<p>Jean-Louis Clo\u00ebt, ce 26 mars 2020..<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Id\u00e9e s\u00e9duisante de d\u00e9part\u00a0: Jean Giono a cette merveilleuse particularit\u00e9 de ne pas avoir 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