{"id":374,"date":"2007-11-14T15:51:00","date_gmt":"2007-11-14T14:51:00","guid":{"rendered":"http:\/\/revuepolaire.com\/?p=374"},"modified":"2023-11-01T10:53:07","modified_gmt":"2023-11-01T09:53:07","slug":"soutine-soul","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/2007\/11\/14\/soutine-soul\/","title":{"rendered":"Soutine so\u00fbl"},"content":{"rendered":"\n<p>Extrait des \u00ab&nbsp;Enfants de Boh\u00e8me&nbsp;\u00bb \u2014 un ensemble de recueils consacr\u00e9s aux peintres de L\u2019\u00c9cole de Paris, \u2014 \u00ab&nbsp;Soutine so\u00fbl&nbsp;\u00bb est dat\u00e9 de 1985. D\u2019autres peintres sont mis \u00e0 l\u2019honneur dans cet ensemble&nbsp;: Modigliani, Pascin, Foujita\u2026 36 tableaux, 36 po\u00e8mes, \u00e0 chaque fois.<\/p>\n\n\n\n<p><small>[Corr\u00e9lats&nbsp;: Modi le Maudit&nbsp;<\/small>; <small>Jean-Marie Drot le Magnifique.]<\/small><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"http:\/\/revuepolaire.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Soutine-2.mp3\"><\/audio><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>* <small><br><br>\u2014&nbsp;\u00ab&nbsp;Une pression hypocrite et continue condamne l\u2019individu \u00e0 une existence timide, incompl\u00e8te et rebelle, \u00e0 la terrible et st\u00e9rile insatisfaction vague qui pourrit les d\u00e9sirs et les songes\u2026&nbsp;\u00bb ROGER CAILLOIS.<\/small><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>  *&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nb1\">1<\/a>]<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u2014&nbsp;Sournoise la folle&nbsp;? Allons donc&nbsp;! Filament apr\u00e8s filament, elle se consume au dedans comme du coton hydrophile. Elle se racornit doucement, mais, inexorablement&nbsp;: il n\u2019en restera bient\u00f4t plus qu\u2019une petite masse rougeoyante qui s\u2019\u00e9teindra d\u2019un coup, un petit tas de cendre qu\u2019un courant, vite, d\u2019air, vif, dispersera. Voyez donc ces mains sans peau, tordues, gagn\u00e9es par l\u2019incendie. Terroris\u00e9e, ailleurs d\u00e9j\u00e0, elle sourie, d\u00e9j\u00e0 sauv\u00e9e. Ses cheveux sont \u00e9toupe&nbsp;; au creux des orbites, ses yeux, boulets, charbon, roulent. Bouche-braise&nbsp;: il est certain, que l\u2019\u00e9teignoir de son bonnet ne suffira pas \u00e0 l\u2019\u00e9teindre.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>*&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nb2\">2<\/a>]<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Deux poux noirs par les champs, deux cafards rentrent de l\u2019\u00e9cole en courant. Est-ce l\u2019orage, qui les fit sortir de leur trou&nbsp;? Dans la terre molle du chemin, noirs, deux t\u00e2cherons du devoir civique, pi\u00e9taille, pi\u00e9tinent, main dans la main, si petits&nbsp;! L\u2019un des deux vaticine&nbsp;: le ciel en col\u00e8re, un arm\u00e9e d\u2019arbres les poursuit&nbsp;; lui a peur, mais elle aussi&nbsp;; tandis que tombe le soir.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>*&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nb3\">3<\/a>]<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019arbre couch\u00e9&nbsp;: \u2014 quel coup de balais dans les maisons&nbsp;! c\u2019est un balais de sorci\u00e8re&nbsp;: une est assise dessus. L\u2019air lac\u00e9r\u00e9 siffle autour d\u2019elle, fouette la chair bleue du ciel. Comme un sillage, un ruban, la route tournoie.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>*&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nb4\">4<\/a>]<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les arbres, ce doit \u00eatre les anges f\u00e9lons pr\u00e9cipit\u00e9s par <em>Javeh<\/em> du haut du ciel aux enfers, pr\u00e9cipit\u00e9s du haut des cieux sur la terre. Il n\u2019en d\u00e9passe que les pieds, les jambes. <em>Javeh<\/em> les a renvers\u00e9s. Alors, leurs jambes ont pouss\u00e9, pouss\u00e9 comme de noirs <em>\u00c7ivas<\/em> maudissant <em>Dieu<\/em> et les hommes de leurs deux dizaines de bras. De rage, \u00e9cumant de flammes vertes, ce sont des araign\u00e9es, des poulpes au bec bien cach\u00e9.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>*&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nb5\">5<\/a>]<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le vent ronfle comme un tonnerre, arbres \u00e9cumants. C\u2019est la houle. Le vent roule un bruit de mer. La trou\u00e9e au bout de la route, l\u00e0, c\u2019est le sexe du ciel&nbsp;: demain par lui verra le jour. Il na\u00eetra par ce sexe ouvert, o\u00f9 s\u2019engouffrent dans un vertige les passants. Ce qu\u2019il na\u00eetra&nbsp;? Qui le sait, ce qu\u2019il sortira de l\u00e0-bas&nbsp;? Le ciel travaille\u2026&nbsp;: il pousse\u2026 Le ciel hal\u00e8te. \u2014 En mourra-t-il&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>*&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nb6\">6<\/a>]<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>\u2014 C\u2019est grave, Docteur&nbsp;? \u2014 Oui. La laideur est incurable\u2026 <\/em>Allez&nbsp;! Ne rougispas. Viens. Tu es faite comme les autres, va, mis \u00e0 part tes mains&nbsp;: leur rougeur de laveuse, oui, de cireuse de carrelage, et parquets. Viens donc&nbsp;! Allez viens&nbsp;! \u2026Mais dis, qu\u2019est-ce que tu t\u2019es fait pour qu\u2019ainsi dressent tes t\u00e9tons&nbsp;: piq\u00fbre, ou qu\u2019est-ce&nbsp;? C\u2019est pas normal\u2026 C\u2019est rien&nbsp;! Allez, baisse les bras&nbsp;! Qu\u2019on le voie, ce sexe&nbsp;! T\u2019as l\u2019air de quoi, l\u00e0, tes mains devant&nbsp;?!\u2026 Viens, je te dis&nbsp;! Ou, si tu ne veux plus\u2026 rhabille toi, et fous le camp&nbsp;!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>*&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nb7\">7<\/a>]<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les porcs au moins ne sont pas seuls. Vautr\u00e9s comme pas deux, ils sont parfois deux dans leur bauge. Ils sont heureux. \u00c7a va tellement mieux un groin de porc, pour go\u00fbter les odeurs de la terre. Quand on n\u2019a pas peur de la boue, de l\u2019ordure, tout devient si facile\u2026 Oui, la vie d\u2019un porc vaut bien une vie d\u2019homme, pourvu qu\u2019on soit deux. Leur boue, la n\u00f4tre&nbsp;: c\u2019est tout comme. Les porcs mentent moins que nous.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>*&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nb8\">8<\/a>]<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u2014&nbsp;Dis, bouge un peu&nbsp;! dis, t\u2019es morte&nbsp;?\u2026 R\u00e9ponds, quand je te parle&nbsp;!\u2026 Eh&nbsp;! Oh&nbsp;! R\u00e9veille-toi&nbsp;! Ne me laisse pas seul. \u2026Elle dort\u2026 Elle dort&nbsp;! dort la gueule ouverte, les yeux presque ouverts, comme une morte. Merde. Et, c\u2019est tout comme si elle baignait dans son sang dans cette chemise de nuit-sang. Je n\u2019aime pas quand tu dors, quand tu me laisses seul, avec ce poing ferm\u00e9 qui me repousse, tes cheveux qui vivent sans toi et si tordus qu\u2019ils prennent racine dans le terreau de l\u2019oreiller. Dis, bouge un peu&nbsp;!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>*&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nb9\">9<\/a>]<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Qui donc aurait cru que la viande fut un vitrail, \u00e9corch\u00e9e, crue, que tout corps est \u00e9clair\u00e9 par l\u2019aveuglant regard de La Mort, qu\u2019elle y voit clair, nous d\u00e9visage au travers de toute charogne comme d\u2019au-del\u00e0 d\u2019un miroir&nbsp;: de l\u00e0, nous faisant signe, oui, de la suivre&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>*&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nb10\">10<\/a>]<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u2014&nbsp;T\u00eate de con&nbsp;! T\u00eate de con&nbsp;! Une bonne t\u00eate quand m\u00eame&nbsp;! En voil\u00e0 un qui sait boire au moins, pour de vrai, pour de bon&nbsp;! La caboche caboss\u00e9e, mais toujours debout, la caboche amoch\u00e9e, bossel\u00e9e par les ribouldingues dans les bistrots&nbsp;: c\u2019est trop&nbsp;! En voil\u00e0 un qui sait rire au moins&nbsp;!\u2026 Allez, viens L\u2019Ancien, c\u2019est ma tourn\u00e9e&nbsp;! On va \u00e9cumer chez les Montparnos, au Parnasse, au \u00ab&nbsp;D\u00f4me&nbsp;\u00bb&nbsp;; viens, \u00e7a va fermer, viens L\u2019Apache&nbsp;; et, gare \u00e0 ton scalp&nbsp;!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>*&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nb11\">11<\/a>]<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les beaux quartiers, c\u2019est sur l\u2019autre trottoir. Les beaux quartiers, c\u2019est de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la rue, l\u00e0, derri\u00e8re des piquets et du grillage&nbsp;: l\u2019autre monde, celui de La Paix et du Calme, celui des jardins et des arbres. Il suffirait, \u2014 oh&nbsp;! c\u2019est simple&nbsp;! \u2014 de traverser la chauss\u00e9e pour toucher le grillage&nbsp;; et puis apr\u00e8s&nbsp;?\u2026 \u2026C\u2019est beau une fen\u00eatre dans les feuillages frais, une fa\u00e7ade ensoleill\u00e9e. Trou\u00e9e de ciel vide, blanc, dans le feuillage du grand arbre, un fant\u00f4me-femme sourie.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>*&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nb12\">12<\/a>]<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u2014&nbsp;Ce paquet de chiffon, c\u2019est quoi, ces yeux en boutons de bottines, ces chaussettes qui tombent&nbsp;?\u2026 C\u2019est beau l\u2019enfance&nbsp;!&nbsp;: un petit tas de loques rouges, comme si \u00e7a venait de na\u00eetre, beurr\u00e9 de sang frais, encore gluant. Elle aussi, elle a son b\u00e9b\u00e9&nbsp;: du chiffon, pareil, moins b\u00e9casse peut-\u00eatre, oui, l\u2019air plus intelligent&nbsp;: un b\u00e9b\u00e9 noir \u00e0 gueule blanche. Qu\u2019est-ce donc qu\u2019elle veut&nbsp;? Qu\u2019attend-elle donc&nbsp;?\u2026 Allez. <em>Raus<\/em> <em>&nbsp;!<\/em>\u2026 Rien \u00e0 voir&nbsp;!!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>*&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nb13\">13<\/a>]<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u2014&nbsp;\u00c7a se croit belle, voyez \u00e7a, pendue comme \u00e0 cochon-pendu \u00e0 la barri\u00e8re, mais \u00e0 l\u2019endroit&nbsp;: sans blague, il ne faudrait pas salir sa robe blanche, n\u2019est-ce pas&nbsp;! Maman ne serait pas contente. Ah&nbsp;! elle a choisi son endroit pour faire sa mijaur\u00e9e&nbsp;: dans le pr\u00e9, c\u2019est charmant oui, avec les vaches&nbsp;; c\u2019est champ\u00eatre \u00e0 cet \u00e2ge-l\u00e0\u2026 Fichue emp\u00eatr\u00e9e oui&nbsp;! \u2014 \u00ab&nbsp;C\u2019est \u00e0 moi, a-t-elle l\u2019air de dire, c\u2019est \u00e0 moi tout \u00e7a. Tout, oui tout&nbsp;!\u2026&nbsp;\u00bb \u00c7a croit poss\u00e9der la terre&nbsp;: tiens, papa a des sous\u2026 J\u2019t\u2019en fous&nbsp;!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong> *&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nb14\">14<\/a>]<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u2014&nbsp;\u00ab&nbsp;Quelle gueule \u00e7a a la mis\u00e8re&nbsp;?\u2026&nbsp;\u00bb se demandent les bourgeois quelquefois avec un grattement d\u00e9licat dans l\u2019arri\u00e8re-fond (dans le cul, quoi&nbsp;!) \u2014 \u00ab&nbsp;Quelle gueule \u00e7a a&nbsp;!\u2026&nbsp;\u00bb et ils s\u2019imaginent Dieu sait quoi&nbsp;!\u2026 La mis\u00e8re, c\u2019est simplement trois maquereaux ou trois harengs dans une assiette, sans plus,\u2026 trois maquereaux, trois harengs \u00e0 un sou pi\u00e8ce\u2026 juste assez frais, mais qui puent ce qu\u2019il faut de juste, et vous regardent\u2026 froids. Simplement trois maquereaux ou trois harengs&nbsp;; rien que trois\u2026 plus un, pour le luxe&nbsp;; un crottin de tomates m\u00fbres bordant l\u2019assiette sur la blancheur fi\u00e9vreuse d\u2019un torchon \u00e0 la propret\u00e9 douteuse\u2026 et\u2026 surtout,\u2026 la fourchette pour les crucifier.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong> *&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nb15\">15<\/a>]<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u2014&nbsp;Ch\u00f4meur, Monsieur&nbsp;! Ce n\u2019est pas de sa faute. Courageux, oui&nbsp;! (Il cherche de l\u2019ouvrage). Femme de m\u00e9nage, sa m\u00e8re. Le p\u00e8re, mort, (de boire). Et, tout \u00e7a encore \u00e0 nourrir&nbsp;!\u2026 Lui, c\u2019est l\u2019a\u00een\u00e9. Du m\u00e9rite, Monsieur&nbsp;! N\u2019est-ce pas malheureux&nbsp;?\u2026 Ce n\u2019est pas un fain\u00e9ant, vous savez&nbsp;: dame&nbsp;! son pauvre p\u00e8re parti. Quelle vie, n\u2019est-c\u2019 pas, Monsieur\u2026 Ah&nbsp;! on n\u2019est pas grand-chose sur cette terre.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong> *&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nb16\">16<\/a>]<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>La pouftingue en chandail de peau de grosse, avec sa gueule qui ferait fuir un r\u00e9giment de Huns en rut&nbsp;: pour le peu qu\u2019elle s\u2019appelle Genevi\u00e8ve, quel symbole, oui&nbsp;! Elle eut sauv\u00e9 Paris, tout aussi bien. Se beurre-t-elle la chevelure aussi, pour mieux tromper l\u2019ennemi&nbsp;? Toute sa graisse doit suinter par la t\u00eate plut\u00f4t pour qu\u2019ainsi s\u2019annonce cette calvitie qui lui d\u00e9nude le front et les oreilles. \u00c7a la rend plus nue. Est-ce l\u2019impudicit\u00e9, la congestion, qui fait la merveille de ce teint vermeil&nbsp;?\u2026 Elle rentre, coquette, les joues, \u00e0 d\u00e9faut de rentrer le ventre. Elle a des seins comme des sacs sous un menton de mangeuse de soupe et de harengs. Chaste, elle jette un regard de vache inqui\u00e8te.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong> *&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nb17\">17<\/a>]<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les tomates sont des yeux rouges. La raie est un voile visqueux, rose et blanc, gluant, translucide. Je suppose la chose clou\u00e9e \u2014 chose probable \u2014 au mur. C\u2019est plut\u00f4t d\u00e9coratif par son c\u00f4t\u00e9 d\u00e9cortiqu\u00e9, mais on tique&nbsp;: la pose est ind\u00e9cente vraiment. Passe encore pour la b\u00e9ance de la bouche\u2026 mais ces allures de satyre ouvrant tout grand son manteau \u2014 Oh&nbsp;! Ah&nbsp;! \u2014 sur ses tripes \u00e0 l\u2019air qui pendouillent, qui bourgeonnent\u2026 ce torchon qui semble un drap de bordel&nbsp;: c\u2019est trop, quoi&nbsp;!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>*&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nb18\">18<\/a>]<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>C\u2019est dur d\u2019\u00eatre p\u00e2tissier, quand on r\u00eave d\u2019\u00eatre boucher. Le cr\u00e2ne en crochet, la maigreur d\u2019un cintre et l\u2019air carnassier qu\u2019accentuent deux yeux chassieux, un nez en ar\u00eate, hachoir \u00e9mouss\u00e9 un vrai profil de couteau-scie, des oreilles raides de hy\u00e8ne&nbsp;: blanc, silicos\u00e9 par la farine, on voit bien qu\u2019il manque de sang. P\u00e2tissier, ce n\u2019est pas un m\u00e9tier, mais boucher&nbsp;!\u2026 Fi du p\u00e9trin, foin de la p\u00e2te, Ah&nbsp;! billot, hachoir, maillet, couperet, scies, couteaux, feuille \u00e0 fendre, crochets, crocs, scie, hache&nbsp;!\u2026 Les saigneurs sont des seigneurs. P\u00e2le, il serre, r\u00eaveur, un chiffon-sang dans l\u2019\u00e9tau de ses battoirs chevill\u00e9s. Bien toqu\u00e9, \u00e0 sa toque, les pommes d\u2019un dossier font des grelots.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>*&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nb19\">19<\/a>]<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>On ne devrait jamais manger de poule noire, jamais. Maudit <em>schoheth<\/em>&nbsp;! Maudit <em>schoheth<\/em> qui l\u2019\u00e9corcha <em>casher<\/em>, tu as oubli\u00e9 ton couteau&nbsp;! Mais qu\u2019on la d\u00e9croche&nbsp;!\u2026 Qu\u2019on la d\u00e9croche, ard\u00e9e d\u00e9j\u00e0 comme elle est de poison, de pourriture&nbsp;! Qu\u2019on l\u2019enterre&nbsp;!\u2026 Qu\u2019on l\u2019enterre ou la cloue sur une porte, hors de la ville, pour chasser Le <em>Golem<\/em> et le mauvais sort. Maudit <em>schoheth<\/em>, maudit <em>schoheth<\/em> qui l\u2019\u00e9corcha, tu as oubli\u00e9 ton billot et la louche pour le sang. Ni ton couteau ni tes mains ne tueraient ses ailes, jamais. Personne ne sait tuer les ailes. On ne devrait jamais tuer de poule noire&nbsp;!\u2026 Oh&nbsp;! mortes, elles ressemblent trop \u00e0 des corbeaux&nbsp;!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>*&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nb20\">20<\/a>]<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Haut monstre aux deux s\u0153urs siamoises, les deux s\u0153urs, les deux tours hurlent&nbsp;: d\u00e9mesur\u00e9ment p\u00e9trifi\u00e9es. Gauche, la tour a un visage hallucin\u00e9&nbsp;; sa bouche, les yeux sourds de nuit, sa bouche immense est un vitrail crevant sa face&nbsp;; par les yeux agrandis d\u2019effroi sortent, rentrent, des corbeaux. C\u2019est la tour reine, couronn\u00e9e, et la peau de pierre h\u00e9riss\u00e9e. Coiff\u00e9e d\u2019un bonnet de fou, sa soeur naine lui sert de fou. \u2014 Que dit le fou&nbsp;? Que dit la tour naine \u00e0 sa reine&nbsp;?\u2026 Au fond des \u00e2ges, que voient-elles&nbsp;?\u2026 Dans le ciel, qui semble glisser, ce <em>Sphinx<\/em> \u00e9trange a recul\u00e9&nbsp;; mais, ni hommes, ni maisons, n\u2019ont vu ces visages.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>*&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nb21\">21<\/a>]<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>La raie pleure sur les oignons, ou, rie-t-elle, la raie dans l\u2019air, accroch\u00e9e \u00e0 deux fils de fer tire-bouchons&nbsp;? Muscle mort, mol&nbsp;: c\u2019est un accroc dans la bouffissure tum\u00e9fi\u00e9e du mur qui se gangr\u00e8ne, noire, d\u00e9j\u00e0 vert-de-gris\u00e9e de pus. Fi\u00e9vreux accroc de pulpe flasque, recuite et d\u00e9pigment\u00e9e, comme \u00e9bouillant\u00e9e, blanche, elle vit, soleil gluant, pue, pend sur un horizon de charpie. Queue d\u2019homme&nbsp;; la raie crie&nbsp;; tout son fiel s\u2019\u00e9jacule&nbsp;; elle sue, nue, et ses branchies sont des yeux vides.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>*&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nb22\">22<\/a>]<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Mais d\u2019o\u00f9 sort-elle celle-l\u00e0&nbsp;? Homme ou femme&nbsp;?\u2026 \u2014 Femme, il para\u00eet. \u2014 Avec ce col d\u2019abb\u00e9, j\u2019aurais dit plut\u00f4t apprenti-cur\u00e9&nbsp;: sa robe est une vraie soutane. \u00c0 ses mains, il ne manquerait qu\u2019un chapelet pour qu\u2019on la dise nonne&nbsp;: elle est ras\u00e9e comme un homme. Son \u00e2ge m\u00eame est un myst\u00e8re, un autre&nbsp;; car, d\u2019o\u00f9 lui viennent ces yeux vides de folle et ce sourire de <em>Bouddha<\/em>&nbsp;? Autour d\u2019elle, des fleurs tournoient. Son chapeau lui sert d\u2019aur\u00e9ole.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>*&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nb23\">23<\/a>]<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Larbin ou boxeur, il faudrait choisir. Attention, Mesdames&nbsp;! Le jeu de jambes n\u2019est qu\u2019un avant-coureur du reste&nbsp;: on se venge comme on peut de sa pauvret\u00e9. Voici un cavalier d\u2019un genre bien particulier&nbsp;: attendez-vous au <em>far-west<\/em>, au <em>rod\u00e9o<\/em>. Les oreilles trop d\u00e9coll\u00e9es, le n\u0153ud-papillon trop mal refait pour \u00eatre honn\u00eate\u2026&nbsp;: attachez-vous plut\u00f4t \u00e0 ce chicot de haine et d\u2019humiliation mal rem\u00e2ch\u00e9 dans la joue droite, \u00e0 cette moiti\u00e9 de visage de laquais chinois, \u00e0 cet \u0153il brid\u00e9\u2026 \u00e0 l\u2019autre, insolent\u2026 \u00e0 cette bosse dans le pantalon, \u00e0 l\u2019entrejambes.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>*&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nb24\">24<\/a>]<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00c0 quoi sert d\u2019avoir les bras longs, quand c\u2019est pour porter des valises&nbsp;? On a beau avoir un grand front, on n\u2019en est pas moins con parfois. On a beau avoir un plastron, on n\u2019est pas pour autant patron. L\u2019air jockey \u2014 casaque rouge, toque rousse&nbsp;\u2014, pourquoi, allons bon, pourquoi faire&nbsp;? Pour monter les escaliers&nbsp;?\u2026 Un valet est un valet&nbsp;; le n\u0153ud-papillon n\u2019y fait rien, ni le ventre s\u00e9natorial, non. Cr\u00e9tin en chef de l\u2019\u00e9tage, terreur du <em>groom<\/em>, du liftier, en bon racketteur de pourboire, \u00e0 force de loucher sur les rondeurs des clientes et des poches revolver, \u00e7a lui est rest\u00e9. Ne reculez pas par crainte&nbsp;: le crachat qu\u2019il a dans la bouche, il le garde pour lustrer, faire reluire, les chaussures.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>*&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nb25\">25<\/a>]<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dr\u00f4le d\u2019oiseau, ce biquet&nbsp;! Il a l\u2019air gentil, un peu fille. Un petit air de tripot\u00e9. On peut tout lui demander, presque n\u2019importe quoi pourvu qu\u2019on paie, pour s\u00fbr, avec ce petit air de \u00ab\u00a0tu-regardes-mais-on-ne-touche-pas\u00a0\u00bb\u2026 tu parles&nbsp;! Eh&nbsp;! larbin de richards, c\u2019est bien un m\u00e9tier d\u2019homosexuel, non&nbsp;?! N\u2019est-ce pas tout beau, tout propre, \u00e0 sa place&nbsp;: ce chef barbotant sur un col serr\u00e9 un peu jaune, ce regard probe de tiroir-caisse&nbsp;? \u2014 La bouche, obsc\u00e8ne, a un vague air de resuc\u00e9e\u2026<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>*&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nb26\">26<\/a>]<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>La soupi\u00e8re est vide. Vides, les cuill\u00e8res. Vide, l\u2019assiette creuse. Vides, les verres. La bouteille est pleine de vin. Avec quoi va-t-on remplir tout cela&nbsp;? \u2014 Si le litre est plein, avec du vin. Le vin remplit les ventres vides&nbsp;; le vin nourrit. C\u2019est une nourriture de pauvre&nbsp;; or, le pauvre a faim&nbsp;; donc, il boit. Et, plus il boit, plus il a froid&nbsp;; et, plus il a froid, plus il boit. \u2014 Pourquoi froid&nbsp;? \u2014 Parce que la soupi\u00e8re, l\u2019assiette creuse, restent vides. Parce que le vin creuse sa t\u00eate aussi, comme son estomac. Au menu du jour&nbsp;: soupe de vin rouge arros\u00e9e de vin&nbsp;; et, du vin pour faire chabrot. \u2014 Deux couverts&nbsp;? \u2014 Pour inviter la mort, \u00e0 tabl<\/strong>e.<\/p>\n\n\n\n<p>*<strong>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nb27\">27<\/a><\/strong>]<\/p>\n\n\n\n<p><strong>On a beau \u00eatre nabot et <em>groom<\/em>, on n\u2019en est pas moins homme&nbsp;! Zieuter les plus belles femmes, putes et poup\u00e9es de banquiers d\u2019Europe et des \u00c9tats-Unis, tous ces mignons petits culs dans la dentelle, la soie, qui, dans les bras des gros nababs, se fichent de moi&nbsp;; se dire, que mon salaire de toute une vie ne suffirait pas \u00e0 payer la nuit, c\u2019est pas une vie, non&nbsp;! Dans mon falzar rouge, voyez dans quel \u00e9tat elles m\u2019ont mis.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>*&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nb28\">28<\/a>]<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le P\u00e8re No\u00ebl a un manteau d\u2019astrakan sur sa robe rouge, une bouche en cr\u00eate de poule, et, un joli d\u00e9collet\u00e9 de peau blanche en lieu de barbe \u2014 ce qui est, et de loin, de beaucoup plus seyant \u2014. Fi du bonnet aussi, une longue m\u00e8che de corbeau \u00e0 reflets bleus s\u2019harmonise parfaitement avec ceux du manteau \u00e0 poils boucl\u00e9s\u2026 Les cheveux lisses, bleus, gomin\u00e9s, les poils boucl\u00e9s bleus et luisants&nbsp;: alors, p\u00e8re No\u00ebl ou <em>V\u00e9nus \u00e0 la fourrure<\/em>&nbsp;? Troublant, vraiment. Qui donne sa langue au chat&nbsp;?\u2026 Ne cherchez pas la hotte&nbsp;: il est assis dessus&nbsp;; elle, plut\u00f4t \u2014 visez donc les jolies quilles&nbsp;! \u2014. \u2014 Triste&nbsp;?\u2026 \u2014 Non. M\u00e8re No\u00ebl est bonne fille.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>*&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nb29\">29<\/a>]<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00c0 quoi peut-il penser avec des oreilles si rouges, des yeux si torves, tout en su\u00e7ant l\u2019int\u00e9rieur de ses joues flasques&nbsp;? Si raide et si droit, il a des allures de cierge pascal qui aurait coul\u00e9\u2026 de cierge, cependant bien moul\u00e9 par La Soci\u00e9t\u00e9, comme atteint de vice de forme. Les mains aussi d\u00e9goulinent\u2026 La t\u00eate enflamm\u00e9e&nbsp;: qui va se d\u00e9cider \u00e0 la moucher, la calotte&nbsp;?\u2026 Un cierge, une tige de fer lui sert d\u2019assise, mais lui, qu\u2019est-ce donc qui le tient debout&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>*&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nb30\">30<\/a>]<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Chaos de maisons, chaos des toits. Les arbres partent tous \u00e0 l\u2019assaut du monde, au bord d\u2019un ciel noir qui porte les couleurs de la fin du monde. L\u2019univers glisse tout entier, d\u00e9cor sans plus. L\u2019horizon se renverse. Rien pour le r\u00e9tablir. Rien pour se raccrocher&nbsp;: tout tombe, roule comme d\u2019un tombereau qu\u2019on vide, comme un cercueil dans la tombe\u2026 Rien n\u2019existera plus, demain.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>*&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nb31\">31<\/a>]<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>La Maison du pendu <\/em>&nbsp;: ce pouvait \u00eatre l\u00e0, aussi. C\u2019est plut\u00f4t <em>La Maison du crime<\/em>\u2026 Une silhouette tordue, g\u00e9ante, juste au n\u0153ud des chemins, ivre, vacille&nbsp;; tout pr\u00e8s, dans l\u2019herbe, une autre para\u00eet allong\u00e9e, immobile\u2026 \u2014 \u00c9rignes, deux troncs, deux arbres, tiennent la chair creuse de la pierre \u00e9cart\u00e9e sur les fen\u00eatres.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>*&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nb32\">32<\/a>]<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019arc-en-ciel chavire&nbsp;: c\u2019est une arche. L\u2019arc-en-ciel tombe&nbsp;: c\u2019est la foudre. Rouge, la terre&nbsp;: le ciel s\u2019ouvre. Le sang des couleurs coule, fou. La for\u00eat chiffonn\u00e9e&nbsp;: c\u2019est la mer d\u00e9mont\u00e9e, qui s\u2019\u00e9clate sur les rochers&nbsp;; la ville est quai. Et la terre s\u2019ouvre sous Le Ciel qui s\u2019OUVRE&nbsp;!\u2026<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>*&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nb33\">33<\/a>]<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>De qui est-elle veuve&nbsp;? \u2014 De L\u2019Amour&nbsp;? \u2014 C\u2019est possible. Dans les cheveux, le serre-t\u00eate est comme un diad\u00e8me noir\u2026 Tout est noir&nbsp;: les cheveux, la robe, les sourcils, les yeux, l\u2019\u00e2me aussi sans doute&nbsp;; seul le visage dans cette nuit para\u00eet un phare, mais, la bouche&nbsp;: fanal, de quoi nous pr\u00e9vient-il&nbsp;?\u2026 Les coups de tabac, elle en sort. D\u2019ailleurs, recoiffez-la&nbsp;; retirez-lui l\u2019ecchymose \u00e9carlate des l\u00e8vres, au nez ce bulbe&nbsp;: et, la voici jolie\u2026 Quelque marlou l\u2019aura battue, cette morue.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>*&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nb34\">34<\/a>]<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les murs n\u2019ont plus de peau&nbsp;; les arbres sont squelettes\u2026 Je ne sais pas pourquoi, cela me fait penser au Harrar, \u00e0 Rimbaud&nbsp;: ce c\u00f4t\u00e9 ladre, ce c\u00f4t\u00e9 d\u00e9sol\u00e9, d\u00e9sert, tourment\u00e9, de ce pays&nbsp;; sans une \u00e2me qui vive, il semble\u2026 Tout a br\u00fbl\u00e9, tout est blanchi, carbonis\u00e9, min\u00e9ral, basaltique&nbsp;: tout, jusqu\u2019aux champs, jusqu\u2019aux toits fan\u00e9s, pliss\u00e9s par l\u2019usure comme s\u2019ils fondaient\u2026 Pas de soleil pourtant\u2026 Un ciel blanc et gris-bleu, coupant l\u2019horizon laid d\u2019un versant de mont comme un volcan.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong> *&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nb35\">35<\/a>]<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les \u0153illets, c\u2019est de la viande grasse en pot, de l\u2019\u00e9corchure fra\u00eeche sans odeur notable, des visc\u00e8res en fleurs, quand ils sont rouges. D\u2019ailleurs, voyez qu\u2019ils pourrissent, s\u00e8chent, bien assis comme un paquet d\u2019ulc\u00e8res sur une chaise, comme un homme. \u2014 De qui fleurit-on l\u2019absence&nbsp;? Qui donc, qui, oui, ces fleurs remplacent-elles sur la chaise perc\u00e9e&nbsp;?\u2026 Oh&nbsp;! qu\u2019importe&nbsp;!\u2026 Fleurs ou hommes, et alors, quelle est la diff\u00e9rence&nbsp;?\u2026 Tout vit, meurt&nbsp;; tout passe, saignant, tout pourrit, flasque&nbsp;; tout est vou\u00e9 \u00e0 La Mort.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>*&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nb36\">36<\/a>]<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un arbre aussi grand n\u2019entrerait jamais dans une maison si petite&nbsp;: les arbres, les tr\u00e8s grands, les vrais arbres, sont des errants magnifiques. Ce sont les Juifs du ciel, parmi les transhumants, les troupeaux errants des nuages&nbsp;; des Juifs cherchant leur Jud\u00e9e au ciel&nbsp;: les vrais Juifs.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><br><small>[Pour prolonger votre lecture, un hommage \u00e0 un grand homme de t\u00e9l\u00e9vision, comme \u2014 h\u00e9las&nbsp;! \u2014 il n\u2019y en a plus gu\u00e8re&nbsp;: Jean-Marie Drot, l\u2019auteur du documentaire en treize volets&nbsp;: <em>Les Heures chaudes de Montparnasse<\/em>.]<\/small><\/strong><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nh1\">1<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>La Folle<\/em> (1921-1922).<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nh2\">2<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>Retour de l\u2019\u00e9cole apr\u00e8s l\u2019orage<\/em> (1939).<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nh3\">3<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>L\u2019Arbre couch\u00e9<\/em> (1922-1923).<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nh4\">4<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>Arbres de Vence<\/em> (1929).<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nh5\">5<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>Jour de vent \u00e0 Auxerre<\/em> (1939).<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nh6\">6<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>Nu de femme<\/em> (1933).<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nh7\">7<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>Les Porcs<\/em> (1942).<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nh8\">8<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>Femme endormie<\/em> (1928).<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nh9\">9<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>B\u0153uf \u00e9corch\u00e9<\/em> (1925).<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nh10\">10<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>Portrait du peintre \u00c9mile Lejeune<\/em> (1921).<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nh11\">11<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>Paysage et maison<\/em> (?).<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nh12\">12<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>Jeune fille \u00e0 la poup\u00e9e<\/em> (1932).<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nh13\">13<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>La Fillette \u00e0 la barri\u00e8re<\/em> (1942).<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nh14\">14<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>Poissons et tomates<\/em> (1926-1927).<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nh15\">15<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>Portrait d\u2019un garcon en bleu<\/em> (1929).<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nh16\">16<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>Torse de femme au fond bleu<\/em> (1927-1928).<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nh17\">17<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>Nature morte \u00e0 la raie<\/em> (1924).<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nh18\">18<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>Le P\u00e2tissier<\/em> (1922-1923).<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nh19\">19<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>Volaille morte<\/em> (1924).<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nh20\">20<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>La Cath\u00e9drale de Chartres<\/em> (1933).<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nh21\">21<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>La Raie \u00e0 la bouilloire<\/em> (1923).<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nh22\">22<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>Femme \u00e0 la robe bleue<\/em> (1924-1925).<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nh23\">23<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>Le Valet<\/em> (1928).<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nh24\">24<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>Le Gar\u00e7on d\u2019\u00e9tage<\/em> (1928).<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nh25\">25<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>Valet de chambre<\/em> (1927-1928).<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nh26\">26<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>Nature morte \u00e0 la soupi\u00e8re<\/em> (1916).<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nh27\">27<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>Le Chasseur de chez Maxim\u2019s<\/em> (1933).<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nh28\">28<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>Portrait de Madeleine Castaing<\/em> (1928).<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nh29\">29<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>L\u2019Enfant de ch\u0153ur en buste<\/em> (1928).<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nh30\">30<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>Paysage tourment\u00e9<\/em> (1919).<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nh31\">31<\/a>]&nbsp;. <em>La Maison blanche<\/em> (1919).<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nh32\">32<\/a>]&nbsp;. <em>Paysage \u00e0 C\u00e9r\u00eat dit \u00ab&nbsp;\u00e0 l\u2019arc-en-ciel&nbsp;\u00bb<\/em> (1921).<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nh33\">33<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>Femme de profil<\/em> (1937).<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nh34\">34<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>Paysage du midi<\/em> (1921).<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nh35\">35<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>Les \u0152illet rouges<\/em> (1921-1922).<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article63.html#nh36\">36<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>Le Grand arbre<\/em> (1942).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Extrait des \u00ab&nbsp;Enfants de Boh\u00e8me&nbsp;\u00bb \u2014 un ensemble de recueils consacr\u00e9s aux peintres de 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