{"id":384,"date":"2007-09-23T08:27:00","date_gmt":"2007-09-23T06:27:00","guid":{"rendered":"http:\/\/revuepolaire.com\/?p=384"},"modified":"2023-08-05T08:30:15","modified_gmt":"2023-08-05T06:30:15","slug":"le-livre-de-labsent","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/2007\/09\/23\/le-livre-de-labsent\/","title":{"rendered":"Le Livre de l\u2019Absent"},"content":{"rendered":"\n<p>Le\u00e7on de T\u00e9n\u00e8bres (opus, I) (1995-1997)<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Une voix cherche Le P\u00e8re, Dieu, qui semble avoir quitt\u00e9 ce monde\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Une voix cherche les morts chers \u2014 jadis chair encore, \u2014 le cher mort ou la morte ch\u00e8re, les appelle\u2026<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Bien s\u00fbr, ils se confondent.<br><small>(Extraits)<\/small><\/p>\n\n\n\n<p><small>(En guise de pr\u00e9face&nbsp;: )<\/small><br><em><strong>OUROBOROS<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p><br><small><br>\u00e0 Edward Young<\/small><\/p>\n\n\n\n<p>Nuit. Haute nuit. Pur v\u0153u ni\u00e9. Substrat de la chose et du lieu dans La Lumi\u00e8re, o\u00f9 toute absence\u2026 Nuit, pure nuit si haute, o\u00f9 se revit la chute infinie du plus beau des Anges. Nuit, qui dissocie toute chose, qui annule tout lieu jusqu\u2019\u00e0 ne laisser que l\u2019absence d\u2019un avant-Dieu r\u00eav\u00e9, un avant du \u00ab&nbsp;Tout-Jour&nbsp;\u00bb. Car jamais, non, jamais, la nuit ne fut autre chose que cette autre face du jour. Jamais, elle n\u2019eut d\u2019autre visage \u2014 ce seul Visage, \u2014 ce visage seul qu\u2019elle se r\u00eave avoir au plus lumineux de son noir, quand elle parvient \u00e0 chasser, abusive, sa m\u00e8re&nbsp;: La Lune.<\/p>\n\n\n\n<p>Oui \u2014 Non. Non&nbsp;? \u2014 Oui&nbsp;? La Nuit n\u2019eut jamais le visage qu\u2019elle croit s\u2019avoir invent\u00e9. Elle n\u2019est que la volont\u00e9 de masquer un visage, le seul Visage \u2014 le sien encore \u2014&nbsp;: celui du Jour. Or, au creux de la nuit, comme le diamant noir qui dort dans le crayon noir du po\u00e8te ou du peintre, ou du musicien, d\u00e9miurges, La Nuit m\u00e9dite immens\u00e9ment \u2014 la pauvre Nuit&nbsp;!&nbsp;\u2014, son autre s\u0153ur apr\u00e8s la chute, c\u00e9lestielle elle aussi&nbsp;: La Mort.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la solitude jug\u00e9e infinie de son \u00ab&nbsp;Rien&nbsp;\u00bb conquis, dans l\u2019angoisse infinie \u2014 mais ni jour ni s\u00fbre \u2014 de ce rien qui ne sait s\u2019il est soi mais sourd et s\u2019est atteint enfin&nbsp;: \u00e9treinte, \u00e0 la fin, elle appelle, elle appelle. Alors, chaque fois (chaque fois) quand La Mort \u00e0 la longue \u2014 enfin \u2014 consent \u00e0 remonter \u00e0 elle, \u00e0 lui para\u00eetre, pour d\u2019un sourire involontaire ouvrir la bouche, lui r\u00e9pondre, par cette bouche para\u00eet l\u2019aube \u2014 L\u2019Aube. \u2014 Et La Nuit dispara\u00eet (La Grande Nuit damn\u00e9e) que son refus du jour condamne \u00e0 revenir.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>SPLENDEUR BAROQUE&nbsp;: MORT DE L\u2019AIM\u00c9(E). MORT DE L\u2019ABSENT. VANIT\u00c9&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Est-ce vrai que tout passe&nbsp;? Est-ce vrai qu\u2019il ne reste rien de rien&nbsp;? Est-ce vrai qu\u2019il ne reste rien de tout&nbsp;: que tout n\u2019est rien, qu\u2019on soit tout ou qu\u2019on ne soit rien&nbsp;? Comment se pourrait-il que l\u2019homme soit vaincu par sa condition puisqu\u2019elle n\u2019est qu\u2019une hypoth\u00e8se&nbsp;? La mort de ceux qu\u2019on aime est de toutes la plus abstraite, m\u00eame si, par sa propre mort, elle nous oblige \u00e0 rena\u00eetre, et, chaque jour, \u00e0 leur amour m\u00eame&nbsp;; m\u00eame si \u00e0 leur apparent abandon r\u00e9pond l\u2019apparent abandon vis \u00e0 vis d\u2019autrui qu\u2019on fait de soi-m\u00eame&nbsp;; m\u00eame si le temps soudain semble \u00e0 nouveau couler, couler plus vite, alors m\u00eame qu\u2019il s\u2019\u00e9tait arr\u00eat\u00e9 au point m\u00eame o\u00f9 il s\u2019\u00e9tait suspendu jadis, dans l\u2019extase invisible du bonheur m\u00eame qui ne nous disait de lui-m\u00eame que ce qu\u2019il pouvait dire&nbsp;: l\u2019indicible de ces trois mots quasi incompr\u00e9hensibles mais comprenant le monde m\u00eame&nbsp;: \u00ab&nbsp;il ou elle m\u2019aime, le temps enfin est arr\u00eat\u00e9, l\u2019instant [\u2026] \u00e9ternit\u00e9.&nbsp;\u00bb Et, c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment l\u2019\u00e9ternit\u00e9 de cet instant v\u00e9cu qui fait que la mort est annul\u00e9e, que la mort devient abstraite, que La Mort devient L\u2019Amour m\u00eame qu\u2019elle a cru \u00f4ter \u2014 cruaut\u00e9&nbsp;!&nbsp;\u2014, qu\u2019elle a cru effacer du monde, brisant un monde, qui, en r\u00e9alit\u00e9, le contenait et s\u2019av\u00e8re plus que jamais, et, pour jamais, d\u00e8s lors, au c\u0153ur du monde r\u00e9sum\u00e9 enfin \u00e0 un mot, juste \u00e0 ce seul mot, le seul qui sait \u2014 juste&nbsp;! \u2014 \u00e0 tout r\u00e9sumer, le bien multiplier&nbsp;: \u00ab&nbsp;Aimer&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Que peut la mort contre L\u2019Amour&nbsp;? Rien. Que peut L\u2019Amour contre La Mort&nbsp;? Tout. Jamais les amants ne sont autant unis, ind\u00e9fectibles l\u2019un \u00e0 l\u2019autre, que depuis l\u2019apparente trahison que La Mort leur a impos\u00e9&nbsp;; car, si, de pierre, l\u2019un semble avoir un jour reni\u00e9, au chant du coq ou bien au chant du rossignol car c\u2019est tout un, c\u2019est sur cet autre de pierre, enracin\u00e9 dans le r\u00e9el, dans la vie, solide \u00e0 jamais, que l\u2019autre alors b\u00e2tit la chapelle de leur amour \u00e0 la gloire du \u00ab&nbsp;Haut-Amour&nbsp;\u00bb&nbsp;; c\u2019est alors que l\u2019on sait que l\u2019un, s\u2019il semblait de pierre \u00e0 jamais, s\u2019est aussi mu\u00e9 en source, que cette source \u00e0 jamais bruit, sortant de terre, foug\u00e8re d\u2019eau, qui, sur la pierre, quand m\u00eame les cailloux semblent dire, chanter, claire, semble dire et chanter&nbsp;: \u00ab&nbsp;Amour, qui me tires plus haut que mon d\u00e9sir, force de loi de la gravitation de ce c\u0153ur autre et qui me hausse au-del\u00e0 et comme au-del\u00e0&nbsp;: et de la voix et de la vie, seul, mais pourtant uni \u2014 d\u00e9j\u00e0&nbsp;! \u2014 dans ce geste qui est aussi le regard, ce regard qui comprend le monde et porte le monde en un cercle ouvert et porte le nom de la compassion&nbsp;; Amour, toi seul qui ne me laisses rien, pas m\u00eame une ombre, et me br\u00fbles de grand soleil comme pour r\u00e9inventer L\u2019Aube \u00e0 partir de rien, puisque ne suis rien \u00e0 partir de rien, puisque tous sont tout s\u2019ils le veulent mais jamais pour soi seul&nbsp;: pour l\u2019autre, pour ne plus \u00eatre seul enfin pour pouvoir l\u2019\u00eatre enfin encore&nbsp;; Amour, qui me tiendrais au rang des chiens si je n\u2019\u00e9tais un homme.&nbsp;\u00bb Amour, et cette fin abstraite. Amour, mais qui n\u2019a pas de fin, dans cette fin. Amour, qui me tient \u00e0 ma quintessence, dont je viens, et m\u2019y ram\u00e8ne encore&nbsp;: \u00ab&nbsp;Ce que je fus&nbsp;: L\u2019Absent aussi. Qui je serai&nbsp;: absence encore.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Oui&nbsp;: Source et feu. Car je le dis. Soleil et ombre. Si je le dis encore. Et Monde. Rien et tout. Personne devenu personne comme personne. \u00ab&nbsp;En v\u00e9rit\u00e9&nbsp;\u00bb, si je l\u2019ai dit, ici. Terre-monde. Une terre-visage&nbsp;: comment dire&nbsp;?\u2026 Et tout cela, dans le suspens de commencements infinis. Comme une \u00e9pure de l\u2019\u00e9pure&nbsp;: pr\u00e9sence de L\u2019Absence. Ombre de l\u2019ombre mais jusque dans Le Soleil qui na\u00eet du soleil m\u00eame&nbsp;; \u00e9pure de l\u2019\u00e9pure, parce que l\u2019absent doit \u00eatre parfait, que lui seul est parfait&nbsp;: pr\u00e9sent dans l\u2019ombre et la lumi\u00e8re, qu\u2019il demeure \u2014 l\u00e0 \u2014 l\u2019\u00e9clipse aveuglante, essentielle enfin, du soleil enfin regard\u00e9 en face et comme vu d\u2019une autre vie. Source. Poussi\u00e8re&nbsp;; poussi\u00e8re s\u00e8che et chaude. Source mais fleuve aussi. Espace m\u00eame de ce qui meurt, lors m\u00eame au sein de ce qui meurt, de ce qui na\u00eet. Parce que \u00ab&nbsp;Amour&nbsp;\u00bb d\u00e9borde l\u2019amour, parce que \u00ab&nbsp;La Vie&nbsp;\u00bb d\u00e9borde la vie, parce que \u00ab&nbsp;La Mort&nbsp;\u00bb d\u00e9borda la mort, que la vie la d\u00e9borde encore&nbsp;: \u00ab&nbsp;L\u2019Absent&nbsp;\u00bb dans ce d\u00e9bordement. Car ce qui a \u00e9t\u00e9 semble s\u2019effacer sous ce qui n\u2019est plus mais demeure&nbsp;; ainsi, L\u2019Absence d\u00e9finit, seule dans l\u2019absence, l\u2019espace seul de ce qui est. Du corps qui n\u2019est plus, na\u00eet un autre corps qui \u00ab&nbsp;Est&nbsp;\u00bb. Dans l\u2019invisible, le visible reste \u00e0 d\u00e9terminer, alors. Dans le silence, l\u2019audible reste \u00e0 distinguer.<\/p>\n\n\n\n<p>Audible et visible L\u2019Absent, dans L\u2019Invisible et Le Silence. Audible et visible, L\u2019Absent, que l\u2019on voit, \u00e0 qui l\u2019on parle et qui r\u00e9pond. \u00ab&nbsp;Po\u00e9sie&nbsp;\u00bb&nbsp;: \u00ab&nbsp;Visages de L\u2019Absent&nbsp;\u00bb&nbsp;; ce r\u00e9pons de ciel \u00e0 terre ou de r\u00e9el \u00e0 n\u00e9ant qui permet de mettre en espace la mesure du temps. Et Le Silence. Enfin, ce dialogue noble&nbsp;; s\u2019il fallait qu\u2019il y en eut un. Puisqu\u2019il le fallait&nbsp;; et, \u00ab&nbsp;L\u2019Espace&nbsp;\u00bb. Enfin, ce dialogue humain, gratuit, sans aucune arri\u00e8re-pens\u00e9e possible&nbsp;: sans que le temporel puisse interf\u00e9rer jamais dans cette spiritualit\u00e9 d\u00e9couverte et plus nue que la nudit\u00e9.<strong>*<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est parce que tout de la vie nous para\u00eet gratuit que tout en est noble, pour qui sait conserver \u00e0 la vie cette gratuit\u00e9 dont naturellement na\u00eet l\u2019id\u00e9e du partage, d\u00e8s lors, sa n\u00e9cessit\u00e9&nbsp;; car il n\u2019est que le don qui donne un sens. Source et d\u00e9sert. D\u00e9sert. Silence. Puis,\u2026 quoi&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Certes, l\u2019\u00eatre s\u2019apprend. L\u2019\u00eatre se prend ici au pied de L\u2019\u00catre et \u00ab&nbsp;au pied de la lettre&nbsp;\u00bb et prend pied. Est-ce faute de paradis que L\u2019Arbre de Vie rena\u00eet, ici, avec L\u2019Absent. Avec lui&nbsp;? Comment l\u2019expliquer&nbsp;? C\u2019est au c\u0153ur du d\u00e9sert que la vie rena\u00eet. La for\u00eat de la vie cachait \u00ab&nbsp;L\u2019Arbre&nbsp;\u00bb. Jardin Premier. La for\u00eat de \u00ab&nbsp;La Vie&nbsp;\u00bb cache \u00ab&nbsp;L\u2019Arbre&nbsp;\u00bb, entre autres symboles ni\u00e9s, invisibles. De \u00ab&nbsp;Pierre&nbsp;\u00bb, depuis \u00ab&nbsp;Source&nbsp;\u00bb, puis, \u00ab&nbsp;Arbre&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;L\u2019Absent&nbsp;\u00bb en ses m\u00e9tamorphoses, ses osmoses m\u00e9ta-orphiques, rena\u00eet \u2014 re-na\u00eet&nbsp;\u2014, rena\u00eet bien, oui&nbsp;!\u2026 Corps&nbsp;: \u00e0 la fois Orph\u00e9e et Christ.<\/p>\n\n\n\n<p>La douleur, La Douleur elle aussi, (et,\u00a0\u00bbm\u00e9ta-morphique\u00a0\u00bb ), rev\u00eat cet habit de clart\u00e9, de lumi\u00e8re&nbsp;: de pierre, \u00ab&nbsp;celui qui reste&nbsp;\u00bb redevient source aussi, puis arbre, Arbre. \u00ab&nbsp;Arbre&nbsp;\u00bb et pourtant \u00ab&nbsp;\u00c9pi&nbsp;\u00bb. Qui peut comprendre&nbsp;? Sur le coup, La Douleur coupe l\u2019amant, l\u2019amante, comme un pain de ferme, et, La Mort coupe net, sans miettes presque. Sur le coup, les choses, les \u00eatres, se font l\u00e0 o\u00f9 ils se d\u00e9font, peut-\u00eatre. La d\u00e9r\u00e9liction m\u00eame est une alchimie pour qui continue \u00e0 vouloir que la vie soit, qu\u2019elle devienne en ce qu\u2019elle devient ce qu\u2019elle \u00ab&nbsp;Est&nbsp;\u00bb r\u00e9v\u00e9l\u00e9e en ce qu\u2019elle \u00ab&nbsp;Est&nbsp;\u00bb par sa fragmentation m\u00eame. Ainsi, un \u00eatre \u00e9clat\u00e9, \u00e9miett\u00e9 par La Douleur, s\u2019il se reconstitue, s\u2019il le fait, seul, ou, par autrui, aid\u00e9 par autrui en ceci qu\u2019autrui sait qu\u2019il saigne, sent qu\u2019il sait, un \u00eatre, \u2014 en somme \u2014 tel qu\u2019en soi-m\u00eame parce qu\u2019il sait que tel qu\u2019il fut il ne sera jamais plus, est le seul qui, apr\u00e8s, sache vraiment se partager&nbsp;: \u00ab&nbsp;eucharistique&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Il faudrait \u00eatre un enfant pour comprendre ce qu\u2019est L\u2019Absent, ce qu\u2019est devenu l\u2019absent, ce qu\u2019Il Est, partant, ce que nous demeurons, ce que nous demeurons, par Lui&nbsp;! Il faudrait un jeu d\u2019enfant, puisque seuls les enfants savent o\u00f9 \u00ab&nbsp;Il Est&nbsp;\u00bb o\u00f9 qu\u2019il soit&nbsp;; mieux, oui, bien mieux&nbsp;: qu\u2019eux seuls Le voient&nbsp;! Or, d\u00e8s lors, si c\u2019\u00e9tait un jeu, ce serait le jeu du&nbsp;: \u00ab&nbsp;Et si c\u2019\u00e9tait&nbsp;\u00bb&nbsp;; ce jeu, je le sais, je le crois&nbsp;; et, puisqu\u2019il est autre chose, L\u2019Absent, puisqu\u2019il est autre chose d\u00e9j\u00e0, un enfant dirait&nbsp;: \u00ab&nbsp;C\u2019est un arbre, car c\u2019est une personne absente&nbsp;; et, puisque c\u2019est un Arbre, c\u2019est un \u00e9pi g\u00e9ant&nbsp;!&nbsp;\u00bb Et nous, nous ne le verrions pas.<\/p>\n\n\n\n<p>Car cet \u00ab&nbsp;Arbre de Vie&nbsp;\u00bb est un arbre mais un \u00e9pi, oui, \u00e9tonnante th\u00e9ophanie&nbsp;! Fils et fille d\u2019Isis, d\u2019Osiris, de D\u00e9m\u00e9ter et de Cor\u00e9, enfant du Nil et d\u2019\u00c9leusis, arbre et grains, arbre et pain, c\u2019est ainsi qu\u2019il revient dans l\u2019ordre de L\u2019Esprit, \u00e0 jamais exotique alors, du seul v\u00e9ritable exotisme qui soit&nbsp;: celui de La Mort et de L\u2019Au-del\u00e0. Seul encore et par lui seul, venu de la terre, rendu \u00e0 la terre, mais rendu par la terre \u00ab&nbsp;Esprit&nbsp;\u00bb&nbsp;! C\u2019est lui encore. Puisque cet Arbre est aussi \u00ab&nbsp;Bl\u00e9&nbsp;\u00bb. \u00ab&nbsp;Myst\u00e8re&nbsp;\u00bb. N\u00e9 au d\u00e9sert. Incarn\u00e9. Simple, r\u00e9el, partag\u00e9, et, m\u00eame irr\u00e9el, partag\u00e9 encore en esprit, car \u00ab&nbsp;ceci est son corps&nbsp;\u00bb et cela&nbsp;: mieux, \u00ab&nbsp;son sang&nbsp;\u00bb encore. Pardon si je ne sais mieux dire&nbsp;!\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Cosmos vivant, \u00e9chelle de Jacob, poteau mitan du sanctuaire autour duquel doit se danser La Danse du Soleil encore, L\u2019Absent est un arbre, en effet. Mais, foin du ch\u00eane celtique, du tilleul germanique, du fr\u00eane scandinave, de l\u2019olivier de L\u2019Orient islamique, du m\u00e9l\u00e8ze et du bouleau sib\u00e9rien&nbsp;; foin de L\u2019Arbre <em>Kien-Mou<\/em> de Chine, lequel n\u2019a \u00e0 son pied ni ombre ni \u00e9cho, et de L\u2019<em>Arbre Fou<\/em>, et de L\u2019<em>Arbre Jo<\/em>&nbsp;; foin du grand sapin chthonien des Indiens Pueblo, du <em>Boddhi<\/em> bouddhique m\u00eame o\u00f9 Bouddha atteignit \u00ab&nbsp;L\u2019Illumination&nbsp;\u00bb&nbsp;; foin de L\u2019<em>A\u00e7vattha<\/em> aux \u00ab&nbsp;branches en bas&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;au branches en haut&nbsp;\u00bb, de La <em>Katha Upanishad<\/em>, et, m\u00eame de celui dont les amoureuses nomades d\u2019Iran se tatouent le corps&nbsp;: ses racines partant du sexe aux branches montant jusqu\u2019aux seins&nbsp;; foin de L\u2019Arbre que les Yakoutes ont vu, disent-ils, florissant au nombril de la terre&nbsp;; foin de celui des Youngouses de Sib\u00e9rie, de Sib\u00e9rie \u2014 \u00ab&nbsp;Oh&nbsp;!\u2026 Ah&nbsp;!&nbsp;\u00bb \u2014 o\u00f9 les hommes se transforment en arbre pour enfin redevenir homme&nbsp;; foin de l\u2019arbre phallus encore et pourtant <em>Athanor<\/em> des alchimistes d\u2019Occident et de L\u2019<em>Arbre de Mort<\/em> de <em>La Kabbale<\/em> et du <em>Zohar<\/em>, dont les feuilles servirent \u00e0 Adam pour couvrir sa nudit\u00e9,\u2026 \u00ab&nbsp;L\u2019Absent&nbsp;\u00bb est un \u00ab&nbsp;Arbre-\u00c9pi&nbsp;\u00bb. Noces. Douleurs. \u00ab&nbsp;Pain&nbsp;\u00bb qui Saigne. Un \u00ab&nbsp;Arbre-Cep&nbsp;\u00bb aussi. Un \u00ab&nbsp;Arbre-Croix&nbsp;\u00bb&nbsp;: \u00ab&nbsp;Le Cep Antique&nbsp;\u00bb mais \u00ab&nbsp;L\u2019\u00c9pi&nbsp;\u00bb. \u00ab&nbsp;L\u2019<em>Arbre-Croix<\/em>&nbsp;\u00bb d\u2019Orig\u00e8ne, la \u00ab&nbsp;Tige de Jess\u00e9&nbsp;\u00bb.*<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u2014 \u00ab&nbsp;Il \u00e9tait une fois, un couple avant L\u2019Arbre.<br>Il \u00e9tait une fois, un \u00c9pi de bl\u00e9\u2026&nbsp;\u00bb<br><\/em><br>Il \u00e9tait une fois un couple avant L\u2019Arbre. Il \u00e9tait une fois un \u00ab&nbsp;\u00c9pi&nbsp;\u00bb, et c\u2019est L\u2019Absence&nbsp;: d\u00e9sert et For\u00eat du Seul, source et Soleil&nbsp;; arbre et Bl\u00e9, mais \u00ab&nbsp;For\u00eat&nbsp;\u00bb du \u00ab&nbsp;Seul&nbsp;\u00bb dans \u00ab&nbsp;Le Fleuve&nbsp;\u00bb. Arbre et bl\u00e9&nbsp;: notre \u00ab&nbsp;Pain&nbsp;\u00bb aussi. Arbre&nbsp;: une terre, un monde \u00e0 soi mais remontant le cours du Fleuve. Seul. Une terre \u00e0 soi mais pour tous\u2026 Qui dira notre communion avec L\u2019Absent, avec l\u2019absent dans Le Fleuve&nbsp;: p\u00e8re et fils, m\u00e8re et fille, s\u0153ur et \u00e9pouse, fr\u00e8re et mari, mort et vivant, avec L\u2019Arbre, avec \u00ab&nbsp;l\u2019Arbre-Pain&nbsp;\u00bb qui nous nourrit et nous prot\u00e8ge, nous permet de vivre \u00e0 son ombre, sous son Soleil pourtant aussi sous le soleil, et, dans \u00ab&nbsp;Le Fleuve&nbsp;\u00bb&nbsp;: corps \u00e9pars, morcel\u00e9, peu \u00e0 peu reconstitu\u00e9&nbsp;? En r\u00eave, puisque le r\u00e9el \u2014 ou soi-disant tel \u2014 les rend invisibles lors, dans l\u2019irr\u00e9el, hors du Fleuve, sur ces <em>Arbres de Vie<\/em>, chacun vient accrocher s\u2019il peut \u2014 s\u2019il veut \u2014 les lambeaux de sa propre histoire pour que Le Vent les conte. Arbre-Pain, mais Arbre \u00e0 Paroles, aussi.<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u2014 \u00ab&nbsp;Il \u00e9tait une fois, un couple avant L\u2019Arbre.<br>Il \u00e9tait une fois, un \u00c9pi de bl\u00e9\u2026&nbsp;\u00bb<br><\/em><br>De <em>Fin\u2019amor<\/em> et chr\u00e9tient\u00e9, chez nous, qu\u2019on ne s\u2019\u00e9tonne pas que, dans l\u2019imaginaire, ce soit toujours un peu entre le pays de Broc\u00e9liande et celui de la f\u00e9e M\u00e9lusine que se soit op\u00e9r\u00e9e cette transformation \u2014 magique&nbsp;\u2014, cette op\u00e9ration alchimique, ce cadeau des Dieux et des Sylves, qui permet qu\u2019un couple humain pour l\u2019\u00e9dification des hommes, pour leur indiquer Le <em>Chemin de Vie<\/em>, leur donner L\u2019Esp\u00e9rance aussi, parfois se transforme en l\u00e9gende. Mais, si, habituellement, ces couples naissent, tout arm\u00e9s pour l\u2019\u00e9ternit\u00e9, de la t\u00eate d\u2019un po\u00e8te ivre de son d\u00e9sir m\u00eame \u2014 androgyne accoucheur de mythes, \u2014 le couple qui se nomme ici, par-del\u00e0 Le Temps, fut bien de chair et de sang tout autant que d\u2019air et de vent, et, sa communion fit de la vie m\u00eame La Vie. Et l\u00e0, c\u2019est bien exceptionnel&nbsp;!\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Oui, pour l\u2019avoir dit, lors, redit, je le dis encore&nbsp;: il faudrait \u00eatre un enfant&nbsp;; il faudrait \u00eatre un enfant, pour comprendre ce qu\u2019est L\u2019Absent, ce qu\u2019est devenu l\u2019absent, ce qu\u2019il \u00ab&nbsp;Est&nbsp;\u00bb&nbsp;; partant, ce que nous demeurons, ce que nous demeurons, par Lui&nbsp;! Manifest\u00e9 du souterrain et r\u00e9fl\u00e9chi par la surface, or, inspir\u00e9 par la hauteur&nbsp;; chthonien et ouranien, portant, comme les \u00ab&nbsp;douze fruits&nbsp;\u00bb de L\u2019<em>Arbre de l\u2019\u00c9den<\/em> ou les \u00ab&nbsp;pommes d\u2019or&nbsp;\u00bb du Jardin des Hesp\u00e9rides&nbsp;: ses grains d\u2019or mouill\u00e9s par \u00ab&nbsp;la ros\u00e9e c\u00e9leste&nbsp;\u00bb qui fit \u00ab&nbsp;Le Fleuve&nbsp;\u00bb&nbsp;; axial, ascensionnel et propitiatoire, permettant \u00e0 tous, \u00e0 chacun de chercher et sa base et Le Sommet, comme s\u2019il se fallait tous qu\u2019ils fussent oiseaux du ciel fuyant les \u00ab&nbsp;c\u00e8dres du Liban&nbsp;\u00bb et les \u00ab&nbsp;t\u00e9r\u00e9binthes-Babel&nbsp;\u00bb&nbsp;: L\u2019Absent&nbsp;: \u00f4 dans \u00ab&nbsp;Le Fleuve&nbsp;\u00bb&nbsp;! L\u2019Absent, couple couple jadis, absent&nbsp;; pr\u00e9sence dans Le Fleuve&nbsp;; couple, couple jadis, et, Arbre&nbsp;; dans Le Fleuve&nbsp;: \u00ab&nbsp;Soleil&nbsp;\u00bb, \u00c9pi&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Ici, pour clore \u2014 clore en un suspens, \u2014 \u00ab&nbsp;Ici j\u2019intercale un second psaume, hors du texte&nbsp;: veuillez tendre une oreille complaisante, et tout le monde sera charm\u00e9. J\u2019ai l\u2019archet en main, je commence&nbsp;:&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><em>Comptine de L\u2019Arbre Infime<\/em>, pour clore&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u2014 Branches en bas.<br>Racines au Ciel&nbsp;!<br>En fruits, d\u00e9j\u00e0&nbsp;! au-del\u00e0 de toute saveur.<br><br>\u2014&nbsp;\u00c9ternel dans notre \u00e9ph\u00e9m\u00e8re.<br>Splendeur am\u00e8re<br>et doux Bon Heur.<br>Arbre tu es, o\u00f9 que je sois,<br>Arbre tu es, si je demeure.<br>Et, je me confie \u00e0 ton OMbre<br>Dans L\u2019Alpha &amp; dans L\u2019OM\u00e9ga.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>MOURIR (I)&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Savoir, au premier regard, que l\u2019autre vous sera repris&nbsp;; mesurer ce que le vide autour de lui d\u00e9coupe d\u00e9j\u00e0 du monde&nbsp;; conna\u00eetre d\u2019un coup que ce monde m\u00eame ne sera r\u00e9el et tangible qu\u2019\u00e0 l\u2019entour seul de son amour qui se d\u00e9robe sans le savoir encore. Or, approcher ce corps, le reconna\u00eetre pour \u00eatre soi, pour na\u00eetre&nbsp;; et le conna\u00eetre encore, non comme condition du d\u00e9cor qui l\u2019entoure mais comme raison&nbsp;; perdre raison pour lui mais pour raison garder, puisque l\u2019on sait qu\u2019il est \u00e0 toute condition l\u2019enchantement n\u00e9cessaire pour qu\u2019il y ait un monde ouvert, pour que le vide autour de lui ne nous soit jamais plus ferm\u00e9. Savoir \u2014 savoir enfin&nbsp;! \u2014 savoir avec terreur pourtant et cependant serein, qu\u2019il restera ouvert, et, \u00e0 jamais, quand bien m\u00eame, quand, demain, lui ne serait plus&nbsp;; lui disparu&nbsp;: resterait, sera, demeure ce monde ouvert par lui&nbsp;; lui disparu&nbsp;: le monde autrefois vide, aujourd\u2019hui si pleinement plein de lui, reste, sera, demeurerait soi&nbsp;; restera soi pour t\u00e9moigner de lui, de moi.<\/p>\n\n\n\n<p>Avoir \u2014 mais cette fois pour \u00eatre, et, cette unique fois, \u2014 avoir trouv\u00e9 sa terre en l\u2019autre. Pouvoir crier&nbsp;: \u00ab&nbsp;Terre&nbsp;!&nbsp;\u00bb, et sa faim&nbsp;? Notre \u00ab&nbsp;terre comme au ciel\u2026&nbsp;\u00bb, Terre-\u00e9ther&nbsp;? Dans la perdurante dur\u00e9e du rien&nbsp;: ce pointill\u00e9 qui s\u2019obstine \u00e0 tracer la fronti\u00e8re entre ce qui n\u2019est pas, ce qui n\u2019est plus et ce qui est, ce qui demeure, en fait, qui fait du monde une demeure, d\u2019imperceptible habit\u00e9e. Puis se retrouver seul. Se trouver&nbsp;: \u00ab&nbsp;seul au monde&nbsp;\u00bb. Se trouver ou se retrouver&nbsp;? Dire \u2014 ou ne plus pouvoir dire \u2014 que&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je suis sensible \u00e0 la mati\u00e8re de moi-m\u00eame, en ce qu\u2019elle s\u2019enfuit.&nbsp;\u00bb Alors reconna\u00eetre dans l\u2019autre ce qu\u2019on pourrait perdre, pour l\u2019avoir d\u00e9j\u00e0 perdu&nbsp;; d\u00e9j\u00e0. Reconna\u00eetre et na\u00eetre pour l\u2019autre \u00e0 cette attente infinie qui nous prolonge dans l\u2019insondable mais qui se r\u00e9v\u00e8le par lui. Aimer l\u2019autre, pour ce qu\u2019il attend, et, le savoir en soi encore \u00e0 na\u00eetre ind\u00e9fini, sempiternellement. L\u00e0.*<\/p>\n\n\n\n<p>En mourant, ceux qu\u2019on aime d\u2019amour emportent \u2014 semble-t-il \u2014 la pesanteur du Temps, son poids, ne nous laissant qu\u2019un temps abstrait, nous laissant dans un temps abstrait, o\u00f9, seuls, les images, les sons, les parfums, les saveurs, les touchers aussi, ont cette couleur particuli\u00e8re, particuli\u00e8re et immuable, que l\u2019on nomme \u00ab&nbsp;couleur du temps&nbsp;\u00bb&nbsp;; mais, ceux qu\u2019on aime d\u2019amour partis&nbsp;: il n\u2019y a plus de saisons autre qu\u2019un automne qui tend, imperceptiblement, \u00e0 nous mener vers un Hiver qui ne peut effacer la m\u00e9moire et de L\u2019\u00c9t\u00e9, et du Printemps.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant&nbsp;! On peut se demander si la mort n\u2019est pas la qu\u00eate la plus longue dans la recherche que l\u2019amant(e) fait pour l\u2019aim\u00e9(e) de l\u2019\u00e9ternel \u00e9t\u00e9. Pourtant, si la guirlande des jours que Le Temps nous fait porter est souvent couronne d\u2019\u00e9pines depuis le d\u00e9part de l\u2019absent, toujours marqu\u00e9 comme une croix au haut des jours, c\u2019est encore L\u2019Absent lui-m\u00eame et qui nous aime pour toujours, qui la transforme, par l\u2019amour qu\u2019il nous laisse au corps, en guirlande de la Saint-Jean, pour des fian\u00e7ailles qui n\u2019auront de fin qu\u2019avec nous.<\/p>\n\n\n\n<p>S\u2019il est vrai que seuls les battements d\u2019un c\u0153ur peuvent mesurer la trace des jours quand l\u2019oubli r\u00e9pandit sa neige alors, jusqu\u2019\u00e0 nous perdre&nbsp;: l\u00e0, remontant alors la trace des jours, c\u2019est aussi le c\u0153ur qu\u2019on retrouve mais autre&nbsp;; autre et enfin mari\u00e9 \u00e0 l\u2019autre&nbsp;; jamais sien. Perdu et pour jamais, on est alors sauv\u00e9&nbsp;; passant \u00e0 jamais pour \u00ab&nbsp;perdu&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014&nbsp;L\u2019Absent&nbsp;?&nbsp;: cette neige \u00e0 la cime, \u00e9ternelle virginit\u00e9 des plus hauts de nos jours.<br><br>\u2014&nbsp;L\u2019absent&nbsp;?<br><br>\u2014&nbsp;Cette neige \u00e0 la cime, et cependant, l\u2019\u00e9t\u00e9 encore. Vertige haut des temps m\u00eal\u00e9s&nbsp;: hiver-\u00e9t\u00e9&nbsp;?*<\/p>\n\n\n\n<p>Qui dira l\u2019ind\u00e9finie mise en abyme de ceux qui s\u2019aiment regardant ceux qu\u2019ils aiment s\u00e9par\u00e9s de qui ils aimaient&nbsp;?\u2026 Qui la dira l\u2019ind\u00e9finie mise en ab\u00eeme qui nous engloutit tous, et, \u00e0 quoi bon, peut-\u00eatre&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>On a bien parl\u00e9, trop parl\u00e9 de \u00ab&nbsp;pr\u00e9sences irrempla\u00e7ables&nbsp;\u00bb, mais, mieux&nbsp;: qui l\u2019on aime est celui ou celle dont l\u2019absence est irrempla\u00e7able aussi. Absence \u2014 Absent, jusque dans l\u2019absence \u2014 \u00f4 mon Pr\u00e9sent d\u00e9finitif&nbsp;! D\u00e9j\u00e0&nbsp;: l\u2019\u00eatre aim\u00e9 est de tous le plus pr\u00e9sent parce qu\u2019il est le seul \u00e0 savoir, m\u00eame pr\u00e9sent, \u00eatre absent, en nous permettant pleinement d\u2019\u00eatre soi pour lui, puisque c\u2019est ainsi qu\u2019il nous aime. Puis&nbsp;: l\u2019absence&nbsp;; le vertige d\u2019une pr\u00e9sence, partout, toujours recommenc\u00e9e. Vertige persistant de tout abandon qui demeure et ne nous abandonne pas, lui seul.<\/p>\n\n\n\n<p>S\u2019il fallait \u00e0 l\u2019absent quelque d\u00e9finition pour \u00eatre alors m\u00eame qu\u2019il se suffit pour \u00eatre et sans d\u00e9finition, je dirai que, de tous, il est&nbsp;: \u00ab&nbsp;le pr\u00e9sent magistral&nbsp;\u00bb. \u00c0 nul autre pareil, elle ou il fut&nbsp;: \u00e0 nul autre pareille, alors, est son absence&nbsp;! Et, toujours, \u00ab&nbsp;autre&nbsp;\u00bb. Et toujours autre aussi&nbsp;! L\u2019autre&nbsp;: ma providence, \u00f4 provende de vie&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Oh non&nbsp;! L\u2019absent n\u2019est pas la nostalgie&nbsp;; mais l\u2019impatience&nbsp;! Et vraiment, ce qui d\u00e9termine et qui d\u00e9finit l\u2019\u00eatre aim\u00e9, c\u2019est une absence inimitable. Absence, merveilleuse absence de l\u2019aim\u00e9(e) qui le ou qui la recompose telle qu\u2019elle ou qu\u2019il a toujours \u00e9t\u00e9 dans le d\u00e9sir qui l\u2019inventait. Avec quelle fantaisie grave, l\u2019inventait-il ou elle, cet \u00eatre, ce d\u00e9sir, ce d\u00e9sir d\u2019\u00eatre, immens\u00e9ment accouch\u00e9 et porteur de l\u2019univers m\u00eame. Dans quelles douleurs accouch\u00e9 aussi&nbsp;! D\u00e9sir, qui, sachant qu\u2019il portait ce monde, ce monde qu\u2019il avait incarn\u00e9, qui l\u2019avait incarn\u00e9 aussi, se d\u00e9chirait pour l\u2019accoucher. Or, mettrait-on \u2014 qui mettrait \u2014 un enfant au monde pour seulement le reconna\u00eetre&nbsp;? Si l\u2019on met un enfant au monde, c\u2019est pour le conna\u00eetre d\u2019abord, na\u00eetre avec lui. Ainsi, l\u2019absent. Ainsi, L\u2019Absent n\u00e9 de nous et de qui l\u2019on na\u00eet. Cet \u00ab&nbsp;or&nbsp;\u00bb. Car l\u2019absence, c\u2019est \u00ab&nbsp;l\u2019enfant libre&nbsp;\u00bb&nbsp;: enfin debout, qui court les champs&nbsp;; c\u2019est l\u2019enfant dont s\u2019entend le chant dans la fleur m\u00eame du silence, en suspension&nbsp;: fleur de farine, enfant du bl\u00e9, farine pollen r\u00e9v\u00e9l\u00e9 au moindre rayon, au moindre souvenir solaire d\u2019un regard tendre, port\u00e9 sur la bonne terre d\u2019un sourire, la f\u00e9condant, au plus profond&nbsp;; le bl\u00e9 des mots pr\u00eat \u00e0 pousser, le bl\u00e9 des mots pr\u00eat \u00e0 m\u00fbrir&nbsp;; le bl\u00e9 des mots pr\u00eat \u00e0 faucher, pr\u00eat \u00e0 moudre et pr\u00eat \u00e0 battre&nbsp;; et pr\u00eat \u00e0 cuire, pour faire le pain de nos certitudes&nbsp;: pain quotidien, pain tout rond&nbsp;; soleil des bl\u00e9s, \u00e0 partager avec le plus pauvre, en chemin.*<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019autre&nbsp;: \u00ab&nbsp;notre pain quotidien&nbsp;\u00bb. Ah&nbsp;! \u00ab&nbsp;Donnez-nous&nbsp;\u00bb encore \u00ab&nbsp;notre pain quotidien&nbsp;\u00bb apr\u00e8s la mort. Qui dira qu\u2019il existe aussi un pain des mots, un pain des gestes&nbsp;: p\u00e9trie, la p\u00e2te d\u2019un tout du monde qui l\u00e8ve d\u2019un rien mais de tout ce qui nous nourrit, et qu\u2019on partage. Si l\u2019absent cr\u00e9e L\u2019Absent, L\u2019Absent&nbsp;: pour partager le pain de la douleur toujours avec le pauvre, avec le plus pauvre, en chemin&nbsp;; et parce que le pain de la douleur partag\u00e9 devient le doux heur du jour o\u00f9 l\u2019on s\u2019attable&nbsp;: s\u2019attabler partout avec lui. L\u2019autre, notre partage quotidien. Ah&nbsp;! Donnez-nous encore, notre partage quotidien apr\u00e8s la mort.*<\/p>\n\n\n\n<p>L\u00e0, soi&nbsp;; quelque soit la surprise encore&nbsp;: encore soi, et, l\u2019autre, lev\u00e9 dans le silence, apprenant La Le\u00e7on de L\u2019Arbre mais droit comme la gerbe neuve, m\u00fbre, prot\u00e9geant son \u00c9pi et ployant pour se redresser sous les vents podestats&nbsp;: pour se dresser plus haut encore parmi la confusion de leurs diktats contradictoires, dont elle ne retiendra, dont elle n\u2019a choisi de retenir, que le souffle (ce souffle qui leur \u00e9chappe), que la fra\u00eecheur \u2014 cette fra\u00eecheur clandestine embarqu\u00e9e par eux&nbsp;!&nbsp;\u2014, venue des lointains, sans qu\u2019ils sachent.<\/p>\n\n\n\n<p>On l\u2019a dit, je l\u2019ai dit, il s\u2019est dit d\u00e9j\u00e0&nbsp;: L\u2019enfant, c\u2019est \u00ab&nbsp;soi&nbsp;\u00bb. Fusionn\u00e9, neuf, eucharistique&nbsp;! L\u00e0, \u2014 quelle que soit la surprise encore&nbsp;: encore soi. L\u00e0, soi, et, l\u2019autre, lev\u00e9 dans Le Silence \u2014 Grain d\u2019or&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Il n\u2019y a, il n\u2019est, ne sera, de pain sans grain d\u2019abord \u00e0 moudre&nbsp;; et nous sommes le propre grain de notre pain. Rien, ni personne, ne nous \u00e9vitera la meule que feront tourner les ailes de nos r\u00eaves cargu\u00e9s de nos linceuls futurs, soumis, livr\u00e9s enfin, \u00e0 la violence des Vents en rut. Rien que cela&nbsp;: ce broyage, la v\u00e9rit\u00e9 de ces grains craqu\u00e9s \u00e9clatant sous la pierre&nbsp;; cet an\u00e9antissement de blancheur soudain&nbsp;; cette fluidit\u00e9 inesp\u00e9r\u00e9e encore&nbsp;; puis l\u2019eau, la baptisant&nbsp;; puis le p\u00e9trin, le feu, alors&nbsp;: pour calmer notre faim de partage.<\/p>\n\n\n\n<p>Boulanger de l\u2019\u00e2me. Nous sommes, chacun cherchant notre levain. Mais avant \u2014 car, avant&nbsp;! \u2014 Brindilles vibrant \u00e0 l\u2019humain, tige de bl\u00e9 vert. Qui de nous trois ouvre la terre&nbsp;? La Terre&nbsp;? Moi ou l\u2019absent&nbsp;? Les trois&nbsp;? Et pour quelle germination&nbsp;? Survivre&nbsp;: est-ce \u00ab&nbsp;pain quotidien&nbsp;\u00bb&nbsp;? Survivre. Et ce \u00ab&nbsp;pain quotidien&nbsp;\u00bb d\u00e9j\u00e0 transform\u00e9 en espace. L\u2019absence nourrit nos blessures&nbsp;; c\u2019est le soleil qui les m\u00fbrit. Complexe fl\u00e9trissure de la saveur&nbsp;!*<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019absence&nbsp;: ce d\u00e9nuement qui ne peut \u00eatre un d\u00e9nouement&nbsp;; ce d\u00e9nouement qui ne peut \u00eatre un d\u00e9nuement. Veuf, mais ne l\u2019est-on pas d\u2019abord de soi&nbsp;? Perdu, mais ne l\u2019est-on jamais plus, de fait, qu\u2019une fois pour toute arriv\u00e9&nbsp;? \u00c0 jamais incompris d\u00e8s lors&nbsp;? Mais ne l\u2019est-on pas alors pour comprendre&nbsp;?\u2026 Qui sait marquer la lassitude au coin du doute et nous sauver, sinon l\u2019amour&nbsp;? Or, nous sauver de quoi, sinon de faim d\u2019Amour&nbsp;? Pain de l\u2019amour. Anorexie gourmande et de l\u2019amour encore, de l\u2019amour en corps, et le jour. Aimer permet de d\u00e9finir l\u2019espace de l\u2019\u00e9ternellement vierge, de l\u2019\u00e9ternellement jeune, de l\u2019\u00e9ternellement donn\u00e9 qui se donne, m\u00eame abandonn\u00e9. Et nul ne peut dire \u00e0 l\u2019absent&nbsp;: \u00ab&nbsp;Comme je vous ai aim\u00e9&nbsp;!&nbsp;\u00bb&nbsp;; on ne peut lui dire jamais que&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je vous aime&nbsp;\u00bb. Certes, on ne peut pas survivre au d\u00e9part des siens&nbsp;: on ne peut que vivre, pour eux. Tenter de comprendre ce qu\u2019on nous a pris pour l\u2019emmener partout avec soi, ne plus le quitter, ne pas le trahir, l\u2019avoir fait sien, le faire soi. Vivre&nbsp;! Ne plus rien attendre mais bien plut\u00f4t tendre vers&nbsp;: c\u2019est l\u00e0 le cadeau de l\u2019absent et sa le\u00e7on. Et, parce que le souvenir d\u2019un bonheur c\u2019est d\u00e9j\u00e0 mieux que l\u2019absence du bonheur en somme&nbsp;: tout ce que nous donne L\u2019Absent nous le donnons \u00e0 La Vie, qui nous fait le rendre \u00e0 la vie. Mourir. Et, regarder, encore.*<\/p>\n\n\n\n<p>Ce n\u2019est pas tant la confusion qui est confuse que nous quand nous l\u2019affrontons. Lorsqu\u2019on ne voit autour de soi que des vies d\u00e9vast\u00e9es. Le grand bois, ce grand bois de La Mort devant nous, et, \u00e0 l\u2019or\u00e9e \u2014 comme \u00e0 l\u2019or\u00e9e&nbsp;\u2014, L\u2019Absent, qui nous fait signe&nbsp;? Les morts, si \u00ab&nbsp;les morts vont vite\u2026&nbsp;\u00bb, l\u2019absent les pr\u00e9c\u00e8de, partout.<\/p>\n\n\n\n<p>Qu\u2019en sera-t-il de moi, car, comme vous sans doute, j\u2019ai connu des vies qui depuis longtemps semblaient arr\u00eat\u00e9es, lesquelles courraient pourtant, vertigineuses, telles&nbsp;: au point m\u00eame que leur mouvement devenait invisible aux autres. J\u2019en ai connues aussi qui paraissaient jaillir, fuser, pour tous, et, qui, de pr\u00e8s, avouaient l\u2019\u00e9tat formidable, quasi magique, diabolique, irr\u00e9m\u00e9diable apparemment, dans lequel elles \u00e9taient&nbsp;: fig\u00e9es. J\u2019en ai vu tomber sous le charme&nbsp;: confondues, plus tard, pour avoir confondu hier ce qu\u2019il ne fallait pas confondre. \u2014 Regarder&nbsp;?\u2026 \u2014 Voir&nbsp;! Ce n\u2019est pas tant la confusion qui est confuse, que nous, quand nous l\u2019affrontons.*<\/p>\n\n\n\n<p>Si l\u2019on n\u2019\u00e9tait pas pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 par tout ce que l\u2019on a pu croire et, sans cesse, port\u00e9 plus haut par tout ce qui nous fit chuter&nbsp;; si au souffle br\u00fblant du r\u00eave \u2014 \u00e9clatant&nbsp;! \u2014 le grisou du monde en nous d\u00e9figurant ne nous faisait pas la face plus belle&nbsp;; si les clous de la trahison for\u00e9s par Le Destin ou par les hommes dans ces paumes ouvertes qu\u2019on invite \u00e0 passer \u00e0 table en riant ne nous apprenaient pas \u00e0 ouvrir mieux les bras et \u00e0 souffrir comme \u00e0 sourire&nbsp;; si tout cela qui nous d\u00e9truit ne nous construisait pas\u2026&nbsp;: qui referait ce monde \u00e0 na\u00eetre, qui croit \u00eatre et qui n\u2019est, de fait, pour tous et pour nous, jamais que par ce qu\u2019il n\u2019est pas&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Mais, eux ne savent pas \u2014 eux \u2014&nbsp;; et, nous, nous le savons. C\u2019est \u00e0 nous de porter, de laver \u00ab&nbsp;le p\u00e9ch\u00e9 du monde&nbsp;\u00bb si laid, s\u2019il est au monde&nbsp;; c\u2019est \u00e0 nous de \u00ab&nbsp;sauver&nbsp;\u00bb ce monde, de dire qu\u2019il est \u00ab&nbsp;beau&nbsp;\u00bb, toujours&nbsp;!*<\/p>\n\n\n\n<p>Sans doute les jours o\u00f9 nous croyons sont-ils b\u00e2tis sur ceux o\u00f9 l\u2019on ne croyait plus&nbsp;: toute croyance n\u2019\u00e9tant ainsi pas le contraire, mais bien l\u2019envers du doute. L\u2019amour&nbsp;? La seule occasion avec la douleur de montrer notre dignit\u00e9&nbsp;; c\u2019est peut-\u00eatre pourquoi la douleur se r\u00e9v\u00e8le toujours t\u00f4t ou tard la secr\u00e8te \u00e9pouse de l\u2019amour. Puisqu\u2019il fallait \u2014 puisqu\u2019il fallait\u2014, puisqu\u2019il fallait cette \u00ab&nbsp;le\u00e7on de t\u00e9n\u00e8bres&nbsp;\u00bb pour inventer la clart\u00e9&nbsp;; puisqu\u2019il fallait ce co\u00eft de l\u2019amour et de la douleur, ce ventre de la mort pour nous r\u00e9accoucher.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014&nbsp;Mais qui croirait que la matrice et le sexe \u00e0 passer de la mort alors fut un pont, et, nous, chevalier&nbsp;?\u2026<br><br>\u2014&nbsp;Ah&nbsp;! L\u2019\u00ab&nbsp;<em>Amor<\/em>&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;<em>fin\u2019 amor<\/em>&nbsp;\u00bb \u00ab&nbsp;<em>cortoise<\/em>&nbsp;\u00bb de la \u00ab&nbsp;mort-am\u00e8re&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;<em>cortoisie<\/em>&nbsp;\u00bb&nbsp;; \u00ab&nbsp;<em>fin\u2019 amor<\/em>&nbsp;\u00bb, toujours d\u2019\u00ab&nbsp;<em>Amor<\/em>&nbsp;\u00bb recommenc\u00e9e&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Quelle \u00ab&nbsp;<em>queste<\/em>&nbsp;\u00bb singuli\u00e8re de l\u2019autre que celle que nous impose la mort. Quel voyage \u00e9trange&nbsp;: d\u2019un \u00e0 l\u2019autre port, d\u2019une \u00e0 l\u2019autre rive, pour se joindre l\u2019un \u00e0 l\u2019autre. Quel singulier \u00ab&nbsp;Pont de l\u2019\u00c9p\u00e9e&nbsp;\u00bb \u00e0 traverser, dont, foin de notre quaranti\u00e8me lion rugissant dans nos jours de je\u00fbne au d\u00e9sert, le silence et l\u2019invisibilit\u00e9 sont les plus pernicieux mirages cr\u00e9\u00e9s par la force de d\u00e9sunion du Doute \u2014 du Mal&nbsp;?&nbsp;\u2014, qui, menteuse, nous les envisage, pour nous dissuader de traverser. Trouverons-nous la \u00ab&nbsp;<em>conjointure<\/em>&nbsp;\u00bb&nbsp;? Pour nous sauver&nbsp;? C\u2019est un peuple, sur l\u2019autre rive&nbsp;! Un peuple, qui nous attendait.*<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019absent rend pr\u00e9sents les vivants, nous contraignant \u00e0 le red\u00e9couvrir en eux. L\u2019absent n\u2019est pas celle ou celui \u00e9ternellement qui s\u2019en va, mais bien plut\u00f4t celui ou celle \u00e9ternellement qui revient.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014&nbsp;Se d\u00e9pensant sans compter, par lui, n\u2019\u00eatre plus que la petite monnaie de l\u2019autre pour les menus frais de sa vie&nbsp;; n\u2019\u00eatre que ce qui reste, quand il a tout donn\u00e9 comme soi-m\u00eame et nous, parce qu\u2019il aime aussi. La r\u00e8gle, toujours l\u2019unique r\u00e8gle, apr\u00e8s&nbsp;: \u00eatre plus en situation de transmettre que de recevoir, ne plus recevoir qu\u2019en se d\u00e9pouillant, s\u00fbr \u2014 tellement&nbsp;! \u2014 au fond de soi, toujours port\u00e9 par ce murmure qui est comme sa voix et qui nous d\u00e9senmure&nbsp;: tout ce qui est donn\u00e9 \u00e0 quiconque est donn\u00e9 \u00e0 l\u2019absent qui nous le rend. L\u2019Absent dans l\u2019absence toujours&nbsp;: la premi\u00e8re mort du premier amour, mais l\u2019\u00e9ternelle renaissance au c\u0153ur du jour pour qu\u2019il prenne corps, soit debout&nbsp;; le ciel d\u00e9j\u00e0 dans une main, nous tendant l\u2019autre. Alors, encore&nbsp;: Le Rythme, Le Souffle et Le Sang.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014&nbsp;Le rythme&nbsp;? Le souffle et le sang&nbsp;?\u2026<br><br>\u2014&nbsp;Naissance donc&nbsp;?<br><br>\u2014&nbsp;Eh bien. Une naissance, c\u2019est toujours sale. C\u2019est un sale pour un bien. Et c\u2019est cela qui est beau.<\/p>\n\n\n\n<p>La mort nous na\u00eet. Car La Mort nous na\u00eet l\u2019un \u00e0 l\u2019autre. Par les autres. Tout un peuple nous attendait. Ainsi, mille amiti\u00e9s et mille mercis \u00e0 l\u2019absent pour ces amiti\u00e9s qu\u2019il nous laisse. Inconnues. Autant de surprises d\u2019un temps qui passe et passe encore pour n\u2019\u00eatre que d\u2019inattendu tout comme hier&nbsp;; comme un futur trouv\u00e9, perdu, encore ici comme de lui&nbsp;; et, pour L\u2019Absent. Mille mercis pour ces amiti\u00e9s d\u2019infortune, compagnons vagabonds unis par la fraternit\u00e9 du pire&nbsp;: pour un meilleur auquel nous avions droit, o\u00f9 l\u2019autre, d\u2019autres, tant d\u2019autres enfin, trouveront cette bonne fortune qui leur fera force de loi \u2014 que nous tairons en leur donnant, \u2014 qu\u2019ils emporteront en nous remerciant sans savoir jamais \u00e0 qui ils la doivent.*<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s lors, demain, m\u00eame mourir \u2014 \u00ab\u00a0demain\u00a0\u00bb \u2014 ne restera qu\u2019une hypoth\u00e8se.*<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s lors, demain, m\u00eame mourir, \u00ab\u00a0demain\u00a0\u00bb, ne restera qu\u2019une hypoth\u00e8se aussi&nbsp;; s\u2019il nous faut traverser le temps encore. Qui sait&nbsp;?&nbsp;: jusqu\u2019au terme&nbsp;? Qui le verra saura.<\/p>\n\n\n\n<p>Arriv\u00e9s \u00e0 un certain \u00e2ge, les grands vieillards tiennent leur vie dans leur main. Quand ils estiment qu\u2019il ne vaut plus la peine de vivre, que ceux qu\u2019ils aiment, ceux qu\u2019ils aimaient, sont de fait de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, m\u00eame s\u2019ils gardent des attaches, des attaches mais soudain qui, soudain, ne sont plus des liens aupr\u00e8s de quelques-uns, ici&nbsp;; si, de rester enfin \u2014 ils le sentent un jour \u2014 trahit les morts&nbsp;: ils ouvrent leur main, cette main, et leur vie roule, elle roule, alors, d\u2019un coup. Oh&nbsp;! pas comme une pelote&nbsp;: il n\u2019y a plus de fil&nbsp;! comme une petite bille d\u2019agathe&nbsp;: une toute petite bille qui, dans un dernier rire d\u2019enfant, rebondit sur le sol encore. Puis, se tait. Ainsi, l\u2019absence seule,\u2026 ainsi, L\u2019Absence, enfin, finira par tuer l\u2019absence, pour redevenir pr\u00e9sence. Car nous resterons avec tous.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>MOURIR (II). D\u00c9SILLUSIONS&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>On dirait qu\u2019aux d\u00e9sillusions, les m\u00e9diocres \u2014 les \u00ab&nbsp;encore-m\u00e9diocres&nbsp;\u00bb, disons, \u2014 d\u2019instinct, enfin subtils, ajoutent aux d\u00e9sillusions, lorsqu\u2019ils \u00e9prouvent un combat. Savent-ils que leur fardeau m\u00eame, et sous leur fardeau m\u00eame, et, par leur fardeau m\u00eame, s\u2019invente une l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 bien indicible \u00e0 laquelle nous ne serions jamais parvenus par nos seuls efforts&nbsp;? La bassesse nous procurant, prodigue, de la hauteur&nbsp;: de l\u2019air enfin plus pur ainsi, aussi est-elle toujours remerci\u00e9e&nbsp;! Sa R\u00e9demption, h\u00e9las, ne fait qu\u2019ajouter \u00e0 sa rage&nbsp;: elle seule n\u2019est pas sauv\u00e9e.*<\/p>\n\n\n\n<p>Je pense que m\u00eame les imb\u00e9ciles \u2014 m\u00eame eux&nbsp;! \u2014 ne peuvent pas s\u00e9parer ceux qui s\u2019aiment. Je le pense, et j\u2019ai peut-\u00eatre tort. L\u2019absence, creus\u00e9e ainsi tra\u00eetreusement par la jalousie&nbsp;; la s\u00e9paration, tram\u00e9e ainsi haineusement par des idiots et qui savent trop ce qu\u2019ils font&nbsp;: des m\u00e9diocres dont le plaisir est de casser ce \u00e0 quoi ils n\u2019atteindront jamais, pensent-ils, est, peut-\u00eatre, la plus douloureuse \u2014 qui n\u2019y aura go\u00fbt\u00e9&nbsp;? \u2014&nbsp;; mais, au fond de cette douleur, comme au fond de toute douleur d\u2019amour, il y a un enfantement&nbsp;: l\u2019enfantement d\u2019un soi meilleur, encor meilleur, d\u2019un soi que l\u2019on destine \u00e0 l\u2019autre, m\u00eame et surtout s\u2019il vous est perdu \u00e0 jamais&nbsp;; perdu, parce que Le Mal aime casser, jaloux de tous, de tout, de vous&nbsp;: pour voir&nbsp;; pour \u00ab&nbsp;\u00e7a&nbsp;\u00bb&nbsp;: pour voir&nbsp;; pour rien.<\/p>\n\n\n\n<p>Il faudrait n\u00e9anmoins qu\u2019ils sachent, puisqu\u2019il faut qu\u2019ils sachent un jour, ceux-l\u00e0, ces pauvres-l\u00e0&nbsp;; il faudrait qu\u2019ils sachent un jour, au moins cela, ceci (Si&nbsp;! et, si fait&nbsp;!)&nbsp;: il faut savoir pardonner aux \u00eatres La Gr\u00e2ce qu\u2019ils ont re\u00e7ue. Pour beaucoup, c\u2019est bien l\u00e0 le plus impossible&nbsp;: ils ne voient que la lumi\u00e8re mais jamais l\u2019incendie, jamais, non, l\u2019incendie \u2014 jamais&nbsp;\u2014, qui en r\u00e9sulte. Aveugl\u00e9s qu\u2019ils sont par l\u2019envie, pour eux, La Gr\u00e2ce n\u2019est qu\u2019un privil\u00e8ge accord\u00e9, qui, par surcro\u00eet, se paie leur t\u00eate&nbsp;! Aucun n\u2019a jamais mesur\u00e9 les privil\u00e8ges d\u00e9sastreux de La Gr\u00e2ce n\u00e9e de \u00ab&nbsp;La Dure Tendresse de Dieu&nbsp;\u00bb, qui font d\u2019elle moins une fonction qu\u2019une charge qui invite \u00e0 se surpasser, et, dont on sait bien, dont on sait, \u00e0 chaque instant, qu\u2019on peut \u00eatre d\u00e9pos\u00e9&nbsp;: allant m\u00eame jusqu\u2019\u00e0 le souhaiter \u2014 parfois \u2014 lorsque se fait trop fort, d\u00e9j\u00e0, par manque de foi cette fois, le sentiment profond de n\u2019\u00eatre \u2014 de n\u2019\u00eatre au fond&nbsp;\u2014, de n\u2019\u00eatre plus que l\u2019ombre de La Lumi\u00e8re qui nous aura choisi pour la porter.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014&nbsp;Mais, les autres, voire l\u2019autre, en attendant L\u2019Autre&nbsp;; les autres, s\u2019attendant autre, soi&nbsp;? \u00ab&nbsp;Hygi\u00e8ne. Conduite. M\u00e9thode.&nbsp;\u00bb Les autres&nbsp;; l\u2019autre m\u00eame, oui&nbsp;: Oh&nbsp;! qu\u2019en faire&nbsp;? Comprennent-ils&nbsp;? Comprend-t-il, lui-m\u00eame&nbsp;? Chacun comprendra-t-il jamais&nbsp;?<br><br>\u2014&nbsp;C\u2019est selon, disons-le\u2026 Ah&nbsp;! disons-le&nbsp;! Osons&nbsp;: est-ce et serait-ce, l\u00e0, selon notre d\u00e9sir de pardon&nbsp;? Sagesse, conscience\u2026&nbsp;: est-ce pardon&nbsp;?*<\/p>\n\n\n\n<p>Faire abandonner les illusions avant qu\u2019elles ne vous abandonnent. C\u2019est peut-\u00eatre pour cela que l\u2019on est dur parfois avec l\u2019autre, lorsqu\u2019il ne devient d\u00e9cid\u00e9ment plus ce qu\u2019il est, qu\u2019il n\u2019est plus, m\u00eame plus, d\u00e9j\u00e0, ce qu\u2019il \u00e9tait. Ce qui fait les hommes, ce sont les \u00e9v\u00e9nements&nbsp;; mais qu\u2019est-ce qu\u2019on fait \u2014 Eh&nbsp;! qu\u2019est-ce ou quoi&nbsp;?&nbsp;! \u2014 lorsqu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019\u00e9v\u00e9nements&nbsp;?\u2026 Beaucoup d\u2019amiti\u00e9s pour parvenir \u00e0 l\u2019amiti\u00e9. Beaucoup d\u2019amours pour parvenir \u00e0 l\u2019amour. Les hommes sont ce qu\u2019ils sont, et, si c\u2019est d\u00e9j\u00e0 trop&nbsp;! parfois \u00ab&nbsp;ce n\u2019est pas si mal&nbsp;\u00bb. Je pose la question&nbsp;: est-ce un leurre&nbsp;? Est-ce un leurre, la question qui se pose l\u00e0&nbsp;? Est-ce un leurre qu\u2019un \u00ab&nbsp;moi&nbsp;\u00bb, tranquille, d\u00e9licieusement d\u00e9sabus\u00e9, avec cette vie devant soi encore, et, puisque les amants sont toujours s\u00e9par\u00e9s quoi qu\u2019on fasse, seul, se demandant&nbsp;: \u00ab&nbsp;\u00c0 quoi bon la vivre&nbsp;?&nbsp;!&nbsp;\u00bb, se questionnant, certes, mais travers\u00e9, crucifi\u00e9 presque par leur sourire \u2014 m\u00eame fig\u00e9, \u2014 se disant que&nbsp;: \u00ab&nbsp;Vis \u00e0 vis et au front de la condition humaine, il n\u2019est rien de plus d\u00e9finitif, de plus revendicateur, de plus d\u00e9miurgique, et, peut-\u00eatre \u2014 c\u2019est \u00e0 d\u00e9finir \u00e0 jamais \u2014 de plus christique, hors eux&nbsp;?&nbsp;\u00bb Si ce n\u2019est pas un leurre, qu\u2019est-ce&nbsp;? Car, tranquille, et d\u00e9licieusement d\u00e9sabus\u00e9, avec cette vie devant soi encore mais au-del\u00e0 d\u2019elle, quand se d\u00e9couvre&nbsp;: la joie, la joie profonde, et constante, et quasi \u00e9gale toujours, et comme d\u00e9j\u00e0 au-del\u00e0 des jours, du \u00ab&nbsp;mystique&nbsp;\u00bb&nbsp;: est-ce, l\u00e0, la joie d\u2019un moi libre, ou illusion&nbsp;?*<\/p>\n\n\n\n<p>Nous sommes \u00e0 ce point habitu\u00e9s \u00e0 toutes les trahisons, que lorsqu\u2019il advient que nous rencontrons enfin L\u2019Amour \u2014 est-ce Hasard&nbsp;?&nbsp;\u2014, souvent nous n\u2019y croyons pas. Notre vie, apr\u00e8s les avoir subies, se passe \u00e0 fuir les d\u00e9ceptions, et, pour la plupart, nous avons perdu cette ineffable, jumelle et d\u00e9j\u00e0 amoureuse, fonction de nous \u00e9mouvoir et de croire. Pourtant, nous portons tous en nous un paysage unique&nbsp;: Le Temps ne parvient pas \u00e0 l\u2019effacer&nbsp;; une musique imperceptible partout reconnue o\u00f9 la vie chante malgr\u00e9 tout et qui enchante&nbsp;: rien ne parvient \u00e0 la couvrir&nbsp;; un visage souvent reconnu qui soudain ne ment pas, ne ment plus&nbsp;: rien ne parvient \u00e0 le voiler&nbsp;; une enfance que certains d\u2019entre nous n\u2019ont m\u00eame jamais eue et qui est, qui demeure l\u00e0, l\u00e0 pourtant, la seule chose \u00e0 laquelle on puisse encor croire&nbsp;; une puret\u00e9 \u2014 mieux&nbsp;! infime&nbsp;! enfin&nbsp;! \u2014 que l\u2019on n\u2019a peut-\u00eatre jamais connue et qui finit par \u00eatre la seule chose qui compte, qui depuis toujours a compt\u00e9, \u00e0 quoi nous voudrions, secr\u00e8tement, souvent sans oser l\u2019avouer, voir atteindre et se r\u00e9sumer notre vie.*<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s lors, alors,\u2026 ce monde encore, ce monde avec\u2026&nbsp;: la jalousie&nbsp;? la m\u00e9chancet\u00e9&nbsp;? l\u2019universelle m\u00e9diocrit\u00e9 que nous partageons tous&nbsp;? Oui. Oui&nbsp;! Oui&nbsp;: ce monde inchang\u00e9&nbsp;; inchang\u00e9, \u00e0 jamais semblable. Cependant, pour autant, pourtant&nbsp;: de guerre lasse&nbsp;: que de victoires&nbsp;! De guerre lasse&nbsp;: que d\u2019armistices&nbsp;! De guerre lasse&nbsp;: pour La Mort, que de redditions. Alors, \u00ab&nbsp;en fin&nbsp;\u00bb \u00e0 terme, enfin, \u2014 je veux dire&nbsp;: demain encore \u2014 berger enfin sauv\u00e9, berger insoup\u00e7onn\u00e9, pouvoir dire se dire&nbsp;: \u00ab&nbsp;J\u2019ai d\u00e9mont\u00e9 le ciel, comme une arche perdue, comme une arche \u00e0 refaire, et, d\u00e9sir\u00e9 la pluie. Je n\u2019ai eu si longtemps pour autre vertu que ma nuit&nbsp;; pour premi\u00e8re, ma patience. Rien ne fut aussi fort que l\u2019effort qui me lie \u00e0 l\u2019esp\u00e9rance&nbsp;; car nulle b\u00eate en mon troupeau ne fut honnie. Toutes aim\u00e9es&nbsp;! Toutes suivies \u00e0 l\u2019assaut des sommets anciens dont est perdue la route. Nulle d\u00e9route ne me fit oublier jamais la transhumance et le pacage de ces \u00e2mes simples, de ces \u00e2mes saintes, de ces sentiments, tous proscrits, qui cherchaient encore un berger pour \u00eatre encore et au c\u0153ur du d\u00e9sastre, vives. Vivant encore, invisible, seul, j\u2019ai gravi les routes anciennes, j\u2019ai gravi ces routes anciennes, dont le chemin est oubli\u00e9, pour les sauver. Et si j\u2019ai reni\u00e9 le monde, c\u2019est afin de mieux le sauver, par elles. Et si j\u2019ai reni\u00e9 le monde, c\u2019est afin de mieux le sauver.&nbsp;\u00bb Cela, ceci, le dirons-nous&nbsp;? Qui&nbsp;? Qui d\u2019entre nous saura, pourra conclure ainsi sa vie par ces mots-l\u00e0 ou leurs semblables, des mots fr\u00e8res&nbsp;? L\u00e0 est la question&nbsp;; \u00ab&nbsp;<em>That is the question<\/em>&nbsp;\u00bb, la seule, le doute&nbsp;: Il n\u2019est pas d\u2019Hamlet, hors de \u00ab&nbsp;\u00e7a&nbsp;\u00bb, hors-l\u00e0, dans \u00ab&nbsp;le th\u00e9\u00e2tre du monde&nbsp;\u00bb. C\u2019est cela qui compte et qui comptera&nbsp;; rien que cela, cela qui fera le d\u00e9compte et de nos joies et de nos risques, de notre prix&nbsp;; en un seul mot&nbsp;: notre salut.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>D\u00c9SERT (I)&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il restera toujours assez de soleil pour dessiner une ombre. Mais je pose la question&nbsp;: o\u00f9 est L\u2019Ombre dans l\u2019ombre&nbsp;? Et Le Soleil dans le soleil&nbsp;? Je pose la question&nbsp;: et Le Soleil de l\u2019ombre&nbsp;? Et L\u2019Ombre du soleil aussi&nbsp;? O\u00f9&nbsp;? O\u00f9, aussi&nbsp;?*<\/p>\n\n\n\n<p>Il faudrait pouvoir danser l\u2019arbre et l\u2019ombre&nbsp;; \u00e0 l\u2019ombre de L\u2019<em>Arbre<\/em>&nbsp;: la source&nbsp;; et la source \u00e0 L\u2019Ombre de l\u2019ombre&nbsp;; et leur commencement. Or, le ma\u00eetre de danse, Le Ma\u00eetre de tout Commencement&nbsp;: celui qui peut r\u00e9inventer d\u2019un geste L\u2019Ombre et La Source, la source et leur commencement dans l\u2019or du jour comme du Jour Premier, c\u2019est L\u2019Absent. L\u2019absence, car l\u2019an\u00e9antissement m\u00eame s\u2019est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 une source. L\u2019absence&nbsp;: dans la s\u00e9cheresse, comme au c\u0153ur du d\u00e9bordement. L\u2019absence est ce d\u00e9bordement. Que ce soit de douleur, que ce soit de tendresse ou d\u2019amour fou, l\u2019absence est toujours un d\u00e9bordement.*<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9sert&nbsp;: des \u00e9tapes \u00e0 marche forc\u00e9e vers le rien, pour atteindre un Tout qui nous satisfasse. Dunes. Dunes d\u2019absence&nbsp;! Architecture de l\u2019affaissement, mais&nbsp;: quelle douceur&nbsp;! Langueur des corps. \u2014 Et toujours \u00e0 attendre la mer&nbsp;! \u2014 D\u00e9sert&nbsp;: \u00e0 la recherche d\u2019un nuage. Il n\u2019y a gu\u00e8re que les nuages qui soient sans \u00e2ge.*<\/p>\n\n\n\n<p>Certes, rien ne remplace le d\u00e9sert pour qui veut d\u00e9couvrir La Source, sa source et l\u2019oasis. Seul le chemin du d\u00e9sert m\u00e8ne \u00e0 l\u2019oasis. Pris dans la canicule p\u00e9trifiante du quotidien, comme br\u00fbl\u00e9 en plein d\u00e9sert par le simoun, et, gel\u00e9 par le tourbillon d\u2019une temp\u00eate de sable, \u00e0 l\u2019ombre d\u2019une absence, l\u00e0, dans son ombre, pourtant chante une source qui nous sauve et qu\u2019on ne peut nommer ou du moins si imparfaitement qu\u2019on ne pourra jamais vraiment la remercier. Non. Non, ce ne sont pas des pierres qui jalonnent jalousement le pas des po\u00e8tes \u00e0 m\u00eame la vie, mais des sources. Chacun peut y boire, pourvu qu\u2019il les trouve. Elles sont toutes enchant\u00e9es, et chantent. C\u2019est \u00e0 qui saura les entendre.*<\/p>\n\n\n\n<p>De la liqu\u00e9faction des pierres au bord des sources et des puits, et des sources au fond des puits&nbsp;: c\u2019est de cela que doit traiter qui veut disserter sur l\u2019absence. Puits de l\u2019oubli (l\u2019absent), et, comme au bord de la margelle&nbsp;: nous, pour quelque chute, infinie. Au fond, L\u2019Absent&nbsp;: toujours \u00e9tal, notre r\u00e9verb\u00e9rant. Et, puis, l\u2019absence. D\u00e9sert. Absence&nbsp;: la soif disparue, perdure le go\u00fbt du sel&nbsp;!\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><strong>D\u00c9SERT (II)&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Hic et nunc<\/em>&nbsp;\u00bb il y aura toujours des veilleurs dans la nuit, qui allument des feux solitaires, dans la nuit noire, attendant L\u2019Aube. Paroles d\u2019aubes. Paroles d\u2019eau, o\u00f9 se mire le jour. Seul, sans ce reflet, n\u2019existerait pour personne. Se jeter dans les eaux lustrales de L\u2019Absence pour une noyade \u00e9blouie&nbsp;; si, \u00e0 ceux qui ne savent, n\u2019appara\u00eet, ne para\u00eet que mort&nbsp;: Mort, Obscurit\u00e9, Oubli.*<\/p>\n\n\n\n<p>Car seulement dans le d\u00e9sert, toute vie est un miracle. Et, plus avant dans le d\u00e9sert, or, plus avant dans la saveur&nbsp;!&nbsp;: celle, n\u00e9e de la seule coul\u00e9e et de la s\u00e8ve et de la lave enfin m\u00eal\u00e9es mais lav\u00e9e d\u2019elles&nbsp;; celle, dont le souffle seul, port\u00e9 sur le dur hiver mais passant sur lui comme une aile, pollinise \u2014 par elle rendues \u00e0 nouveau visibles \u2014 les for\u00eats de milliers d\u2019ailes&nbsp;; celle, dont le chant enfoui qui dort, sort des \u00ab\u00a0Enfers\u00a0\u00bb avec la source bourdonnante entre les mousses butinant ses eaux \u00e9ternelles&nbsp;; celle, dont la voix \u00e9tincelle sous le silence&nbsp;!*<\/p>\n\n\n\n<p>Ah&nbsp;! le fr\u00e9missement ne conna\u00eet-il rien de la profondeur et la profondeur est-elle trop loin du fr\u00e9missement pour qu\u2019elle y affleure comme un sel d\u2019un sol dans un frissonnement d\u2019\u00e9cume&nbsp;? La pr\u00e9sence ainsi est-elle trop loin de l\u2019absence aussi&nbsp;? Ainsi, le mouvement de l\u2019immobilit\u00e9 serait-il, comme ici, aussi, ou, tout est-il plut\u00f4t indissolublement li\u00e9, et, la mer, est-elle toujours sous la terre \u00e0 bruire imperceptiblement de ses mar\u00e9es, et \u00e0 attendre&nbsp;?*<\/p>\n\n\n\n<p>Un absent, c\u2019est toujours un fleuve qui d\u00e9bouche sur l\u2019immensit\u00e9 du \u00ab&nbsp;R\u00e9el&nbsp;\u00bb insoup\u00e7onn\u00e9 jusqu\u2019au delta, et, qui ne se souvient plus, d\u00e8s lors, de ses sources du transitoire que de l\u2019\u00e9clat intemporel qu\u2019elles pouvaient avoir, qu\u2019elles pouvaient avoir, d\u00e9j\u00e0&nbsp;! Absence&nbsp;: pr\u00e9sence ardente, qui, d\u2019abord, nous glace, fait fondre pourtant notre c\u0153ur d\u2019abord, et pour qu\u2019il se r\u00e9pande, or, afin que, se r\u00e9pandant, il r\u00e9ponde \u00e0 toutes les soifs. Et dire que nous portions fleuve et source gel\u00e9s en nous&nbsp;! Comme encore&nbsp;: L\u2019Eau et Le Feu&nbsp;! L\u2019Absence&nbsp;: ce b\u00fbcher d\u00e9licieux o\u00f9 l\u2019on trouve sa libert\u00e9, dans le feu&nbsp;! Comme encore&nbsp;: Le Feu et L\u2019Eau&nbsp;! L\u2019Absence, dans le cours du fleuve&nbsp;: vivier de flammes neuves, foisonnement allumant au fond, sur le lit des jours, le rutilement des tr\u00e9sors du Temps m\u00e9connu. Alors&nbsp;!\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le\u00e7on de T\u00e9n\u00e8bres (opus, I) (1995-1997) Une voix cherche Le P\u00e8re, Dieu, qui semble avoir&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_editorskit_title_hidden":false,"_editorskit_reading_time":0,"_editorskit_is_block_options_detached":false,"_editorskit_block_options_position":"{}","advgb_blocks_editor_width":"","advgb_blocks_columns_visual_guide":"","_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-384","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-voix-poemes"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.4 - 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