{"id":428,"date":"2008-08-16T15:34:00","date_gmt":"2008-08-16T13:34:00","guid":{"rendered":"http:\/\/revuepolaire.com\/?p=428"},"modified":"2023-10-25T20:09:37","modified_gmt":"2023-10-25T18:09:37","slug":"la-notion-de-temps-chez-gaston-bachelard-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/2008\/08\/16\/la-notion-de-temps-chez-gaston-bachelard-2\/","title":{"rendered":"La notion de temps chez Gaston Bachelard"},"content":{"rendered":"\n<p><em>Si l\u2019aspect \u00e9pist\u00e9mologique de l\u2019\u0153uvre de Gaston Bachelard, tout comme le volet de critique litt\u00e9raire, ont fait l\u2019objet de plusieurs \u00e9tudes, on peut cependant d\u00e9plorer l\u2019absence de travaux relatifs \u00e0 la philosophie bachelardienne du temps. Le pr\u00e9sent article s\u2019attache \u00e0 combler cette lacune.<\/em> <em>[Article r\u00e9dig\u00e9 en 2007. Relu et l\u00e9g\u00e8rement amend\u00e9 en 2023.]<\/em><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">La notion de temps chez Gaston Bachelard<\/h3>\n\n\n\n<p><strong>La critique de la dur\u00e9e m\u00e9taphysique<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le titre du premier ouvrage de Bachelard consacr\u00e9 \u00e0 la notion de temps \u2015 l\u2019<em>Intuition de l\u2019instant<\/em><sup class=\"modern-footnotes-footnote \" data-mfn=\"1\" data-mfn-post-scope=\"000000004a399a390000000070c66c6e_428\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-000000004a399a390000000070c66c6e_428-1\">1<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-000000004a399a390000000070c66c6e_428-1\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"1\">Gaston Bachelard, <em>L\u2019Intuition de l\u2019instant<\/em>, Paris, Stock, 1932.<\/span>&nbsp;\u2015 rend compte d\u2019une pol\u00e9mique affich\u00e9e contre les th\u00e8ses bergsoniennes telles qu\u2019elles sont expos\u00e9es dans L\u2019<em>Essai sur les donn\u00e9es imm\u00e9diates de la conscience<\/em> ainsi que dans <em>Dur\u00e9e et simultan\u00e9it\u00e9<\/em>. Bergson estimait en effet que l\u2019homme pouvait faire \u00ab&nbsp;l\u2019intuition de la dur\u00e9e&nbsp;\u00bb, c\u2019est \u00e0 dire l\u2019exp\u00e9rience m\u00e9taphysique d\u2019un temps subjectif, radicalement indivisible et impossible \u00e0 mesurer, distinct par sa nature du temps homog\u00e8ne et spatialis\u00e9 des montres et des horloges. Cette mystique de la dur\u00e9e s\u2019accompagne d\u2019une d\u00e9pr\u00e9ciation du \u00ab&nbsp;temps homog\u00e8ne&nbsp;\u00bb, quantitatif et objectif dans lequel Bergson ne voit qu\u2019une projection de la dur\u00e9e qualitative dans l\u2019espace, qu\u2019une sorte de dur\u00e9e d\u00e9grad\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est cette argumentation, fond\u00e9e toute enti\u00e8re sur \u00ab&nbsp;l\u2019intuition de la dur\u00e9e&nbsp;\u00bb, que Bachelard entreprend non seulement de r\u00e9futer, mais de renverser. \u00c0 partir d\u2019une lecture du livre <em>Silo\u00eb<\/em><sup class=\"modern-footnotes-footnote \" data-mfn=\"2\" data-mfn-post-scope=\"000000004a399a390000000070c66c6e_428\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-000000004a399a390000000070c66c6e_428-2\">2<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-000000004a399a390000000070c66c6e_428-2\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"2\">Gaston Roupnel, <em>Silo\u00eb<\/em>, Paris, Stock, 1927. On voit l\u00e0 l&rsquo;illustration d&rsquo;une pratique toute bachelardienne consistant \u00e0 faire jouer \u00ab&nbsp;tout contre tout&nbsp;\u00bb, rep\u00e9r\u00e9e par Michel Foucault, m\u00eame si ce dernier la relie \u00e0 un antihumanisme assez \u00e9tranger au r\u00eaveur baralbin : \u00ab&nbsp;Ce qui me frappe beaucoup chez Bachelard, c&rsquo;est en quelque sorte qu&rsquo;il joue contre sa propre culture, avec sa propre culture. Dans l&rsquo;enseignement traditionnel &#8211; et pas seulement, dans l&rsquo;enseignement traditionnel, dans la culture que nous recevons &#8211; , il y a un certain nombre de valeurs \u00e9tablies, de choses qu&rsquo;il faut dire et d&rsquo;autres qu&rsquo;il ne faut pas dire, d&rsquo;oeuvres qui sont estimables et puis d&rsquo;autres qui sont n\u00e9gligeables, il y a les grands et les petits, il y a la hi\u00e9rarchie enfin, tout ce monde c\u00e9leste avec les Tr\u00f4nes, les Dominations, les Anges et les Archanges !\u2026 Tout \u00e7a est tr\u00e8s hi\u00e9rarchis\u00e9. Eh bien, Bachelard fait se d\u00e9prendre de tout cet ensemble de valeurs, et il fait s&rsquo;en d\u00e9prendre en lisant tout et en faisant jouer tout contre tout.&nbsp;\u00bb (Michel Foucault, \u00ab&nbsp;Pi\u00e9ger sa propre culture\u00bb, in \u00abGaston Bachelard, le philosophe et son ombre&nbsp;\u00bb, <em>Le Figaro litt\u00e9raire<\/em>, 1376, 30 septembre 1972, p. 16)<\/span> de son ami Gaston Roupnel, Bachelard va mener une critique de la dur\u00e9e pure. Il reproche d\u2019abord \u00e0 Bergson d\u2019avoir s\u00e9par\u00e9 le temps des hommes du temps des choses, faisant de la dur\u00e9e une nouvelle diff\u00e9rence anthropologique. Ce \u00ab&nbsp;temps des horloges&nbsp;\u00bb, Bergson en parlerait comme d\u2019un temps inhumain, litt\u00e9ralement impossible \u00e0 habiter. Or l\u2019instant, nous dit Bachelard, ne rev\u00eat pas qu\u2019une r\u00e9alit\u00e9 objective&nbsp;: il comprend aussi une r\u00e9alit\u00e9 subjective. Renouant avec la th\u00e9orie humienne de l\u2019associationnisme critiqu\u00e9e par Bergson, Bachelard entend montrer que notre esprit, \u00e0 proprement parler, ne \u00ab&nbsp;dure&nbsp;\u00bb pas mais qu\u2019il est tout entier investi dans l\u2019instant pr\u00e9sent, dans l\u2019instant <em>objectif<\/em>. Chose dont nous faisons tous l\u2019exp\u00e9rience \u00e9l\u00e9mentaire&nbsp;: \u00ab&nbsp;Qu\u2019on se rende donc compte que l\u2019exp\u00e9rience <em>imm\u00e9diate<\/em> du temps, ce n\u2019est pas l\u2019exp\u00e9rience si fugace, si difficile, si savante, de la dur\u00e9e, mais bien l\u2019exp\u00e9rience nonchalante de l\u2019instant, saisi toujours comme immobile<sup class=\"modern-footnotes-footnote \" data-mfn=\"3\" data-mfn-post-scope=\"000000004a399a390000000070c66c6e_428\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-000000004a399a390000000070c66c6e_428-3\">3<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-000000004a399a390000000070c66c6e_428-3\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"3\">Gaston Bachelard, <em>L\u2019Intuition de l\u2019instant<\/em>, p.&nbsp;34.<\/span>.&nbsp;\u00bb \u00c0 l\u2019intuition si incertaine de la dur\u00e9e, Bachelard oppose l\u2019intuition naturelle de l\u2019instant pr\u00e9sent. Il n\u2019y a gu\u00e8re que l\u2019esprit du m\u00e9taphysicien, d\u00e9pris du r\u00e9el, qui puisse vraiment se dire coup\u00e9 du \u00ab&nbsp;temps des choses&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Bachelard reproche donc \u00e0 Bergson d\u2019avoir jou\u00e9 l\u2019hypoth\u00e8se invraisemblable de la dur\u00e9e contre la r\u00e9alit\u00e9 v\u00e9ritablement intuitive, la r\u00e9alit\u00e9 pr\u00e9sente et incontestable de l\u2019instant&nbsp;: \u00ab&nbsp;Nous refusons, ajoute-t-il, cette extrapolation m\u00e9taphysique qui affirme un <em>continu en soi<\/em>, alors que nous ne sommes toujours qu\u2019en face du discontinu de notre exp\u00e9rience<sup class=\"modern-footnotes-footnote \" data-mfn=\"4\" data-mfn-post-scope=\"000000004a399a390000000070c66c6e_428\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-000000004a399a390000000070c66c6e_428-4\">4<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-000000004a399a390000000070c66c6e_428-4\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"4\"><em>Ibid.<\/em>, p.&nbsp;42.<\/span>&nbsp;\u00bb En somme, et pour d\u00e9tourner la formule platonicienne, Bachelard ne croit pas \u00e0 cette \u00ab&nbsp;image immobile de l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 mobile&nbsp;\u00bb qu\u2019est la dur\u00e9e bergsonienne. Le renversement s\u2019op\u00e8re ici sous la forme d\u2019un chiasme&nbsp;: ce n\u2019est pas le temps qui aurait \u00e9t\u00e9 invent\u00e9 \u00e0 partir de la dur\u00e9e, mais la dur\u00e9e \u00e0 partir du temps, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 partir de l\u2019instant. Ainsi \u00ab&nbsp;le probl\u00e8me changerait de sens si nous consid\u00e9rions la construction r\u00e9elle du temps \u00e0 partir des instants, au lieu de sa division toujours factice \u00e0 partir de la dur\u00e9e. Nous verrions alors que le temps se multiplie sur le sch\u00e8me des correspondances num\u00e9riques, loin de se diviser sur le sch\u00e8me du morcelage d\u2019un continu<sup class=\"modern-footnotes-footnote \" data-mfn=\"5\" data-mfn-post-scope=\"000000004a399a390000000070c66c6e_428\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-000000004a399a390000000070c66c6e_428-5\">5<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-000000004a399a390000000070c66c6e_428-5\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"5\"><em>Idem.<\/em><\/span>.&nbsp;\u00bb&nbsp;Car Bergson pense le temps objectif sur le mode du morcellement&nbsp;: une continuit\u00e9 essentielle (la dur\u00e9e) est parasit\u00e9e par une division objective (le temps). Pour Bachelard, au contraire, c\u2019est dans la discontinuit\u00e9 radicale que r\u00e9side l\u2019essence du temps. Le temps ne se remarque que par ses instants car il n\u2019est qu\u2019instant. Ainsi, d\u00e8s le troisi\u00e8me chapitre de l\u2019<em>Intuition de l\u2019instant<\/em>, la sentence est d\u00e9finitive&nbsp;: \u00ab&nbsp;La dur\u00e9e n\u2019est qu\u2019un nombre dont l\u2019unit\u00e9 est l\u2019instant.&nbsp;\u00bb L&rsquo;analogie avec la perspective g\u00e9om\u00e9trique sert \u00e0 expliciter le propos : la dur\u00e9e s&rsquo;av\u00e8re \u00ab&nbsp;poussi\u00e8re d\u2019instants, mieux, un groupe de points qu\u2019un ph\u00e9nom\u00e8ne de perspective solidarise plus ou moins \u00e9troitement.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La physique radicale du temps<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le moment \u00e9ristique de l\u2019argumentation \u00e9tant achev\u00e9, il s\u2019agit d\u00e9sormais pour Bachelard d\u2019\u00e9tablir une physique du temps, qui puisse se passer de la repr\u00e9sentation abstraite d\u2019une dur\u00e9e non-physique. Pour ce faire, il s\u2019appuie sur la critique einsteinienne de la dur\u00e9e objective. La longueur de temps que Bergson voulait homog\u00e8ne et mesurable se r\u00e9v\u00e8le essentiellement relative \u00e0 la m\u00e9thode de mesure. C\u2019est sur ce fonds que Bachelard r\u00e9cuse l\u2019id\u00e9e d\u2019une perception distincte du temps que l\u2019on pourrait abstraire du mouvement et du repos des choses. Le temps n\u2019est pas une donn\u00e9e m\u00e9taphysique et n\u2019est jamais que \u00ab&nbsp;la quatri\u00e8me dimension de l\u2019espace&nbsp;\u00bb. Un philosophe contemporain ne saurait ignorer purement et simplement cet acquis incontestable de la physique moderne&nbsp;: \u00ab&nbsp;La relativit\u00e9 du laps de temps [ou&nbsp;: dur\u00e9e] pour les syst\u00e8mes en mouvement est d\u00e9sormais une donn\u00e9e scientifique [&#8230;] Par exemple tout le monde accorde que l\u2019exp\u00e9rience de dissolution d\u2019un morceau de sucre met en jeu la temp\u00e9rature&nbsp;? Eh bien, pour la science moderne elle met \u00e9galement en jeu la relativit\u00e9 du temps. On ne fait pas la \u00e0 la science sa part, il faut la prendre toute enti\u00e8re.&nbsp;\u00bb On peut lire dans la m\u00eame perspective ces lignes extraites de <em>La dialectique de la dur\u00e9e<\/em>&nbsp;: \u00ab&nbsp;La science contemporaine dispose de la variable temps comme de la variable espace&nbsp;; elle sait rendre le temps efficace ou inefficace \u00e0 propos de qualit\u00e9s distingu\u00e9es. Peu \u00e0 peu, quand la technique des fr\u00e9quences sera mieux connue, on arrivera \u00e0 peupler le temps d\u2019une mani\u00e8re discontinue comme l\u2019atomisme a peupl\u00e9 l\u2019espace<sup class=\"modern-footnotes-footnote \" data-mfn=\"6\" data-mfn-post-scope=\"000000004a399a390000000070c66c6e_428\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-000000004a399a390000000070c66c6e_428-6\">6<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-000000004a399a390000000070c66c6e_428-6\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"6\">Gaston Bachelard, <em>La dialectique de la dur\u00e9e<\/em>, Paris, PUF, 1963, p.&nbsp;60.<\/span>.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019intuition de l\u2019instant<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Bachelard propose en outre de saisir la r\u00e9alit\u00e9 premi\u00e8re et fondamentale de l\u2019instant objectif dans l\u2019exp\u00e9rience intuitive. Il d\u00e9veloppe pour ce faire deux exemple bien distincts&nbsp;: l\u2019instant douloureux et l\u2019instant d\u2019attention. \u00ab&nbsp;Quand survient l\u2019instant d\u00e9chirant o\u00f9 un \u00eatre cher ferme les yeux, imm\u00e9diatement on sent avec quelle nouveaut\u00e9 hostile l\u2019instant suivant assaille notre c\u0153ur<sup class=\"modern-footnotes-footnote \" data-mfn=\"7\" data-mfn-post-scope=\"000000004a399a390000000070c66c6e_428\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-000000004a399a390000000070c66c6e_428-7\">7<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-000000004a399a390000000070c66c6e_428-7\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"7\">Gaston Bachelard, <em>L\u2019Intuition de l\u2019instant<\/em>, p.&nbsp;15.<\/span>.&nbsp;\u00bb&nbsp;Le fardeau du Temps se fait insoutenable, \u00ab&nbsp;d\u00e9chirant&nbsp;\u00bb, proprement discontinu. Il entraine l\u2019homme dans sa chute, comme l\u2019\u00e9voque ce tercet de Georges Bataille&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><small>Le temps m\u2019oppresse je tombe<br>Et je glisse sur les genoux<br>Mes mains t\u00e2tent la nuit<sup class=\"modern-footnotes-footnote \" data-mfn=\"8\" data-mfn-post-scope=\"000000004a399a390000000070c66c6e_428\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-000000004a399a390000000070c66c6e_428-8\">8<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-000000004a399a390000000070c66c6e_428-8\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"8\">Georges Bataille, \u00ab&nbsp;Le Tombeau&nbsp;\u00bb, II, l\u2019<em>Archang\u00e9lique<\/em>, Paris, Gallimard, 1967, p. 33<\/span>.<\/small><\/p>\n\n\n\n<p>Quant \u00e0 la singularit\u00e9 intensive de l\u2019instant d\u2019attention, elle nous est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e par une \u00ab&nbsp;Psychologie de la volont\u00e9 et de l\u2019attention&nbsp;\u00bb&nbsp;: \u00ab&nbsp;Avec la dur\u00e9e, on ne peut mesurer que l\u2019attente, non pas l\u2019<em>attention<\/em> elle-m\u00eame qui re\u00e7oit toute sa valeur dans un seul instant<sup class=\"modern-footnotes-footnote \" data-mfn=\"9\" data-mfn-post-scope=\"000000004a399a390000000070c66c6e_428\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-000000004a399a390000000070c66c6e_428-9\">9<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-000000004a399a390000000070c66c6e_428-9\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"9\">Gaston Bachelard, <em>L\u2019Intuition de l\u2019instant<\/em>, p.&nbsp;35.<\/span>.&nbsp;\u00bb&nbsp;Il y aurait ici \u00e0 creuser l&rsquo;importante de l&rsquo;<em>attention au monde<\/em> dans l&rsquo;\u00e9conomie de l&rsquo;\u0153uvre bachelardienne, en la mettant en perspective avec la d\u00e9finition qu&rsquo;en donne Simone Weil dans <em>La Pesanteur et la Gr\u00e2ce<\/em>, puisqu&rsquo;elle conf\u00e8re \u00e0 cette notion une triple valeur, \u00e0 la fois morale, esth\u00e9tique et religieuse.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans son opuscule <em>La flamme d\u2019une chandelle<\/em>, Bachelard d\u00e9veloppe l\u2019image de l\u2019\u00e9tudiant qui concentre toute sa volont\u00e9 sur son objet d\u2019\u00e9tude&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><small>\u00ab&nbsp;Seul, la nuit, avec un livre \u00e9clair\u00e9 par une chandelle \u2015 livre et chandelle, double \u00eelot de lumi\u00e8re, contre les doubles t\u00e9n\u00e8bres de l\u2019esprit et de la nuit.<br>J\u2019\u00e9tudie&nbsp;! Je ne suis que le sujet du verbe \u00e9tudier.<br>Penser je n\u2019ose.<br>Avant de penser, il faut \u00e9tudier.<br>Seuls les philosophes pensent avant d\u2019\u00e9tudier<sup class=\"modern-footnotes-footnote \" data-mfn=\"10\" data-mfn-post-scope=\"000000004a399a390000000070c66c6e_428\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-000000004a399a390000000070c66c6e_428-10\">10<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-000000004a399a390000000070c66c6e_428-10\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"10\">Gaston Bachelard, <em>La flamme d\u2019une chandelle<\/em>, Paris, PUF, 1961, p. 55<\/span>.&nbsp;\u00bb<\/small><\/p>\n\n\n\n<p>On comprend d\u00e8s lors ce que Bachelard entend par l\u2019\u00ab&nbsp;attention pure&nbsp;\u00bb&nbsp;: une contention extr\u00eame de l\u2019esprit, qui se traduit presque naturellement par une tension formelle que souligne le retour \u00e0 la ligne dans le texte original \u2015 on pourrait presque dire que l\u2019\u00e9criture du philosophe baralbin emprunte ici la forme du vers.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 cette double exp\u00e9rience de la douleur et de l\u2019attention charg\u00e9e de nous convaincre de la r\u00e9alit\u00e9 premi\u00e8re de l\u2019instant, Bachelard ajoute la remarque suivante&nbsp;: \u00ab&nbsp;Si notre c\u0153ur \u00e9tait assez large pour aimer la vie dans son d\u00e9tail, nous verrions que tous les instants sont \u00e0 la fois des donateurs et des spoliateurs et qu\u2019une nouveaut\u00e9 jeune ou tragique, toujours soudaine, ne cesse d\u2019illustrer la discontinuit\u00e9 essentielle du temps<sup class=\"modern-footnotes-footnote \" data-mfn=\"11\" data-mfn-post-scope=\"000000004a399a390000000070c66c6e_428\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-000000004a399a390000000070c66c6e_428-11\">11<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-000000004a399a390000000070c66c6e_428-11\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"11\">Gaston Bachelard, L\u2019Intuition de l\u2019instant, p.&nbsp;15.<\/span>.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Mais si l\u2019instant demeure une r\u00e9alit\u00e9 ind\u00e9passable sur le plan quantitatif \u2015 car il ne saurait y avoir de \u00ab&nbsp;dur\u00e9e&nbsp;\u00bb mais seulement des instants qui se succ\u00e8dent et s\u2019an\u00e9antissent \u2015 est-ce \u00e0 dire pour autant qu\u2019il n\u2019y a aucune diff\u00e9rence qualitative entre les diff\u00e9rents instants qui composent une journ\u00e9e&nbsp;? Certes non. Car c\u2019est seulement l\u2019id\u00e9e de dur\u00e9e qui \u00e9galise et abrase l\u2019instant v\u00e9cu pour en faire une r\u00e9alit\u00e9 d\u00e9grad\u00e9e. L\u2019intuition de l\u2019instant v\u00e9cu nous montre, tout au contraire, combien des instants, pour autant qu\u2019ils demeurent \u00e9trangers les uns aux autres comme des atomes s\u00e9par\u00e9s par du vide, peuvent s&rsquo;av\u00e9rer diff\u00e9rents, combien ils peuvent \u00eatre plus ou moins riches, plus ou moins denses, lourds ou l\u00e9gers, joyeux ou tristes.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le ph\u00e9nom\u00e8ne de condensation instantan\u00e9e<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Cueille l\u2019instant&nbsp;\u00bb aurait pu constituer le titre de ce paragraphe tant la conception bachelardienne du temps rejoint celle des \u00e9picuriens. \u00ab&nbsp;Le temps infini contient un plaisir \u00e9gal \u00e0 celui du temps limit\u00e9, si de ce plaisir on mesure les limites par la raison&nbsp;\u00bb, affirmait le sage du Jardin. Une telle assertation ne laisse pas de nous surprendre. Comment un temps fini pourrait-il contenir autant de plaisir qu\u2019un temps infini&nbsp;? Grande \u00e9nigme, et qui ferait froncer les sourcils de plus d\u2019un th\u00e9ologien. Bachelard nous livre une partie de la r\u00e9ponse dans les derni\u00e8res lignes de L\u2019<em>Intuition de l\u2019instant<\/em> :<\/p>\n\n\n\n<p><small>\u00ab&nbsp;Toute la force du temps se condense dans l\u2019instant novateur o\u00f9 la vue se dessille, pr\u00e8s de la fontaine de Silo\u00eb, sous le toucher d\u2019un divin r\u00e9dempteur qui nous donne d\u2019un m\u00eame geste la joie et la raison, et le moyen d\u2019\u00eatre \u00e9ternel par la v\u00e9rit\u00e9 et la bont\u00e9.&nbsp;\u00bb<\/small><\/p>\n\n\n\n<p>On pourrait \u00e0 premi\u00e8re vue craindre une forme de grandiloquence, tendance \u00e0 laquelle Bachelard, aussi subtil que soit son verbe, sacrifie par moments. Mais dans ces lignes empreintes de myst\u00e8re et de solennit\u00e9 chaque mot se trouve pes\u00e9 avec soin. Il s\u2019agit bien de conna\u00eetre \u00ab&nbsp;la joie et la raison&nbsp;\u00bb ainsi que de devenir \u00e9ternel. Et le propos acquiert plus de clart\u00e9 si on l&rsquo;inscrit dans une perspective spinoziste, en lien avec la connaissance du troisi\u00e8me genre comme exp\u00e9rience de l\u2019\u00e9ternit\u00e9 de l\u2019Amour intellectuel de Dieu<sup class=\"modern-footnotes-footnote \" data-mfn=\"12\" data-mfn-post-scope=\"000000004a399a390000000070c66c6e_428\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-000000004a399a390000000070c66c6e_428-12\">12<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-000000004a399a390000000070c66c6e_428-12\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"12\">Spinoza, proposition XXXIII du dernier livre de l\u2019Ethique&nbsp;: \u00ab&nbsp;De la libert\u00e9 humaine&nbsp;\u00bb.<\/span>. La r\u00e9ponse au probl\u00e8me serait ainsi contenue dans l\u2019\u00e9nonc\u00e9 : le moyen d\u2019\u00eatre \u00e9ternel n\u2019est autre que la capacit\u00e9 \u00e0 faire que \u00ab&nbsp;la force du temps se condense&nbsp;\u00bb. Vivre \u00ab&nbsp;plus&nbsp;\u00bb ce n\u2019est pas vivre plus longtemps mais c\u2019est vivre mieux, conna\u00eetre un suppl\u00e9ment d\u2019\u00eatre par l&rsquo;intensit\u00e9 m\u00eame du pr\u00e9sent. De l\u00e0 l\u2019inversion propos\u00e9e par Bachelard dans son article intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;Instant po\u00e9tique et instant m\u00e9taphysique<sup class=\"modern-footnotes-footnote \" data-mfn=\"13\" data-mfn-post-scope=\"000000004a399a390000000070c66c6e_428\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-000000004a399a390000000070c66c6e_428-13\">13<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-000000004a399a390000000070c66c6e_428-13\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"13\">Gaston Bachelard, Le droit de r\u00eaver, \u00ab&nbsp;Instant po\u00e9tique et instant m\u00e9taphysique&nbsp;\u00bb, Paris, PUF, 1943.<\/span>&nbsp;\u00bb&nbsp;: le temps doit parfois se faire \u00ab&nbsp;vertical&nbsp;\u00bb et non plus simplement \u00ab&nbsp;horizontal&nbsp;\u00bb. L\u2019\u00e9ternit\u00e9 ne sera pas extensive, comme une somme de parties identiques dispos\u00e9es les unes \u00e0 cot\u00e9 des autres, mais bien plut\u00f4t intensive \u2015 au sens o\u00f9 Spinoza parlait de \u00ab&nbsp;quantit\u00e9s intensives&nbsp;\u00bb dans la c\u00e9l\u00e8bre lettre 12 \u00e0 Meyer dite \u00ab&nbsp;Lettre sur l\u2019infini&nbsp;\u00bb. Toute l\u2019\u00e9thique de l\u2019instant v\u00e9cu consistera alors \u00e0 donner \u00e0 l\u2019instantan\u00e9 les couleurs et le go\u00fbt de l\u2019\u00e9ternit\u00e9. \u00ab&nbsp;Condenser&nbsp;\u00bb le temps c\u2019est d\u2019abord pr\u00eater au pr\u00e9sent les r\u00e9sonances du pass\u00e9, de notre plus lointain pass\u00e9. C\u2019est faire jouer les \u00ab&nbsp;correspondances&nbsp;\u00bb dans le temps comme on peut les faire jouer dans l\u2019espace. C\u2019est retrouver \u00ab&nbsp;le vert paradis des amours enfantines&nbsp;\u00bb qu&rsquo;\u00e9voque Charles Baudelaire. Pour un r\u00eaveur d\u2019avenir comme Ren\u00e9 Char, ce sera aussi \u00ab&nbsp;trouver du nouveau&nbsp;\u00bb, trouver \u00ab&nbsp;l\u2019instant novateur&nbsp;\u00bb&nbsp;: \u00ab&nbsp;\u00c0 chaque effondrement des preuves, le po\u00e8te r\u00e9pond par des salves d\u2019avenir<small><sup class=\"modern-footnotes-footnote \" data-mfn=\"14\" data-mfn-post-scope=\"000000004a399a390000000070c66c6e_428\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-000000004a399a390000000070c66c6e_428-14\">14<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-000000004a399a390000000070c66c6e_428-14\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"14\">Ren\u00e9 Char, <em>Fureur et myst\u00e8re<\/em>, <em>Seuls demeurent<\/em>, \u00ab&nbsp;Partage formel&nbsp;\u00bb, Paris, Gallimard, p.&nbsp;167.<\/span><\/small>.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>La condensation du temps appara\u00eet donc, tout uniment, comme une \u00ab&nbsp;recherche de la base et du sommet&nbsp;\u00bb. Au del\u00e0 du sens psychanalytique du terme qui n\u2019est pas sans int\u00e9r\u00eat, il faut presque entendre le mot \u00ab&nbsp;condensation&nbsp;\u00bb dans le sens qu\u2019il rev\u00eat en chimie&nbsp;; il s\u2019agit de rendre solide, d\u2019amener \u00e0 l\u2019\u00eatre-solide un \u00e9l\u00e9ment aussi volatil que le temps. Il y faut tout un art du progr\u00e8s qualitatif de vivre. Il y faut cette alchimie que l\u2019on s&rsquo;est parfois risqu\u00e9 \u00e0 appeler \u00ab&nbsp;sagesse&nbsp;\u00bb. C\u2019est donc bien la densit\u00e9 singuli\u00e8re d\u2019un \u00ab&nbsp;grand instant<sup class=\"modern-footnotes-footnote \" data-mfn=\"15\" data-mfn-post-scope=\"000000004a399a390000000070c66c6e_428\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-000000004a399a390000000070c66c6e_428-15\">15<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-000000004a399a390000000070c66c6e_428-15\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"15\">Olivier Barbarant, <em>Un grand instant<\/em>, Ceyz\u00e9rieu, Champ Vallon, 2019, 136&nbsp;p.<\/span>, tout en nuances, tout en \u00ab&nbsp;diff\u00e9rences&nbsp;\u00bb, qu\u2019\u00e0 red\u00e9couvert Bachelard. Ce qui fait, en somme, la valeur d\u2019un instant n\u2019est pas son inscription \u00e9vanescente dans une Dur\u00e9e majuscule mais c\u2019est sa <em>densit\u00e9<\/em> qui lui permet de prendre corps et d\u2019\u00eatre vraiment cueilli \u00e0 l\u2019arbre de la vie, et go\u00fbt\u00e9 dans la richesse nouvelle de son suc ainsi que l\u2019on go\u00fbte un fruit d\u00e9fendu. On le comprend&nbsp;: un instant v\u00e9cu est toujours plus qu\u2019un instant. En ce sens Proust n\u2019est pas si bergsonien qui \u00e9crivait dans <em>Le Temps retrouv\u00e9<\/em>&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><small>\u00ab&nbsp;Une heure n\u2019est pas qu\u2019une heure. C\u2019est un vase rempli de parfums, de sons, de projets et de climats.&nbsp;\u00bb<\/small><\/p>\n\n\n\n<p>Ce que soutient Bachelard c\u2019est qu\u2019il n\u2019appartient qu\u2019\u00e0 nous de faire d\u2019un instant un tel condensat de r\u00e9el. Un exemple de temps condens\u00e9 nous est livr\u00e9 dans un passage de <em>La flamme d\u2019une chandelle<\/em>. Bachelard y critique le r\u00e8gne de l\u2019ampoule \u00e9lectrique, \u00ab&nbsp;l\u2019\u00e8re de la lumi\u00e8re administr\u00e9e&nbsp;\u00bb qui \u00ab&nbsp;ne nous donnera jamais les r\u00eaveries de cette lampe vivante qui, avec de l\u2019huile, faisait de la lumi\u00e8re.&nbsp;\u00bb Le geste d\u2019allumer l\u2019interrupteur que nous accomplissons chaque jour ne permet pas que se d\u00e9ploie toute la valeur d\u2019un instant. \u00ab&nbsp;Entre les deux univers de t\u00e9n\u00e8bres et de lumi\u00e8res, il n\u2019y a qu\u2019un instant sans r\u00e9alit\u00e9, un instant bergsonien, un instant d\u2019intellectuel. L\u2019instant avait plus de drame quand la lampe \u00e9tait plus humaine<sup class=\"modern-footnotes-footnote \" data-mfn=\"16\" data-mfn-post-scope=\"000000004a399a390000000070c66c6e_428\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-000000004a399a390000000070c66c6e_428-16\">16<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-000000004a399a390000000070c66c6e_428-16\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"16\">Gaston Bachelard, <em>La flamme d\u2019une chandelle<\/em>, Paris, PUF, p. 91.<\/span>.&nbsp;\u00bb Alors le philosophe ajoute, sur un ton teint\u00e9 de nostalgie&nbsp;: \u00ab&nbsp;Nous ne sommes plus que le sujet m\u00e9canique d\u2019un geste m\u00e9canique. Nous ne pouvons pas profiter de cet acte pour nous constituer, en un orgueil l\u00e9gitime comme le sujet du verbe allumer.&nbsp;\u00bb C\u2019est l\u00e0 le geste de l\u2019homme moderne qui ne cherche pas, \u00e0 la diff\u00e9rence du po\u00e8te, \u00e0 renouer ce contact intime, presque secret, de l\u2019homme avec choses qui l\u2019entourent.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, l\u2019\u00e9thique bachelardienne de l\u2019instant v\u00e9cu esquisse des chemins qui nous invitent, pour reprendre le mot de H\u00f6lderlin, \u00e0 \u00ab&nbsp;habiter po\u00e9tiquement&nbsp;\u00bb non seulement le monde, mais \u00e9galement le temps. Solidifi\u00e9, condens\u00e9, l\u2019instant restera non pas inscrit dans l\u2019\u00eatre-m\u00e9moire bergsonien mais \u00ab&nbsp;exinscrit&nbsp;\u00bb \u00e0 l\u2019\u00eatre-vivant, ou plut\u00f4t \u00ab&nbsp;co-inscrit \u00e0 l\u2019\u00eatre&nbsp;\u00bb, comme une nuance musicale dans la marge de notre existence. Qu\u2019est-ce donc alors, dans une telle perspective, que l&rsquo;acte du souvenir&nbsp;? C\u2019est \u00ab&nbsp;partir \u00e0 la recherche des <em>instants<\/em> perdus<sup class=\"modern-footnotes-footnote \" data-mfn=\"17\" data-mfn-post-scope=\"000000004a399a390000000070c66c6e_428\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-000000004a399a390000000070c66c6e_428-17\">17<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-000000004a399a390000000070c66c6e_428-17\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"17\">Gaston Bachelard,<em> L\u2019Intuition de l\u2019instant<\/em>, p.&nbsp;47. C&rsquo;est nous qui soulignons.<\/span>&nbsp;\u00bb, car une dur\u00e9e ne saurait en aucun cas faire l\u2019objet d\u2019une r\u00e9miniscence. Nous ne nous souvenons pas, \u00e0 proprement parler, d\u2019une semaine ou d\u2019un mois, mais toujours d\u2019un instant pr\u00e9cis dans sa densit\u00e9 plurielle et in\u00e9puisable, proprement \u00e9ternelle.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La dialectique de l\u2019\u00e9veil et du repos<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Quatre ann\u00e9es apr\u00e8s la parution de l\u2019<em>Intuition de l\u2019instant<\/em>, Bachelard publie un autre livre consacr\u00e9 \u00e0 la notion de temps&nbsp;: <em>La dialectique de la dur\u00e9e<\/em>. Dans la continuit\u00e9 de sa pr\u00e9c\u00e9dente d\u00e9monstration, il entreprend d\u2019y d\u00e9montrer que l\u2019essence de ce que nous appelons \u00ab&nbsp;dur\u00e9e&nbsp;\u00bb n\u2019est pas seulement discontinue mais, bien plus, <em>dialectique<\/em>. C\u2019est-\u00e0-dire que, contrairement \u00e0 ce qu\u2019avan\u00e7ait Bergson, la dur\u00e9e est n\u00e9cessairement <em>h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne<\/em>&nbsp;: elle comporte des moments n\u00e9gatifs que l\u2019on pourrait appeler \u00ab&nbsp;intervalles&nbsp;\u00bb et des moments de pleine consistance qui s&rsquo;y opposent. La dur\u00e9e homog\u00e8ne n\u2019est ainsi jamais, aux yeux de l\u2019\u00eatre vivant, qu\u2019une forme d&rsquo;abstraction. C\u2019est pourquoi Bachelard d\u00e9clare qu\u2019une \u00ab&nbsp;description temporelle du psychisme comporte la n\u00e9cessit\u00e9 de poser des lacunes.&nbsp;\u00bb On pourrait, par analogie, d\u00e9crire la physique bachelardienne du temps comme une th\u00e9orie atomiste. Lui m\u00eame n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 s\u2019en r\u00e9clamer. En ce sens, l\u00e0 encore, Bachelard s&rsquo;av\u00e8re profond\u00e9ment \u00e9picurien : la filiation entre \u00c9picure et Bachelard semble une piste f\u00e9conde \u00e0 explorer \u00e0 divers titres.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un article publi\u00e9 en 2002, le sp\u00e9cialiste de philosophie antique Pierre-Marie Morel cherche \u00e0 d\u00e9gager, \u00e0 partir de sources pour le moins disparates, une conception \u00e9picurienne du temps. Les conclusions qu\u2019il tire ne sont pas sans rappeler, \u00e0 plusieurs \u00e9gards, la th\u00e9orie expos\u00e9e ci-devant. \u00ab&nbsp;Mon hypoth\u00e8se, \u00e9crit Pierre-Marie Morel, est que le d\u00e9faut d\u2019unit\u00e9 du [mode de r\u00e9alit\u00e9 du temps] n\u2019est pas un probl\u00e8me gnos\u00e9ologique, la cons\u00e9quences des difficult\u00e9s que nous \u00e9prouvons \u00e0 d\u00e9finir le temps, mais bien un d\u00e9faut r\u00e9el<sup class=\"modern-footnotes-footnote \" data-mfn=\"18\" data-mfn-post-scope=\"000000004a399a390000000070c66c6e_428\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-000000004a399a390000000070c66c6e_428-18\">18<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-000000004a399a390000000070c66c6e_428-18\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"18\">Pierre-Marie Morel, \u00ab&nbsp;Les ambigu\u00eft\u00e9s de la conception \u00e9picurienne du temps&nbsp;\u00bb, <em>Revue philosophique de la France et de l\u2019\u00e9tranger<\/em>, 2002\/2, 127\/2, p. 195-211. C\u2019est nous qui soulignons.<\/span>.&nbsp;\u00bb&nbsp;On retrouve ici l\u2019id\u00e9e de l\u2019h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 du temps objectif qui r\u00e9pugnait tant \u00e0 Bergson. Longtemps avant Bachelard, \u00c9picure avait donc men\u00e9 une critique de l\u2019id\u00e9e de dur\u00e9e. C\u2019est du moins le constat que fait Pierre-Marie Morel&nbsp;: \u00ab&nbsp;Il faut donc prendre \u00e0 la lettre le pluriel du texte parall\u00e8le d\u2019\u00c9picure&nbsp;: <em>les temps<\/em> observ\u00e9s par la raison sont effectivement multiples et ne sauraient constituer, comme par agr\u00e9gation, un temps unique qui en serait la synth\u00e8se. La somme, illimit\u00e9e, des temps atomiques ne constituera jamais un unique temps global et le temps ainsi con\u00e7u n\u2019a d\u2019unit\u00e9 que g\u00e9n\u00e9rique. Cette dispersion du temps rend en tous cas illusoire la recherche d\u2019un temps de r\u00e9f\u00e9rence susceptible de valoir comme unit\u00e9 de mesure.&nbsp;\u00bb \u00c9picure ne s\u2019opposait pas \u00e0 Bergson mais \u00e0 celui dont ce dernier tire nombre de ses \u00ab&nbsp;intuitions&nbsp;\u00bb : Aristote, qui d\u00e9finissait le temps objectif par le mouvement, comme \u00ab&nbsp;nombre d\u2019un mouvement selon l\u2019ant\u00e9rieur et le post\u00e9rieur&nbsp;\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire, pour le traduire \u00e0 l\u2019aide d\u2019une m\u00e9taphore bergsonienne, comme le nombre du mouvement d\u2019une aiguille sur le cadran d\u2019une horloge. Contre Aristote, \u00c9picure affirme que le temps constitue une succession de mouvements et de repos&nbsp;: il conf\u00e8re au repos une r\u00e9alit\u00e9 temporelle positive. L\u2019aristot\u00e9lisme de Bergson est une question d\u00e9battue par la critique<sup class=\"modern-footnotes-footnote \" data-mfn=\"19\" data-mfn-post-scope=\"000000004a399a390000000070c66c6e_428\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-000000004a399a390000000070c66c6e_428-19\">19<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-000000004a399a390000000070c66c6e_428-19\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"19\">Romuald Waszkinel, \u00ab L&rsquo;inspiration aristot\u00e9licienne de la m\u00e9taphysique de Bergson&nbsp;\u00bb, Louvain, Revue Philosophique de Louvain, 1991, 82, p. 211-242, https:\/\/www.persee.fr\/doc\/phlou_0035-3841_1991_num_89_82_6680<\/span>, et c\u2019est sur le lien entre les deux \u00ab&nbsp;physiques du temps&nbsp;\u00bb qu\u2019il nous faut concentrer notre analyse. \u00ab&nbsp;Sans doute n\u2019est il pas indiff\u00e9rent, poursuit Pierre-Marie Morel, qu\u2019\u00c9picure mette le repos sur le m\u00eame plan que le mouvement et qu\u2019il rapporte la perception du temps \u00e0 des couples contraires. Il n\u2019est pas impossible qu\u2019il veuille ainsi sugg\u00e9rer que le temps se caract\u00e9rise, non pas par une illusoire continuit\u00e9 du mouvement, mais par l\u2019alternance des phases \u00e9v\u00e9nementielles, \u00e9ventuellement contraires, et par les ruptures qui marquent leur succession.&nbsp;\u00bb Nous sommes ici en pr\u00e9sence d\u2019une th\u00e9orie dialectique de la dur\u00e9e telle qu\u2019elle est d\u00e9fendue par Bachelard dans les ouvrages qui int\u00e9ressent notre propos. Comme chez \u00c9picure, la physique du temps adopte une finalit\u00e9 \u00e9thique. La discontinuit\u00e9 temporelle fonde une certaine tranquillit\u00e9&nbsp;: elle dispose d&rsquo;une vertu prophylactique qui peut nous lib\u00e9rer tout \u00e0 la fois de la crainte de l\u2019avenir et du poids du pass\u00e9. Elle permet l\u2019\u00ab&nbsp;oubli&nbsp;\u00bb, la vie intempestive, qui repr\u00e9sente, selon Nietzsche, la facult\u00e9 premi\u00e8re du surhomme, ce danseur d\u2019avenir. Et l\u2019on pourrait dire de Bachelard la m\u00eame chose que ce qu&rsquo;\u00e9crit Pierre-Marie Morel \u00e0 propos d\u2019\u00c9picure&nbsp;: \u00ab&nbsp;Contre les inqui\u00e9tudes li\u00e9es \u00e0 la temporalit\u00e9, et en se conformant au langage ordinaire, il invite \u00e0 s\u2019en tenir \u00e0 une repr\u00e9sentation du temps qui, par son imm\u00e9diatet\u00e9, est aussi une promesse de bonheur.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Mais alors, en quoi r\u00e9side plus sp\u00e9cifiquement l&rsquo;apport de Bachelard aux vues de la physique \u00e9picurienne&nbsp;? Nous croyons les trouver dans les notions d\u2019\u00e9veil et de repos. Il est remarquable en effet que, dans <em>La dialectique de la dur\u00e9e,<\/em> Bachelard n\u2019ait de cesse de faire jouer ensemble le couple du mouvement et du repos et celui de l&rsquo;\u00e9veil et repos. Ce jeu peut nous \u00e9clairer sur la nature de ces \u00ab&nbsp;lacunes&nbsp;\u00bb constitutives de ce qu\u2019est le temps. Les lacunes (ou discontinuit\u00e9s) sont bien des \u00ab&nbsp;repos&nbsp;\u00bb, non au sens militaire, mais au sens grammatical du terme qui nous enseigne qu\u2019un point, qu\u2019une virgule, servent \u00e0 reposer la voix. De m\u00eame la ponctuation r\u00e9alise la dialectique d\u2019une \u00e9criture, de m\u00eame le repos \u2014&nbsp;la sieste, la d\u00e9tente, le souverain <em>farniente<\/em>&#8230; !&nbsp;\u2014 r\u00e9alise la dialectique de la dur\u00e9e. \u00ab&nbsp;Il faut donner du rel\u00e2che \u00e0 l&rsquo;esprit<sup class=\"modern-footnotes-footnote \" data-mfn=\"20\" data-mfn-post-scope=\"000000004a399a390000000070c66c6e_428\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-000000004a399a390000000070c66c6e_428-20\">20<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-000000004a399a390000000070c66c6e_428-20\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"20\">&nbsp;\u00ab&nbsp;Danda est animis remissio.&nbsp;\u00bb (S\u00e9n\u00e8que, De la tranquilit\u00e9 de l&rsquo;\u00e2me, 2)<\/span>.&nbsp;\u00bb Le repos appara\u00eet tout simplement n\u00e9cessaire, au m\u00eame titre que le mouvement, et ce bien qu\u2019il soit la force qui le nie, bien qu\u2019il soit une \u00ab&nbsp;vaporisation d\u2019\u00eatre&nbsp;\u00bb plut\u00f4t qu\u2019une concentration. Et nous pensons que Bachelard ne veut pas dire autre chose lorsqu\u2019il annonce dans l\u2019avant-propos de la<em> Dialectique de la dur\u00e9e<\/em> sa conviction que \u00ab&nbsp;le repos est inscrit au c\u0153ur de l\u2019\u00eatre, que nous devons le sentir au fond m\u00eame de notre \u00eatre, intimement m\u00eal\u00e9 au devenir imparti \u00e0 notre \u00eatre, au niveau m\u00eame de la r\u00e9alit\u00e9 temporelle sur laquelle s\u2019appuient notre conscience et notre personne.&nbsp;\u00bb La dialectique propre \u00e0 la dur\u00e9e n\u2019est donc pas une dialectique dichotomique qui verrait s\u2019opposer deux d\u00e9terminations logiques absolues. Il s\u2019agit d\u2019une dialectique de forces subtiles, d\u2019une dialectique h\u00e9raclit\u00e9enne.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette dialectique de la diff\u00e9rence, Bachelard entend la penser comme un rythme&nbsp;: \u00ab&nbsp;Le rythme est vraiment la seule mani\u00e8re de discipliner et de conserver les \u00e9nergies les plus diverses. Il est la base de la dynamique vitale et de la dynamique psychique. Le rythme \u2015 et non pas la m\u00e9lodie trop complexe \u2015 peut fournir les v\u00e9ritables m\u00e9taphores d\u2019une philosophie de la dur\u00e9e<sup class=\"modern-footnotes-footnote \" data-mfn=\"21\" data-mfn-post-scope=\"000000004a399a390000000070c66c6e_428\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-000000004a399a390000000070c66c6e_428-21\">21<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-000000004a399a390000000070c66c6e_428-21\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"21\">Gaston Bachelard, <em>La dialectique de la dur\u00e9e<\/em>, p.&nbsp;128.<\/span>.&nbsp;\u00bb&nbsp;On comprend, dans ces conditions, l\u2019engouement de Bachelard pour les travaux de Lucio Alberto Pinheiro dos Santos. Ce dernier est l\u2019auteur de trait\u00e9s physiques, biologiques et psychologiques qui proposent une th\u00e9orie scientifique du rythme&nbsp;: la rythmanalyse. Il nous est impossible d\u2019exposer ici en d\u00e9tail les th\u00e8ses de Pinheiro dos Santos qui m\u00e9riteraient un d\u00e9veloppement ind\u00e9pendant. Nous renvoyons donc notre lecteur aux derni\u00e8res pages de la <em>Dialectique de la dur\u00e9e<\/em> en l&rsquo;assurant qu\u2019il y trouvera mati\u00e8re \u00e0 penser et \u00e0 repenser le monde, la vie et l\u2019esprit. Il nous suffira, pour les besoins de notre pr\u00e9sente \u00e9tude, de retenir l\u2019aspect pol\u00e9mique de cette nouvelle science du rythme qui contredit tous les substantialismes qui veulent r\u00e9duire le temps \u00e0 une donn\u00e9e m\u00e9taphysique&nbsp;: \u00ab&nbsp;La mati\u00e8re n\u2019est pas \u00e9tal\u00e9e dans l\u2019espace, indiff\u00e9rente au temps&nbsp;; elle ne subsiste pas toute constante, tout inerte, dans une dur\u00e9e uniforme. [&#8230;] Elle est, non seulement sensible aux rythmes&nbsp;; elle <em>existe<\/em>, dans toute la force du terme, sur le plan du rythme, et le temps o\u00f9 elle d\u00e9veloppe certaines manifestations d\u00e9licates est un temps ondulant, temps qui n\u2019a qu\u2019une mani\u00e8re d\u2019\u00eatre uniforme&nbsp;: la r\u00e9gularit\u00e9 de sa fr\u00e9quence<sup class=\"modern-footnotes-footnote \" data-mfn=\"22\" data-mfn-post-scope=\"000000004a399a390000000070c66c6e_428\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-000000004a399a390000000070c66c6e_428-22\">22<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-000000004a399a390000000070c66c6e_428-22\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"22\"><em>Ibid<\/em>., p.&nbsp;130.<\/span>.&nbsp;\u00bb Toute l\u2019\u00e9thique de l\u2019instant v\u00e9cu, dont nous n\u2019avons livr\u00e9 jusqu\u2019ici qu\u2019une esquisse, pourra donc prendre la forme d&rsquo;une pratique personnelle du rythme de l\u2019\u00e9veil et du repos, d&rsquo;une libre \u00e9thique nos rythmes int\u00e9rieurs, d&rsquo;un travail exigeant de condensation et de dilatation, de tension, de d\u00e9tente, de concentration, et de sublimation de l\u2019\u00eatre.<\/p>\n<ul class=\"modern-footnotes-list modern-footnotes-list--hide-for-print\"><li><span>1<\/span><div>Gaston Bachelard, <em>L\u2019Intuition de l\u2019instant<\/em>, Paris, Stock, 1932.<\/div><\/li><li><span>2<\/span><div>Gaston Roupnel, <em>Silo\u00eb<\/em>, Paris, Stock, 1927. On voit l\u00e0 l&rsquo;illustration d&rsquo;une pratique toute bachelardienne consistant \u00e0 faire jouer \u00ab&nbsp;tout contre tout&nbsp;\u00bb, rep\u00e9r\u00e9e par Michel Foucault, m\u00eame si ce dernier la relie \u00e0 un antihumanisme assez \u00e9tranger au r\u00eaveur baralbin : \u00ab&nbsp;Ce qui me frappe beaucoup chez Bachelard, c&rsquo;est en quelque sorte qu&rsquo;il joue contre sa propre culture, avec sa propre culture. Dans l&rsquo;enseignement traditionnel &#8211; et pas seulement, dans l&rsquo;enseignement traditionnel, dans la culture que nous recevons &#8211; , il y a un certain nombre de valeurs \u00e9tablies, de choses qu&rsquo;il faut dire et d&rsquo;autres qu&rsquo;il ne faut pas dire, d&rsquo;oeuvres qui sont estimables et puis d&rsquo;autres qui sont n\u00e9gligeables, il y a les grands et les petits, il y a la hi\u00e9rarchie enfin, tout ce monde c\u00e9leste avec les Tr\u00f4nes, les Dominations, les Anges et les Archanges !\u2026 Tout \u00e7a est tr\u00e8s hi\u00e9rarchis\u00e9. Eh bien, Bachelard fait se d\u00e9prendre de tout cet ensemble de valeurs, et il fait s&rsquo;en d\u00e9prendre en lisant tout et en faisant jouer tout contre tout.&nbsp;\u00bb (Michel Foucault, \u00ab&nbsp;Pi\u00e9ger sa propre culture\u00bb, in \u00abGaston Bachelard, le philosophe et son ombre&nbsp;\u00bb, <em>Le Figaro litt\u00e9raire<\/em>, 1376, 30 septembre 1972, p. 16)<\/div><\/li><li><span>3<\/span><div>Gaston Bachelard, <em>L\u2019Intuition de l\u2019instant<\/em>, p.&nbsp;34.<\/div><\/li><li><span>4<\/span><div><em>Ibid.<\/em>, p.&nbsp;42.<\/div><\/li><li><span>5<\/span><div><em>Idem.<\/em><\/div><\/li><li><span>6<\/span><div>Gaston Bachelard, <em>La dialectique de la dur\u00e9e<\/em>, Paris, PUF, 1963, p.&nbsp;60.<\/div><\/li><li><span>7<\/span><div>Gaston Bachelard, <em>L\u2019Intuition de l\u2019instant<\/em>, p.&nbsp;15.<\/div><\/li><li><span>8<\/span><div>Georges Bataille, \u00ab&nbsp;Le Tombeau&nbsp;\u00bb, II, l\u2019<em>Archang\u00e9lique<\/em>, Paris, Gallimard, 1967, p. 33<\/div><\/li><li><span>9<\/span><div>Gaston Bachelard, <em>L\u2019Intuition de l\u2019instant<\/em>, p.&nbsp;35.<\/div><\/li><li><span>10<\/span><div>Gaston Bachelard, <em>La flamme d\u2019une chandelle<\/em>, Paris, PUF, 1961, p. 55<\/div><\/li><li><span>11<\/span><div>Gaston Bachelard, L\u2019Intuition de l\u2019instant, p.&nbsp;15.<\/div><\/li><li><span>12<\/span><div>Spinoza, proposition XXXIII du dernier livre de l\u2019Ethique&nbsp;: \u00ab&nbsp;De la libert\u00e9 humaine&nbsp;\u00bb.<\/div><\/li><li><span>13<\/span><div>Gaston Bachelard, Le droit de r\u00eaver, \u00ab&nbsp;Instant po\u00e9tique et instant m\u00e9taphysique&nbsp;\u00bb, Paris, PUF, 1943.<\/div><\/li><li><span>14<\/span><div>Ren\u00e9 Char, <em>Fureur et myst\u00e8re<\/em>, <em>Seuls demeurent<\/em>, \u00ab&nbsp;Partage formel&nbsp;\u00bb, Paris, Gallimard, p.&nbsp;167.<\/div><\/li><li><span>15<\/span><div>Olivier Barbarant, <em>Un grand instant<\/em>, Ceyz\u00e9rieu, Champ Vallon, 2019, 136&nbsp;p.<\/div><\/li><li><span>16<\/span><div>Gaston Bachelard, <em>La flamme d\u2019une chandelle<\/em>, Paris, PUF, p. 91.<\/div><\/li><li><span>17<\/span><div>Gaston Bachelard,<em> L\u2019Intuition de l\u2019instant<\/em>, p.&nbsp;47. C&rsquo;est nous qui soulignons.<\/div><\/li><li><span>18<\/span><div>Pierre-Marie Morel, \u00ab&nbsp;Les ambigu\u00eft\u00e9s de la conception \u00e9picurienne du temps&nbsp;\u00bb, <em>Revue philosophique de la France et de l\u2019\u00e9tranger<\/em>, 2002\/2, 127\/2, p. 195-211. C\u2019est nous qui soulignons.<\/div><\/li><li><span>19<\/span><div>Romuald Waszkinel, \u00ab L&rsquo;inspiration aristot\u00e9licienne de la m\u00e9taphysique de Bergson&nbsp;\u00bb, Louvain, Revue Philosophique de Louvain, 1991, 82, p. 211-242, https:\/\/www.persee.fr\/doc\/phlou_0035-3841_1991_num_89_82_6680<\/div><\/li><li><span>20<\/span><div>&nbsp;\u00ab&nbsp;Danda est animis remissio.&nbsp;\u00bb (S\u00e9n\u00e8que, De la tranquilit\u00e9 de l&rsquo;\u00e2me, 2)<\/div><\/li><li><span>21<\/span><div>Gaston Bachelard, <em>La dialectique de la dur\u00e9e<\/em>, p.&nbsp;128.<\/div><\/li><li><span>22<\/span><div><em>Ibid<\/em>., p.&nbsp;130.<\/div><\/li><\/ul>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Si l\u2019aspect \u00e9pist\u00e9mologique de l\u2019\u0153uvre de Gaston Bachelard, tout comme le volet de critique litt\u00e9raire,&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_editorskit_title_hidden":false,"_editorskit_reading_time":0,"_editorskit_is_block_options_detached":false,"_editorskit_block_options_position":"{}","advgb_blocks_editor_width":"","advgb_blocks_columns_visual_guide":"","_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":""},"categories":[8],"tags":[],"class_list":["post-428","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-voies-textes-critiques"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.4 - 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