{"id":432,"date":"2008-07-16T15:37:00","date_gmt":"2008-07-16T13:37:00","guid":{"rendered":"http:\/\/revuepolaire.com\/?p=432"},"modified":"2023-08-06T15:38:49","modified_gmt":"2023-08-06T13:38:49","slug":"du-nez-de-cyrano-ou-du-retour-dune-fin-de-siecle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/2008\/07\/16\/du-nez-de-cyrano-ou-du-retour-dune-fin-de-siecle\/","title":{"rendered":"Du \u00ab\u00a0nez\u00a0\u00bb de Cyrano ou du retour d\u2019une fin de si\u00e8cle"},"content":{"rendered":"\n<p><small>(\u2014 Pour ouvrir un d\u00e9bat&nbsp;?<br><br>\u2014&nbsp;\u00c0 chaque fin de si\u00e8cle, se repose le probl\u00e8me du corps.)<\/small><br><br><br>C\u2019est en 1897 qu\u2019Edmond Rostand (1868-1918) tombant dans les bras du cr\u00e9ateur du r\u00f4le de Cyrano, le com\u00e9dien Coquelin, d\u00e9clare en pleurant&nbsp;: \u00ab&nbsp;Pardon&nbsp;!\u2026 Ah&nbsp;! Pardonnez-moi, mon ami, de vous avoir entra\u00een\u00e9 dans cette d\u00e9sastreuse aventure&nbsp;!\u2026&nbsp;\u00bb Quelques heures plus tard, lors de la premi\u00e8re, le succ\u00e8s est tel, qu\u2019il est clair alors qu\u2019on ne saurait le comparer qu\u2019\u00e0 celui de la bataille d\u2019<em>Hernani<\/em> (1830) gagn\u00e9e par Hugo, quelques soixante-sept ans plus t\u00f4t, exactement cinquante-quatre ans apr\u00e8s l\u2019\u00e9chec cuisant (en 1843) du dernier drame romantique du m\u00eame Victor&nbsp;: <em>Les Burgraves<\/em>, \u2026un Victor qui, pour une fois, ne se vit gu\u00e8re victorieux.<br><br>\u2014&nbsp;Dernier drame romantique, disais-je&nbsp;? \u2014 Eh bien non, justement&nbsp;! Voil\u00e0&nbsp;: <em>Cyrano<\/em> en est bien le plus bel avatar tardif&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nb1\">1<\/a>]&nbsp;; Claudel, quoiqu\u2019on soit tent\u00e9 de le croire, m\u00eame avec sa premi\u00e8re version de <em>La Ville<\/em> (1890) ou son fameux <em>T\u00eate d\u2019or<\/em> (1889)<em>,<\/em> ne rivalisant pas avec Rostand sur ce plan.<br>Un tel succ\u00e8s, \u00e9videmment, ne saurait \u00eatre tout \u00e0 fait le fruit du seul hasard. Bien des \u00e9l\u00e9ments de la pi\u00e8ce, des caract\u00e9ristiques des h\u00e9ros propos\u00e9s \u00e0 l\u2019admiration du public, resitu\u00e9s dans leur contexte \u2014 historique&nbsp;: celui des mentalit\u00e9s, et, dans le contexte esth\u00e9tique aussi&nbsp;: celui des contradictions alors insolubles o\u00f9 se d\u00e9battaient le th\u00e9\u00e2tre et la po\u00e9sie (en France, j\u2019entends&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nb2\">2<\/a>]) \u2014 suffiraient \u00e0 l\u2019expliquer en partie.<br>Un critique de l\u2019\u00e9poque a salu\u00e9 la pi\u00e8ce comme&nbsp;: \u00ab&nbsp;une fanfare de pantalons rouges&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nb3\">3<\/a>].&nbsp;\u00bb Apr\u00e8s l\u2019h\u00e9catombe cruelle de 1870, chacun sait que la France connut la mont\u00e9e du nationalisme jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9clatement de 14&nbsp;; tout comme l\u2019Allemagne conna\u00eetra la sienne apr\u00e8s la d\u00e9faite, cruelle mais somme toute et somme faite bien m\u00e9rit\u00e9e, de 18&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nb4\">4<\/a>]. Cyrano, h\u00e9ros de type&nbsp;: \u00ab&nbsp;vaincu-vainqueur&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nb5\">5<\/a>]&nbsp;\u00bb, incarna, sans le vouloir, l\u2019esprit de revanche, celui du Fran\u00e7ais tr\u00e8s moyen, tel qu\u2019il se r\u00eave, s\u2019imagine&nbsp;: h\u00e2bleur, anarchiste et frondeur, rimeur et ferrailleur, amateur de femmes et \u00ab&nbsp;grand c\u0153ur&nbsp;\u00bb&nbsp;; d\u2019embl\u00e9e, il se reconnut en lui. Ce Fran\u00e7ais-moyen-l\u00e0, tr\u00e8s dat\u00e9 aujourd\u2019hui, connaissait, on le sait, des probl\u00e8mes d\u2019identit\u00e9 depuis la d\u00e9faite et la r\u00e9pression sanglante de la Commune&nbsp;: comme le prouve la tr\u00e8s raciste et tr\u00e8s honteuse affaire Dreyfus qui \u00e9clate en octobre 94&nbsp;; Zola ne publiant son fameux article&nbsp;: <em>j\u2019Accuse&nbsp;!\u2026 Lettre \u00e0 M.&nbsp;F\u00e9lix Faure.<\/em> que quatre ans plus tard, le 13 janvier 1898&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nb6\">6<\/a>].<br>La po\u00e9sie en 1897 est dans une impasse historique symbolis\u00e9e, si l\u2019on peut dire, par ce texte \u00e9trange et dernier de Mallarm\u00e9 (pape alors d\u00e9clinant du Symbolisme couchant)&nbsp;: <em>Un Coup de d\u00e9 jamais n\u2019abolira le hasard<\/em>. Dans ce po\u00e8me fleuve et prose, en effet, o\u00f9 dans la forme m\u00eame comme dans le sens, le texte po\u00e9tique \u00e9clate, la Po\u00e9sie, apr\u00e8s \u00ab&nbsp;le vertige&nbsp;\u00bb inconnu par Hugo \u00ab&nbsp;de la page blanche&nbsp;\u00bb, \u00e0 vrai dire implose litt\u00e9ralement. Publi\u00e9 cette m\u00eame ann\u00e9e 97, rejet\u00e9 par tous, incompris, ce texte, marque la fin d\u2019un cycle et d\u2019un h\u00e9ritage impossible&nbsp;: Hugo avec sa po\u00e9sie du Bien, Baudelaire avec sa po\u00e9sie du Mal, \u00e9taient \u00e0 ce point encombrants qu\u2019il ne restait aux po\u00e8tes, \u2014 apr\u00e8s le refuge illusoire de la surr\u00e9alit\u00e9 symboliste dans l\u2019arri\u00e8re-chambre de la forme&nbsp;: refuge d\u00e9j\u00e0 du Parnasse sugg\u00e9r\u00e9 par Gautier (\u00e0 l\u2019ombre d\u2019Hugo) d\u00e8s 36, d\u00e9dicataire non fortuit pour cette raison des <em>Fleurs du Mal<\/em> de Baudelaire (en 1857) \u2014 que la d\u00e9cadence et la fantaisie.<br>L\u2019\u00e9tat du th\u00e9\u00e2tre alors (en France, j\u2019entends, r\u00e9p\u00e9tons-le) n\u2019\u00e9tait gu\u00e8re plus r\u00e9jouissant&nbsp;: gu\u00e8re encore sorti des flonflons d\u2019un Second Empire qui, sur l\u2019exemple de son \u00ab&nbsp;chef&nbsp;\u00bb, n\u2019avait cherch\u00e9 qu\u2019\u00e0 s\u2019\u00e9tourdir avec les divertissements d\u2019Offenbach&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nb7\">7<\/a>] (1819-1880) et de Labiche&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nb8\">8<\/a>] (1815-1888)\u2026 la Troisi\u00e8me R\u00e9publique bourgeoise et conformiste suivant comme en r\u00e9pons avec les divertissement de Courteline&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nb9\">9<\/a>] (1858-1929) et de Feydeau&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nb10\">10<\/a>] (1862-1921). Bref, \u00e0 peine sorti du triomphe de l\u2019Op\u00e9ra-Bouffe&nbsp;: celui du Vaudeville&nbsp;! \u2014 Nuan\u00e7ons&nbsp;: c\u2019\u00e9tait aussi la grande \u00e9poque (petite&nbsp;: Oh&nbsp;! tr\u00e8s&nbsp;!\u2026) d\u2019un th\u00e9\u00e2tre, qui, se cherchant, passait d\u2019un extr\u00eame \u00e0 l\u2019autre en c\u00e9dant \u00e0 la fascination du roman&nbsp;: genre triomphant dans un monde bourgeois commer\u00e7ant, dans un monde dit \u00ab&nbsp;lib\u00e9ral&nbsp;\u00bb, fascin\u00e9 par sa propre image\u2026 M\u00eame s\u2019il pr\u00e9f\u00e9rait, Lui (LE Th\u00e9\u00e2tre), au roman bourgeois \u00ab&nbsp;classique&nbsp;\u00bb et de consommation d\u00e9j\u00e0 le roman \u00e0 la Zola (le grand de la gauche)&nbsp;: le seul \u00e0 pouvoir rendre la monnaie de sa pi\u00e8ce \u00e0 Barr\u00e8s (la gloire de la droite montante). Ainsi s\u2019\u00e9talait un th\u00e9\u00e2tre naturaliste avec Antoine&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nb11\">11<\/a>] (1858-1943) et son <em>Th\u00e9\u00e2tre-Libre<\/em>, auquel r\u00e9pondaient les brumes d\u2019un th\u00e9\u00e2tre symboliste avec au <em>Th\u00e9\u00e2tre de l\u2019\u0152uvre<\/em>, le m\u00e9taphysique Lugn\u00e9-Poe, encore sous l\u2019influence sans doute de la figure n\u00e9o-pr\u00e9cieuse et tut\u00e9laire de l\u2019\u00e9crivain symboliste&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nb12\">12<\/a>] belge Maeterlinck (1862-1949) qui avait donn\u00e9 son chlorotique et an\u00e9mique <em>P\u00e9ll\u00e9as et M\u00e9lisande<\/em> en 1893. Dans ces \u00e9reintants atermoiements, cette confusion g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e que rien ne semblait pouvoir r\u00e9soudre, la cr\u00e9ation de <em>Lorenzaccio<\/em> (1834)(vieille chose g\u00e9niale \u00e9crite soixante-deux ans plus t\u00f4t par Musset) fut accueillie par le public comme un soulagement&nbsp;: un retour \u00e0 la tradition s\u2019amor\u00e7ait. Sarah Bernhardt, Sphinx sacr\u00e9 qui d\u00e9tint pendant ces ann\u00e9es l\u2019oracle du go\u00fbt du public avait compris ce d\u00e9sir informul\u00e9 de son grand peuple m\u00e9dus\u00e9 constitu\u00e9 d\u2019anonymes&nbsp;: d\u2019\u00e9chapper enfin au \u00ab&nbsp;dilemme&nbsp;\u00bb, de se rassurer d\u2019illusions du moins. Parmi ces anonymes se trouvait un tr\u00e8s jeune auteur inconnu&nbsp;: Rostand&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nb13\">13<\/a>] (1868-1918) qui, plus tard c\u00e9l\u00e8bre, proposera \u00e0 la grande Sarah de cr\u00e9er <em>L\u2019Aiglon<\/em>, en 1900&nbsp;; sans doute parce qu\u2019il se souvenait de l\u2019avoir vue ressusciter le genre du drame romantique en cr\u00e9ant le r\u00f4le titre de <em>Lorrenzaccio<\/em> en 1896&nbsp;: un an avant que le succ\u00e8s ne salue \u00e0 son tour <em>Cyrano<\/em>.<br>On pourrait s\u2019arr\u00eater l\u00e0, comme l\u2019ont fait tous les critiques et d\u00e9clarer&nbsp;: voil\u00e0 un succ\u00e8s expliqu\u00e9, les raisons d\u2019un succ\u00e8s comprises. Cela ne me satisfait pas. Pas plus que ne me satisfait, du reste, la condescendance, voire le m\u00e9pris affich\u00e9 que manifeste une bonne partie de la critique \u00e0 l\u2019\u00e9gard du <em>Cyrano<\/em> de Rostand.<br><br>\u2014&nbsp;<em>Cyrano<\/em>, son succ\u00e8s, me paraissent surtout embl\u00e9matiques d\u2019un malaise inconscient, propre souvent aux fins de si\u00e8cle&nbsp;: celui d\u2019un rapport impossible au corps et par cons\u00e9quent \u00e0 l\u2019amour. C\u2019est bien de ce c\u00f4t\u00e9, je crois, que l\u2019on pourrait trouver le sujet r\u00e9el qu\u2019\u00e9voquait Rostand en pleine p\u00e9riode d\u00e9cadentiste o\u00f9 les seules alternatives pour vaincre l\u2019enivrant poison n\u00e9oplatonicien hypocrite et Saint-Sulpicien (qui avait d\u00e9j\u00e0 tu\u00e9 Baudelaire&nbsp;: paravent d\u2019artifices, v\u00e9ritable \u00ab&nbsp;opium du peuple&nbsp;\u00bb par lequel cette soci\u00e9t\u00e9 supra et \u00ab&nbsp;<em>stupra<\/em>&nbsp;\u00bb corrompue du XIXe cachait tant mal que bien ses vices\u2026) ne pouvaient \u00eatre que \u00ab&nbsp;l\u2019hyst\u00e9rie&nbsp;\u00bb et la \u00ab&nbsp;folie&nbsp;\u00bb, le suicide romantisant, le refuge dans la mystique symbolisante d\u2019un Huysmans, ou dans l\u2019\u00e9rotomanie exotique et antiquisante d\u2019un Pierre Louys, voire d\u2019un Mallarm\u00e9 ou d\u2019un Val\u00e9ry. \u2014 Pi\u00e8tres antidotes.<br>Que l\u2019on songe \u00e0 pr\u00e9sent un peu aux contextes. Le contexte esth\u00e9tique et philosophique du h\u00e9ros choisi par Rostand n\u2019est pas innocent&nbsp;: le XVIIe si\u00e8cle (un si\u00e8cle \u00e0 pouvoir fort o\u00f9 un apparent ordre r\u00e8gne, o\u00f9 trois principaux courants de pens\u00e9e s\u2019affrontent&nbsp;: la Pens\u00e9e Libertine, la Pr\u00e9ciosit\u00e9, et, le Jans\u00e9nisme dont le Sulpicianisme ne sera que la r\u00e9surgence) ressemble fort de fait \u00e0 cette fin du XIXe. Ces deux si\u00e8cles&nbsp;: trois courants de pens\u00e9e les dominent. Du dernier, Rostand choisit de ne point parler et on le comprend&nbsp;!\u2026 Des deux autres, par contre&nbsp;: quelle importance dans le d\u00e9roulement de l\u2019intrigue&nbsp;! \u2014 Cyrano, libertin suppos\u00e9 parce qu\u2019affich\u00e9, aime une pr\u00e9cieuse affich\u00e9e, donc suppos\u00e9e. Dans la pratique&nbsp;: Cyrano se r\u00e9v\u00e8le plut\u00f4t pr\u00e9cieux, et, Roxane, bien pr\u00eate \u00e0 \u00eatre libertine, si le Destin, c\u2019est-\u00e0-dire un prince puissant, jaloux ici, ne s\u2019en m\u00ealait.<br>Qu\u2019on se rappelle un peu ce qui suscita la pr\u00e9ciosit\u00e9&nbsp;: le refus des choses vulgaires, le refus d\u2019assumer le tragique \u00ab&nbsp;bas&nbsp;\u00bb de la condition humaine tout entier r\u00e9sum\u00e9 pour eux dans la pratique de la sexualit\u00e9 rappelant \u00e0 l\u2019homme\u2026, \u00e0 la femme\u2026, amoureux\u2026, leur condition animale&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nb14\">14<\/a>]. Face \u00e0 ce refus, et, pour mieux combler ce manque par un vide susceptible de contenir toutes les potentialit\u00e9s d\u2019un plaisir jamais assum\u00e9&nbsp;: l\u2019exaltation du d\u00e9sir, d\u2019un d\u00e9sir sans cesse exalt\u00e9, port\u00e9 plus haut&nbsp;; l\u2019exaltation quasi sacr\u00e9e d\u2019une jouissance du d\u00e9sir&nbsp;; d\u2019un d\u00e9sir qui serait la jouissance moins la souffrance et le d\u00e9go\u00fbt, l\u2019exaltation en somme d\u2019un d\u00e9sir port\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 l\u2019incandescence&nbsp;; \u00e0 l\u2019infini duquel, seule la mort pourra mettre un terme, et, non&nbsp;: la d\u00e9sillusion, la vieillesse des corps, la s\u00e9paration. On cite, chez ces pr\u00e9cieux, l\u2019exemple d\u2019un couple ayant patient\u00e9 dans l\u2019extase dix-sept ann\u00e9es avant d\u2019oser passer ce \u00ab&nbsp;Cap de Bonne-Esp\u00e9rance&nbsp;\u00bb, ce d\u00e9troit de l\u2019assouvissement apr\u00e8s lequel on signale tant de naufrages&nbsp;: toujours ceux d\u2019un d\u00e9sir tu\u00e9, toujours ceux des amours mortes parce que n\u2019\u00e9tant plus prot\u00e9g\u00e9es enfin de l\u2019incuriosit\u00e9.<br><br>\u2014&nbsp;\u00ab&nbsp;Et pendant quatorze ans, il a jou\u00e9 ce r\u00f4le<br>D\u2019\u00eatre le vieil ami qui vient pour \u00eatre dr\u00f4le&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nb15\">15<\/a>]&nbsp;!&nbsp;\u00bb<br>soupire Roxane apr\u00e8s que Cyrano ait avou\u00e9 son imposture \u00e0 s\u2019\u00eatre prot\u00e9g\u00e9 d\u2019un double, ayant ainsi gard\u00e9 son amour absolu intact&nbsp;: l\u2019ayant grandi, l\u2019ayant sauv\u00e9. Puis, elle demande&nbsp;:<br>\u00ab&nbsp;[\u2026] pourquoi laisser ce sublime silence<br>se briser aujourd\u2019hui&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nb16\">16<\/a>]&nbsp;?&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><small>CYRANO, lisant. [\u2026]<\/small><\/p>\n\n\n\n<p><small>\u00ab&nbsp;Adieu&nbsp;!&#8230; [\u2026]<br>Mon Tr\u00e9sor&#8230; [\u2026] Mon amour&nbsp;!&#8230; [\u2026]<br>\u00ab&nbsp;Mon c\u0153ur ne vous quitta jamais une seconde<br>\u00ab&nbsp;Et je suis et serai jusque dans l\u2019autre monde<br>\u00ab&nbsp;Celui qui vous aima sans mesure&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nb17\">17<\/a>] [\u2026]<\/small><\/p>\n\n\n\n<p>\u2014&nbsp;\u00c9trange histoire d\u2019amours crois\u00e9s, que celle de Cyrano qui, pour un vilain nez (dont on n\u2019ose trop imaginer d\u2019abord ce que psychanalytiquement il pourrait bien symboliser) refuse de saisir sa chance. Pour s\u2019en convaincre mieux, \u00e9coutons-le encore, ici, dire \u00e0 Roxane&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><small>CYRANO<\/small><\/p>\n\n\n\n<p><small>Vous l\u2019aimeriez [\u2026] m\u00eame laid [\u2026] affreux [\u2026] d\u00e9figur\u00e9 [\u2026] grotesque&nbsp;?<\/small><small> ROXANE Rien ne peut me le rendre grotesque&nbsp;! CYRANO Vous l\u2019aimeriez encore&nbsp;? ROXANE<\/small><\/p>\n\n\n\n<p><small>Et davantage presque&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nb18\">18<\/a>]&nbsp;!<\/small><\/p>\n\n\n\n<p>\u2014&nbsp;\u00c9trange histoire que celle de cette masculinit\u00e9 coup\u00e9e en deux&nbsp;: Cyrano l\u2019\u00e2me, Christian le corps, jaloux l\u2019un de l\u2019autre tous deux \u2014 chacun d\u00e9sirant \u00eatre l\u2019autre \u2014 et que cependant lie un pacte face \u00e0 cette femme, qui, elle (mais seule), \u00e9chappe \u00e0 ce cruel divorce&nbsp;; physiquement spirituelle, lorsqu\u2019elle r\u00e9clame \u00ab&nbsp;un baiser&nbsp;\u00bb, ce \u00ab&nbsp;baiser&nbsp;\u00bb durant la sc\u00e8ne du balcon duquel on la convainc si vite&nbsp;: elle \u00e9volue ensuite comme pour leur donner raison, et, pour r\u00e9sumer ce qu\u2019elle aime en Christian au moment m\u00eame o\u00f9 elle le perd, ne trouve qu\u2019\u00e0 dire&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><small>ROXANE<\/small><\/p>\n\n\n\n<p><small>N\u2019est-ce pas que c\u2019\u00e9tait un \u00eatre exquis, un \u00eatre<br>Merveilleux [\u2026] un po\u00e8te inou\u00ef, adorable[\u2026] un esprit sublime<br>[\u2026] un c\u0153ur profond, inconnu du profane,<br>Une \u00e2me magnifique et charmante&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nb19\">19<\/a>]&nbsp;?<\/small><\/p>\n\n\n\n<p>Il est vrai qu\u2019au seuil de la mort, de la s\u00e9paration, sans qu\u2019elle le sache, mais la craignant, elle venait de lui faire l\u2019aveu suivant&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><small>ROXANE<\/small><\/p>\n\n\n\n<p><small>Je viens te demander pardon (et c\u2019est bien l\u2019heure<br>De demander pardon, puisqu\u2019il se peut qu\u2019on meure&nbsp;! )<br>De t\u2019avoir fait d\u2019abord dans ma frivolit\u00e9,<br>L\u2019insulte de t\u2019aimer pour ta seule beaut\u00e9<br>[&#8230;] Et, plus tard, mon ami, moins frivole,<br><br>\u2014&nbsp;Oiseau qui saute avant tout \u00e0 fait qu\u2019il s\u2019envole, \u2014<br>Ta beaut\u00e9 m\u2019arr\u00eatant, ton \u00e2me m\u2019entra\u00eenant,<br>Je t\u2019aimais pour les deux ensemble&nbsp;!&#8230;<\/small><small> CHRISTIAN Et maintenant&nbsp;? ROXANE<\/small><\/p>\n\n\n\n<p><small>Eh bien&nbsp;! toi-m\u00eame enfin l\u2019emporte sur toi-m\u00eame<br>Et ce n\u2019est plus que pour ton \u00e2me que je t\u2019aime<br>[\u2026] Car n\u2019\u00eatre aim\u00e9<br>Que pour ce dont on est un instant costum\u00e9,<br>Doit mettre un c\u0153ur avide et noble \u00e0 la torture&nbsp;;<br>Mais ta ch\u00e8re pens\u00e9e efface ta figure,<br>Et la beaut\u00e9 par quoi tout d\u2019abord tu me plus,<br>Maintenant j\u2019y vois mieux&#8230; et je ne la vois plus&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nb20\">20<\/a>]&nbsp;!<\/small><\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s alors, Christian \u2014 le corps \u2014 se r\u00e9volte fort&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><small>CHRISTIAN<\/small><\/p>\n\n\n\n<p><small>[\u2026] Je ne veux pas de cet amour&nbsp;!<br>Moi, je veux \u00eatre aim\u00e9 plus simplement pour&#8230;<\/small><small> ROXANE Pour<br>Ce qu\u2019en vous elles ont aim\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 cette heure&nbsp;?<br>Laissez-vous donc aimer d\u2019une fa\u00e7on meilleure&nbsp;! CHRISTIAN Non, c\u2019\u00e9tait mieux avant&nbsp;! ROXANE<br><br>Ah&nbsp;! tu n\u2019y entends rien&nbsp;!<br>C\u2019est maintenant que j\u2019aime mieux, que j\u2019aime bien&nbsp;!<br>C\u2019est ce qui te fait toi, tu m\u2019entends, que j\u2019adore,<br>Et moins brillant&#8230; CHRISTIAN Tais-toi&nbsp;! ROXANE Je t\u2019aimerai encore&nbsp;!<br>Si toute ta beaut\u00e9 d\u2019un coup s\u2019envolait&#8230; CHRISTIAN Oh&nbsp;! Ne dis pas cela&nbsp;! ROXANE Si&nbsp;! Je le dis&nbsp;! CHRISTIAN Quoi&nbsp;? Laid&nbsp;? ROXANE<\/small><\/p>\n\n\n\n<p><small>Laid&nbsp;! Je le jure&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nb21\">21<\/a>]&nbsp;!<\/small><\/p>\n\n\n\n<p>\u2014&nbsp;Merveilleux\u2026 merveilleux Christian&nbsp;: \u00e0 jamais&nbsp;! Parce que jamais poss\u00e9d\u00e9. De Guiche ayant emp\u00each\u00e9 la nuit de noce [\u2026]. \u2014 Merveilleuse\u2026 merveilleuse Roxane&nbsp;: \u00e0 jamais&nbsp;! Pour De Guiche comme pour Cyrano qui ne l\u2019ont jamais poss\u00e9d\u00e9e [\u2026]. \u2014 Merveilleux\u2026 merveilleux Cyrano enfin, pour Roxane&nbsp;: puisqu\u2019il meurt, avant que leurs corps s\u2019\u00e9treignant n\u2019\u00e9prouvent cet amour que Roxane lui offre au bord du tombeau, apr\u00e8s quatorze ans de silence. Car Cyrano meurt, oui, puisqu\u2019il le faut. Cyrano au grand nez cach\u00e9 par son panache, qui hait son nez et qui ne reconna\u00eet de soi que son panache&nbsp;!\u2026 Un Cyrano dont sont amoureuses aussi (pourtant&nbsp;?) les petites nonnes du couvent, peut-\u00eatre pour son nez mais surtout pour son c\u0153ur&nbsp;: vierges \u00e0 jamais&nbsp;! \u2014 Du reste, dans cette histoire d\u2019amour, tous les h\u00e9ros sont et demeurent vierges&nbsp;: Roxane, Christian, et Cyrano.<br><br>\u2014&nbsp;Comment diable ce fait pourrait-il \u00eatre neutre\u2026&nbsp;?<br><br>\u2014&nbsp;Allons&nbsp;! Le nez de Cyrano fait diablement penser \u00e0 autre chose&nbsp;: \u00e0 la virilit\u00e9 que dans l\u2019expression populaire on pr\u00eate \u00e0 un homme \u00ab&nbsp;bien nez&nbsp;\u00bb&nbsp;; et ne nous moquons pas avec un m\u00e9pris affich\u00e9 des \u00ab&nbsp;expressions populaires&nbsp;\u00bb, car enfin (dit Baudelaire) elles sont&nbsp;: des \u00ab&nbsp;trous immenses, creus\u00e9s par des g\u00e9n\u00e9rations de fourmis&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nb22\">22<\/a>].&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><small>CYRANO<\/small><\/p>\n\n\n\n<p><small>[\u2026] Dites-moi pourquoi vous regardez mon nez [\u2026]<br>Est-il mol et ballant, monsieur, comme une trompe&nbsp;?[\u2026]<br>Et pourquoi, s\u2019il vous pla\u00eet, ne pas le regarder&nbsp;? [\u2026]<br>[\u2026] Il vous d\u00e9go\u00fbte alors&nbsp;? [\u2026] Malsaine<br>Vous semble sa couleur&nbsp;?[\u2026] Sa forme obsc\u00e8ne&nbsp;? [\u2026]<\/small><small> LE F\u00c2CHEUX, <em>balbutiant.<\/em> Je le trouve petit, tout petit, minuscule&nbsp;! CYRANO<\/small><\/p>\n\n\n\n<p><small>Hein&nbsp;? Comment&nbsp;? m\u2019accuser d\u2019un pareil ridicule&nbsp;?<br>Petit, mon nez&nbsp;? Hol\u00e0&nbsp;! [\u2026] \u00c9norme mon nez&nbsp;!<br><br>\u2014&nbsp;Vil camus, sot camard, t\u00eate plate, apprenez<br>Que je m\u2019enorgueillis d\u2019un pareil appendice,<br>Attendu qu\u2019un grand nez est proprement l\u2019indice<br>D\u2019un homme affable, bon, courtois, spirituel,<br>Lib\u00e9ral, courageux, tel que je suis, et tel<br>Qu\u2019il vous est interdit \u00e0 jamais de vous croire,<br>D\u00e9plorable maraud&nbsp;! Car la face sans gloire<br>Que va chercher ma main en haut de votre col,<br>Est aussi d\u00e9nu\u00e9e&#8230; [\u2026] de fiert\u00e9 et d\u2019envol,<br>De lyrisme, de pittoresque, d\u2019\u00e9tincelle,<br>De somptuosit\u00e9, de Nez enfin, que celle\u2026<br>Que va chercher ma botte au bas de votre dos&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nb23\">23<\/a>]&nbsp;!<\/small><\/p>\n\n\n\n<p>Le lien entre le nez et le sexe&nbsp;: le vrai Cyrano&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nb24\">24<\/a>] lui-m\u00eame (1619-1655), dans son <em>Histoire comique des \u00c9tats et Empires de la Lune<\/em> (1657) le proclame avec une vantardise suspecte, sugg\u00e9rant qu\u2019il faudrait laisser aux mains des pr\u00eatres tous les enfants camus ce afin qu\u2019ils les castrent&nbsp;; car enfin \u00ab&nbsp;des camus ont b\u00e2tit les eunuques&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nb25\">25<\/a>]&nbsp;\u00bb. On croit entendre, ici, comme un \u00e9cho proph\u00e9tique du Baron de la Br\u00e8de, Charles-Louis de Secondat, dit&nbsp;: Monsieur de Montesquieu (\u2014 Or \u00e7\u00e0, ici, est-ce antiphrase, ironie&nbsp;?). L\u2019\u00ab&nbsp;impeccable&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nb26\">26<\/a>]&nbsp;\u00bb Th\u00e9ophile Gautier \u2014 non sans p\u00e9ch\u00e9 \u2014 ne manque pas de se faire largement \u00e9cho \u00e0 ce propos d\u2019Hector Savinien (et non Hercule)&nbsp;: ce dans son livre de 1844&nbsp;: <em>Les Grotesques<\/em>, tout juste au d\u00e9but du chapitre VI&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nb27\">27<\/a>]. Cependant, dans le fil de ces r\u00e9f\u00e9rences, bien en de\u00e7\u00e0 des vantardises et fanfaronnade viriles, ce qui complexe Cyrano, c\u2019est moins son nez (\u00e0 mon avis) que la sexualit\u00e9 masculine. Cyrano&nbsp;: c\u2019est l\u2019\u00e9ternel adolescent, honteux de son sexe et id\u00e9alisant \u00e0 ce point l\u2019amour, qu\u2019il ne sait combiner le corps et l\u2019\u00e2me. C\u2019est pourquoi, ne pouvant exulter dans l\u2019amour, il cherche un exutoire dans l\u2019h\u00e9ro\u00efsme&nbsp;: celui du duel et de la po\u00e9sie d\u2019escrime, alliant \u2014 dans la c\u00e9l\u00e8bre sc\u00e8ne de \u00ab&nbsp;<em>L\u2019H\u00f4tel de Bourgogne<\/em>&nbsp;\u00bb o\u00f9 il tue le mignon auquel De Guiche par d\u00e9pit destinait Roxane \u2014 les deux pointes assassines. Le Panache de l\u2019h\u00e9ro\u00efsme doit, l\u2019esp\u00e8re-t-il, cacher son nez&nbsp;: lui permettre d\u2019oser avancer vers l\u2019objet de son amour. On est donc h\u00e9ros, \u00e9crivain, (c\u2019est clair, ici) \u00e0 d\u00e9faut de savoir aimer, \u00e0 d\u00e9faut d\u2019oser s\u2019assumer corps-esprit dans l\u2019amour, \u00e0 d\u00e9faut d\u2019oser s\u2019incarner. Aussi, et par d\u00e9faut peut-on dire, s\u2019incarne-t-il dans les mots. Entendons bien aussi qu\u2019ici l\u2019auteur se confond \u00e0 son personnage \u00e9ponyme. On le distingue bien en observant de pr\u00e8s ce Rostand-Cyrano dans cette sc\u00e8ne du balcon&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nb28\">28<\/a>] o\u00f9 Cyrano-Rostand h\u00e9site entre la pr\u00e9ciosit\u00e9 et l\u2019\u00e9picurisme, d\u00e9chir\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 la folie, de plus en plus qu\u2019il avance, entre la tentation d\u2019une incarnation passionn\u00e9e et l\u2019id\u00e9alisme le plus chaste de son d\u00e9sir&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><small>ROXANE<\/small><\/p>\n\n\n\n<p><small>[\u2026] L\u2019esprit&nbsp;?\u2026<\/small><small> CYRANO<\/small><\/p>\n\n\n\n<p><small>J\u2019en ai fait pour vous faire rester<br>D\u2019abord&nbsp;; mais maintenant ce serait insulter<br>Cette nuit, ces parfums, cette heure, la Nature,<br>Que de parler comme un billet doux de Voiture&nbsp;!<br>Laissons d\u2019un seul regard de ses astres, le ciel<br>Nous d\u00e9sarmer de tout notre artificiel&nbsp;:<br>Je crains tant que parmi notre alchimie exquise<br>Le vrai du sentiment ne se volatilise,<br>Que l\u2019\u00e2me ne se vide \u00e0 ces passe-temps vains,<br>Et que le fin du fin ne soit la fin des fins&nbsp;!<br>[\u2026] C\u2019est un crime,<br>Lorsqu\u2019on aime de trop prolonger cette escrime&nbsp;!<br>Le moment vient d\u2019ailleurs in\u00e9vitablement,<br><br>\u2014&nbsp;Et je plains ceux pour qui ne vient pas ce moment&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nb29\">29<\/a>]&nbsp;!<\/small><\/p>\n\n\n\n<p>\u2014&nbsp;Mais, Cyrano n\u2019agit pas, et, seul le langage prend corps&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><small>ROXANE<\/small><\/p>\n\n\n\n<p><small>Aujourd\u2019hui&#8230;<br>Vos mots sont h\u00e9sitants. Pourquoi&nbsp;?<\/small><small> CYRANO, <em>parlant \u00e0 mi-voix, comme Christian<\/em>.<\/small><\/p>\n\n\n\n<p><small>C\u2019est qu\u2019il fait nuit.<br>Dans cette ombre \u00e0 t\u00e2tons, ils cherchent votre oreille. [\u2026]<br>[\u2026] Vous me tueriez si de cette hauteur<br>Vous me laissiez tomber un mot dur sur le c\u0153ur&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nb30\">30<\/a>]&nbsp;!<\/small><\/p>\n\n\n\n<p>Car, qu\u2019on y songe enfin&nbsp;: dans la sc\u00e8ne du balcon, d\u00e8s la huiti\u00e8me r\u00e9plique, Roxane, qui n\u2019est d\u2019abord pr\u00e9cieuse que par jeu (ce afin d\u2019efficacement \u00e9carter les imb\u00e9ciles, les importuns) se laisse vaincre\u2026 convaincre de passer aux gestes, \u00e0 peine \u00e0 la huiti\u00e8me r\u00e9plique&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><small>ROXANE<\/small><\/p>\n\n\n\n<p><small>Je descends&nbsp;!<\/small><small> CYRANO, <em>vivement<\/em>.<br><br>Non&nbsp;! ROXANE, <em>lui montrant le banc qui est sous le balcon<\/em>.<br><br>Grimpez sur le banc, alors, vite&nbsp;! CYRANO, <em>reculant avec effroi dans la nuit<\/em>. Non&nbsp;! ROXANE Comment&#8230; non&nbsp;? CYRANO, <em>que l\u2019\u00e9motion gagne de plus en plus<\/em>. Laissez un peu que l\u2019on profite\u2026<br>De cette occasion qui s\u2019offre&#8230; de pouvoir<br>Se parler doucement sans se voir. ROXANE Sans se voir&nbsp;? CYRANO<\/small><\/p>\n\n\n\n<p><small>Mais, oui, c\u2019est adorable. On se devine \u00e0 peine.<br>Vous voyez la noirceur d\u2019un long manteau qui tra\u00eene,<br>J\u2019aper\u00e7ois la blancheur d\u2019une robe d\u2019\u00e9t\u00e9&nbsp;:<br>Moi je ne suis qu\u2019une ombre, et vous qu\u2019une clart\u00e9&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nb31\">31<\/a>]&nbsp;!<\/small><\/p>\n\n\n\n<p>\u2014&nbsp;Et voici, que reprenant le th\u00e8me tr\u00e8s Ruy Blasien du \u00ab&nbsp;ver de terre amoureux d\u2019une \u00e9toile&nbsp;\u00bb (ver de terre faisant des vers), Cyrano, plus royaliste que la reine, devient un vrai pr\u00e9cieux. Il poursuit par, si l\u2019on veut ce qu\u2019on peut nommer&nbsp;: \u00ab\u00a0l\u2019aveu des aveux\u00a0\u00bb&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><small>[\u2026] dans la nuit qui me prot\u00e8ge<br>J\u2019ose \u00eatre enfin moi-m\u00eame, et j\u2019ose&#8230;<br>[la tentation \u00e9picurienne le prend] O\u00f9 en \u00e9tais-je&nbsp;?<br>Je ne sais&#8230; tout ceci \u2014 Pardonnez mon \u00e9moi, \u2014<br>C\u2019est si d\u00e9licieux&#8230; c\u2019est si nouveau pour moi&nbsp;!<\/small><\/p>\n\n\n\n<p><small>ROXANE<\/small><\/p>\n\n\n\n<p><small>Si nouveau&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nb32\">32<\/a>]&nbsp;?<\/small><\/p>\n\n\n\n<p>\u2014&nbsp;Cyrano, \u00ab&nbsp;<em>boulevers\u00e9<\/em>&nbsp;\u00bb dit la didascalie \u00ab&nbsp;<em>et essayant toujours de rattraper ses mots<\/em>&nbsp;\u00bb poursuit, apr\u00e8s s\u2019\u00eatre d\u00e9j\u00e0 \u00ab&nbsp;<em>rapproch[\u00e9] avec fi\u00e8vre<\/em>&nbsp;\u00bb et s\u2019\u00eatre \u00ab&nbsp;<em>arr\u00eat[\u00e9] et, avec \u00e9garement<\/em>&nbsp;\u00bb&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><small>Si nouveau&#8230; mais oui&#8230; d\u2019\u00eatre sinc\u00e8re&nbsp;:<br>La peur d\u2019\u00eatre raill\u00e9, toujours au c\u0153ur me serre&#8230;<\/small><\/p>\n\n\n\n<p><small>ROXANE<\/small><small> Raill\u00e9 de quoi&nbsp;? CYRANO Mais de&#8230; d\u2019un \u00e9lan&nbsp;!&#8230; Oui, mon c\u0153ur,<br>Toujours de mon esprit s\u2019habille, par pudeur&nbsp;:<br>Je pars pour d\u00e9crocher l\u2019\u00e9toile, et je m\u2019arr\u00eate<br>Par peur du ridicule, \u00e0 cueillir la fleurette&nbsp;! ROXANE La fleurette a du bon. CYRANO Ce soir d\u00e9daignons-l\u00e0&nbsp;! ROXANE<\/small><\/p>\n\n\n\n<p><small>Vous ne m\u2019aviez jamais parl\u00e9 comme cela&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nb33\">33<\/a>]&nbsp;!<\/small><\/p>\n\n\n\n<p>\u2014&nbsp;Enfin, comme repris par la tentation \u00e9picurienne mais sachant qu\u2019il ne saura pas y c\u00e9der, qu\u2019il ne voudra pas y c\u00e9der \u2014comme on le verra \u2014 pour conclure, il ajoute (et, en quelque-sorte, par suite)&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><small>Ah&nbsp;! si, loin des carquois, des torches et des fl\u00e8ches,<br>On se sauvait un peu vers des choses\u2026 plus fra\u00eeches&nbsp;!<br>Au lieu de boire goutte \u00e0 goutte, en un mignon<br>D\u00e9 \u00e0 coudre d\u2019or fin, l\u2019eau fade du Lignon,<br>Si l\u2019on tentait de voir comment l\u2019\u00e2me s\u2019abreuve<br>En buvant largement \u00e0 m\u00eame le grand fleuve&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nb34\">34<\/a>]&nbsp;!<\/small><\/p>\n\n\n\n<p>R\u00e9sumons&nbsp;: le mouvement est le m\u00eame chez nos deux h\u00e9ros&nbsp;:<br>1\u00b0) D\u2019\u00e9picurienne cach\u00e9e derri\u00e8re la pr\u00e9cieuse, Roxane va devenir une vraie pr\u00e9cieuse avouant \u00e0 Christian juste avant qu\u2019il ne meure qu\u2019elle ne l\u2019aime que pour son \u00e2me, lui demandant m\u00eame pardon de l\u2019avoir aim\u00e9 pour son corps [\u2026].<br>2\u00b0) D\u2019\u00e9picurien qu\u2019il se voudrait mais de pr\u00e9cieux dans les faits, Cyrano va finir par choisir la pr\u00e9ciosit\u00e9, par s\u2019assumer, m\u00eame si chez lui, un regret subsiste, un doute majeur et douloureux&nbsp;: celui de s\u2019\u00eatre tromp\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014&nbsp;Bilan, ch\u00e8re lectrice, sous forme de th\u00e8se qui resterait \u00e0 d\u00e9velopper&nbsp;:<br>Il se peut que dans ce refus implicite et partout affirm\u00e9 du corps gise la source (la source la plus \u00ab&nbsp;profonde&nbsp;\u00bb) du <em>pathos<\/em> du public d\u2019alors comme du public d\u2019aujourdh\u2019ui encore. L\u00e0, il faut (peut-\u00eatre) chercher l\u2019une des raisons du massif \u00ab&nbsp;consentement des foules&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nb35\">35<\/a>]&nbsp;\u00bb \u00e0 cette \u0153uvre dont les h\u00e9ros ont acquis tr\u00e8s vite un statut quasi mythique&nbsp;; il faut y voir une des raisons du succ\u00e8s troublant qu\u2019a re\u00e7u, que re\u00e7oit la pi\u00e8ce&nbsp;: en constatant que ce succ\u00e8s, depuis un si\u00e8cle d\u00e9j\u00e0, r\u00e9guli\u00e8rement, cycliquement m\u00eame, ne se d\u00e9ment pas.<\/p>\n\n\n\n<p><small>(Juin 1990) [Cet article est paru une premi\u00e8re fois dans la version papier de <em>Polaire<\/em> aux \u00e9ditions GabriAndre en 2000.]<\/small><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nh1\">1<\/a>]&nbsp;.\u2014 Suivront, on le sait, <em>L\u2019Aiglon<\/em> (1900), <em>Chantecler<\/em> (1910). Le succ\u00e8s de <em>Cyrano de Bergerac<\/em> vaudra \u00e0 son auteur l\u2019entr\u00e9e \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie Fran\u00e7aise, d\u00e8s 1901. Ni Henri de Bornier, ni Fran\u00e7ois Copp\u00e9e, ni Jean Richepin ne sauront \u00e9galer, par des tentatives similaires, le succ\u00e8s obtenu par l\u2019ermite basque de Cambo-les-Bains. On regrette que la maladie n\u2019ait pas laiss\u00e9 \u00e0 Rostand le temps de r\u00e9aliser son projet ultime&nbsp;: <em>La Derni\u00e8re Nuit de Dom Juan<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nh2\">2<\/a>]&nbsp;.\u2014 La figure mythique du su\u00e9dois Johan August Strindberg (1849-1912) venant imm\u00e9diatement \u00e0 l\u2019esprit, d\u2019autant qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9poque il est \u00e0 Paris, o\u00f9 il m\u00e9dite son r\u00e9cit autobiographique <em>Inferno<\/em> (1897), la grande relation de ses d\u00e9lires alchimico-occultistes, piment\u00e9s par surcro\u00eet de d\u00e9lire de pers\u00e9cution et schizophr\u00e8ne.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nh3\">3<\/a>]&nbsp;.\u2014 Cit\u00e9 par Jean-Paul Sartre, in <em>Les Mots<\/em>, \u00e9d. Gallimard, Paris, 1964, p. 35-36.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nh4\">4<\/a>]&nbsp;.\u2014 M\u00eame s\u2019il faut admettre avec Giraudoux par exemple, que les conditions infamantes qui furent faites \u00e0 l\u2019Allemage alors, apr\u00e8s l\u2019Armistice de 18, cr\u00e9\u00e8rent de toute pi\u00e8ce les conditions d\u2019un terrible et nouveau conflit. Ce p\u00e9ril fasciste, Artaud l\u2019annonce dans <em>Le Th\u00e9\u00e2tre de la Cruaut\u00e9<\/em>, d\u00e8s 1933, et, Giraudoux avec son <em>\u00c9lectre<\/em> d\u00e8s 1937, r\u00e9v\u00e9lant par le personnage \u00e9ponyme toutes les perversions et tous les dangers de la s\u00e9duction fasciste.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nh5\">5<\/a>]&nbsp;.\u2014 Comme l\u2019Antigone de Jean Anouilh (Antigone, 1944), pour ne citer qu\u2019un seul exemple moderne, ou, le Prom\u00e9th\u00e9e d\u2019Eschyle (525-456 av. J.C) pour citer un exemple antique tir\u00e9 du corpus-m\u00eame du \u00ab&nbsp;P\u00e8re de la Trag\u00e9die&nbsp;\u00bb (<em>Prom\u00e9th\u00e9e encha\u00een\u00e9<\/em> ).<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nh6\">6<\/a>]&nbsp;.\u2014 Publi\u00e9 dans <em>L\u2019Aurore<\/em>, et repris dans <em>Le Si\u00e8cle<\/em>, le 14 janvier.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nh7\">7<\/a>]&nbsp;.\u2014 Jacques Offenbach&nbsp;: <em>Orph\u00e9e aux Enfers<\/em> (1858), <em>Genevi\u00e8ve de Brabant<\/em> (1859), <em>Daphnis et Chlo\u00e9<\/em> (1860), <em>La Chanson de Fortunio<\/em> (1861), <em>La Belle H\u00e9l\u00e8ne<\/em> (1864), <em>Barbe-Bleue<\/em> (1866), <em>La Vie parisienne<\/em> (1866), <em>Robinson Cruso\u00eb<\/em> (1867), <em>La Grande Duchesse De G\u00e9rolstein<\/em> (1867), <em>La P\u00e9richole<\/em> (1868), <em>Fantasio<\/em> (1872), <em>La Fille du tambour-major<\/em> (1879), <em>Les Contes d\u2019Hoffmann<\/em> (en collab.)(1881).<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nh8\">8<\/a>]&nbsp;.\u2014 Eug\u00e8ne Labiche&nbsp;: <em>Embrassons-nous Folleville<\/em> (en collab.)(1850), <em>Un chapeau de paille d\u2019Italie<\/em> (en collab.)(1851), <em>Le Misanthrope et l\u2019Auvergnat<\/em> (en collab.)(1852), <em>L\u2019Affaire de la rue Lourcine<\/em> (en collab.)(1857), <em>Le Voyage de Monsieur Perrichon<\/em> (en collab.)(1860), <em>La Poudre aux yeux<\/em> (en collab.)(1861), <em>La Cagnotte<\/em> (en collab.)(1864).<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nh9\">9<\/a>]&nbsp;.\u2014 Courteline, ce Moli\u00e8re sans <em>Tartuffe<\/em> et sans <em>Dom Juan<\/em>, qui, pour courtiser le bourgeois triomphant issu du Second Empire et de la Troisi\u00e8me R\u00e9publique, caricature jusqu\u2019\u00e0 l\u2019ennui, la future classe montante, la classe \u00e0 venir&nbsp;: celle des fonctionnaires, qui ne manquera pas de remplacer la grande bourgeoisie, quand celle-ci aura d\u00e9val\u00e9, comme la noblesse l\u2019avait fait, selon le ph\u00e9nom\u00e8ne connu du <em>creeping<\/em>, toute la dune sociale, sans cesse remodel\u00e9e par les vents de l\u2019Histoire. Georges Courteline&nbsp;: <em>Les Gaiet\u00e9s de l\u2019escadron<\/em> (1886), <em>Les Femmes d\u2019amis<\/em> (1888), <em>Le Train de 8h 47<\/em> (1888), <em>Lidoire<\/em> (1891), <em>Boubouroche<\/em> (1892), <em>Messieurs les Ronds-de-cuir<\/em> (1893), <em>La Peur des coups<\/em> (1894), <em>La Cinquantaine<\/em> (1895), <em>Un client s\u00e9rieux<\/em> (1896), <em>Le Droit aux \u00e9trennes<\/em> (1896), <em>Gros Chagrins<\/em> (1897), <em>Hortense, couche-toi&nbsp;!<\/em> (1897), <em>Le Gendarme est sans piti\u00e9 et autres pi\u00e8ces br\u00e8ves<\/em> (1897), <em>Th\u00e9odore cherche des allumettes<\/em> (1897), <em>Les Boulingrins<\/em> (1898), <em>Le Commissaire est bon enfant<\/em> (1899), <em>L\u2019Article 330<\/em> (1900), <em>Les Balances<\/em> (1901), <em>La Paix chez soi<\/em> (1903), <em>La Conversion d\u2019Alceste<\/em> (1909), <em>La Cruche<\/em> (1909).<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nh10\">10<\/a>]&nbsp;.\u2014 Georges Feydeau&nbsp;: <em>Champignol malgr\u00e9 lui<\/em> (en collab.)(1892), <em>La Dame de chez Maxim<\/em> (1899), <em>Feu la m\u00e8re de Madame<\/em> (1908), <em>Occupe-toi d\u2019Am\u00e9lie<\/em> (1908).<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nh11\">11<\/a>]&nbsp;.\u2014 Voir&nbsp;: Andr\u00e9 Antoine, in <em>Mes souvenirs sur le Th\u00e9\u00e2tre-Libre<\/em>, Paris, 1921.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nh12\">12<\/a>]&nbsp;.\u2014 Car enfin, le symbolisme est une n\u00e9o-pr\u00e9ciosit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nh13\">13<\/a>]&nbsp;.\u2014 Edmond Rostand&nbsp;: <em>Ode \u00e0 la musique<\/em> (1890), <em>Cyrano de Bergerac<\/em> (1897), <em>L\u2019Aiglon<\/em> (1900), <em>Chantecler<\/em> (1910). Les projets&nbsp;: <em>La Derni\u00e8re nuit de Dom Juan<\/em>, ainsi qu\u2019une <em>Jeanne d\u2019Arc<\/em>, rest\u00e8rent \u2014 h\u00e9las&nbsp;! \u2014 \u00e0 l\u2019\u00e9tat d\u2019\u00e9bauches.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nh14\">14<\/a>]&nbsp;.\u2014 La pens\u00e9e jans\u00e9niste, r\u00e9surgence de la pens\u00e9e cathare, est difuse dans la pr\u00e9ciosit\u00e9, triomphante dans le sulpicianisme doloriste du XIXe. Nietzsche \u00e0 la fin du m\u00eame si\u00e8cle exposera sa m\u00eame d\u00e9fiance vis \u00e0 vis du corps&nbsp;: ce qui emp\u00eache l\u2019homme de se prendre pour un Dieu, dira-t-il, c\u2019est le bas-ventre&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nh15\">15<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>Cyrano de Bergerac<\/em>, Acte V, sc 5, v. 219-220.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nh16\">16<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>Ibid.<\/em>, v. 235-236.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nh17\">17<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>Ibid.<\/em>, v.212-217, <em>passim<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nh18\">18<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>Ibid.<\/em>, Acte IV, sc 1O, v. 481-484, <em>passim<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nh19\">19<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>Ibid.<\/em>, v. 504-508, <em>passim<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nh20\">20<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>Ibid.<\/em>, Acte IV, sc 8, v. 414-429, <em>passim<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nh21\">21<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>Ibid<\/em>., v. 433-444.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nh22\">22<\/a>]&nbsp;.\u2014 In <em>Fus\u00e9es<\/em>, I&nbsp;: \u00ab&nbsp;Profondeur immense de pens\u00e9e dans les locutions vulgaires, trous creus\u00e9s par des g\u00e9n\u00e9rations de fourmis.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nh23\">23<\/a>]&nbsp;.\u2014<em>Ibid.<\/em>, Acte I, sc 4, v. 276-303, <em>passim<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nh24\">24<\/a>]&nbsp;.\u2014 Hector Savinien de Cyrano de Bergerac&nbsp;: <em>La Mort d\u2019Agrippine<\/em> (1653), <em>Le P\u00e9dant jou\u00e9<\/em> (1654), <em>Lettres<\/em> (1654), <em>Histoire comique des \u00c9tats et Empires de la Lune<\/em> (1657), <em>Histoire comique des \u00c9tats et Empires du Soleil<\/em> (1662).<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nh25\">25<\/a>]&nbsp;.\u2014 \u00ab&nbsp;Maintenant, afin que vous sachiez pourquoi tout le monde en ce pays a le nez grand, apprenez qu\u2019aussit\u00f4t qu\u2019une femme est accouch\u00e9e, la matrone porte l\u2019enfant au prieur du s\u00e9minaire&nbsp;; et justement au bout de l\u2019an les experts \u00e9tant assembl\u00e9s, si son nez est trouv\u00e9 plus court qu\u2019une certaine mesure que tient le syndic, il est cens\u00e9 camus, et mis entre les mains des pr\u00eatres qui le ch\u00e2trent. Vous me demanderez possible la cause de cette barbarie, comment se peut-il faire que nous, chez qui la virginit\u00e9 est un crime, \u00e9tablissions des continents par force&nbsp;? Sachez que nous le faisons apr\u00e8s observ\u00e9 depuis trente si\u00e8cles qu\u2019un grand nez est \u00e0 la porte de chez nous une enseigne qui dit&nbsp;: C\u00e9ans loge un homme spirituel, prudent, courtois, affable, g\u00e9n\u00e9reux et lib\u00e9ral, et qu\u2019un petit est le bouchon des vices oppos\u00e9s. C\u2019est pourquoi des camus on b\u00e2tit les eunuques, parce que la R\u00e9publique aime mieux n\u2019avoir point d\u2019enfants d\u2019eux, que d\u2019en avoir de semblables \u00e0 eux.&nbsp;\u00bb<br>Cyrano de Bergerac, in <em>Voyage dans la lune<\/em>, \u00e9d. Garnier-Flammarion, Paris, 1970, p. 107.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nh26\">26<\/a>]&nbsp;.\u2014 Selon le Baudelaire de la d\u00e9dicace des <em>Fleurs du Mal<\/em> (1857)(deux si\u00e8cles plus tard). \u2014 Faut-il entendre&nbsp;: sans p\u00e9ch\u00e9&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nh27\">27<\/a>]&nbsp;.\u2014 \u00ab&nbsp;Certains physiologistes pr\u00e9tendent que la longueur du nez est le diagnostic de l\u2019esprit, de la valeur et de toutes les belles qualit\u00e9s, et qu\u2019on ne peut \u00eatre un grand homme si l\u2019on n\u2019a un grand nez. \u2014 Beaucoup de physiologistes femelles tirent aussi de la dimension de cette honn\u00eate partie du visage un augure on ne peut pas plus avantageux. [\u2026] Les \u00e9l\u00e9phants qui ont de l\u2019intelligence \u00e0 faire rougir bien des po\u00e8tes, ne doivent cet esprit qu\u2019on leur voit qu\u2019\u00e0 la prodigieuse extension de leur nez&nbsp;; \u2014 car leur trompe est un v\u00e9ritable nez de cinq ou six pieds de long. \u2014 Excusez du peu&nbsp;! \/ Cette nasologie pourra fort bien ne pas para\u00eetre \u00e0 sa place au commencement d\u2019un article de critique litt\u00e9raire&nbsp;; \u2014 mais en ouvrant le premier volume de Bergerac, o\u00f9 se voit son portrait en taille douce, la dimension gigantesque et la forme singuli\u00e8re de son nez m\u2019ont tellement saut\u00e9 aux yeux que je m\u2019y suis arr\u00eat\u00e9 plus longtemps que la chose ne valait, et que je me suis laiss\u00e9 aller \u00e0 ces profondes r\u00e9flexions que l\u2019on vient de lire et \u00e0 beaucoup d\u2019autres dont je fais gr\u00e2ce au lecteur.&nbsp;\u00bb<br>Th\u00e9ophile Gautier, in <em>Les Grotesques<\/em>, d\u00e9but du chapitre VI consacr\u00e9 \u00e0 Cyrano de Bergerac, <em>passim<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nh28\">28<\/a>]&nbsp;.\u2014 O\u00f9 les mots substituts enfin, ayant la pesanteur des corps, s\u2019\u00e9treignent dans le ciel-m\u00eame d\u2019une nuit, quand les corps, eux, restent en place&nbsp;: (R)&nbsp;: \u00ab&nbsp;Aujourd\u2019hui\/Vos mots sont h\u00e9sitants. Pourquoi&nbsp;? (C)&nbsp;: C\u2019est qu\u2019il fait nuit,\/Dans cette ombre, \u00e0 t\u00e2tons, ils cherchent votre oreille.\/ (R)&nbsp;: Les miens n\u2019\u00e9prouvent pas difficult\u00e9 pareille.\/ (C)&nbsp;: Ils trouvent tout de suite&nbsp;? Oh&nbsp;! cela va de soi,\/Puisque c\u2019est dans mon c\u0153ur, eux, que je les re\u00e7ois&nbsp;;\/Or, moi j\u2019ai le c\u0153ur grand, vous, l\u2019oreille petite.\/D\u2019ailleurs vos mots \u00e0 vous descendent&nbsp;: ils vont vite,\/Les miens montent, Madame&nbsp;: il leur faut plus de temps&nbsp;!\/(R)&nbsp;: Mais ils montent bien mieux depuis quelques instants.\/(C)&nbsp;: De cette gymnastique, ils ont pris l\u2019habitude&nbsp;!\/(R)&nbsp;: Je vous parle, en effet, d\u2019une vraie altitude&nbsp;!\/(C)&nbsp;: Certes, et vous me tueriez si de cette hauteur\/Vous me laissiez tomber un mot dur sur le c\u0153ur&nbsp;!&nbsp;\u00bb Acte III, sc\u00e8ne 7, v. 1378-1389.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nh29\">29<\/a>]&nbsp;.\u2014 Edmond Rostand, in <em>Cyrano de Bergerac<\/em>, Acte II, sc 7, v. 252-264, <em>passim<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nh30\">30<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>Ibid<\/em>., v. 204-216, <em>passim<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nh31\">31<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>Ibid.<\/em>, v. 216-224.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nh32\">32<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>Ibid.<\/em>, v. 233-237.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nh33\">33<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>Ibid.<\/em>, v. 237-244.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nh34\">34<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>Ibid.<\/em>, v. 245-250.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article199.html#nh35\">35<\/a>]&nbsp;.\u2014 Pour paraphraser l\u2019Antonin Artaud du livre majeur du Th\u00e9\u00e2tre au XXe&nbsp;: <em>Le Th\u00e9\u00e2tre de la Cruaut\u00e9<\/em> (1933) repris in <em>Le Th\u00e9\u00e2tre et son double<\/em> (1938).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>(\u2014 Pour ouvrir un d\u00e9bat&nbsp;? \u2014&nbsp;\u00c0 chaque fin de si\u00e8cle, se repose le probl\u00e8me du&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_editorskit_title_hidden":false,"_editorskit_reading_time":0,"_editorskit_is_block_options_detached":false,"_editorskit_block_options_position":"{}","advgb_blocks_editor_width":"","advgb_blocks_columns_visual_guide":"","_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":""},"categories":[8],"tags":[],"class_list":["post-432","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-voies-textes-critiques"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.3 - 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