{"id":466,"date":"2008-01-25T16:08:00","date_gmt":"2008-01-25T15:08:00","guid":{"rendered":"http:\/\/revuepolaire.com\/?p=466"},"modified":"2023-08-06T16:10:43","modified_gmt":"2023-08-06T14:10:43","slug":"franz-kafka-ou-le-non-ne-chapitre-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/2008\/01\/25\/franz-kafka-ou-le-non-ne-chapitre-2\/","title":{"rendered":"Franz Kafka ou le \u00ab\u00a0Non-n\u00e9\u00a0\u00bb, chapitre 2"},"content":{"rendered":"\n<p>Franz Kafka ou l\u2019Homme sans corps<\/p>\n\n\n\n<p><strong>MILENA JESENSKA-POLLAK OU<br>L\u2019IMPOSSIBLE H\u00c9LO\u00cfSE.<br><\/strong><br><small>\u00ab&nbsp;Sans cesse l\u2019image d\u2019un large couteau de charcutier qui, me prenant de c\u00f4t\u00e9, entre promptement en moi avec une r\u00e9gularit\u00e9 m\u00e9canique et d\u00e9tache de tr\u00e8s minces tranches qui s\u2019envolent, en s\u2019enroulant presque sur elles-m\u00eames tant le travail est rapide&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article94.html#nb1\">1<\/a>].&nbsp;\u00bb<\/small><br><br><br>S\u2019il est vrai qu\u2019un artiste s\u2019incarne dans son \u0152uvre, que son \u0152uvre est un corps de substitution et que tout cr\u00e9ateur par d\u00e9finition cr\u00e9e \u00ab&nbsp;\u00e0 son image&nbsp;\u00bb, il convient de se poser certaines questions concernant le rapport que Kafka entretenait avec le corps humain, la plastique et la m\u00e9canique humaine&nbsp;; entendons l\u00e0&nbsp;: son propre corps, celui des autres, celui de l\u2019autre, de l\u2019\u00e2me s\u0153ur, de l\u2019<em>alter ego,<\/em> la compagne complice en v\u00e9rit\u00e9 pour lui toujours immuablement intouchable, impossible comme pour Kierkegaard.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la vie amoureuse impossible, dans la vie immuablement emp\u00each\u00e9e de Franz Kafka \u2014 l\u2019inhib\u00e9 radical, le castr\u00e9 fondamental \u2014 passe une femme miroir, une femme psych\u00e9 qui le r\u00e9fl\u00e9chit, qui nous r\u00e9v\u00e8le son image&nbsp;: Milena Jesenska-Pollak&nbsp;; elle est la seule femme, qui, \u00e0 proprement parler, l\u2019envisagera tel qu\u2019en soi-m\u00eame il a toujours \u00e9t\u00e9 depuis le traumatisme incurable qu\u2019il devait \u00e0 Hermann Kafka, son p\u00e8re&nbsp;; elle est la seule et unique femme qui, \u00e0 proprement parler, va vouloir l\u2019aimer, et surtout, en partie, en s\u2019adaptant \u00e0 ses fa\u00e7ons, \u00e0 sa folie, cherchera vraiment \u00e0 y parvenir. Bien s\u00fbr, on ne saurait r\u00eaver \u00eatres plus oppos\u00e9s qu\u2019elle et lui. C\u2019est par l\u00e0-m\u00eame qu\u2019ils vont pouvoir se compl\u00e9ter, se \u00ab\u00a0marier\u00a0\u00bb, en quelque sorte\u2026&nbsp;: du moins sur le plan psychique.<\/p>\n\n\n\n<p>Si Kafka est l\u2019inhib\u00e9 par excellence, Milena Jensenska-Pollak, quoique de quatorze ann\u00e9es sa cadette, elle, d\u00e8s son adolescence peut appara\u00eetre comme une sorte de Papesse de la d\u00e9cadence, une femme, plus moderne que \u00ab\u00a0fin de si\u00e8cle\u00a0\u00bb en somme, \u00e0 la fois dans sa vie priv\u00e9e et dans ses choix politiques. Sit\u00f4t la mort de sa m\u00e8re et son enfermement cons\u00e9cutif dans un pensionnat religieux, une <em>aura<\/em> sulfureuse l\u2019entoure&nbsp;: on lui pr\u00eate des aventures homosexuelles sur arri\u00e8re-plan de drogue&nbsp;; d\u00e9sireuse de \u00ab\u00a0vivre\u00a0\u00bb au plus t\u00f4t, en brisant le carcan moral, familial et social par trop pesant, elle se met en m\u00e9nage d\u00e8s l\u2019\u00e2ge de dix-huit ans avec un boh\u00e8me nomm\u00e9 Ernst Pollak&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article94.html#nb2\">2<\/a>]&nbsp;; pour cette raison son p\u00e8re, stomatologiste de renom et caricature de la respectabilit\u00e9 bourgeoise, apr\u00e8s la pension la place de force dans un h\u00f4pital psychiatrique&nbsp;; mais la r\u00e9clusion, qui dure neuf mois, se voit couronn\u00e9e \u2014 par le simple fait de la volont\u00e9 retorse et rebelle de la cavale&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article94.html#nb3\">3<\/a>] \u2014 par son union d\u00e8s sa majorit\u00e9 l\u00e9gale avec le d\u00e9nomm\u00e9 Pollak et la rupture avec le p\u00e8re est consomm\u00e9e. Pas de \u00ab&nbsp;Lettre au p\u00e8re&nbsp;\u00bb pour ce qui la concerne&nbsp;: rien ne vaut en effet pour ce qui la concerne, en cette mati\u00e8re, les faits, les actes. Elle les provoque, elle les assume&nbsp;: elle est une fille de choc et de rupture&nbsp;; c\u2019est parmi ce type d\u2019\u00eatres que l\u2019amour et que l\u2019amiti\u00e9 recrutent souvent, pour les inventer \u2014 les \u00ab&nbsp;r\u00e9inventer&nbsp;\u00bb comme dirait Rimbaud de l\u2019amour, \u2014 les plus belles fid\u00e9lit\u00e9s.<br>Traductrice, journaliste, elle \u00e9crit dans des revues anarchisantes comme la revue <em>Kmen<\/em>, o\u00f9 en avril 1920, elle fera para\u00eetre sa premi\u00e8re traduction d\u2019un texte de Kafka&nbsp;: la traduction du <strong>\u00ab&nbsp;Soutier&nbsp;\u00bb<\/strong> en tch\u00e8que qui sera pr\u00e9texte, le pr\u00e9-texte \u2014 c\u2019est le cas de le dire ici \u2014 \u00e0 leur relation. Milena Polak, une femme libre, va tenter de prot\u00e9ger l\u2019homme le moins libre de son si\u00e8cle, c\u2019est ainsi qu\u2019il se sent \u00eatre du moins, en apparence&nbsp;: Franz Kafka.<br>Sur quel type de rapport leur relation est-elle fond\u00e9e&nbsp;? C\u2019est une question. Comme pour toutes les vraies questions de fond, la r\u00e9ponse ne va pas de soi. Milena est jeune, Milena est belle \u2014 entendons qu\u2019elle est pleine de charme \u2014 un charme un peu \u00e9trange car elle est un peu masculine avec sa t\u00eate assez carr\u00e9e, la fossette fortement marqu\u00e9e de son menton, ses traits puissamment dessin\u00e9s. Certes, une fois de plus avec Kafka, pour Kafka, \u00e0 premi\u00e8re vue, il s\u2019agit d\u2019une amiti\u00e9 amoureuse, non exempte d\u2019\u00e9rotisme, de cet \u00e9rotisme fr\u00f4leur, caress\u00e9 \u2014 par mots interpos\u00e9s \u2014dont il \u00e9tait capable, seulement capable&nbsp;: un amour platonique mais fr\u00f4leur. Cependant qu\u2019on ne s\u2019y trompe pas, de toutes les \u00ab\u00a0fianc\u00e9es\u00a0\u00bb de Kafka, Milena est la seule qui ait su jouer avec lui \u00e0 la fois le r\u00f4le d\u2019une m\u00e8re protectrice \u2014 ce que r\u00e9v\u00e8le la correspondance qu\u2019elle a entretenue au sujet de Kafka avec Max Brod, \u2014 non seulement de m\u00e8re, mais de fille. Ce sont l\u00e0 deux secrets d\u00e9sirs de Kafka, qu\u2019elle a su en partie exhausser. Elle a su, en effet, pour se garder dans son c\u0153ur, le valoriser ainsi, et, tout en \u00e9tant fantasmatiquement sa m\u00e8re, elle jouait de par leur diff\u00e9rence d\u2019\u00e2ge, aussi, le r\u00f4le de fille. Elle fut \u00ab\u00a0m\u00e8re-fille\u00a0\u00bb, ne pouvant avec lui \u00eatre \u00ab\u00a0fille-m\u00e8re\u00a0\u00bb, \u00e9pouse ou amante, ne pouvant avec lui n\u2019engendrer que des \u0153uvres pour r\u00e9aliser son amour. Elle s\u2019en contenta. Litt\u00e9raire, \u00e9crivain elle-m\u00eame (du m\u00e9tier, vraiment&nbsp;!), elle savait que ce genre d\u2019enfants-l\u00e0 a la vie souvent bien plus longue que celle des enfants de chair, ces enfants fr\u00e9quemment assez d\u00e9cevants somme toute, surprenants pour le moins, d\u00e9routants, que, souvent, si l\u2019on veut \u00eatre honn\u00eate avec soi&nbsp;: on ne reconna\u00eet pas&nbsp;; \u00e0 cet \u00e9gard, elle et Kafka en savait douloureusement quelque chose.<br>La relation avec Milena est tr\u00e8s significativement inscrite chronologiquement juste apr\u00e8s la r\u00e9daction pour Kafka de sa <strong><em>Lettre au p\u00e8re<\/em> <\/strong><em>,<\/em> juste apr\u00e8s donc sa tentative la plus achev\u00e9e \u2014 la moins aboutie nonobstant\u2026&nbsp;: non pas sur le plan litt\u00e9raire, mais sur le plan de la curation n\u00e9vrotique \u2014 d\u2019\u00e9crire \u00ab&nbsp;Le Livre&nbsp;\u00bb panac\u00e9e, qui devait enfin le gu\u00e9rir, lui faire se pardonner ce p\u00e9ch\u00e9 originel, original (tellement qu\u2019il ne peut le communiquer, le nommer donc l\u2019exorciser), et qu\u2019il tra\u00eene partout et toujours, en tous lieux, tout temps, tout hors-lieu, hors-temps, tout fantasme, donc dans chaque amour \u00e9galement.<br>Parce que Milena Jesenska-Pollak avait d\u00fb subir le m\u00eame rapport d\u00e9sastreux au p\u00e8re et qu\u2019elle en \u00e9tait sortie vainqueur, elle\u2026 parce qu\u2019elle avait trouv\u00e9 comme compensation n\u00e9vrotique momentan\u00e9e l\u2019homosexualit\u00e9 et la drogue comme un forceps pour s\u2019accoucher \u00e0 soi-m\u00eame et avait affirm\u00e9 ainsi une nature androgyne\u2026 parce qu\u2019elle assumait pleinement, non seulement sa sexuation en d\u00e9finitive, mais encore sa sexualit\u00e9 avec les hommes\u2026 Milena incarnait non seulement pour Kafka la mat\u00e9rialisation humaine de la v\u00e9rit\u00e9 de l\u2019aphorisme de Nietzsche&nbsp;: \u00ab&nbsp;Tout ce qui ne nous d\u00e9truit pas nous construit&nbsp;\u00bb, mais encore une sorte de \u00ab\u00a0Femme-homme\u00a0\u00bb, ce que peut-\u00eatre il avait toujours inconsciemment cherch\u00e9 de fait, r\u00eavant une femme totalement d\u00e9tentrice du \u00ab&nbsp;Phallus&nbsp;\u00bb au sens o\u00f9 Lacan l\u2019entendra, et, qui le dispensait, lui, par cette voie, par ce fait, de l\u2019obligation d\u2019en arborer un pour oser l\u2019aborder et la fr\u00e9quenter, pour entretenir avec elle une relation, m\u00eame fugitive. Avec elle, nul besoin d\u2019\u00ab&nbsp;avoir un os&nbsp;\u00bb, et de \u00ab&nbsp;montrer l\u2019os&nbsp;\u00bb comme dira plus tard Antonin Artaud dans les vocif\u00e9rations g\u00e9niales de son \u00e9mission interdite intitul\u00e9e&nbsp;: \u00ab&nbsp;Pour en finir avec le jugement de Dieu&nbsp;\u00bb. \u2014 De Dieu&nbsp;?\u2026 Du p\u00e8re, en somme.<\/p>\n\n\n\n<p>Quand Kafka rencontre par voie \u00e9pistolaire \u2014 cette voie privil\u00e9gi\u00e9e pour lui, puisque d\u00e9sincarn\u00e9e, ou plut\u00f4t ne mettant en jeu que ces corps interpos\u00e9s que sont les lettres, le corps des lettres, \u2014 quand Kafka donc rencontre par voie \u00e9pistolaire d\u2019abord Milena Jesenska-Pollak, il sort d\u2019une relation avec Julie Wohryzek, rencontr\u00e9e \u00e0 Schlesen pr\u00e8s de Liboch, \u00e0 la pension St\u00fcdl. Julie Wohryzek est une jeune modiste pragoise, <strong>\u00ab&nbsp;pas Juive, pas non-juive, pas allemande, pas non-allemande<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article94.html#nb4\">4<\/a>] <strong>&nbsp;\u00bb<\/strong> comme il l\u2019\u00e9crit \u00e0 Brod, fille tr\u00e8s d\u00e9lur\u00e9e et qui le fait rire parce qu\u2019elle sert de miroir \u00e0 son inhibition et qu\u2019il aime \u00e0 rire de soi-m\u00eame&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article94.html#nb5\">5<\/a>]. Toutefois, son vice froufroutant, s\u2019il le divertit au sens pascalien du terme, ne lui apporte pas de solution puisqu\u2019il n\u2019est pas pens\u00e9&nbsp;: il ne saurait ainsi pr\u00e9tendre un seul instant \u00eatre de l\u2019ordre de cette lib\u00e9ration qu\u2019a conquise Milena pour vivre, pour vivre enfin, en d\u00e9pit de son propre p\u00e8re et de la volont\u00e9 qu\u2019il avait de castrer sa fille \u2014 la castrer, oui, car enfin, si les femmes peuvent avoir le phallus aussi, ainsi que le dit justement et sagement Jacques Lacan, lucide, on peut donc les castrer aussi. \u2014<br>La libert\u00e9 de m\u0153urs de Milena est incomparable, analogiquement inassimilable avec le bourdonnement fol\u00e2tre de Julie Wohryzek, petite volage coquette et vaine, que Kafka en d\u00e9finitive avoue \u00eatre <strong>\u00ab&nbsp;aussi insignifiante qu[\u2019une] mouche par exemple qui vole vers la lumi\u00e8re [d\u2019une] lampe<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article94.html#nb6\">6<\/a>] <strong>&nbsp;\u00bb<\/strong>. La libert\u00e9 de m\u0153urs de Milena est r\u00e9volutionnaire, elle, et ne rel\u00e8ve pas du vice, en aucune mani\u00e8re, car cette libert\u00e9 de m\u0153urs est pens\u00e9e, n\u2019est qu\u2019un outil de lib\u00e9ration et pas une fin en soi, ce qui serait absurde, et ce que l\u2019aust\u00e8re et prude Kafka ne saurait admettre.<br>Conscient de la vulgarit\u00e9 fondamentale de Julie au sens baudelairien du terme&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article94.html#nb7\">7<\/a>], Kafka sera mortifi\u00e9 des reproches que son p\u00e8re lui fera de fr\u00e9quenter pr\u00e9cis\u00e9ment cette jeune fille et d\u2019envisager de l\u2019\u00e9pouser&nbsp;; par ses propos, castrateurs une fois encore, et d\u2019une absolue perversion \u2014 puisqu\u2019apr\u00e8s avoir castr\u00e9 le fils, le p\u00e8re sadiquement et ironiquement l\u2019accuse de perversion sexuelle, \u2014 le p\u00e8re va briser, une fois de plus, les fian\u00e7ailles de son fils. Kafka, c\u00e9dant plus que jamais \u00e0 son habitude de recours n\u00e9vrotique, en tentative vaine d\u2019exorcisme, laissera appara\u00eetre des traces de cette humiliation dans sa litt\u00e9rature ensuite&nbsp;; pire, pour la premi\u00e8re fois, sa litt\u00e9rature, son \u0152uvre, avec <strong><em>Le Verdict<\/em><\/strong> \u2014 cet \u00e9crit pr\u00e9c\u00e9dant l\u2019\u00e9v\u00e9nement de sept ans \u2014 va s\u2019av\u00e9rer non pas exorcisme, mais bien proph\u00e9tie de l\u2019horreur, va r\u00e9v\u00e9ler \u00e0 Kafka que par sa litt\u00e9rature il ne se lib\u00e8re pas de sa n\u00e9vrose mais bien au contraire s\u2019inscrit au sein de sa tautologie&nbsp;: <strong>\u00ab&nbsp;C\u2019est parce qu\u2019elle a retrouss\u00e9 ses jupes, parce qu\u2019elle a retrouss\u00e9 ses jupes comme \u00e7a, cette oie r\u00e9pugnante [\u2026] que tu t\u2019es mis apr\u00e8s elle\u2026&nbsp;\u00bb<\/strong> fait-il dire \u00e0 Bendemann (personnage du <strong><em>Verdict<\/em> <\/strong>) qui incarne dans le roman Hermann Kafka.<br>De ce nouvel \u00e9chec avec Julie Wohryzek, et des propos du p\u00e8re qui viennent le sanctionner, cruellement le souligner, Kafka est d\u2019autant plus mortifi\u00e9 qu\u2019au fond de soi-m\u00eame il ne peut que donner raison \u00e0 son p\u00e8re, puisqu\u2019il pense comme Baudelaire et avec Baudelaire, autre inhib\u00e9 fondamental, que toute jeune fille est, en d\u00e9finitive, une fois le r\u00eave d\u2019amour pass\u00e9, \u00e9vanoui comme un nuage de fum\u00e9e, t\u00f4t dissip\u00e9&nbsp;: \u00ab&nbsp;une petite sotte et une petite salope&nbsp;\u00bb, sans plus. C\u2019est ainsi en effet que Baudelaire voyait toute jeune fille&nbsp;: \u00ab&nbsp;La jeune fille \u00e9pouvantail, monstre, assassin de l\u2019art. \/ La jeune fille, ce qu\u2019elle est en r\u00e9alit\u00e9. \/\/ Une petite sotte et une petite salope&nbsp;; la plus grande imb\u00e9cillit\u00e9 unie \u00e0 la plus grande d\u00e9pravation. \/ Il y a dans la jeune fille toute l\u2019abjection du voyou et du coll\u00e9gien&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article94.html#nb8\">8<\/a>].&nbsp;\u00bb Ce point de vue tr\u00e8s cru et tr\u00e8s hyst\u00e9rique, s\u2019il est refoul\u00e9 chez Kafka n\u2019en est pas moins tr\u00e8s visiblement r\u00e9current, toujours pr\u00e9sent \u00e0 terme, dans l\u2019implicite.<br>M\u00eame si, Kafka peut se r\u00e9p\u00e9ter avec Baudelaire&nbsp;: \u00ab&nbsp;Le monde ne marche que par le malentendu. \/ \u2014 C\u2019est par le malentendu universel que tout le monde s\u2019accorde. \/ \u2014 Car si, par malheur, on se comprenait, on ne pourrait jamais s\u2019accorder. \/ [c\u2019est bien l\u00e0 un malheur que Kafka conna\u00eet ou commet sans cesse&nbsp;; m\u00eame s\u2019il peut penser avec Baudelaire que] l\u2019homme d\u2019esprit, celui qui ne s\u2019accordera jamais avec personne, doit s\u2019appliquer \u00e0 aimer la conversation des imb\u00e9ciles et la lecture des mauvais livres [\u2026] [, parce qu\u2019]Il en tirera des jouissances am\u00e8res qui compenseront largement sa fatigue&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article94.html#nb9\">9<\/a>]&nbsp;\u00bb, il ne peut s\u2019emp\u00eacher d\u2019ajouter sempiternellement pour soi, dans son fors int\u00e9rieur avec Baudelaire que<\/p>\n\n\n\n<p><small>Dans l\u2019amour comme dans presque toutes les affaires humaines, l\u2019entente cordiale est le r\u00e9sultat d\u2019un malentendu. Ce malentendu, c\u2019est le plaisir. L\u2019homme crie&nbsp;: \u00ab&nbsp;Oh&nbsp;! mon ange&nbsp;!&nbsp;\u00bb La femme roucoule&nbsp;: \u00ab&nbsp;Maman&nbsp;! maman&nbsp;!&nbsp;\u00bb Et ces deux imb\u00e9ciles sont persuad\u00e9s, qu\u2019ils pensent de concert. \u2014 Le gouffre infranchissable, qui fait l\u2019incommunicabilit\u00e9, reste infranchi&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article94.html#nb10\">10<\/a>].<\/small><\/p>\n\n\n\n<p>Avec l\u2019univers baudelairien et sur la question de l\u2019amour physique, Kafka partage tout ou presque tout \u00e0 vrai dire avec Baudelaire. Baudelaire poursuit, Baudelaire \u00e9crit encore pour mieux \u00e9clairer notre objet et nous d\u00e9sabuser de lui&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><small>Je crois que j\u2019ai d\u00e9j\u00e0 \u00e9crit dans mes notes que l\u2019amour ressemblait fort \u00e0 une torture ou \u00e0 une op\u00e9ration chirurgicale. Mais cette id\u00e9e peut-\u00eatre d\u00e9velopp\u00e9e de la mani\u00e8re la plus am\u00e8re. Quand m\u00eame les deux amants seraient tr\u00e8s-\u00e9pris et tr\u00e8s-pleins de d\u00e9sirs r\u00e9ciproques, l\u2019un des deux sera toujours plus calme et moins poss\u00e9d\u00e9 que l\u2019autre. Celui-l\u00e0, ou celle-l\u00e0, c\u2019est l\u2019op\u00e9rateur, ou le bourreau&nbsp;; l\u2019autre, c\u2019est le sujet, la victime. Entendez-vous ces soupirs, pr\u00e9ludes d\u2019une trag\u00e9die de d\u00e9shonneur, ces g\u00e9missements, ces cris, ces r\u00e2les&nbsp;? Qui ne les a prof\u00e9r\u00e9s, qui ne les a irr\u00e9sistiblement extorqu\u00e9s&nbsp;? Et que trouvez-vous de pire dans la question appliqu\u00e9e par de soigneux tortionnaires&nbsp;? Ces yeux de somnambule r\u00e9vuls\u00e9s, ces membres dont les muscles jaillissent et se roidissent comme sous l\u2019action d\u2019une pile galvanique, l\u2019ivresse, le d\u00e9lire, l\u2019opium, dans leurs plus furieux r\u00e9sultats, ne vous en donneront certes pas d\u2019aussi affreux, d\u2019aussi curieux exemples. Et le visage humain, qu\u2019Ovide croyait fa\u00e7onn\u00e9 pour refl\u00e9ter les astres, le voil\u00e0 qui ne parle plus qu\u2019une expression de f\u00e9rocit\u00e9 folle, ou qui se d\u00e9tend dans une esp\u00e8ce de mort. Car, certes, je croirais faire un sacril\u00e8ge en appliquant le mot&nbsp;: extase \u00e0 cette sorte de d\u00e9composition&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article94.html#nb11\">11<\/a>].<br><br>\u2014&nbsp;\u00c9pouvantable jeu o\u00f9 il faut que l\u2019un des joueurs perde le gouvernement de soi-m\u00eame&nbsp;!<br>Une fois il fut demand\u00e9 devant moi en quoi consistait le plus grand plaisir de l\u2019amour. Quelqu\u2019un r\u00e9pondit naturellement&nbsp;: \u00e0 recevoir, \u2014 et un autre&nbsp;: \u00e0 se donner. \u2014 Celui-ci dit&nbsp;: plaisir d\u2019orgueil&nbsp;! \u2014 et celui-l\u00e0&nbsp;: volupt\u00e9 de l\u2019humilit\u00e9&nbsp;! Tous ces orduriers parlaient comme <em>L\u2019Imitation de J\u00e9sus-Christ.<\/em> \u2014 Enfin, il se trouva un imprudent utopiste qui affirma que le plus grand plaisir de l\u2019amour \u00e9tait de former des citoyens pour la patrie.<br>Moi, je dis&nbsp;: la volupt\u00e9 unique et supr\u00eame de l\u2019amour g\u00eet dans la certitude de faire le <em>mal.<\/em> \u2014 Et l\u2019homme et la femme savent de naissance que dans le mal se trouve toute volupt\u00e9&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article94.html#nb12\">12<\/a>].<\/small><\/p>\n\n\n\n<p>Milena, qui n\u2019est plus depuis bien longtemps ce qu\u2019on nomme \u2014 \u00e0 proprement parler&nbsp;? On ne sait\u2026 \u2014&nbsp;: une \u00ab&nbsp;jeune fille&nbsp;\u00bb, certes, pour Kafka, se trouve \u00ab&nbsp;par-del\u00e0 le Bien et le Mal&nbsp;\u00bb (pour emprunter un titre \u00e0 nouveau \u00e0 Friedrich Nietzsche) de mani\u00e8re indubitable. N\u2019en demeure pas moins que, lorsque Baudelaire parle du \u00ab&nbsp;mode de la g\u00e9n\u00e9ration&nbsp;\u00bb en termes scatologiques, Franz Kafka ne manquerait pas de le suivre \u00e0 la virgule pr\u00e8s \u2014 \u00e0 la virgule, oui, et au point pr\u00e8s, \u2014 ob\u00e9issant comme lui \u00e0 la f\u00e9rule de l\u2019hyst\u00e9rie&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><small>Dans <em>Les Oreilles du comte de Chesterfield,<\/em> Voltaire plaisante sur cette \u00e2me immortelle qui a r\u00e9sid\u00e9 pendant neuf mois entre des excr\u00e9ments et des urine. Voltaire comme tous les paresseux, ha\u00efssait le myst\u00e8re. [En marge&nbsp;:] Au moins aurait-il pu deviner dans cette localisation une malice ou une satire de la Providence contre l\u2019amour, et, dans le mode de la g\u00e9n\u00e9ration, un signe du p\u00e9ch\u00e9 originel. De fait, nous ne pouvons faire l\u2019amour qu\u2019avec des organes excr\u00e9mentiels. \/ Ne pouvant pas supprimer l\u2019amour, l\u2019\u00c9glise a voulu au moins le d\u00e9sinfecter, et elle a fait le mariage&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article94.html#nb13\">13<\/a>].<\/small><\/p>\n\n\n\n<p>Les d\u00e9ductions que tire Baudelaire de ce constat, sont \u00ab\u00a0kafka\u00efennes\u00a0\u00bb avant l\u2019heure&nbsp;: \u00ab&nbsp;Plus l\u2019homme cultive les arts, moins il bande. \/ Il se fait un divorce de plus en plus sensible entre l\u2019esprit et la brute. \/ La brute seule bande bien, et la fouterie est le lyrisme du peuple. \/\/ Foutre, c\u2019est aspirer \u00e0 entrer dans un autre, et l\u2019artiste ne sort jamais de lui-m\u00eame&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article94.html#nb14\">14<\/a>].&nbsp;\u00bb Kafka\u00efenne aussi cette constatation horrifi\u00e9e et d\u00e9sabus\u00e9e&nbsp;: \u00ab&nbsp;Go\u00fbt invincible de la prostitution dans le c\u0153ur de l\u2019homme, d\u2019o\u00f9 na\u00eet son horreur de la solitude. \u2014 Il veut \u00eatre <em>deux.<\/em> L\u2019homme de g\u00e9nie veut \u00eatre <em>un,<\/em> donc solitaire. \/ La gloire, c\u2019est rester <em>un,<\/em> et se prostituer d\u2019une mani\u00e8re particuli\u00e8re. \/ C\u2019est cette horreur de la solitude, le besoin d\u2019oublier son <em>moi<\/em> dans la chair ext\u00e9rieure, que l\u2019homme appelle noblement <em>besoin<\/em> d\u2019aimer&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article94.html#nb15\">15<\/a>].&nbsp;\u00bb Kafka\u00efen avant l\u2019heure enfin que cet aveu&nbsp;: \u00ab&nbsp;Ce qu\u2019il y a d\u2019ennuyeux dans l\u2019amour, c\u2019est que c\u2019est un crime o\u00f9 l\u2019on ne peut pas se passer d\u2019un complice&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article94.html#nb16\">16<\/a>].&nbsp;\u00bb<br>On pourra trouver \u00e9galement tr\u00e8s int\u00e9ressantes, partant tr\u00e8s significatives, si l\u2019on songe au rapport que Kafka va entretenir avec Milena, ces deux autres notations baudelairiennes&nbsp;: une question, suivie d\u2019une affirmation p\u00e9remptoire&nbsp;: \u00ab&nbsp;Pourquoi l\u2019homme d\u2019esprit aime les filles plus que les femmes du monde, malgr\u00e9 qu\u2019elles soient \u00e9galement b\u00eates&nbsp;? \u2014 \u00c0 trouver&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article94.html#nb17\">17<\/a>].&nbsp;\u00bb La r\u00e9ponse, Baudelaire semble la fournir encore (d\u00e9cid\u00e9ment, comme Kafka, il est pens\u00e9, il est port\u00e9 par la question)&nbsp;: \u00ab&nbsp;Nous aimons les femmes \u00e0 proportion qu\u2019elles nous sont plus \u00e9trang\u00e8res. Aimer les femmes intelligentes est un plaisir de p\u00e9d\u00e9raste. Ainsi la bestialit\u00e9 exclut la p\u00e9d\u00e9rastie&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article94.html#nb18\">18<\/a>].&nbsp;\u00bb Il fournit quand m\u00eame sur ce point quelque explication, fut-elle fort sommaire&nbsp;: \u00ab&nbsp;La femme ne sait pas s\u00e9parer l\u2019\u00e2me du corps. Elle est simpliste comme les animaux. \u2014 Un satirique dirait que c\u2019est parce qu\u2019elle n\u2019a que le corps&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article94.html#nb19\">19<\/a>].&nbsp;\u00bb On appr\u00e9ciera \u00e0 sa juste valeur la conclusion qu\u2019il en tire \u00e0 jamais pour soi&nbsp;: \u00ab&nbsp;Le vrai h\u00e9ros s\u2019amuse tout seul&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article94.html#nb20\">20<\/a>].&nbsp;\u00bb Enfin, comme pour rajouter, pour faire face \u00e0 toute cette douleur d\u2019impuissance, d\u2019impuissance absolue, un codicille, cet aphorisme sibyllin, pr\u00e9kafka\u00efen en soi, aussi&nbsp;: \u00ab&nbsp;Le sto\u00efcisme [est une] religion qui n\u2019a qu\u2019un sacrement, \u2014 le suicide&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article94.html#nb21\">21<\/a>]&nbsp;!&nbsp;\u00bb On sait que Kafka comme Baudelaire y songera souvent pour ne pas dire toute sa vie inconsciemment.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec Milena pour Kafka, avec Milena Jesenska-Pollak pas plus qu\u2019avec les autres, pas de \u00ab&nbsp;\u00e7a&nbsp;\u00bb donc, pas de sexe&nbsp;; du moins au d\u00e9part, peut-il le r\u00eaver, peut-il penser. Kafka, quelle que soit l\u2019affection sinc\u00e8re et profonde qu\u2019il peut \u00e9prouver pour Milena, ne saurait remettre en cause la vision qu\u2019il a de la femme. C\u2019est sa folie qui veut cela. \u00c0 cet \u00e9gard, pour mieux comprendre cette vision, mieux la concevoir, pour prospecter son obsession et sa n\u00e9vrose, le rapprochement de l\u2019univers Kafka\u00efen avec celui du po\u00e8me de Baudelaire \u00ab&nbsp;Une charogne&nbsp;\u00bb \u2014 ce rapport que nous avions d\u00e9j\u00e0 risqu\u00e9 dans le chapitre pr\u00e9c\u00e9dent \u2014 appara\u00eet \u00e9vident lorsqu\u2019on lit cette \u00e9vocation que Kafka fait d\u2019une chienne, qui semble \u00eatre l\u2019all\u00e9gorie, jouer le r\u00f4le d\u2019all\u00e9gorie de la f\u00e9minit\u00e9 et du corps de la femme, tels qu\u2019il les ressent, depuis sa plus petite enfance&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><small>Une chienne puante, magnifiquement prolifique, par endroits d\u00e9j\u00e0 pourrissante, mais qui dans mon enfance \u00e9tait tout pour moi, qui dans sa fid\u00e9lit\u00e9 me suit partout, que je ne peux me convaincre de battre, mais devant qui, fuyant jusqu\u2019\u00e0 son souffle, je c\u00e8de et recule pas \u00e0 pas, et qui pourtant, si je n\u2019en d\u00e9cide pas autrement, me coincera dans l\u2019angle d\u00e9j\u00e0 visible du mur, pour y pourrir compl\u00e8tement sur moi et avoir moi, avec jusqu\u2019\u00e0 la fin \u2014 est-ce un honneur pour moi&nbsp;? \u2014 la chair, pus et vermine, de sa langue sur ma main&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article94.html#nb22\">22<\/a>].<\/small><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab&nbsp;L\u2019un des plus efficaces moyens de s\u00e9duction du mal<\/strong> [note Kafka dans <strong><em>R\u00e9flexions sur le p\u00e9ch\u00e9, la souffrance, l\u2019esp\u00e9rance et le vrai chemin<\/em> <\/strong><em>,<\/em> un recueil d\u2019aphorismes qu\u2019il commence en 1917, alors qu\u2019il renoue avec Felice Bauer mais bien s\u00fbr pour rompre \u00e0 nouveau, \u00e0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9, \u00e9galement \u2014 logique somatisation synchronique \u2014 il se met peu \u00e0 peu \u00e0 cracher le sang] <strong>est l\u2019invitation au combat. C\u2019est comme le combat avec les femmes, qui finit au lit<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article94.html#nb23\">23<\/a>]<strong>.&nbsp;\u00bb <\/strong>Pour Baudelaire aussi, \u00ab&nbsp;L\u2019\u00e9ternelle V\u00e9nus (caprice, hyst\u00e9rie, fantaisie) est une des formes s\u00e9duisantes du Diable&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article94.html#nb24\">24<\/a>].&nbsp;\u00bb<br>Saisir l\u2019all\u00e9gorie, savoir saisir l\u2019all\u00e9gorie pour se sauver, pour tenter d\u2019inventer une r\u00e9demption, telle sera toujours la question. Chercher au moins \u00e0 faire une fin \u00e0 d\u00e9faut d\u2019oser commencer ce serait en effet \u00e0 d\u00e9faut de se suicider la solution. Toujours en 1917, ayant revu Felice Bauer, Kafka, r\u00e9fugi\u00e9 chez sa s\u0153ur pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e, la rebelle petite Ottla, sorte de Milena en herbe, en minuscules, familiale, \u00e9crit, s\u2019\u00e9crit \u00e0 soi-m\u00eame, en avouant par l\u00e0-m\u00eame sinon une tendance schizo\u00efde au d\u00e9doublement, du moins la n\u00e9cessit\u00e9 pour lui toujours de s\u2019inventer quelque belv\u00e9d\u00e8re ph\u00e9nom\u00e9nologique pour pr\u00e9tendre \u00e0 ce regard ontologique qu\u2019il cherche et ne trouvera jamais, du moins pour lui, pour son usage&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article94.html#nb25\">25<\/a>]&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><small>Tu as, pour autant que cette possibilit\u00e9 existe en g\u00e9n\u00e9ral, la possibilit\u00e9 de faire un commencement. Ne la gaspille pas. Tu ne pourras pas \u00e9viter la boue qui se d\u00e9pose sur toi, si tu veux d\u00e9border. Mais ne t\u2019y roule pas. Si la blessure des poumons n\u2019est qu\u2019une all\u00e9gorie, comme tu le pr\u00e9tends, all\u00e9gorie de la blessure dont l\u2019inflammation s\u2019appelle Felice et la profondeur justification, s\u2019il en est ainsi, alors les conseils des m\u00e9decins (lumi\u00e8re air soleil repos) sont eux aussi all\u00e9gories. Empoigne cette all\u00e9gorie&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article94.html#nb26\">26<\/a>].<\/small><\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est ce qu\u2019on appelle&nbsp;: \u00ab\u00a0se prendre par la main\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0se secouer\u00a0\u00bb. La th\u00e9rapie fut-elle efficace&nbsp;? C\u2019est une toute autre question, ici. Felice Bauer. <strong><em>Le Proc\u00e8s<\/em> <\/strong><em>.<\/em> Julie Woyryzek. Milena. Captivant \u00ab&nbsp;fil en aiguille&nbsp;\u00bb, captivante succession de concepts comme un engrenage face auquel Kafka sent qu\u2019il ne peut pas lutter, r\u00e9sister&nbsp;: l\u2019engrenage l\u2019entra\u00eene toujours plus profond\u00e9ment dans la n\u00e9vrose, dans la folie. Juste apr\u00e8s la cuisante aventure avec Wohryzek, appara\u00eet Milena&nbsp;; une Milena d\u2019embl\u00e9e, par contraste, id\u00e9alis\u00e9e.<br>Leur premi\u00e8re vraie rencontre \u00e0 Vienne du 30 juin au 3 juillet 1920 \u2014 ne parlons pas de la toute premi\u00e8re soir\u00e9e viennoise o\u00f9 sans doute ils s\u2019\u00e9taient entr\u2019aper\u00e7us \u2014 est un enchantement pour Kafka, car ils en sont encore alors, par convenance pour ce qui le concerne, au stade de l\u2019amour platonique. Elle n\u2019attend encore rien de lui, pense-t-il&nbsp;; il n\u2019est pas tenu de faire quelque chose&nbsp;: il est donc libre encore, tout \u00e0 fait \u00e9loign\u00e9 encore de la perspective du <strong>\u00ab&nbsp;co\u00eft comme ch\u00e2timent du bonheur de vivre [et d\u2019\u00eatre] ensemble&nbsp;\u00bb<\/strong>. Milena a racont\u00e9 dans sa cinqui\u00e8me lettre \u00e0 Max Brod cette rencontre, pour elle comme pour lui, magique&nbsp;; magique, m\u00eame si pour elle, elle n\u2019exclue pas, en femme d\u2019exp\u00e9rience qu\u2019elle est, la lucidit\u00e9 d\u2019un diagnostic&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><small>Je ne suis pas parvenue \u00e0 l\u2019aider&nbsp;? Ce qu\u2019est sa peur, je le sais jusqu\u2019\u00e0 la derni\u00e8re fibre. Elle existait bien longtemps avant moi, avant qu\u2019il ne me connaisse. J\u2019ai connu sa peur avant de le conna\u00eetre lui-m\u00eame. Je me suis cuirass\u00e9e contre elle en la comprenant. Durant les quatre jours que Franz a pass\u00e9 \u00e0 mon c\u00f4t\u00e9, il l\u2019a perdue. Nous nous sommes moqu\u00e9s d\u2019elle. Je sais avec certitude qu\u2019aucun sanatorium ne parviendra \u00e0 la gu\u00e9rir. Il ne se portera jamais bien, Max, aussi longtemps qu\u2019il aura cette peur. Et aucun r\u00e9confort psychique ne peut vaincre cette peur, car la peur interdit le r\u00e9confort. Cette peur ne se rapporte pas \u00e0 moi seulement, elle se rapporte \u00e0 tout ce qui vit sans pudeur, par exemple la chair. La chair est trop d\u00e9nu\u00e9e de voile, il ne supporte pas de la voir. J\u2019ai r\u00e9ussi \u00e0 la mettre de c\u00f4t\u00e9. Quand il ressentait cette peur, il me regardait dans les yeux, nous attendions un moment, comme si nous ne retrouvions pas notre souffle ou comme si les pieds nous faisaient mal et, apr\u00e8s un moment, c\u2019\u00e9tait pass\u00e9. Il n\u2019y avait pas besoin du moindre effort, tout \u00e9tait simple et clair, je l\u2019ai tra\u00een\u00e9 derri\u00e8re moi sur les collines qui se trouvent derri\u00e8re Vienne, je marchais la premi\u00e8re, car il avan\u00e7ait lentement, il venait derri\u00e8re moi en martelant ses pas et, quand je ferme les yeux, je vois encore sa chemise blanche et son cou h\u00e2l\u00e9 et l\u2019effort qu\u2019il faisait. Il a march\u00e9 toute la journ\u00e9e, il est mont\u00e9, il est descendu, il est rest\u00e9 au soleil, il n\u2019a pas touss\u00e9 une seule fois, il a mang\u00e9 terriblement et dormi comme un loir&nbsp;; tout bonnement, il se portait bien&nbsp;; sa maladie, ces jours-l\u00e0, ressemblait au plus \u00e0 un petit rhume de cerveau. Si j\u2019\u00e9tais all\u00e9 \u00e0 Prague avec lui \u00e0 ce moment-l\u00e0, je serais rest\u00e9e pour lui celle que j\u2019\u00e9tais alors. Mais j\u2019avais les deux pieds sur terre, je suis fermement attach\u00e9e \u00e0 cette terre&nbsp;; je n\u2019\u00e9tais pas en mesure d\u2019abandonner mon mari et peut-\u00eatre \u00e9tais-je trop femme pour avoir la force de me soumettre \u00e0 cette vie, dont je savais qu\u2019elle signifierait l\u2019asc\u00e9tisme le plus aust\u00e8re&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article94.html#nb27\">27<\/a>].<\/small><\/p>\n\n\n\n<p>Comme \u00e0 un \u00e9cho bien fun\u00e8bre, on songe \u00e0 l\u2019aphorisme du <strong><em>Journal<\/em><\/strong> \u00e0 la date du 14 ao\u00fbt 1913, au plus fort de la crise avec Felice Bauer&nbsp;: <strong>\u00ab&nbsp;Le co\u00eft comme ch\u00e2timent du bonheur de vivre ensemble. Vivre dans le plus grand asc\u00e9tisme possible, plus asc\u00e9tiquement qu\u2019un c\u00e9libataire, c\u2019est pour moi l\u2019unique possibilit\u00e9 de supporter le mariage. Mais elle<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article94.html#nb28\">28<\/a>] <strong>&nbsp;?&nbsp;\u00bb<\/strong> se demandera toujours quand m\u00eame Kafka, songeant \u00e0 <strong>\u00ab&nbsp;elle[s]&nbsp;\u00bb<\/strong> en g\u00e9n\u00e9ral, \u00e0 la compagne sans cesse fantasm\u00e9e qu\u2019il cherche et qu\u2019il fuit, \u00e0 la femme&nbsp;? Pour que Milena emploie le m\u00eame terme, \u00ab&nbsp;l\u2019asc\u00e9tisme le plus aust\u00e8re&nbsp;\u00bb, c\u2019est qu\u2019elle doit l\u2019emprunter \u00e0 Kafka lui-m\u00eame et que nous pouvons nous faire une id\u00e9e d\u00e8s lors de leur conversation sur ce sujet, fonder comme une certitude le fait qu\u2019ils ont d\u00fb l\u2019aborder. Le choix de l\u2019usage de l\u2019euph\u00e9misme par Milena dans sa lettre est tr\u00e8s significatif par ailleurs de son respect et de son amour pour Kafka&nbsp;; lorsqu\u2019elle \u00e9crit en effet&nbsp;: \u00ab&nbsp;sa maladie, ces jours-l\u00e0, ressemblait au plus \u00e0 un petit rhume de cerveau&nbsp;\u00bb, c\u2019est l\u00e0 dire implicitement \u00e0 Max Brod, avouer \u00e0 Brod, rappeler \u00e0 Brod qu\u2019elle sait, qu\u2019elle le sent et qu\u2019elle le sait fou, irr\u00e9m\u00e9diablement. Si elle use d\u2019un euph\u00e9misme encore en sugg\u00e9rant \u00ab&nbsp;peut-\u00eatre \u00e9tais-je trop femme pour avoir la force de me soumettre \u00e0 cette vie [qu\u2019envisageait Franz avec elle] [\u2026] [\u00e0 cette vie, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0] l\u2019asc\u00e9tisme le plus aust\u00e8re&nbsp;\u00bb, parce que \u00ab&nbsp;je suis fermement attach\u00e9e \u00e0 cette terre&nbsp;\u00bb, parce que \u00ab&nbsp;je n\u2019\u00e9tais pas en mesure d\u2019abandonner mon mari&nbsp;\u00bb, c\u2019est une mani\u00e8re discr\u00e8te mais ferme de dire, de d\u00e9clarer sans repentir, qu\u2019elle entendait ne pas devenir une nonne pour l\u2019amour de Kafka et que le corps en ce qui la concernait \u00e9prouvait encore et lui imposait encore le besoin d\u2019exulter, m\u00eame si l\u2019amour qu\u2019elle \u00e9prouvait pour Kafka n\u2019\u00e9tait pas \u00e0 remettre en cause. Pour elle, qui respectait l\u2019inatteignable en lui, la sexualit\u00e9, le besoin de sexualit\u00e9, c\u2019\u00e9tait l\u2019inatteignable en elle, et elle entendait que Kafka le respecte en elle, autant qu\u2019elle, sans violer cette int\u00e9grit\u00e9 de sa libert\u00e9 qui lui semblait devoir rester muette et inviolable&nbsp;; en somme, c\u2019\u00e9tait \u00e0 lui de faire l\u2019effort en retour et de la respecter comme elle le respectait, elle, dans ses choix&nbsp;; il ne pouvait de toute fa\u00e7on pas la ranger au rang des autres femmes&nbsp;: sa sexualit\u00e9 \u00e0 elle n\u2019\u00e9tait pas \u00ab&nbsp;naturelle&nbsp;\u00bb comme eut dit Baudelaire, mais conquise de haute lutte, et contre le p\u00e8re d\u2019abord&nbsp;; elle avait r\u00e9ussi, l\u00e0 o\u00f9 Franz avait \u00e9chou\u00e9&nbsp;; il fallait donc qu\u2019il accepte qu\u2019elle continue de lui montrer que la voie d\u2019une lib\u00e9ration dans ce domaine du corps, contrairement \u00e0 ce qu\u2019il sentait, \u00e0 ce qu\u2019il croyait, \u00e9tait sans doute possible, encore possible aussi pour lui&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article94.html#nb29\">29<\/a>]. C\u2019\u00e9tait encore amour de son Franz pour Milena, que de continuer de tenter \u00e0 le lui prouver, m\u00eame avec un autre.<br>Comme on peut s\u2019en douter, la seconde rencontre, \u00e0 Gm\u00fcnd, \u00e0 la fronti\u00e8re austro-tch\u00e8que, est par contre, elle, d\u00e9sastreuse, car Kafka se sent tenu alors de passer aux actes, de concr\u00e9tiser ce qu\u2019il semble promettre dans ses lettres enflamm\u00e9es. Et, il ne peut pas. C\u2019est plus fort que lui. Pourtant\u2026 toutefois\u2026 il convient de supposer, de poser comme postulat que Milena, femme libre, attend la concr\u00e9tisation physique de leur relation, non pas comme une fin en soi, mais comme un passage, un rite de passage, oblig\u00e9. Elle souhaiterait avant tout pouvoir quelque chose pour Franz Kafka, son Franz, pour le gu\u00e9rir. C\u2019est en effet bien de gu\u00e9rison dont il convient de parler ici. Quelle qu\u2019ait \u00e9t\u00e9 sa forte attirance pour Milena Jessenska-Pollak, Kafka ne passera pas le pas.<br>Malgr\u00e9 tout, entre toutes, <strong>\u00ab&nbsp;lumi\u00e8re dans les t\u00e9n\u00e8bres&nbsp;\u00bb <\/strong>comme il l\u2019\u00e9crira, elle est la femme de sa vie, son grand amour&nbsp;; elle le demeurera jusqu\u2019au bout, m\u00eame s\u2019il envisage un temps \u2014 c\u2019est ce qu\u2019il dit \u2014 de vivre avec Dora Dymant (ou Diamant&nbsp;: un patronyme qui ne s\u2019invente pas), une autre nouvelle, une autre derni\u00e8re et ultime jeune fille, de dix neuf ans cette fois, Polonaise et Juive. Pour Milena comme pour Kafka, leur rencontre restera \u2014 elle, incontestable, \u2014 l\u2019\u00e9v\u00e9nement majeur de leur vie. Il y eut bien une vraie \u00ab&nbsp;rencontre&nbsp;\u00bb, un v\u00e9ritable et un profond et radical \u00e9change&nbsp;: leur correspondance \u00e9chang\u00e9e suffirait seule \u00e0 le prouver qui compte, pour ce qui concerne Kafka, parmi les chefs d\u2019\u0153uvres \u00e9crits. Milena, de fait, est la seule qui ait \u00ab&nbsp;vu&nbsp;\u00bb Kafka, qui l\u2019ait compris dans la toute splendeur de sa diff\u00e9rence. Il est son grand amour \u00e0 elle aussi, et son enfant, son \u00ab\u00a0enfant-amant\u00a0\u00bb impossible.<br>Pour s\u2019en convaincre, d\u2019embl\u00e9e ce qui frappe le plus dans la troisi\u00e8me lettre que Milena adresse \u00e0 Max Brod et dat\u00e9 d\u2019ao\u00fbt 1920, \u00e0 propos de Franz Kafka, bien s\u00fbr, leur ami commun, premi\u00e8rement, c\u2019est qu\u2019il transpara\u00eet comme une \u00e9vidence qu\u2019elle a le regard de l\u2019amour pour Kafka, pas le regard du d\u00e9sir ou celui de la vanit\u00e9. Non, elle est irr\u00e9sistiblement attir\u00e9 par sa faiblesse, sa fragilit\u00e9. Elle l\u2019aime pour les qualit\u00e9s de ses d\u00e9fauts et ne se laisse pas aveugler par les d\u00e9fauts de ses qualit\u00e9s. C\u2019est l\u00e0 un signe, c\u2019est l\u00e0 le signe qui ne trompe pas&nbsp;; comme toute amoureuse v\u00e9ritable, elle a envie d\u2019aider \u00e0 se cr\u00e9er l\u2019\u00eatre qu\u2019elle aime, et de se recr\u00e9er \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s. Elle entend inventer un \u00eatre commun qui leur appartienne et qui puisse \u00eatre partag\u00e9 avec tous, par tous&nbsp;; elle forme v\u00e9ritablement, et dans l\u2019id\u00e9al, un couple avec lui, un couple qui lui survivra d\u2019ailleurs&nbsp;; comme pour tous les vrais couples&nbsp;: cet \u00eatre commun qu\u2019ils ont fait et r\u00eav\u00e9 ensemble, en effet, leur survivra. Ne fait-il pas encore r\u00eaver&nbsp;?\u2026<br>Ce que nous dit l\u2019embl\u00e9matique et la belle rencontre de Franz Kafka et de Milena Jesenska, ce qu\u2019elle nous rappelle si besoin \u00e9tait, c\u2019est qu\u2019on fait l\u2019amour, on se \u00ab\u00a0rencontre\u00a0\u00bb au sens biblique, non par les sexes mais par la faille par quoi l\u2019on saigne. Dans le vrai amour, on m\u00eale son sang \u00e0 celui de l\u2019autre, pour qu\u2019il ne fasse plus qu\u2019un, pour le meilleur comme pour le pire&nbsp;; c\u2019est pourquoi sans doute, c\u2019est \u00ab&nbsp;le pire&nbsp;\u00bb alors qu\u2019on \u00e9change d\u2019abord&nbsp;; c\u2019est l\u00e0 le test irr\u00e9ductible qui permet de dire, qui permet de savoir si l\u2019on aime ou non. Kafka et Milena se sont rencontr\u00e9s autant qu\u2019il se peut. Ils n\u2019ont \u00e0 envier aucun couple. Ils sont un couple, \u00ab&nbsp;pour le meilleur et pour le pire&nbsp;\u00bb, pour le meilleur surtout&nbsp;: un couple pour l\u2019\u00e9ternit\u00e9. Ce que souhaiterait tout couple&nbsp;: la p\u00e9rennit\u00e9 de son couple, ils l\u2019ont magistralement, sans le vouloir \u2014 \u00e9videmment, par gr\u00e2ce, par leur sinc\u00e9rit\u00e9 \u2014 r\u00e9alis\u00e9.<br>\u00c0 y regarder de plus pr\u00e8s, ce que r\u00e9v\u00e8le une fois de plus cette relation devenue mythique, c\u2019est qu\u2019il y a chez toute femme un d\u00e9sir de protection maternelle qui, chez elle, est plus fort que tout. Toute femme accouche son amant, l\u2019homme qu\u2019elle aime, le porte et l\u2019\u00e9l\u00e8ve ensuite. Dans l\u2019amour, chez la femme, c\u2019est toujours la m\u00e8re qui parle en premier.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour Milena, Kafka est nu. Or, il n\u2019y a de nudit\u00e9 que m\u00e9taphysique, et d\u2019obsc\u00e9nit\u00e9 que m\u00e9taphysique. Milena voit qu\u2019en tant qu\u2019\u00e9crivain Kafka est une sorte de \u00ab&nbsp;roi&nbsp;\u00bb, et, elle voit que le roi est nu&nbsp;: \u00ab&nbsp;il est comme un homme nu au milieu des gens habill\u00e9s&nbsp;\u00bb&nbsp;; elle respecte cette nudit\u00e9 qui l\u2019\u00e9meut et la trouble. Elle ne cherche pas \u00e0 l\u2019habiller, pour ne pas l\u2019\u00e9touffer. Elle le respecte dans son destin, parce qu\u2019elle sait qu\u2019il y a dans l\u2019\u00eatre \u2014 et surtout dans l\u2019\u00eatre qu\u2019on aime \u2014 une solitude inatteignable&nbsp;; elle le respecte parce qu\u2019elle sait que plus que chez aucun \u00eatre, il y a de l\u2019insaisissable chez un \u00eatre comme Franz Kafka. (Pour soutenir la comparaison&nbsp;: on ne touche pas \u00e0 un papillon&nbsp;: on le regarde fr\u00e9mir sans le toucher&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article94.html#nb30\">30<\/a>], au mieux, on fait mine de le fr\u00f4ler, et encore&nbsp;!\u2026 On s\u2019abstient de tout geste brusque.)<br>Ce qu\u2019on note aussi dans sa troisi\u00e8me lettre \u00e0 Max Brod, c\u2019est que Milena voit la mort \u00e0 l\u2019\u0153uvre en Kafka, autour de Kafka. Regardant Kafka vivre, simplement tenter de survivre, Milena assiste fascin\u00e9e comme \u00e0 un ballet qui s\u2019intitulerait \u00ab&nbsp;L\u2019\u00c9ternel Jeune homme et la mort&nbsp;\u00bb. Et elle ne peut intervenir. Elle comprend du premier regard, le caract\u00e8re in\u00e9luctable de la mal\u00e9diction inconjurable qui le frappe&nbsp;: il est maudit par son p\u00e8re, il ne sait pas, il ne saura jamais conjurer la mal\u00e9diction, et, la trag\u00e9die est en cours. Elle voit la trag\u00e9die \u00e0 l\u2019\u0153uvre, lanc\u00e9e. Nul ne saurait l\u2019arr\u00eater, pas m\u00eame l\u2019amour, son amour. \u00ab&nbsp;Franz ne peut pas vivre. Franz n\u2019a pas la capacit\u00e9 de vivre. Franz ne sera jamais en bonne sant\u00e9. Franz va bient\u00f4t mourir.&nbsp;\u00bb<br>Elle diagnostique \u00e9galement une impossibilit\u00e9 d\u2019exorcisme, d\u2019exorcisme momentan\u00e9, par l\u2019ivresse, par l\u2019<em>hubris,<\/em> ainsi qu\u2019une impossibilit\u00e9 radicale de fuite dans le mensonge&nbsp;: \u00ab&nbsp;Il est certain que la chose se pr\u00e9sente ainsi&nbsp;: Nous sommes tous en apparence capables de vivre parce que nous avons eu un jour recours au mensonge, \u00e0 l\u2019aveuglement, \u00e0 l\u2019enthousiasme, \u00e0 l\u2019optimisme, \u00e0 une conviction ou \u00e0 une autre, au pessimisme ou \u00e0 quoi que ce soit. Mais lui est incapable de mentir, tout comme il est incapable de s\u2019enivrer. Il est sans le moindre refuge, sans asile. C\u2019est pourquoi il est expos\u00e9 l\u00e0 o\u00f9 nous sommes prot\u00e9g\u00e9s.&nbsp;\u00bb Kafka est fait, comme un rat, en somme, comme <strong>Joseph K.<\/strong> dans <strong><em>Le Proc\u00e8s<\/em> <\/strong><em>.<\/em><br>Milena constate, en outre, la sub-humanit\u00e9 de Kafka&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article94.html#nb31\">31<\/a>]. \u00ab&nbsp;Ce qu\u2019il dit, ce qu\u2019il est, ce qu\u2019il vit n\u2019est m\u00eame pas la v\u00e9rit\u00e9. C\u2019est une mani\u00e8re qui est d\u00e9termin\u00e9e, qui existe en elle-m\u00eame, d\u00e9barrass\u00e9e de tout l\u2019accessoire, de tout ce qui pourrait l\u2019aider \u00e0 qualifier la vie \u2014 beaut\u00e9 ou mis\u00e8re, peu importe.&nbsp;\u00bb Comme ces silhouettes en vogue au XVIIIe si\u00e8cle d\u00e9coup\u00e9es dans du papier noir \u2014 seule la marge d\u00e9finit le contour et permet de silhouetter et de circonscrire l\u2019humain, \u2014 Kafka silhouette un drame fondamental, qui n\u2019est autre peut-\u00eatre, qui n\u2019est autre sans doute, que celui de la condition humaine, lorsqu\u2019on ne sait par rapport \u00e0 lui v\u00e9ritablement pas se distancier, d\u2019une fa\u00e7on ou d\u2019une autre.<br>Derniers points qu\u2019elle observe en lui comme des feux dans la nuit&nbsp;: comme s\u2019il rayonnait de l\u2019int\u00e9rieur o\u00f9 il est de fait prisonnier&nbsp;; ces deux qualit\u00e9s que sont l\u2019asc\u00e9tisme et noblesse. Dans le texte de sa lettre \u00e0 Brod, trois phrases qui doivent se lire par la fin, \u00e0 l\u2019envers, tentent d\u2019en parler, de les nommer, de les dire&nbsp;: \u00ab&nbsp;c\u2019est un homme qui est contraint \u00e0 l\u2019asc\u00e9tisme par sa terrible lucidit\u00e9, par sa puret\u00e9, par son incapacit\u00e9 \u00e0 accepter le compromis&nbsp;\u00bb&nbsp;; \u00ab&nbsp;ce n\u2019est pas un homme qui construit son asc\u00e9tisme comme un moyen d\u2019acc\u00e9der \u00e0 un but&nbsp;\u00bb&nbsp;; \u00ab&nbsp;son asc\u00e9tisme est totalement d\u00e9pourvu d\u2019h\u00e9ro\u00efsme, ce qui le rend \u00e0 vrai dire, plus grand et plus noble&nbsp;\u00bb. Kafka appara\u00eet ainsi sous la plume de Milena, sous le regard de Milena, tel un pr\u00eatre, ou un moine. Il est vrai qu\u2019il y a dans l\u2019\u0152uvre, l\u2019\u0152uvre kafka\u00efen, la dimension d\u2019une messe, d\u2019un office \u2014 comme dans L\u2019\u0152uvre baudelairien, \u2014 d\u2019un sacrifice, o\u00f9 il s\u2019immole lui-m\u00eame, \u00e0 on ne sait quel Dieu.<br>Kafka, Milena enfin le diagnostique universel&nbsp;: pas comme h\u00e9ros, non, le temps des h\u00e9ros a fini avec celui des P\u00e8res (et de Dieu avant), il est universel pour elle comme victime, car, elle le sent, on va entrer bient\u00f4t dans l\u2019\u00e8re des victimes, et, cette \u00e8re, Kafka, involontairement, en est le h\u00e9raut, et de cette \u00e9poque \u00e0 venir, \u00e0 venir bient\u00f4t, Kafka se veut inconsciemment, m\u00e9diumniquement la victime propitiatoire. De cette \u00e9poque des victimes \u00e0 venir, Milena \u2014 le sent-elle alors confus\u00e9ment&nbsp;? \u2014 fera partie elle aussi, ainsi que trois les trois s\u0153urs de Kafka, Elli (Gabrielle), Valli (Val\u00e9rie), Ottla (Ottilie)&nbsp;: toutes finiront dans les camps dans un nuage de fum\u00e9e [\u2026].<br><br><small>\u00a9Clo\u00ebt, mars-avril 2005<\/small><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article94.html#nh1\">1<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 3 mai 1913, p. 275.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article94.html#nh2\">2<\/a>]&nbsp;.\u2014 Pour les lectrices et lecteurs qui d\u00e9vouvrent Kafka&nbsp;: \u00e0 ne pas confondre avec Oskar Pollack. Les deux hommes n\u2019ont aucun lien de parent\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article94.html#nh3\">3<\/a>]&nbsp;.\u2014 Qu\u2019on veuille bien me pardonner la m\u00e9taphore, mais Milena avait tout alors de la jument idompt\u00e9e, d\u2019une \u00ab&nbsp;cavale&nbsp;\u00bb indompt\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article94.html#nh4\">4<\/a>]&nbsp;\u2014 Lettre \u00e0 Max Brod du 6 f\u00e9vrier 1919&nbsp;: \u00ab&nbsp;Une jeune fille malade, mais pas trop j\u2019esp\u00e8re.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article94.html#nh5\">5<\/a>]&nbsp;.\u2014 Voir&nbsp;: Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 20 janvier 1915, p. 423&nbsp;: \u00ab&nbsp;Avec quel regard m\u00e9chant et d\u00e9bile je m\u2019observe&nbsp;! Il faut croire que je ne puis pas forcer la porte du monde, mais que je peux rester tranquillement couch\u00e9, concevoir, d\u00e9velopper en moi ce qui a \u00e9t\u00e9 con\u00e7u, et me produire tranquillement.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article94.html#nh6\">6<\/a>]&nbsp;.\u2014 Lettre \u00e0 Max Brod du 6 f\u00e9vrier 1919.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article94.html#nh7\">7<\/a>]&nbsp;.\u2014 Voir&nbsp;: Baudelaire, <em>Mon c\u0153ur mis \u00e0 nu<\/em>, III, R, 630&nbsp;: \u00ab&nbsp;La femme est le contraire du dandy. \/ Donc elle doit faire horreur. \/ La femme a faim et elle veut manger. Soif, et elle veut boire. \/ Elle est en rut et elle veut \u00eatre foutue. \/ Le beau m\u00e9rite&nbsp;! \/ La femme est naturelle, c\u2019est-\u00e0-dire abominable. Aussi est-elle toujours vulgaire, c\u2019est-\u00e0-dire le contraire du dandy.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article94.html#nh8\">8<\/a>]&nbsp;.\u2014 Charles Baudelaire, <em>Mon c\u0153ur mis \u00e0 nu<\/em>, XXXIII, R, 637.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article94.html#nh9\">9<\/a>]&nbsp;\u2014 Charles Baudelaire, <em>Mon c\u0153ur mis \u00e0 nu<\/em>, XLII, R, 639.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article94.html#nh10\">10<\/a>]&nbsp;.\u2014 Charles Baudelaire, <em>Mon c\u0153ur mis \u00e0 nu<\/em>, XXX, R, 636.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article94.html#nh11\">11<\/a>]&nbsp;.\u2014 Voir&nbsp;: Charles Baudelaire&nbsp;: \u00ab&nbsp;Les Drames et les romans honn\u00eates&nbsp;\u00bb, R, 296&nbsp;: \u00ab&nbsp;il y a une cohue de po\u00ebtes abrutis par la volupt\u00e9 pa\u00efenne, et qui emploient sans cesse les mots de saint, sainte, extase, pri\u00e8re, etc., pour qualifier des choses qui n\u2019ont rien de saint, ni d\u2019extatique, bien au contraire, poussant ainsi l\u2019adoration de la femme jusqu\u2019\u00e0 l\u2019impi\u00e9t\u00e9 la plus d\u00e9go\u00fbtante. L\u2019un deux, dans un acc\u00e8s d\u2019\u00e9rotisme saint, a \u00e9t\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 s\u2019\u00e9crier&nbsp;: \u00f4 ma belle catholique&nbsp;! Autant salir d\u2019excr\u00e9ments un autel.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article94.html#nh12\">12<\/a>]&nbsp;.\u2014 Charles Baudelaire, <em>Fus\u00e9es<\/em>, III, R, 623-624.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article94.html#nh13\">13<\/a>]&nbsp;.\u2014 Charles Baudelaire, <em>Mon c\u0153ur mis \u00e0 nu<\/em>, XVIII, R, 633-634.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article94.html#nh14\">14<\/a>]&nbsp;.\u2014 Charles Baudelaire, <em>Mon c\u0153ur mis \u00e0 nu<\/em>, XXXIX, R, 638.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article94.html#nh15\">15<\/a>]&nbsp;.\u2014 Charles Baudelaire, <em>Mon c\u0153ur mis \u00e0 nu<\/em>, XXXVI, R, 638.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article94.html#nh16\">16<\/a>]&nbsp;.\u2014 Charles Baudelaire, <em>Mon c\u0153ur mis \u00e0 nu<\/em>, XXI, R, 634.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article94.html#nh17\">17<\/a>]&nbsp;.\u2014 Charles Baudelaire, <em>Mon c\u0153ur mis \u00e0 nu<\/em>, XX, R, 634.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article94.html#nh18\">18<\/a>]&nbsp;.\u2014 Charles Baudelaire, <em>Fus\u00e9es<\/em>, V, R, 624.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article94.html#nh19\">19<\/a>]&nbsp;.\u2014 Charles Baudelaire, <em>Mon c\u0153ur mis \u00e0 nu<\/em>, XXVII, R, 635.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article94.html#nh20\">20<\/a>]&nbsp;.\u2014 Charles Baudelaire, <em>Mon c\u0153ur mis \u00e0 nu<\/em>, IX, R, 632.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article94.html#nh21\">21<\/a>]&nbsp;.\u2014 Charles Baudelaire, <em>Fus\u00e9es<\/em>, XIV, R, 628.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article94.html#nh22\">22<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>R\u00e9flexions sur le p\u00e9ch\u00e9, la souffrance, l\u2019esp\u00e9rance et le vrai chemin<\/em>, VIII-IX, trad. B. Pautrat, \u00e9d. Rivage poche, coll. \u00ab&nbsp;Petite Biblioth\u00e8que&nbsp;\u00bb, 2001, p. 32.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article94.html#nh23\">23<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>R\u00e9flexions sur le p\u00e9ch\u00e9, la souffrance, l\u2019esp\u00e9rance et le vrai chemin<\/em>, VII, trad. B. Pautrait, \u00e9d. Rivage poche, coll. \u00ab&nbsp;Petite Biblioth\u00e8que&nbsp;\u00bb, 2001, p. 32.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article94.html#nh24\">24<\/a>]&nbsp;.\u2014 Charles Baudelaire, <em>Mon c\u0153ur mis \u00e0 nu<\/em>, XXVII, R, 635.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article94.html#nh25\">25<\/a>]&nbsp;.\u2014 Car, on peut penser que ce qui fait son succ\u00e8s aupr\u00e8s d\u2019un tr\u00e8s large public tient au fait que son \u0152uvre fournit aux lecteurs ce belv\u00e9d\u00e8re ph\u00e9nom\u00e9nologique qui leur permet de porter un regard ontologique sur leur propre vie.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article94.html#nh26\">26<\/a>]&nbsp;.\u2014 Voir&nbsp;: 15 septembre 1922, Franz Kafka, cit\u00e9 par Bernard Pautrat, <em>R\u00e9flexions sur le p\u00e9ch\u00e9, la souffrance, l\u2019esp\u00e9rance et le vrai chemin<\/em>, \u00e9d. Rivage poche, coll. \u00ab&nbsp;Petite Biblioth\u00e8que&nbsp;\u00bb, Paris, 2001, p. 14-15.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article94.html#nh27\">27<\/a>]&nbsp;.\u2014 Milena Jensenska-Pollak, cinqui\u00e8me Lettre \u00e0 Max Brod, janvier-f\u00e9vrier 1921.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article94.html#nh28\">28<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 14 ao\u00fbt 1913, p. 285.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article94.html#nh29\">29<\/a>]&nbsp;.\u2014 N\u2019est-ce pas le m\u00eame type de rapport \u00e0 peu de choses pr\u00e8s qu\u2019entretiendra Lou-Andr\u00e9as Salom\u00e9 avec Nietzsche, m\u00eame si l\u2019on sait que Lou-Andr\u00e9as Salom\u00e9 ne conquit son autonomie sexuelle que tardivement, inhib\u00e9e qu\u2019elle pouvait \u00eatre, elle aussi. D\u00e9cid\u00e9ment, le corps n\u2019\u00e9tait pas fardeau facile \u00e0 porter pour nos grands g\u00e9nie \u00ab\u00a0fin de si\u00e8cle\u00a0\u00bb&nbsp;; d\u00e9cid\u00e9ment Kafka plut\u00f4t que d\u2019\u00eatre un \u00e9crivain de la modernit\u00e9 est bel et bien d\u2019abord un g\u00e9nie fin de si\u00e8cle&nbsp;: toutes les n\u00e9vroses fin de si\u00e8cle, il les \u00ab\u00a0incarne\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article94.html#nh30\">30<\/a>]&nbsp;.\u2014 Pour qui viendrait \u00e0 le toucher, l\u2019\u00e9merveillement de la couleur et de la lumi\u00e8re de ses couleurs deviendrait aussit\u00f4t cendres, cendres grises, poussi\u00e8re\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article94.html#nh31\">31<\/a>]&nbsp;.\u2014 Je songe au film <em>Bird<\/em>, qui met en sc\u00e8ne un h\u00e9ros de type kafka\u00efen pris dans l\u2019\u00e9tau de l\u2019univers carc\u00e9ral ultra-lib\u00e9ral am\u00e9ricain, et qui se d\u00e9bat comme il peut.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Franz Kafka ou l\u2019Homme sans corps MILENA JESENSKA-POLLAK OUL\u2019IMPOSSIBLE H\u00c9LO\u00cfSE.\u00ab&nbsp;Sans cesse l\u2019image d\u2019un large couteau&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_editorskit_title_hidden":false,"_editorskit_reading_time":0,"_editorskit_is_block_options_detached":false,"_editorskit_block_options_position":"{}","advgb_blocks_editor_width":"","advgb_blocks_columns_visual_guide":"","_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":""},"categories":[8],"tags":[],"class_list":["post-466","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-voies-textes-critiques"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.3 - 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