{"id":472,"date":"2008-01-21T16:16:00","date_gmt":"2008-01-21T15:16:00","guid":{"rendered":"http:\/\/revuepolaire.com\/?p=472"},"modified":"2023-08-09T14:20:21","modified_gmt":"2023-08-09T12:20:21","slug":"franz-kafka-ou-le-non-ne-preambule","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/2008\/01\/21\/franz-kafka-ou-le-non-ne-preambule\/","title":{"rendered":"Franz Kafka ou le \u00ab\u00a0Non-n\u00e9\u00a0\u00bb, Pr\u00e9ambule"},"content":{"rendered":"\n<p>Franz Kafka ou l\u2019Homme sans corps<\/p>\n\n\n\n<p><em>La reprise de l\u2019article de synth\u00e8se paru dans la revue \u00ab\u00a0Lieux d\u2019\u00catre\u00a0\u00bb en 2006 mise en ligne sur \u00ab\u00a0Polaire\u00a0\u00bb ayant \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement visit\u00e9e par les amateurs de Kafka, j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 de mettre en ligne l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 de l\u2019\u00e9tude sous forme de feuilleton, soit huit chapitres. En voici le pr\u00e9ambule. Amateurs de Kafka, qui errez sur internet et peut-\u00eatre dans ce monde comme dans les couloirs du \u00ab\u00a0Proc\u00e8s\u00a0\u00bb, nous constituons une famille\u00a0: je vous salue\u00a0!\u2026<strong> Monsieur K.,<br>L\u2019HOMME SANS COR<\/strong><\/em><strong><em>PS<br><\/em> <br>(FRANZ KAFKA ET LA FICTION<br>ou<br>LES <em>GOLEMS<\/em> DE L\u2019HOMME SANS CORPS)<br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><br><br><strong>PR\u00c9AMBULE&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>FRANZ-JOSEPH K., AUTOPORTRAIT DANS LE FIL DU RASOIR DU <\/strong><strong><em>JOURNAL<\/em> <\/strong><strong>&nbsp;:<br><\/strong><br>Quatre vingt citations (environ), morceaux de graphite pur, tir\u00e9s de la mine int\u00e9rieure, n\u00e9s de la compression du moi&nbsp;: autant de diamants qui \u00e9clairent l\u2019homme, qui \u00e9clairent l\u2019\u0152uvre \u2014 pour lui ce corps substitut \u2014 en autant de points d\u2019attaque qu\u2019il y a d\u2019horizons chez Kafka.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u2014 L\u2019IMAGE DE SOI&nbsp;:<br><\/strong><br>Au seuil de la trentaine, \u00e0 vingt neuf ans, \u00e0 l\u2019\u00e2ge des premiers bilans, Kafka constate&nbsp;: <strong>\u00ab&nbsp;Je suis dur au dehors, froid au dedans<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb1\">1<\/a>]<strong>.&nbsp;\u00bb <\/strong>Il d\u00e9nonce en lui aussi <strong>\u00ab&nbsp;La terrible ins\u00e9curit\u00e9 de [son] existence int\u00e9rieure<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb2\">2<\/a>]<strong>&nbsp;\u00bb<\/strong>, et se voit oblig\u00e9 d\u2019admettre son irr\u00e9ductible incapacit\u00e9 \u00e0 trouver un biais v\u00e9ritablement efficace, un exp\u00e9dient satisfaisant, afin d\u2019y rem\u00e9dier. Son avenir lui fait peur, une peur panique&nbsp;; cette peur panique, dans le <em>Journal,<\/em> sera un des plus fr\u00e9quents leitmotivs, parmi ceux qu\u2019il entrem\u00eale le plus volontiers, qui en constituent \u00ab&nbsp;la ligne&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb3\">3<\/a>]&nbsp;\u00bb&nbsp;; tel un musicien inspir\u00e9, il le soumettra \u00e0 toutes les variations possibles \u2014 Jean Paulhan ne disait-il pas&nbsp;: \u00ab&nbsp;l\u2019inspiration, c\u2019est d\u2019avoir quelque chose \u00e0 dire qu\u2019on ne se lasse pas de r\u00e9p\u00e9ter&nbsp;\u00bb&nbsp;? \u2014. En 1913, par exemple, il note, avec une terreur schizo\u00efde qui n\u2019a rien de fictif&nbsp;: <strong>\u00ab&nbsp;la pens\u00e9e de mon avenir lointain se pr\u00e9sent[e] [<\/strong>, et, conjointement, il se demande&nbsp;:<strong>] comment ferais-je pour le supporter avec ce corps emprunt\u00e9 \u00e0 un cabinet de d\u00e9barras<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb4\">4<\/a>]<strong>&nbsp;?&nbsp;\u00bb<\/strong> Pour tenter un portrait, pour tenter d\u2019esquisser par le biais du <em>Journal<\/em> un autoportrait de Franz K. (<em>alias<\/em> Joseph K.&nbsp;: il fait la confusion lui-m\u00eame), on touche peut-\u00eatre l\u00e0 \u00e0 l\u2019essentiel&nbsp;: il ne se reconna\u00eet pas dans ce corps qui l\u2019enferme et qui l\u2019emprisonne. L\u2019angoisse m\u00e9taphysique l\u2019\u00e9treint&nbsp;; elle est telle qu\u2019elle va lentement l\u2019\u00e9touffer et l\u2019amener \u00e0 somatiser au point de la traduire et de la d\u00e9clarer un jour \u2014 il en est persuad\u00e9 \u2014 en tuberculose \u00e0 trente quatre ans, mal tr\u00e8s r\u00e9el, <strong>\u00ab&nbsp;mal spirituel&nbsp;\u00bb<\/strong> nonobstant, dont il va mourir \u00e0 quarante et un an&nbsp;; \u00e0 Max Brod, en 1917, lorsqu\u2019il apprend la nouvelle par les m\u00e9decins des atteintes de la maladie, il \u00e9crit&nbsp;: <strong>\u00ab&nbsp;\u00c7a ne peut pas durer comme \u00e7a, a dit le cerveau, et au bout de cinq ans, les poumons se sont d\u00e9clar\u00e9s pr\u00eats \u00e0 l\u2019aider<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb5\">5<\/a>]<strong>.&nbsp;\u00bb<\/strong> Si l\u2019on fait un calcul rapide&nbsp;: c\u2019est donc \u00e0 compter de l\u2019annonce de ses fian\u00e7ailles avec Felice Bauer publi\u00e9es dans le <em>Berliner Tageblatt<\/em> de Berlin du 21 avril 1914, fian\u00e7ailles rompues en juillet de la m\u00eame ann\u00e9e, que Kafka date le processus d\u2019autodestruction qui se met en \u0153uvre en lui&nbsp;; Kafka restera jusqu\u2019au bout persuad\u00e9 qu\u2019il mourrait d\u2019<strong>\u00ab&nbsp;une plaie dont les poumons n[\u2019\u00e9taient et ne furent] que le symbole<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb6\">6<\/a>]<strong>&nbsp;\u00bb<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour corroborer cette version des faits, confirmer cette vision de la maladie qu\u2019il avait, les citations ne manquent pas&nbsp;:<br><strong>\u00ab&nbsp;Plus que sa profondeur et son degr\u00e9 d\u2019infection, c\u2019est l\u2019\u00e2ge d\u2019une plaie qui fait son caract\u00e8re douloureux. \u00catre sans cesse rouvert dans le m\u00eame sillon \u00e0 vif, voir appliquer un nouveau traitement \u00e0 la plaie d\u00e9j\u00e0 op\u00e9r\u00e9e d\u2019innombrables fois, c\u2019est cela qui est affreux<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb7\">7<\/a>]<strong>.&nbsp;\u00bb<\/strong><br><strong>\u00ab&nbsp;J\u2019attends la pneumonie. Ce n\u2019est pas tellement de la maladie elle-m\u00eame que j\u2019ai peur, j\u2019ai peur pour ma m\u00e8re et de ma m\u00e8re, de mon p\u00e8re, de mon directeur et de tous les autres. Ici, il semble \u00e9vident que les mondes subsistent et que je suis aussi ignorant, aussi perdu, aussi inquiet en face de la maladie que dans mes rapports avec le gar\u00e7on de l\u2019h\u00f4tel, par exemple. Mais pour le reste, la s\u00e9paration me para\u00eet \u00eatre par trop pr\u00e9cise, dangereuse dans sa pr\u00e9cision, triste, trop tyrannique. Habiterai-je dont l\u2019autre monde&nbsp;? Oserais-je dire cela<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb8\">8<\/a>] <strong>&nbsp;?&nbsp;\u00bb<\/strong><br><strong>\u00ab&nbsp;Je n\u2019arrive pas \u00e0 concevoir qu\u2019il soit possible \u00e0 toute personne \u2014 ou \u00e0 peu pr\u00e8s \u2014 capable d\u2019\u00e9crire, d\u2019objectiver la souffrance dans la souffrance, ce que je fais, par exemple, quand, en pleine d\u00e9tresse et peut-\u00eatre m\u00eame la t\u00eate encore br\u00fblante de malheur, je m\u2019assieds \u00e0 une table pour annoncer \u00e0 quelqu\u2019un dans une lettre&nbsp;: Je suis malheureux. Je puis m\u00eame aller au-del\u00e0 de cette phrase et, y ajoutant toutes sortes de fioritures selon les ressources d\u2019un talent qui semble n\u2019avoir rien de commun avec le malheur, improviser l\u00e0-dessus soit de fa\u00e7on simple, soit sur le mode antith\u00e9tique, soit avec des orchestres entiers d\u2019associations. Et ce n\u2019est nullement un mensonge, et cela ne calme pas la souffrance, ce n\u2019est qu\u2019un surplus de forces dont je suis gratifi\u00e9 en un moment o\u00f9 la souffrance a pourtant visiblement \u00e9puis\u00e9 toutes mes ressources, et jusqu\u2019au fond de mon \u00eatre qu\u2019elle gratte. Quelle esp\u00e8ce de surplus est-ce donc<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb9\">9<\/a>] <strong>&nbsp;?&nbsp;\u00bb<\/strong><br>La maladie la plus profonde chez lui, c\u2019est, sans conteste, la n\u00e9vrose qui le rend \u00e9tranger \u00e0 sa corpor\u00e9it\u00e9 et bient s\u00fbr \u00e0 la corpor\u00e9it\u00e9 des autres, cette n\u00e9vrose radicale dont la tuberculose ne sera jamais que la somatisation mortelle&nbsp;; \u00e0 cet \u00e9gard, \u00ab&nbsp;H\u00e9autontimoroum\u00e9nos&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb10\">10<\/a>]&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Bourreau de soi-m\u00eame&nbsp;\u00bb comme Baudelaire, il s\u2019interroge comme on soumet un prisonnier suspect d\u2019h\u00e9r\u00e9sie \u00e0 la question \u00e0 la torture&nbsp;:<br><strong>\u00ab&nbsp;Sentiment de d\u00e9tresse absolue.<br>Qu\u2019est-ce qui te relie \u00e0 ces corps solidement d\u00e9limit\u00e9s, \u00e0 ces corps parlants dou\u00e9s d\u2019yeux qui clignotent, plus \u00e9troitement qu\u2019\u00e0 une chose quelconque, disons \u00e0 ce porte-plume dans ta main&nbsp;? Serait-ce le fait que tu es de la m\u00eame esp\u00e8ce qu\u2019eux&nbsp;? Mais tu n\u2019es pas de leur esp\u00e8ce, c\u2019est bien pour cela que tu as soulev\u00e9 la question.<br>La solide d\u00e9limitation des corps humains est horrible.<br>Ce qu\u2019il y a d\u2019\u00e9trange, d\u2019ind\u00e9chiffrable dans le fait de ne pas sombrer, d\u2019\u00eatre guid\u00e9 en silence. C\u2019est ce qui conduit \u00e0 cette absurdit\u00e9&nbsp;: \u00ab\u00a0Moi, pour ma part, je serais perdu depuis longtemps.\u00a0\u00bb Moi, pour ma part<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb11\">11<\/a>]<strong>.&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Dans la mesure o\u00f9 il se sent s\u00fbr \u00e0 l\u2019avance de son destin, se croyant pr\u00e9destin\u00e9, chez Kafka cette peur de l\u2019avenir va bient\u00f4t devenir obsessionnelle. Cela fait bien longtemps que la n\u00e9vrose le travaille et l\u2019\u00e9puise&nbsp;: <strong>\u00ab&nbsp;L\u2019impatience et la tristesse que me cause mon \u00e9puisement se nourrissent principalement des images de l\u2019avenir que cet \u00e9tat me pr\u00e9pare et que je ne perds jamais de vue. Que de soir\u00e9es pass\u00e9es \u00e0 me promener ou \u00e0 me d\u00e9sesp\u00e9rer dans mon lit et sur mon canap\u00e9 ai-je encore devant moi, pires que celles dont j\u2019ai d\u00e9j\u00e0 surmont\u00e9 l\u2019\u00e9preuve<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb12\">12<\/a>]<strong>&nbsp;!&nbsp;\u00bb <\/strong>Il ne peut faire, dans ces conditions de d\u00e9sarroi et de d\u00e9labrement sans cesse en cours, que des constats d\u00e9sabus\u00e9s, que se d\u00e9pr\u00e9cier gravement, \u00e0 l\u2019instar de son p\u00e8re qui ne cesse de le rabrouer, de l\u2019humilier. <strong>\u00ab&nbsp;Avec quel regard m\u00e9chant et d\u00e9bile je m\u2019observe [, v\u00e9rifie-t-il, constern\u00e9]&nbsp;! Il faut croire que je ne puis pas forcer la porte du monde [ni celle du \u00ab&nbsp;ch\u00e2teau int\u00e9rieur<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb13\">13<\/a>]<strong>&nbsp;\u00bb non plus d\u2019ailleurs&nbsp;: on retrouve l\u00e0 la parabole essentielle donn\u00e9e par Kafka sous forme d\u2019une \u00e9nigme du Sphinx et d\u2019un oracle dans <\/strong><strong><em>Le Proc\u00e8s<\/em> <\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb14\">14<\/a>]<strong>], mais que je peux rester tranquillement couch\u00e9, concevoir, d\u00e9velopper en moi ce qui a \u00e9t\u00e9 con\u00e7u, et me produire tranquillement<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb15\">15<\/a>]<strong>.&nbsp;\u00bb<\/strong> Cependant, il y a encore en lui, les premi\u00e8res ann\u00e9es, ponctuellement un d\u00e9sir de lutter, un d\u00e9sir de revanche, ou, plus simplement une illusion plus tenace que toutes les autres, qui va lui permettre de tenir jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e2ge de quarante et un ans sans se suicider ou devenir fou&nbsp;: <strong>\u00ab&nbsp;je me sens d\u00e9sarm\u00e9 et en marge de tout. Mais l\u2019assurance que me procure le moindre travail litt\u00e9raire est indubitable et merveilleuse<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb16\">16<\/a>]<strong>.&nbsp;\u00bb<\/strong><br>Ayant fait ce constat, pourquoi ne se cr\u00e9erait-il pas de toute pi\u00e8ce soi et tout d\u2019une pi\u00e8ce par la fiction, comme un \u00ab&nbsp;Golem&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb17\">17<\/a>]&nbsp;\u00bb, comme la c\u00e9l\u00e8bre cr\u00e9ature de la l\u00e9gende juive pragoise&nbsp;? Qui, sinon lui, peut songer \u00e0 \u00e9crire et \u00e0 \u00e9crire sur le front de ses h\u00e9ros de fiction substitutifs \u2014 comme Joseph K. \u2014 implicitement le mot \u00ab&nbsp;<em>Emeth<\/em>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb18\">18<\/a>]&nbsp;\u00bb ou le mot \u00ab&nbsp;<em>meth<\/em>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb19\">19<\/a>]&nbsp;\u00bb&nbsp;? Personne. <strong>\u00ab&nbsp;Stabilit\u00e9. Je ne veux pas me d\u00e9velopper dans un sens d\u00e9fini, je veux changer de place, c\u2019est bien, en v\u00e9rit\u00e9, ce fameux \u00ab&nbsp;vouloir-aller-sur-une-autre-plan\u00e8te<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb20\">20<\/a>]<strong>&nbsp;\u00bb, il me suffirait d\u2019\u00eatre place juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de moi<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb21\">21<\/a>]<strong>, il me suffirait de pouvoir concevoir comme une autre place la place qui est la mienne<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb22\">22<\/a>]<strong>.&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><small>Les manches retrouss\u00e9es comme une blanchisseuse, le Rabbi \u00e9tait devant le baquet et p\u00e9trissait l\u2019argile qui pr\u00e9sentait d\u00e9j\u00e0 les grossiers contours qui pr\u00e9sentaient d\u00e9j\u00e0 les grossiers contours d\u2019une forme humaine. M\u00eame quand il ne travaillait qu\u2019\u00e0 un petit d\u00e9tail, \u00e0 une phalange par exemple, il embrassait du regard la figure dans son entier. Bien qu\u2019elle par\u00fbt r\u00e9ussir \u00e0 vue d\u2019\u0153il sous le rapport de la ressemblance humaine, le Rabbi se conduisait comme un enrag\u00e9, sa m\u00e2choire inf\u00e9rieure se lan\u00e7ait sans cesse en avant, ses l\u00e8vres passaient continuellement l\u2019une sur l\u2019autre, et quand il trempait les mains dans la bassine pr\u00e9par\u00e9e \u00e0 cet usage, il les y plongeait avec une telle violence que l\u2019eau \u00e9claboussait le plafond de la cave aux murs nus&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb23\">23<\/a>].<\/small><\/p>\n\n\n\n<p>H\u00e9las pour lui, il n\u2019est pas fait d\u2019argile, mais de chair&nbsp;; simplement de chair humaine, de chair sexu\u00e9e, qui se doit de l\u2019\u00eatre du moins, qui se doit de l\u2019\u00eatre d\u2019autant plus qu\u2019il est Juif et que cela fait partie dans la culture juive pour tout \u00eatre m\u00e2le de la Loi. Comme le dira Artaud plus tard dans \u00ab&nbsp;La Recherche de la f\u00e9calit\u00e9&nbsp;\u00bb de son tr\u00e8s c\u00e9l\u00e8bre et longtemps maudit <em>Pour en finir avec le jugement de Dieu<\/em>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb24\">24<\/a>]&nbsp;: \u00ab&nbsp;Pour exister il suffit de se laisser aller \u00e0 \u00eatre, \/ mais pour vivre, \/ il faut \u00eatre quelqu\u2019un, \/ pour \u00eatre quelqu\u2019un, \/ il faut avoir un OS, \/ ne pas avoir peur de montrer l\u2019os, \/ et de perdre la viande en passant&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb25\">25<\/a>].&nbsp;\u00bb \u00catre contraint d\u2019\u00ab&nbsp;avoir un OS&nbsp;\u00bb, \u00eatre tenu de le \u00ab&nbsp;montrer&nbsp;\u00bb comme son p\u00e8re Hermann, fils d\u2019un boucher de Boh\u00e8me, sait si bien le faire en famille et en soci\u00e9t\u00e9, cela, \u00ab&nbsp;\u00e7a&nbsp;\u00bb non, il ne le supporte pas, Joseph K., Franz K. qui se castre soi-m\u00eame de ce patronyme dont il a honte avant que les Bacchantes ou les \u00c9rynnies ne s\u2019en chargent&nbsp;: <strong>\u00ab&nbsp;Sans cesse l\u2019image d\u2019un large couteau de charcutier qui, me prenant de c\u00f4t\u00e9, entre promptement en moi avec une r\u00e9gularit\u00e9 m\u00e9canique et d\u00e9tache de tr\u00e8s minces tranches qui s\u2019envolent, en s\u2019enroulant presque sur elles-m\u00eames tant le travail est rapide<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb26\">26<\/a>]<strong>.&nbsp;\u00bb<\/strong> Des bacchantes comme pour Orph\u00e9e disions-nous&nbsp;? Oui, le couteau de charcutier dans un autre r\u00eave \u00e9veill\u00e9 peut s\u2019av\u00e9rer \u00eatre les griffes f\u00e9minines de quelque terrifiante M\u00e9lusine&nbsp;: <strong>\u00ab&nbsp;\u2014Non, laisse-moi&nbsp;! Non, laisse-moi&nbsp;! criais-je sans interruption le long des rues, et sans cesse elle me saisissait, sans cesse les pattes griffues de la sir\u00e8ne s\u2019abattaient sur ma poitrine, m\u2019attaquant de c\u00f4t\u00e9 ou par-dessus l\u2019\u00e9paule<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb27\">27<\/a>]<strong>.&nbsp;\u00bb<\/strong><br>Le fantasme de castration, il le pousse parfois plus loin&nbsp;; dans un autre r\u00eave, un autre cauchemar \u00e9veill\u00e9, il s\u2019imagine avec dans le dos, entre la peau et la chair, une \u00e9p\u00e9e de chevalier, telle une <strong>\u00ab&nbsp;croix&nbsp;\u00bb<\/strong> au-dessus de sa t\u00eate&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb28\">28<\/a>]&nbsp;: il est mort avant que d\u2019\u00eatre n\u00e9, m\u00eame pas digne d\u2019\u00eatre enterr\u00e9 chez les Juifs, sous une st\u00e8le&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb29\">29<\/a>]. Sans l\u2019aide de ses amis, il ne peut, Arthur d\u2019un genre nouveau, sortir de son \u00e9trange fourreau mortuaire \u2014 son propre corps \u2014 cette \u00e9p\u00e9e pour aller combattre les sortil\u00e8ges. Le symbole, qu\u2019il soit lu psychanalytiquement ou plus simplement m\u00e9taphoriquement, stup\u00e9fie par son caract\u00e8re explicite&nbsp;: de la plume \u00e0 l\u2019\u00e9p\u00e9e, de l\u2019\u00e9p\u00e9e \u00e0 la plume, il n\u2019y a qu\u2019un pas, rapidement franchi pour ce familier, pour cet ivrogne inv\u00e9t\u00e9r\u00e9 de l\u2019<em>hubris<\/em> suppos\u00e9 na\u00eetre des m\u00e9taphores, des embl\u00e8mes, des symboles, des all\u00e9gories&nbsp;: <strong>\u00ab&nbsp;Mon travail se cl\u00f4t [\u00e9crit Franz K., jouant avec sa n\u00e9vrose, filant \u00e0 l\u2019envi masochistement la m\u00e9taphore], comme peut se fermer une plaie qui n\u2019est pas gu\u00e9rie<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb30\">30<\/a>]<strong>.&nbsp;\u00bb<\/strong> Quand le vin est tir\u00e9, il faut le boire. Quand la vie est tir\u00e9e du n\u00e9ant, il faut la boire aussi&nbsp;; Baudelaire a beau \u00e9crire dans sa pr\u00e9face aux <em>Paradis artificiels<\/em>&nbsp;: \u00ab&nbsp;Le bon sens nous dit que les choses de la terre n\u2019existent que bien peu, et que la vraie r\u00e9alit\u00e9 n\u2019est que dans les r\u00eaves. Pour dig\u00e9rer le bonheur naturel, comme l\u2019artificiel, il faut d\u2019abord avoir le courage de l\u2019avaler, et ceux qui m\u00e9riteraient peut-\u00eatre le bonheur sont justement ceux-l\u00e0 \u00e0 qui la f\u00e9licit\u00e9, telle que la con\u00e7oivent les mortels, a toujours fait l\u2019effet d\u2019un vomitif&nbsp;\u00bb, il convient pour qui est suppos\u00e9 \u00eatre au monde, pour qui est tenu d\u2019\u00eatre au monde, de tenir sa place dans une soci\u00e9t\u00e9 quelconque, de finir de boire son propre sang jusqu\u2019\u00e0 la lie, jusqu\u2019au caillot final, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019embolie, qu\u2019elle soit pulmonaire ou non. Kafka \u2014 qui recourt \u00e0 l\u2019<em>hubris<\/em> non point dionysiaque mais \u00e0 celui tout \u00e9th\u00e9r\u00e9e de l\u2019\u00e9bri\u00e9t\u00e9 mentale, \u2014 ne peut que se dire comme Baudelaire encore&nbsp;: \u00ab&nbsp;Il faut \u00eatre toujours ivre. Tout est l\u00e0&nbsp;: c\u2019est l\u2019unique question. Pour ne pas sentir l\u2019horrible fardeau du Temps qui brise vos \u00e9paules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans tr\u00eave&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb31\">31<\/a>]&nbsp;\u00bb, ne peut que se sentir assoiff\u00e9 toujours, vampire de soi-m\u00eame, sit\u00f4t que le recours \u00e0 l\u2019\u00e9criture est \u00e9puis\u00e9. Franz K., qui, dans une citation pr\u00e9c\u00e9dente, criait victoire, se proclamait gu\u00e9ri de ses inhibitions, en magnifiant <strong>\u00ab&nbsp;l\u2019assurance que [lui] procur[ait] le moindre travail litt\u00e9raire, [\u2026] [assurance] indubitable et merveilleuse<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb32\">32<\/a>]<strong>&nbsp;\u00bb<\/strong> \u00e0 l\u2019en croire, tr\u00e8s vite d\u00e9chante, souvent d\u00e9chante donc, et, ici, d\u00e9chante tout \u00e0 fait. Il est vrai qu\u2019il \u00e9crit cette notule sinistre et totalement d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e en mai 1922.<\/p>\n\n\n\n<p>Tous les affres de l\u2019\u00e9criture, il les conna\u00eet, une simple orchestration de citations choisies entre mille peut suffire pour le prouver&nbsp;: <strong>\u00ab&nbsp;J\u2019ai g\u00e2ch\u00e9 toute la matin\u00e9e \u00e0 dormir et \u00e0 lire le journal. Peur de terminer une critique pour le <\/strong><strong><em>Prager Tagblatt.<\/em> <\/strong><strong>Cette peur d\u2019\u00e9crire s\u2019exprime toujours de la m\u00eame mani\u00e8re, je trouve accidentellement, sans \u00eatre assis \u00e0 mon bureau, des phrases de d\u00e9but qui se r\u00e9v\u00e8lent aussit\u00f4t inutilisables, s\u00e8ches, interrompues bien avant la fin et qui, de leurs fragments qui sortent, me d\u00e9signent un triste avenir<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb33\">33<\/a>]<strong>.&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab&nbsp;Le sentiment du faux que j\u2019ai en \u00e9crivant pourrait \u00eatre rendu par l\u2019image suivante&nbsp;: un homme, plac\u00e9 dans un grenier devant deux lucarnes, attend une apparition qui n\u2019a le droit de se produire qu\u2019\u00e0 la lucarne de droite. Mais tandis que celle-ci justement, reste ferm\u00e9e par un verrou que l\u2019on distingue vaguement, les apparitions surgissent l\u2019une apr\u00e8s l\u2019autre \u00e0 celle de gauche, s\u2019efforcent d\u2019attirer le regard et y parviennent finalement sans peine en prenant une ampleur croissante, qui va, quelque r\u00e9sistance que l\u2019on oppose, jusqu\u2019\u00e0 boucher l\u2019ouverture v\u00e9ritable. Or, pour peu qu\u2019on ne veuille pas quitter la place \u2014 et on ne le veut \u00e0 aucun prix \u2014 on se trouve r\u00e9duit \u00e0 accepter ces apparitions dont on ne peut se contenter parce qu\u2019elles sont trop instables \u2014 leur force s\u2019use dans le simple fait d\u2019appara\u00eetre&nbsp;\u2014, et que l\u2019on pousse en avant et dans tous les sens quand leur propre faiblesse les arr\u00eate, \u00e0 seule fin d\u2019en faire surgir d\u2019autres, puisque aussi bien la vue prolong\u00e9e d\u2019une seule d\u2019entre elles est insupportable et que l\u2019espoir demeure, quand les fausses apparitions seront \u00e9puis\u00e9es, de voir enfin surgir les vraies. Comme l\u2019image pr\u00e9c\u00e9dente a peu de vigueur&nbsp;! Une condition pr\u00e9liminaire incoh\u00e9rente est plac\u00e9e comme une planche entre le sentiment r\u00e9el et la m\u00e9taphore de la description<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb34\">34<\/a>]<strong>.&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab&nbsp;\u00c9trange, myst\u00e9rieuse consolation donn\u00e9e par la litt\u00e9rature, dangereuse peut-\u00eatre, peut-\u00eatre lib\u00e9ratrice&nbsp;: bond hors du rang des meurtriers, acte-observation. Acte-observation, parce qu\u2019une observation d\u2019une esp\u00e8ce plus haute est cr\u00e9\u00e9e, plus haute, mais non plus aigu\u00eb, et plus elle s\u2019\u00e9l\u00e8ve, plus elle devient inaccessible au \u00ab&nbsp;rang&nbsp;\u00bb, plus elle est ind\u00e9pendante, plus elle ob\u00e9it aux lois propres de son mouvement, plus son chemin est impr\u00e9visible et joyeux, puis il monte<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb35\">35<\/a>]<strong>.&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab&nbsp;Consid\u00e9r\u00e9e sous un angle de vue primitif, la v\u00e9rit\u00e9 proprement dite, irr\u00e9futable, inaccessible au trouble venant de l\u2019ext\u00e9rieur (martyre, sacrifice pour un \u00eatre humain) ne peut \u00eatre que de la douleur physique. Il est \u00e9trange que le Dieu de la Douleur n\u2019ait pas \u00e9t\u00e9 le Dieu principal des premi\u00e8res religions (il ne l\u2019est peut-\u00eatre que de celle qui sont venues plus tard.) \u00c0 chaque malade son Dieu lare, au phtisique, le Dieu de l\u2019asphyxie. Comment pourrait-on supporter son approche si l\u2019on ne participait de sa nature avant m\u00eame la terrible union<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb36\">36<\/a>] <strong>&nbsp;?&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Et ce ne sont pas ses lectures qui peuvent l\u2019exorciser de son mal, elles nourrissent sa n\u00e9vrose autant qu\u2019elles semblent la calmer, et, souvent, il s\u2019av\u00e8re pour lui objectivement qu\u2019elles l\u2019exaltent&nbsp;; il s\u2019en rend compte&nbsp;:<br><strong>\u00ab&nbsp;Gr\u00e2ce aux po\u00e8mes de Werfel, j\u2019ai eu la t\u00eate comme emplie de vapeur pendant toute la matin\u00e9e d\u2019hier. Un instant, j\u2019ai craint que l\u2019enthousiasme ne m\u2019emport\u00e2t sans halte jusque dans la folie<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb37\">37<\/a>]<strong>.&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Un int\u00e9ressante anecdote relatant sa vie au bureau montre de quelles mises en sc\u00e8ne perverses son cerveau malade est capable pour traduire son inhibition&nbsp;: <strong>\u00ab&nbsp;Au bureau, je dicte une importante circulaire destin\u00e9e \u00e0 la police du district. Arriv\u00e9 \u00e0 la conclusion, qui doit prendre de l\u2019\u00e9lan, je reste court et suis incapable de faire autre chose que de regarder la dactylo, Mlle K., laquelle, comme \u00e0 son habitude, devient particuli\u00e8rement remuante, d\u00e9place sa chaise, tousse, pianote sur la table, attirant par l\u00e0 l\u2019attention de tout le bureau sur mon malheur. L\u2019id\u00e9e que je cherche prend maintenant d\u2019autant plus de prix qu\u2019elle tranquilliserait Mlle K., et plus elle devient pr\u00e9cieuse, plus elle difficile \u00e0 trouver. Enfin, je tiens le mot&nbsp;: \u00ab\u00a0stigmatiser\u00a0\u00bb et la phrase qui va avec, mais je continue \u00e0 garder tout cela dans ma bouche avec d\u00e9go\u00fbt et un sentiment de honte, comme si les mots \u00e9taient de la viande crue, de la viande coup\u00e9e \u00e0 m\u00eame ma chair (tant cela m\u2019a co\u00fbt\u00e9). Enfin, je dis la phrase, mais il me reste une grande terreur parce que je vois que tout en moi est pr\u00eat pour un travail po\u00e9tique, que ce travail serait pour moi une solution divine, une entr\u00e9e r\u00e9elle dans la vie, alors qu\u2019au bureau je dois, au nom d\u2019une lamentable paperasserie, arracher un morceau de sa chair au corps capable d\u2019un tel bonheur<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb38\">38<\/a>]<strong>.&nbsp;\u00bb<\/strong><br>Extraordinaire anecdote o\u00f9 le \u00ab\u00a0jans\u00e9nisme n\u00e9vrotique sadomasochiste\u00a0\u00bb se m\u00eale dans une confusion panique et fervente aux illusions d\u2019\u00e9lans mystiques vers une \u00c9criture d\u00e9ifi\u00e9e pens\u00e9e comme \u00e9tant une panac\u00e9e r\u00e9demptrice. Quand l\u2019\u00e9criture elle-m\u00eame, quand la Parole elle-m\u00eame renvoie au constat d\u2019impuissance, et n\u2019op\u00e8re plus son r\u00f4le de suppos\u00e9 exorcisme\u2026 pour \u00eatre une v\u00e9ritable sensation de damnation irr\u00e9parable. En faisant de tels constats sur son incapacit\u00e9 radicale \u00e0 vivre et \u00e0 s\u2019assumer, il n\u2019oublie pas cependant que l\u2019\u00e9criture est le seul biais qu\u2019il s\u2019est donn\u00e9, qu\u2019il s\u2019est invent\u00e9 pour \u00ab\u00a0donner le change\u00a0\u00bb, se donner le change&nbsp;; il s\u2019y raccroche avec toute l\u2019\u00e9nergie du d\u00e9sespoir, avant que cette illusion coupable elle aussi ne l\u2019abandonne&nbsp;: <strong>\u00ab&nbsp;Surtout ne pas surestimer ce que j\u2019ai \u00e9crit, cela me fermerait l\u2019acc\u00e8s de ce que j\u2019ai \u00e0 \u00e9crire<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb39\">39<\/a>]<strong>.&nbsp;\u00bb<\/strong> \u00c0 vrai dire, l\u2019\u00e9criture est la seule \u00ab\u00a0chose\u00a0\u00bb qui lui permet encore, qui lui ait jamais permis de se projeter dans l\u2019avenir, un avenir m\u00eame improbable&nbsp;: <strong>\u00ab&nbsp;Rien \u00e9crit jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent. Commencer demain. Sinon, je vais tomber dans une insatisfaction que rien ne pourra emp\u00eacher de s\u2019\u00e9tendre&nbsp;; \u00e0 vrai dire, je suis d\u00e9j\u00e0 dedans. Mes acc\u00e8s de nervosit\u00e9 commencent. Mais pour autant que je sois capable de faire quelque chose, je le puis sans pr\u00e9cautions superstitieuses<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb40\">40<\/a>]<strong>.&nbsp;\u00bb<\/strong><br>Sans cesse, il tente de penser pourtant sa n\u00e9vrose&nbsp;: <strong>\u00ab&nbsp;O\u00f9 trouverai-je le salut&nbsp;? Que de mensonges dont je ne savais plus rien sont remont\u00e9s avec le reste \u00e0 la surface. S\u2019ils se sont infiltr\u00e9s aussi bien dans l\u2019union r\u00e9elle que dans la s\u00e9paration r\u00e9elle, alors j\u2019ai s\u00fbrement bien agi. Sans relations humaines, il n\u2019y a pas en moi de mensonges visibles. Le cercle limit\u00e9 est pur<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb41\">41<\/a>]<strong>.&nbsp;\u00bb<\/strong> Cette autre anecdote, plus significative que celle \u00e9voquant la torture du \u00ab&nbsp;Bureau&nbsp;\u00bb, sans doute&nbsp;: <strong>\u00ab&nbsp;Mon inimaginable tristesse de ce matin. [\u2026] J\u2019ai \u00e9t\u00e9 excit\u00e9 par des femmes, puis je suis rentr\u00e9, j\u2019ai lu <\/strong><strong><em>La M\u00e9tamorphose<\/em> <\/strong><strong>et je la trouve mauvaise. Je suis peut-\u00eatre r\u00e9ellement perdu, la tristesse de ce matin reviendra, je ne pourrai pas lui r\u00e9sister longtemps, elle m\u2019enl\u00e8ve tout espoir. Je n\u2019ai m\u00eame pas envie de tenir mon journal, peut-\u00eatre parce qu\u2019il y manque d\u00e9j\u00e0 trop de choses, peut-\u00eatre parce que je ne pourrai jamais d\u00e9crire que des fa\u00e7ons d\u2019agir incompl\u00e8tes \u2014 et n\u00e9cessairement incompl\u00e8tes, semble-t-il&nbsp;\u2014, peut-\u00eatre parce que le fait m\u00eame d\u2019\u00e9crire contribue \u00e0 ma tristesse. \/ J\u2019aimerai bien \u00e9crire des contes de f\u00e9es (pourquoi ai-je tellement ce mot en haine&nbsp;?) [\u2026]<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb42\">42<\/a>]<strong>.&nbsp;\u00bb<\/strong><br>Si Verlaine n\u2019avait pas invent\u00e9 pour saluer <em>a posteriori<\/em> son Ma\u00eetre inhib\u00e9, Charles Baudelaire, en 1883, c\u2019est pour Kafka qu\u2019il eut fallu inventer l\u2019\u00e9pith\u00e8te hom\u00e9rique&nbsp;: \u00ab&nbsp;Po\u00e8te maudit&nbsp;\u00bb&nbsp;: <strong>\u00ab&nbsp;Je vais recommencer \u00e0 \u00e9crire, mais que de doutes, entre temps, sur ma cr\u00e9ation litt\u00e9raire&nbsp;! Au fond, je suis un \u00eatre incapable et ignorant qui, s\u2019il n\u2019avait \u00e9t\u00e9 mis de force \u00e0 l\u2019\u00e9cole \u2014 je n\u2019y allais que contraint, sans aucun m\u00e9rite personnel, sentant \u00e0 peine la contrainte, \u2014 serait tout juste bon \u00e0 rester blotti dans une niche \u00e0 chien, \u00e0 sauter dehors quand on lui apporte sa p\u00e2t\u00e9e et \u00e0 rentrer d\u2019un bond quand il l\u2019a engloutie<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb43\">43<\/a>]<strong>.&nbsp;\u00bb<\/strong> Baudelaire, lui-m\u00eame, \u00e0 la toute fin de sa vie d\u2019auteur, s\u2019est plu \u00e0 r\u00eavasser magnifiquement sur \u00ab&nbsp;Les Bons Chiens&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb44\">44<\/a>]&nbsp;\u00bb, en faisant dans ces chiens par le biais d\u2019une mise en abyme un saisissant \u00ab&nbsp;portrait de l\u2019artiste&nbsp;\u00bb, un ultime \u00ab&nbsp;autoportrait&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Kafka, tr\u00e8s t\u00f4t, se plaint de se sentir en dehors, comme en marge de la r\u00e9alit\u00e9, de toute r\u00e9alit\u00e9&nbsp;: <strong>\u00ab&nbsp;Comme le chemin est long de ma d\u00e9tresse int\u00e9rieure \u00e0 la sc\u00e8ne qui se passe dans la cour. Mais on est d\u00e9sormais dans son pays natal, et l\u2019on ne peut plus repartir<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb45\">45<\/a>]<strong>.&nbsp;\u00bb<\/strong> Puisqu\u2019il ne parvient pas \u00e0 s\u2019accoucher mentalement \u00e0 son propre corps et \u00e0 ce qu\u2019on nomme la vie, la vie en soci\u00e9t\u00e9, la r\u00e9alit\u00e9, il se plaint de <strong>\u00ab&nbsp;N\u2019\u00eatre pas encore n\u00e9 et [d\u2019] \u00eatre d\u00e9j\u00e0 forc\u00e9 de se promener dans les rues, de parler aux hommes<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb46\">46<\/a>]<strong>.&nbsp;\u00bb<\/strong><br>Ma th\u00e8se est simple&nbsp;: Kafka fait partie, Kafka est \u00e0 compter au nombre \u2014 assez cons\u00e9quent \u00e0 vrai dire \u2014 de ces artistes et \u00e9crivains que pour ma part je nomme (d\u2019un concept nouveau, je crois)&nbsp;: les \u00ab&nbsp;Non-n\u00e9s&nbsp;\u00bb. Kafka est un \u00ab&nbsp;Non-n\u00e9&nbsp;\u00bb comme Baudelaire, pour n\u2019en citer qu\u2019un seul, semblable \u00e0 lui, parmi tant d\u2019autres. Si Baudelaire s\u2019interrogeait comme Thomas de Quincey en disant avec lui&nbsp;: \u00ab&nbsp;\u00ab\u00a0Nous pouvons regarder la mort en face&nbsp;; mais sachant, comme quelques-uns d\u2019entre nous le savent aujourd\u2019hui, ce qu\u2019est la vie humaine, qui pourrait sans frissonner (en supposant qu\u2019il en f\u00fbt averti) regarder en face l\u2019heure de sa naissance&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb47\">47<\/a>]&nbsp;?\u00a0\u00bb&nbsp;\u00bb, Franz K., lui, \u00e9crit <strong>\u00ab&nbsp;H\u00e9sitation devant la naissance. S\u2019il y a une transmigration des \u00e2mes, la mienne n\u2019a pas encore atteint le plus bas. Ma vie est h\u00e9sitation devant la naissance<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb48\">48<\/a>]<strong>.&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u2014 L\u2019IMAGE DE L\u2019AUTRE&nbsp;:<br><\/strong><br>Peut-on r\u00e9soudre ses probl\u00e8mes m\u00e9taphysiques avec l\u2019aide d\u2019un <em>alter ego,<\/em> d\u2019une alter-h\u00e9ro\u00efne&nbsp;? C\u2019est l\u2019illusion commune, largement partag\u00e9e. Envieux du suppos\u00e9 bonheur qu\u2019il pr\u00eate aux autres, Franz K. note dans son <em>Journal,<\/em> \u00e0 la date du 24 janvier 1922, soit quelques mois avant sa mort \u2014 l\u2019illusion lui aura v\u00e9ritablement dur\u00e9 jusqu\u2019au bout \u2014&nbsp;: <strong>\u00ab&nbsp;Au bureau, le bonheur des hommes mari\u00e9s, jeunes et vieux. Bonheur qui m\u2019est inaccessible et qui, s\u2019il \u00e9tait \u00e0 ma port\u00e9e, me serait insupportable&nbsp;; c\u2019est pourtant le seul dont, par go\u00fbt, j\u2019aimerais me rassasier<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb49\">49<\/a>]<strong>.&nbsp;\u00bb<\/strong> Est-ce parce qu\u2019il est convaincu de son incurabilit\u00e9 qu\u2019il choisit Felice Bauer \u2014 de tous ses \u00e9checs le plus cuisant, le plus arch\u00e9typal, et, par cons\u00e9quent, le plus singulier \u2014&nbsp;:<br><small>Mlle F[elice] B[auer]. Quand j\u2019arrivai chez Brod, le 13 ao\u00fbt, elle \u00e9tait assise \u00e0 table et je l\u2019ai prise pour une bonne. Je n\u2019\u00e9tais d\u2019ailleurs nullement curieux de savoir qui elle \u00e9tait, je l\u2019ai aussit\u00f4t accept\u00e9e. Visage osseux et insignifiant, qui portait franchement son insignifiance. Cou d\u00e9gag\u00e9. Blouse jet\u00e9e sur les \u00e9paules. Elle semblait \u00eatre habill\u00e9e tout \u00e0 fait comme une m\u00e9nag\u00e8re, bien qu\u2019elle ne f\u00fbt nullement, comme j\u2019ai pu le constater ensuite (je l\u2019\u00e9loigne un peu d\u2019elle-m\u00eame en la serrant d\u2019aussi pr\u00e8s. Dans quel \u00e9tat suis-je d\u2019ailleurs en ce moment, \u00e9tranger \u00e0 tout bien g\u00e9n\u00e9ral et sans l\u2019admettre encore, par surcro\u00eet. Si je ne suis pas trop distrait par les nouvelles litt\u00e9raires aujourd\u2019hui chez Max, j\u2019essaierai d\u2019\u00e9crire l\u2019histoire de Blenkelt. Il n\u2019est pas n\u00e9cessaire qu\u2019elle soit longue, mais il faut qu\u2019elle m\u2019atteigne). Nez presque cass\u00e9. Cheveux blonds, un peu raides et sans charme, menton fort. En m\u2019asseyant, je la regardai attentivement pour la premi\u00e8re fois, une fois assis, j\u2019avais d\u00e9j\u00e0 sur elle un jugement in\u00e9branlable. Comme se&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb50\">50<\/a>]\u2026 <em>(Interrompu.)<\/em><\/small><\/p>\n\n\n\n<p>Portrait de Felice Bauer&nbsp;: croqu\u00e9e sur le motif, lors de leur premi\u00e8re rencontre. Voil\u00e0 donc celle qui va g\u00e9n\u00e9rer l\u2019\u00e9criture de son grand roman laiss\u00e9 en chantier&nbsp;: <em>Le Proc\u00e8s,<\/em> juste avant le cataclysme pour lui qu\u2019est l\u2019effondrement de l\u2019Ancien-Monde, du monde des P\u00e8res (m\u00eame s\u2019il les hait&nbsp;!\u2026). C\u2019est la premi\u00e8re fois qu\u2019il la voit, et c\u2019est ainsi qu\u2019il la d\u00e9crit&nbsp;: on croit r\u00eaver. Vision clinique sans affect aucun, et, comme au scanner&nbsp;: terrifique&nbsp;!\u2026 \u00ab&nbsp;Un rem\u00e8de contre l\u2019amour&nbsp;\u00bb dit-on en langage populaire&nbsp;; et dire qu\u2019il va songer \u00e0 l\u2019\u00e9pouser&nbsp;!. Mais n\u2019est-ce pas l\u00e0 pr\u00e9cis\u00e9ment ce qui \u00ab\u00a0l\u2019attire\u00a0\u00bb en Felice Bauer&nbsp;: par avance il sait qu\u2019il n\u2019aura jamais envie d\u2019elle&nbsp;?\u2026 \u00c0 elle seule, il le voit du premier coup d\u2019\u0153il comme frapp\u00e9 par la foudre, elle focalise tous les aspects de son inhibition comme si elle la justifiait&nbsp;; \u00e9pouser Felice Bauer, pour ne pas coucher avec elle, pour montrer son d\u00e9go\u00fbt de toute sexualit\u00e9, c\u2019est \u00e9pouser une justification de son inhibition, c\u2019est \u00e9pouser sa propre inhibition. Dans le cours de la description, on appr\u00e9ciera l\u2019incise tellement significative de son rapport \u00e0 l\u2019\u00e9criture, parlant d\u2019un projet litt\u00e9raire, comme s\u2019il s\u2019agissait d\u2019ouvrir par avance la jeune fille, la femme, la future fianc\u00e9e, en deux pour y loger un projet litt\u00e9raire, qu\u2019elle seule est susceptible de contenir&nbsp;; comme s\u2019il s\u2019agissait de penser par avance la seule maternit\u00e9, le seul type de maternit\u00e9 qu\u2019on lui tol\u00e8re, qu\u2019on lui conc\u00e9dera. Il ne s\u2019agit pas de \u00ab&nbsp;savoir ce qu\u2019elle a dans le ventre&nbsp;\u00bb, non, jamais&nbsp;! La chose est entendue par avance. Non&nbsp;! il s\u2019agit de \u00ab&nbsp;savoir ce qu\u2019on a dans le ventre&nbsp;\u00bb gr\u00e2ce \u00e0 elle, en l\u2019ouvrant en deux et en l\u2019y mettant, comme une petite graine, comme s\u2019il s\u2019agissait plut\u00f4t d\u2019envisager la femme comme un d\u00e9barras du pand\u00e9monium psychique, hyst\u00e9rique, en lui pr\u00e9tendant s\u00e9rieusement qu\u2019on la consid\u00e8re malgr\u00e9 tout comme une pouponni\u00e8re et comme une amante. Oui, d\u00e9cid\u00e9ment, tout le po\u00e8te est dans l\u2019hyst\u00e9rie, comme la femme, elle, est dans l\u2019ut\u00e9rus&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb51\">51<\/a>] si l\u2019on en croit Hypocrate et les hypocratiques&nbsp;; si tout le po\u00e8te est dans l\u2019hyst\u00e9rie pour Franz K., c\u2019est pourquoi l\u2019ut\u00e9rus de la femme peut lui \u00eatre utile, \u00e0 lui aussi, mais ut\u00e9rus pour hyst\u00e9rie, ut\u00e9rus porteur, dont on n\u2019use uniquement \u00e0 des fins s\u00e9mantiques, m\u00e9taphysiques, ontologiques, philosophiques, philologiques, bien s\u00fbr&nbsp;!\u2026 La femme, comme d\u00e9barras psychique, la femme comme biotope porteur ou porte-livre. Voil\u00e0 la femme kafka\u00efenne. Elle n\u2019est rien de plus. Il en est, il est vrai, une d\u2019un tout autre type, parfois&nbsp;: son exact envers, puisqu\u2019elle a deux faces, comme Janus ou comme la \u00ab&nbsp;B\u00e9n\u00e9dicta&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb52\">52<\/a>]&nbsp;\u00bb de Baudelaire&nbsp;: toute femme est duplice, est double. Dans cet autre cas, \u00e0 l\u2019oppos\u00e9, sur son revers, sur son envers, elle est <strong>\u00ab&nbsp;Fata Morgana c\u00e9leste en enfer<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb53\">53<\/a>]<strong>&nbsp;\u00bb<\/strong> (la formule est belle&nbsp;!\u2026), mirage plotinien ou platonicien perdue dans \u00ab&nbsp;Le Tr\u00e8s-Haut&nbsp;\u00bb, mais g\u00e9n\u00e9r\u00e9e par \u00ab&nbsp;Le Tr\u00e8s-Bas&nbsp;\u00bb, ectoplasme et succube&nbsp;!\u2026<br>On avait vu l\u2019\u00e9p\u00e9e, la plume, traverser la peau, et, surtout, le cerveau de Kafka, et comment. Ne manquait qu\u2019un pieu pour lui traverser le corps, le c\u0153ur, lui, le vampire de soi-m\u00eame&nbsp;: <strong>\u00ab&nbsp;Un pieu \u2014 on ne sait pas d\u2019o\u00f9 il est venu \u2014 a atteint l\u2019\u00e9poux par derri\u00e8re, l\u2019a renvers\u00e9 et transperc\u00e9. Il g\u00e9mit, couch\u00e9 sur le sol, la t\u00eate lev\u00e9e et les bras \u00e9tendus. Un peu plus tard, il parvient m\u00eame \u00e0 se lever et reste un instant dans un \u00e9quilibre pr\u00e9caire. Il n\u2019a rien \u00e0 raconter, sinon qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 atteint, et il montre la direction approximative d\u2019o\u00f9, selon lui, le pieu est venu. Ces r\u00e9cits toujours pareils commencent \u00e0 fatiguer l\u2019\u00e9pouse, d\u2019autant que l\u2019homme d\u00e9signe sans cesse une nouvelle direction<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb54\">54<\/a>]<strong>.&nbsp;\u00bb<\/strong> Kafka se voit d\u00e9j\u00e0 mari\u00e9&nbsp;!\u2026<br>De cauchemars \u00e9veill\u00e9s, Kafka est sujet, fr\u00e9quemment. Il s\u2019agit l\u00e0 de ce que Nerval appelait \u00ab&nbsp;l\u2019\u00e9panchement du songe dans la vie r\u00e9elle&nbsp;\u00bb, ni plus ni moins. La psychose n\u2019est pas loin, elle r\u00f4de. \u00ab&nbsp;L\u2019\u00e9panchement du songe dans la vie r\u00e9elle&nbsp;\u00bb, c\u2019est m\u00eame l\u2019exacte d\u00e9finition de la folie pour les psychiatres. Autre signe du mal&nbsp;? L\u2019insomnie. Kafka ponctuellement s\u2019en plaint&nbsp;: <strong>\u00ab&nbsp;Insomnie presque totale&nbsp;; tortur\u00e9 par les r\u00eaves, comme par une pointe qui les graverait en moi, dans la mati\u00e8re r\u00e9fractaire que je suis<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb55\">55<\/a>]<strong>.&nbsp;\u00bb<\/strong> Les cauchemars \u00e9veill\u00e9s de Kafka&nbsp;: autant de bouff\u00e9es d\u00e9lirantes\u2026 Qu\u2019on ne s\u2019\u00e9tonne pas dans ces conditions, qu\u2019un de ses amis peintres \u2014 lequel avait l\u2019\u0153il, semble-t-il, c\u2019est la moindre des choses pour un peintre \u2014 envisageait de le peindre nu, en Saint S\u00e9bastien. <strong>\u00ab&nbsp;Je dois poser nu en saint S\u00e9bastien pour le peintre Ascher<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb56\">56<\/a>]<strong>.&nbsp;\u00bb<\/strong><br>Saint S\u00e9bastien, voil\u00e0 quelqu\u2019un qui passe par le juge avant d\u2019\u00eatre ex\u00e9cut\u00e9. De quel tribunal s\u2019agit-il&nbsp;? Il semblerait que Franz Kafka n\u2019ait pas manqu\u00e9 de l\u2019expliquer explicitement&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><small>D\u2019une lettre \u00e0 F., peut-\u00eatre la derni\u00e8re (1er octobre)&nbsp;: Si je m\u2019examine \u00e0 fond pour conna\u00eetre mon but final, je constate que je n\u2019aspire pas v\u00e9ritablement \u00e0 \u00eatre bon et \u00e0 me conformer aux exigences d\u2019un Tribunal Supr\u00eame&nbsp;; mais, tout \u00e0 l\u2019oppos\u00e9, que j\u2019essaie d\u2019embrasser du regard la communaut\u00e9 des hommes et des b\u00eates tout enti\u00e8re, de comprendre ses pr\u00e9dilections fondamentales, ses d\u00e9sirs, son id\u00e9al moral, de les ramener \u00e0 des pr\u00e9ceptes simples et de commencer le plus t\u00f4t possible \u00e0 \u00e9voluer dans leur sens \u00e0 seule fin d\u2019\u00eatre agr\u00e9able \u00e0 tout le monde, et d\u2019\u00eatre si agr\u00e9able m\u00eame (c\u2019est l\u00e0 qu\u2019intervient le bond) qu\u2019il me soit finalement permis, en ma qualit\u00e9 d\u2019unique p\u00e9cheur que l\u2019on ne fait pas r\u00f4tir, d\u2019accomplir ouvertement aux yeux de tous et sans perdre l\u2019amour g\u00e9n\u00e9ral, les ignominies qui sont dans ma nature. En r\u00e9sum\u00e9, seul m\u2019importe donc ce tribunal des hommes que, par surcro\u00eet, je veux tromper, sans toutefois commettre de fraude&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb57\">57<\/a>].<\/small><\/p>\n\n\n\n<p>Frauduleux, Franz K. <em>alias<\/em> Joseph K. (ou l\u2019inverse, on ne sait plus et il ne le sait plus lui-m\u00eame\u2026), frauduleux, Franz K. l\u2019est comme Kierkegaard&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb58\">58<\/a>]&nbsp;: <strong>\u00ab&nbsp;J\u2019ai re\u00e7u aujourd\u2019hui le <\/strong><strong><em>Livre du Juge<\/em> <\/strong><strong>de Kierkegaard [l\u2019\u00e9ternel fianc\u00e9 aux fian\u00e7ailles toujours bris\u00e9es]. Comme je le pressentais, son cas est tr\u00e8s semblable au mien en d\u00e9pit de diff\u00e9rences essentielles, il est situ\u00e9 pour le moins du m\u00eame c\u00f4t\u00e9 du monde. Il me confirme comme un ami. Je fais le brouillon de la lettre suivante que je veux envoyer \u00e0 son p\u00e8re [celui de Felice Bauer] demain, si j\u2019en ai la force<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb59\">59<\/a>]<strong>.&nbsp;\u00bb<\/strong> Kierkegaard, l\u2019\u00e9ternel fianc\u00e9, comme K. Et toujours les p\u00e8res&nbsp;!\u2026 Du pouvoir des p\u00e8res, on ne sort jamais&nbsp;!\u2026<br>D\u2019o\u00f9 lui vient cet \u00e9chec garanti&nbsp;? Il s\u2019en explique&nbsp;: <strong>\u00ab&nbsp;Jeune gar\u00e7on, j\u2019\u00e9tais aussi innocent, aussi peu int\u00e9ress\u00e9 par les questions sexuelles (et je le serais rest\u00e9 tr\u00e8s longtemps si l\u2019on ne m\u2019avait pouss\u00e9 \u00e0 m\u2019en occuper) que je le suis aujourd\u2019hui, disons par la th\u00e9orie de la relativit\u00e9. Seuls des d\u00e9tails insignifiants attiraient mon attention (et m\u00eame ceux-l\u00e0, apr\u00e8s qu\u2019on m\u2019e\u00fbt fourni des \u00e9claircissements pr\u00e9cis), le fait, par exemple, que les femmes de la rue qui me semblaient les plus belles et les mieux habill\u00e9es dussent pr\u00e9cis\u00e9ment \u00eatre mauvaises<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb60\">60<\/a>]<strong>.&nbsp;\u00bb<\/strong> L\u2019aveu est d\u2019autant plus significatif pour comprendre la culpabilit\u00e9 de Franz K. alias Joseph K. \u2014 ou l\u2019inverse&nbsp;\u2014, qu\u2019un \u00ab\u00a0bon Juif\u00a0\u00bb, selon les r\u00e8gles fix\u00e9es par les textes sacr\u00e9s et la doxa, se doit non seulement d\u2019\u00eatre mari\u00e9, mais encore p\u00e8re de famille.<br>Kafka r\u00e9fl\u00e9chira sans cesse \u00e0 cette notion de culpabilit\u00e9 qui l\u2019infeste, qui le poss\u00e8de&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><small>Les cinq principes qui m\u00e8nent \u00e0 l\u2019enfer (dans leur succession g\u00e9n\u00e9tique&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb61\">61<\/a>])&nbsp;:<br>1\u00b0 \u00ab&nbsp;Le pire se trouve derri\u00e8re la fen\u00eatre.&nbsp;\u00bb Tout le reste est ang\u00e9lique, soit qu\u2019on le d\u00e9clare en termes nets, soit, si l\u2019on n\u2019y prend pas garde (c\u2019est le cas le plus fr\u00e9quent), qu\u2019on le reconnaisse tacitement.<br>2\u00b0 \u00ab&nbsp;Tu es tenu de poss\u00e9der toutes les femmes&nbsp;\u00bb, non pas \u00e0 la mani\u00e8re de Don Juan, mais pour te conformer \u00e0 ce que le diable appelle \u00ab&nbsp;l\u2019\u00e9tiquette sexuelle&nbsp;\u00bb.<br>3\u00b0 \u00ab&nbsp;Cette femme, il ne t\u2019est pas permis de la poss\u00e9der&nbsp;\u00bb, et par cons\u00e9quent tu ne le peux pas. <em>Fata Morgana<\/em> c\u00e9leste en enfer&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb62\">62<\/a>].<br>4\u00b0 \u00ab&nbsp;Tout n\u2019est que besoin.&nbsp;\u00bb Comme tu as le besoin, sois satisfait.<br>5\u00b0 \u00ab&nbsp;Le besoin est tout.&nbsp;\u00bb Comment pourrais-tu avoir tout&nbsp;? En cons\u00e9quence, tu n\u2019as pas m\u00eame le besoin&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb63\">63<\/a>].<\/small><\/p>\n\n\n\n<p>Il n\u2019emp\u00eache qu\u2019il lui arrive encore de r\u00eaver parfois, sinon de r\u00e9demption, du moins de r\u00e9pit&nbsp;: <strong>\u00ab&nbsp;Les trois \u00c9rynnies. Fuite dans le bois sacr\u00e9. Milena<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb64\">64<\/a>]<strong>.&nbsp;\u00bb<\/strong> Poursuivi par les trois \u00c9rynnies tel Oreste ou les autres damn\u00e9s antiques, Kafka. Confondue au bois sacr\u00e9 ou \u00e0 quelque divinit\u00e9 compatissante, Milena, appara\u00eet sinon comme une r\u00e9demption comme un r\u00e9pit. Momentan\u00e9ment, mais c\u2019est toujours bon \u00e0 prendre un suspens, l\u2019amiti\u00e9 amoureuse de Milena le sauve. Ch\u00e8re et admirable Milena\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u2014 LA SOLUTION&nbsp;:<br><\/strong><br><strong>\u00ab&nbsp;Ce n\u2019\u00e9tait pourtant que de la fatigue, mais aujourd\u2019hui, nouvelle crise qui me met le front en sueur. Et si l\u2019on \u00e9tait cause de sa propre asphyxie&nbsp;? Si, sous la pression de l\u2019introspection, l\u2019ouverture par laquelle on se d\u00e9verse dans le monde devenait trop \u00e9troite ou se fermait tout \u00e0 fait&nbsp;? Il y a des moments o\u00f9 je ne suis pas loin d\u2019en \u00eatre l\u00e0. Un fleuve qui coule \u00e0 rebours. Ce qui se produit maintenant est, pour une grande part, depuis longtemps en train de se faire<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb65\">65<\/a>]<strong>.&nbsp;\u00bb<\/strong> Vient \u2014 on l\u2019attendait \u2014 la tentation du suicide&nbsp;: <strong>\u00ab&nbsp;Le saut par la fen\u00eatre m\u2019est apparu comme l\u2019unique solution<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb66\">66<\/a>]<strong>.&nbsp;\u00bb \u00ab&nbsp;Se lancer contre la fen\u00eatre et, faible comme on l\u2019est maintenant apr\u00e8s avoir employ\u00e9 toute sa force, franchir la barre d\u2019appui en traversant les morceaux de bois et de verre qui ont vol\u00e9 en \u00e9clats<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb67\">67<\/a>]<strong>.&nbsp;\u00bb<\/strong><br>Oui, mais se suicider, bien \u00e9videmment, c\u2019est \u00ab\u00a0mourir\u00a0\u00bb. En petit Hamlet, Kafka s\u2019interroge&nbsp;: <strong>\u00ab&nbsp;Si l\u2019on en juge de l\u2019ext\u00e9rieur, il est terrible de mourir adulte et jeune, voire de se tuer. C\u2019est partir au milieu d\u2019une confusion totale qui aurait acquis un sens au cours d\u2019une \u00e9volution ult\u00e9rieure, partir sans espoir, ou avec l\u2019unique espoir que cette apparition dans la vie sera consid\u00e9r\u00e9e comme non avenue \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la grande addition. C\u2019est dans une situation de ce genre que je serais maintenant. Mourir ne signifierait pas autre chose qu\u2019abandonner un rien au rien, ce qui serait impossible \u00e0 concevoir, car comment pourrait-on, f\u00fbt-ce en qualit\u00e9 de rien, se donner en toute conscience au rien, et non seulement \u00e0 un rien vide, mais \u00e0 un rien bouillonnant dont la nullit\u00e9 consiste uniquement en ce qu\u2019il est incompr\u00e9hensible<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb68\">68<\/a>]<strong>.&nbsp;\u00bb<\/strong><br>Il est peut-\u00eatre, il est sans doute un moyen d\u2019user du suicide \u00e0 la petite semaine&nbsp;: <strong>\u00ab&nbsp;Je m\u2019isolerai de tous jusqu\u2019\u00e0 en perdre conscience. Je me ferai des ennemis de tout le monde<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb69\">69<\/a>]<strong>, je ne parlerai \u00e0 personne<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb70\">70<\/a>]<strong>.&nbsp;\u00bb \u00ab&nbsp;Ainsi, je me confierais \u00e0 la mort. Reste d\u2019une foi. Retour au P\u00e8re. Grand Jour des Expiations<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb71\">71<\/a>]<strong>.&nbsp;\u00bb<\/strong> Un suicide, une mort se pr\u00e9pare. Kafka a pr\u00e9par\u00e9 sa mort, toute \u00ab&nbsp;sa vie&nbsp;\u00bb \u2014 pour user de la seule expression qui s\u2019offre \u2014.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014&nbsp;Alors, Kafka, son \u0152uvre&nbsp;? Le charme de l\u2019autisme&nbsp;?<br>Une \u00e9criture autiste, tellement qu\u2019elle rel\u00e8ve du paradoxe, en devient universelle, et que chacun l\u2019entend&nbsp;?\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019OBSESSION DE \u00ab&nbsp;LA LOI&nbsp;\u00bb&nbsp;:<br><\/strong><br>\u00c0 la question&nbsp;: pourquoi le primat de la Loi et l\u2019obsession de la Loi chez Kafka, dans l\u2019\u0152uvre de Kafka&nbsp;? La r\u00e9ponse est peut-\u00eatre&nbsp;: parce que Kafka est un homme de l\u2019Ancien-Monde, c\u2019est-\u00e0-dire du monde des p\u00e8res&nbsp;: patriarches, <em>pater familias,<\/em> rois et empereurs, repr\u00e9sentants du Dieu-P\u00e8re, qui, tous, incarnent la Loi&nbsp;; parce qu\u2019il est Juif aussi et que le p\u00e8re est son juge&nbsp;: qu\u2019en tant que Juif, il n\u2019existe pas s\u2019il ne devient pas p\u00e8re lui-m\u00eame, \u00e0 son tour, et qu\u2019il sait qu\u2019il ne le deviendra pas.<br>En attendant la r\u00e9demption impossible que devrait accorder le p\u00e8re pour que son fils naisse \u00e0 la vie enfin pour que son fils s\u2019accouche au monde enfin, pour que son fils vive, les golems invent\u00e9s par le fils, pour peupler ce monde o\u00f9 il n\u2019a pas sa place \u2014 o\u00f9, objectivement il n\u2019est pas, \u2014pour le peupler, le corriger et le venger, lui, Franz K., lui jouent des tours&nbsp;; \u00e0 l\u2019h\u00f4tel, ce lieu impersonnel entre tous, pour seul exemple cet \u00e9tonnant et combien significatif lapsus un jour dans un h\u00f4tel o\u00f9 il est amen\u00e9 comme le voulait l\u2019usage alors \u00e0 se faire inscrire sur les registres consultables \u00e0 tout instant par les services de police&nbsp;: <strong>\u00ab&nbsp;Bien que j\u2019aie \u00e9crit distinctement mon nom \u00e0 l\u2019h\u00f4tel, bien qu\u2019ils m\u2019aient d\u00e9j\u00e0 \u00e9crit de leur c\u00f4t\u00e9 en mettant le nom exact, c\u2019est pourtant Joseph K. qui est inscrit au tableau d\u2019en bas. Dois-je les \u00e9clairer ou me laisser \u00e9clairer par eux<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb72\">72<\/a>]<strong>&nbsp;?&nbsp;\u00bb<\/strong> Ne prenons pas, nous, comme Franz K. feint de le croire, afin de s\u2019en persuader, \u00e0 seule fin de se rassurer sur son propre compte, ne prenons pas, nous, non, les r\u00e9ceptionnistes, le r\u00e9ceptionniste pour un idiot \u2014 m\u00eame si l\u2019on pr\u00eate \u00e0 ce terme quelque connotation dosto\u00efevskienne \u2014&nbsp;: s\u2019il est <strong>\u00ab&nbsp;inscrit&nbsp;\u00bb \u00ab&nbsp;Joseph K. [\u2026] au tableau d\u2019en bas&nbsp;\u00bb<\/strong>, c\u2019est que c\u2019est Kafka lui-m\u00eame, dans un processus de d\u00e9doublement qui pouvait arriver \u00e0 Balzac lui-m\u00eame&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb73\">73<\/a>], qui \u2014 acte manqu\u00e9 ou bien plut\u00f4t lapsus r\u00e9v\u00e9lateur \u2014 a donn\u00e9 ce nom, sans y penser. R\u00e9trospectivement, va-t-il <strong>\u00ab&nbsp;[se] laisser \u00e9clairer par eux&nbsp;?&nbsp;\u00bb<\/strong> Telle est la question.<br>Et le Joseph K. du <em>Proc\u00e8s<\/em> ou Franz K. peut-\u00eatre, ou, Franz K. sans doute, de s\u2019interroger ou d\u2019interroger ses golems, ses doubles qui lui \u00e9chappent sans cesse&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><small>il y a encore des armes que j\u2019emploie bien rarement, je parviens avec tant de peine jusqu\u2019\u00e0 elles, je ne connais pas la joie que procure leur usage, je ne l\u2019ai pas apprise dans mon enfance. Et si je ne l\u2019ai pas apprise, ce n\u2019est pas seulement \u00ab&nbsp;par la faute du p\u00e8re&nbsp;\u00bb, c\u2019est aussi parce que je voulais d\u00e9truire la \u00ab&nbsp;paix&nbsp;\u00bb, l\u2019\u00e9quilibre et que, en cons\u00e9quence, je n\u2019avais pas le droit de laisser quelqu\u2019un rena\u00eetre au-del\u00e0 de moi tandis que je m\u2019effor\u00e7ais de l\u2019enterrer en de\u00e7\u00e0. Il est vrai que l\u00e0 encore, je revient \u00e0 la \u00ab&nbsp;faute&nbsp;\u00bb, car pourquoi voulais-je sortir du monde&nbsp;? Parce qu\u2019\u00ab&nbsp;il&nbsp;\u00bb ne me laissait pas vivre dans le monde, dans son monde. Maintenant cependant, je ne peux plus en juger de fa\u00e7on aussi cat\u00e9gorique, car maintenant, je suis d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 citoyen de cet autre monde qui est, avec le monde ordinaire, dans le m\u00eame rapport que le d\u00e9sert avec une contr\u00e9e agricole (il y quarante ans que j\u2019erre au sortir de Chanaan)&nbsp;; c\u2019est en \u00e9tranger que je regarde derri\u00e8re moi, je suis assur\u00e9ment, m\u00eame dans cet autre monde, le plus infime et le plus craintif de tous \u2014 c\u2019est l\u00e0 le patrimoine que j\u2019ai apport\u00e9 \u2014 et je ne suis capable d\u2019y vivre qu\u2019en vertu de l\u2019organisation sp\u00e9ciale des choses de l\u00e0-bas, selon laquelle les plus humbles peuvent \u00eatre \u00e9lev\u00e9s de fa\u00e7on fulgurante, aussi bien d\u2019ailleurs que broy\u00e9s pour des mill\u00e9naires sous des pressions oc\u00e9aniques. Ne me faut-il pas \u00eatre reconnaissant, malgr\u00e9 tout&nbsp;? Devais-je donc n\u00e9cessairement trouver le chemin qui m\u00e8ne \u00e0 ce monde&nbsp;? \u00ab&nbsp;Banni&nbsp;\u00bb de l\u00e0-bas, rejet\u00e9 d\u2019ici, n\u2019aurais-je pu \u00eatre \u00e9cras\u00e9 \u00e0 la fronti\u00e8re&nbsp;? La puissance de mon p\u00e8re n\u2019a-t-elle pas donn\u00e9 au d\u00e9cret d\u2019expulsion assez de force pour que rien ne puisse lui r\u00e9sister (\u00e0 lui, mais pas \u00e0 moi)&nbsp;? Sans doute, c\u2019est comme si j\u2019accomplissais la p\u00e9r\u00e9grination dans le d\u00e9sert \u00e0 rebours, en me rapprochant continuellement du d\u00e9sert et en nourrissant des espoirs pu\u00e9rils (surtout en ce qui concerne les femmes), \u00ab&nbsp;peut-\u00eatre resterai-je tout de m\u00eame en Chanaan&nbsp;\u00bb, mais entre temps je suis arriv\u00e9 depuis longtemps dans le d\u00e9sert et ces espoirs ne sont que les chim\u00e8res du d\u00e9sespoir, surtout en des temps o\u00f9, m\u00eame au d\u00e9sert, je suis la plus mis\u00e9rable des cr\u00e9atures et o\u00f9 Chanaan doit n\u00e9cessairement se pr\u00e9senter \u00e0 moi comme l\u2019unique terre d\u2019espoir, car il n\u2019y a pas de troisi\u00e8me terre pour les hommes&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb74\">74<\/a>].<\/small><\/p>\n\n\n\n<p>Pauvre Franz K.&nbsp;! pauvre Joseph, pauvre Kafka&nbsp;! Le seul viatique qu\u2019il s\u2019est bricol\u00e9, c\u2019est&nbsp;: <strong>\u00ab&nbsp;Ce matin, j\u2019ai pens\u00e9&nbsp;: \u00ab&nbsp;Peut-\u00eatre te sera-t-il tout de m\u00eame possible de vivre de cette mani\u00e8re, mais surtout, prot\u00e8ge cette vie contre les femmes.&nbsp;\u00bb Prot\u00e8ge-la contres les femmes, mais elles sont d\u00e9j\u00e0 dans le \u00ab&nbsp;de-cette-mani\u00e8re&nbsp;\u00bb<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb75\">75<\/a>]<strong>.&nbsp;\u00bb<\/strong><br><br>\u2014&nbsp;Pitoyable cas&nbsp;!\u2026 <strong>\u00ab&nbsp;<\/strong><strong> <em>\u00catre mis\u00e9rable que je suis<\/em> <\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb76\">76<\/a>]<strong> <em>&nbsp;!<\/em> <\/strong><strong>&nbsp;\u00bb<\/strong> se dira au reste, non sans masochisme et d\u00e9lice amer, sans cesse kafka, qui se condamne soi-m\u00eame, car <strong>\u00ab&nbsp;l\u2019homme le plus d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 est oblig\u00e9 de reconna\u00eetre, l\u2019exp\u00e9rience prouve que quelque chose peut sortir du rien, que le cocher avec ses chevaux peut ramper hors de la porcherie en ruine<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb77\">77<\/a>]<strong>.&nbsp;\u00bb<\/strong><br>Bilan pour lui de sa vie propre, qu\u2019il n\u2019eut jamais l\u2019impression de lui voir appartenir \u00ab\u00a0en propre\u00a0\u00bb pr\u00e9cis\u00e9ment, \u00ab&nbsp;\u00e9tranger&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb78\">78<\/a>]&nbsp;\u00bb qu\u2019il \u00e9tait \u00e0 sa propre vie, \u00e0 son propre corps et au monde&nbsp;: <strong>\u00ab&nbsp;Une vie qui passe inaper\u00e7ue. Un \u00e9chec qui se voit<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb79\">79<\/a>]<strong>.&nbsp;\u00bb<\/strong> Ne nous y trompons pas \u2014 si terrible qu\u2019elle soit \u2014 c\u2019est l\u00e0 son \u00e9pitaphe, il n\u2019en est, il n\u2019en veut point d\u2019autre\u2026&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><small>\u00ab&nbsp;Qu\u2019as-tu fait du sexe dont tu as re\u00e7u le don&nbsp;? On dira finalement qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 g\u00e2ch\u00e9, et ce sera tout. Mais il aurait pu facilement ne pas l\u2019\u00eatre. Certes, c\u2019est une bagatelle qui en a d\u00e9cid\u00e9, et pas m\u00eame une bagatelle connaissable. Que trouves-tu d\u2019\u00e9tonnant \u00e0 cela&nbsp;? Il en a \u00e9t\u00e9 de m\u00eame dans les grandes batailles de l\u2019histoire. Le sort des bagatelles est d\u00e9cid\u00e9 par d\u2019autres bagatelles. [\u2026] Le d\u00e9sir sexuel me presse, me torture jour et nuit, pour le satisfaire, il me faudrait surmonter ma peur, ma pudeur et sans doute aussi ma tristesse&nbsp;; mais d\u2019autre part, il est certain que je profiterais aussit\u00f4t, sans la moindre tristesse ni crainte, de la premi\u00e8re occasion qui serait \u00e0 ma port\u00e9 imm\u00e9diate et s\u2019offrirait complaisamment&nbsp;; mais d\u2019apr\u00e8s ce qui pr\u00e9c\u00e8de, la loi subsiste, qui commande de ne pas surmonter la peur, etc\u2026 (mais aussi de ne pas jouer avec l\u2019id\u00e9e du triomphe sur la peur) et de profiter de l\u2019occasion (mais de ne pas se plaindre si elle ne se pr\u00e9sente pas). Il est vrai, il existe un degr\u00e9 interm\u00e9diaire entre \u00ab&nbsp;l\u2019acte&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;l\u2019occasion&nbsp;\u00bb, celui o\u00f9 l\u2019on provoque, o\u00f9 l\u2019on attire l\u2019occasion, et c\u2019est l\u00e0, malheureusement, une pratique que j\u2019ai adopt\u00e9e non seulement dans ce cas, mais en tout. Du point de vue de la \u00ab&nbsp;loi&nbsp;\u00bb, c\u2019est \u00e0 peine s\u2019il y a quelque chose \u00e0 relever contre cette pratique, encore que la \u00ab&nbsp;provocation&nbsp;\u00bb, surtout quand elle est faite avec de mauvais moyens, ressemble de fa\u00e7on suspecte au \u00ab&nbsp;jeu avec l\u2019id\u00e9e du triomphe sur la peur&nbsp;\u00bb, et il n\u2019y a pas dans tout cela la moindre trace d\u2019une absence de peur qui serait en repos, franche, capable de tout supporter. C\u2019est l\u00e0, pr\u00e9cis\u00e9ment, en d\u00e9pit d\u2019une concordance \u00ab&nbsp;litt\u00e9rale&nbsp;\u00bb avec la loi, quelque chose de r\u00e9pugnant qu\u2019il importe absolument d\u2019\u00e9viter. Pour l\u2019\u00e9viter, il faut encore de la contrainte, et ce n\u2019est pas de cette fa\u00e7on que j\u2019en finirai&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb80\">80<\/a>].<\/small><\/p>\n\n\n\n<p>De <em>Description d\u2019un combat<\/em> et <em>Pr\u00e9paratifs de noce \u00e0 la campagne,<\/em> ses tout premiers ouvrages-tentatives, aux <em>Investigations d\u2019un chien<\/em>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb81\">81<\/a>] et aux nouvelles d\u2019<em>Un champion du je\u00fbne,<\/em> ses tentatives ultimes&nbsp;: \u00ab&nbsp;bagatelles pour un massacre&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Obsessionnels, ses constats\u2026 ses constats sur sa propre mis\u00e8re&nbsp;: Job se plaint, mais Job est sans Dieu ici&nbsp;: Kafka est livr\u00e9 \u00e0 lui-m\u00eame&nbsp;; n\u00e9vros\u00e9 sans rem\u00e8de, il est son propre bourreau&nbsp;; il lui arrive de tenter de croire \u00e0 une r\u00e9demption&nbsp;: <strong>\u00ab&nbsp;Un homme malheureux qui doit rester sans enfants est terriblement enferm\u00e9 dans son malheur. Aucun espoir de renouvellement, aucune aide \u00e0 attendre de constellations plus favorables. Marqu\u00e9 par le malheur, il lui faut aller son chemin et s\u2019estimer heureux quand son cycle est achev\u00e9, sans prendre un nouveau point de d\u00e9part pour voir si, sur un chemin plus long et dans d\u2019autres conditions physiques et temporelles, ce malheur qu\u2019il a subi ne pourrait pas se perdre ou m\u00eame donner naissance \u00e0 un bien<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb82\">82<\/a>]<strong>.&nbsp;\u00bb<\/strong><br>Cette illusion le quitte bien vite&nbsp;: <strong>\u00ab&nbsp;Un mariage ne pourrait pas me changer, pas plus que mon emploi ne peut le faire<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb83\">83<\/a>]<strong>.&nbsp;\u00bb<\/strong> Il tente sans cesse d\u2019analyser sa propre situation&nbsp;: <strong>\u00ab&nbsp;Je me trouve incontestablement pris dans une inhibition qui m\u2019enveloppe de toutes parts, mais avec laquelle je ne me confonds pas encore intimement, je constate qu\u2019elle se disloque par moments et qu\u2019on pourrait la faire sauter. Il y a deux moyens, le mariage ou Berlin, le premier est plus s\u00fbr, le second, plus attirant pour l\u2019imm\u00e9diat. [\u2026] Mon argumentation en g\u00e9n\u00e9ral&nbsp;: je suis perdu par K. . [\u2026] Je n\u2019oublierai pas F. en ce monde, en cons\u00e9quence, je ne me marierai pas. \/ Est-ce si s\u00fbr&nbsp;? [\u2026] il est vrai que j\u2019aime Berlin \u00e0 cause de F. et du cercle d\u2019images qui entoure F., cela je ne peux pas le contr\u00f4ler. Il est \u00e9galement probable qu\u2019\u00e0 Berlin, je la rencontrerai. Si le fait de vivre avec elle pouvait m\u2019aider \u00e0 la chasser de ma chair et de mon sang, tant mieux, ce ne serait qu\u2019un avantage suppl\u00e9mentaire de Berlin<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb84\">84<\/a>]<strong>.&nbsp;\u00bb<\/strong><br>Et voici qu\u2019au cours d\u2019une de ses innombrables tergiversations st\u00e9riles et masochistes, il s\u2019invente la parabole du mendiant, telle qu\u2019il va la mettre en sc\u00e8ne dans Le Proc\u00e8s&nbsp;: <strong>\u00ab&nbsp;La peur de se conduire en fou. Voir une folie dans tout sentiment qui s\u2019efforce d\u2019aller en ligne droite et fait oublier tout le reste. Mais alors, qu\u2019est-ce que la non-folie&nbsp;? La non-folie consiste \u00e0 se tenir en mendiant sur le seuil, \u00e0 l\u2019\u00e9cart de la porte, pour y pourrir et s\u2019effondrer. P. et O. sont pourtant des fous r\u00e9pugnants. Il doit exister des folies plus grandes que leurs repr\u00e9sentants. Le r\u00e9pugnant, c\u2019est peut-\u00eatre cette mani\u00e8re qu\u2019ont les fous m\u00e9diocres de se tendre \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de leur grande folie. Mais n\u2019est-ce pas l\u00e0 l\u2019\u00e9tat dans lequel le Christ est apparu aux Pharisiens<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb85\">85<\/a>] <strong>&nbsp;?&nbsp;\u00bb<\/strong> Prodigieuse identification d\u2019un Juif \u00e0 un chr\u00e9tien, qui, on le sent&nbsp;: chr\u00e9tien se sentirait Juif&nbsp;!\u2026 Il essaie de s\u2019envisager&nbsp;: <strong>\u00ab&nbsp;Je distingue une faiblesse, un d\u00e9faut, pr\u00e9cis, mais difficile \u00e0 d\u00e9finir&nbsp;; c\u2019est un m\u00e9lange de timidit\u00e9, de retenue, d\u2019indiscr\u00e9tion, de ti\u00e9deur, j\u2019entends d\u00e9limiter par l\u00e0 quelque chose de d\u00e9fini, un groupe de faiblesses qui, dans une perspective particuli\u00e8re, se pr\u00e9sentent comme une faiblesse unique et bien caract\u00e9ris\u00e9e (et qui ne se confond pas avec les grands vices, tels que propension au mensonge, vanit\u00e9, etc.). Cette faiblesse me pr\u00e9serve autant de la folie que de toute mont\u00e9e. En \u00e9change de sa protection contre la folie, je la cultive&nbsp;; par peur de la folie, je sacrifie la mont\u00e9e et ce march\u00e9, conclu dans un domaine qui ne conna\u00eet pas le march\u00e9, je le perdrai s\u00fbrement. \u00c0 moins que la somnolence ne s\u2019en m\u00eale et, que par son travail de jour et de nuit, elle n\u2019abatte tous les obstacles et ne d\u00e9gage le chemin. Mais dans ce cas encore, il n\u2019y aura plus que la folie pour m\u2019accueillir, puisque j\u2019ai refus\u00e9 la mont\u00e9e et qu\u2019on ne l\u2019obtient que si on la d\u00e9sire<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb86\">86<\/a>]<strong>.&nbsp;\u00bb<\/strong> Ce genre de d\u00e9lib\u00e9ration ne peut que le mener bien vite \u00e0 se faire l\u2019aveu des aveux et \u00e0 envisager \u2014 \u00e0 d\u00e9faut de pouvoir s\u2019envisager soi, \u2014 \u00e0 d\u2019envisager le co\u00eft \u2014 dont en principe tout \u00eatre n\u00e9, est amen\u00e9 \u00e0 na\u00eetre deux fois&nbsp;: une premi\u00e8re par la naissance, une autre par la naissance \u00e0 la sexualit\u00e9 et \u00e0 soi-m\u00eame par la sexualit\u00e9 \u2014&nbsp;; voil\u00e0 ce que cela peut donner&nbsp;: le verdict est sans appel&nbsp;: <strong>\u00ab&nbsp;Le co\u00eft consid\u00e9r\u00e9 comme ch\u00e2timent du bonheur de vivre ensemble. Vivre dans le plus grand asc\u00e9tisme possible, plus asc\u00e9tiquement qu\u2019un c\u00e9libataire, c\u2019est pour moi l\u2019unique possibilit\u00e9 de supporter le mariage. Mais elle<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb87\">87<\/a>] <strong>&nbsp;?&nbsp;\u00bb<\/strong> C\u2019est bien s\u00fbr de Felice Bauer \u2014 de sa \u00ab\u00a0fianc\u00e9e\u00a0\u00bb \u2014 dont il parle&nbsp;; il ne lui reste plus qu\u2019\u00e0 se r\u00e9soudre \u00e0 ceci&nbsp;: <strong>\u00ab&nbsp;prendre tout simplement la fuite pour n\u2019\u00eatre pas an\u00e9anti par sa famille<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb88\">88<\/a>]<strong>.&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>LA JUDA\u00cfT\u00c9&nbsp;:<br><\/strong><br>Elle est associ\u00e9e \u00e0 la castration chez Franz K. de la mani\u00e8re la plus fantasmatique&nbsp;; elle est associ\u00e9e implicitement au p\u00e8re, bien s\u00fbr, porteur de la tradition, d\u00e9tenteur du pouvoir familial en Pater Familias incontest\u00e9, d\u00e9tenteur l\u00e9gitime et incontest\u00e9 du \u00ab&nbsp;Phallus&nbsp;\u00bb&nbsp;: <strong>\u00ab&nbsp;Circoncision en Russie. [\u2026] \u2014 La circoncision se fait g\u00e9n\u00e9ralement en pr\u00e9sence des parents et amis, qui sont parfois plus d\u2019une centaine. La personne la plus en vue parmi les assistants a le droit de porter l\u2019enfant. Le circonciseur, qui exerce sa fonction sans salaire, est la plupart du temps un ivrogne qui, occup\u00e9 comme il l\u2019est, ne peut pas participer aux diff\u00e9rents repas et n\u2019avale qu\u2019un peu de schnaps. C\u2019est pourquoi tous ces circonciseurs ont le nez rouge et puent de la bouche. C\u2019est aussi pourquoi il n\u2019est pas app\u00e9tissant de les voir, une fois l\u2019incision faite, sucer le membre sanglant avec cette m\u00eame bouche, ainsi qu\u2019il est prescrit. Le membre est ensuite saupoudr\u00e9 de sciure de bois et se cicatrise au bout d\u2019environ trois jours<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb89\">89<\/a>]<strong>.&nbsp;\u00bb<\/strong><br>Et Kafka de tenter de d\u00e9monter l\u00e0 encore sa mal\u00e9diction&nbsp;: <strong>\u00ab&nbsp;Je m\u2019appelle Amschel en h\u00e9breu, comme le grand-p\u00e8re de ma m\u00e8re du c\u00f4t\u00e9 maternel [\u2026]<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb90\">90<\/a>].&nbsp;\u00bb Et de r\u00e9fl\u00e9chir sur sa m\u00e8re aussi, de tenter de s\u2019y r\u00e9fl\u00e9chir comme dans une psych\u00e9 \u2014 pour mieux se comprendre&nbsp;?\u2026 \u2014&nbsp;: <strong>\u00ab&nbsp;Pour les Juifs, le mot <\/strong><strong><em>Mutter<\/em> <\/strong><strong>est particuli\u00e8rement allemand, il contient \u00e0 leur insu autant de froideur que de splendeur chr\u00e9tiennes, c\u2019est pourquoi la femme juive appel\u00e9e <\/strong><strong><em>Mutter<\/em> <\/strong><strong>n\u2019est pas seulement ridicule, elle nous est aussi \u00e9trang\u00e8re. Maman serait pr\u00e9f\u00e9rable, s\u2019il \u00e9tait possible de ne pas imaginer <\/strong><strong><em>Mutter<\/em> <\/strong><strong>derri\u00e8re. Je crois que seuls les souvenirs du ghetto maintiennent encore la famille juive, car le mot <\/strong><strong><em>Vater<\/em> <\/strong><strong>ne d\u00e9signe pas non plus le p\u00e8re juif, \u00e0 beaucoup pr\u00e8s<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb91\">91<\/a>]<strong>.&nbsp;\u00bb<\/strong><br>Les r\u00eaveries de Kafka sur le juda\u00efsme prennent parfois des dimensions proph\u00e9tiques sur le mode apocalyptique, implicitement&nbsp;: <strong>\u00ab&nbsp;Aujourd\u2019hui, en entendant le compagnon du Moule dire la pri\u00e8re qui termine le repas, tandis que les assistants, \u00e0 l\u2019exception des deux grands-p\u00e8res, passaient le temps \u00e0 r\u00eaver et \u00e0 s\u2019ennuyer dans l\u2019absolue incompr\u00e9hension de la pri\u00e8re qu\u2019on leur r\u00e9citait, j\u2019ai vu devant moi le juda\u00efsme d\u2019Europe occidentale \u00e0 une p\u00e9riode de transition manifeste dont la fin est impr\u00e9visible, ce dont ne s\u2019inqui\u00e8tent nullement les premiers int\u00e9ress\u00e9s, lesquels, en vrais hommes de transition, subissent ce qui leur est inflig\u00e9. Ces formes religieuses parvenues \u00e0 leur fin ultime avaient d\u00e9j\u00e0 de fa\u00e7on si incontestable un caract\u00e8re purement historique dans leur pratique actuelle, qu\u2019un peu de temps \u00e9coul\u00e9 dans le courant de cette matin\u00e9e paraissait suffire pour qu\u2019on p\u00fbt int\u00e9resser historiquement les assistants, en leur faisant conna\u00eetre la vielle coutume surann\u00e9e de la circoncision et ses pri\u00e8res demi-chant\u00e9e<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb92\">92<\/a>]<strong>.&nbsp;\u00bb<\/strong><br>Et de r\u00eaver alors sur le Diable\u2026&nbsp;: <strong>\u00ab&nbsp;L\u2019invention du diable. Si nous sommes poss\u00e9d\u00e9s du diable, il n\u2019est pas possible qu\u2019il soit seul, car alors, sur terre tout au moins, nous vivrions en paix, comme avec Dieu, dans l\u2019unit\u00e9, sans r\u00e9flexion, sans contradiction, toujours s\u00fbrs de celui qui est derri\u00e8re nous. Son visage ne nous effrayerait pas, puisque, en cr\u00e9atures diaboliques quelque peu sensibles \u00e0 ce spectacle, nous serions assez intelligents pour sacrifier une main qui nous servirait \u00e0 cacher son visage. Si nous \u00e9tions poss\u00e9d\u00e9s par un seul diable ayant sur l\u2019ensemble de notre nature une vue sereine que rien ne viendrait troubler et une libert\u00e9 de d\u00e9cision instantan\u00e9e, ce diable aurait aussi une force suffisante pour nous tenir et m\u00eame nous agiter durant toute notre vie humaine si haut au-dessus de l\u2019esprit de Dieu qui est en nous que nous n\u2019aurions pas m\u00eame la possibilit\u00e9 de nous faire la moindre id\u00e9e de cet esprit, et que, par cons\u00e9quent, nous ne serions pas non plus inqui\u00e9t\u00e9s de ce c\u00f4t\u00e9-l\u00e0. Ce n\u2019est pas la foule des diables qui peut faire notre malheur terrestre. Pourquoi ne s\u2019exterminent-ils pas en en laissant subsister un, ou pourquoi ne se soumettent-ils pas \u00e0 un grand diable unique&nbsp;? Ces deux possibilit\u00e9s iraient dans le sens du principe diabolique qui consiste \u00e0 nous tromper aussi parfaitement que possible. \u00c0 quoi sert donc, tant que l\u2019unit\u00e9 manque, la sollicitude tatillonne que tous les diables ont pour nous&nbsp;? Il est trop \u00e9vidant que les diables sont bien oblig\u00e9s d\u2019attacher plus d\u2019importance que Dieu \u00e0 la perte d\u2019un cheveu humain, car le diable perd r\u00e9ellement le cheveu, Dieu, non. Mais tant que cette foule de diables sera en nous, ce n\u2019est pas encore cela qui nous fera parvenir \u00e0 la sant\u00e9<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb93\">93<\/a>]<strong>.&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><small>\u00a9Clo\u00ebt, avril-mai 2005<\/small><\/p>\n\n\n\n<p><strong>LA LITT\u00c9RATURE ET LA LECTURE OU LE CHANT COMME SEXUALIT\u00c9 DE RECOURS&nbsp;:<br><\/strong><br>Substitut de l\u2019ut\u00e9rus f\u00e9minin,<strong> \u00ab&nbsp;L\u2019ombre chaude dans le rouge tendre de la bouche de Mme&nbsp;Klug en train de chanter<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb94\">94<\/a>]<strong>.&nbsp;\u00bb<\/strong> La voix, la parole, l\u2019\u00e9criture, sont chez Kafka autant de substituts de la sexualit\u00e9&nbsp;: <strong>\u00ab&nbsp;Fait une lecture du d\u00e9but de <\/strong><strong><em>Michael Kohlhass<\/em> <\/strong><strong>Salle Toynbee. Rat\u00e9 du tout au tout. Mal choisi, mal lu, pour finir, j\u2019ai vagabond\u00e9 de fa\u00e7on absurde dans le texte. Auditoire mod\u00e8le. De tout petits gar\u00e7ons au premier rang. L\u2019un d\u2019eux essaie de tromper son innocent ennui en jetant prudemment sa casquette par terre pour la ramasser prudemment ensuite, man\u00e8ge qu\u2019il recommence souvent. Comme il est trop petit pour mener cela \u00e0 bonne fin de son si\u00e8ge, il est oblig\u00e9 chaque fois de se laisser glisser un peu du fauteuil. Lu en barbare et mal, \u00e9tourdiment, de fa\u00e7on inintelligible. Et l\u2019apr\u00e8s-midi, je tremblais d\u00e9j\u00e0 du d\u00e9sir de lire, c\u2019est tout juste si je pouvais garder la bouche ferm\u00e9e<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb95\">95<\/a>]<strong>.&nbsp;\u00bb <\/strong>De l\u2019utilit\u00e9 n\u00e9vrotique de la lecture comme compensation\u2026 pour qui n\u2019a plus le droit de t\u00e9ter&nbsp;! Continuons notre prospection du terrain en guise de pr\u00e9ambule.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019\u00c9ROTISME KAFKA\u00cfEN&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9rotisme trivial, quand Franz K. s\u2019essaie \u2014 en vain \u2014 \u00e0 \u00ab\u00a0\u00eatre un homme\u00a0\u00bb, n\u2019est gu\u00e8re plus rago\u00fbtant que celui de Joris-Karl Huysmans qui par masochisme&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb96\">96<\/a>] n\u2019aimait, on le sait, que les prostitu\u00e9es faisand\u00e9es&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><small>Je prends \u00e0 dessein les rues o\u00f9 il y a des putains. Passer devant elle m\u2019excite comme une possibilit\u00e9 lointaine, mais qui n\u2019en existe pas moins, d\u2019aller avec l\u2019une d\u2019elles. Est-ce de la bassesse&nbsp;? Mais je ne connais rien de plus agr\u00e9able et la r\u00e9alisation de ce d\u00e9sir me para\u00eet au fond innocente et ne me donne presque aucun remords. Je ne d\u00e9sire que les grosses filles un peu m\u00fbres qui ont des v\u00eatements d\u00e9mod\u00e9s auxquels toutes sortes de fanfreluches donnent cependant un certain air de luxe. Il y en a une qui me conna\u00eet sans doute d\u00e9j\u00e0. Je l\u2019ai rencontr\u00e9e cet apr\u00e8s-midi, elle n\u2019\u00e9tait presque pas encore en tenue professionnelle, ses cheveux \u00e9taient tir\u00e9s, elle n\u2019avait pas de chapeau, elle avait une blouse de travail comme en mettent les cuisini\u00e8res et une esp\u00e8ce de paquet qu\u2019elle portait peut-\u00eatre chez la blanchisseuse. Personne, \u00e0 part moi, ne lui e\u00fbt trouv\u00e9 quoi que ce soit de s\u00e9duisant. Nous nous lan\u00e7\u00e2mes un regard rapide. Ce soir \u2014 entre temps il s\u2019est mis \u00e0 faire froid \u2014 je l\u2019ai aper\u00e7ue de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la rue \u00e9troite qui d\u00e9bouche dans la Zeltnergasse \u2014 c\u2019est l\u00e0 qu\u2019elle fait le trottoir, \u2014 v\u00eatue d\u2019un manteau jaun\u00e2tre tr\u00e8s collant. Je me suis retourn\u00e9 deux fois pour la regarder, elle a du reste saisi mon regard, mais ensuite je lui ai proprement fauss\u00e9 compagnie. \/ La pens\u00e9e de F. est s\u00fbrement \u00e0 l\u2019origine de mon sentiment d\u2019ins\u00e9curit\u00e9&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb97\">97<\/a>].<\/small><\/p>\n\n\n\n<p>On retrouve cet art de l\u2019esquive qui caract\u00e9rise ses \u00ab&nbsp;fian\u00e7ailles&nbsp;\u00bb&nbsp;: il file \u00e0 l\u2019anglaise au dernier moment, au moment crucial pour lui, refusant \u00e0 la vierge \u00e9lue la crucifixion&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb98\">98<\/a>]. Il semblerait que son substitut hyst\u00e9rique du \u00ab&nbsp;co\u00eft&nbsp;\u00bb (pour lui \u00ab&nbsp;abominable&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb99\">99<\/a>]&nbsp;\u00bb) soit de laisser penser \u00e0 la prostitu\u00e9e qu\u2019il va \u00eatre son client, et, au dernier moment \u2014 spasme, orgasme \u2014 dispara\u00eetre, s\u2019\u00e9clipser.<br>Un autre indice de cet \u00e9rotisme assez stup\u00e9fiant, assez singulier&nbsp;: <strong>\u00ab&nbsp;Cet apr\u00e8s-midi chez Baum. Il donne des le\u00e7ons de piano \u00e0 une petite fille p\u00e2le qui porte des lunettes. Son petit gar\u00e7on est assis en silence dans la p\u00e9nombre de la cuisine et joue indolemment avec un objet impossible \u00e0 identifier. Impression de grand bien-\u00eatre. Surtout devant les gestes de la bonne, une grande femme qui lave la vaisselle dans un baquet<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb100\">100<\/a>]<strong>.&nbsp;\u00bb <\/strong>On retrouvera ces mains de femme perdues dans le travail le plus quotidien\u2026 dans <em>Le Proc\u00e8s<\/em>. Chacun voit \u00e0 quelle sc\u00e8ne je fais allusion, je pense.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>HAINE DE L\u2019INTROSPECTION&nbsp;:<br><\/strong><br>La <strong>\u00ab&nbsp;haine de l\u2019introspection&nbsp;\u00bb<\/strong> chez Kafka \u2014 que cependant il pratique sans cesse, obsessionnellement, autre visage du Janus qu\u2019est la haine de soi \u2014 cache le d\u00e9go\u00fbt ou la crainte plut\u00f4t de la psychiatrie et de la psychanalyse&nbsp;: il craint le d\u00e9voilement de son psychisme et de son inconscient. Il a peur de ce qu\u2019il est susceptible d\u2019y trouver d\u2019\u00ab&nbsp;irr\u00e9m\u00e9diable&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb101\">101<\/a>]&nbsp;\u00bb, d\u2019\u00ab&nbsp;irr\u00e9parable&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb102\">102<\/a>]&nbsp;\u00bb, d\u2019irr\u00e9ductible et d\u2019incurable&nbsp;: <strong>\u00ab&nbsp;Haine de l\u2019introspection active. Des interpr\u00e9tations psychiques telles que&nbsp;: hier j\u2019\u00e9tais comme ceci et pour telle raison, aujourd\u2019hui je suis comme ceci et pour telle raison. Ce n\u2019est pas vrai, ce n\u2019est pas pour telle raison, ni pour telle raison ni \u00e0 cause de cela, pas davantage comme ceci ou comme cela. Se supporter tranquillement, sans pr\u00e9cipitation, vivre comme on y est oblig\u00e9, ne pas tourner cyniquement autour de soi-m\u00eame<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb103\">103<\/a>].&nbsp;\u00bb<br>Il tente de s\u2019expliquer, masochistement, comme toujours&nbsp;: <strong>\u00ab&nbsp;\u00c0 un certain niveau de connaissance de soi-m\u00eame, les autres ph\u00e9nom\u00e8nes secondaires \u00e9tant favorables \u00e0 l\u2019observation, on en viendra invariablement \u00e0 se trouver ex\u00e9crable. Pour mesurer le bien \u2014 et quelle que soit la diversit\u00e9 des opinions \u00e0 ce sujet \u2014 tout \u00e9talon sera jug\u00e9 trop grand. On se rendra compte qu\u2019on n\u2019est rien de plus qu\u2019un nid \u00e0 rats peupl\u00e9 d\u2019arri\u00e8re-pens\u00e9es. L\u2019acte le plus infime ne sera pas exempt de ces arri\u00e8re-pens\u00e9es. Elles seront si sales que, dans l\u2019\u00e9tat d\u2019auto-observation o\u00f9 l\u2019on se trouve, on se refusera \u00e0 les examiner jusqu\u2019au bout et l\u2019on se contentera de les contempler au loin. Ce n\u2019est pas que ces arri\u00e8re-pens\u00e9es rel\u00e8vent simplement de l\u2019\u00e9go\u00efsme, compar\u00e9 \u00e0 elles, l\u2019\u00e9go\u00efsme appara\u00eetra comme un id\u00e9al de Beau et de Bien. La boue qu\u2019on trouvera sera l\u00e0 en son propre nom, on constatera qu\u2019on est venu au monde tout d\u00e9go\u00fbtant de ce mal et que, par sa faute, on repartira m\u00e9connaissable ou bien trop facile \u00e0 reconna\u00eetre. Cette boue sera le terrain que l\u2019on trouvera tout au fond, car le terrain le plus profond ne contiendra pas de la lave mais de la boue. La boue sera tout en bas et tout en haut, et les doutes de l\u2019auto-observation eux-m\u00eames ne tarderont pas \u00e0 devenir aussi d\u00e9biles et complaisants que les dandinements d\u2019un porc dans le fumier<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb104\">104<\/a>]<strong>.&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>CITATIONS DIVERSES \u00c0 M\u00c9DITER&nbsp;: AUTANT DE \u00ab&nbsp;GOUFFRES&nbsp;\u00bb, AUTANT D\u2019ABYSSES&nbsp;:<br><\/strong><br><strong>\u00ab&nbsp;Tu as, si tant est que cette possibilit\u00e9 existe, la possibilit\u00e9 de faire un commencement. Ne la gaspille pas. Si tu veux p\u00e9n\u00e9trer en toi, tu n\u2019\u00e9viteras pas la boue que tu charries. Mais ne t\u2019y vautre pas. Si, comme tu le pr\u00e9tends, la blessure de tes poumons n\u2019est qu\u2019un symbole \u2014 symbole de la blessure dont l\u2019inflammation s\u2019appelle F. et dont la profondeur s\u2019appelle justification \u2014 s\u2019il en est bien ainsi, les conseils des m\u00e9decins (air, soleil, lumi\u00e8re, repos) sont aussi un symbole. Saisis-toi de ce symbole<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb105\">105<\/a>]<strong>.&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab&nbsp;Comme le chemin est long de ma d\u00e9tresse int\u00e9rieure \u00e0 la sc\u00e8ne qui se passe dans la cour. Mais on est d\u00e9sormais dans son pays natal, et l\u2019on ne peut plus repartir<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb106\">106<\/a>]<strong>.&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab&nbsp;Merveilleuse soir\u00e9e hier avec Max. Quand je m\u2019aime, je l\u2019aime encore plus fort<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nb107\">107<\/a>]<strong>.&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>PISTES \u00e0 EXPLOITER&nbsp;:<br><\/strong><br>(Voir&nbsp;: chap I&nbsp;\ud83d\ude42<br>Mettre en note&nbsp;: La preuve que Baudelaire et \u00ab&nbsp;Une charogne&nbsp;\u00bb \u00e9taient connus de Kafka&nbsp;: Voir&nbsp;: RSP, p. 32.<br>Rodin expose \u00e0 Prague. Or, on sait que Rodin est un baudelairien convaincu.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9criture et \u00ab&nbsp;prostitution&nbsp;\u00bb&nbsp;: Cf.&nbsp;: Baudelaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Corps de carnaval, vision carnavalesque du corps.<br>Comment \u00eatre une \u00e2me dans un corps, un esprit dans un corps&nbsp;?<br>Je crois que la litt\u00e9rature et que l\u2019Art ne parlent que de \u00ab&nbsp;\u00e7a&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh1\">1<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, Lundi 5 f\u00e9vrier 1912, p. 218.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh2\">2<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 3 mai 1913, p. 274.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh3\">3<\/a>]&nbsp;.\u2014 Pour emprunter cette expression au Jean Cocteau de <em>La Difficult\u00e9 d\u2019\u00eatre<\/em>, 1947.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh4\">4<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 24 novembre 1911, p. 150, passim.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh5\">5<\/a>]&nbsp;.\u2014 Cit\u00e9 par Claude Thi\u00e9baut, p. 89. Lettre de Kafka \u00e0 Max Brod, 1917.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh6\">6<\/a>]&nbsp;.\u2014 Cit\u00e9 par Claude Thi\u00e9baut, p. 89.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh7\">7<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 19 septembre 1917, p. 496.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh8\">8<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 30 janvier 1922, p. 544.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh9\">9<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 19 septembre 1917, p. 497.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh10\">10<\/a>]&nbsp;.\u2014 Voir&nbsp;: Charles Baudelaire, \u00ab&nbsp;L\u2019H\u00e9autontimoroum\u00e9nos&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;\u00e0 J.G. F.&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Spleen et Id\u00e9al&nbsp;\u00bb, LXXXIII, in <em>Les Fleurs du Mal<\/em>. Kafka partage beaucoup avec Baudelaire dans l\u2019incapacit\u00e9 radicale \u00e0 entretenir un rapport \u00e0 la femme autre que celui des deux extr\u00eames du sadisme vengeur d\u2019une part ou d\u2019autre part de l\u2019id\u00e9alisation platonique masochiste n\u00e9 du sentiment d\u2019impuissance, les deux versants d\u2019une m\u00eame n\u00e9vrose radicalement castratrice. On se m\u00e9prend totalement sur Baudelaire&nbsp;; depuis 1867 on ne cesse d\u2019\u00e2nonner \u00e0 son \u00e9gard et \u00e0 l\u2019\u00e9gard de sa sexualit\u00e9 les m\u00eames \u00e2neries&nbsp;: le seul qui ait vu clair est Nadar, pour qui Baudelaire \u2014 quand Nadar publie son <em>Baudelaire intime<\/em> chez A. Blaizot en 1911 \u2014 reste \u00ab&nbsp;Le Po\u00e8te vierge&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh11\">11<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 30 octobre 1921, p. 523-524.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh12\">12<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, Lundi 5 f\u00e9vrier 1912, p. 219.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh13\">13<\/a>]&nbsp;.\u2014 Pour emprunter la formule \u00e0 la tr\u00e8s baroque Th\u00e9r\u00e8se d\u2019Avila.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh14\">14<\/a>]&nbsp;.\u2014 Le pr\u00eache du pr\u00eatre en chaire dans la cath\u00e9drale \u00e0 l\u2019avant-dernier chapitre, la parabole paradoxale du prisonnier de l\u2019ext\u00e9rieur.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh15\">15<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 20 janvier 1915, p. 423.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh16\">16<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 27 novembre 1913, p. 304<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh17\">17<\/a>]&nbsp;.\u2014 Ce serait Rabbi L\u00f6w (1512-1609) enterr\u00e9 au cimeti\u00e8re juif de Prague, qui aurait cr\u00e9\u00e9 la l\u00e9gende de ce zombie fait d\u2019argile, fa\u00e7onn\u00e9 et anim\u00e9 par le seul pouvoir de la parole par un Rabbi kabbaliste prom\u00e9th\u00e9en d\u00e9sireux de venger les fils de sa race des exactions auxquelles sans cesse ils se trouvaient soumis. Gustav Meyrink s\u2019en est inspir\u00e9 en 1915 pour un roman, et Paul Wegener a port\u00e9 son histoire au cin\u00e9ma d\u00e8s 1920, du vivant de Kafka.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh18\">18<\/a>]&nbsp;.\u2014 Lequel signifie \u00ab&nbsp;v\u00e9rit\u00e9&nbsp;\u00bb en H\u00e9breu.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh19\">19<\/a>]&nbsp;.\u2014 Lequel signifie \u00ab&nbsp;mort&nbsp;\u00bb en H\u00e9breu.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh20\">20<\/a>]&nbsp;.\u2014 Baudelaire ironise \u00e9galement sur ce sentiment qu\u2019il partage avec Kafka de ne pas \u00eatre pleinement humain, de ne pas faire partie de la race humaine, dans son po\u00e8me liminaire des <em>Fleurs du Mal<\/em>&nbsp;: l\u2019adresse \u00ab&nbsp;Au lecteur&nbsp;\u00bb&nbsp;: \u00ab&nbsp;Hypocrite lecteur, \u2014 mon semblable, \u2014 mon fr\u00e8re&nbsp;!&nbsp;\u00bb&nbsp;: il s\u2019agit, bien s\u00fbr, d\u2019antiphrases.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh21\">21<\/a>]&nbsp;.\u2014 D\u00e9sir de belv\u00e9d\u00e8re ph\u00e9nom\u00e9nologique, pour s\u2019envisager soi, entier, et de mani\u00e8re ontologique. Dans la mesure o\u00f9 Kafka passe pour se faire par la fiction&nbsp;: s\u2019agit-il d\u2019une illusion&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh22\">22<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 24 janvier 1922, p. 538.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh23\">23<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 19 avril 1916, p. 463-464.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh24\">24<\/a>]&nbsp;.\u2014 Pr\u00e9vue pour \u00eatre diffus\u00e9e sur les ondes de la radio-diffusion fran\u00e7aise en 1947, l\u2019\u00e9mission fut censur\u00e9e, puis, pendant plusieurs dizaines d\u2019ann\u00e9es interdites. Il n\u2019y a \u00e0 ce jour aucune cassette, disque sur le march\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh25\">25<\/a>]&nbsp;.\u2014 Voir Antonin Artaud, \u00ab&nbsp;La Recherche de la f\u00e9calit\u00e9&nbsp;\u00bb, <em>Pour en finir avec le jugement de Dieu<\/em>, in <em>\u0152uvres<\/em>, \u00e9d. Gallimard, coll. \u00ab&nbsp;Quarto&nbsp;\u00bb, Paris, 2004, p. 1644.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh26\">26<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 3 mai 1913, p. 275.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh27\">27<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 9 ao\u00fbt 1917, p. 495.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh28\">28<\/a>]&nbsp;.\u2014 Voir&nbsp;: Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 19 janvier 1915, \u00e9d. Le Livre de Poche, coll. \u00ab&nbsp;biblio&nbsp;\u00bb, p. 422-423.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh29\">29<\/a>]&nbsp;.\u2014 Voir&nbsp;: \u00ab&nbsp;Un r\u00eave&nbsp;\u00bb, <em>marginalia<\/em> du roman <em>Le Proc\u00e8s<\/em>, qui fera l\u2019objet du chapitre IV de la pr\u00e9sente \u00e9tude.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh30\">30<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 8 mai 1922, p. 557.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh31\">31<\/a>]&nbsp;.\u2014 Charles Baudelaire, \u00ab&nbsp;Enivrez-vous&nbsp;\u00bb, in <em>Le Spleen de Paris<\/em>, XXXIII.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh32\">32<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 27 novembre 1913, p. 304<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh33\">33<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, Dimanche midi, 16 d\u00e9cembre 1911, p. 167.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh34\">34<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 27 d\u00e9cembre 1911, p. 188-189.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh35\">35<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kakfa, <em>Journal<\/em>, 27 janvier 1922, p. 540.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh36\">36<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 1er f\u00e9vrier 1922, p. 545.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh37\">37<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, Samedi 23 d\u00e9cembre 1911, p. 176.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh38\">38<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 3 octobre 1911, p. 65.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh39\">39<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 26 mars 1912, p. 243.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh40\">40<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 9 juillet 1912, p. 250.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh41\">41<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 30 ao\u00fbt 1913, p. 289.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh42\">42<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 20 octobre 1913, p. 292-293, passim.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh43\">43<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 18 novembre 1913, p. 297-298.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh44\">44<\/a>]&nbsp;.\u2014 Charles Baudelaire, \u00ab&nbsp;Les Bons Chiens&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;\u00e0 M.&nbsp;Joseph Stevens&nbsp;\u00bb, in <em>Le Spleen de Paris<\/em>, L. Qu\u2019on veuille bien se souvenir pour compl\u00e9ter le parall\u00e8le que Franz Kafka est l\u2019auteur \u00e0 la fin de sa vie d\u2019un texte intitul\u00e9&nbsp;: \u00ab&nbsp;Investigations d\u2019un chien&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh45\">45<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kakfa, <em>Journal<\/em>, 4 avril 1922, p. 555.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh46\">46<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 15 mars 1922, p. 554.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh47\">47<\/a>]&nbsp;.\u2014 Charles Baudelaire, citant Thomas de Quincey, in <em>Les Paradis artificiels, Un mangeur d\u2019opium<\/em>, IX, \u00ab&nbsp;Conclusion&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh48\">48<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 24 janvier 1922, p. 538.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh49\">49<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 24 janvier 1922, p. 537.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh50\">50<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 20 ao\u00fbt 1912, p. 254-255.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh51\">51<\/a>]&nbsp;.\u2014 Hypocrate \u00e9crit&nbsp;: \u00ab&nbsp;Tota mulier in utero&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;toute la femme est dans l\u2019ut\u00e9rus&nbsp;\u00bb. C\u2019est \u00e0 partir du mot \u00ab&nbsp;ut\u00e9rus&nbsp;\u00bb que fut form\u00e9 le mot \u00ab&nbsp;hyst\u00e9rie&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh52\">52<\/a>]&nbsp;.\u2014 Voir&nbsp;: Charles Baudelaire, \u00ab&nbsp;Laquelle est la vraie&nbsp;?&nbsp;\u00bb, in <em>Le Spleen de Paris<\/em>, XXXVIII.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh53\">53<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 10 avril 1922, p. 555-556.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh54\">54<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 3 mai 1913, p. 274-275.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh55\">55<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 3 f\u00e9vrier 1920, p. 546.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh56\">56<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 7 janvier 1912, p. 214.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh57\">57<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 28 septembre 1917, p. 501.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh58\">58<\/a>]&nbsp;.\u2014 La lecture du philosophe danois accompagnera Kafka toute sa vie. Sans cesse il y reviendra comme \u00e0 un justificatif.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh59\">59<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 21 ao\u00fbt 1913, p. 287.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh60\">60<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 10 avril 1922, p. 556.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh61\">61<\/a>]&nbsp;.\u2014 On appr\u00e9ciera le choix du terme&nbsp;: g\u00e9n\u00e9tique, g\u00e9n\u00e9rer, d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9, g\u00e9nital, [\u2026].<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh62\">62<\/a>]&nbsp;.\u2014 Superbe d\u00e9finition de la femme kafka\u00efenne&nbsp;!\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh63\">63<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 10 avril 1922, p. 555-556.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh64\">64<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 6 avril 1922, p. 555.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh65\">65<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 9 mars 1922, p. 352-353.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh66\">66<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 15 ao\u00fbt 1913, p. 286.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh67\">67<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 25 d\u00e9cembre 1911, p. 186.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh68\">68<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 4 d\u00e9cembre 1913, p. 304-305.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh69\">69<\/a>]&nbsp;.\u2014 On songe \u00e0 Baudelaire encore dans <em>Pauvre Belgique ou la Belgique d\u00e9shabill\u00e9e<\/em>, Ft 97, R, 671&nbsp;: \u00ab&nbsp;Il n\u2019y a[\u2026] de bonheur pour moi que dans la solitude&nbsp;\u00bb et dans <em>Fus\u00e9es<\/em>, XI, R, 627&nbsp;: \u00ab&nbsp;Quand j\u2019aurai inspir\u00e9 le d\u00e9go\u00fbt et l\u2019horreur universels, j\u2019aurai conquis la solitude.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh70\">70<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 15 ao\u00fbt 1913, p. 286.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh71\">71<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 28 septembre 1917, p. 501.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh72\">72<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 27 janvier 1922, p. 540.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh73\">73<\/a>]&nbsp;.\u2014 Balzac n\u2019appelle-t-il pas Bianchon, la figure de m\u00e9decin qu\u2019il invente dans Le P\u00e8re Goriot, sur son lit d\u2019agonie comme \u00e9tant seul capable de le sauver&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh74\">74<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 28 janvier 1922, p. 540-541.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh75\">75<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 24 janvier 1922, p. 539.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh76\">76<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 21 juillet 1913, p. 282.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh77\">77<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 27 janvier 1922, p. 540.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh78\">78<\/a>]&nbsp;.\u2014 Pour emprunter le mot \u00e0 Charles Baudelaire. Voir&nbsp;: \u00ab&nbsp;L\u2019\u00c9tranger&nbsp;\u00bb, in <em>Le Spleen de Paris<\/em>, I.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh79\">79<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 20 f\u00e9vrier 1922, p. 551.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh80\">80<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 18 janvier 1922, p. 531-532.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh81\">81<\/a>]&nbsp;.\u2014 O\u00f9 l\u2019on retrouve \u00ab&nbsp;le portrait de l\u2019artiste&nbsp;\u00bb en chien, et Baudelaire&nbsp;!\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh82\">82<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 27 d\u00e9cembre 1911, p. 188.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh83\">83<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 21 ao\u00fbt 1913, p. 289.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh84\">84<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 23 f\u00e9vrier 1914, p. 334-339, passim.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh85\">85<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 4 d\u00e9cembre 1913, p. 305-306.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh86\">86<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 3 f\u00e9vrier 1922, p. 546-547.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh87\">87<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 14 ao\u00fbt 1913, p. 285.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh88\">88<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 1 ao\u00fbt 1917, p. 488.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh89\">89<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 25 d\u00e9cembre 1911, p. 175-176, passim.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh90\">90<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 25 d\u00e9cembre 1911, p. 185.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh91\">91<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 24 octobre 1911, p. 99.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh92\">92<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, Dimanche 24 d\u00e9cembre 1911, p. 179.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh93\">93<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 9 juillet 1912, p. 250-251.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh94\">94<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, Dimanche midi, 16 d\u00e9cembre 1911, p. 167. Il y a une autre occurrence situant cette Madame Klug, p. 117, dans le <em>Journal<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh95\">95<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 11 d\u00e9cembre 1913, p. 309.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh96\">96<\/a>]&nbsp;.\u2014 Lorsqu\u2019on songe \u00e0 Kakfa, on n\u2019est gu\u00e8re \u00e9tonn\u00e9 que Sacher-Masoch (1836-1895) soit autrichien. Voir&nbsp;: <em>V\u00e9nus im Pelz, La V\u00e9nus \u00e0 la fourrure<\/em>, 1870, qui est \u00e0 lui seul la quintessence de toutes les n\u00e9vroses fin de si\u00e8cle de la <em>Mittel-Europa<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh97\">97<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 19 novembre 1913, p. 298-299.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh98\">98<\/a>]&nbsp;.\u2014 Je pense \u00e0 cette <em>coplas<\/em> andalouse qui plaisait tant \u00e0 Paul \u00c9luard&nbsp;: \u00ab&nbsp;Petite, Amour,\u2026 j\u2019aimerais que nous soyons un jour comme les pieds du Christ&nbsp;: l\u2019un dessus, l\u2019autre dessous, un petit clou entre les deux\u2026&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh99\">99<\/a>]&nbsp;.\u2014 Pour reprendre le mot baudelairien&nbsp;: \u00ab&nbsp;La femme est naturelle, c\u2019est-\u00e0-dire abominable&nbsp;\u00bb, <em>Mon c\u0153ur mis \u00e0 nu<\/em>, III, R, 630.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh100\">100<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 14 d\u00e9cembre 1914, p. 411.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh101\">101<\/a>]&nbsp;.\u2014 Voir&nbsp;: Charles Baudelaire, \u00ab&nbsp;L\u2019Irr\u00e9m\u00e9diable&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Spleen et Id\u00e9al&nbsp;\u00bb, LXXXIV, in <em>Les Fleurs du Mal<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh102\">102<\/a>]&nbsp;.\u2014 Voir&nbsp;: Charles Baudelaire, \u00ab&nbsp;L\u2019Irr\u00e9parable&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Spleen et Id\u00e9al&nbsp;\u00bb, LIV, in <em>Les Fleurs du Mal<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh103\">103<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 8 d\u00e9cembre 1913, p. 307.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh104\">104<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 7 f\u00e9vrier 1915, p. 426-427.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh105\">105<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 15 septembre 1917, p. 495.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh106\">106<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, <em>Journal<\/em>, 4 avril 1922, p. 555.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article91.html#nh107\">107<\/a>]&nbsp;.\u2014 Franz Kafka, Journal, 9 mai 1912, p. 247.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Franz Kafka ou l\u2019Homme sans corps La reprise de l\u2019article de synth\u00e8se paru dans la&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_editorskit_title_hidden":false,"_editorskit_reading_time":0,"_editorskit_is_block_options_detached":false,"_editorskit_block_options_position":"{}","advgb_blocks_editor_width":"","advgb_blocks_columns_visual_guide":"","_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":""},"categories":[8],"tags":[],"class_list":["post-472","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-voies-textes-critiques"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.3 - 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