{"id":492,"date":"2007-08-25T16:44:00","date_gmt":"2007-08-25T14:44:00","guid":{"rendered":"http:\/\/revuepolaire.com\/?p=492"},"modified":"2023-08-06T16:46:07","modified_gmt":"2023-08-06T14:46:07","slug":"cadou-un-certain-bleu","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/2007\/08\/25\/cadou-un-certain-bleu\/","title":{"rendered":"Cadou, un certain \u00ab\u00a0bleu\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"\n<p>Cadou&nbsp;: un certain \u00ab&nbsp;bleu&nbsp;\u00bb&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nb1\">1<\/a>]<\/p>\n\n\n<p>[sommaire]<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">D\u2019UN MA\u00ceTRE VERRIER DU LANGAGE&nbsp;:<\/h3>\n\n\n\n<p>Mais \u00e0 la fin, qu\u2019est-ce donc qu\u2019on reproche \u00e0 Cadou, et, surtout, qui le lui reproche&nbsp;? Cette figure a\u00e9rienne et gothique d\u2019Orph\u00e9e breton, de jeune orphelin errant puis de jeune amant \u00e9bloui comme Novalis r\u00eavant sa <em>sophia<\/em>, sa Sophie, plus qu\u2019il ne la voit r\u00e9ellement ou vive-morte ou morte-vive, cette image de vitrail que n\u2019eussent reni\u00e9 sans doute ni <em>La L\u00e9gende dor\u00e9e<\/em>, ni les <em>M\u00e4rchen<\/em> ou les <em>lieder<\/em> allemands dont il se revendiquait&nbsp;: quelle myst\u00e9rieuse tare (ou suppos\u00e9e telle, et par qui&nbsp;?) le d\u00e9vore-t-elle secr\u00e8tement, faisant de lui un des po\u00e8tes les plus reconnus par le \u00ab&nbsp;grand public&nbsp;\u00bb \u2014 les plus n\u00e9cessaires partant&nbsp;? \u2014 nonobstant des plus occult\u00e9s dans certains milieux critiques&nbsp;? Arborant l\u2019anti-humanisme comme un garant de probit\u00e9 incontestable, incontest\u00e9, mais aussi, et c\u2019est plus contestable encore, d\u2019\u00e9ternelle modernit\u00e9, ces derniers irr\u00e9ductibles refusant la remise en cause de th\u00e9ories consacr\u00e9es par un confort routinier, ath\u00e9ologiques, arch\u00e9o-logiques militants issus de L\u2019Universit\u00e9, tendraient \u00e0 prouver que Pierre Emmanuel avait des raisons d\u2019affirmer \u2014 h\u00e9las&nbsp;! \u2014 que certaines Sorbonnes sont bien pav\u00e9es&nbsp;? Quelle obsc\u00e9nit\u00e9 lumineuse s\u2019allume-t-elle donc pour eux dans la mani\u00e8re, dans la mati\u00e8re de ces mots que notre Breton a serti tout au long de sa courte vie avec une patience d\u2019artisan verrier, de moine \u2014 petit fr\u00e8re du fr\u00e8re Matorel jacobien&nbsp;?&nbsp;\u2014, convaincu qu\u2019il \u00e9tait malgr\u00e9 les temps qu\u2019il traversait que les mots se devaient d\u2019\u00eatre d\u00e9volus \u00e0 quelque transfiguration&nbsp;?<br>De la po\u00e9sie consid\u00e9r\u00e9e comme un art de lumi\u00e8re et de transparence, ou de l\u2019esth\u00e9tique du vitrail en po\u00e9sie&nbsp;? Faire fen\u00eatre, faire ouverture et non b\u00e9ance, transformer du moins la b\u00e9ance \u2014 celle du deuil ou de l\u2019enfance, voire celle aussi du d\u00e9sir \u2014 en chose utile, utile \u00e0 tous, n\u2019en pas faire \u00e9go\u00efstement une \u00ab&nbsp;r\u00e9jouissance solitaire, mais un moyen d\u2019\u00e9mouvoir [\u2026] le plus grand nombre&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nb2\">2<\/a>]&nbsp;\u00bb&nbsp;: tel fut l\u2019objet de Cadou, romantiquement, pansophiquement post\u00e9 comme H\u00f6lderlin \u00e0 une fen\u00eatre int\u00e9rieure donnant sur la nuit et le jour qu\u2019on r\u00eave, parce qu\u2019il savait d\u2019exp\u00e9rience qu\u2019\u00e0 la longue un \u0153il int\u00e9rieur \u2014 celui dont parlait Ma\u00eetre Eckhart&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nb3\">3<\/a>] \u2014 invente le jour dans \u00ab&nbsp;La Nuit obscure&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nb4\">4<\/a>]&nbsp;\u00bb, ou le r\u00e9invente plut\u00f4t, tel qu\u2019il n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9.<br>Pansophe convaincu comme le Souabe, rebelle comme le Rh\u00e9nan&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nb5\">5<\/a>], adepte de \u00ab&nbsp;divinit\u00e9s boiteuses (LLDS, 40, 402)&nbsp;\u00bb, boiteuses&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nb6\">6<\/a>] ou bless\u00e9es, qui, de fait, sont \u00e0 son image&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nb7\">7<\/a>], Ren\u00e9 Guy Cadou a beau proclamer&nbsp;: \u00ab&nbsp;Ah&nbsp;! je ne suis pas m\u00e9taphysique, moi [\u2026] on a bien m\u00e9rit\u00e9\/De croire dans la vie plus qu\u2019en l\u2019\u00e9ternit\u00e9&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nb8\">8<\/a>]&nbsp;\u00bb, il n\u2019en demeure pas moins qu\u2019il pr\u00e9tend \u00ab&nbsp;dispose[r] en lui de redoutables fantaisies et fai[re] \u00e9tat des privil\u00e8ges de la gr\u00e2ce&nbsp;!&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nb9\">9<\/a>]&nbsp;\u00bb Il y a, quoiqu\u2019il dise, bien qu\u2019il se contredise, ind\u00e9niablement chez Ren\u00e9 Guy Cadou un mystique au sens \u00e9tymologique&nbsp;: cel\u00e9, cach\u00e9, et comme chez ce ma\u00eetre \u00e0 se penser que fut pour lui Max Jacob, \u00ab&nbsp;un mystique en libert\u00e9&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nb10\">10<\/a>]&nbsp;\u00bb. Lorsqu\u2019il \u00e9crit dans <em>Usage interne<\/em>&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Je ne con\u00e7ois d\u2019autre po\u00e8te que celui pour qui les choses n\u2019ont de r\u00e9alit\u00e9 que cette transparence qui sublimise l\u2019objet aim\u00e9 et le fait voir non pas tel qu\u2019il est dans sa carapace d\u2019os, de pulpe ou de silence, mais tel qu\u2019il virevolte devant la bille iris\u00e9e de l\u2019\u00e2me, cet \u0153il magique b\u00e9ant au fond de nous (UI, 31, 389)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Cadou se proclamant \u00ab&nbsp;surromantique&nbsp;\u00bb \u00e0 l\u2019instar de Tieck ou du Novalis du \u00ab&nbsp;r\u00e9alisme magique&nbsp;\u00bb, rejoint, pansophique, la pens\u00e9e du Saxon Jacob B\u00f6hme qui proclame que<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>L\u2019\u00e2me est un \u0153il [un \u0153il] de feu, [\u0153il] ou miroir de feu en quoi Dieu se r\u00e9v\u00e8le. [\u2026] Sachons donc que c\u2019est l\u2019\u0153il de Dieu qui conf\u00e8re la vie \u00e0 l\u2019\u00e2me&nbsp;; elle plonge ses racines dans le feu et sa vie est dans le feu&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nb11\">11<\/a>] [\u2026] Ce monde, amalgame de lumi\u00e8re et de t\u00e9n\u00e8bres, se situe, r\u00e9gi par le temps, entres ces deux aspects contraires comme le miroir qui les refl\u00e9terait tous les deux&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nb12\">12<\/a>] [\u2026]<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>En de\u00e7\u00e0 de B\u00f6hme, c\u2019est encore ici le Ma\u00eetre rh\u00e9nan qui l\u2019influen\u00e7a qu\u2019on retrouve, lequel affirmait d\u00e9j\u00e0&nbsp;: \u00ab&nbsp;L\u2019\u0153il dans lequel je vois Dieu est le m\u00eame \u0153il dans lequel Dieu me voit. Mon \u0153il et l\u2019\u0153il de Dieu sont un seul et m\u00eame \u0153il, une seule et m\u00eame vision, une seule et m\u00eame connaissance, un seul et m\u00eame amour.&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nb13\">13<\/a>]&nbsp;\u00bb Cette id\u00e9e teint\u00e9e d\u2019H\u00e9raclite, annon\u00e7ant Spinoza, dont la r\u00e9surgence \u00e0 terme est \u00e0 chercher chez Hegel dans sa pens\u00e9e du n\u00e9ant, lorsqu\u2019il pose comme postulat que&nbsp;: \u00ab&nbsp;le concept d\u2019\u00eatre [\u2026] \u00e9quivaut, dans son absence de contenu, au n\u00e9ant [, qu\u2019]inversement, comme pens\u00e9e de ce vide, le n\u00e9ant est lui-m\u00eame un \u00eatre, et, en raison de sa puret\u00e9, le m\u00eame que l\u2019\u00eatre&nbsp;\u00bb, r\u00e9sume, et assez bien peut-\u00eatre, le postulat spirituel naturel qui pr\u00e9side \u00e0 la cr\u00e9ation cadouc\u00e9enne, puisque Cadou \u00e9crit que \u00ab&nbsp;la po\u00e9sie est naissance et non pas connaissance (NI, II, 2, 429)&nbsp;\u00bb&nbsp;; dans le m\u00eame \u00e9lan, comme assistant \u00e0 l\u2019accouchement de son \u00eatre par le biais de son \u0152uvre port\u00e9e mais qui le porte, il en d\u00e9duit qu\u2019\u00ab&nbsp;il ne s\u2019agit pas ici d\u2019un esprit de recherche, mais sans \u00e9quivoque possible d\u2019un esprit de cr\u00e9ation, d\u2019auto-cr\u00e9ation (NI, II, 2, 429).&nbsp;\u00bb Pour Cadou, gu\u00e8re ici cependant \u00e0 l\u2019instar d\u2019un Georges Bataille pourtant obs\u00e9d\u00e9 lui aussi par \u00ab&nbsp;l\u2019exp\u00e9rience int\u00e9rieure&nbsp;\u00bb, la cr\u00e9ation est bel et bien une histoire d\u2019\u0153il et de regard&nbsp;: de regard qui s\u2019invente dans un \u00ab&nbsp;grand \u00e9lan&nbsp;\u00bb de tout l\u2019\u00eatre vers l\u2019univers environnant, lequel s\u2019invente, au regard du regard en quelque sorte&nbsp;: ph\u00e9nom\u00e9nologiquement. Ainsi, ne s\u2019\u00e9tonnera-t-on pas si Cadou en conclut, pragmatiquement si l\u2019on veut, qu\u2019\u00ab&nbsp;il appartient au po\u00e8te de choisir une marge o\u00f9 mots et id\u00e9es cohabitent dans une profonde lumi\u00e8re (UI, 72,393).&nbsp;\u00bb Il ajoute, pour indiquer quelque m\u00e9thode \u00e0 suivre, que \u00ab&nbsp;la transparence n\u2019existe que dans l\u2019air (UI, 76, 396).&nbsp;\u00bb Pansophiquement, alchimiquement au sens rimbaldien du terme, pour lui voici nomm\u00e9ment la m\u00e9thode \u00e0 suivre&nbsp;: \u00ab&nbsp;Plus le po\u00e8te se rapprochera de la terre, plus il sera a\u00e9rien (UI, 96, 396).&nbsp;\u00bb La terre est a\u00e9rienne et cadre&nbsp;: \u00ab&nbsp;La po\u00e9sie [\u2026] qu\u2019elle soul\u00e8ve donc la terre jusqu\u2019\u00e0 ses ailes (UI, 95, 396).&nbsp;\u00bb Ce n\u2019est qu\u2019alors, sans doute, qu\u2019il comprend que, dans la r\u00e9alisation de son \u00ab&nbsp;Grand \u0152uvre&nbsp;\u00bb, pas plus qu\u2019il ne faudrait confondre \u00ab&nbsp;image&nbsp;\u00bb et ouverture, \u00ab&nbsp;il ne faut [\u2026] confondre les \u0153uvres herm\u00e9tiques (Mallarm\u00e9) et les \u0153uvres ferm\u00e9es (Reverdy). Les premi\u00e8res ne nous donnent pas la possibilit\u00e9 d\u2019y entrer, les secondes d\u2019en sortir (UI, 10, 387).&nbsp;\u00bb Esth\u00e9tique du vitrail, oui&nbsp;: en mati\u00e8re de lib\u00e9ration, d\u2019ouverture int\u00e9rieure et du monde enfin, c\u2019est sans doute \u2014 et H\u00e9l\u00e8ne Cadou le sugg\u00e8re \u00e0 qui veut l\u2019entendre \u2014 \u00e0 Max Jacob qu\u2019il doit le plus, au \u00ab&nbsp;sacristain&nbsp;\u00bb de Saint-Beno\u00eet&nbsp;; c\u2019est Saint-Beno\u00eet contre Solesmes, Solesmes o\u00f9 Reverdy s\u2019est retir\u00e9 pour, au terme d\u2019une qu\u00eate semble-t-il avort\u00e9e, \u00e9crire les po\u00e8mes d\u00e9sabus\u00e9s, d\u00e9sillusionn\u00e9s de <em>Ferraille<\/em> (1937)&nbsp;: r\u00e9clusion volontaire, r\u00e9clusion non tant pour b\u00e2tir un monde \u00e0 cr\u00e9er que pour en rejeter un autre, r\u00e9clusion trop intelligente et qui n\u2019a rien \u00e0 voir avec celle de \u00ab&nbsp;Re-n\u00e9&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nb14\">14<\/a>]&nbsp;\u00bb, plus tard, avec H\u00e9l\u00e8ne, \u00e0 Louisfert, car le jeune Orph\u00e9e breton en a tir\u00e9 la le\u00e7on&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Pourquoi tant de po\u00e8mes, pourtant si admirablement construits, nous laissent-ils \u00e0 ce point indiff\u00e9rents&nbsp;? Sans doute y per\u00e7oit-on un peu trop l\u2019intention, cette volont\u00e9 pr\u00e9\u00e9tablie d\u2019agencer des mat\u00e9riaux dans l\u2019apparence du chef-d\u2019\u0153uvre. Mais ces fen\u00eatres si hautes, si claires, si ordonn\u00e9es, sont mur\u00e9es de l\u2019int\u00e9rieur. L\u2019obscurit\u00e9 est partout dans cette demeure ( UI, 92, 395).<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>D\u00e8s lors, Cadou, combattant pour revendiquer son royaume mais \u00e0 la loyale, de pr\u00e9ciser son attaque&nbsp;: il d\u00e9signe effectivement, ici, la po\u00e9sie de Reverdy, du reclus de Solesmes, du po\u00e8te de <em>Ferraille<\/em>, vis \u00e0 vis de laquelle certains l\u2019accus\u00e8rent, avec l\u2019injustice tranquille de la mauvaise foi de l\u2019esprit de chapelle, en somme, de n\u2019\u00eatre qu\u2019un suiveur&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nb15\">15<\/a>]&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Max Jacob parlant de la po\u00e9sie de R[everdy] m\u2019\u00e9crivait&nbsp;: \u00ab&nbsp;Cadre pour la muraille en attendant mieux.&nbsp;\u00bb [\u2026] La po\u00e9sie de R[everdy], [est] assez convaincante pour \u00eatre vraie et dou\u00e9e d\u2019une singuli\u00e8re vertu de contagion. Il n\u2019en est pas moins vrai que ce cadre que nous prenions peut-\u00eatre alors pour une fen\u00eatre ne s\u2019est jamais ouvert et que cette muraille de la m\u00eame teinte grise que la mati\u00e8re me para\u00eet aujourd\u2019hui extraordinairement froide, le froid de l\u2019intelligence (NI, 3, 417-418, passim ).<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Pour Cadou, en effet, qui d\u00e9finit la po\u00e9sie moins comme \u00ab&nbsp;une absence, un manque au c\u0153ur de l\u2019homme&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nb16\">16<\/a>]&nbsp;\u00bb que comme \u00ab&nbsp;une pouss\u00e9e [spontan\u00e9e] contre la paroi abrupte du monde (LLDS, 81, 408)&nbsp;\u00bb, spontan\u00e9e et g\u00e9n\u00e9reuse&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Il faut revenir \u00e0 la fresque, \u00e0 la muraille \u2014 et ceci vaut aussi bien pour nous autres po\u00e8tes que pour les peintres. On nous attend tout en haut de l\u2019\u00e9chelle. \u00c9chelon par \u00e9chelon tout en haut. Et qu\u2019on me suive bien, je n\u2019entends point dans cette grande \u0153uvre murale comme obtenue par un proc\u00e9d\u00e9 d\u2019agrandissement, d\u00e9mesur\u00e9ment grossie \u00e0 la loupe mais tout enti\u00e8re fondue dans cette mati\u00e8re incandescente de l\u2019\u00e2me, creus\u00e9e profond\u00e9ment comme les rides de la terre (NI, 33, 425).<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Tout l\u2019h\u00e9ritage pansophique de la litt\u00e9rature romantique allemande s\u2019exprime l\u00e0&nbsp;; on croit entendre le Novalis des <em>Disciples \u00e0 Sa\u00efs<\/em> ou d\u2019<em>Heinrich von Ofterdingen<\/em>, lorsqu\u2019il pr\u00e9cise que pour lui&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>La peinture de vitrail se situe en fonction de la cath\u00e9drale. \u00c9levez en vous la cath\u00e9drale. Trouvez les \u00e9l\u00e9ments d\u2019\u00e9quilibre, assez nouveaux, assez jeunes pour supporter l\u2019assaut direct d\u2019une pens\u00e9e (LLDS, 60, 405).<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>L\u2019impression se confirme, lorsqu\u2019il ajoute en codicille \u2014 en mystique b\u00f6hmien, eckhartien au plus loin de sa profondeur \u2014&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Donner \u00e0 sa po\u00e9sie de l\u2019ouverture. Et pour cela ne pas craindre de sacrifier \u00e0 l\u2019esth\u00e9tique des pans de murs entiers (UI, 93, 395). Il appartient au po\u00e8te de choisir une marge o\u00f9 mots et id\u00e9es cohabitent dans une profonde lumi\u00e8re (UI, 72, 393). Peindre une pens\u00e9e ou la d\u00e9crire, c\u2019est toujours aller \u00e0 rebours de la po\u00e9sie (LLDS, 51, 404).<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Car enfin, pour lui, avant tout, il faut la rendre transparente. Souvenons-nous que, positivement, pour lui, la po\u00e9sie comme la peinture se doivent d\u2019\u00eatre&nbsp;: \u00ab&nbsp;un jet de lumi\u00e8re unique, une concentration de rayons avis\u00e9s sur les \u00e9tonnantes profondeurs de la r\u00e9alit\u00e9 quotidienne (LLDS, 52, 404).&nbsp;\u00bb Cadou, au reste, se sent bien le red\u00e9couvreur ou l\u2019inventeur \u2014 il ne sait trop et il s\u2019en moque, visant seuls l\u2019effet et l\u2019effort qui lib\u00e8rent \u2014 d\u2019une esth\u00e9tique&nbsp;: \u00ab&nbsp;J\u2019appellerai surromantisme toute po\u00e9sie qui ne faisant point fi de certaines qualit\u00e9s \u00e9motionnelles se situe dans un climat singuli\u00e8rement all\u00e9g\u00e9 par le feu (LLDS, 64, 406).&nbsp;\u00bb Porteur comme Novalis d\u2019une conception po\u00e9tique relevant du \u00ab&nbsp;r\u00e9alisme magique&nbsp;\u00bb, il peut alors conclure&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>L\u2019amour qui sublimise toute chose nous aura port\u00e9. Dans cette solitude a\u00e9rienne que nous nous sommes cr\u00e9\u00e9e, non comme une tour d\u2019ivoire, mais comme un royaume sans fronti\u00e8re, il aura \u00e9t\u00e9 cette multitude vagabonde, cette parole du matin (UI, 40, 390).<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>*<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">D\u2019UN CERTAIN BLEU&nbsp;:<\/h3>\n\n\n\n<p>Mais que cherche \u00e0 montrer Cadou&nbsp;? Que cherche-t-il \u00e0 allumer dans le cadre de sa b\u00e9ance, et o\u00f9&nbsp;?\u2026 Lorsqu\u2019on parlait du \u00ab&nbsp;bleu&nbsp;\u00bb, on \u00e9voquait jadis assez souvent celui qui br\u00fble incomparable, unique, avec une profondeur \u00e0 la fois dramatique et sereine aux vitraux de Chartres&nbsp;; il faudrait d\u00e9sormais parler du \u00ab&nbsp;bleu&nbsp;\u00bb cadouc\u00e9en. Un bleu r\u00e9f\u00e9renc\u00e9&nbsp;? Oui. Et alors&nbsp;?\u2026 La prescience du bleu, Cadou l\u2019a re\u00e7ue dans une fulgurance, \u00e0 douze ans, le \u00ab&nbsp;30 mai 1932&nbsp;\u00bb, lors de la mort de sa m\u00e8re&nbsp;: une mort qui l\u2019a excav\u00e9&nbsp;; il l\u2019exprime dans <em>La Vie r\u00eav\u00e9e<\/em>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nb17\">17<\/a>] qu\u2019il d\u00e9die d\u00e9j\u00e0 \u00ab&nbsp;\u00e0 H\u00e9l\u00e8ne&nbsp;\u00bb, H\u00e9l\u00e8ne qui lui fournira bient\u00f4t par-del\u00e0 \u00ab&nbsp;le r\u00e8gne v\u00e9g\u00e9tal&nbsp;\u00bb toute la mati\u00e8re pansophique de la transparence qu\u2019il recherche depuis d\u00e9j\u00e0 longtemps&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Il n\u2019y a plus que toi et moi dans la mansarde<\/p>\n\n\n\n<p>Mon p\u00e8re<\/p>\n\n\n\n<p>Les murs sont \u00e9croul\u00e9s<\/p>\n\n\n\n<p>La chair s\u2019est \u00e9croul\u00e9e<\/p>\n\n\n\n<p>Des gravats de ciel bleu tombent de tous c\u00f4t\u00e9s<\/p>\n\n\n\n<p>Je vois mieux ton visage<\/p>\n\n\n\n<p>Tu pleures<\/p>\n\n\n\n<p>Et cette nuit nous avons le m\u00eame \u00e2ge<\/p>\n\n\n\n<p>Au bord des mains qu\u2019elle a laiss\u00e9es&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nb18\">18<\/a>] [\u2026]<\/p>\n<\/blockquote>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Visage-vitrail \u00e9clat\u00e9, le p\u00e8re est l\u00e0 encore, instituteur, \u00ab&nbsp;hussard noir de la R\u00e9publique&nbsp;\u00bb et mystique r\u00e9publicain, sorte de saint la\u00efc pour l\u2019enfant par le travail qu\u2019il exerce, h\u00e9ros de roman populaire de Mont\u00e9pin ou du Tour de la France par deux enfants&nbsp;; pour un temps encore avec ce fils promis aux \u00ab&nbsp;Visages de solitude&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nb19\">19<\/a>]&nbsp;\u00bb&nbsp;: il est son lien avec l\u2019enfance, le dernier&nbsp;; c\u2019est un p\u00e8re, qui par son exemple modeste et son mod\u00e8le cependant, a fait le fils \u00e0 son image&nbsp;: artisan, artisan du \u00ab&nbsp;bleu&nbsp;\u00bb, parmi les entrelacs de plomb ou de chanvre de la parole&nbsp;: des entrelacs fins bien maill\u00e9s, ceux-l\u00e0 m\u00eames constituant les filets bleus des \u00ab&nbsp;p\u00eacheurs d\u2019hommes&nbsp;\u00bb et de \u00ab&nbsp;lumi\u00e8re&nbsp;\u00bb, lesquels, par leurs mots m\u00e8nent les hommes de la nuit marine de l\u2019ignorance au plein jour de la \u00ab&nbsp;co-naissance&nbsp;\u00bb&nbsp;; de 32 \u00e0 40, le p\u00e8re est l\u00e0&nbsp;: pr\u00e9sence-absence, b\u00e9ant de deuil depuis la mort de sa femme\u2026 jusqu\u2019\u00e0 ce que le fils enfin, \u00e0 la fin seul au monde le 31 janvier 1940, h\u00e9ritier de cette b\u00e9ance du p\u00e8re \u00e0 laquelle il a joint la sienne mais aussi de son m\u00e9tier, de cette vocation, recrevant sa propre douleur vitrifi\u00e9e du 30 mai 1932, patiemment sertie et mont\u00e9e, jusqu\u2019\u00e0 ce que le fils \u00e9crive encore&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>La porte est bien ferm\u00e9e<\/p>\n\n\n\n<p>Une goutte de sang reste encor sur la cl\u00e9 \/<\/p>\n\n\n\n<p>Tu n\u2019es plus l\u00e0 mon p\u00e8re<\/p>\n\n\n\n<p>Tu n\u2019es pas revenu de ce c\u00f4t\u00e9-ci de la terre<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis quatre ans<\/p>\n\n\n\n<p>Et dans la chambre je t\u2019attends<\/p>\n\n\n\n<p>Pour remmailler les filets bleus de la lumi\u00e8re [\u2026]<\/p>\n\n\n\n<p>Jamais plus les oiseaux n\u2019entreront dans la chambre [\u2026]<\/p>\n\n\n\n<p>Et l\u2019amour sera fait d\u2019autres mains<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019autres lampes<\/p>\n\n\n\n<p>O mon p\u00e8re<\/p>\n\n\n\n<p>Afin que nous puissions nous voir&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nb20\">20<\/a>].<\/p>\n<\/blockquote>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Voir&nbsp;\u00bb&nbsp;: voil\u00e0 sans doute le ma\u00eetre-mot pour \u00ab&nbsp;Re-n\u00e9&nbsp;\u00bb comme pour l\u2019ic\u00f4ne Rimbaud. \u00catre \u00ab&nbsp;voyant&nbsp;\u00bb&nbsp;? Non pas, mais plut\u00f4t d\u00e9couvreur de clart\u00e9s cel\u00e9es&nbsp;: leur r\u00e9v\u00e9lateur. Comme le titre de son recueil phare le r\u00e9v\u00e8le&nbsp;: <em>H\u00e9l\u00e8ne ou le r\u00e8gne v\u00e9g\u00e9tal<\/em>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nb21\">21<\/a>], la pansophie est dans le \u00ab&nbsp;ou&nbsp;\u00bb qui renvoie sans cesse un r\u00e8gne \u00e0 l\u2019autre&nbsp;; on ne voit que d\u2019un au-del\u00e0 pour Cadou ou par ricochet de lumi\u00e8re, par transparence, par reflet. Appara\u00eet, ici, dans ce po\u00e8me \u00e0 tous \u00e9gards majeur, l\u2019instrument d\u2019optique fondamental de la po\u00e9tique cadouc\u00e9enne&nbsp;: une chambre o\u00f9 s\u2019ouvre le deuil et l\u2019absence d\u2019un \u00eatre cher. C\u2019est bien l\u00e0 qu\u2019il faut situer la b\u00e9ance premi\u00e8re, \u00e9ternelle, originelle, qu\u2019il aura sa \u00ab&nbsp;vie enti\u00e8re&nbsp;\u00bb non cherch\u00e9 \u00e0 combler mais cherch\u00e9 \u00e0 \u00e9clairer du feu d\u2019un regard int\u00e9rieur par le biais de l\u2019\u00e9cran transparent d\u2019un ciel \u00e9clat\u00e9&nbsp;: celui-l\u00e0 m\u00eame de la condition humaine, travaill\u00e9, transform\u00e9, serti, remont\u00e9. C\u2019est l\u00e0 qu\u2019il faut chercher aussi toute la mati\u00e8re de son ciel propre patiemment recompos\u00e9 pour en faire \u2014 les cadouc\u00e9ens en sont bien convaincus, eux du moins \u2014 pour en faire, oui, ce qui est, peut-\u00eatre, la plus belle et la plus lumineuse \u0153uvre-vitrail de la po\u00e9sie fran\u00e7aise au XXe si\u00e8cle. Partout ou presque, elle offre dans l\u2019harmonie des contrastes de ses couleurs en cama\u00efeu, cette transparence du bleu, d\u2019un \u00ab&nbsp;bleu&nbsp;\u00bb unique florissant, d\u2019un \u00ab&nbsp;bleu adorable&nbsp;\u00bb ainsi que l\u2019eut dit H\u00f6lderlin. L\u00e0, dans cette mansarde, cette chambre, cette \u00ab&nbsp;chambre de la douleur&nbsp;\u00bb et des tortures qu\u2019il ne quittera plus, cette chambre abstraite, \u00ab&nbsp;cayenne&nbsp;\u00bb de toutes les initiations, mansarde aveugle et visionnaire de fait partout recr\u00e9\u00e9e, s\u2019op\u00e8re pour lui la r\u00e9v\u00e9lation de la po\u00e9sie, la r\u00e9v\u00e9lation de l\u2019amour aussi qui s\u2019y confond. Cadou y passera de fait toute sa vie, tentant d\u2019en faire, au passage, ou par le passage plut\u00f4t, aussi une chambre d\u2019amour, une chambre \u00e9clair\u00e9e de la lampe des affections, celle des \u00ab&nbsp;grand[s] \u00e9lan[s]&nbsp;\u00bb de l\u2019amour fou d\u2019un \u00eatre, et, par-del\u00e0&nbsp;: de tous les \u00eatres, des choses, du monde. \u00ab&nbsp;Le po\u00e8te [cr\u00e9e toujours] dans l\u2019\u00e9touffement de sa chambre (LLDS, 48, 404)&nbsp;\u00bb \u00e9crit-il, comme pour rappeler l\u2019importance lumineuse de l\u2019\u0152dipe et de son pass\u00e9, \u0152dipe chez lui positiv\u00e9, sublim\u00e9, qui se r\u00e9v\u00e8le apais\u00e9, comme pacifi\u00e9, dans le recueil de notes critiques symboliquement baptis\u00e9 <em>Les Liens du sang<\/em>. Dans la chambre-prison, dans la chambre nonobstant belv\u00e9d\u00e8re, ainsi ph\u00e9nom\u00e9nologique, de cette enfance qu\u2019il voudrait pourtant partager afin qu\u2019elle fut \u00ab&nbsp;\u00e0 tout le monde&nbsp;\u00bb, dans cette chambre-fen\u00eatre tr\u00e8s pansophiquement ouverte sur le monde, c\u2019est l\u00e0 qu\u2019il faut voir et trouver la c<em>amera obscura<\/em> o\u00f9 toute la lumi\u00e8re cadouc\u00e9enne s\u2019entendra soi-m\u00eame, se fera jour lentement, puis flamboiera d\u2019un coup un certain \u00ab&nbsp;17 juin 1943&nbsp;\u00bb, anecdotiquement \u00e0 Clisson, comme il en t\u00e9moigne, exalt\u00e9, lors de la premi\u00e8re rencontre avec H\u00e9l\u00e8ne Leurent&nbsp;: du bleu encore&nbsp;; H\u00e9l\u00e8ne ou le bleu retrouv\u00e9&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Tu \u00e9tais la pr\u00e9sence enfantine des r\u00eaves<\/p>\n\n\n\n<p>Tes blanches mains venaient s\u2019\u00e9panouir sur mon front \/<\/p>\n\n\n\n<p>Parfois dans la mansarde o\u00f9 je vivais alors<\/p>\n\n\n\n<p>Une aile brusquement refermait la lumi\u00e8re \/<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019appelais je disais que vienne enfin la grande<\/p>\n\n\n\n<p>La belle la toujours d\u00e9sirable et combl\u00e9e \/<\/p>\n\n\n\n<p>Et j\u2019allai regarder souvent \u00e0 la fen\u00eatre<\/p>\n\n\n\n<p>Comme si le bonheur devait entrer par l\u00e0 [\u2026]<\/p>\n\n\n\n<p>Aussit\u00f4t que je vis tes yeux je te voulus [\u2026]<\/p>\n\n\n\n<p>Tout le jour je vis bleu et ne pensai qu\u2019\u00e0 toi [\u2026]<\/p>\n\n\n\n<p>Sans rien dire je pris rendez-vous dans le ciel<\/p>\n\n\n\n<p>Avec toi pour des promenades \u00e9ternelles&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nb22\">22<\/a>].<\/p>\n<\/blockquote>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Promenades de deux amants. Promenades dans la lecture d\u2019un certain \u00ab&nbsp;bleu&nbsp;\u00bb, partag\u00e9. Aujourd\u2019hui encore, H\u00e9l\u00e8ne Cadou continue de s\u2019y promener, car, comme Novalis \u00e0 Sophie von K\u00fchn, c\u2019est \u00e0 elle, c\u2019est \u00e0 celle que les \u00ab&nbsp;affinit\u00e9s \u00e9lectives&nbsp;\u00bb ont \u00e9lue pour \u00eatre la partenaire id\u00e9ale de ce \u00ab&nbsp;Promenoir des deux amants&nbsp;\u00bb c\u00e9leste qu\u2019il inventa, c\u2019est \u00e0 H\u00e9l\u00e8ne, \u00e0 elle seule que Ren\u00e9 Guy Cadou dira, huit ans durant, jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019il enjambe la fen\u00eatre du temps&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Ce soir je te confie mes mains pour que tu dises<\/p>\n\n\n\n<p>A Dieu de s\u2019en servir pour des besognes bleues \/<\/p>\n\n\n\n<p>Car tu es \u00e9cout\u00e9e de l\u2019ange&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nb23\">23<\/a>] [\u2026]<\/p>\n<\/blockquote>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Ce bleu, qui comme \u00ab&nbsp;le Beau&nbsp;\u00bb chez Rilke \u00ab&nbsp;n\u2019est rien d\u2019autre que le commencement du terrible&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nb24\">24<\/a>]&nbsp;\u00bb, ce bleu, il est vrai, n\u2019est pas n\u00e9 d\u2019un ange inconnu&nbsp;; ce bleu unique est r\u00e9current dans l\u2019histoire de la po\u00e9sie romantique, et, symboliste \u00e9galement, son h\u00e9riti\u00e8re. \u00ab&nbsp;Gravats de ciel bleu [\u2026] filets bleus [\u2026] je vis bleu [\u2026] besognes bleues [\u2026]&nbsp;\u00bb&nbsp;: toute la vie du po\u00e8te serait-elle d\u00e9vou\u00e9e \u00e0 un certain bleu, un bleu certain qui s\u2019observe, ou disons&nbsp;: qui se voit mieux \u2014 \u00ab&nbsp;du monde entier [\u2026] au c\u0153ur du monde&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nb25\">25<\/a>]&nbsp;\u00bb&nbsp;\u2014, en haut, du haut d\u2019une mansarde solitaire&nbsp;? Solitaire comme un clocher&nbsp;? Pourquoi pas&nbsp;: clocher ou mansarde, c\u2019est \u00e9gal&nbsp;; une solitude en plein ciel en tous cas comme on dit en \u00ab&nbsp;pleine poitrine&nbsp;\u00bb suffit, seule importe&nbsp;; chambre obscure qui se transmet plus en fait qu\u2019elle ne se partage. C\u2019est l\u00e0 que se fait jour le bleu \u00ab&nbsp;surromantique&nbsp;\u00bb. Abandonn\u00e9e parmi les jours, \u00ab&nbsp;invent\u00e9e&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nb26\">26<\/a>]&nbsp;\u00bb par \u00ab&nbsp;Re-n\u00e9&nbsp;\u00bb qui rena\u00eet sans cesse, H\u00e9l\u00e8ne y vit seule aujourd\u2019hui \u2014 seule avec ce \u00ab&nbsp;bleu&nbsp;\u00bb&nbsp;\u2014, nouvelle ma\u00eetresse d\u2019un bleu, d\u2019un lieu qui perdure, dispensatrice de lumi\u00e8re, de lueurs perdues retrouv\u00e9es sans cesse&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nb27\">27<\/a>], de bleu enfin, de ciel&nbsp;: l\u2019un des plus purs du ciel po\u00e9tique contemporain. Amoureuse opini\u00e2tre, admirable figure, mythe qui s\u2019ignore lui-m\u00eame encore, elle le sert depuis pr\u00e8s de cinquante ann\u00e9es, seule \u00e0 son tour face aux \u00ab&nbsp;besognes bleues&nbsp;\u00bb \u00e0 faire, \u00e9coutant \u00ab&nbsp;l\u2019ange&nbsp;\u00bb, laissant faire. On d\u00e9couvrira un jour qu\u2019elle fut l\u2019une des plus grandes voies de la po\u00e9sie f\u00e9minine du XXe si\u00e8cle, vers le bleu, ce bleu. Il est r\u00e9f\u00e9renc\u00e9 ce bleu, mais pourtant bien cadouc\u00e9en.<br>Dans l\u2019absolu tr\u00e8s r\u00e9el de <em>La Vie r\u00eav\u00e9e<\/em>&nbsp;: irr\u00e9el r\u00e9alis\u00e9 puisqu\u2019il peut se partager, changer un regard port\u00e9 sur le monde, oui, d\u00e9cid\u00e9ment, le \u00ab&nbsp;surromantisme est bleu, absolument. Il est bleu. Bleu, comme la \u00ab&nbsp;fleur bleue&nbsp;\u00bb d\u2019abord de Novalis, ce disciple de Schelling et de Fichte, ce proche de Hegel, ce po\u00e8te mort \u00e0 vingt-neuf ans, et, qui, \u00e0 la mort de sa jeune aim\u00e9e Sophie Von K\u00fchn, morte \u00e0 quinze ans, fianc\u00e9e secr\u00e8tement au po\u00e8te \u00e0 treize, \u00e9crit dans son Journal intime&nbsp;: \u00ab&nbsp;Mon amour s\u2019est transform\u00e9 en flammes, et cette flamme consume peu \u00e0 peu ce qui est terrestre en moi&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nb28\">28<\/a>]&nbsp;\u00bb&nbsp;; une flamme bleue r\u00e9alistement et magiquement bleue, par cons\u00e9quent. Il est bleu ensuite comme <em>Les Nuits<\/em> du m\u00eame Novalis aussi, puisque le bleu n\u2019existe pas&nbsp;: il est cette couleur ma\u00efeutique, tr\u00e8s socratique ainsi, qui sait trop bien qu\u2019elle n\u2019est pas, et, que ne devaient pas renier dans ce m\u00eame esprit Nicolas de Cues ou Denis l\u2019A\u00e9ropagite pour qui il fallait c\u00e9l\u00e9brer la \u00ab&nbsp;docte ignorance&nbsp;\u00bb comme Hegel dans leur lign\u00e9e c\u00e9l\u00e9brera, lui, le n\u00e9ant&nbsp;; car elle seule est infinie, comme le bleu d\u2019un ciel bleu, lui, est insondable. Dans l\u2019univers cadouc\u00e9en, tout est bleu donc, universel, universel mais circonscrit&nbsp;: bleu de fen\u00eatre de mansarde ou bleu de fen\u00eatre de tour, de tour ou de clocher&nbsp;; et l\u2019on retrouve l\u00e0 la chambre-prison-atelier. Mansarde mentale int\u00e9rieure et prismatique, c\u00e9l\u00e9brant l\u2019oblique, le ricochet, le rebond lumineux, le rayon qui allume enfin&nbsp;; chambre-prisme, comme en cette tour&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nb29\">29<\/a>] sur le Neckar \u00e0 T\u00fcbingen o\u00f9 fut enferm\u00e9 H\u00f6lderlin devenu fou \u00e0 trente-six ans, et, ce, pour trente-six ann\u00e9es, comme s\u2019il lui fallait vivre apr\u00e8s la face de lumi\u00e8re la face d\u2019ombre de sa vie (1770-1843), payer en somme, comme Cadou paya aussi en mourant \u00e0 trente et un an le bleu qu\u2019il vola \u00e0 la mort, puis qu\u2019il dispensa \u00e0 la vie, po\u00e9tiquement. C\u2019est l\u00e0, dans cette chambre, dans cette tour, dans un \u00e9tat dit \u00ab&nbsp;de folie&nbsp;\u00bb, peut-\u00eatre, mais non pas d\u2019incoh\u00e9rence po\u00e9tique comme le pr\u00e9tend son ami Waiblinger \u00e0 qui il en confiera le manuscrit, qu\u2019H\u00f6lderlin pansophiquement, tout entier d\u00e9volu \u00e0 sa fen\u00eatre, \u00e9crit l\u2019incomparable&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>In Lieblicher Bla\u00fce<\/em>&nbsp;\u00bb, qui devient&nbsp;: \u00ab&nbsp;en bleu adorable&nbsp;\u00bb dans l\u2019admirable traduction qu\u2019Andr\u00e9 du Bouchet aid\u00e9 de Johannes H\u00fcbner, de Philippe Jaccottet et de Jean Bollack, en a faite, au Mercure de France&nbsp;; vrai manifeste esth\u00e9tique, le po\u00e8me se dispense ici de tout commentaire&nbsp;; il est la quintessence, inaccessible aux abstracteurs divers, puisqu\u2019il n\u2019est audible-visible, selon le principe du \u00ab&nbsp;<em>T\u00f6nt<\/em>&nbsp;\u00bb holderlinien (son rythm\u00e9 + image) d\u00e9mont\u00e9 par Pierre Bertaux, que par ceux qui acceptent de se laisser creuser par lui, ouvrir \u00e0 la b\u00e9ance&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>En bleu adorable fleurit<\/p>\n\n\n\n<p>Le toit de m\u00e9tal du clocher. Alentour<\/p>\n\n\n\n<p>Plane un cri d\u2019hirondelles, autour<\/p>\n\n\n\n<p>S\u2019\u00e9tend le bleu le plus touchant [\u2026]<\/p>\n\n\n\n<p>[\u2026] Quand quelqu\u2019un<\/p>\n\n\n\n<p>Descend, au-dessous de la cloche, ces degr\u00e9s, alors<\/p>\n\n\n\n<p>Cette vie est silence&nbsp;; car<\/p>\n\n\n\n<p>Sit\u00f4t que le corps, tel, s\u2019est d\u00e9tach\u00e9,<\/p>\n\n\n\n<p>Alors la stature de l\u2019homme est manifeste.<\/p>\n\n\n\n<p>Les fen\u00eatres d\u2019o\u00f9 tintent les cloches sont<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi que des portes, par vertu de leur beaut\u00e9. Oui,<\/p>\n\n\n\n<p>Les portes encore \u00e9tant de la nature, elles<\/p>\n\n\n\n<p>Sont \u00e0 l\u2019image des arbres de la for\u00eat. Mais la puret\u00e9<\/p>\n\n\n\n<p>Est, elle, beaut\u00e9 aussi.<\/p>\n\n\n\n<p>De la distance, au dedans, point un esprit s\u00e9v\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Si simples sont les images, si saintes,<\/p>\n\n\n\n<p>Que parfois on a peur en v\u00e9rit\u00e9,<\/p>\n\n\n\n<p>Elles, ici, de les d\u00e9crire. Mais les c\u00e9lestes,<\/p>\n\n\n\n<p>Qui sont toujours bons, du tout, comme prodigues,<\/p>\n\n\n\n<p>Ont une telle retenue, et la joie. L\u2019homme en<\/p>\n\n\n\n<p>Cela peut les imiter.<\/p>\n\n\n\n<p>Un homme lorsque la vie n\u2019est que fatigue intense, un homme<\/p>\n\n\n\n<p>Peut-il regarder en haut et dire&nbsp;: tel<\/p>\n\n\n\n<p>Aussi voudrais-je \u00eatre&nbsp;? Oui. Tant que dans son coeur<\/p>\n\n\n\n<p>Dure la bienveillance toujours pure,<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019homme peut avec le Divin se mesurer<\/p>\n\n\n\n<p>Non sans bonheur. Dieu est-il inconnu&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Est-il comme le ciel, \u00e9vident&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nb30\">30<\/a>]<\/p>\n<\/blockquote>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>J\u2019entends, j\u2019entends ici Cadou r\u00e9pondre mais volontairement comme hors chant, hors image&nbsp;: \u00ab&nbsp;La po\u00e9sie n\u2019est rien que ce grand \u00e9lan qui nous transporte vers les choses usuelles \u2014 usuelles comme le ciel qui nous d\u00e9borde (UI, 9, 387).&nbsp;\u00bb Et, H\u00f6lderlin alors, peut-\u00eatre (car tel est bien le nom d\u2019un Dieu, du Dieu, de Dieu&nbsp;: \u00ab&nbsp;Peut \u00eatre&nbsp;\u00bb, et nul autre nom), de r\u00e9pondre comme en r\u00e9pons&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Dieu [\u2026] Est-il comme le ciel, \u00e9vident&nbsp;? Je le croirai<\/p>\n\n\n\n<p>Plut\u00f4t. Telle est la mesure de l\u2019homme.<\/p>\n\n\n\n<p>Riche en m\u00e9rites, et po\u00e9tiquement pourtant,<\/p>\n\n\n\n<p>Habite l\u2019homme sur cette terre. Mais l\u2019ombre<\/p>\n\n\n\n<p>De la nuit avec les \u00e9toiles n\u2019est pas plus pure,<\/p>\n\n\n\n<p>Si j\u2019ose dire, que<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019homme, qu\u2019il faut appeler une image de Dieu&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nb31\">31<\/a>].<\/p>\n<\/blockquote>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>*<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">D\u2019UNE R\u00c9TICENCE POST-HISTORIQUE&nbsp;:<\/h3>\n\n\n\n<p>La croyance en un certain bleu, plus que ses r\u00e9f\u00e9rences pansophiques peut-\u00eatre, permet \u00e0 chaque instant de surprendre Cadou en flagrant d\u00e9lit d\u2019id\u00e9alisme&nbsp;: on ne saurait le nier sans risquer de d\u00e9naturer son projet&nbsp;; or, apr\u00e8s guerre, l\u2019id\u00e9alisme \u2014 toute forme d\u2019id\u00e9alisme et le manich\u00e9isme fasciste ou nazi trouve l\u00e0 sans nul doute et dans l\u2019outrance inverse, paradoxalement, certains de ses h\u00e9ritiers \u2014 est consid\u00e9r\u00e9 comme la forme la plus r\u00e9pugnante de l\u2019obsc\u00e9nit\u00e9, la plus totalitaire par les risques qu\u2019elle est cens\u00e9e immanquablement v\u00e9hiculer. Qu\u2019en est-il alors v\u00e9ritablement et de Cadou et de son \u0152uvre&nbsp;? Pour tenter d\u2019esquisser quelques \u00e9l\u00e9ments de r\u00e9ponse, resituons l\u2019ouvrier. Ren\u00e9 Guy Cadou b\u00e2tit son \u0152uvre-vitrail de juillet 1937 \u00e0 mars 1951&nbsp;: bref, on peut circonscrire ce temps o\u00f9 il cr\u00e9e entre une Histoire o\u00f9, \u00e0 la diff\u00e9rence des po\u00e8tes de la R\u00e9sistance, il a refus\u00e9 de s\u2019engager, et l\u2019ab\u00eeme plus profond encore de la post-historicit\u00e9&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Je ne suis pas militaire de carri\u00e8re. Je ne me bats pour aucune solde, pour aucun grade, pour aucune patrie. Pas m\u00eame pour la po\u00e9sie&nbsp;: je d\u00e9fends ma peau (LLDS, 79, 408).<br>Je ne con\u00e7ois de po\u00e9sie engag\u00e9e qu\u2019envers soi-m\u00eame. C\u2019est en cela qu\u2019elle est d\u00e9livrance, ou promesse de d\u00e9livrance. C\u2019est en cela qu\u2019elle est un bien (NI, I, 9, 419).<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Trois ans avant qu\u2019Annah Arendt fasse le bilan d\u2019un d\u00e9sastre dans son livre fondateur en somme de toute la r\u00e9flexion ult\u00e9rieure sur la post-historicit\u00e9 moderne et intitul\u00e9 comme on sait <em>Les Origines du Totalitarisme<\/em>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nb32\">32<\/a>] \u2014 Adorno, dans l\u2019esprit du groupe de Francfort, avec sa Dialectique n\u00e9gative (1966) lui faisant \u00e9cho, \u2014 voil\u00e0 Cadou. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, s\u2019en arrange qui peut, et, peu peuvent s\u2019en arranger&nbsp;; il faut le dire. Avec une d\u00e9sinvolture h\u00e9ro\u00efque, Cadou est le m\u00eame iconoclaste \u00e0 l\u2019envers qui osa \u00e9crire en 1948&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Les \u00ab&nbsp;po\u00e8tes engag\u00e9s&nbsp;\u00bb de ces derni\u00e8res ann\u00e9es le sont en vertu d\u2019opinions politiques ou religieuses. Mallarm\u00e9 fut engag\u00e9 dans l\u2019art. Pour moi tout engagement ne vaut, et c\u2019est une banalit\u00e9, que vis-\u00e0-vis de soi-m\u00eame et dans la vie (NI, I, 15, 421).<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Seul presque alors \u00e0 le faire, il s\u2019interroge, proph\u00e9tique de notre temps o\u00f9 l\u2019urgence est de reconstruire, il s\u2019interroge alors encore \u2014 il ose, avec sagesse ou cr\u00e2nerie, s\u2019interroger encore \u2014 sur la fonction du po\u00e8te&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Et l\u2019on demanderait au po\u00e8te de ne plus chanter parmi les ruines, de n\u2019\u00eatre plus qu\u2019un t\u00e9moin, qu\u2019un envoy\u00e9 sp\u00e9cial de l\u2019homme parmi les hommes [?] Mais toute l\u2019atrocit\u00e9 de la guerre tient justement dans ce miracle d\u2019un oiseau [, d\u2019un po\u00e8te] port\u00e9 par sa complainte et qui souligne de son \u00e9trange douceur toute l\u2019\u00e9tendue du d\u00e9sastre (N, 1, 430).<br>\u00c0 l\u2019\u00e9paule d\u2019Atlas la terre \u00e9tait l\u00e9g\u00e8re, la griffe d\u2019un oiseau lui \u00e9tait br\u00fblure. Soyez la br\u00fblure (NI, DLP, 18, 436).<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Dans l\u2019alternance des \u00e9poques historiques et post-historiques o\u00f9 L\u2019Histoire hyst\u00e9rique est un temps en marche, puis \u00e0 d\u2019autres \u00e9poques stagne dans une h\u00e9b\u00e9tude complice du Pouvoir et du Capital o\u00f9 triomphe l\u2019\u00e9conomique quasiment toujours aux d\u00e9pens de l\u2019id\u00e9e de l\u2019homme, un po\u00e8te avant tout s\u2019incarne&nbsp;: il peut le faire dans l\u2019action comme Char ou dans les mots seuls comme Cadou&nbsp;; mais que revienne, al\u00e9atoire dans le cours de son cycle pourtant d\u2019\u00ab&nbsp;\u00e9ternel retour&nbsp;\u00bb la fin de l\u2019Histoire pour un temps r\u00e9install\u00e9e, ne reste que le corps, le corps et le langage alors, le corps et la mati\u00e8re, comme seul espace de transgression ou de transfiguration. Pour Cadou, la guerre et l\u2019apr\u00e8s-guerre, le temps de l\u2019Histoire et celui de la post-historicit\u00e9 r\u00e9install\u00e9e \u2014 car les romantiques d\u00e9j\u00e0 avaient connu cet \u00e9tat&nbsp;\u2014, la d\u00e9couverte enfin de l\u2019horreur absolue de la Shoah telle que les proc\u00e8s de Nuremberg l\u2019ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9e, n\u2019a rien chang\u00e9 \u00e0 ses projets, \u00e0 ce qu\u2019il nomme son \u00ab&nbsp;engagement&nbsp;\u00bb dans l\u2019ordre de l\u2019incarnation et de la foi en l\u2019humain&nbsp;; l\u00e0 r\u00e9side tout son scandale. Certes, il y a bien quelques po\u00e8mes t\u00e9moignages comme \u00ab&nbsp;les Fusill\u00e9s de Chateaubriand&nbsp;\u00bb qui ouvre le recueil <em>Pleine poitrine<\/em> d\u00e9di\u00e9 \u00ab&nbsp;\u00e0 la m\u00e9moire de [son] ami Max Jacob assassin\u00e9&nbsp;\u00bb ou le poignant \u00ab&nbsp;Ravensbruck&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nb33\">33<\/a>]&nbsp;\u00bb, mais ils t\u00e9moignent de l\u2019humain, de l\u2019humain avant tout, envers et contre tout, d\u2019un espoir, c\u2019est tout, qui d\u2019ailleurs \u00e9tait tout pour lui. Il est \u00e9vident que dans l\u2019ordre de la conception sartrienne de la responsabilit\u00e9 qui r\u00e8gne \u00e0 la lib\u00e9ration, il est \u00e0 jamais coupable. Il s\u2019av\u00e8re aussi que la pens\u00e9e sartrienne va r\u00e9gner trente ans, l\u2019existentialisme, h\u00e9sitant sans cesse entre la pens\u00e9e de l\u2019angoisse selon Kierkegaard et selon Heidegger dans leur combat contre Hegel et l\u2019id\u00e9e de progr\u00e8s h\u00e9rit\u00e9e de Kant, se trouvant en quelque sorte naturellement relay\u00e9 \u2014 via le pessimisme nietzsch\u00e9en \u2014 par le structuralisme, par des intellectuels comme Michel Foucault, h\u00e9ritier revendiqu\u00e9 du Heidegger p\u00e9nitent&nbsp;: Foucault marchant sur les bris\u00e9es ouvertes par <em>La Lettre sur l\u2019Humanisme<\/em> (1947) mais allant infiniment au-del\u00e0, du moins en de\u00e7a.<br>Foucault avec <em>Les Mots et les choses<\/em> (1966) s\u2019engouffrera en effet dans l\u2019espace laiss\u00e9 b\u00e9ant par la Shoah et l\u2019analyse magistrale qu\u2019en fit Arendt&nbsp;; il professera comme on sait, avec une jubilation quasi suicidaire, un anti-humanisme ath\u00e9e pouss\u00e9 jusqu\u2019au jans\u00e9nisme et proclamera \u00ab&nbsp;la mort de l\u2019homme&nbsp;\u00bb, cherchant par l\u00e0-m\u00eame \u00e0 s\u2019inscrire dans la filiation directe du Nietzsche de \u00ab&nbsp;la mort de Dieu&nbsp;\u00bb. Refusant vraiment radicalement toute id\u00e9e de progr\u00e8s, il se fera l\u2019adepte en outre de la th\u00e8se d\u2019un devenir humain discontinu. Devenu ma\u00eetre \u00e0 penser de la grande majorit\u00e9 des membres de la critique, Foucault triomphant&nbsp;: tout humanisme est alors mort, d\u00e9finitivement semble-t-il&nbsp;: alors, c\u2019est une certitude&nbsp;; mais au nom m\u00eame de l\u2019id\u00e9e de discontinu cette mort, \u00e0 terme, n\u2019est-elle pas elle-m\u00eame simple illusion&nbsp;? Certes, cette mort, cette mort de l\u2019homme et de l\u2019humanisme \u00e9tait programm\u00e9e&nbsp;: c\u2019est cette mort qu\u2019annon\u00e7ait d\u00e9j\u00e0 le Baudelaire du po\u00e8me du <em>Spleen de Paris<\/em> \u00ab&nbsp;Perte d\u2019aur\u00e9ole&nbsp;\u00bb par le biais subtil de ce que Benjamin appellera, commentant ce texte comme \u00e9tant le signe du basculement de l\u2019homme dans l\u2019\u00e8re de la modernit\u00e9 industrielle, la destruction de l\u2019<em>aura<\/em>&nbsp;; elle exprima tout le paroxysme de sa logique \u00e0 Auschwitz. Cette vision structuraliste de l\u2019homme, qui arrivait comme un bilan, fera dire \u00e0 L\u00e9vi-Strauss que pour comprendre l\u2019homme, il faut le d\u00e9truire. Humaniste et mystique en somme ind\u00e9fectible, Cadou continuera \u00e0 croire en l\u2019<em>aura<\/em> comme en l\u2019homme. Le structuralisme, \u00e0 l\u2019encontre de l\u2019existentialisme sartrien, niant que l\u2019homme puisse \u00eatre un sujet libre, et la pens\u00e9e post-moderne ironisant sur le fait que nos actes puissent \u00eatre cr\u00e9ateurs de sens et de valeurs, la surench\u00e8re n\u00e9gative se poursuivra jusqu\u2019\u00e0 l\u2019impasse&nbsp;: impasse dans la pens\u00e9e, impasse dans l\u2019art, impasse dans le politique&nbsp;: par trop intelligent cul de sac, par trop peu confiant, par trop peu fertile, l\u2019homme dedans pour un enterrement maritime d\u2019o\u00f9 il pourrait rena\u00eetre&nbsp;?\u2026 \u00c0 voir.<br>En d\u00e9passionnant le d\u00e9bat, les perspectives historiques et philosophiques imm\u00e9diates s\u2019\u00e9tant pour nous modifi\u00e9es&nbsp;: est-ce une faute pour jamais r\u00e9dhibitoire si les obsessions de Cadou furent d\u2019un autre ordre que celui du politique au sens strict&nbsp;? Plus on cherche \u00e0 les penser ces obsessions, plus on est oblig\u00e9 d\u2019admettre que ses motivations font de lui et dans l\u2019ordre des conceptions qui ont r\u00e9gn\u00e9 sans partage, aveugl\u00e9ment souvent \u2014 admettons-le&nbsp;\u2014, durant plus de trente ann\u00e9es&nbsp;: un coupable id\u00e9al et partant caricatural, comme Giono pouvait l\u2019\u00eatre de son c\u00f4t\u00e9, lui non pas pour flagrant d\u00e9lit de libre spiritualit\u00e9 et d\u2019espoir malgr\u00e9 tout en l\u2019homme, en l\u2019humain, mais pour fait de pacifisme. Cette spiritualit\u00e9 somme toute v\u00e9cue comme une utopie, d\u2019essence franchement libertaire, fraternelle et dynamique, il serait peut-\u00eatre temps de songer \u00e0 la r\u00e9habiliter et avec lui cette forme de po\u00e9sie et de pens\u00e9e, car il faut s\u2019empresser d\u2019ajouter que Ren\u00e9 Guy Cadou sera pris en flagrant d\u00e9lit d\u2019id\u00e9alisme et de spiritualit\u00e9 alors m\u00eame qu\u2019il \u00e9chappait, et, l\u00e0, tr\u00e8s r\u00e9solument, \u00e0 cette \u00c9glise bourgeoise, \u00e9litiste et populiste \u00e0 la fois, p\u00e9tainiste et corrompue, ignoble, compromise jusqu\u2019\u00e0 la garde, cette garde qu\u2019elle pr\u00e9tendait et pr\u00e9tend encore par secteurs d\u2019irr\u00e9ductibles ne plus baisser jamais ni dans l\u2019antis\u00e9mitisme, ni dans les sectarismes de classe. Elle, aussi, le condamnait&nbsp;; il la conchiait. Par son \u0152uvre, de fait, il t\u00e9moigne plut\u00f4t comme Novalis ou Schelling, de la volont\u00e9 secr\u00e8te de cr\u00e9er une nouvelle religion pansophique et \u0153cum\u00e9nique. En outre, refusant pr\u00e9cis\u00e9ment de penser l\u2019Histoire en tant que po\u00e8te et pr\u00e9tendant ne vouloir penser que l\u2019\u00eatre en d\u00e9pit de ses productions \u00e9v\u00e9nementielles, sombre-t-il pour autant dans l\u2019id\u00e9e de progr\u00e8s h\u00e9g\u00e9lien, dans ce que le Nietzsche des <em>Consid\u00e9rations intempestives<\/em> (1870) appelle la \u00ab&nbsp;tentative gothique de donner l\u2019assaut au ciel&nbsp;\u00bb&nbsp;? Le d\u00e9bat, \u00e9videmment, reste ouvert&nbsp;; ce qui est fort productif. Il n\u2019en demeure pas moins que le \u00ab&nbsp;surromantisme&nbsp;\u00bb cadouc\u00e9en, que sa proposition d\u2019ouverture \u00e0 nos impasses culturelles et philosophiques pose question \u2014 surtout aujourd\u2019hui \u2014&nbsp;: le \u00ab&nbsp;surromantisme&nbsp;\u00bb n\u2019est-ce pas au fond la tentative de chercher \u00e0 aller au-del\u00e0 du divorce historiquement constat\u00e9 toujours entre id\u00e9al et r\u00e9alit\u00e9, sans pour autant \u00e9chapper totalement \u00e0 toute rationalit\u00e9, sans pour autant sombrer jamais dans la mystique d\u00e9sincarn\u00e9e et dans la religion partisane&nbsp;? Conservatisme, int\u00e9grisme sont radicalement bannis de l\u2019esprit de Cadou, mais de l\u2019\u00e9lan r\u00e9volutionnaire utopiste, il n\u2019est pas exempt&nbsp;: il s\u2019en revendique avec la fiert\u00e9 modeste et carr\u00e9e d\u2019un fils du peuple comme jadis ses ma\u00eetres les grands romantiques allemands. Des grands \u00e9lans du c\u0153ur et de toute l\u2019\u00eatre, il t\u00e9moigne du dynamisme, au-del\u00e0 de toute id\u00e9ologie partisane. Romain Rolland est l\u00e0, pr\u00e9sent. Je lis, l\u00e0, un id\u00e9alisme lucide, voire m\u00eame un id\u00e9alisme tragique qui tire toute sa beaut\u00e9 et toute sa noblesse du fait qu\u2019il n\u2019occulte rien des r\u00e9alit\u00e9s de souffrance de l\u2019humaine condition, bref du sort commun, mais cherche \u00e0 les positiver, transformant ainsi toute b\u00e9ance en ouverture, en support de lumi\u00e8re pour rayonner de l\u2019int\u00e9rieur vers l\u2019ext\u00e9rieur et l\u2019inverse, afin que s\u2019exprime, afin que perdure l\u2019<em>aura<\/em> de chaque \u00eatre, cette <em>aura<\/em> \u00e0 laquelle il croit&nbsp;; afin qu\u2019elle assure l\u2019objet d\u2019un vrai commerce fraternel entre les hommes&nbsp;: le partage du meilleur, en ranime aussi, et si besoin est, le go\u00fbt profond entre les hommes&nbsp;; afin que chaque \u00eatre, chaque homme, puisse affirmer sa dignit\u00e9, devenir son propre vitrail pour \u00e9clairer le monde \u00e0 sa fa\u00e7on, mais aussi la soci\u00e9t\u00e9, avec sa lumi\u00e8re propre. Voil\u00e0, c\u2019est dit. Le \u00ab&nbsp;surromantisme&nbsp;\u00bb \u00e0 mon sens reste un projet. Il est actuel. Il \u00e9tait proph\u00e9tique alors que Cadou y songeait.<br>\u2026Ouvrir, ouvrir le mur, l\u2019ouvrir \u00e0 \u00ab&nbsp;la clart\u00e9 du jour&nbsp;\u00bb\u2026 \u2014 mais, qu\u2019elle est-elle, ou, Qui, cette \u00ab&nbsp;clart\u00e9&nbsp;\u00bb&nbsp;? Car, on le sait d\u00e9j\u00e0, il l\u2019a \u00e9crit&nbsp;: \u00ab&nbsp;Il faut remplir le vide, je ne dis pas le meubler. Qui meuble le vide le perd. \/[Il faut] Lui donner une \u00e2me. \/ La conscience donne une \u00e2me. \/ L\u2019intelligence la perd (NI, DLP, 15, 436).&nbsp;\u00bb Inlassablement, en po\u00e8te inscrit comme \u00e0 son insu dans l\u2019Histoire puis la post-historicit\u00e9, sacrifiant les meubles comme un Bernard Palissy dont, au reste, il se revendiquait, mais cherchant toujours \u00e0 sauver l\u2019espace d\u2019une alt\u00e9rit\u00e9 possible, Ren\u00e9 Guy Cadou poursuivra son projet, en faisant de la po\u00e9sie une arche, l\u2019avouant, une fois encore, architecture. Architecture&nbsp;? Concept donc de po\u00e9sie v\u00e9cue comme un monde habitable&nbsp;? Dans l\u2019ordre des conceptions existentialistes, structuralistes puis post-modernes, son cas, l\u00e0 encore, par la r\u00e9f\u00e9rence oblig\u00e9e qui, apr\u00e8s-guerre, en d\u00e9coule, ne va gu\u00e8re s\u2019en trouver que singuli\u00e8rement aggrav\u00e9&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Qui dit po\u00e9sie utile dit po\u00e9sie habitable. Si ma po\u00e9sie est inhabitable, o\u00f9 logerai-je ma descendance (UI, 94, 395)&nbsp;? [\u2026] Je ne vois jamais dans une maison que ses fen\u00eatres ouvertes. (UI, 77, 393).<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Entendons&nbsp;: ouvertes au \u00ab&nbsp;jour&nbsp;\u00bb, \u00e0 \u00ab&nbsp;la clart\u00e9 du jour. Avec cette m\u00e9taphore architecturale comment ne pas songer une fois encore \u00e0 H\u00f6lderlin, \u00e0 l\u2019id\u00e9alisme, et \u00e0 la pens\u00e9e pansophique&nbsp;? Non, la parent\u00e9 de Cadou avec la pens\u00e9e d\u2019Heidegger sur la po\u00e9tique ne va pas arranger ses affaires, sa post\u00e9rit\u00e9 imm\u00e9diate aupr\u00e8s des intellectuels, une certaine <em>intelligensia<\/em> parisiarque ayant confisqu\u00e9 le pouvoir et faisant r\u00e9gner une critique \u00e9rig\u00e9e en dogmes comme un terrorisme ath\u00e9e inquisitorial rempla\u00e7ant quasiment celui qu\u2019exer\u00e7ait jadis la Religion compromise avec le Pouvoir, ne va pas rater Cadou&nbsp;; mais les po\u00e8tes ont la vie dure, qui, vingt, trente ans, quarante ou cinquante ans apr\u00e8s leur mort se retirent \u00ab&nbsp;fortune faite&nbsp;\u00bb comme ironisait Jean Cocteau. Martin Heidegger, on le sait, dans un ouvrage c\u00e9l\u00e8bre publi\u00e9 en Allemagne en 1951, rassemblant quatre textes \u00e9crits de 36 \u00e0 43, <em>Erl\u00e4uterungen zu H\u00f6lderlin Dichtung<\/em>, au titre significatif puisqu\u2019en fran\u00e7ais il fut traduit sous le titre d\u2019<em>\u00c9claircissements<\/em>, a r\u00e9fl\u00e9chi dans un premier texte intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;H\u00f6lderlin ou l\u2019essence de la po\u00e9sie&nbsp;\u00bb, traduit et publi\u00e9 d\u00e8s 37 par Henri Corbin avec <em>Was ist Metaphysik<\/em> (un texte de 1929) \u00e0 cette id\u00e9e h\u00f6lderlinienne d\u2019une po\u00e9sie qui fonde \u00ab&nbsp;ce qui demeure&nbsp;\u00bb&nbsp;; il l\u2019a fait, comme le Char de \u00ab&nbsp;Seuls demeurent&nbsp;\u00bb (politiquement justifi\u00e9, lui, par son engagement arm\u00e9), de fa\u00e7on h\u00e9raclit\u00e9enne, \u00e0 la fa\u00e7on d\u2019un pr\u00e9-socratique, et, en cela fid\u00e8le \u00e0 son id\u00e9e du saut (<em>Sprung<\/em>) vers l\u2019origine (<em>Ursprung<\/em>) fondant l\u2019exp\u00e9rience premi\u00e8re \u00e0 la fois po\u00e9tique et pensante (<em>dichteng-denkend<\/em>)&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nb34\">34<\/a>], en concluant \u00e0 terme que c\u2019est po\u00e9tiquement que l\u2019homme habite la terre, et que nommer les choses, c\u2019est les \u00e9clairer d\u2019une lumi\u00e8re inaugurale. Habiter en po\u00e8te le monde, la nature, o\u00f9 H\u00f6lderlin voit \u00ab&nbsp;le visage de Dieu&nbsp;\u00bb et la po\u00e9sie comme \u00ab&nbsp;rayon divin resplendissant dans la parole humaine&nbsp;\u00bb, chercher comme il le chante dans ses Hymnes, dans son Hymne&nbsp;: \u00ab&nbsp;\u00e0 M\u00e8re la Terre&nbsp;\u00bb, la \u00ab&nbsp;b\u00e9atitude du pr\u00e9sent dans la beaut\u00e9 parfaite&nbsp;\u00bb&nbsp;: voil\u00e0 le projet po\u00e9tique h\u00f6lderlinien&nbsp;; c\u2019est aussi et de fait tout le projet cadouc\u00e9en. Pour Heidegger, le langage, \u00ab&nbsp;le plus dangereux de tous les biens&nbsp;\u00bb selon H\u00f6lderlin, a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 \u00e0 l\u2019homme pour que cr\u00e9ant et d\u00e9truisant, et retournant (<em>Wiederkehrend<\/em>) \u00e0 l\u2019\u00e9ternelle vivante, \u00e0 la M\u00e8re, il t\u00e9moigne du plus divin, de l\u2019amour qui conserve l\u2019univers. Ici, le mouvement int\u00e9rieur du po\u00e8me s\u2019oriente d\u00e8s le d\u00e9part vers le mot \u00ab&nbsp;Nature&nbsp;\u00bb [\u2026] en laquelle, dans son \u00ab&nbsp;Commentaire&nbsp;\u00bb du po\u00e8me d\u2019H\u00f6lderlin \u00ab&nbsp;Comme un jour de f\u00eate&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;<em>Wie wenn am Feiertage<\/em>&nbsp;\u00bb (1939), Heidegger voit la croissance et l\u2019ouverture, l\u2019\u00e9claircie et le retour en soi (<em>In-sich-zur\u00fcck-Gehen<\/em>) mouvement qui nomme la venue du sacr\u00e9 [\u2026] o\u00f9 le sacr\u00e9 \u00ab&nbsp;partage les souffrances d\u2019un dieu&nbsp;\u00bb&nbsp;; dans \u00ab&nbsp;<em>Andenken<\/em>&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Souvenir&nbsp;\u00bb, Heidegger parle du retour (<em>Heimkehr<\/em>) \u00e0 la Souabe \u2014 \u00ab&nbsp;la Souabe bienheureuse&nbsp;\u00bb \u2014 \u00ab&nbsp;rapatriement dans le propre&nbsp;\u00bb, dans l\u2019essence, le \u00ab&nbsp;<em>Wesen<\/em>&nbsp;\u00bb o\u00f9 \u00ab&nbsp;ce qui a \u00e9t\u00e9 se d\u00e9voile comme ce qui vient&nbsp;\u00bb, o\u00f9 le retour est \u00e0 venir (R<em>\u00fcckkunt als ein Zuk\u00fcnftiges<\/em>)&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nb35\">35<\/a>]. Habiter le monde en po\u00e8te, non en combattant, ainsi en est-il pour H\u00f6lderlin magistralement d\u00e9mont\u00e9 par le sulfureux Heidegger&nbsp;; ainsi en est-il pour Ren\u00e9&nbsp;; et, ce projet n\u2019est peut-\u00eatre rien moins que le \u00ab&nbsp;grand \u00e9lan&nbsp;\u00bb de la po\u00e9sie, un \u00ab&nbsp;<em>Grand \u00c9lan<\/em>&nbsp;\u00bb intemporel. La po\u00e9sie, la nature nomm\u00e9e et inaugur\u00e9e par la po\u00e9sie, sous la forme h\u00f6lderlinienne de l\u2019image sonore, \u00ab&nbsp;<em>T\u00f6nt<\/em>&nbsp;\u00bb (son rythm\u00e9 + image), est bien la maison du po\u00e8te pour lui, et la maison de tout un peuple&nbsp;; apr\u00e8s les maisons de l\u2019enfance chacune rendues \u00e0 l\u2019hiver, la seule, \u00ab&nbsp;[sa] Maison d\u2019\u00e9t\u00e9.&nbsp;\u00bb Aussi\u2026, ainsi, pour Cadou, \u00ab&nbsp;La po\u00e9sie [\u2026] s\u2019incrira[-t-elle, perp\u00e9tuelle] en filigrane dans la page, comme une onde \u00e0 longue port\u00e9e en plein ciel [\u2026](NI, 5, 418).&nbsp;\u00bb Et, Cadou \u2014 il le peut enfin&nbsp;! \u2014 synth\u00e9tise alors son projet, son \u00e9lan \u2014 en un aphorisme d\u00e9j\u00e0 \u00e9voqu\u00e9&nbsp;\u2014, focalise et concentre la lumi\u00e8re, toute la lumi\u00e8re qu\u2019il en a. \u00c9coutons \u00e0 nouveau l\u2019assertion lumineuse, ici resitu\u00e9e&nbsp;; \u00e9coutons pansophiquement&nbsp;; \u00e9coutons-le, mais de l\u2019\u0153il plut\u00f4t cette fois, ouvrir le mur, les murs, de son \u0152uvre-vitrail \u00e0 venir&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je ne con\u00e7ois d\u2019autre po\u00e8te que celui pour qui les choses n\u2019ont de r\u00e9alit\u00e9 que cette transparence qui sublimise l\u2019objet aim\u00e9 et le fait voir non pas tel qu\u2019il est dans sa carapace d\u2019os, de pulpe ou de silence, mais tel qu\u2019il virevolte devant la bille iris\u00e9e de l\u2019\u00e2me, cet \u0153il magique b\u00e9ant au fond de nous (UI, 31, 389).&nbsp;\u00bb *<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">UNE CONCEPTION PROPH\u00c9TIQUE<\/h3>\n\n\n\n<p>On le sait, Martin Heidegger, qui exalta une derni\u00e8re fois l\u2019id\u00e9alisme allemand pour officiellement l\u2019enterrer le fit avec une ambigu\u00eft\u00e9 qui le fit c\u00e9der \u2014 on ne peut que le supposer \u2014 par son attitude passive et son adh\u00e9sion coupable au parti nazi jusqu\u2019en 1945 aux sir\u00e8nes nostalgiques d\u2019un Herder ou d\u2019un Hamann, d\u2019un Nietzsche ou d\u2019un Wagner, singuli\u00e8rement revisit\u00e9s. En outre, bien des soldats de la <em>Wehrmacht<\/em>, voire des <em>Waffen S.S.<\/em>, partirent \u00e0 l\u2019assaut de l\u2019Europe avec un recueil d\u2019H\u00f6lderlin dans leur havresac, fourni par la <em>Propaganda Staffel<\/em>, par l\u2019Office de Propagande&nbsp;: il ne faut pas se voiler la face. On conna\u00eet tout le discr\u00e9dit persistant jet\u00e9 sur L\u2019\u0152uvre d\u2019Heidegger, discr\u00e9dit qui tr\u00e8s justement mais trop radicalement, trop aveugl\u00e9ment, s\u2019en suivit. Cadou, dans l\u2019inconscient de certains lecteurs, p\u00e2tit, on peut l\u2019envisager du moins, de l\u2019amalgame passag\u00e8rement d\u00e9sastreux avec la pens\u00e9e d\u2019une po\u00e9tique \u00e9tablie par le philosophe allemand. Passag\u00e8rement, oui, car s\u2019il est bien vrai que six millions de Juifs, un de Tziganes, un de politiques et de divers ne sont pas \u00ab&nbsp;un d\u00e9tail de l\u2019Histoire&nbsp;\u00bb&nbsp;: n\u2019y en aurait-il eu du reste qu\u2019un, qu\u2019un seul assassin\u00e9, ce n\u2019eut pas \u00e9t\u00e9 un d\u00e9tail bien s\u00fbr, il n\u2019en demeure pas moins que \u00ab&nbsp;po\u00e9tiquement pourtant, habite l\u2019homme sur cette terre&nbsp;\u00bb quand il choisit de l\u2019habiter plut\u00f4t que de la d\u00e9vaster, et, qu\u2019Heidegger par ses commentaires l\u2019a d\u00e9montr\u00e9 magistralement. M\u00eame \u00e0 Auschwitz, dans les camps d\u2019extermination \u2014 n\u2019en d\u00e9plaise \u00e0 Th\u00e9odore Adorno et \u00e0 Hermann Broch&nbsp;\u2014, dans les ge\u00f4les de Fresnes aussi avant les interrogatoires, dans le noir des cachots, on \u00e9crivait de la po\u00e9sie, on en disait pour \u00e9chapper \u00e0 la folie, on parlait parfois d\u2019esp\u00e9rance&nbsp;; comme Ren\u00e9 Guy Cadou, artisan de l\u2019espoir en l\u2019homme et son dernier \u00e9diteur, Pierre Seghers, l\u2019infatigable, le rappelait chaque fois qu\u2019il le pouvait, avec une ferveur sainement communicative. En r\u00e9sum\u00e9, s\u2019il est vrai qu\u2019Herder + Fichte = Hitler, que les grands messes nazies ponctu\u00e9es par les \u00e9lans d\u00e9miurges des orgues de lumi\u00e8re de Speer pr\u00e9tendirent c\u00e9l\u00e9brer le culte d\u2019une certaine id\u00e9alit\u00e9, d\u2019un moi d\u00e9miurge triomphant et d\u2019une puret\u00e9 de l\u2019\u00eatre suppos\u00e9e supr\u00eame, et, ce dans la ligne directe, sur la lanc\u00e9e d\u00e9monique de l\u2019id\u00e9alisme allemand&nbsp;; s\u2019il est vrai \u2014 et c\u2019est entendu \u2014 que dans cette logique effarante&nbsp;: l\u2019endroit le plus \u00ab&nbsp;romantique&nbsp;\u00bb du monde, \u00e0 terme, l\u2019expression topologique du Dasein o\u00f9 l\u2019on apprend \u00e0 \u00ab&nbsp;l\u2019<em>Untermensch<\/em>&nbsp;\u00bb, par exemple, soumis aux lois de \u00ab&nbsp;l\u2019<em>Ubermensch<\/em>&nbsp;\u00bb, que \u00ab&nbsp;le travail rend libre&nbsp;\u00bb, c\u2019est le camp d\u2019extermination&nbsp;; s\u2019il est vrai que \u00ab&nbsp;Monsieur Hitler&nbsp;\u00bb \u2014 comme le nommait Bernanos&nbsp;\u2014, dans sa dimension hyst\u00e9rique et d\u00e9miurge, est dans l\u2019expression du moi, le dernier des romantiques, le plus \u00ab&nbsp;pur&nbsp;\u00bb, le plus radical&nbsp;; il n\u2019en est pas moins vrai aussi que comme l\u2019affirmait le po\u00e8te Patrice de la Tour du Pin&nbsp;: \u00ab&nbsp;Tous les pays qui n\u2019ont pas de l\u00e9gende seront condamn\u00e9s \u00e0 mourir de froid.&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nb36\">36<\/a>]&nbsp;\u00bb Aucune soci\u00e9t\u00e9, pour vivre, ne peut faire l\u2019\u00e9conomie des ses chantres, d\u2019un vieux fond de mythologie que ses po\u00e8tes sont destin\u00e9s \u00e0 sans cesse revivifier, et, un monde o\u00f9 la provocation lyrique n\u2019a plus le droit de s\u2019exercer est un monde vou\u00e9 au d\u00e9clin, puis, \u00e0 terme, \u00e0 la barbarie. L\u2019id\u00e9alisme allemand a d\u00e9rap\u00e9 dans l\u2019horreur,\u2026 l\u2019id\u00e9alisme bolchevique a d\u00e9rap\u00e9 dans l\u2019horreur,\u2026 l\u2019id\u00e9alisme religieux a jadis d\u00e9rap\u00e9 dans l\u2019horreur aussi et d\u00e9rape encore aujourd\u2019hui dans la m\u00eame implacable horreur,\u2026 tout id\u00e9alisme doit-il pour autant s\u2019en trouver entach\u00e9, interdit \u00e0 jamais&nbsp;? Th\u00e9odore Adorno, Hermann Broch eurent raison de poser la question qui allait imposer non seulement un devoir de m\u00e9moire mais aussi un devoir de r\u00e9serve face \u00e0 tout id\u00e9alisme&nbsp;: \u00ab&nbsp;Que peut-on encore \u00e9crire apr\u00e8s Auschwitz&nbsp;?&nbsp;\u00bb La tr\u00e8s grande Annah Arendt eut raison d\u2019ajouter&nbsp;: apr\u00e8s Hiroshima et Auschwitz, apr\u00e8s la d\u00e9couverte du goulag, pour \u00eatre exhaustive. Cependant, comme le jeune Claudel, en 1886, qui, pour mieux marquer le contraste entre l\u2019\u00e9poque o\u00f9 il d\u00e9couvrait dans <em>La Vogue<\/em> <em>Les Illuminations<\/em> de celui qu\u2019il allait d\u00e9sormais nommer \u00ab&nbsp;le mystique en libert\u00e9&nbsp;\u00bb et ce texte \u00e9chevel\u00e9, pouvait s\u2019\u00e9crier ironique et scandalis\u00e9 pour fustiger la pesanteur d\u2019un positivisme \u00e9tabli en r\u00e8gle&nbsp;: \u00ab&nbsp;Renan r\u00e9gnait&nbsp;\u00bb, n\u2019allons-nous pas devoir nous aussi et pour r\u00e9sumer les cinquante ann\u00e9es d\u2019apr\u00e8s guerre o\u00f9 fleurirent \u00e0 la fois \u2014 <em>Fleurs du Mal<\/em>&nbsp;? \u2014 l\u2019existentialisme, le structuralisme, la pens\u00e9e post-moderne et cette po\u00e9sie d\u2019intellectuels se refusant \u00e0 tout lyrisme comme \u00e0 la vertu des \u00ab&nbsp;oracles&nbsp;\u00bb (au sens rimbaldien du terme), \u00e0 notre tour pousser un cri lib\u00e9rateur, pour tourner enfin en partie le dos au pass\u00e9 qui nous p\u00e9trifie&nbsp;: \u00ab&nbsp;Arendt r\u00e9gnait&nbsp;!&nbsp;\u00bb \u00c9teignons les cendres de l\u2019\u00e8re du soup\u00e7on&nbsp;: il faudra bien qu\u2019on s\u2019y d\u00e9cide. Cadou (et j\u2019insiste \u00e0 dessein) n\u2019annon\u00e7ait-il pas bien trop t\u00f4t, comme un possible, un retour \u00e0 l\u2019id\u00e9alisme, bref un retour \u00e0 l\u2019utopie&nbsp;?\u2026 L\u2019histoire imm\u00e9diate, ou m\u00eame \u2014 qui sait&nbsp;?&nbsp;\u2014, le retour de L\u2019Histoire le dira bient\u00f4t.<br>Compagnon de route paradoxal de la pens\u00e9e marxiste, Cadou qui toute sa vie, garda le \u00ab&nbsp;Grand \u00c9lan&nbsp;\u00bb d\u2019un esprit militant tel qu\u2019il put exister un temps en 1936, Cadou a rat\u00e9 son critique&nbsp;: Walter Benjamin&nbsp;; car Walter Benjamin, le grand marginal de la critique officielle, est le seul qui ait su r\u00eaver, ne reniant jamais sa croyance dans le pouvoir magique du langage, un \u00ab&nbsp;mat\u00e9rialisme avec des anges&nbsp;\u00bb. Alliant th\u00e9ologie et marxisme, associant \u00e0 la fois la pens\u00e9e de Schlegel et d\u2019Hamann, le n\u00e9o-kantisme et la th\u00e9orie du d\u00e9clin, ami de Karl Schmidt,\u2026 m\u00eame lorsqu\u2019il adopta sous l\u2019influence d\u2019Adorno un ath\u00e9ologisme radical et se d\u00e9voua au Politique, h\u00e9ritier d\u2019H\u00f6lderlin et de Novalis lui aussi, l\u2019Allemand puis l\u2019\u00c9migr\u00e9, le \u00ab&nbsp;Juif&nbsp;\u00bb traqu\u00e9, m\u00eame au plus fort du d\u00e9sespoir, ne renia jamais la dimension messianique de la po\u00e9sie, du langage, sa croyance en la toute puissance d\u2019\u00e9vocation, d\u2019invocation de la langue litt\u00e9raire. Qu\u2019est-ce \u00e0 dire&nbsp;? Que dans cette \u00ab&nbsp;langue ni vivante ni morte que peu de personnes parlent et que peu de personnes entendent&nbsp;\u00bb ainsi que la nommait Cocteau dans son <em>Testament d\u2019Orph\u00e9e<\/em> (1960), les lecteurs per\u00e7oivent davantage peut-\u00eatre quelque chose qui bruit, les d\u00e9passe, les pr\u00e9c\u00e8de et les annonce en leur futur, que ce qu\u2019ils y lisent&nbsp;; et, c\u2019est cela la po\u00e9sie, qui rend les lecteurs cr\u00e9ateurs aussi en leur permettant d\u2019affirmer ainsi leur dignit\u00e9, en les haussant jusqu\u2019\u00e0 l\u2019id\u00e9e cadouc\u00e9enne de \u00ab&nbsp;m\u00e9morabilit\u00e9&nbsp;\u00bb, qui \u00ab&nbsp;est une gr\u00e2ce, et ne peut \u00eatre pr\u00e9m\u00e9dit\u00e9e&nbsp;\u00bb&nbsp;; cette \u00ab&nbsp;gr\u00e2ce&nbsp;\u00bb est le t\u00e9moin rayonnant, r\u00e9v\u00e9lateur de transparence, d\u2019une \u00ab&nbsp;commune pr\u00e9sence&nbsp;\u00bb au monde qui se partage, qui se transmet, qui perdure&nbsp;; cette \u00ab&nbsp;m\u00e9morabilit\u00e9&nbsp;\u00bb qui n\u2019est rien d\u2019autre pour Cadou, de fait, que le temps du sacrifice, d\u2019un sacrifice qui nous consacre, eucharistique, et, transcende en un partage radical mais profond\u00e9ment humaniste&nbsp;: et la part d\u2019horreur de la condition humaine, et la souffrance n\u00e9e du Mal, mais pour rappeler inlassable notre marche vers un meilleur. Qu\u2019aurait pens\u00e9 Walter Benjamin de L\u2019\u0152uvre de Ren\u00e9 Guy Cadou&nbsp;? Autre question. Majeure&nbsp;? Qui sait&nbsp;? Aux lecteurs de les confronter dans ce hors-temps qu\u2019est la lecture, sur ce belv\u00e9d\u00e8re ph\u00e9nom\u00e9nologique du \u00ab&nbsp;Verbe&nbsp;\u00bb qui permet enfin le recul.<br>Lucide et m\u00e9fiant \u00e0 l\u2019\u00e9gard de tout intellectualisme pontifiant, fuiant un certain Paris litt\u00e9raire ou tout est pari et mode, il semble que Cadou ait eu l\u2019intuition des tribulations que devait conna\u00eetre sa post\u00e9rit\u00e9 imm\u00e9diate&nbsp;: les cinquante ann\u00e9es souvent rituelles en France de mise au placard. Comme pour r\u00e9pondre par avance \u2014 et comme s\u2019il le pr\u00e9voyait persistant \u2014 \u00e0 ce doute radical pos\u00e9 sur l\u2019id\u00e9alisme, \u00e0 ce reproche qu\u2019on ne manquerait pas perfide et jaloux de lui adresser, comme pour ob\u00e9ir \u2014 au moins une fois ob\u00e9ir \u2014 \u00e0 l\u2019urgence en lui comme <em>en soi, \u00ab&nbsp;an sich&nbsp;\u00bb<\/em> de la d\u00e9finition, Cadou \u00e9crit et Cadou r\u00e9pond par un mot&nbsp;: sa croyance \u00e0 L\u2019Art, \u00e0 \u00ab&nbsp;[\u2026] Un Art, c\u2019est-\u00e0-dire une chose \u00e9minemment terrestre (ce qu\u2019on oublie) repr\u00e9sentation d\u2019adieu d\u2019une \u00e2me en qu\u00eate de son destin (NI, DLP, 1, 434).&nbsp;\u00bb Comme pour expliquer alors apr\u00e8s le pourquoi, le comment d\u2019un tel destin, d\u2019une telle repr\u00e9sentation , le comment, le pourquoi enfin de l\u2019adieu d\u2019une telle \u00e2me, pour tout dire en un mot encore, pour dire, tenter de dire, comment cette hypostase \u00e9trange se communique, il poursuit (et je reviens encore \u00e0 cet aphorisme essentiel)&nbsp;: \u00ab&nbsp;Il faut remplir le vide, je ne dis pas le meubler. Qui meuble le vide le perd. \/ Lui donner une \u00e2me. \/ La conscience donne une \u00e2me. \/ L\u2019intelligence la perd (NI, DLP, 15, 436).&nbsp;\u00bb Il conclut dans l\u2019universel, pour tout artiste et pour lui seul, d\u00e9signant l\u2019autre en lui, \u00ab&nbsp;Le Grand Autre&nbsp;\u00bb \u2014 qu\u2019il soit r\u00e9el ou utopique&nbsp;\u2014, il se confond par conviction, par nature, \u00e0 la grande interrogation qui le creuse&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Une question de vie ou de mort pour lui m\u00eame et pour son \u0153uvre [\u2026](LLDS, 90, 410). La cr\u00e9ation po\u00e9tique est \u00e0 proprement parler une Passion, c\u2019est assez dire par l\u00e0 le peu de cas qu\u2019elle fait du calvaire, de la crucifixion et de la renomm\u00e9e. Elle n\u2019est pas dirig\u00e9e dans l\u2019espoir d\u2019une survie, elle dans son sommet cette survie m\u00eame (LLDS, 42, 403). Tout se passe comme si une volont\u00e9 sup\u00e9rieure avait pr\u00e9alablement choisi (UI, 13, 387).<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Ainsi, en r\u00e9sum\u00e9, pour soutenir mon plaidoyer, il s\u2019agit bien, comme j\u2019ai tent\u00e9 de le faire, de montrer comment, pris dans les \u00ab&nbsp;hauts murs&nbsp;\u00bb d\u2019une \u00ab&nbsp;vie&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nb37\">37<\/a>]&nbsp;\u00bb qui se d\u00e9fait comme cern\u00e9e de vies d\u00e9j\u00e0 d\u00e9faites&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nb38\">38<\/a>], \u00ab&nbsp;\u00e2me&nbsp;\u00bb \u00ab&nbsp;appuy\u00e9[e][\u2026] contre le ciel [,] avec toute la vie derri\u00e8re [lui]&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nb39\">39<\/a>]&nbsp;\u00bb, et, bient\u00f4t \u00ab&nbsp;fusill\u00e9 par les soldats de Dieu&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nb40\">40<\/a>]&nbsp;\u00bb, d\u00e8s lors riche de la conscience de \u00ab&nbsp;n\u2019\u00e9chappe[r] \u00e0 aucune balle (LLDS, 78, 408)&nbsp;\u00bb, Cadou entend ouvrir porte et fen\u00eatre, Cadou entend faire ouverture&nbsp;: ouverture \u00e0 une autre vie, ouverture \u00e0 \u00ab&nbsp;La Vie r\u00eav\u00e9e&nbsp;\u00bb qu\u2019il sait, elle seule, immanente, comme une juste transcendance \u00e0 l\u2019envers du monde&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nb41\">41<\/a>] appel\u00e9 \u00ab&nbsp;r\u00e9el&nbsp;\u00bb. \u00c9crire, cr\u00e9er, en somme, c\u2019est ouvrir un passage, un passage vers l\u2019\u00e9ternit\u00e9, ou, au moins vers ce que Cadou nomme \u00ab&nbsp;la m\u00e9morabilit\u00e9 [qui] est une gr\u00e2ce [et] ne peut \u00eatre pr\u00e9m\u00e9dit\u00e9e (LLDS, 10, 399)\u2026&nbsp;\u00bb Bref, le tenter. Annonciateur d\u2019une po\u00e9sie du futur, tout l\u2019univers cadouc\u00e9en se situe peut-\u00eatre, pr\u00e9cis\u00e9ment, dans ce passage au coeur m\u00eame de l\u2019immanence vers une transcendance \u00e9blouie parce qu\u2019inesp\u00e9r\u00e9e (esp\u00e9r\u00e9e dans l\u2019inesp\u00e9r\u00e9, devrais-je dire&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nb42\">42<\/a>]), o\u00f9 une exaltation panth\u00e9iste, ponctuellement franciscaine, voire bien plus souvent pansophique, et, \u00ab&nbsp;surromantique&nbsp;\u00bb je l\u2019ai dit, coexiste avec la rigueur sceptique et fait de Cadou \u2014 mais en apparence, et, en apparence seulement&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nb43\">43<\/a>] \u2014 l\u2019anti-gnostique par excellence, par l\u2019excellence m\u00eame de sa douleur et de sa fa\u00e7on d\u2019y r\u00e9pondre, c\u2019est dire&nbsp;: imperturbablement, avec l\u2019assise solide d\u2019un terrien du sentiment solidement camp\u00e9 dans la glaise du coeur, voulant que \u00ab&nbsp;[le] nom de Cadou demeure comme un bruissement d\u2019eau claire sur les cailloux.&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nb44\">44<\/a>]&nbsp;\u00bb \u00ab&nbsp;\u00c0 genoux dans le lit boueux de la journ\u00e9e&nbsp;\u00bb, d\u2019un amour d\u2019autrui et de l\u2019autre qu\u2019il entend vivre au quotidien, \u00ab&nbsp;raclant le sol de [ses] deux mains \/ Comme les chercheurs de beaut\u00e9&nbsp;!&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nb45\">45<\/a>]&nbsp;\u00bb c\u2019est cette ouverture que Cadou \u00e9taye sans cesse. Partout o\u00f9 Cadou \u0153uvre, Cadou fera fen\u00eatre, fen\u00eatre-porte, cr\u00e9era l\u2019ouverture n\u00e9cessaire \u00e0 la lumi\u00e8re et \u00e0 l\u2019air d\u2019un au-del\u00e0 dans l\u2019au-dedans et l\u2019au-dehors et leur va et vient permanent. Ouverture n\u2019est pas b\u00e9ance, ouverture n\u2019est plus b\u00e9ance, et, si b\u00e9ance il y avait, Cadou l\u2019habille de couleurs, de ses couleurs r\u00eav\u00e9es, de bleu. Dans le mur perc\u00e9 du doute et de la mati\u00e8re, ce que recherche Cadou, c\u2019est \u00ab&nbsp;[\u2026] cette ligne d\u2019\u00e2me qui d\u00e9limite et grandit son objet (LLDS, 57, 405)&nbsp;\u00bb mais qui cerne le doute et rend le doute ouvert.<br>Un peu comme le peintre Zen qui recherche le trait ultime qui fait du plein avec le vide et mieux du vide avec le plein de la nudit\u00e9 celle du papier de riz ou du carr\u00e9 de soie de la r\u00e9alit\u00e9, Cadou dessine dans la mati\u00e8re de la condition humaine plus \u00e9paisse, de beaucoup plus lourde pour lui, \u2014 celle des corps, des chocs et des choses, celle de la douleur comme de la joie&nbsp;\u2014, Cadou s\u2019invente, avec \u00ab&nbsp;la foi d[\u2019un] charbonnier&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nb46\">46<\/a>]&nbsp;\u00bb, d\u2019un b\u00e2tisseur de cath\u00e9drale qui d\u00e9fie l\u2019\u00e9ph\u00e9m\u00e8re mais loue sa gr\u00e2ce \u00e9vanescente, le vitrail id\u00e9al que r\u00eavait Baudelaire&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nb47\">47<\/a>] avec l\u2019art achev\u00e9 du Ma\u00eetre verrier de Chartres. Par le miracle de l\u2019amour, il se fait d\u00e8s lors inventeur d\u2019un certain \u00ab&nbsp;bleu&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nb48\">48<\/a>]&nbsp;\u00bb, sachant que, parmi les secrets de compagnonnage du po\u00e8te figure celui-ci, arcane majeur&nbsp;: dans les \u00ab&nbsp;besognes bleues&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nb49\">49<\/a>]&nbsp;\u00bb du cr\u00e9ateur, le gris pr\u00e9c\u00e8de le bleu, le gris, toujours&nbsp;: celui de la condition humaine et de sa trag\u00e9die, de sa passion \u2014 c\u2019est l\u00e0 le myst\u00e8re divin ou peut-\u00eatre \u00ab&nbsp;humain trop humain&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nb50\">50<\/a>]&nbsp;\u00bb \u2014 \u00ab&nbsp;le gris est en avance sur le bleu (NI, DLP, 10, 435).&nbsp;\u00bb<br>Interroger, interroger la transparence cadouc\u00e9enne, sa nature et son origine,\u2026 amener un peu \u00e0 la transparence d\u2019un vitrail ce secret, voire le porter \u2014 un peu \u2014 \u00e0 l\u2019incandescence\u2026&nbsp;: n\u2019est-ce pas l\u00e0 l\u2019objet inconscient ou secret d\u2019un public de plus en plus vaste depuis vingt ans qui nous rappelle qui si le XXe si\u00e8cle, selon l\u2019avis de Marcel Duchamp, fut le fr\u00e8re jumeau du XVIIIe si\u00e8cle, apr\u00e8s les lumi\u00e8res du structuralisme et le soleil noir du postmodernisme qui ont fini par lasser, se profile peut-\u00eatre un \u00ab&nbsp;surromantisme&nbsp;\u00bb plus conforme aux go\u00fbts du public de masse, dont Cadou et son groupe furent les pr\u00e9curseurs visionnaires. Non, la R\u00e9volution, l\u2019utopie&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nb51\">51<\/a>] n\u2019est pas au placard de fa\u00e7on d\u00e9finitive. Apr\u00e8s la s\u00e9cheresse certaine d\u2019un certain intellectualisme de plus en plus incertain, serait-ce le grand retour de la provocation lyrique&nbsp;? Qui vivra verra. Mais, il demeure qu\u2019avec Ren\u00e9, avec Cadou rena\u00eet un certain \u00ab&nbsp;bleu&nbsp;\u00bb\u2026<br>\u00ab&nbsp;\u00c0 quoi bon des po\u00e8tes dans ces jours de mis\u00e8re&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nb52\">52<\/a>]&nbsp;?&nbsp;\u00bb questionnait le path\u00e9tique Hyp\u00e9rion, r\u00eavant d\u2019un temps prochain o\u00f9 \u00ab&nbsp;les dieux reviendr[aient] sur terre.&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nb53\">53<\/a>]&nbsp;\u00bb Sous quelle forme reviendront-ils&nbsp;? Peuvent-ils revenir&nbsp;? Reviennent-ils donc&nbsp;? Ce sera \u2014 n\u2019est-ce pas trop vaticiner d\u00e9j\u00e0 que d\u2019oser l\u2019affirmer&nbsp;? \u2014 l\u2019une des grandes questions, questions-prismes pour d\u00e9composer par ses multiples facettes la lumi\u00e8re d\u2019un si\u00e8cle naissant. \u2014 Mystique&nbsp;?\u2026 \u00ab&nbsp;Bleu&nbsp;\u00bb en tous cas.<\/p>\n\n\n\n<p>Jean-Louis CLO\u00cbT, 24\/I\/2001.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>APOSTILLE d\u2019humeur et d\u2019humour lib\u00e9ratrice<\/strong> (pour \u00ab\u00a0se faire des amis\u00a0\u00bb, si besoin \u00e9tait, dans \u00ab\u00a0le milieu\u00a0\u00bb)&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab&nbsp;Au Grand Chic Parisien&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Dernier livre d\u2019un universitaire que nous ne nommerons pas&nbsp;: apr\u00e8s la mort de Dieu, la mort de l\u2019art, la mort de l\u2019homme\u2026 voici \u2014 enfin&nbsp;! nous les attendions dans l\u2019exaltation, avec l\u2019impatience de \u00ab&nbsp;l\u2019avant-garde&nbsp;\u00bb \u2014 la mort de l\u2019auteur, la mort de l\u2019\u0153uvre, la mort du lecteur. \u00c0 mon tour, pour c\u00e9der \u00e0 la mode d\u00e9finie par les boutiquiers tenanciers du \u00ab&nbsp;Grand Chic Parisien&nbsp;\u00bb, \u00e0 la surench\u00e8re des \u00ab&nbsp;petites morts&nbsp;\u00bb depuis Nietzsche, qu\u2019il me soit permis d\u2019ajouter la derni\u00e8re n\u00e9e (de plus en plus incontestable celle-l\u00e0)&nbsp;: la mort du critique.<br>Faut-il en pleurer ou en rire&nbsp;?\u2026 Que penser de tous ces nouveaux bien-pensants \u2014 universitairement corrects et si dipl\u00f4m\u00e9s&nbsp;!\u2026 \u2014 qui, comme des chiens savants r\u00e9p\u00e8tent que l\u2019humanisme est mort en ne voyant pas qu\u2019ils font le jeu du capitalisme sournois triomphant pour l\u2019heure, et qu\u2019ils ouvrent la voie \u00e0 une exploitation sauvage, effr\u00e9n\u00e9e, sans limite, de l\u2019homme par l\u2019homme, sans qu\u2019il n\u2019y ait plus de contestation puisque celle-ci se fondait pr\u00e9cis\u00e9ment sur l\u2019humanisme. Quant \u00e0 l\u2019Histoire&nbsp;: \u00eates-vous si s\u00fbrs, messieurs, qu\u2019elle ne reviendra pas et qu\u2019elle est morte&nbsp;? Pauvres amis innocents&nbsp;! L\u2019Histoire revient et elle vous pi\u00e9tinera tous sans m\u00eame s\u2019en apercevoir. Il y a les th\u00e9ories de M.&nbsp;Jean-Fran\u00e7ois Lyotard, et ce que ses commentateurs et certains de ses suiveurs en ont fait. C\u2019est toujours la m\u00eame histoire. Marx en sait quelque chose, comme J\u00e9sus Christ ou Mahomet.<br>Cadou&nbsp;? L\u2019Allemagne et la Bretagne, qui, soudain, se conjuguent par-del\u00e0 la \u00ab&nbsp;mati\u00e8re de Bretagne&nbsp;\u00bb, comme Wolfram von Eschenbach (1170-1220) chante un \u00ab\u00a0revenez-y\u00a0\u00bb de Tristan, Cadou chante un \u00ab\u00a0revenez-y\u00a0\u00bb de Novalis et d\u2019H\u00f6lderlin. De Goethe \u00e0 Bergson, la th\u00e9orie de l\u2019\u00e9lan vital (l\u2019\u00e2me du monde) contest\u00e9e depuis Darwin et aujourd\u2019hui Jean-Pierre Changeux. Dans la lutte pour le renouveau du lyrisme et de l\u2019art \u2014 que Jean-Michel Maulpoix s\u2019entend apparemment \u00e0 confisquer en devenant le \u00ab&nbsp;Monsieur Lyrisme&nbsp;\u00bb fran\u00e7ais bien conforme quand m\u00eame \u00e0 l\u2019<em>establishment<\/em> post-moderne \u2014 Cadou est un cheval de bataille pour moi.<br>Dans le tout prochain num\u00e9ro de <em>Polaire<\/em>, qui para\u00eetra en septembre, portera sur le th\u00e8me&nbsp;: \u00ab&nbsp;Humour fin de mill\u00e9naire&nbsp;\u00bb&nbsp;; ce num\u00e9ro se montrera assez critique quant \u00e0 ce qui est de l\u2019\u00e9tat de l\u2019Europe \u00e9conomique et politique actuelle \u2014 ces deux aspects \u00e9tant de plus en plus m\u00eal\u00e9s, puisque le politique s\u2019efface de plus en plus au profit de l\u2019\u00e9conomique, auquel, plus que jamais, il semble pieds et poings li\u00e9s \u2014&nbsp;; fid\u00e8le \u00e0 la tradition du Groupe Lazuriste, dont <em>Polaire<\/em> est l\u2019organe, le num\u00e9ro \u00ab&nbsp;Humour fin de mill\u00e9naire&nbsp;\u00bb, dont le rire sera tr\u00e8s \u00ab&nbsp;bleu&nbsp;\u00bb, posera la question pour lui capitale du manque d\u2019utopie et d\u2019id\u00e9al \u2014 h\u00e9g\u00e9lien ou pas \u2014 qui caract\u00e9rise notre soci\u00e9t\u00e9 lib\u00e9rale avanc\u00e9e o\u00f9 le capitalisme sauvage semble \u00e0 nouveau en passe de triompher avec la complicit\u00e9 involontaire des tenants exalt\u00e9s et cabriolants du postmodernisme. Pourquoi complices&nbsp;? Parce que tenants tenaces, tout avenir gel\u00e9 par leur pr\u00e9tention \u00e0 rester ind\u00e9fectiblement les ma\u00eetres, alors m\u00eame que leur temps \u00ab\u00a0historique\u00a0\u00bb est accompli dans l\u2019histoire de la pens\u00e9e, incapables d\u2019\u00eatre eux-m\u00eames, vis \u00e0 vis d\u2019eux-m\u00eames \u00ab&nbsp;post-modernes&nbsp;\u00bb, ils s\u2019opposent \u00e0 tout retour vers un quelconque id\u00e9alisme, vers, en somme, un quelconque espoir, d\u2019avance d\u00e9nonc\u00e9 comme un leurre obsc\u00e8ne. Hegel n\u2019a pas tout dit. L\u2019id\u00e9alisme allemand, europ\u00e9en, n\u2019a pas pour aboutissement logique et syst\u00e9matique l\u2019horreur absolue d\u2019Auschwitz, m\u00eame si je pense que le capitalisme, lui, m\u00e8ne, immanquablement \u00e0 la logique d\u2019Hiroshima.<br>Nous, Lazuristes, nous pensons, unanimement, que les derniers tenanciers du \u00ab&nbsp;postmodernisme&nbsp;\u00bb de masse, de matraquage, ont tort de s\u2019obstiner, qu\u2019ils se trompent, qu\u2019ils nous trompent, que l\u2019\u00e9poque et le mouvement secret et profond des mentalit\u00e9s, des attentes de la jeunesse leur donne irr\u00e9vocablement tort&nbsp;; c\u2019est une question non plus de d\u00e9cennies cette fois, mais d\u2019ann\u00e9es, voire de mois. Non, le concept m\u00eame de \u00ab&nbsp;Dieu&nbsp;\u00bb n\u2019a pas tout dit, comme l\u2019annon\u00e7ait Nietzsche d\u00e8s janvier 1889 (m\u00eame pour d\u2019anciens communistes)&nbsp;! Non, le concept \u00ab&nbsp;homme&nbsp;\u00bb n\u2019est pas mort&nbsp;! n\u2019en d\u00e9plaise \u00e0 Michel Foucault, et, surtout aux tenants d\u2019un structuralisme extr\u00e9miste qui s\u2019en suivit&nbsp;! Oui, il existe encore des lecteurs, et des auteurs, et des \u0153uvres\u2026 bien vivantes&nbsp;! n\u2019en d\u00e9plaise \u00e0 MM.&nbsp;Fraisse &amp; Mouralis&nbsp;! Oui, l\u2019id\u00e9e m\u00eame de marxisme, sans doute, n\u2019a pas encore tout dit&nbsp;; apr\u00e8s tout le catholicisme a eu deux mille ans pour faire ses preuves, le communisme, lui, n\u2019en a eu que soixante-dix. Qu\u2019est-ce que soixante-dix ans dans L\u2019Histoire&nbsp;? Une p\u00e9rip\u00e9tie, m\u00eame si les quatre-vingt millions de morts du communisme ne seront jamais un d\u00e9tail de L\u2019histoire. Une seule victime, \u00e0 elle seule, n\u2019est pas, ne sera jamais un d\u00e9tail.<br>Face \u00e0 une pens\u00e9e post-moderne verrouill\u00e9e \u00e0 l\u2019extr\u00eame, qui interdit tout recours, qui se fige et vitrifie tout, nous, Lazuristes, entendons faire de la r\u00e9sistance, opposer une r\u00e9sistance, avec l\u2019esprit d\u2019une sorte de \u00ab&nbsp;<em>Sturm und Drang<\/em>&nbsp;\u00bb renaissant, si n\u00e9cessaire m\u00eame avec h\u00e9g\u00e9lianisme, en cherchant \u00e0 cr\u00e9er du neuf, au-del\u00e0. Mais, tout au-del\u00e0 a en-de\u00e7a, comme tout fleuve a sa source. Reparlons d\u2019abord des sources. Vive la Pansophie h\u00f6lderlinienne, par exemple&nbsp;! Vivent les \u00e9lans qui transcendent la mort, d\u00e9passent le n\u00e9ant, d\u2019un Novalis&nbsp;! Vivent les d\u00e9lires mystico-chamanniques d\u2019un Antonin Artaud, repris \u00e0 sa suite par un Daumal traduisant les <em>Upanishads<\/em> de la <em>Bagavad-Gita<\/em>. Et pourquoi pas une dialectique d\u00e9passant les mots par l\u2019esprit, si elle peut nous exorciser du d\u00e9sespoir n\u00e9 partout d\u2019un monde o\u00f9 ne s\u2019arborent plus, sans honte, que les tristes banni\u00e8res d\u2019un capitalisme archa\u00efque, lui&nbsp;! \u2014 \u00f4 combien&nbsp;! \u2014 qui retourne de plus en plus \u00e0 l\u2019\u00e9tat sauvage et opprime, partout, o\u00f9 il sent qu\u2019on ne lui oppose plus de r\u00e9sistance.<br>L\u2019esprit de 1968 dans ce qu\u2019il avait de plus libre et peut-\u00eatre de meilleur&nbsp;: cet appel vers une transcendance, vers un m\u00e9lange des cultures, vers un syncr\u00e9tisme dynamique des cultures et des religions, n\u2019est peut-\u00eatre pas tout \u00e0 fait mort. Si nous sommes bien conscient qu\u2019un certain id\u00e9alisme n\u00e9 de la d\u00e9composition du romantisme allemand (Herder + Fichte = Hitler) faisant dans le pr\u00eat-\u00e0-penser nous a fait basculer dans le pr\u00eat-\u00e0-d\u00e9porter, dans l\u2019horreur totale d\u2019une \u00ab&nbsp;solution&nbsp;\u00bb d\u2019un probl\u00e8me r\u00eav\u00e9 par des fous et qui de surcro\u00eet se pr\u00e9tend \u00ab&nbsp;finale&nbsp;\u00bb, il est bien \u00e9vident qu\u2019on doit encore penser, qu\u2019il faut encore penser, lire, \u00e9crire, cr\u00e9er apr\u00e8s Auschwitz&nbsp;! D\u2019autant plus lire, penser, cr\u00e9er, \u00e9crire, apr\u00e8s un tel d\u00e9sastre. N\u2019en d\u00e9plaise \u00e0 Th\u00e9odore Adorno et \u00e0 Hermann Broch&nbsp;! N\u2019en d\u00e9plaise m\u00eame \u00e0 Annah Arendt&nbsp;! L\u2019humanisme n\u2019est pas mort. Il n\u2019est pas m\u00eame entach\u00e9 par les \u00e9lucubrations nazies.<br>Il doit bien exister un id\u00e9alisme critique possible, un id\u00e9alisme conscient&nbsp;; sinon c\u2019est \u00e0 d\u00e9sesp\u00e9rer \u00e0 jamais de l\u2019humanit\u00e9. Bien \u00e9videmment, le groupe Lazuriste n\u2019est pas une secte, mais \u2014 si modeste soit-il \u2014 plut\u00f4t un groupe d\u2019anars humanistes et id\u00e9alistes, qui n\u2019est pas sans rapport \u2014 toutes proportions gard\u00e9es, bien s\u00fbr&nbsp;! \u2014 avec nos a\u00een\u00e9s du \u00ab&nbsp;Grand Jeu&nbsp;\u00bb, de \u00ab&nbsp;L\u2019\u00c9cole de Rochefort&nbsp;\u00bb, et, malgr\u00e9 sa haine du sacr\u00e9, du groupe de <em>La Tour de Feu<\/em>&nbsp;; ceci pour mieux situer le territoire&nbsp;: cela fait d\u00e9j\u00e0 une belle aire de jeu, non&nbsp;? <em>Polaire<\/em> fustige et poursuit de ses lazzis toutes les formes de fascisme, o\u00f9 qu\u2019ils se cachent.<br>La vie n\u2019\u00e9pargne personne&nbsp;: nous sommes tous en sursit. Heureusement, il y a l\u2019art, la po\u00e9sie, pour enchanter tout cela. Je me souviens que Pierre Seghers aimait \u00e0 citer cette phrase du po\u00e8te f\u00e9librige Th\u00e9odore Aubanel&nbsp;: \u00ab&nbsp;Qui chante son mal l\u2019enchante&nbsp;\u00bb&nbsp;; la phrase est belle, parce qu\u2019elle est juste&nbsp;; je ne l\u2019ai jamais oubli\u00e9e&nbsp;: elle est une fid\u00e8le amie. Aux \u00e2mes&nbsp;! citoyens&nbsp;! Ayons du c\u0153ur au ventre si le c\u0153ur a pris trop de ventre. Merci de tout c\u0153ur \u00e0 ceux qui voudront bien contribuer \u00e0 l\u2019effort de guerre contre la b\u00eatise et le d\u00e9sespoir mat\u00e9rialiste et capitaliste ambiant, de plus en plus pesant&nbsp;; bref, grand merci pour toute contribution \u00e0 la pens\u00e9e qui tr\u00e8s r\u00e9solument d\u00e9vie de celle impos\u00e9e par l\u2019<em>establishment<\/em>, puisqu\u2019elle agite de br\u00fblantes interrogations, plus que jamais d\u2019actualit\u00e9, en effet. Les commentaires de commentaires de commentaires de commentaires servent depuis trop longtemps de pens\u00e9e \u00e0 ceux qui confondent par esprit d\u2019int\u00e9r\u00eat, de lucre, \u00ab&nbsp;tenir les cordons du po\u00eale&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;tenir la queue de la po\u00eale&nbsp;\u00bb. Le torchon br\u00fble&nbsp;! Pauvre Jean-Fran\u00e7ois Lyotard&nbsp;! qu\u2019ont-ils fait de votre \u201cpens\u00e9e\u201d&nbsp;?\u2026 Ce galimatias post-moderne sous lequel nous crevons tous l\u2019avez-vous ontologiquement voulu&nbsp;? En v\u00e9rit\u00e9, je vous le dis, mon fr\u00e8re&nbsp;: j\u2019en doute. R\u00eavant la r\u00e9demption pour tous, j\u2019ai sans doute tort.<\/p>\n\n\n\n<p>J.L.C., en ce 18\/IV\/2001.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p>Cet article, qui est un article d\u2019humeur par sa dimension pol\u00e9mique, n\u2019engage que ma responsabilit\u00e9. Pour avoir une vision plus d\u00e9tach\u00e9e de mon objet, je reporte mon lecteur aux <em>Actes du Colloque<\/em> organis\u00e9 par l\u2019Universit\u00e9 de Nantes en 1998 et r\u00e9unis par Daniel Briolet, R\u00e9gis Miannay, Christian Robin&nbsp;: <em>Un po\u00e8te dans le si\u00e8cle, Ren\u00e9 Guy Cadou<\/em>, Nantes, \u00e9d. Joca seria, 1989. J\u2019y ai apport\u00e9 tr\u00e8s modestement ma contribution&nbsp;: \u00ab&nbsp;D\u2019une \u00ab\u00a0esth\u00e9tique du vitrail\u00a0\u00bb, ou de la r\u00e9surgence chez Cadou de la pens\u00e9e pansophique allemande&nbsp;\u00bb (p. 243-260).<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nh1\">1<\/a>]&nbsp;Toutes les r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 L\u2019\u0152uvre cadouc\u00e9en reportent le lecteur \u00e0 L\u2019\u0152uvre po\u00e9tique complet&nbsp;: <em>Po\u00e9sie la Vie enti\u00e8re<\/em>, Paris, \u00e9d. Seghers, 1976. Les abr\u00e9viations&nbsp;: PVE&nbsp;: <em>Po\u00e9sie la Vie enti\u00e8re<\/em>, UI&nbsp;: <em>Usage interne<\/em>, LLDS&nbsp;: <em>Les Liens du sang<\/em>, N&nbsp;: <em>Notes<\/em>, NI&nbsp;: <em>Notes in\u00e9dites<\/em>, DLP&nbsp;: \u00ab&nbsp;De la peinture&nbsp;\u00bb, sont imm\u00e9diatement suivies de la num\u00e9rotation du po\u00e8me ou de la note, puis de la r\u00e9f\u00e9rence de pagination.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nh2\">2<\/a>]&nbsp;Pour paraphraser le <em>Discours de Su\u00e8de<\/em> (1958) de l\u2019auteur de <em>L\u2019Homme r\u00e9volt\u00e9<\/em> (1951) par qui le scandale arriva.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nh3\">3<\/a>]&nbsp;Ma\u00eetre Eckhart&nbsp;: sermon douze.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nh4\">4<\/a>]&nbsp;Pour reprendre le titre d\u2019un ouvrage de Saint Jean de la Croix&nbsp;: <em>La Nuit obscure<\/em>, Paris, \u00e9d. du Seuil, coll. \u00ab&nbsp;Points. Sagesse&nbsp;\u00bb, 1984.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nh5\">5<\/a>]&nbsp;\u00ab&nbsp;Pardon Seigneur&nbsp;! Pardon pour vos \u00e9glises [\u2026]\/Si j\u2019ai jet\u00e9 des pierres dans vos vitres\/C\u2019est pour que me parvienne mieux Votre Chant&nbsp;!&nbsp;\u00bb \u00e9crit Cadou dans l\u2019un des ultimes po\u00e8mes, le magistral \u00ab&nbsp;Nocturne&nbsp;\u00bb, po\u00e8me-testament, repris dans <em>Les Biens de ce monde<\/em>, 25, PVE, p. 345-346. C\u2019est que la religion pour lui \u00e9tait une b\u00e9ance aussi, et qu\u2019il s\u2019agissait de refaire le vitrail enfin plus clair, selon le principe du \u00ab&nbsp;T\u00f6nt&nbsp;\u00bb holderlinien d\u00e9mont\u00e9 par Pierre Bertaux (son rythm\u00e9 + image), plus audible pour le passant.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nh6\">6<\/a>]&nbsp;\u00ab&nbsp;La beaut\u00e9 boite.&nbsp;\u00bb (LLDS, 84, 409).<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nh7\">7<\/a>]&nbsp;Car \u00ab&nbsp;[\u2026] tel est le pouvoir sensible du po\u00e8te.\/Qu\u2019il peut vous appara\u00eetre ivre comme un cocher\/Et dans le m\u00eame temps tout au fond de soi-m\u00eame\/\u2014 Qu\u2019importe si la bouche et les mains sont souill\u00e9es \u2014\/ \u00c9lever un chant pur ainsi qu\u2019un violoncelle\/Humilit\u00e9&nbsp;! Pudeur&nbsp;! Donnez un nom terrestre\/Au tremblement d\u2019un c\u0153ur qui ne sait o\u00f9 cacher\/Sous quel masque d\u2019ajoncs sa profonde tendresse\/Pour ce monde o\u00f9 les doigts du Seigneur sont marqu\u00e9s.&nbsp;\u00bb in \u00ab&nbsp;La Foi du charbonnier, <em>Tout amour<\/em>, 5, PVE, p. 350.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nh8\">8<\/a>]&nbsp;\u00ab&nbsp;Ah je ne suis pas m\u00e9taphysique [\u2026]&nbsp;\u00bb in <em>Le Diable et son train<\/em>, 31, PVE, p. 300.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nh9\">9<\/a>]&nbsp;\u00ab&nbsp;La Foi du charbonnier&nbsp;\u00bb, in <em>Tout amour<\/em>, 5, PVE, p. 35O.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nh10\">10<\/a>]&nbsp;Pour reprendre le mot de Claudel \u00e0 propos d\u2019Arthur Rimbaud.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nh11\">11<\/a>]&nbsp;Jacob B\u00f6hme, in <em>Theosophische Wercke<\/em>, Amsterdam, 1682, cit\u00e9 par A. Roob, in \u00ab&nbsp;L\u2019Opus Magnum&nbsp;: Aurora&nbsp;\u00bb, in <em>Le Mus\u00e9e herm\u00e9tique, Alchime &amp; Mystique<\/em>, K\u00f6ln, Benedikt Taschen Verlag, 1997, p. 244-245, <em>passim.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nh12\">12<\/a>]&nbsp;Jacob B\u00f6hme, in <em>Dreyfaches Leben (De la triple vie)<\/em>, Amsterdam, 1682, cit\u00e9 par A. Roob, op. cit., p. 246.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nh13\">13<\/a>]&nbsp;Cit\u00e9 par Bertrand Vergely, in <em>Les Philosophes du Moyen Age et de la renaissance<\/em>, Toulouse, \u00e9d. Milan, coll. \u00ab&nbsp;Les Essentiels&nbsp;\u00bb, 1998, p. 41.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nh14\">14<\/a>]&nbsp;Ren\u00e9 Guy Cadou porte en effet le pr\u00e9nom d\u2019un fr\u00e8re a\u00een\u00e9 mort en bas \u00e2ge&nbsp;; son premier pr\u00e9nom s\u2019av\u00e8re \u00eatre un jeu de mots, de fait.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nh15\">15<\/a>]&nbsp;\u00ab&nbsp;Les repas de Reverdy comportaient d\u2019excellents reliefs&nbsp;: je m\u2019en suis vite rassasi\u00e9.\/Il est \u00e0 remarquer que ces miettes furent pour beaucoup dans le jugement qu\u2019on porte sur mon \u0153uvre.&nbsp;\u00bb (UI, 10, 387).<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nh16\">16<\/a>]&nbsp;Pierre Reverdy, \u00ab&nbsp;Circonstances de la po\u00e9sie&nbsp;\u00bb (1946) repris in <em>Cette \u00e9motion appel\u00e9e po\u00e9sie<\/em>, Paris, \u00e9d. Flammarion, 1974, p. 42.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nh17\">17<\/a>]&nbsp;<em>La Vie r\u00eav\u00e9e<\/em>, Marseille, \u00e9d. Robert Laffont, 1944, repris in PVE, p. 93-166.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nh18\">18<\/a>]&nbsp;\u00ab&nbsp;30 mai 1932&nbsp;\u00bb, in <em>La Vie r\u00eav\u00e9e<\/em>, I, \u00ab&nbsp;Grand \u00e9lan&nbsp;\u00bb, recueil d\u00e9di\u00e9 \u00ab&nbsp;\u00e0 H\u00e9l\u00e8ne&nbsp;\u00bb, 21, PVE, p. 109.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nh19\">19<\/a>]&nbsp;Les <em>Visages de solitude<\/em>, PVE, p. 268-277.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nh20\">20<\/a>]&nbsp;\u00ab&nbsp;Chambre de la douleur&nbsp;\u00bb, in <em>H\u00e9l\u00e8ne ou le r\u00e8gne v\u00e9g\u00e9tal<\/em>, 2, PVE, p. 254-255, <em>passim.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nh21\">21<\/a>]&nbsp;<em>H\u00e9l\u00e8ne ou le r\u00e8gne v\u00e9g\u00e9tal<\/em>, PVE, p. 249-267.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nh22\">22<\/a>]&nbsp;\u00ab&nbsp;17 juin 1943&nbsp;\u00bb, in <em>H\u00e9l\u00e8ne ou le r\u00e8gne v\u00e9g\u00e9tal<\/em>, 10, PVE, p. 250-261, <em>passim.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nh23\">23<\/a>]&nbsp;\u00ab&nbsp;H\u00e9l\u00e8ne ou le r\u00e8gne v\u00e9g\u00e9tal&nbsp;\u00bb, in <em>H\u00e9l\u00e8ne ou le r\u00e8gne v\u00e9g\u00e9tal<\/em>, 8, PVE, p. 258-259.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nh24\">24<\/a>]&nbsp;Rainer-Maria Rilke&nbsp;: \u00ab&nbsp;Premi\u00e8re \u00c9l\u00e9gie&nbsp;\u00bb, in <em>Les \u00c9l\u00e9gies de Duino<\/em>, trad. d\u2019Armel Guerne, Paris, \u00e9d. du Seuil, 1972, p. 315.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nh25\">25<\/a>]&nbsp;Pour \u00e9voquer un autre phare cadouc\u00e9en&nbsp;: Blaise Cendrars, de feu lui aussi, et pour cause&nbsp;!\u2026 Une jeune fille s\u2019\u00e9tant suicid\u00e9e par le feu pour lui, lorsqu\u2019il \u00e9tait tout un jeune \u00e9crivain, au seuil de son \u0152uvre, c\u2019est pourquoi il a pris ce pseudonyme de Braises et de cendres&nbsp;: Blaise Cendrars.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nh26\">26<\/a>]&nbsp;H\u00e9l\u00e8ne Cadou&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je sais que tu m\u2019as invent\u00e9e\u2026&nbsp;\u00bb, in <em>Le Bonheur du Jour<\/em>, \u00e9d. Pierre Seghers, 1956, repris in Mise \u00e0 jour, Librairie bleue, 1989, p. 10.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nh27\">27<\/a>]&nbsp;Voir&nbsp;: H\u00e9l\u00e8ne Cadou&nbsp;: <em>C\u2019\u00e9tait hier et c\u2019est demain<\/em>, Monaco, \u00e9d. du Rocher, 2000, 199 p.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nh28\">28<\/a>]&nbsp;Voir&nbsp;: Friedrich von Hardenberg, dit Novalis, <em>\u0152uvres compl\u00e8tes<\/em>, Paris, \u00e9d. Gallimard, coll. \u00ab&nbsp;Du monde entier&nbsp;\u00bb, 1975.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nh29\">29<\/a>]&nbsp;Sur le Neckar, chez le menuisier Zimmer \u00e0 T\u00fcbingen, o\u00f9 de 1807 \u00e0 sa mort en 1843, H\u00f6lderlin, fou comme Lenz, vivra enferm\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nh30\">30<\/a>]&nbsp;Friedrich H\u00f6lderlin&nbsp;: \u00ab&nbsp;En bleu adorable\u2026&nbsp;\u00bb, in <em>Po\u00e8mes de H\u00f6lderlin traduits par Andr\u00e9 du Bouchet<\/em>, Paris, Mercure de France, 1963, p. 43-44.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nh31\">31<\/a>]&nbsp;\u00ab&nbsp;En bleu adorable\u2026&nbsp;\u00bb, \u00e9d. cit., p. 44.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nh32\">32<\/a>]&nbsp;R\u00e9flexion qu\u2019elle poursuivra dans <em>La Condition de l\u2019homme moderne<\/em> en 1958.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nh33\">33<\/a>]&nbsp;\u00ab&nbsp;Les Fusill\u00e9s de Chateaubriand&nbsp;\u00bb, in <em>Pleine Poitrine<\/em>, 1, PVE, p. 169-170, &amp;, \u00ab&nbsp;Ravensbruck&nbsp;\u00bb, <em>op. cit.<\/em> 18, \u00e9d. cit., p. 181-182.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nh34\">34<\/a>]&nbsp;Voir&nbsp;: <em>Einf\u00fchrung in die Metaphysik<\/em>, <em>Introduction \u00e0 la m\u00e9taphysique<\/em>, 1935.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nh35\">35<\/a>]&nbsp;Par souci de clart\u00e9 et de r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un sp\u00e9cialiste, libre synth\u00e8se des articles tir\u00e9s du <em>Nouveau dictionnaire des \u0152uvres<\/em>, Paris, \u00e9d. Robert Laffont, coll. \u00ab&nbsp;Bouquins&nbsp;\u00bb, 1994, p. 340-341 &amp; 3635, passim.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nh36\">36<\/a>]&nbsp;Patrice de la Tour du Pin&nbsp;: \u00ab&nbsp;La Qu\u00eate de joie&nbsp;\u00bb, in <em>Une Somme de Po\u00e9sie, I, Le Jeu de l\u2019homme en lui m\u00eame<\/em>, Paris, \u00e9d. Gallimard, 1981, p. 263.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nh37\">37<\/a>]&nbsp;\u00ab&nbsp;Les hauts murs de ma vie\u2026&nbsp;\u00bb, in <em>Les Visages de solitude<\/em>, PVE, p. 275.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nh38\">38<\/a>]&nbsp;109, &amp; \u00ab&nbsp;31 janvier 1940&nbsp;\u00bb, <em>op. cit.<\/em>, \u00e9d. cit. 36, p. 119.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nh39\">39<\/a>]&nbsp;\u00ab&nbsp;Les Fusill\u00e9s de Chateaubriand&nbsp;\u00bb, in <em>Pleine Poitrine<\/em>, 1, PVE, p. 169.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nh40\">40<\/a>]&nbsp;Il s\u2019agirait des derni\u00e8res paroles, obsessionnelles, prononc\u00e9es, selon Jean Cocteau, par Raymond Radiguet dans le d\u00e9lire de la fi\u00e8vre typho\u00efde qui devait l\u2019emporter \u00e0 l\u2019aube du 12 d\u00e9cembre 1923. Voir&nbsp;: pr\u00e9face de Jean Cocteau \u00e0 <em>Le Bal du comte D\u2019Orgel<\/em>, Paris, \u00e9d. Bernard Grasset, 1924, r\u00e9\u00e9d. 1969, p. 8-9. \u00ab&nbsp;Voici ses derni\u00e8res paroles&nbsp;: \/\u00c9coutez, me dit-il le 9 d\u00e9cembre, \u00e9coutez une chose terrible. Dans trois jours je vais \u00eatre fusill\u00e9 par les soldats de Dieu. Comme j\u2019\u00e9touffais de larmes, que j\u2019inventais des renseignements contradictoires&nbsp;: Vos renseignements, continua-t-il, sont moins bons que les miens. L\u2019ordre est donn\u00e9. J\u2019ai entendu l\u2019ordre.\/ Plus tard, il dit encore&nbsp;: il y a une couleur qui se prom\u00e8ne et des gens cach\u00e9s dans cette couleur.\/ Je lui demandais s\u2019il fallait les chasser. Il r\u00e9pondit&nbsp;: vous ne pouvez pas les chasser puisque vous ne voyez pas la couleur.\/ Ensuite, il sombra.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nh41\">41<\/a>]&nbsp;Voir&nbsp;: \u00ab&nbsp;Chambre de la Douleur&nbsp;\u00bb, in <em>H\u00e9l\u00e8ne ou le r\u00e8gne v\u00e9g\u00e9tal<\/em>, 2, PVE, p. 254. \u00ab&nbsp;[\u2026] Tu n\u2019est plus l\u00e0 mon p\u00e8re\/Tu n\u2019es pas revenu de ce c\u00f4t\u00e9-ci de la terre\/Depuis quatre ans [\u2026]&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nh42\">42<\/a>]&nbsp;Si tu n\u2019esp\u00e8res pas, tu ne rencontreras pas l\u2019inesp\u00e9r\u00e9 qui est dans l\u2019inexorable et dans l\u2019impossible.&nbsp;\u00bb H\u00e9raclite d\u2019Eph\u00e8se, in De la nature, repris in <em>Dits<\/em>, Paris, \u00e9d. G.L.M., 1956.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nh43\">43<\/a>]&nbsp;En fait, si Cadou est gnostique, son attitude gnostique rel\u00e8ve de celle exigeante et humble d\u2019un Jakob B\u00f6hme et non de celle syncr\u00e9tique et confuse des premi\u00e8res si\u00e8cles.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nh44\">44<\/a>]&nbsp;\u00ab&nbsp;Tout amour&nbsp;\u00bb, in Tout amour, 6, PVE, p. 350.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nh45\">45<\/a>]&nbsp;op. cit.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nh46\">46<\/a>]&nbsp;\u00ab&nbsp;La Foi du charbonnier&nbsp;\u00bb, in <em>Tout amour<\/em>, 6, PVE, p. 350.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nh47\">47<\/a>]&nbsp;Voir&nbsp;: \u00ab&nbsp;Le Mauvais vitrier&nbsp;\u00bb, in <em>Le Spleen de Paris<\/em>, IX.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nh48\">48<\/a>]&nbsp;Voir&nbsp;: \u00ab&nbsp;17 juin 1943&nbsp;\u00bb &amp; \u00ab&nbsp;H\u00e9l\u00e8ne ou le r\u00e8gne v\u00e9g\u00e9tal&nbsp;\u00bb, in <em>H\u00e9l\u00e8ne ou le r\u00e8gne v\u00e9g\u00e9tal<\/em>, 10, PVE, p. 260-261 &amp; 8, p. 258-259&nbsp;: \u00ab&nbsp;Ce soir je te confie mes mains pour que tu dises \u00e0 Dieu\/De s\u2019en servir pour des besognes bleues [\u2026]&nbsp;\u00bb, et H\u00f6lderlin, \u00ab&nbsp;En bleu adorable&nbsp;\u00bb, op. cit., p. 43.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nh49\">49<\/a>]&nbsp;\u00ab&nbsp;H\u00e9l\u00e8ne ou le r\u00e8gne v\u00e9g\u00e9tal&nbsp;\u00bb, <em>op. cit.<\/em>, 8, PVE, p. 258.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nh50\">50<\/a>]&nbsp;Voir&nbsp;: Nietzsche.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nh51\">51<\/a>]&nbsp;Voir l\u2019excellent ouvrage de l\u2019excellent George Jean&nbsp;: <em>Voyage en Utopie<\/em>, \u00e9d. Gallimard, coll. \u00ab&nbsp;D\u00e9couvertes Gallimard\/Philosophie&nbsp;\u00bb n\u00b0200, 1994.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nh52\">52<\/a>]&nbsp;Friedrich H\u00f6lderlin, in <em>Le Pain et le vin<\/em>. Voir&nbsp;: Paris, \u00e9d. Gallimard, \u00ab&nbsp;Biblioth\u00e8que de la Pl\u00e9\u00efade&nbsp;\u00bb, 1967.<br>53.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article12.html#nh53\">53<\/a>]&nbsp;On pourrait \u00e9tudier le lien aussi entre Cadou et Vigny. Voir \u00e0 cet \u00e9gard le livre de Jean Giraud&nbsp;: <em>L\u2019\u00c9cole romantique fan\u00e7aise<\/em>, Paris, Librairie A. Colin, 1927.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cadou&nbsp;: un certain \u00ab&nbsp;bleu&nbsp;\u00bb&nbsp;[1] D\u2019UN MA\u00ceTRE VERRIER DU LANGAGE&nbsp;: Mais \u00e0 la fin, qu\u2019est-ce donc&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_editorskit_title_hidden":false,"_editorskit_reading_time":0,"_editorskit_is_block_options_detached":false,"_editorskit_block_options_position":"{}","advgb_blocks_editor_width":"","advgb_blocks_columns_visual_guide":"","_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":""},"categories":[8],"tags":[],"class_list":["post-492","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-voies-textes-critiques"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.3 - 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