{"id":564,"date":"2007-11-02T18:27:00","date_gmt":"2007-11-02T17:27:00","guid":{"rendered":"http:\/\/revuepolaire.com\/?p=564"},"modified":"2023-11-02T21:08:37","modified_gmt":"2023-11-02T20:08:37","slug":"pour-en-finir-une-bonne-fois-avec-yves-bonnefoy","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/2007\/11\/02\/pour-en-finir-une-bonne-fois-avec-yves-bonnefoy\/","title":{"rendered":"Pour en finir \u2014 une bonne fois\u00a0?\u2026 \u2014 avec Yves Bonnefoy\u00a0?"},"content":{"rendered":"\n<p><small>En ce 1er novembre, jour de Toussaint. En ce 2 novembre, jour des morts.<\/small><\/p>\n\n\n\n<p><strong>DES HONNEURS &amp; DES \u00ab&nbsp;HOCHETS&nbsp;\u00bb<br><\/strong><br><strong>\u00ab&nbsp;Yves Bonnefoy vient de recevoir \u00e0 Prague le \u00ab\u00a0Prix Franz Kafka\u00a0\u00bb&nbsp;!&nbsp;\u00bb<br><\/strong><br>Sur son Blog, modestement intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;La R\u00e9publique des livres&nbsp;\u00bb, l\u2019<em>Imperator <\/em>Assouline, le 31 octobre, Ma\u00eetre-es-pottins mondains (<em>\u00ab\u00a0et patati et patata\u00a0\u00bb\u2026 <\/em>&nbsp;: le St\u00e9phane Bern de la \u00ab\u00a0litt\u00e9rature\u00a0\u00bb) est \u00ab&nbsp;LE SEUL&nbsp;!&nbsp;\u00bb \u00e0 avoir salu\u00e9 la nouvelle et f\u00e9licit\u00e9 l\u2019imp\u00e9trant. \u00c0 part les jeunes scolaires fran\u00e7ais, qui, en Terminales L, l\u2019an pass\u00e9, ont \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9s de se farcir <em>Les Planches courbes&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb1\">1<\/a>]<\/em>, dans lesquelles notre \u00ab&nbsp;Gloire Nationale&nbsp;\u00bb envisage de se faire enterrer en grandes pompes tel un guerrier germain, soyons franc&nbsp;: personne dans le grand public ne conna\u00eet \u00ab&nbsp;Yves Bonnefoy&nbsp;\u00bb\u2026 personne&nbsp;!\u2026 alors qu\u2019\u00e0 l\u2019enterrement de Victor Hugo, ou de Zola, il y avait m\u00eame des illettr\u00e9s, des \u00ab&nbsp;Mis\u00e9rables&nbsp;\u00bb, qui savaient que ces deux bons hommes-l\u00e0, des \u00ab&nbsp;P\u00e8res&nbsp;\u00bb, \u00e9taient des \u00ab&nbsp;Grands Hommes&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb2\">2<\/a>]&nbsp;\u00bb, des types \u00e0 qui \u00ab&nbsp;la Nation se devait d\u2019\u00eatre reconnaissante&nbsp;\u00bb. Pourquoi&nbsp;? Parce qu\u2019ils s\u2019\u00e9taient battus toute leur vie non pour leur pomme, leur petit nombril, mais pour eux, eux les pauvres, les mis\u00e9reux, pour un id\u00e9al \u2014 m\u00eame utopique, \u2014 pour un avenir \u2014 m\u00eame utopique \u2014 puisqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9poque, avec Guillaume d\u2019Orange, dit \u00ab&nbsp;le Taciturne&nbsp;\u00bb, on croyait encore dur comme fer que \u00ab&nbsp;point n\u2019est besoin d\u2019esp\u00e9rer pour entreprendre ni de r\u00e9ussir pour pers\u00e9v\u00e9rer&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb3\">3<\/a>]&nbsp;\u00bb. Autres temps, autres m\u0153urs, n\u2019est-ce pas&nbsp;?\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab&nbsp;Yves Bonnefoy vient de recevoir \u00e0 Prague, le \u00ab\u00a0Prix Franz Kafka\u00a0\u00bb&nbsp;!\u2026 Non, mais vous vous rendez compte&nbsp;!\u2026 Oh&nbsp;! vous dormez, public de merde, public d\u2019incultes, ou quoi&nbsp;?!\u2026&nbsp;\u00bb<br><\/strong><br>Parmi les membres du jury&nbsp;: le critique allemand Marcel Reich-Ranicki (l\u2019un des critiques les plus haineux, para\u00eet-il selon la rumeur, et les plus m\u00e9chants d\u2019Europe) en personne&nbsp;!\u2026 L\u2019\u00e9diteur anglais John Calder (comme les mobiles&nbsp;: modulable\u2026)\u2026 Parmi les laur\u00e9ats qui \u2014 dans le r\u00f4le du \u00ab\u00a0tapis rouge\u00a0\u00bb \u2014 ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 Yves Bonnefoy, \u00ab&nbsp;Le Plus Grand Po\u00e8te Fran\u00e7ais Vivant&nbsp;\u00bb (si vous ne le saviez pas)&nbsp;: Philippe Roth, Harold Pinter, Ivan Klima, Peter Nadas, Elfriede Jelinek, Haruki Murakami\u2026 et, cette ann\u00e9e \u2014 \u00ab&nbsp;Hara-kiri&nbsp;!\u2026&nbsp;\u00bb \u2014&nbsp;: Yves Bonnefoy. Yves Bonnefoy, couronn\u00e9 pour \u00ab&nbsp;l\u2019ensemble de son \u0152uvre&nbsp;\u00bb, pour \u2014 je cite, c\u2019est trop beau&nbsp;!\u2026 \u2014&nbsp;: \u00ab&nbsp;sa c\u00e9l\u00e9bration hom\u00e9rique du monde&nbsp;\u00bb. Mais bien s\u00fbr&nbsp;! les filles et les gars&nbsp;!\u2026 b\u00eates et incultes que nous sommes, \u00ab&nbsp;barbares&nbsp;\u00bb que nous sommes&nbsp;! o\u00f9 avions-nous la t\u00eate&nbsp;! bien s\u00fbr&nbsp;!\u2026&nbsp;: Bonnefoy est Hom\u00e8re, comme Sollers est Dante, Littell \u00e0 lui tout seul Tolsto\u00ef et Dosto\u00efevski\u2026 et Assouline&nbsp;: Bergson\u2026 ou Walter Benjamin, si ce n\u2019est Gershom Scholem en personne&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Cette vieille carne hargneuse de Reich-Ranicki, que l\u2019on sait au besoin m\u00e9chante comme une teigne et aboyeuse comme un roquet (c\u2019est ce qu\u2019on dit&nbsp;: \u00e0 v\u00e9rifier&nbsp;!\u2026), d\u00e9posant une couronne sur le front \u2014 virginal&nbsp;? \u2014 surplombant les joues flasques de notre C\u00e9r\u00e8s nationale qui la re\u00e7oit avec des pudeurs de rosi\u00e8re \u00e9touffant de remerciements muets, et, rosissante\u2026&nbsp;: on imagine\u2026 Il y a m\u00eame sur internet des photographies de notre \u00ab&nbsp;Po\u00e8te National&nbsp;\u00bb \u2014 oh&nbsp;! pardon&nbsp;! Le concept de \u00ab&nbsp;Nation&nbsp;\u00bb si j\u2019en crois le \u00ab\u00a0non-p\u00e8re\u00a0\u00bb Jean-Luc [Jean-Luc Nancy, bien entendu&nbsp;!\u2026 Avec Alain Badiou, \u201cLe Plus Grand Philosophe Postmoderne Survivant\u201d, oui, m\u00eame les seconds r\u00f4les une fois que les vedettes sont mortes, bient\u00f4t les troisi\u00e8mes, puis les quatri\u00e8mes, etc\u2026 c\u2019est comme au cin\u00e9ma&nbsp;: quand il n\u2019y en a plus, il y en a encore\u2026] n\u2019a plus cours, \u2014 \u2026 je reprends donc&nbsp;: il y a m\u00eame sur internet des photos de notre \u00ab&nbsp;Gloire \u00ab\u00a0Post-Nationale\u00a0\u00bb&nbsp;\u00bb donc, tr\u00f4nant, faussement modeste aupr\u00e8s de son troph\u00e9e&nbsp;: un Kafka en bronze (coul\u00e9), ou en simili bronze, d\u2019\u00e0 vue d\u2019\u0153il environ 23 cms, phallus de substitution id\u00e9al, et un dipl\u00f4me encadr\u00e9, apparemment calligraphi\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab&nbsp;Yves Bonnefoy, Le Plus Grand Po\u00e8te Fran\u00e7ais Vivant, Notre Gloire PostNationale, vient de recevoir \u00e0 Prague le \u00ab\u00a0Prix Franz Kafka\u00a0\u00bb, enfin, merde&nbsp;! les gars&nbsp;!\u2026 R\u00e9agissez&nbsp;!\u2026&nbsp;\u00bb<br><\/strong><br>Et pourtant, non, d\u00e9cid\u00e9ment, il n\u2019y a que Pierre Assouline, l\u2019<em>Imperator<\/em> onctueux de \u00ab&nbsp;la R\u00e9publique des livres&nbsp;\u00bb, la cr\u00e8me, le capuccino des critiques, avec son \u00e9ternelle tasse de caf\u00e9 et son petit doigt en l\u2019air, pour s\u2019en extasier, tout \u00e9bouriff\u00e9 par la nouvelle, qui, dans le monde parigo-germanopratin des admirations mutuelles, o\u00f9 seuls le narcissisme et l\u2019\u00e9go\u00efsme sont de r\u00e8gle, va faire grand bruit&nbsp;!\u2026 pendant une heure.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab&nbsp;Yves Bonnefoy a re\u00e7u \u00ab\u00a0Le Prix Franz Kafka\u00a0\u00bb&nbsp;!&nbsp;\u00bb<br><\/strong><br>Oui&nbsp;? Bon&nbsp;! Qu\u2019est-ce que Kafka lui-m\u00eame en penserait, \u00e0 votre avis&nbsp;?\u2026 Franz Kafka de son vivant a-t-il recu un \u201cPrix Franz Kafka\u201d&nbsp;?\u2026 Yves Bonnefoy a re\u00e7u \u00ab&nbsp;Le Prix Franz Kafka&nbsp;\u00bb d\u00e9cern\u00e9 par ce que le Cyrano de Rostand eut appel\u00e9 un \u00ab&nbsp;concile que dans les cabarets tiennent les imb\u00e9ciles&nbsp;\u00bb, des imb\u00e9ciles le cul bord\u00e9 de nouilles qui n\u2019ont pas un milli\u00e8me de seconde l\u2019id\u00e9e, l\u2019ombre d\u2019une id\u00e9e, de ce qu\u2019a pu \u00eatre la vie de Franz Kafka, et son combat\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab&nbsp;Yves Bonnefoy a re\u00e7u \u00ab&nbsp;Le Prix Franz Kafka&nbsp;\u00bb\u2026&nbsp;\u00bb<br><\/strong><br>et Sully-Prudhomme le prix Nobel \u2014 le premier m\u00eame&nbsp;!\u2026 \u2014 Alors quoi&nbsp;?\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est vraiment le non-\u00e9v\u00e9nement par excellence. Notre arbre de No\u00ebl postnational ou plut\u00f4t de car\u00eame postnational est plus d\u00e9cor\u00e9 qu\u2019un vieux g\u00e9n\u00e9ral sovi\u00e9tique&nbsp;: les hochets, il n\u2019a plus de place pour les accrocher&nbsp;; il faudrait qu\u2019il s\u2019invente une nouvelle poitrine afin de pouvoir les porter tous, et, s\u2019il y parvenait, l\u00e0 il y aurait peut-\u00eatre \u00e9v\u00e9nement, car, asthmatique de l\u2019\u00e2me et du c\u0153ur comme il est, sa po\u00e9sie, sur le tard \u2014 \u00ab&nbsp;mais il n\u2019est jamais trop tard pour bien faire&nbsp;\u00bb \u2014 y gagnerait peut-\u00eatre du souffle&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Po\u00e9sie du ressassement depuis 1953, po\u00e9sie de l\u2019enlisement, du barbotage dans le bain f\u0153tal et de la noyade mim\u00e9e pas m\u00eame assum\u00e9e \u2014 chez Baudelaire au moins, \u00e7a se noit&nbsp;! \u2014 Po\u00e9sie de l\u2019eau du bain qu\u2019on n\u2019a pas jet\u00e9 avec le b\u00e9b\u00e9 \u2014 on se dit parfois&nbsp;: dommage&nbsp;! \u2014 et, o\u00f9 le b\u00e9b\u00e9 a vieilli, poupon rid\u00e9\u2026&nbsp;: Bonnefoy \u00e9tant rest\u00e9 dans l\u2019eau du r\u00eave des bains que sa m\u00e8re ne lui a pas donn\u00e9s\u2026 Oh&nbsp;! la vilaine&nbsp;!\u2026<br>Po\u00e9sie qui croit avoir compris quelque chose \u00e0 Baudelaire, \u00e0 Rimbaud, et, de fait n\u2019y lit que l\u2019\u00e9cho de sa propre st\u00e9rilit\u00e9, les transforme en \u00e9crans vides, pour \u2014dans \u00ab&nbsp;la soci\u00e9t\u00e9 du spectacle&nbsp;\u00bb et afin d\u2019y participer avec des airs, s\u2019il vous pla\u00eet, de ne pas y toucher \u2014 y projeter sa propre image, esp\u00e9rant qu\u2019on puisse la confondre avec celle des grands tut\u00e9laires\u2026<br>Po\u00e9sie qui se veut dans le droit fil de Mallarm\u00e9 \u2014 qui l\u2019est d\u2019ailleurs \u2014 quand il s\u2019\u00e9touffe, quand il s\u2019\u00e9trangle et meurt d\u2019un spasme de la glotte\u2026<br>Po\u00e9sie narcissique qui se circonscrit sur elle-m\u00eame, tout enti\u00e8re tourn\u00e9e vers un moi infr\u00e9quentable, focalis\u00e9, qui, \u00e0 force de bile noire et de suc gastrique acide, tente de se dig\u00e9rer sans que jamais cela passe. Po\u00e9sie de la crise de foi, de la crise de foie, des embarras gastriques, de l\u2019indigestion dogmatique et philosophique sceptique et sceptic\u00e9mique, de la flatulence spirituelle qui tente de se r\u00e9inventer une \u00e2me mais d\u00e9cid\u00e9ment se retient par convenance postmoderne et dit qu\u2019elle \u00ab&nbsp;ne peut pas&nbsp;\u00bb\u2026 Po\u00e9sie qui, parce qu\u2019il se retient, parce qu\u2019elle se retient enfin, compass\u00e9e et constip\u00e9e \u00e0 l\u2019extr\u00eame, quoiqu\u2019il advienne, vous fait chier&nbsp;: pardon Rabelais, mais \u00e7a soulage&nbsp;!\u2026<br>Po\u00e9sie chiche et s\u00e8che de pruneau confit racorni, \u00e0 jamais incapable \u2014 semble-t-il \u2014 d\u2019alt\u00e9rit\u00e9 v\u00e9ritable, pas m\u00eame avec soi-m\u00eame, et en cela bien conforme, ou bien en phase avec la vulgarit\u00e9 \u00e9go\u00efste de la soci\u00e9t\u00e9 de consommation, de la soci\u00e9t\u00e9 de consumation qui s\u2019auto-consomme\u2026<br>Po\u00e9sie qui vous dit qu\u2019on ne peut plus faire de po\u00e9sie, qui esquisse un pas de danse lourde et pataude \u2014 Bonnefoy d\u00e9guis\u00e9 en C\u00e9r\u00e8s avec son ventre de s\u00e9nateur, sa face de car\u00eame et d\u2019enfant boudeur \u2014 pour vous dire que d\u00e9cid\u00e9ment \u2014 \u00ab&nbsp;<em>Niema&nbsp;!\u2026 Niema&nbsp;!\u2026 <\/em>&nbsp;\u00bb \u2014 non, on ne peut plus \u00eatre lyrique \u2014les postmodernes ont raison et Adorno est leur proph\u00e8te \u2014 Ah&nbsp;! la valse h\u00e9sitation sur le sujet dans \u00ab&nbsp;Dans le leurre des mots&nbsp;\u00bb, partie I &amp; II, on y reviendra \u2014 \u2026<br>Po\u00e9sie qui ne r\u00eave de titan et de passeur que pour leur faire avouer qu\u2019il n\u2019y a plus de p\u00e8re, qu\u2019il ne faut plus croire aux mots, qu\u2019\u00ab&nbsp;il faut oublier tout cela [&nbsp;: \u00ab\u00a0P\u00e8re\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Maison\u00a0\u00bb] [\u2026]. Il faut oublier ces mots. Il faut oublier les mots&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb4\">4<\/a>].&nbsp;\u00bb<br>Po\u00e9sie qui renie p\u00e8re, m\u00e8re, compagne et campagne, alors m\u00eame que Rimbaud y voyait son salut&nbsp;: \u00ab&nbsp;je me souviens des heures d\u2019argent et de soleil vers les fleuves, la main de la campagne sur mon \u00e9paule, et de nos caresses debout dans les plaines poivr\u00e9es&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb5\">5<\/a>]&nbsp;\u00bb), qui ne voit \u00ab&nbsp;La Maison natale&nbsp;\u00bb que comme une \u00ab&nbsp;Maison d\u2019Usher&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb6\">6<\/a>]&nbsp;\u00bb inond\u00e9e qui suinte de toute part comme un gros qui sue apr\u00e8s un effort et r\u00eave d\u2019\u00eatre un petit rat\u2026 un petit rat de \u00ab&nbsp;l\u2019Op\u00e9ra fabuleux&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb7\">7<\/a>]&nbsp;\u00bb que, pourtant, il trahit, il renie tous les jours, depuis cinquante-cinq ans et plus.<br>Po\u00e9sie, enfin, facilement r\u00e9cup\u00e9rable et recyclable \u00ab&nbsp;\u00e0 l\u2019infini&nbsp;\u00bb&nbsp;: voyez le VRP du n\u00e9o-lyrisme compass\u00e9, du lyrisme-anti-lyrique et postmoderne \u00e0 souhait afin de pouvoir faire carri\u00e8re \u00e0 l\u2019universit\u00e9&nbsp;: j\u2019ai nomm\u00e9 Jean-Michel Maulpoix, l\u2019h\u00e9ritier auto-proclam\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><small>Aller, par-del\u00e0 presque le langage,<br>Avec rien qu\u2019un peu de lumi\u00e8re, est-ce possible<br>Ou n\u2019est-ce pas que l\u2019illusoire encore,<br>Dont nous redessinons sous d\u2019autres traits<br>Mais iris\u00e9s du m\u00eame \u00e9clat trompeur<br>La forme dans les ombres qui se resserrent&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb8\">8<\/a>]&nbsp;?<\/small><\/p>\n\n\n\n<p><strong>D\u2019UN \u00ab&nbsp;D\u00c9SASTRE&nbsp;\u00bb CONVENU<br><\/strong><br><br>\u2014&nbsp;Qui \u00eates-vous, Yves Bonnefoy&nbsp;?<br><br>\u2014&nbsp;[Didascalie&nbsp;: <em>Le \u00ab\u00a0Grand Po\u00e8te\u00a0\u00bb, la \u00ab\u00a0Gloire PostNationale\u00a0\u00bb, d\u2019une voix caverneuse, parodiant \u00ab&nbsp;la Bouche d\u2019Ombre<\/em> <em>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb9\">9<\/a>]&nbsp;\u00bb rendant les oracles<\/em> <em>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb10\">10<\/a>]\u2026 mais on entend plut\u00f4t comme le bruit d\u2019un borborygme confus <\/em>&nbsp;:] Plus rien&nbsp;!\u2026 non \u00ab&nbsp;[\u2026] plus rien qu\u2019une \/ Vague qui se rabat sur le d\u00e9sir&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb11\">11<\/a>].&nbsp;\u00bb<br><br>\u2014&nbsp;Charmant&nbsp;!\u2026 Charmant vraiment\u2026 Pardon\u2026 Bonsoir, Monsieur&nbsp;!\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Bonnefoy&nbsp;?\u2026 Qui est-il&nbsp;?\u2026 \u00ab&nbsp;L\u2019\u00c9tranger&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb12\">12<\/a>]&nbsp;\u00bb d\u00e9finitif \u2014 c\u2019est pourquoi il se croit baudelairien \u2014 qui pousse son \u00ab&nbsp;<em>De profundis clamavi&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb13\">13<\/a>]<\/em>&nbsp;\u00bb, soit, mais vers qui&nbsp;?\u2026 Le p\u00e8re&nbsp;? La M\u00e8re&nbsp;? La \u00ab&nbsp;S\u0153ur&nbsp;\u00bb&nbsp;? L\u2019absence de \u00ab&nbsp;fr\u00e8re&nbsp;\u00bb&nbsp;? Pas m\u00eame \u00ab&nbsp;les nuages&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb14\">14<\/a>]&nbsp;\u00bb, non&nbsp;! Chez Baudelaire il y a encore Dieu, sur le tout dernier nuage&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb15\">15<\/a>], \u00ab&nbsp;qui passe[\u2026]\u2026 l\u00e0-bas\u2026 l\u00e0-bas&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb16\">16<\/a>]&nbsp;\u00bb, Chez Bonnefoy, il n\u2019y a rien&nbsp;: le vide.<\/p>\n\n\n\n<p>S\u2019il y a \u00ab&nbsp;jugement dernier&nbsp;\u00bb au seuil de la mort, ou par-del\u00e0 la mort, il n\u2019est qu\u2019un seul juge, il ne peut \u00eatre qu\u2019un seul juge&nbsp;: l\u2019enfant que l\u2019on a \u00e9t\u00e9&nbsp;; et, il ne vous pose qu\u2019une question, qu\u2019une seule&nbsp;:<br><br>\u2014&nbsp;Qu\u2019as-tu fait de mes r\u00eaves&nbsp;?\u2026<br>tant il est vrai qu\u2019ainsi que l\u2019\u00e9crivait le romantique et le catholique Vigny&nbsp;: \u00ab&nbsp;r\u00e9ussir sa vie, c\u2019est r\u00e9aliser \u00e0 l\u2019\u00e2ge m\u00fbr les r\u00eaves que l\u2019on a form\u00e9s adolescent.&nbsp;\u00bb Pour ma part, tr\u00e8s baudelairiennement, je corrigerais&nbsp;: \u00ab&nbsp;les r\u00eaves que l\u2019on a form\u00e9s enfant&nbsp;\u00bb. Dans une une certaine mesure, Bonnefoy doit en \u00eatre convaincu lui aussi, qui met en sc\u00e8ne dans son \u00ab&nbsp;r\u00e9cit-r\u00eave&nbsp;\u00bb <em>Les Planches courbes<\/em> \u2014 r\u00e9cit majeur, puisqu\u2019\u00e9ponyme il donne son titre \u00e0 tout le recueil, r\u00e9cit-testament \u2014 un enfant et un passeur qui ne sont autres que lui-m\u00eame. Devenu vieillard, il confronte l\u2019enfant au pseudo titan po\u00e9tique qu\u2019il serait devenu, \u00e0 ce Charon de fait qui vit pr\u00e8s du \u00ab\u00a0Grand Fleuve\u00a0\u00bb non de la vie mais de la mort, et ne peut plus passer avec sa barque l\u2019enfant qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 du monde du d\u00e9senchantement, sans \u00ab&nbsp;p\u00e8res&nbsp;\u00bb et sans \u00ab&nbsp;maisons&nbsp;\u00bb, vers le monde enchant\u00e9 o\u00f9 \u00ab&nbsp;p\u00e8res&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;maisons&nbsp;\u00bb \u00e9taient encore possibles, habit\u00e9s qu\u2019ils \u00e9taient encore par la croyance, reli\u00e9s qu\u2019ils \u00e9taient encore \u2014 <em>religare, religere<\/em> \u2014 \u00e0 C\u00e9r\u00e8s, pr\u00e9sents au monde r\u00e9el, habitant en somme le monde po\u00e9tiquement selon le v\u0153u d\u2019un H\u00f6lderlin, sachant se moquer des \u00ab&nbsp;temps de mis\u00e8re&nbsp;\u00bb.<br>\u00ab&nbsp;Il n\u2019y a pas de grandes personnes&nbsp;\u00bb disait tr\u00e8s justement Malraux. Bonnefoy, qui est rest\u00e9 un vieil enfant, ce vieil enfant non-n\u00e9 qui n\u2019a jamais su \u00eatre au monde, confront\u00e9 \u00e0 l\u2019adulte qu\u2019il est devenu, lui demande path\u00e9tiquement et d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment des comptes, lui demande d\u2019\u00eatre un p\u00e8re, comme Baudelaire tente d\u2019\u00eatre un p\u00e8re pour sa \u00ab&nbsp;Douleur&nbsp;\u00bb dans le po\u00e8me \u00ab&nbsp;Recueillement&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb17\">17<\/a>]&nbsp;\u00bb&nbsp;: \u00ab&nbsp;Sois sage, \u00f4 ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille [\u2026].&nbsp;\u00bb Si Baudelaire parvient ainsi \u00e0 une contemplation finale apr\u00e8s le tumulte int\u00e9rieur, sinon sereine, apais\u00e9e, ch\u00e9rissant l\u2019enfant qu\u2019il avait pu \u00eatre aupr\u00e8s d\u2019un p\u00e8re admir\u00e9 quoiqu\u2019il l\u2019ait tu, aupr\u00e8s d\u2019un p\u00e8re aim\u00e9, et puisque l\u2019enfant qui sommeille en lui fut aim\u00e9 d\u2019un p\u00e8re peintre qui lui a donn\u00e9 le seul viatique qu\u2019il ait jamais eu en ce monde \u00ab&nbsp;le culte des images, [sa] grande, [son]unique, [sa] primitive passion&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb18\">18<\/a>]&nbsp;\u00bb\u2026 avec Bonnefoy qui se croit, qui s\u2019est cru sans p\u00e8re toujours, enfant et adulte pseudo titan, pseudo g\u00e9ant, se retrouvent tr\u00e8s vite \u00ab\u00a0dans le bain\u00a0\u00bb qu\u2019est la vie, ou plut\u00f4t la non-vie des \u00ab&nbsp;limbes&nbsp;\u00bb&nbsp;: \u00ab&nbsp;dans cet espace sans fin de courants qui s\u2019entrechoquent, d\u2019ab\u00eemes qui s\u2019entrouvrent, d\u2019\u00e9toiles&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb19\">19<\/a>]&nbsp;\u00bb, dans ce \u00ab&nbsp;chaos&nbsp;\u00bb au sens grec, qui restera chaos et n\u2019accouchera d\u2019aucun monde, m\u00eame s\u2019il semble les promettre comme la Nuit tourbillonnante des tableaux de Vincent Van Gogh. Van Gogh n\u2019accouche pas de Poussin, il le dig\u00e8re et le chie, si j\u2019en crois Antonin Artaud.<br>Si, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de l\u2019adolescence, Bonnefoy, apr\u00e8s une non-enfance \u00ab&nbsp;s\u2019\u00e9veillai [\u2026] c\u2019\u00e9tait en voyage&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb20\">20<\/a>]&nbsp;\u00bb, dans le train de la vie \u2014 pour changer un peu de m\u00e9taphore, \u2014 si, par la fen\u00eatre, dans la campagne pas encore ferm\u00e9e \u00e0 lui, semblait-il, en apparence, il y voyait encore comme la possibilit\u00e9 d\u2019une d\u00e9miurgie r\u00e9demptrice ou d\u2019une foi r\u00e9demptrice (ce qui s\u2019\u00e9quivaut parfois)&nbsp;: \u00ab&nbsp;une flamme rouge qui s\u2019y redressait, \/ Prenant \u00e0 pleines mains le bas du ciel&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb21\">21<\/a>]&nbsp;\u00bb\u2026 il constate&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><small>[\u2026] Je ne dormais pas,<br>J\u2019avais trop l\u2019\u00e2ge encore de l\u2019esp\u00e9rance,<br>Je d\u00e9diais mes mots aux montagnes basses<br>Que je voyais venir \u00e0 travers les vitres&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb22\">22<\/a>].<\/small><\/p>\n\n\n\n<p>Autrement dit, il d\u00e9nie aujourd\u2019hui et depuis longtemps toute possibilit\u00e9 d\u2019un Dieu, donc d\u2019un P\u00e8re, donc d\u2019un Sauveur, donc d\u2019une terre ressentie et envisag\u00e9e comme \u00e9tant une \u00ab&nbsp;Maison&nbsp;\u00bb, tabernacle d\u2019un Esprit saint. Et tout est dit.<\/p>\n\n\n\n<p>Parce que \u00ab&nbsp;l\u2019enfant est le p\u00e8re de l\u2019homme&nbsp;\u00bb \u2014 et que \u00ab&nbsp;l\u2019artiste est le seul fleuve qui remonte \u00e0 sa source&nbsp;\u00bb comme le disait si bien mon Ami Philippe Brunet, \u2014 au seuil de la mort, en tous les cas dans son grand \u00e2ge, Bonnefoy, dans \u00ab&nbsp;La Maison natale&nbsp;\u00bb, partie capitale du recueil de recueils <em>Les Planches courbes<\/em> publi\u00e9 en 2001, tente de remettre ses pas dans les pas de l\u2019enfant qu\u2019il a \u00e9t\u00e9, de l\u2019enfant qu\u2019il a tent\u00e9 d\u2019\u00eatre\u2026 et qui aurait tent\u00e9 de na\u00eetre&nbsp;? Dans \u00ab&nbsp;La Maison natale&nbsp;\u00bb \u2014 est-ce pourquoi Bonnefoy se croit rimbaldien&nbsp;? \u2014 on entend \u00e0 chaque vers le constat rimbaldien&nbsp;: \u00ab&nbsp;Il m\u2019est bien \u00e9vident que j\u2019ai toujours \u00e9t\u00e9 de race inf\u00e9rieure&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb23\">23<\/a>]&nbsp;\u00bb&nbsp;; mais si Rimbaud fait de ce constat un \u00e9l\u00e9ment d\u00e9monique&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb24\">24<\/a>] et dynamique, chez Bonnefoy, le sentiment se r\u00e9sout en apathie complaisante. Chez Baudelaire, il y a au moins la nostalgie du \u00ab&nbsp;vert paradis&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb25\">25<\/a>]&nbsp;\u00bb&nbsp;; chez Bonnefoy, il n\u2019y a pas de \u00ab&nbsp;<em>paradise lost&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb26\">26<\/a>]<\/em>&nbsp;\u00bb comme chez Milton, il n\u2019y a donc pas de r\u00e9demption possible. Il y a simplement chez Bonnefoy \u00ab&nbsp;les rumeurs de l\u2019autre rive, \/ Ces rires des enfants dans l\u2019herbe haute, \/ Ces jeux des autres, \u00e0 jamais des autres, dans leur joie&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb27\">27<\/a>].&nbsp;\u00bb Comme disait Brel de ses a\u00efeux dans une chanson fort connue&nbsp;: Bonnefoy est \u00ab&nbsp;gai comme le canal&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb28\">28<\/a>]&nbsp;\u00bb&nbsp;!\u2026<br>Ne lui demandez pas de regretter sa m\u00e8re, elle est \u00ab&nbsp;la sans-visage&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb29\">29<\/a>]&nbsp;\u00bb. D\u2019ailleurs, qu\u2019\u00ab&nbsp;a[\u2026][t-il], en effet, \u00e0 recueillir \/ De l\u2019\u00e9vasive pr\u00e9sence maternelle \/ Sinon le sentiment de l\u2019exil et des larmes \/ Qui troublaient ce regard cherchant \u00e0 voir \/ Dans les choses d\u2019ici le lieu perdu&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb30\">30<\/a>]&nbsp;?&nbsp;\u00bb Dans \u00ab&nbsp;La Maison natale&nbsp;\u00bb il \u00ab&nbsp;pleu[t] doucement dans toutes les salles&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb31\">31<\/a>]&nbsp;\u00bb&nbsp;; \u00ab&nbsp;De l\u2019eau gliss[e] \/ Silencieusement sur le sol noir&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb32\">32<\/a>]&nbsp;\u00bb&nbsp;; \u00ab&nbsp;si haute [est] d\u00e9j\u00e0 l\u2019eau dans le[s] salle[s]&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb33\">33<\/a>]&nbsp;\u00bb, qu\u2019on ne peut m\u00eame plus pousser les portes. On \u00ab&nbsp;entend[\u2026] crier des voix derri\u00e8re des portes&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb34\">34<\/a>]&nbsp;\u00bb \u2014 mais si on retrouve l\u00e0 le cagibi du <em>Proc\u00e8s<\/em> de Kafka, n\u2019esp\u00e9rez pas une quelconque compassion pour les victimes, non \u2014 on est \u00ab&nbsp;saisi par ces douleurs qui cognent\/ Aux chambranles qui se d\u00e9labrent, [mais on se] h\u00e2te \/ [car] Trop lourde [vous] est la nuit qui dure&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb35\">35<\/a>]&nbsp;\u00bb&nbsp;; dehors, \u00ab&nbsp;Il fai[t] nuit, des arbres se press[ent] \/ De toutes parts autour de [la] porte&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb36\">36<\/a>]&nbsp;\u00bb&nbsp;; c\u2019est \u00ab&nbsp;la vie mur\u00e9e dans la vie&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb37\">37<\/a>]&nbsp;\u00bb. Aussi,<\/p>\n\n\n\n<p><small>[\u2026] Comment garder<br>Audible l\u2019esp\u00e9rance dans le tumulte,<br>Comment faire pour que vieillir, ce soit rena\u00eetre,<br>Pour que la maison s\u2019ouvre, de l\u2019int\u00e9rieur,<br>Pour que ce ne soit pas que la mort qui pousse<br>Dehors celui qui demandait un lieu natal&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb38\">38<\/a>]&nbsp;?<\/small><\/p>\n\n\n\n<p>Elle est bonne celle-l\u00e0&nbsp;!\u2026 C\u2019est \u00e0 toi de nous le dire, mon vieux&nbsp;: en tant que po\u00e8te, c\u2019est ton boulot&nbsp;!\u2026 Et si tu n\u2019es pas capable de trouver une r\u00e9ponse satisfaisante, change de boulot&nbsp;!\u2026 \u00ab&nbsp;Le po\u00e8te n\u2019a droit au pain et au vin au m\u00eame titre que l\u2019ouvrier que s\u2019il donne aux autres l\u2019espoir&nbsp;\u00bb disait Camus. \u00ab&nbsp;Les po\u00e8tes sont l\u00e0 pour nous dire que le monde est beau, sans eux nous en douterions&nbsp;\u00bb, pensait Anatole France \u00e9galement, bien oubli\u00e9 sans doute, mais qui n\u2019a pas dit ou \u00e9crit que des conneries pour autant. La po\u00e9sie n\u2019est excusable surtout depuis Auschwitz, Auschwitz et Hiroshima, surtout depuis l\u2019Irak et le 11 septembre 2001 et ce qui va suivre, que si elle donne aux hommes \u00ab&nbsp;L\u2019Espoir&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb39\">39<\/a>]&nbsp;\u00bb pour compagnon \u2014 pour citer Malraux, \u00ab&nbsp;L\u2019Esp\u00e9rance&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb40\">40<\/a>]&nbsp;\u00bb pour compagne, pour citer P\u00e9guy, et un b\u00e2ton de p\u00e8lerin afin de tracer sa route, dans le ciel aussi&nbsp;: une \u00e9toile.<br>\u00ab&nbsp;Ne faut-il pas aider ceux qui l\u00e0-bas \/ Nous demandent rivage&nbsp;? Oui, clame l\u2019ombre [\u2026]&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb41\">41<\/a>]&nbsp;\u00bb admet Bonnefoy. Mais comment peut-on aider les autres, quand on ne peut s\u2019aider soi-m\u00eame d\u00e9j\u00e0&nbsp;? Bonnefoy rest\u00e9 vagissant dans l\u2019eau f\u0153tale et dans la nuit, patauge. Il pr\u00e9tend \u2014 pensant peut-\u00eatre \u00e0 Thomas de Quincey et au Baudelaire des <em>Paradis artificiels<\/em> \u00e9voquant la pr\u00e9sentation des enfants romains lev\u00e9s de terre pour \u00eatre d\u00e9di\u00e9s \u00e0 la D\u00e9esse Levana&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb42\">42<\/a>] \u2014 \u00eatre \u00ab&nbsp;l\u2019enfant qu\u2019elle n\u2019avait s\u00fb [C\u00e9r\u00e8s], \/ Elle pourtant si divine et riche de soi, \/ Soulever dans la flamme des jeunes bl\u00e9s \/ Pour qu\u2019il ait rire, dans l\u2019\u00e9vidence qui fait vivre, \/ Avant la convoitise du dieu des morts&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb43\">43<\/a>].&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><small>\u2014 Oh s\u2019il te pla\u00eet, sois mon p\u00e8re&nbsp;! Sois ma maison&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb44\">44<\/a>]&nbsp;!<\/small><\/p>\n\n\n\n<p>Dis l\u2019enfant, dis Bonnefoy enfant au g\u00e9ant, \u00e0 l\u2019adulte qu\u2019il est devenu\u2026 dis ainsi par \u00e9cho, dis en abyme le lecteur \u00e0 Bonnefoy qu\u2019il prend pour un po\u00e8te, puisqu\u2019il s\u2019affirme comme tel. Et Bonnefoy de r\u00e9pondre, de se r\u00e9pondre, puisqu\u2019il ne parle jamais Bonnefoy qu\u2019\u00e0 soi-m\u00eame, excluant \u00e0 jamais toute alt\u00e9rit\u00e9 \u2014 quel que soit le paradoxe permanent de la publication de ses \u00ab\u00a0\u0153uvres\u00a0\u00bb \u2014&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><small>\u2014 Il faut oublier tout cela, r\u00e9pond le g\u00e9ant [Bonnefoy], \u00e0 voix basse [\u00e0 l\u2019enfant Bonnefoy qu\u2019il trahit]. Il faut oublier ces mots. Il faut oublier les mots&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb45\">45<\/a>].<\/small><\/p>\n\n\n\n<p>Dans l\u2019aveu de son \u00e9chec, ponctuellement, pour qui sait lire, Bonnefoy est au reste on ne peut plus explicite&nbsp;; il faut au moins lui reconna\u00eetre cette franchise ponctuelle&nbsp;: d\u00e9crivant sa m\u00e8re, il la pr\u00e9sente comme \u00e9tant l\u2019un de \u00ab&nbsp;ces deux grands \u00eatres [qui] se parlaient au-dessus de [lui], \u00e0 travers [lui]&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb46\">46<\/a>]&nbsp;\u00bb, il la pr\u00e9sente face au p\u00e8re inexistant pour lui, du plus loin qu\u2019il pouvait regarder \u00ab&nbsp;n\u00e9 de race inf\u00e9rieure&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb47\">47<\/a>]&nbsp;\u00bb \u2014 comme l\u2019eut \u00e9crit Rimbaud, \u2014 comme \u00e9tant&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><small>L\u2019autre debout dehors comme une lampe,<br>Belle, tenant la coupe qu\u2019on lui offrait,<br>Buvant avidement de toute sa soif.<\/small><\/p>\n\n\n\n<p>Et il commente&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><small>Ai-je voulu me moquer, certes non,<br>Plut\u00f4t ai-je pouss\u00e9 un cri d\u2019amour<br>Mais avec la bizarrerie du d\u00e9sespoir,<br>Et le poison fut partout dans mes membres,<br>C\u00e9r\u00e8s moqu\u00e9e brisa qui l\u2019avait aim\u00e9e&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb48\">48<\/a>].<\/small><\/p>\n\n\n\n<p>On entend \u00e0 nouveau Rimbaud qu\u2019il invoque&nbsp;: \u00ab&nbsp;j\u2019ai aval\u00e9 une fameuse gorg\u00e9e de poison&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb49\">49<\/a>].&nbsp;\u00bb Mais Rimbaud a fait quelque chose de son malheur&nbsp;: une r\u00e9volte, une insurrection permanente. Bonnefoy, non. Il est rest\u00e9 soumis, envas\u00e9, sans rien faire, sans rien tenter.<\/p>\n\n\n\n<p>Comment pouvait-il se sauver&nbsp;?\u2026 Comme Baudelaire&nbsp;: dans la vue, dans le regard qui \u00ab&nbsp;boit&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb50\">50<\/a>]&nbsp;\u00bb pour s\u2019\u00ab&nbsp;enivrer&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb51\">51<\/a>]&nbsp;\u00bb, dans \u00ab&nbsp;l\u2019image&nbsp;\u00bb comme Baudelaire tenta de le faire, fr\u00e9n\u00e9tique, redevenu jeune pour un temps, dans son fameux <em>Spleen de Paris.<\/em> Cet exutoire, il y avait d\u00e9j\u00e0 recouru&nbsp;; il l\u2019avait d\u00e9j\u00e0 tent\u00e9e cette fuite salvatrice, tent\u00e9e en 1861, en rajoutant \u00ab&nbsp;Tableaux parisiens&nbsp;\u00bb \u00e0 ses <em>Fleurs du Mal.<\/em> \u00ab&nbsp;Dans l\u2019image&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb52\">52<\/a>]&nbsp;\u00bb, il pouvait y avoir l\u2019<em>imago<\/em>, le papillon&nbsp;; ce qui chez les catholiques est l\u2019image m\u00eame de la r\u00e9demption. Qu\u2019en est-il chez Bonnefoy&nbsp;? Dans \u00ab&nbsp;la maison natale&nbsp;\u00bb inond\u00e9e, \u00ab&nbsp;sur les miroirs \/ Amoncel\u00e9s partout&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb53\">53<\/a>]&nbsp;\u00bb renvoyant l\u2019image de la psych\u00e9, des reflets, \u00ab&nbsp;maison natale&nbsp;\u00bb de mirages&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><small>[\u2026] de ces reflets [\u2026] parfois un visage<br>Se d\u00e9gageait, riant, d\u2019une douceur<br>De plus et autrement que ce qu\u2019est le monde.<br>Et je touchais, h\u00e9sitant, dans l\u2019image,<br>Les m\u00e8ches d\u00e9sordonn\u00e9es de la d\u00e9esse,<br>Je d\u00e9couvrais sous le voile de l\u2019eau<br>Son front triste et distrait de petite fille.<br>\u00c9tonnement entre \u00eatre et ne pas \u00eatre,<br>Mais qui h\u00e9site \u00e0 toujours la bu\u00e9e&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb54\">54<\/a>] [\u2026].<\/small><\/p>\n\n\n\n<p>Quelle r\u00e9surrection, r\u00e9demption possible dans ces conditions&nbsp;?<br>Dans \u00ab&nbsp;la Maison natale&nbsp;\u00bb, il n\u2019y a de fait que les cartes&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><small>Les cartes puisqu\u2019il n\u2019est pas d\u2019autres images<br>Dans la maison natale pour recevoir<br>La demande du r\u00eave&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb55\">55<\/a>] [\u2026].<\/small><\/p>\n\n\n\n<p>Eh bien battons-les&nbsp;! ces cartes&nbsp;!\u2026 Elles valent bien mieux que les mirages&nbsp;!\u2026 m\u00eame les mirages de \u00ab&nbsp;d\u00e9esse&nbsp;\u00bb \u00ab&nbsp;petite fille&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb56\">56<\/a>]&nbsp;\u00bb&nbsp;!\u2026 Mais non, pas d\u2019engagement politique chez Bonnefoy&nbsp;: il est d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment hors du monde, hors de toute \u00ab&nbsp;Cit\u00e9&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb57\">57<\/a>]&nbsp;\u00bb, hors de soi\u2026 Mallarm\u00e9 \u00e9tait mal arm\u00e9 d\u00e9j\u00e0 pour affronter \u00ab&nbsp;De l\u2019\u00e9ternel azur la sereine ironie&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb58\">58<\/a>]&nbsp;\u00bb, mais Bonnefoy \u2014 est-ce par pacifisme&nbsp;? je ne le crois pas, \u2014 lui, n\u2019est pas arm\u00e9 du tout. Il est mort d\u00e9j\u00e0 avant que tout commence&nbsp;!\u2026 Je vous l\u2019ai dit, il n\u2019est pas au monde, il n\u2019est pas n\u00e9. Alors ne lui demandez pas comment \u00ab&nbsp;habiter le monde po\u00e9tiquement&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb59\">59<\/a>]&nbsp;\u00bb dans ces conditions. Ne lui demandons pas d\u2019\u00eatre \u00ab&nbsp;po\u00ebte&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb60\">60<\/a>]&nbsp;\u00bb en somme&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Avec tout mon bon sens belge, flamand, puisqu\u2019\u00ab&nbsp;il faut oublier les mots&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb61\">61<\/a>]&nbsp;\u00bb \u00e0 vous croire et \u00e0 vous entendre, Camarade Bonnefoy\u2026&nbsp;: oublions une bonne fois Yves Bonnefoy, une fois.<\/p>\n\n\n\n<p>Monsieur Bonnefoy, puisque \u00ab&nbsp;les mots [\u2026] ne savent dire&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb62\">62<\/a>]&nbsp;\u00bb, apr\u00e8s plus de cinquante ann\u00e9es d\u2019histrionisme postmoderne, alors m\u00eame que vous nous avez promis dans votre recueil si bien nomm\u00e9 \u00ab&nbsp;Dans le leurre des mots&nbsp;\u00bb&nbsp;: \u00ab&nbsp;C\u2019est, bient\u00f4t, le silence&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb63\">63<\/a>] [\u2026]&nbsp;\u00bb, prenez enfin votre retraite\u2026&nbsp;: nous l\u2019avons bien m\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>ET POURTANT, POURTANT [\u2026] (air connu)<br><\/strong><br>Au moment de ses \u00e9lections successives \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie royale de Belgique, puis \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie fran\u00e7aise, o\u00f9 il est all\u00e9, parce qu\u2019il les \u00ab&nbsp;compromettait&nbsp;\u00bb \u2014 selon le beau mot d\u2019\u00c9luard \u2014 et ne pouvait s\u2019y compromettre lui, n\u2019ayant rien \u00e0 leur promettre que son \u00e9ternelle d\u00e9sob\u00e9issance, bien r\u00e9elle, sous le fard mondain, Jean Cocteau, avec l\u2019\u00e9l\u00e9gance qui le caract\u00e9risait, concluait avec coquetterie mais non sans une certaine g\u00e8ne authentique&nbsp;: \u00ab&nbsp;pour recevoir ainsi une telle racl\u00e9e d\u2019honneurs, j\u2019ai d\u00fb commettre quelque faute\u2026&nbsp;\u00bb Le garnement, pardon, non, le \u00ab&nbsp;fayot de service&nbsp;\u00bb mis \u00e0 l\u2019honneur aujourd\u2019hui, lui, est mis \u00e0 l\u2019honneur comme on met au coin de l\u2019Histoire le cancre r\u00eaveur qui ne r\u00eave rien, n\u2019invente rien de neuf, avec un bonnet d\u2019\u00e2ne. On ne peut pas recevoir ainsi des \u00ab&nbsp;racl\u00e9es d\u2019honneurs&nbsp;\u00bb comme cela, sans avoir \u00ab&nbsp;commis quelque faute&nbsp;\u00bb. Si nous avions encore un doute sur le fait que les prix litt\u00e9raires ne sont qu\u2019une vaste farce, l\u2019attribution du \u00ab&nbsp;Prix Franz Kafka&nbsp;\u00bb \u00e0 \u00ab&nbsp;Bonnefoy&nbsp;\u00bb une fois, le dissipera\u2026 une bonne fois pour toute.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec Bonnefoy, une fois\u2026 \u2014 une fois de trop&nbsp;! \u2014 ce qu\u2019on vient de couronner, c\u2019est l\u2019imposture de cette litt\u00e9rature postmoderne, de cette \u00ab&nbsp;litt\u00e9rature en \u00e9chec&nbsp;\u00bb qui n\u2019a rien apport\u00e9 que sa trituration d\u00e9l\u00e9t\u00e8re, scatologique et infantile, que son narcissisme mortif\u00e8re, que son nihilisme en bref. Si Monsieur Yves Bonnefoy veut \u00eatre un peu lucide avec soi-m\u00eame, il doit savoir intimement qu\u2019il a rat\u00e9 son \u0152uvre.<\/p>\n\n\n\n<p>Cinquante-cinq ans de compromis, cinquante-cinq ans de l\u00e2chet\u00e9, \u00e0 osciller entre la vraie po\u00e9sie et la n\u00e9cessit\u00e9 suppos\u00e9e et \u00e9gotiste de \u00ab&nbsp;faire carri\u00e8re&nbsp;\u00bb, au lieu de \u00ab&nbsp;faire \u0152uvre&nbsp;\u00bb pour le bien d\u2019une communaut\u00e9. C\u2019est un constat. On pourrait vite prendre Bonnefoy dans la jeunesse pour le \u00ab&nbsp;Vieux Con&nbsp;\u00bb le plus bord\u00e9 de nouilles de la \u00ab&nbsp;litt\u00e9rature fran\u00e7aise&nbsp;\u00bb, l\u2019un des plus cabotins, l\u2019un des plus creux&nbsp;; et le fait qu\u2019il vient de recevoir \u2014 d\u00e9cern\u00e9 par une assembl\u00e9e de mondains en chambre \u2014 un prix suppos\u00e9 honorer <em>post-mortem<\/em> l\u2019un des \u00e9crivains les plus authentiques, les plus d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9s de la vraie litt\u00e9rature, l\u2019un des plus immuablement honn\u00eates avec soi-m\u00eame, avec autrui, avec une post\u00e9rit\u00e9 \u00e0 laquelle il ne croyait gu\u00e8re pour soi&nbsp;: Franz Kafka, n\u2019arrangera rien. Pauvre Kafka&nbsp;: tu restes Juif m\u00eame par-del\u00e0 la mort&nbsp;: il faut qu\u2019on se serve de toi, il faut \u00e0 toutes fins utiles pour te caser quelque-part, t\u2019attribuer une existence compatible avec la m\u00e9diocrit\u00e9 ambiante, qu\u2019on te \u00ab&nbsp;recycle&nbsp;\u00bb, \u00e0 l\u2019infini.<br>On peut penser que de Bonnefoy, une fois qu\u2019il aura cass\u00e9 sa pipe, il ne restera que les traductions pendant quelques temps, puis, tr\u00e8s vite \u2014 Du mouvement et de l\u2019immobilit\u00e9 de Douve&nbsp;! \u2014 les eaux de l\u2019oubli les recouvreront elles aussi, se feront \u00e9tales. Pour proposer des points de comparaison tangibles et explicites&nbsp;: cent ans de d\u00e9f\u00e9cation ou de conception mentale de notre pape postmoderne constip\u00e9 donc m\u00e9ritant puisqu\u2019\u0153uvrant parfois jusqu\u2019au sang, cinq cents ans de production du pape de la po\u00e9sie postmoderne ayant succ\u00e9d\u00e9 au pape A. Breton au fond tout \u00e0 fait solitaire lui aussi \u00e0 sa fa\u00e7on, ne vaudra jamais un texte comme \u00ab&nbsp;La Derni\u00e8re Classe&nbsp;\u00bb d\u2019Alphonse Daudet dans <em>Les Contes du Lundi<\/em> ou m\u00eame une \u0153uvre de Erckmann et de Chatrian. La moindre phrase sign\u00e9e de Erckmann et de Chatrian vaut quinze volumes d\u2019Yves Bonnefoy, et, le texte fameux \u00ab&nbsp;La Derni\u00e8re Classe&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb64\">64<\/a>]&nbsp;\u00bb, redisons-le, vaut mille ans de travail besogneux et de barbotage n\u00e9vrotique de notre pape de la po\u00e9sie postmoderne.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Et pourtant&nbsp;!\u2026 pourtant&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb65\">65<\/a>]&nbsp;!\u2026&nbsp;\u00bb Vous auriez pu \u00eatre un tr\u00e8s grand po\u00e8te, en tous les cas un bon po\u00e8te, Yves Bonnefoy&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><small>Je me souviens, c\u2019\u00e9tait un matin, l\u2019\u00e9t\u00e9,<br>La fen\u00eatre \u00e9tait entrouverte, je m\u2019approchais,<br>J\u2019apercevais mon p\u00e8re au fond du jardin.<br>Il \u00e9tait immobile, il regardait<br>O\u00f9, quoi, je ne savais, au-dehors de tout,<br>Vo\u00fbt\u00e9 comme il \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 mais redressant<br>Son regard vers l\u2019inaccompli ou l\u2019impossible [\u2026]. \/<br>Et [\u2026] l\u2019enfant maladroit prend les cartes,<br>Il substitue \u00e0 celles de l\u2019autre jeu<br>Toutes les cartes gagnantes, puis il attend<br>Avec fi\u00e8vre, que la partie reprenne, et que celui<br>Qui perdait gagne, et si glorieusement<br>Qu\u2019il y voie comme un signe, et de quoi nourrir<br>Il ne sait, lui l\u2019enfant, quelle esp\u00e9rance&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb66\">66<\/a>]. [\u2026]<\/small><\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est beau\u2026 C\u2019est terriblement beau, cela, Bonnefoy&nbsp;!\u2026 L\u00e0, au moins, votre p\u00e8re, votre pauvre papa, vous ne le reniez pas&nbsp;!\u2026 L\u00e0, il nous est si grand, nous est si proche&nbsp;!\u2026 L\u00e0, au moins, une fois de plus, vous ne nous d\u00e9cevez pas\u2026 Parfois vous vous fendez d\u2019un \u00ab&nbsp;il me semble aussi que n\u2019est r\u00e9elle \/ Que la voix qui esp\u00e8re, serait-elle \/ Inconsciente des lois qui la d\u00e9nient. \/ R\u00e9el, seul, le fr\u00e9missement de la main qui touche \/ La promesse d\u2019une autre&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb67\">67<\/a>] [\u2026]&nbsp;\u00bb Mais cela ne dure jamais longtemps avec vous la pr\u00e9somption d\u2019esp\u00e9rance dans le monde de \u00ab&nbsp;l\u2019\u00e8re du soup\u00e7on&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb68\">68<\/a>]&nbsp;\u00bb, dans le nihilisme ambiant, dans la soupe aux choux postmoderne&nbsp;; comme un enfant, comme un sale gosse, il faut bient\u00f4t, il faut de suite, que vous cassiez le \u00ab&nbsp;joujou&nbsp;\u00bb, que vous cassiez tout, pour \u00ab&nbsp;voir l\u2019\u00e2me&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb69\">69<\/a>]&nbsp;\u00bb, et, bien s\u00fbr, vous ne la trouvez pas&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><small>Apr\u00e8s quoi deux voies se s\u00e9parent, et l\u2019une d\u2019elles<br>Se perd, et presque tout de suite, et ce sera<br>Tout de m\u00eame l\u2019oubli, l\u2019oubli avide&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb70\">70<\/a>].<\/small><\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9j\u00e0 \u2014 c\u2019est plus fort que vous&nbsp;! \u2014 l\u2019on retourne \u00ab&nbsp;Au rebord disloqu\u00e9 de la parole&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb71\">71<\/a>]&nbsp;\u00bb, aux \u00ab&nbsp;ruines de la parole&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb72\">72<\/a>]&nbsp;\u00bb, \u00e0 \u00ab&nbsp;la lucidit\u00e9 qui d\u00e9sesp\u00e8re&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb73\">73<\/a>]&nbsp;\u00bb. Vous auriez pu \u00eatre un grand po\u00e8te, Bonnefoy, en tous les cas un bon po\u00e8te, issu du peuple, ne le reniant pas\u2026 un grand po\u00e8te populaire, comme l\u2019avaient \u00e9t\u00e9 Victor Hugo ou Louis Aragon avant vous\u2026 seulement voil\u00e0, vous avez voulu faire carri\u00e8re, plaire aux universitaires pour qu\u2019on fasse des colloques sur vous, pour qu\u2019on vous ouvre certaines portes\u2026 alors que la vraie po\u00e9sie est reine, fille de l\u2019air, s\u2019introduit partout sans qu\u2019on l\u2019invite, sans qu\u2019on le lui autorise, comme Ariel ou Puck\u2026<br>Vous avez rat\u00e9 votre vie, Bonnefoy, votre \u0152uvre en tous cas. Votre gloire est un bruissement de feuilles s\u00e8ches\u2026 Elle se dissipera avec le vent de l\u2019Histoire, quand il soufflera.<\/p>\n\n\n\n<p>Oui, vous auriez pu \u00eatre un bon po\u00e8te, Monsieur Bonnefoy, mais vous avez choisi votre carri\u00e8re, vous avez choisi de vivre entre la ch\u00e8vre lyrique et le choux postmoderne\u2026 vous avez reni\u00e9 votre pauvret\u00e9 ancienne \u2014 votre seule richesse authentique \u2014 vous avez reni\u00e9 les v\u00f4tres, vos parents&nbsp;: l\u2019image que vous en donnez dans \u00ab&nbsp;La Maison natale&nbsp;\u00bb est terrible et sans doute fausse, en tous les cas n\u2019apporte rien \u00e0 leur m\u00e9moire ni \u00e0 votre pr\u00e9sent. Vous, en pensant \u00e0 eux et en les pesant croyez-vous, vous n\u2019avez comme tombe pour eux que \u00ab&nbsp;l\u2019oubli, l\u2019oubli avide&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb74\">74<\/a>]&nbsp;\u00bb&nbsp;; et vous avouez vous-m\u00eame apr\u00e8s cet aveu&nbsp;: \u00ab&nbsp;J\u2019aurai barr\u00e9 \/ Cent fois ces mots partout, en vers, en prose, \/ Mais je ne puis \/ Faire qu\u2019ils ne remontent dans ma parole&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb75\">75<\/a>].&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la po\u00e9sie de Bonnefoy&nbsp;: Absence de Dieu, du sacr\u00e9\u2026 Absence du politique et de l\u2019engagement\u2026 Absence r\u00e9solue d\u2019espoir et d\u2019esp\u00e9rance\u2026 Bonnefoy serait-il \u00ab&nbsp;un non-n\u00e9&nbsp;\u00bb comme je les appelle&nbsp;? Un verbe qui cherche \u00e0 occulter la non-vie, le non-lieu natal&nbsp;: une \u00e9criture de la honte. J\u2019y reviens. Comment puis-je faire autrement&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Et pourtant&nbsp;!\u2026 pourtant&nbsp;!\u2026&nbsp;\u00bb Oui, Monsieur Bonnefoy, la po\u00e9sie sert \u00e0 battre les cartes, quand le Destin, ou, plus simplement la classe sociale o\u00f9 l\u2019on est n\u00e9 vous est contraire&nbsp;!\u2026 Elle sert \u00e0 fraternellement aider nos fr\u00e8res \u00e0 battre les cartes, \u00ab&nbsp;Dans la maison natale [qui est notre maison commune, notre \u00ab\u00a0Maison du Peuple\u00a0\u00bb] pour recevoir\/ La demande du r\u00eave&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb76\">76<\/a>]&nbsp;\u00bb&nbsp;; elle est l\u00e0 pour inviter \u00e0 tenter de les battre, de tenter de les battre sans cesse ces cartes, pour changer le jeu, m\u00eame \u00ab&nbsp;maladroit&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb77\">77<\/a>]&nbsp;\u00bb, la po\u00e9sie n\u2019est l\u00e0 que pour tenter de \u00ab&nbsp;substitue[r] \u00e0 celles de l\u2019autre jeu \/ Toutes les cartes gagnantes&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb78\">78<\/a>]&nbsp;\u00bb, puis d\u2019attendre, oui \u00ab&nbsp;Avec fi\u00e8vre, que la partie reprenne, et que celui \/ Qui perdait gagne, et si glorieusement \/ Qu\u2019il y voie comme un signe, et de quoi nourrir \/ Il ne sait, lui l\u2019enfant [le po\u00e8te&nbsp;!], quelle esp\u00e9rance&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb79\">79<\/a>].&nbsp;\u00bb C\u2019est \u00e0 cela que sert, qu\u2019a toujours servi la po\u00e9sie&nbsp;: \u00e0 Auschwitz comme ailleurs, partout&nbsp;!\u2026 toujours et en tous lieux&nbsp;!\u2026 Puisque vous le saviez, que ne l\u2019avez-vous fait, mis en pratique&nbsp;!\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;l\u2019oubli, l\u2019oubli avide&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb80\">80<\/a>].&nbsp;\u00bb vous l\u2019avouez&nbsp;!\u2026 L\u2019oubli du p\u00e8re, du p\u00e8re pass\u00e9. L\u2019oubli de tous les P\u00e8res, n\u2019est-ce pas&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p><small>J\u2019aurai barr\u00e9<br>Cent fois ces mots partout, en vers, en prose,<br>Mais je ne puis<br>Faire qu\u2019ils ne remontent dans ma parole&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb81\">81<\/a>].<\/small><\/p>\n\n\n\n<p>Quel enfant dans le p\u00e8re qui pourrait \u00eatre encore le p\u00e8re de l\u2019enfant en soi&nbsp;? Il n\u2019y avait donc plus d\u2019enfant dans votre p\u00e8re, Bonnefoy&nbsp;? Qu\u2019en saviez-vous&nbsp;? Qu\u2019en savez-vous&nbsp;?\u2026 C\u2019\u00e9tait \u00e0 vous d\u2019aller chercher cet enfant en lui, \u00e0 vous d\u2019aller le prendre par la main comme Valjean prend Cosette par la main, Bonnefoy, l\u2019enfant martyr, pour le ramener au jour. Vous ne l\u2019avez pas fait. Ne nous accablez pas de vos j\u00e9r\u00e9miades. Vous ne l\u2019avez pas fait. Voil\u00e0. Tout est dit. Il n\u2019y a plus rien \u00e0 dire. \u00ab&nbsp;Les mots [\u2026] ne savent dire&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb82\">82<\/a>]&nbsp;\u00bb en effet. Les pages qui sont \u00e9crites ne sont plus \u00e0 \u00e9crire, et on ne les cache pas sous des pages d\u2019\u00e9criture postiches, potiches&nbsp;!\u2026 On \u00e9crit pour la vie en pariant sur la vie&nbsp;: on n\u2019\u00e9crit pas contre la Mort si la vie n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 v\u00e9cue. Du p\u00e8re, vous ne direz que ceci \u00ab&nbsp;la fatigue \/ Qui a \u00e9t\u00e9 le seul nimbe des gestes \/ Qu\u2019il fut donn\u00e9 \u00e0 son fils d\u2019entrevoir \/ Le d\u00e9tache d\u00e9j\u00e0 de cette rive&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb83\">83<\/a>]&nbsp;\u00bb Pas de p\u00e8re mod\u00e8le. Un p\u00e8re ectoplasme, donc pas de \u00ab&nbsp;mort du p\u00e8re&nbsp;\u00bb non plus, donc, pas de maturit\u00e9, pas de sexuation possible, et, de fait, la compagne appara\u00eet comme l\u2019autre\u2026 \u00ab&nbsp;\u00e9trang\u00e8re&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;celle qui r\u00eava \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de [vous] \/ Dans la maison perdue. \u00c0 son silence \/ Soient d\u00e9di\u00e9s, au soir, \/ Les mots qui semblent ne parler que d\u2019autre chose&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb84\">84<\/a>]&nbsp;\u00bb, bref, une fois de plus dans \u00ab&nbsp;les ruines de la parole&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb85\">85<\/a>]&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;les mots qui ne savent dire&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb86\">86<\/a>]&nbsp;\u00bb Qu\u2019est-ce que vous cherchez \u00e0 justifier avec ce galimatias path\u00e9tique&nbsp;: la faillite de votre vie en m\u00eame temps que la faillite de toute une \u00e9poque&nbsp;: votre posthistoricit\u00e9 et votre postmodernit\u00e9 natives&nbsp;?\u2026 Et les couilles, bordel&nbsp;!\u2026 Les couilles de l\u2019Esprit, et les autres&nbsp;!\u2026 Elles vous ont \u00e9t\u00e9 donn\u00e9es pour quoi&nbsp;?\u2026 La vie et la possibilit\u00e9 de cr\u00e9er et de transmettre la vie, vous ont \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e pour quoi&nbsp;?\u2026 Le monde s\u2019arr\u00eate avec vous, Bonnefoy&nbsp;?\u2026&nbsp;!\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Tout l\u2019\u00e9chec de votre \u0152uvre se r\u00e9sume dans ce po\u00e8me VII de <em>La Maison natale<\/em>, dans ce po\u00e8me sublime que vous dynamitez vous-m\u00eame, par convenance, par soumission aux doctes doxas postmodernes qui r\u00e9gissent encore le monde de la critique et de la \u00ab\u00a0litt\u00e9rature\u00a0\u00bb, aujourd\u2019hui. Mais Messieurs les postmodernes, vous allez bient\u00f4t rejoindre votre vraie place&nbsp;: \u00ab&nbsp;Les poubelles de l\u2019Histoire&nbsp;\u00bb comme disait Lev Davidovitch Bronstein auto-nomm\u00e9 par d\u00e9rision du nom d\u2019un de ses bourreaux&nbsp;: Trotski\u2026 aux Koulaks et aux exploiteurs qui avaient mis le peuple russe en esclavage.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour situer la nouvelle g\u00e9ographie du monde pour vous, Bonnefoy, limitant l\u2019univers \u00e0 votre seule personne ou non-personne, c\u2019est vous m\u00eame qui concluez, \u00e9voquant \u2014 all\u00e9gorie, portulan du d\u00e9sastre par avance annonc\u00e9, \u2014 dans votre salle de classe, dans cette salle de classe o\u00f9 vous n\u2019avez jamais su \u00eatre enfant, n\u2019\u00e9tant pas, n\u2019\u00e9tant jamais \u00ab&nbsp;n\u00e9&nbsp;\u00bb, une carte&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><small>[\u2026] cette carte de g\u00e9ographie, sur la paroi<br>Jaune, ce d\u00e9colorement des noms et des formes,<br>Ce dessaisissement des montagnes, des fleuves,<br>Par la blancheur qui transit le langage,<br>Vois, ce fut ton seul livre. L\u2019Isis du pl\u00e2tre<br>Du mur de cette salle, qui s\u2019\u00e9caille,<br>N\u2019a jamais eu, elle n\u2019aura rien d\u2019autre<br>\u00c0 entrouvrir pour toi, refermer sur toi&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb87\">87<\/a>].<\/small><\/p>\n\n\n\n<p>Et Bonnefoy, quand m\u00eame, de conclure sa \u00ab&nbsp;Maison natale&nbsp;\u00bb pour m\u00e9nager le lecteur sans doute et ne pas se couper de sa client\u00e8le, laisser pr\u00e9sager d\u2019autres \u00e9pisodes&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><small>Et piti\u00e9 pour C\u00e9r\u00e8s et non moquerie,<br>Rendez-vous \u00e0 des carrefours dans la nuit profonde,<br>Cris d\u2019appels au travers des mots, m\u00eame sans r\u00e9ponse,<br>Parole m\u00eame obscure mais qui puisse<br>Aimer enfin C\u00e9r\u00e8s qui cherche et souffre&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb88\">88<\/a>].<\/small><\/p>\n\n\n\n<p>\u2014&nbsp;Allons, ce n\u2019est pas C\u00e9r\u00e8s que l\u2019on trouve \u00e0 vos carrefours, Bonnefoy, mais H\u00e9cate et ses chiens hurlants, l\u2019Art\u00e9mis des carrefours&nbsp;!\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Souvent, vous \u00ab\u00a0d\u00e9filant\u00a0\u00bb, vous faites semblant de nous parler de \u00ab&nbsp;Voyage&nbsp;\u00bb comme Baudelaire&nbsp;!\u2026 Mais avec l\u2019ironie triomphante de Rimbaud, je constate que chez vous \u00ab&nbsp;On ne part pas&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb89\">89<\/a>]&nbsp;!&nbsp;\u00bb Il ne s\u2019agit pas d\u2019aller courageusement \u00ab&nbsp;Au fond de l\u2019Inconnu pour trouver du <em>nouveau<\/em>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb90\">90<\/a>]<em>&nbsp;!<\/em>&nbsp;\u00bb, non pas&nbsp;! Le fond de l\u2019inconnu chez vous est connu, on ne conna\u00eet que \u00ab&nbsp;\u00e7\u00e0&nbsp;\u00bb&nbsp;: c\u2019est le retour vers le non-berceau, du non-natal, vers la non-maison du pass\u00e9&nbsp;: raison du non-\u00eatre, et, du fait que vous \u00eates ce que je nomme \u00ab&nbsp;un non-n\u00e9&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb91\">91<\/a>]&nbsp;:&nbsp;\u00bb, \u00e0 la suite m\u00eame de Baudelaire et de Kafka \u2014 sur ce point je l\u2019admets \u2014 mais, vous, sans \u00ab&nbsp;panache&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb92\">92<\/a>]&nbsp;\u00bb, oh oui&nbsp;! sans aucun \u00ab&nbsp;panache&nbsp;\u00bb vraiment.<\/p>\n\n\n\n<p>Nonobstant le d\u00e9sastre, l\u2019ivresse perp\u00e9tuelle du naufrage annonc\u00e9, du naufrage s\u00fbr, la certitude absolue par avance de l\u2019\u00e9chec du passeur qui ne passera rien ni personne&nbsp;: Admirez, Messieurs-Dames&nbsp;: \u00ab&nbsp;\u00c0 la poupe est le nautonier, plus grand que le monde, \/ Plus noir, mais d\u2019une matit\u00e9 phosphorescente&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb93\">93<\/a>].&nbsp;\u00bb Une fois encore vous semblez invoquer Baudelaire comme argument d\u2019autorit\u00e9&nbsp;:<br>\u00ab&nbsp;J\u2019ai trouv\u00e9 la d\u00e9finition du Beau, \u2014 de mon beau [\u2026]&nbsp;: <em>Satan<\/em>, \u2014 \u00e0 la mani\u00e8re de Milton&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb94\">94<\/a>].&nbsp;\u00bb Est-ce l\u00e0 votre ultime coquetterie pour invoquer comme argument d\u2019autorit\u00e9 aussi les spectres du romantisme allemand&nbsp;?\u2026 Allons donc&nbsp;! votre Diable, comme celui de Sollers, Bonnefoy, n\u2019est pas celui de Baudelaire, encore moins de Byron, de Goethe ou de Chamiso&nbsp;: c\u2019est un diablotin de kermesse flamande, avec un trident en plastique mou, une queue pas m\u00eame fourchue mais en tire-bouchon comme celle des cygnes ou des canards, pour les accouplements d\u00e9moniaques en milieux mouvants. Ne croyant pas ou plus aux Dieux, vous ne savez m\u00eame pas vous damner&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Voici le constat&nbsp;: l\u2019homme Bonnefoy \u2014 le \u00ab\u00a0po\u00e8te\u00a0\u00bb, vraiment, vous croyez&nbsp;? \u2014 perdu \u00ab&nbsp;Dans le leurre des mots&nbsp;\u00bb depuis cinquante ans et plus, qui ne voit comme horizon pour lui que celui des \u00ab&nbsp;Planches courbes&nbsp;\u00bb de son cercueil votif \u00e0 l\u00e2cher sur le grand fleuve \u2014 de l\u2019Oubli ou de la renomm\u00e9e&nbsp;?\u2026 \u2014&nbsp;: pour un tel po\u00e8te&nbsp;: quelle post\u00e9rit\u00e9&nbsp;? Les jeunesses futures pourront-elles se reconna\u00eetre dans celui qui n\u2019a jamais su \u00eatre jeune, qui n\u2019a jamais su \u00eatre au monde, dans celui dont l\u2019\u0152uvre d\u00e9gouline d\u2019auto-compassion, d\u2019auto-sympathie&nbsp;: Narcisse qui cherche \u00c9cho, et va l\u2019inventer dans sa voix\u2026 Mais l\u2019aveu est l\u00e0, il le dit lui-m\u00eame, et on ne peut plus explicitement&nbsp;: \u00ab&nbsp;la voix que j\u2019\u00e9coute se perd, \/ Le bruit de fond qui est dans la nuit la recouvre&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb95\">95<\/a>]&nbsp;\u00bb [brouillon de la formule&nbsp;: je suis la \u00ab&nbsp;Vague qui se rabat sur le d\u00e9sir&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb96\">96<\/a>]&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Lectrices, lecteurs&nbsp;!\u2026 si vous aimez comme moi la po\u00e9sie qui bande \u2014 selon le principe coct\u00e9lien de \u00ab&nbsp;l\u2019\u00e9rection mentale&nbsp;\u00bb, s\u2019entend, \u2014 qui bande \u00e0 tous vents, qui fait l\u2019amour \u00e0 tous vents et qui f\u00e9conde g\u00e9n\u00e9reusement sans distinction d\u2019\u00e2ge, de classe et de race&nbsp;: fuyez, pauvres lectrices&nbsp;! pauvres lecteurs&nbsp;!\u2026 la \u00ab\u00a0po\u00e9sie\u00a0\u00bb d\u2019Yves Bonnefoy, qui, depuis plus de cinquante ans, s\u2019obstine&nbsp;! On ne peut r\u00eaver plus grande d\u00e9bandade&nbsp;!\u2026&nbsp;: le pire des \u00ab&nbsp;pleurards&nbsp;\u00bb romantiques \u2014 ils avaient leur fiert\u00e9 quand m\u00eame \u2014 n\u2019aurait jamais os\u00e9 exhiber pareil d\u00e9ballage, pareille d\u00e9route \u00e9thique&nbsp;!\u2026 Et dire que ce sont ces Messieurs, Messieurs les postmodernes, ceux-l\u00e0 m\u00eames qui encensent Bonnefoy \u2014 solidarit\u00e9 d\u2019impuissants \u2014 qui font la fine bouche devant le lyrisme&nbsp;!\u2026 Eh bien&nbsp;! effectivement&nbsp;! un lyrisme d\u00e9bandant comme cela et flapi comme cela, ils peuvent se le carrer o\u00f9 je pense&nbsp;!\u2026 Moi, je r\u00eave d\u2019un lyrisme priapique, exultant comme le \u00ab&nbsp;sexe \/ Tour Eiffel&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb97\">97<\/a>]&nbsp;!&nbsp;\u00bb de notre bon Blaise, notre Ma\u00eetre \u00e0 tous, \u00e0 nous r\u00e9actionnaires lyriques&nbsp;: j\u2019ai nomm\u00e9 le grand \u00ab\u00a0pour le coup\u00a0\u00bb \u2014 un \u00ab\u00a0coup\u00a0\u00bb comme tous les autres \u00e0 tirer, \u00e0 tenter encore \u2014&nbsp;: Blaise Cendrars&nbsp;!\u2026 Blaise Cendrars dont le sexe mental lyrique tel un sextant infaillible, gros comme la canne \u00e0 pomme du bon Honor\u00e9 (de Balzac), pointe toujours vers l\u2019avenir pour des f\u00e9condations futures&nbsp;!\u2026 Honor\u00e9s de balsa ou de sureau&nbsp;!\u2026 Cendres sans braises&nbsp;!\u2026&nbsp;: disparaissez, dispers\u00e9s au vent de l\u2019Histoire qui revient souffler, pour notre malheur d\u2019abord certes, mais pour notre r\u00e9veil enfin, notre bonheur futur&nbsp;!\u2026 Dans les vents, les temp\u00eates \u00e0 venir, Messieurs les petits messieurs, vous ne pesez pas tout en pesant, vous ne serez pas assez lourds&nbsp;: vous ne faites pas le poids&nbsp;!\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Il suffit de comparer le dernier livre sur Goya sign\u00e9 Bonnefoy avec le <em>Saturne&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb98\">98<\/a>]<\/em> de Malraux pour comprendre que sur les deux il en est un qui est un poseur dans le vent, une girouette en somme, qui n\u2019a rien compris \u00e0 rien. Le tragique ne se pense pas. Au corps d\u00e9fendant de la victime qui se d\u00e9fend, il s\u2019incarne. Il se vit avec la chair et l\u2019\u00e2me. Tout n\u2019est pas r\u00e9cup\u00e9rable.<br><strong><br>POSTFACE&nbsp;: POUR QU\u2019IL NE PERDE PLUS LA FACE<br><\/strong><br>\u00ab&nbsp;Ma\u00eetre&nbsp;\u00bb \u2014 est-ce ainsi qu\u2019il faut vous appeler ne serait-ce que par respect pour votre \u00e2ge, votre long\u00e9vit\u00e9 dans la profession, la long\u00e9vit\u00e9 n\u2019ayant jamais rien prouv\u00e9&nbsp;? \u2014 ce que vous faites manque de c\u0153ur et de couille, de sang\u2026 ce que vous faites manque de vie, tout simplement\u2026 \u00ab&nbsp;la vraie vie est absente&nbsp;\u00bb de votre \u0152uvre, et tous les \u00ab&nbsp;Prix Franz Kafka&nbsp;\u00bb du monde, n\u2019y viendront rien changer.<\/p>\n\n\n\n<p><small>Abandonner les mots \u00e0 qui rature,<br>Prose, par \u00e9vidence de la mati\u00e8re,<br>L\u2019offre de la beaut\u00e9 dans la v\u00e9rit\u00e9&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nb99\">99<\/a>]<\/small><\/p>\n\n\n\n<p>Ne comptez pas sur moi&nbsp;!\u2026 Autant ne plus \u00e9crire, autant se taire&nbsp;!\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Pour conclure sur un suspens qui vous laisse l\u2019avenir ouvert\u2026&nbsp;: je ne r\u00e9siste pas au plaisir charitable et chr\u00e9tien, Yves Bonnefoy, de vous sugg\u00e9rer, pour votre fin de \u00ab\u00a0carri\u00e8re\u00a0\u00bb et pour clore et \u00ab\u00a0parfaire\u00a0\u00bb votre \u0152uvre, la lecture et surtout la m\u00e9ditation d\u2019un po\u00e8me, il est de Charles P\u00e9guy&nbsp;; peut-\u00eatre vous am\u00e8nera-t-il \u00e0 r\u00e9orienter votre \u0152uvre. Vous savez ce que disait le cur\u00e9 d\u2019Ars&nbsp;: \u00ab&nbsp;entre le pont et l\u2019eau, il y a pour Dieu encore la place pour une r\u00e9demption possible&nbsp;\u00bb&nbsp;; il suffit simplement de regretter, d\u2019avouer que l\u2019on s\u2019est tromp\u00e9. L\u2019erreur est humaine, m\u00eame pour un po\u00e8te, oui\u2026 Ce po\u00e8me, cette lecture que vous allez faire, permettez-moi de la d\u00e9dier \u00e0 votre m\u00e8re, \u00e0 votre p\u00e8re, en ces jours de Toussaint et de f\u00eate pour tous les \u00ab\u00a0morts\u00a0\u00bb, pour beaucoup plus vivants que nous, en Dieu\u2026&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><small><strong>L\u2019ESP\u00c9RANCE<\/strong><\/small><\/p>\n\n\n\n<p><small>La foi que j\u2019aime le mieux, dit Dieu, c\u2019est l\u2019esp\u00e9rance.<br>La foi, \u00e7a ne m\u2019\u00e9tonne pas, \u00e7a n\u2019est pas \u00e9tonnant.<br>J\u2019\u00e9clate tellement dans ma cr\u00e9ation.<br>Mais l\u2019esp\u00e9rance, dit Dieu, voil\u00e0 ce qui m\u2019\u00e9tonne.<br>\u00c7a c\u2019est \u00e9tonnant, que ces pauvres enfants voient comment tout \u00e7a se passe<br>et qu\u2019ils croient que demain \u00e7a ira mieux, qu\u2019ils voient comment \u00e7a se passe aujourd\u2019hui et qu\u2019ils croient que \u00e7a ira mieux demain matin.<br>\u00c7a c\u2019est \u00e9tonnant et c\u2019est bien la plus grande merveille de notre gr\u00e2ce.<br>Et j\u2019en suis \u00e9tonn\u00e9 moi-m\u00eame.<br>Il faut, en effet, que ma gr\u00e2ce soit d\u2019une force incroyable, et qu\u2019elle coule d\u2019une source et comme un fleuve in\u00e9puisable.<br>La petite esp\u00e9rance s\u2019avance entre ses deux grandes s\u0153urs, et on ne prend seulement pas garde \u00e0 elle. Sur le chemin du salut, sur le chemin charnel, sur le chemin raboteux du salut, sur la route interminable, sur la route entre ses deux s\u0153urs, la petite esp\u00e9rance s\u2019avance.<br>C\u2019est elle, cette petite, qui entra\u00eene tout.<br>Car la foi ne voit que ce qui est,<br>Et elle, elle voit ce qui sera.<\/small><\/p>\n\n\n\n<p><small>La charit\u00e9 n\u2019aime que ce qui est,<br>Et elle, elle voit ce qui sera.<br>La foi voit ce qui est dans le temps et l\u2019\u00e9ternit\u00e9.<br>L\u2019esp\u00e9rance voit ce qui sera dans le temps et l\u2019\u00e9ternit\u00e9.<br>Pour ainsi dire dans le futur de l\u2019\u00e9ternit\u00e9 m\u00eame.<\/small><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Charles P\u00e9guy<\/strong><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><strong>POST-SCRIPTUM&nbsp;:<\/strong> Excusez-moi, je ne relis pas. J\u2019ai fait cela sur un coin de table, vite, et en vous accordant pourtant beaucoup de mes temps de loisir.<br>Vous trouverez sans doute mon ton d\u00e9braill\u00e9, \u00e0 la hussarde, \u00ab&nbsp;populaire&nbsp;\u00bb, insupportable de vulgarit\u00e9&nbsp;? Sans doute, est-il plaisant d\u2019\u00eatre vulgaire avec quelqu\u2019un qui se croit si \u00e9minemment \u00ab\u00a0distingu\u00e9\u00a0\u00bb.<br>Pardon \u00ab&nbsp;Ma\u00eetre&nbsp;\u00bb&nbsp;; je ne suis pas \u201cpolitiquement correct\u201d&nbsp;; je ne d\u00e9fends pas une carri\u00e8re comme un arriviste. Je n\u2019ai \u00e0 m\u00e9nager personne ainsi&nbsp;: que ceux qui le m\u00e9ritent, presque toujours les humbles, les gens de peu. Je dis ce que je pense honn\u00eatement, en ayant pour vous le respect de \u201cma\u201d v\u00e9rit\u00e9. Je fais l\u2019effort ici de la partager avec vous et avec cette faune qui gravite autour de vous.<\/p>\n\n\n\n<p><small>[Si la lectrice ou le lecteur souhaitent une ouverture, je leur sugg\u00e8re de se reporter \u00e0 mon article <a href=\"http:\/\/utopiktulkas.free.fr\/polaire\/spip.php?article35%20;\">\u00ab&nbsp;Franz Kafka &amp; les postmodernes&nbsp;\u00bb<\/a>, extrait d\u2019une \u00e9tude approfondie sur Kafka, encore in\u00e9dite \u00e0 ce jour&nbsp;; dans le m\u00eame ordre d\u2019id\u00e9e, ils pourront lire aussi, avec profit j\u2019esp\u00e8re, <a href=\"http:\/\/utopiktulkas.free.fr\/polaire\/spip.php?article53\">un article sur Blaise Cendrars<\/a>, v\u00e9ritable r\u00e9novateur de la po\u00e9sie lyrique, vainement pill\u00e9 par Apollinaire. S\u2019ils souhaitent mieux situer notre position th\u00e9orique, outre les \u00e9ditoriaux, je leur sugg\u00e8re, un article sur Ren\u00e9 Guy Cadou&nbsp;: <a href=\"http:\/\/utopiktulkas.free.fr\/polaire\/spip.php?article12&amp;var_mode=calcul\">http:\/\/utopiktulkas.free.fr\/polaire\/spip.php?article12&amp;var_mode=calcul<\/a><\/small><\/p>\n\n\n\n<p><small>[Si vous voulez savoir ce que des jeunes aimant la litt\u00e9rature pensent de Bonnefoy, j\u2019ai trouv\u00e9 ce forum, vous verrez&nbsp;: pour certains c\u2019est sans appel, c\u2019est \u00e9difiant&nbsp;: <a href=\"http:\/\/66.102.9.104\/search?q=cache:Cm41F5YES-IJ:jeunesecrivains.superforum.fr\/Auteurs-f10\/Yves-Bonnefoy-t4634.htm+%22je+d%C3%A9teste+bonnefoy%22&amp;hl=fr&amp;ct=clnk&amp;cd=1&amp;gl=fr\">http:\/\/66.102.9.104\/search?q=cache:Cm41F5YES-IJ:jeunesecrivains.superforum.fr\/Auteurs-f10\/Yves-Bonnefoy-t4634.htm+%22je+d%C3%A9teste+bonnefoy%22&amp;hl=fr&amp;ct=clnk&amp;cd=1&amp;gl=fr<\/a>]<\/small><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh1\">1<\/a>]&nbsp;.\u2014 Yves Bonnefoy, <em>Les Planches courbes<\/em>, ensemble de recueils comprenant <em>La Pluie d\u2019\u00e9t\u00e9, La Voix lointaine, Dans le leurre des mots, La Maison natale, Les Planches courbes, L\u2019Encore aveugle, Jeter des pierres.<\/em> Toutes les notes relatives \u00e0 l\u2019ouvrage se r\u00e9f\u00e9reront \u00e0 l\u2019\u00e9dition parue aux \u00e9ditions Gallimard, coll. \u00ab&nbsp;Po\u00e9sie\/Gallimard&nbsp;\u00bb, 2005. Il convient de rappeler que toutes les jeunes Fran\u00e7aises et les jeunes Fran\u00e7ais de Terminales L ont d\u00fb \u00e9tudier en 2005-2006, puis en 2006-2007 cet ouvrage que l\u2019\u00c9ducation Nationale avait mis au programme du Bac. Ce que c\u2019est que les relations, \u00e0 d\u00e9faut de c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 populaire et r\u00e9elle, quand m\u00eame&nbsp;!\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh2\">2<\/a>]&nbsp;.\u2014 au sens o\u00f9 le Panth\u00e9on l\u2019entend.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh3\">3<\/a>]&nbsp;.\u2014 La phrase stellaire \u00e9tait affich\u00e9e imprim\u00e9e en garamond au dessus des presses \u00e0 bras de Guy-Levis Mano, du \u00ab&nbsp;B\u00e9n\u00e9dicin de la po\u00e9sie&nbsp;\u00bb \u2014 comme l\u2019appelait Seghers, \u2014 dans l\u2019atelier de la rue Huyghens, \u00e0 Paris. G.L.M n\u2019aura jamais \u00ab\u00a0fait carri\u00e8re\u00a0\u00bb\u2026 il aura par contre pris tous les risques, pour voir des \u00ab\u00a0maisons d\u2019\u00e9dition\u00a0\u00bb ensuite, comme Gallimard, r\u00e9cup\u00e9rer ses auteurs, une fois les auteurs lanc\u00e9s, sans m\u00eame dire ou mentionner qu\u2019il avait \u00e9t\u00e9 le premier \u00e0 les publier. Salauds de capitalistes&nbsp;! Quand Juan Ramon Jimenez a re\u00e7u le prix Nobel, G.L.M.&nbsp;avait \u00e9t\u00e9 le seul en France \u00e0 le publier.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh4\">4<\/a>]&nbsp;.\u2014 Les Planches courbes, ed. cit., p. 104.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh5\">5<\/a>]&nbsp;.\u2014 Arthur Rimbaud, \u00ab&nbsp;Vies, I&nbsp;\u00bb, in <em>Les Illuminations<\/em> , in <em>\u0152uvres<\/em>, \u00e9d. Garnier-fr\u00e8res, Paris, 1960, p. 264.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh6\">6<\/a>]&nbsp;.\u2014 Voir&nbsp;: Edgar Allan Poe, \u00ab&nbsp;La Chute de la maison d\u2019Usher&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh7\">7<\/a>]&nbsp;.\u2014 Arthur Rimbaud, \u00ab&nbsp;Alchimie du verbe&nbsp;\u00bb, in \u00ab&nbsp;D\u00e9lires, II&nbsp;\u00bb, in Une saison en enfer, in \u0152uvres, \u00e9d. Garnier-fr\u00e8res, Paris, 1960, p. 233.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh8\">8<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>Dans le leurre des mots,<\/em> I, \u00e9d. cit., p. 73.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh9\">9<\/a>]&nbsp;.\u2014 Des po\u00e8mes du Grand Victor&nbsp;!\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh10\">10<\/a>]&nbsp;.\u2014 En se prenant pour Val\u00e9ry, sans doute&nbsp;?\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh11\">11<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>Dans le leurre des mots<\/em>, I, \u00e9d. cit., p. 76.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh12\">12<\/a>]&nbsp;.\u2014 Voir&nbsp;: Charles Baudelaire, \u00ab&nbsp;L\u2019\u00c9tranger&nbsp;\u00bb, in <em>Le Spleen de Paris<\/em>, I.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh13\">13<\/a>]&nbsp;.\u2014 Voir&nbsp;: Charles Baudelaire, \u00ab&nbsp;<em>De profundis clamavi<\/em>&nbsp;\u00bb, in \u00ab&nbsp;Spleen et Id\u00e9al&nbsp;\u00bb, XXX, in <em>Les Fleurs du Mal<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh14\">14<\/a>]&nbsp;.\u2014 Voir&nbsp;: Charles Baudelaire, \u00ab&nbsp;L\u2019\u00c9tranger&nbsp;\u00bb, in <em>Le Spleen de Paris<\/em>, I.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh15\">15<\/a>]&nbsp;.\u2014 Voir&nbsp;: Charles Baudelaire, \u00ab&nbsp;Les Vocations&nbsp;\u00bb, in <em>Le Spleen de Paris<\/em>, XXXI.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh16\">16<\/a>]&nbsp;.\u2014 Voir&nbsp;: Charles Baudelaire, \u00ab&nbsp;L\u2019\u00c9tranger&nbsp;\u00bb, in <em>Le Spleen de Paris<\/em>, I.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh17\">17<\/a>]&nbsp;.\u2014 Charles Baudelaire, \u00ab&nbsp;Recueillement&nbsp;\u00bb, paru le 1er novembre 1861, in La <em>Revue europ\u00e9enne<\/em>, rajout de la troisi\u00e8me \u00e9dition des <em>Fleurs du Mal<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh18\">18<\/a>]&nbsp;.\u2014 Charles Baudelaire, <em>Mon c\u0153ur mis \u00e0 nu<\/em>, LIII.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh19\">19<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>Les Planches courbes<\/em>, p. 104.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh20\">20<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>La Maison natale<\/em>, VI, p. 89.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh21\">21<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>La Maison natale<\/em>, VI, p. 89.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh22\">22<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>La Maison natale<\/em>, VI, p. 89.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh23\">23<\/a>]&nbsp;.\u2014 RIMBAUD, \u00ab&nbsp;Mauvais sang&nbsp;\u00bb, in <em>Une Saison en enfer<\/em>, in <em>\u0152uvres<\/em>, \u00e9d. Garnier-fr\u00e8res, Paris, 1960, p. 213-214.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh24\">24<\/a>]&nbsp;.\u2014 n\u00e9ologisme qui rappelle que l\u2019homme est la rencontre d\u2019un Ange et d\u2019un d\u00e9mon, que sa vie est leur combat.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh25\">25<\/a>]&nbsp;.\u2014 Charles Baudelaire, \u00ab&nbsp;<em>Moesta et errabunda<\/em>&nbsp;\u00bb, in \u00ab&nbsp;Spleen et Id\u00e9al&nbsp;\u00bb, LXII, in <em>Les Fleurs du Mal.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh26\">26<\/a>]&nbsp;.\u2014 John Milton, <em>The Paradise lost<\/em>, 1667.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh27\">27<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>La Maison natale<\/em>, I, \u00e9d. cit., p. 83.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh28\">28<\/a>]&nbsp;.\u2014 \u00ab&nbsp;C\u2019\u00e9tait le temps o\u00f9 Bruxelles chantait\u2026&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh29\">29<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>La Maison natale<\/em>, I, \u00e9d. cit., p. 83.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh30\">30<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>La Maison natale<\/em>, IX, \u00e9d. cit., p. 93.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh31\">31<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>La Maison natale<\/em>, II, \u00e9d. cit., p. 84.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh32\">32<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>La Maison natale<\/em>, IV, \u00e9d. cit., p. 86.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh33\">33<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>La Maison natale<\/em>, I, \u00e9d. cit., p. 83.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh34\">34<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>La Maison natale<\/em>, V, \u00e9d. cit., p. 87.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh35\">35<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>La Maison natale<\/em>, V, \u00e9d. cit., p. 87.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh36\">36<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>La Maison natale<\/em>, III, \u00e9d. cit., p. 85.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh37\">37<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>La Maison natale<\/em>, III, \u00e9d. cit., p. 85.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh38\">38<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>La Maison natale<\/em>, XII, \u00e9d. cit., p. 97.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh39\">39<\/a>]&nbsp;.\u2014 Voir&nbsp;: Andr\u00e9 Malraux, <em>L\u2019Espoir<\/em>, 1937.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh40\">40<\/a>]&nbsp;.\u2014 Voir&nbsp;: le texte de Charles P\u00e9guy, cit\u00e9 en fin de l\u2019article comme ouverture aux d\u00e9bats.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh41\">41<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>La Maison natale<\/em>, XI, \u00e9d.cit., p. 96.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh42\">42<\/a>]&nbsp;.\u2014 Voir&nbsp;: Charles Baudelaire, \u00ab&nbsp;Levana et nos Notre-Dame des Tristesses&nbsp;\u00bb, in \u00ab&nbsp;Visions d\u2019Oxford&nbsp;\u00bb, in <em>Un mangeur d\u2019opium<\/em>, VIII, in <em>Les Paradis artificiels<\/em>&nbsp;: \u00ab&nbsp;Qu\u2019est-ce que Levana&nbsp;? C\u2019\u00e9tait la d\u00e9esse romaine qui pr\u00e9sidait aux premi\u00e8res heures de l\u2019enfant, qui lui conf\u00e9rait, pour ainsi dire, la dignit\u00e9 humaine. \u00ab\u00a0Au moment de la naissance, quand l\u2019enfant go\u00fbtait pour la premi\u00e8re fois l\u2019atmosph\u00e8re troubl\u00e9e de notre plan\u00e8te, on le posait \u00e0 terre. Mais presque aussit\u00f4t, de peur qu\u2019une si grande cr\u00e9ature ne ramp\u00e2t sur le sol plus d\u2019un instant, le p\u00e8re, comme mandataire de la d\u00e9esse Levana, ou quelque proche parent, comme mandataire du p\u00e8re, le soulevait en l\u2019air, lui commandait de regarder en haut, comme \u00e9tant le roi de ce monde&nbsp;; et il pr\u00e9sentait le front de l\u2019enfant aux \u00e9toiles, disant peut-\u00eatre \u00e0 celles-ci dans son c\u0153ur&nbsp;: \u00ab&nbsp;Contemplez ce qui est plus grand que vous&nbsp;!&nbsp;\u00bb Cet acte symbolique repr\u00e9sentait la fonction de Levana.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh43\">43<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>La Maison natale<\/em>, XII, \u00e9d.cit., p. 97.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh44\">44<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>Les Planches courbes<\/em>, p. 104.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh45\">45<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>Les Planches courbes<\/em>, p. 104.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh46\">46<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>La Maison natale<\/em>, III, p. 85.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh47\">47<\/a>]&nbsp;.\u2014 RIMBAUD, \u00ab&nbsp;Mauvais sang&nbsp;\u00bb, in <em>Une Saison en enfer<\/em>, in <em>\u0152uvres<\/em>, \u00e9d. Garnier-fr\u00e8res, Paris, 1960, p. 213-214.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh48\">48<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>La Maison natale<\/em>, III, p. 85.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh49\">49<\/a>]&nbsp;.\u2014 Arthur Rimbaud, \u00ab&nbsp;Nuit de l\u2019enfer&nbsp;\u00bb, in <em>Une saison en enfer<\/em>, in <em>\u0152uvres<\/em>, \u00e9d. Garnier-fr\u00e8res, Paris, 1960, p. 220.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh50\">50<\/a>]&nbsp;.\u2014 Voir&nbsp;: Charles Baudelaire, \u00ab&nbsp;\u00c0 une passante&nbsp;\u00bb, in \u00ab&nbsp;Tableaux parisiens&nbsp;\u00bb, XCIII, in <em>Les Fleurs du Mal<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh51\">51<\/a>]&nbsp;.\u2014 Voir&nbsp;: Charles Baudelaire, \u00ab&nbsp;Enivrez-vous&nbsp;\u00bb, in <em>Le Spleen de Paris<\/em>, XXXIII&nbsp;: \u00ab&nbsp;enivrez-vous sans cesse&nbsp;! De vin, de po\u00e9sie ou de vertu, \u00e0 votre guise.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh52\">52<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>La Maison natale<\/em>, II, p. 84.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh53\">53<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>La Maison natale<\/em>, II, p. 84.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh54\">54<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>La Maison natale<\/em>, II, p. 84.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh55\">55<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>La Maison natale<\/em>, VII, p. 91.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh56\">56<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>La Maison natale<\/em>, II, p. 84.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh57\">57<\/a>]&nbsp;.\u2014 qu\u2019il s\u2019agisse de celle de Platon, d\u2019Aristote\u2026 a forciori de Saint Augustin.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh58\">58<\/a>]&nbsp;.\u2014 St\u00e9phane Mallarm\u00e9, \u00ab&nbsp;L\u2019Azur&nbsp;\u00bb, in <em>Po\u00e9sies<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh59\">59<\/a>]&nbsp;.\u2014 Pour reprendre le viril et si po\u00e9tique mot d\u2019H\u00f6lderlin.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh60\">60<\/a>]&nbsp;.\u2014 C\u2019est cette graphie du mot que pr\u00e9f\u00e9rait Baudelaire.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh61\">61<\/a>]&nbsp;.\u2014 Les Planches courbes, p. 104.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh62\">62<\/a>]&nbsp;.\u2014 La Maison natale, VII, p. 90.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh63\">63<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>Dans le leurre des mots<\/em>, p. 74.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh64\">64<\/a>]&nbsp;.\u2014 Oui, j\u2019ai l\u2019\u00e2me dun \u00ab&nbsp;hussard noir de la R\u00e9publique&nbsp;\u00bb tout en \u00e9tant catholique \u00e0 la mani\u00e8re de P\u00e9guy, pas de Bernanos.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh65\">65<\/a>]&nbsp;.\u2014 Que Monsieur Charles Aznavour me pardonne cet emprunt passager.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh66\">66<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>La Maison natale<\/em>, VII, p. 90-91, <em>passim<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh67\">67<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>Dans le leurre des mots<\/em>, II, p. 77.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh68\">68<\/a>]&nbsp;.\u2014 Pour emprunter son titre au livre c\u00e9l\u00e8bre de Nathalie Sarraute, en 1956.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh69\">69<\/a>]&nbsp;.\u2014 Charles Baudelaire, \u00ab&nbsp;La Morale du joujou&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh70\">70<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>La Maison natale<\/em>, VII, p. 91.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh71\">71<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>Dans le leurre des mots<\/em>, II, p. 77.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh72\">72<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>Dans le leurre des mots<\/em>, II, p. 78.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh73\">73<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>Dans le leurre des mots<\/em>, II, p. 77.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh74\">74<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>La Maison natale<\/em>, VII, p. 91.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh75\">75<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>La Maison natale<\/em>, VII, p. 91.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh76\">76<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>La Maison natale<\/em>, VII, p. 91.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh77\">77<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>La Maison natale<\/em>, VII, p. 91.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh78\">78<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>La Maison natale<\/em>, VII, p. 91.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh79\">79<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>La Maison natale<\/em>, VII, p. 91.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh80\">80<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>La Maison natale<\/em>, VII, p. 91.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh81\">81<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>La Maison natale<\/em>, VII, p. 91.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh82\">82<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>La Maison natale<\/em>, VII, p. 90.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh83\">83<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>La Maison natale<\/em>, VIII, p. 92.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh84\">84<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>La Maison natale<\/em>, X, p. 94.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh85\">85<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>Dans le leurre des mots<\/em>, II, p. 78.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh86\">86<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>La Maison natale<\/em>, VII, p. 90.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh87\">87<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>La Maison natale<\/em>, V, p. 88.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh88\">88<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>La Maison natale<\/em>, XII, p. 97-98.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh89\">89<\/a>]&nbsp;.\u2014 Arthur Rimbaud, \u00ab&nbsp;Mauvais Sang&nbsp;\u00bb, in <em>Une saison en enfer<\/em>, in <em>\u0152uvres<\/em>, \u00e9d. Garnier-fr\u00e8res, Paris, 1960, p. 214.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh90\">90<\/a>]&nbsp;.\u2014 Voir&nbsp;: Charles Baudelaire, \u00ab&nbsp;Le Voyage&nbsp;\u00bb, VIII, in \u00ab&nbsp;La Mort&nbsp;\u00bb, in <em>Les Fleurs du Mal<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh91\">91<\/a>]&nbsp;.\u2014 Voir&nbsp;: pour expliquer ce concept, <a href=\"http:\/\/utopiktulkas.free.fr\/polaire\/spip.php?article35\">mon article consacr\u00e9 \u00e0 Franz Kafka<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh92\">92<\/a>]&nbsp;.\u2014 Celui d\u2019Henri IV, ou, plut\u00f4t du Cyrano de Rostand, 1897.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh93\">93<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>Dans le leurre des mots<\/em>, I, p. 74.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh94\">94<\/a>]&nbsp;.\u2014 Charles Baudelaire, <em>Fus\u00e9es<\/em>, X.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh95\">95<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>Dans le leurre des mots<\/em>, I, p. 75.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh96\">96<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>Dans le leurre des mots<\/em>, I, p. 70.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh97\">97<\/a>]&nbsp;.\u00ac\u2014 Blaise Cendrars, \u00ab&nbsp;Tour&nbsp;\u00bb, in <em>Dix-neuf po\u00e8mes \u00e9lastiques<\/em>, II, in <em>Du monde entier, po\u00e9sies compl\u00e8tes 1912-1924<\/em>, \u00e9d. Gallimard, coll. \u00ab&nbsp;Po\u00e9sie\/Gallimard, 1991, p. 71.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh98\">98<\/a>]&nbsp;.\u2014 Andr\u00e9 Malraux, <em>Saturne. Essai sur Goya<\/em>, \u00e9d. Gallimard, 1950&nbsp;; puis <em>Saturne. Le destin, l\u2019art et Goya,<\/em> \u00e9d. cit., 1978.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article60.html#nh99\">99<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>Dans le leurre des mots<\/em>, II, p. 77.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En ce 1er novembre, jour de Toussaint. En ce 2 novembre, jour des morts. 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