{"id":80,"date":"2007-10-15T19:05:00","date_gmt":"2007-10-15T17:05:00","guid":{"rendered":"http:\/\/revuepolaire.com\/?p=80"},"modified":"2023-08-08T11:27:40","modified_gmt":"2023-08-08T09:27:40","slug":"blaise-cendrars-ou-le-cinematypographe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/2007\/10\/15\/blaise-cendrars-ou-le-cinematypographe\/","title":{"rendered":"Blaise Cendrars ou le cin\u00e9matypographe"},"content":{"rendered":"\n<p>Du plagiat consid\u00e9r\u00e9 comme un des Beaux-Arts<\/p>\n\n\n\n<p><em>On \u00e9crit dans tous les livres scolaires \u2014 que de niaiseries dans les livres scolaires qui ne font le plus souvent que r\u00e9p\u00e9ter \u00e0 l\u2019infini, en ricochet, les erreurs de Messieurs les Universitaires\u00a0!\u2026 \u2014 on lit donc dans les livres scolaires que c\u2019est Apollinaire qui a invent\u00e9 la supression de la ponctuation dans \u00ab\u00a0Zone\u00a0\u00bb en 1913. En v\u00e9rit\u00e9, \u00ab\u00a0Zone\u00a0\u00bb d\u2019Apollinaire est un mauvais plagiat de \u00ab\u00a0La Prose du Transsib\u00e9rien et de la petite Jehanne de France\u00a0\u00bb de son secr\u00e9taire ponctuel\u00a0: Blaise Cendrars, tout de braise et de cendres.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em><strong>BLAISE CENDRARS OU LE CIN\u00c9MATYPOGRAPHE<\/strong><\/em><br>(\u00e0 propos de <em>La Prose du Transsib\u00e9rien et de la petite Jehanne de France<\/em> de Fr\u00e9d\u00e9ric Louis Sauser dit Blaise Cendrars, de \u00ab&nbsp;Zone&nbsp;\u00bb de Guillaume Apollinaire, de l\u2019ann\u00e9e 1913 et du renouveau du Lyrisme en France&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb1\">1<\/a>].)<\/p>\n\n\n\n<p><strong>PR\u00c9LUDE AUX HOSTILIT\u00c9S<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Si l\u2019on observe tout entier l\u2019\u0152uvre po\u00e9tique d\u2019Apollinaire avec un recul salutaire, on serait tent\u00e9 de dire qu\u2019il ob\u00e9it \u00e0 un seul mouvement qui va du lyrisme \u2014 disons romantico-parnasso-symboliste et chlorotico-chichiteux \u2014 des \u00ab&nbsp;po\u00e8mes \u00e0 Linda&nbsp;\u00bb repris dans <em>Il y a<\/em>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb2\">2<\/a>] \u00e0 l\u2019image mat\u00e9rialis\u00e9e dans la forme du corps du texte caract\u00e9risant l\u2019un de ses derniers recueils <em>Calligrammes <\/em>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb3\">3<\/a>]<em>,<\/em> dont le premier projet de titre \u2014 le titre initial \u2014 avouait d\u00e9j\u00e0 un regret, r\u00e9v\u00e9lait une \u00e9mulation du moins, puisqu\u2019il devait \u00eatre au d\u00e9part nous rappelle Michel Butor&nbsp;: <em>Et moi aussi je suis peintre<\/em>.<br>Dans sa pr\u00e9face \u00e0 la r\u00e9\u00e9dition en 1966, \u00e0 la n.r.f.\/ Gallimard&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb4\">4<\/a>], de ces \u00ab&nbsp;po\u00e8mes [dits] de la paix et de la guerre&nbsp;\u00bb, Michel Butor rappelle en outre une lettre du bon Guillaume \u00e0 l\u2019ami \u2014 mais critique aussi&nbsp;! \u2014 Andr\u00e9 Billy&nbsp;; cette lettre-remerciement, sorte de renvoi d\u2019ascenseur en somme \u00e0 une note de lecture que Billy avait faite, permettait \u00e0 Apollinaire de b\u00e2tir sa propre r\u00e9clame sur le dernier titre \u00e0 venir&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><small>[Les] <em>Calligrammes<\/em> [\u2026] sont une id\u00e9alisation de la po\u00e9sie vers-libriste et une pr\u00e9cision typographique \u00e0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 la typographie termine brillamment sa carri\u00e8re, \u00e0 l\u2019aurore des moyens nouveaux de reproduction que sont le cin\u00e9ma et le phonographe&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb5\">5<\/a>].<\/small><\/p>\n\n\n\n<p>\u2014&nbsp;S\u2019agit-il l\u00e0 d\u2019un manifeste&nbsp;?<br>La typographie finissait-elle v\u00e9ritablement sa carri\u00e8re\u2026, alors que lui m\u00eame entendait bien r\u00e9ussir la sienne \u00e0 tout prix&nbsp;? \u2014 On va voir ce qu\u2019il en est, comme on verra aussi du reste qui, d\u2019elle ou de lui, vivra et verra, si Nous&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb6\">6<\/a>] osons, si Nous osions (vilain-z\u2019Ozi\u00f4) d\u2019aventure attaquer le Ma\u00eetre, d\u00e9guis\u00e9s en bandit corse \u2014 mais apr\u00e8s tout, avant tout, et, pour l\u2019agr\u00e9ment du lecteur, ne suis-je, ne sommes-Nous pas l\u00e0 (avant tout, apr\u00e8s tout) un peu pour cela&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>D\u2019UN PLAGIAT<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Alors m\u00eame que \u00ab&nbsp;Kostro&nbsp;\u00bb, s\u2019interrogeant encore sur la typographie, r\u00eavait de courtiser les moyens de la neuve modernit\u00e9 avec un \u00ab&nbsp;esprit nouveau&nbsp;\u00bb et cherchait \u00e0 faire image en ressuscitant un m\u00e9dium somme toute fort peu moderne&nbsp;: le calligramme&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb7\">7<\/a>], alors m\u00eame que \u00ab&nbsp;Kostro&nbsp;\u00bb interrogeait \u2014 en novateur, le pensait-il \u2014 la \u00ab&nbsp;typo&nbsp;\u00bb, tr\u00e8s classiquement par le fait, par le biais d\u2019un m\u00e9dium qui, pour le moins, relevait d\u00e9j\u00e0 du pass\u00e9, Cendrars, d\u00e8s 1913, dans <em>La Prose du Transsib\u00e9rien et de la petite Jehanne de France<\/em>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb8\">8<\/a>] (qu\u2019il d\u00e9diait \u00ab&nbsp;aux musiciens&nbsp;\u00bb, pr\u00e9figurant ainsi&nbsp;: et <em>La Roue<\/em> d\u2019Abel Gance [long m\u00e9trage de 1920], et le tr\u00e8s fameux <em>Pacific 231<\/em> d\u2019Honegger qui allait en d\u00e9couler en 23), Cendrars, lui, \u00e9tait, outre dans l\u2019image par sa typographie, son format et l\u2019illustration simultan\u00e9e de l\u2019amie Sonia Delaunay, d\u00e9j\u00e0 dans le cin\u00e9ma. Comparer \u00ab&nbsp;Zone&nbsp;\u00bb \u00e0 <em>La Prose<\/em>, c\u2019est voir combien Apollinaire doit \u00e0 Cendrars&nbsp;: il se trouve qu\u2019h\u00e9las encore aujourd\u2019hui, presque dans tous les ouvrages dits \u00ab&nbsp;de critique&nbsp;\u00bb et bien \u00e9videmment scolaires, les commentaires ou notices d\u2019histoire litt\u00e9raire attribuent \u00e0 Guillaume une place de fait usurp\u00e9e, faussant r\u00e9solument l\u2019histoire de la modernit\u00e9.<br><br>\u2014&nbsp;Colette Seghers, l\u2019\u00e9pouse du c\u00e9l\u00e8bre \u00e9diteur Pierre Seghers (le g\u00e9nial cr\u00e9ateur de la prestigieuse collection <em>Po\u00e8tes d\u2019Aujourd\u2019hui<\/em>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb9\">9<\/a>]), raconte dans un livre de souvenirs attachant intitul\u00e9 <em>Pierre Seghers, un homme couvert de noms<\/em>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb10\">10<\/a>] que Pierre&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb11\">11<\/a>] p\u00fbt un jour consulter les \u00e9preuves d\u2019<em>Alcools<\/em> chez Tristan Tzara, rue de Lille&nbsp;: elles corroboraient au premier coup d\u2019\u0153il, de fa\u00e7on indubitable, les soup\u00e7ons sinon les griefs contre \u00ab&nbsp;Wilhelm&nbsp;\u00bb que Cendrars lui avait un jour confi\u00e9s dans une conversation. On y voit en effet clairement qu\u2019Apollinaire a supprim\u00e9 apr\u00e8s coup la ponctuation dans le texte de \u00ab&nbsp;Zone&nbsp;\u00bb et qu\u2019il a plac\u00e9 ce dernier en t\u00eate du recueil comme s\u2019il s\u2019agissait d\u2019un manifeste esth\u00e9tique sinon tout simplement de la Modernit\u00e9. \u2014 \u00ab&nbsp;Curieuse, cette d\u00e9cision, non&nbsp;?&nbsp;\u00bb concluait Tzara plus dada\u00efste que jamais. Ainsi, selon \u00ab&nbsp;l\u2019\u00e9diteur des po\u00e8tes&nbsp;\u00bb, comme du reste aussi d\u2019apr\u00e8s ce que laisse entendre, comprendre implicitement, Miriam Cendrars dans la tr\u00e8s belle et tr\u00e8s juste biographie qu\u2019elle a consacr\u00e9e \u00e0 son p\u00e8re&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb12\">12<\/a>], il y aurait supercherie. Les t\u00e9moignages concordent tous sur un point significatif&nbsp;: Guillaume, qui les avait entendues lire par Blaise lui-m\u00eame au cours d\u2019une soir\u00e9e organis\u00e9e par les Delaunay-Terck dans leur atelier de la rue des Grands Augustins en octobre ou novembre 1912, avait \u00e9t\u00e9 boulevers\u00e9 par la modernit\u00e9 des <em>P\u00e2ques \u00e0 New-York <\/em>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb13\">13<\/a>], lesquelles, on le sait, annoncent \u00ab&nbsp;<em>La Prose<\/em> \u2026&nbsp;\u00bb&nbsp;; un peu apr\u00e8s cet \u00e9pisode, \u00e0 son cadet de sept ans Apollinaire confiait que&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><small><em>Les P\u00e2ques \u00e0 New-York<\/em> est meilleur que tous les po\u00e8mes publi\u00e9s dans le Mercure de France depuis dix ans&#8230;&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb14\">14<\/a>]<\/small><\/p>\n\n\n\n<p>Bon. Il faut admettre que c\u2019est Guillaume qui avait pr\u00e9sent\u00e9, lors de leur toute premi\u00e8re rencontre officielle, le jeune Cendrars aux Delaunay, l\u2019un de ses mercredis au Flore\u2026 \u2014 Mais enfin&nbsp;! cela n\u2019autorise pas tout pour autant. Le jour de la lecture, Popollinaire \u00e9tait pr\u00e9sent \u00ab&nbsp;de fait&nbsp;\u00bb dirais-je, car il \u00e9tait alors h\u00e9berg\u00e9 par le couple&nbsp;: la jeune peintre Marie Laurencin venant de rompre avec lui, lass\u00e9e de ses coups de ceinture&nbsp;; craignant pour son avenir, jeune mari\u00e9e depuis deux ans, la g\u00e9n\u00e9reuse Sonia avait propos\u00e9 cette solution de soutien au po\u00e8te d\u00e9comprim\u00e9 pour le garder \u00e0 la France (\u00ab&nbsp;aux \u00e2nes,\u2026 aux autres\u2026&nbsp;\u00bb). Peu de temps apr\u00e8s, Popol trouvera un logement au 202, boulevard Saint Germain. Bref, voil\u00e0 l\u2019histoire. Apollinaire employant Cendrars comme copiste \u00e0 la fois de certains \u00e9crits pavant les enfers de la B.N. comme de certaines l\u00e9gendes aussi ou romans de chevalerie (richesses de la Mazarine) \u00ab&nbsp;pour le compte de Pierre-Paul Plan, qui le faisait pour le compte de Payot, l\u2019\u00e9diteur&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb15\">15<\/a>]&nbsp;\u00bb, Guillaume employant et fr\u00e9quentant r\u00e9guli\u00e8rement le jeune clochard de g\u00e9nie qu\u2019\u00e9tait Cendrars \u00e0 l\u2019\u00e9poque, lui ayant m\u00eame promis de fonder \u2014 oui&nbsp;! \u2014 avec lui une revue intitul\u00e9e&nbsp;: <em>Zones<\/em>, dont le premier num\u00e9ro \u00e9tait pr\u00e9vu pour le 1er Mai 1913, il n\u2019est pas pensable que Blaise, tr\u00e8s extraverti, si peu m\u00e9fiant, ne lui ait pas fait part de son grand projet en cours avec leur amie commune Sonia Terck (\u00e9pouse Delaunay)&nbsp;: celui du \u00ab&nbsp;Premier Livre Simultan\u00e9&nbsp;\u00bb, <em>La Prose du Transsib\u00e9rien et de la petite Jehanne de France<\/em>&nbsp;; au reste, d\u00e8s Avril 1913, le jeune po\u00e8te et son amie russe font para\u00eetre un prospectus annonciateur, mais l\u2019argent manque&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb16\">16<\/a>]. Le mot, l\u2019expression de \u00ab&nbsp;contrastes simultan\u00e9s&nbsp;\u00bb est \u2014 chacun le sait mais rappelons-le au passage \u2014 emprunt\u00e9e par Robert Delaunay au chimiste fran\u00e7ais Henri Chevreul (1786-1889), grand admirateur de la Tour Eiffel par ailleurs, qui fut l\u2019auteur en 1839 du trait\u00e9&nbsp;: <em>De la loi du contraste simultan\u00e9 des couleurs<\/em>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb17\">17<\/a>] o\u00f9 il d\u00e9crit le ph\u00e9nom\u00e8ne vibratoire selon lequel deux couleurs mises c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te s\u2019exaltent l\u2019une l\u2019autre. De la premi\u00e8re s\u00e9rie de ses <em>Fen\u00eatres<\/em>, qui t\u00e9moignent de ses premi\u00e8res exp\u00e9riences sur la r\u00e9fragation du spectre lumineux, peintes lors de l\u2019\u00e9t\u00e9 1912 dans la vall\u00e9e de Chevreuse, sous la double influence de Chevreul et de Seurat, Robert Delaunay \u00e9crit qu\u2019il d\u00e9fendait&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><small>L\u2019id\u00e9e d\u2019une peinture qui ne tiendrait techniquement que par la couleur, des contrastes de couleur, mais se d\u00e9veloppant dans le temps et se percevant simultan\u00e9ment d\u2019un seul coup.<\/small><\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est Apollinaire, qui, pour tenter de cerner (ou de capter \u00e0 son profit) la peinture de Robert et donc de Sonia parlera d\u2019\u00ab&nbsp;Orphisme&nbsp;\u00bb, pour dire que cette peinture po\u00e9tique \u2014 tentative originale \u2014 fait en quelque sorte la synth\u00e8se entre le fauvisme, le cubisme et le futurisme.<br>(Mais poursuivons \u00ab&nbsp;L\u2019Affaire Blaireau&nbsp;\u00bb\u2026, mon cher Alphonse&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb18\">18<\/a>]&nbsp;\ud83d\ude42 \u2014 Fin Avril, au \u00ab&nbsp;<em>Mercure de France<\/em>&nbsp;\u00bb, para\u00eet le recueil qu\u2019Apollinaire envisageait d\u2019intituler&nbsp;: <em>Eau de vie<\/em>, sous le titre d\u2019<em>Alcools<\/em> que lui avait \u2014 respectueux, mais enthousiaste et g\u00e9n\u00e9reux \u2014 sugg\u00e9r\u00e9 Cendrars&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb19\">19<\/a>]. Cendrars, de retour de Chartres o\u00f9, \u00e0 l\u2019instigation de son ami Delaunay ex-m\u00e9cano d\u2019a\u00e9ro, il \u00e9tait all\u00e9 s\u2019exalter \u00e0 la vue des a\u00e9roplanes, vient de se casser le tibia \u00e0 la sortie du parc de Saint-Cloud en tombant d\u2019une torp\u00e9do <em>De Dion<\/em> apr\u00e8s une tentative de vol\u2026 plan\u00e9&nbsp;! C\u2019est donc sur un lit de <em>L\u2019H\u00f4tel du Palais<\/em>, tout proche du parc, qu\u2019immobilis\u00e9 pour vingt huit jours et recevant quasi tous les jours la visite de son ami Robert Delaunay qui vient lui tenir compagnie et l\u2019initier \u00e0 la peinture (il faut dire que par la fen\u00eatre, il y a un sujet connu des deux comp\u00e8res&nbsp;: la Tour Eiffel&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb20\">20<\/a>]), c\u2019est sur un lit de convalescent donc que Blaise, n\u2019ayant toujours pas rassembl\u00e9 les fonds pour publier <em>La Prose<\/em>, ouvre son premier exemplaire d\u2019<em>Alcools<\/em>. Il d\u00e9couvre alors surtout (\u2014 Oh&nbsp;! le salaud&nbsp;!) en t\u00eate du recueil un texte in\u00e9dit, comme c\u2019est surprenant intitul\u00e9&nbsp;: \u00ab&nbsp;Zone&nbsp;\u00bb (\u2014L\u2019enfant de p\u2026&nbsp;!). En r\u00e9alit\u00e9, il n\u2019est pas tout \u00e0 fait in\u00e9dit dans sa forme du moins pour Blaise&nbsp;: il ressemble trop \u00e0 <em>La Prose,\u2026 La Prose du Transsib\u00e9rien<\/em>, et, de fa\u00e7on trop incontestable pour l\u2019heure, pour lors, aux \u00ab&nbsp;<em>P\u00e2ques<\/em>&nbsp;\u00bb \u2014 aux <em>P\u00e2ques \u00e0 New-York<\/em> \u2014 qu\u2019il avait adress\u00e9es \u00e0 Guillaume sans l\u2019avoir rencontr\u00e9 encore d\u00e8s Juillet 1912 (en septembre Apollinaire n\u2019ayant toujours pas r\u00e9pondu), <em>P\u00e2ques \u00e0 New-York<\/em> qu\u2019il lui avait lues en personne ensuite chez les Delaunay en octobre ou novembre 1912 en provoquant l\u2019\u00e9moi qu\u2019on sait. Alors, plus que jamais sans doute tout entier de braises et de cendres, Blaise, Blaise \u00e9crit \u00e0 Guillaume&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><small>Je vous ai une fois envoy\u00e9 \u00ab&nbsp;<em>P\u00e2ques<\/em>&nbsp;\u00bb. Vous, vous auriez d\u00fb me d\u00e9dier \u00ab&nbsp;Zone&nbsp;\u00bb. Nous avions fait de beaux projets et nous voulions travailler ensemble. Puis [&#8230;] <em>Les Alcools<\/em> ont paru&#8230;&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb21\">21<\/a>]<br><\/small><br><br>Significativement, peut-\u00eatre, le brouillon de cette lettre \u00e0 Guillaume est griffonn\u00e9 en travers de la couverture d\u2019un exemplaire de la revue <em>Die Aktion<\/em> du 13 septembre 1913&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb22\">22<\/a>]&nbsp;; on y trouve aussi la toute premi\u00e8re version d\u2019un po\u00e8me \u00ab&nbsp;Cr\u00e9pitements&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb23\">23<\/a>]&nbsp;\u00bb repris en 1919 dans <em>Dix-neuf po\u00e8mes \u00e9lastiques<\/em> o\u00f9 se trouve encore une partie qu\u2019il supprimera&nbsp;: il y faisait allusion \u00e0 G. A. Si vous le permettez \u2014 et m\u00eame si vous ne le permettez pas \u2014 je lis et relis avec vous, comme \u00e0 dessein dans ce po\u00e8me, cette profession de foi de Blaise qui semble destin\u00e9e \u00e0 Guillaume&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><small>Il n\u2019y a pas de futurisme<br>Il n\u2019y a que de la spiritualit\u00e9 [.]<\/small><\/p>\n\n\n\n<p>Au moment de la publication d\u2019<em>Alcools<\/em>, en effet, comme s\u2019il cherchait \u00e0 se prot\u00e9ger de Blaise qu\u2019il vient de rouler, G. A. se ralliera bruyamment au mouvement futuriste italien&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb24\">24<\/a>] de Marinetti, mouvement n\u00e9 en 1904 \u00e0 Rome, parvenu \u00e0 Paris en 1909, et qui r\u00e9gnera en Europe jusqu\u2019en 14, jusqu\u2019\u00e0 la guerre. Gino Severini, correspondant de Marinetti \u00e0 Paris, est un ennemi personnel de Blaise&nbsp;; Apollinaire le sait. Pour seule preuve de l\u2019antagonisme (preuve frivole, il est vrai, mais comme le disait si justement le Philophe Alain, parfois&nbsp;: \u2014 \u00ab&nbsp;La frivolit\u00e9 est chose plus s\u00e9rieuse qu\u2019on ne croit&nbsp;\u00bb)&nbsp;: quand, par exemple, Cravan, Cendrars et les Delaunay allaient <em>guincher<\/em> en 13 au <em>Bal Bullier<\/em> (dont Sonia fit cette ann\u00e9e-l\u00e0 une toile qui allait rester), quand <em>Pieds Nickel\u00e9s<\/em> \u00ab&nbsp;simultan\u00e9\u00efstes&nbsp;\u00bb, quatre, comme les <em>Trois mousquetaires<\/em> de Dumas, ils d\u00e9boulaient au <em>Bal Bullier<\/em> portant les tissus aux \u00ab&nbsp;couleurs simultan\u00e9es&nbsp;\u00bb tout juste invent\u00e9s par Sonia, Blaise note qu\u2019il n\u2019y avait rien de mieux que<\/p>\n\n\n\n<p><small>Cette bigarrure d\u2019arlequins orphiques pour faire scandale, mais aussi pour faire la pige aux futuristes de Marinetti, dont le d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 permanent \u00e0 Paris Gino Severini t\u00e9l\u00e9graphiait chaque soir \u00e0 Milan le d\u00e9tail de [leur] toilette, et ces nouvelles s\u2019irradiaient jusqu\u2019\u00e0 influencer \u00e0 Saint-Petersbourg le rayonnisme de Larionoff et de Gontcharova, le couple d\u00e9corateur et costumier attach\u00e9 \u00e0 la troupe de Diaghilev, et cela se savait et s\u2019imitait jusque chez les futuristes de Moscou, la c\u00e9l\u00e8bre chemise jaune de Ma\u00efakowski \u00e9tant le dernier \u00e9cho \u00e0 la mode de nos folles nuit\u00e9es de Paris\u2026&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb25\">25<\/a>]<\/small><\/p>\n\n\n\n<p>On s\u2019en souvient&nbsp;: apr\u00e8s le scandale des Fauves en 1905, le premier scandale cubiste (R. Delaunay, Gleizes, F. L\u00e9ger, Metzinger) en avril 1911 au XXVIIe <em>Salon des Ind\u00e9pendants<\/em>, l\u2019ann\u00e9e de l\u2019\u00ab&nbsp;<em>Hommage \u00e0 Henri Rousseau <\/em>&nbsp;\u00bb fra\u00eechement d\u00e9c\u00e9d\u00e9, avait mirifiquement fourni \u00e0 Apollinaire, l\u2019occasion de se faire le chantre d\u2019une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration, de s\u2019en proclamer chef de file, comme Cocteau qui, plus tard, cr\u00e9era en musique le \u00ab&nbsp;<em>Groupe des six<\/em>&nbsp;\u00bb quasiment dans le m\u00eame esprit. Blaise n\u2019en voulait pas \u00e0 Guillaume de cet opportunisme critique&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb26\">26<\/a>] \u2014 non \u2014 puisqu\u2019en 1913, il acceptera comme commande faite \u00e0 l\u2019\u00ab&nbsp;Agence de traduction&nbsp;\u00bb de sa revue <em>Les Hommes Nouveaux<\/em> (laquelle vient de mourir au troisi\u00e8me num\u00e9ro), comme traduction ultime donc \u2014 pour le c\u00e9l\u00e9brissime <em>Der Sturm<\/em> d\u2019Hervath Walden \u2014 celle de l\u2019ouvrage de Guillaume sur <em>Les Peintres cubistes<\/em>, <em>M\u00e9ditations esth\u00e9tiques<\/em>, qu\u2019il avait publi\u00e9es peu avant, en France, chez Eug\u00e8ne Figui\u00e8re. \u00c9tait-il dupe pour autant de la dictature cubiste&nbsp;? \u2014 \u00c9coutons Chagall en t\u00e9moigner, sachant que la premi\u00e8re rencontre entre les deux hommes date d\u2019automne 1912 (le 1er septembre, Blaise vient d\u2019avoir vingt-cinq ans) et qu\u2019elle se d\u00e9roule \u00e0 <em>La Ruche<\/em> o\u00f9 Marc Chagall vit dans le plus complet d\u00e9nuement mais surtout le plus grand m\u00e9pris de la part de tous les cubistes \u00ab&nbsp;montants&nbsp;\u00bb&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><small>A cette \u00e9poque [dit Chagall, bien des ann\u00e9es apr\u00e8s, et, avec gratitude], quand montait le cubisme, avec Apollinaire en t\u00eate, l\u2019amiti\u00e9 de Cendrars fut pour moi un encouragement&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb27\">27<\/a>].<\/small><\/p>\n\n\n\n<p>Guillaume et Blaise, eux, lors de leur \u00ab&nbsp;amiti\u00e9&nbsp;\u00bb, lorsqu\u2019ils marchaient souvent tous les deux dans Paris, o\u00f9 se rencontraient au caf\u00e9 (voire m\u00eame \u2014 qui sait&nbsp;? \u2014 chez Guillaume au 202, boulevard Saint-Germain, \u00e0 l\u2019\u00e9poque du projet de la revue \u00ab&nbsp;Zone&nbsp;\u00bb), Guillaume \u00e9coutait souvent Blaise, afin (souvent et sans le dire) de reprendre la mati\u00e8re de son propos pour les articles qu\u2019il r\u00e9digeait dans la rubrique qu\u2019il avait intitul\u00e9e \u00ab&nbsp;la Vie anecdotique&nbsp;\u00bb au tr\u00e8s chic <em>Mercure de France<\/em>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb28\">28<\/a>]. En cette ann\u00e9e 1913, o\u00f9, difficilement, <em>La Prose<\/em> cherchait \u00e0 para\u00eetre, Blaise, qui n\u2019\u00e9tait pas dupe de l\u2019attitude opportuniste en diable de Guillaume, se moqua un jour de lui en lui racontant les fausses fun\u00e9railles de Walt Whitman qui s\u2019\u00e9taient d\u00e9roul\u00e9es vingt ans plut\u00f4t et qu\u2019il tenait, disait-il, d\u2019un t\u00e9moin entendu lors de son s\u00e9jour aux U.S.. Guillaume aveugl\u00e9ment en fit tout un article et le publia le 1er avril 1913 (sic&nbsp;!). 1er avril, sans doute, mais les critiques fus\u00e8rent&nbsp;: le v\u00e9n\u00e9rable Mercure croula sous les protestations. \u2014 Est-ce par un juste retour de b\u00e2ton ensuite, fort peu de temps apr\u00e8s, que le complice et pontife Andr\u00e9 Billy, comparse de Guillaume, \u00ab\u00a0descendra\u00a0\u00bb m\u00e9chamment <em>La Prose du Transsib\u00e9rien<\/em> avant m\u00eame qu\u2019elle ne paraisse, \u00e0 la seule vue du bulletin de souscription et du <em>Prospectus<\/em> de 24 x7 cm porteur d\u00e9j\u00e0 des \u00ab&nbsp;couleurs simultan\u00e9es&nbsp;\u00bb de Sonia, Billy qui ex\u00e9cutera ses basses \u0153uvres pas m\u00eame sous son vrai nom de Billy (\u00ab&nbsp;The Kid&nbsp;\u00bb&nbsp;?) mais sous le pseudonyme franchouillard de \u00ab&nbsp;Jean de l\u2019Escritoire&nbsp;\u00bb dans <em>Paris-Midi<\/em>., tout cela parce que lui Billy et Guillaume voyaient \u00ab\u00a0midi \u00e0 quatorze heure\u00a0\u00bb depuis le canular Withman, mais surtout depuis que Cendrars avait d\u00e9barqu\u00e9 \u00e0 Paris. Revenons nous-m\u00eames au d\u00e9but du pr\u00e9sent article et au m\u00e9pris profess\u00e9 par Ma\u00eetre Guillaume pour la typographie, m\u00e9pris que contredit \u00e0 elle seule de fa\u00e7on presque \u00e9clatante sa recherche ult\u00e9rieure des <em>Calligrammes<\/em> (on peut le penser tout du moins). Ce m\u00e9pris de la typographie n\u2019est rien moins \u00e0 mon sens qu\u2019un moyen de \u00ab\u00a0descendre\u00a0\u00bb Blaise, d\u2019ostensiblement d\u00e9valoriser son projet \u00e0 la fois aux yeux des \u00ab&nbsp;gens de Lettres&nbsp;\u00bb d\u00e9tenant alors le pouvoir \u00e9ditorial \u00e0 Paris mais surtout aux yeux du public. Blaise, comme on le sait (ne l\u2019ai-je pas r\u00e9p\u00e9t\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 para\u00eetre insidieux), n\u2019ayant pas obtenu de r\u00e9ponse du grand Guillaume lorsque d\u00e9barquant \u00e0 Paris, totalement inconnu, il envoie le manuscrit des <em>P\u00e2ques \u00e0 New York<\/em> dans l\u2019espoir d\u2019une publication au <em>Mercure de France<\/em>, c\u2019est sur la presse clandestine d\u2019un camarade anarchiste de la rue Botzaris aux Buttes-Chaumont&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb29\">29<\/a>], et en tant que premi\u00e8re plaquette hors-s\u00e9rie de la \u00ab&nbsp;collection Triumvir&nbsp;\u00bb de la revue intitul\u00e9e <em>Les Hommes Nouveaux<\/em> , que sont compos\u00e9es \u00ab&nbsp;<em>Les P\u00e2ques<\/em>&nbsp;\u00bb&nbsp;; or, Blaise, lui, s\u2019enorgueillit de la typo, il \u00e9crit (et il n\u2019a pas manqu\u00e9 d\u2019en faire part au bon Guillaume)&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><small>Au point de vue typographique la collection <em>Triumvir<\/em> pr\u00e9sente un caract\u00e8re de luxe et de modernit\u00e9 extr\u00eame qui n\u2019exclura pas les souvenirs d\u2019une tradition qui a valu \u00e0 la France une renomm\u00e9e universelle. Une grande vari\u00e9t\u00e9 pr\u00e9sidera au choix des papiers, des formats et des caract\u00e8res d\u2019impression&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb30\">30<\/a>].<\/small><\/p>\n\n\n\n<p>Au moment de l\u2019expo Delaunauy \u00e0 Berlin, il \u00e9crit encore, toujours \u00e0 propos de la typographie, qui, d\u00e9cid\u00e9ment, l\u2019obs\u00e8de, et dont il fait son m\u00e9dium&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><small>Je ne pensai plus \u00e0 Moravagine, absorb\u00e9 que j\u2019\u00e9tais d\u2019abord par la r\u00e9daction et la composition du Transsib\u00e9rien, puis par son ex\u00e9cution typographique, dite Le Premier Livre Simultan\u00e9, fabrication qui dura un an, chez Cr\u00e9t\u00e9, \u00e0 Corbeil&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb31\">31<\/a>].<\/small><br><br>Voil\u00e0 qui, \u00e0 mon sens, \u00e0 lui seul explique \u2014 \u00e0 d\u00e9faut de le justifier \u2014 le m\u00e9pris affich\u00e9, passager et paradoxal de Gouillaume, soudain, pour la typographie\u2026 \u2014 Que dire de plus&nbsp;? Les amiti\u00e9s sont bien fragiles, \u00e0 Paris, dans les Arts \u2014 cette jungle moins hospitali\u00e8re que celle du Douanier Rousseau&nbsp;\u2014, dans ces milieux trop initi\u00e9s que Cendrars \u00e9vitait. \u2014 Cendrars pardonnera-t-il jamais&nbsp;? Chacun conna\u00eet la fin du po\u00e8me \u00ab&nbsp;Hamac&nbsp;\u00bb dat\u00e9 de 1913 et tir\u00e9 du recueil des <em>Dix-neuf po\u00e8mes \u00e9lastiques,<\/em> qui constitue, peut-\u00eatre, une r\u00e9ponse \u00e0 la question d\u00e9sormais \u00e0 jamais pos\u00e9e&nbsp;:<br><small>Apollinaire<br>1900-1911<br>Durant douze ans seul po\u00e8te de France<br>[Mais, peut-\u00eatre, faudrait-il rappeler ici le d\u00e9but, tout d\u00e9but du texte&nbsp;: ]<br>Onoto-visage<br>Cadran compliqu\u00e9 de la Gare Saint-Lazare<br>Apollinaire<br>Avance, retarde, s\u2019arr\u00eate parfois.<br>Europ\u00e9en<br>Voyageur occidental<br>Pourquoi ne m\u2019accompagnes-tu pas en Am\u00e9rique&nbsp;?<br>J\u2019ai pleur\u00e9 au d\u00e9barcad\u00e8re<br>New-York&#8230;&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb32\">32<\/a>].<\/small><\/p>\n\n\n\n<p>\u2014&nbsp;Cendrars plagi\u00e9&nbsp;? \u2014 Les faits sont l\u00e0&nbsp;!&#8230; La preuve mat\u00e9rielle du vol, du d\u00e9lit de griv\u00e8lerie po\u00e9tique (bref du plagiat), les h\u00e9ritiers de Tzara en sont peut-\u00eatre encore en possession, ou, h\u00e9las, un autre amateur, riche bibliophile esth\u00e8te, modiste ou banquier, amateur de curiosit\u00e9s et de placements s\u00fbrs,\u2026 \u00e0 moins que l\u2019\u00c9tat \u2014 le banquier central \u2014 ne l\u2019ait achet\u00e9 ou se le soit plut\u00f4t fait \u00ab&nbsp;offrir&nbsp;\u00bb, selon sa royale habitude, par le biais des droits de succession.<br>\u00ab&nbsp;Zone&nbsp;\u00bb est donc apocryphe vis-\u00e0-vis de <em>La Prose<\/em> \u2014 encore une histoire, \u00ab&nbsp;Parisienne&nbsp;!&nbsp;\u00bb \u2014 et, c\u2019est bien Cendrars et non Apollinaire, comme on continue \u00e0 le pr\u00e9tendre dans la plupart des manuels, qui est l\u2019inventeur de la po\u00e9sie moderne&nbsp;: entendons de celle qui fait repartir la machine de la po\u00e9sie lyrique en France, absolument \u00ab&nbsp;vaporis\u00e9e&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb33\">33<\/a>]&nbsp;\u00bb depuis le \u00ab&nbsp;Coup de d\u00e9&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb34\">34<\/a>]&nbsp;\u00bb de Mallarm\u00e9. Certains critiques (tic&nbsp;! tic&nbsp;!)(Oh&nbsp;! Seulement les incons\u00e9quents, mais ils sont les plus nombreux&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb35\">35<\/a>]) \u2014 tenant sans doute la frivolit\u00e9 pour un des Beaux-Arts \u00e0 d\u00e9faut de crime&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb36\">36<\/a>] (pourtant, certes&nbsp;! certes, c\u2019en est un&nbsp;!)&nbsp;\u2014, diront&nbsp;: \u00ab&nbsp;Fait sans importance&nbsp;!&#8230; A quoi bon cette pr\u00e9cision poujadiste&nbsp;!&#8230;&nbsp;\u00bb \u2014 On voit bien par l\u00e0 que rien ne leur co\u00fbte lorsqu\u2019il s\u2019agit du sang d\u2019autrui et qu\u2019ils ne sont pas du combat. Seront-ils jamais du combat, quoiqu\u2019ils en tirent b\u00e9n\u00e9fices&#8230;, eux seuls \u2014 eux seuls, souvent \u2014&nbsp;? Laissons-les bavasser et retenons ceci (puisse-t-il bien leur en d\u00e9plaire&nbsp;!)&nbsp;: Cendrars, avant Apollinaire&nbsp;! Et, avant tous&nbsp;! (Ouf&nbsp;! C\u2019est dit.)<\/p>\n\n\n\n<p><strong>APOLLINAIRE, UN CLASSIQUE DU \u00ab&nbsp;MONDE ANCIEN<\/strong>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Colette Seghers, dans son livre souvenir, a ainsi eu le grand m\u00e9rite, apr\u00e8s les confidences de Cendrars et de son \u00e9poux, d\u2019oser d\u00e9voiler ce d\u00e9tournement scandaleux&nbsp;; mais, allons plus loin dans le d\u00e9boulonnage et <em>strip-tease<\/em> du bon \u00ab&nbsp;Kostro&nbsp;\u00bb, plus par honn\u00eatet\u00e9 du reste que par simple esprit de justice. Il suffit de comparer les deux personnalit\u00e9s et les deux textes \u00e0 leur image pour se persuader que le grand novateur est Cendrars et non l\u2019auteur de <em>L\u2019H\u00e9r\u00e9siarque<\/em>, h\u00e9r\u00e9siarque lui-m\u00eame en diable, lequel terme signifie&nbsp;: \u00ab&nbsp;chef de secte&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb37\">37<\/a>]&nbsp;\u00bb, comme chacun sait \u2014 ce titre n\u2019est-il pas en soi fort r\u00e9v\u00e9lateur d\u00e9j\u00e0 de la volont\u00e9 de carri\u00e8re d\u2019Apollinaire, \u00e0 vingt deux ans&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb38\">38<\/a>]&nbsp;? Car Apollinaire est un carri\u00e9riste&nbsp;!\u2026 un carri\u00e9riste, qui, voyant s\u2019ouvrir pour l\u2019un de ses premiers textes <em>La Revue Blanche<\/em> des tr\u00e8s bourgeois Nathanson, poursuit sa route en 1909 par un d\u00e9tour abouti, prolong\u00e9, au <em>Mercure de France<\/em>, o\u00f9 il publie la malgr\u00e9 tout tr\u00e8s parnassienne, tr\u00e8s banvillienne et romantique m\u00eame jusque dans ses relents, \u00ab&nbsp;chanson&nbsp;\u00bb&nbsp;: <em>Chanson du Mal-aim\u00e9<\/em>\u2026 \u2014 chef-d\u2019\u0153uvre, certes, certes mais [&#8230;]&nbsp;! \u2014 En 1910, il esp\u00e8re le Goncourt, et, pour ce qui est de \u00ab&nbsp;l\u2019Esprit Nouveau&nbsp;\u00bb, on peut dire qu\u2019il fut \u00ab&nbsp;le suiveur&nbsp;\u00bb de peintres, dont certains de ses amis peintres (peintres aussi, pr\u00e9cis\u00e9ment) lui avaient annonc\u00e9 la modernit\u00e9&nbsp;: ne nous fions donc pas \u00e0 sa seule intuition de beaucoup hyperbolis\u00e9e apr\u00e8s coup et participant de son mythe \u2014 \u00f4 tellement commode pour tout un pan des h\u00e9ritiers revendiqu\u00e9s, le revendiquant \u00e0 hauts cris&nbsp;: po\u00e8tes autant que critiques patent\u00e9s&nbsp;! \u2014 C\u2019est si pratique un mort, qui meurt jeune encore et au bon moment, pour en faire un martyr et un chef de file posthume postiche&nbsp;; on fait dire ce qu\u2019on veut aux morts&nbsp;: \u2014 N\u2019est-ce pas, Breton\u2026&nbsp;: toi qui sut traire <em>a posteriori<\/em> et d\u2019une main chaude <em>Les Mamelles de Tir\u00e9sias<\/em>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb39\">39<\/a>] au ciel, bien confortablement cal\u00e9 sur <em>Un mouchoir de nuage<\/em>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb40\">40<\/a>] confisqu\u00e9 par toi, d\u00e8s 24, aux dada\u00efstes phagocyt\u00e9s&nbsp;? Quant aux peintres dont Apollinaire fut le plus proche (prenons Rousseau et Picasso)&nbsp;: Rousseau pr\u00e9tendait faire un art destin\u00e9 aux mus\u00e9es et consid\u00e9rait qu\u2019il n\u2019y avait alors que deux peintres en France, lui \u00ab&nbsp;dans le genre moderne&nbsp;\u00bb, et, Picasso, Picasso \u00ab&nbsp;dans le genre \u00e9gyptien&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb41\">41<\/a>]&nbsp;\u00bb. Picasso comme Rousseau, ne sont-ils pas de fait des classiques cach\u00e9s\u2026 masqu\u00e9s&nbsp;? \u2014 Picasso n\u2019avouera-t-il pas cet aspect de son univers dans la p\u00e9riode dite \u00ab&nbsp;classique&nbsp;\u00bb pr\u00e9cis\u00e9ment, laquelle suit, on le sait, sa p\u00e9riode cubiste, quelques mois apr\u00e8s la mort de Guillaume Apollinaire, au moment m\u00eame de la mort de \u00ab&nbsp;Modi&nbsp;\u00bb, Modigliani&nbsp;: le bon Am\u00e9d\u00e9o, le Florentin et V\u00e9nitien dans l\u2019\u00e2me tout aussi \u00ab&nbsp;moderne&nbsp;\u00bb que lui, peut-\u00eatre, et dont il s\u2019\u00e9tait tant moqu\u00e9 cependant, tant moqu\u00e9 ostensiblement. <em>Les Demoiselles d\u2019Avignon<\/em> sont-ils le manifeste de la modernit\u00e9 qu\u2019on a fait croire&nbsp;? Demoiselles et bordel d\u2019Avignon ou pas&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb42\">42<\/a>], qu\u2019est-ce que Picasso doit r\u00e9ellement \u00e0 Delaunay, \u00e0 Braque comme \u00e0 Juan Gris&nbsp;? Une certaine critique \u00e0 des fins purement politiques n\u2019a-t-elle pas hyperbolis\u00e9 l\u2019\u0152uvre de Picasso, \u00e9clipsant celle de ses pairs et de ses cadets&nbsp;? \u2014 Mais cela, n\u2019est-ce pas, c\u2019est un autre sujet. Revenons \u00e0 \u00ab&nbsp;Zone&nbsp;\u00bb, oui, restons plut\u00f4t dans la \u00ab&nbsp;Zone&nbsp;\u00bb&nbsp;: cet autre grand pot de \u00ab&nbsp;merdre&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb43\">43<\/a>]&nbsp;\u00bb br\u00fblot, qu\u2019est l\u2019\u0152uvre de Picassiette, ce sera pour une autre fois&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb44\">44<\/a>].<br><br>\u2014&nbsp;\u00ab&nbsp;Zone&nbsp;\u00bb rel\u00e8ve d\u2019un lyrisme \u00e9l\u00e9giaque et romantique non d\u00e9brid\u00e9, son registre reste courant voire le plus souvent soutenu, m\u00eame si quelques mots de la modernit\u00e9 y sont ostensiblement ench\u00e2ss\u00e9s&nbsp;; point de mots \u00e9trangers comme chez Cendrars, aveux d\u2019un cosmopolitisme lyrique, qui, chez Blaise, remplace le sentiment amoureux&nbsp;; si Apollinaire en a assez \u00ab&nbsp;de ce monde ancien&nbsp;\u00bb, de \u00ab&nbsp;l\u2019Antiquit\u00e9 grecque et romaine&nbsp;\u00bb&nbsp;: le proclamer dans \u00ab&nbsp;Zone&nbsp;\u00bb pour lui n\u2019est pas un exorcisme, puisque tel une mouche vibrionnante, il y reste, path\u00e9tiquement, englu\u00e9&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb45\">45<\/a>]. C\u00f4t\u00e9 s\u00e9mantique rythmique&nbsp;: \u2014 rien, sinon cet air de comptine qu\u2019il avoue du reste dans des entretiens, confiant qu\u2019il composait ce texte, sans repentir, \u00e0 l\u2019aide de deux ou trois petites rengaines qu\u2019il s\u2019inventait&nbsp;: juste un bourdonnement exalt\u00e9.<br>C\u00f4t\u00e9 s\u00e9mantisme typographique, hormis la suppression de la ponctuation, rien que de plat. Dans la dimension \u00ab&nbsp;simultan\u00e9\u00efste&nbsp;\u00bb du texte enfin, on se perd un peu&nbsp;: Apollinaire \u2014 trop complexe pour \u00eatre direct, donc fort \u2014 jouant avec celui de l\u2019espace comme Cendrars, mais aussi avec celui du temps, de fa\u00e7on chronologique, en introduisant un <em>flash-back<\/em> \u2014 Oh&nbsp;! pas <em>alla ebraica<\/em> comme l\u2019horloge du XVIIIe de l\u2019ancien H\u00f4tel de la Ville juive, \u00e0 Prague, rue Maislova&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb46\">46<\/a>], qu\u2019il cite dans \u00ab&nbsp;Zone&nbsp;\u00bb&nbsp;: non, mais de fa\u00e7on b\u00eatement chronologique, sur toute la dur\u00e9e d\u2019une vie, dans le simultan\u00e9isme de l\u2019instant o\u00f9 il l\u2019\u00e9crit. C\u2019est sans doute pour cette raison que \u00ab&nbsp;Zone&nbsp;\u00bb est moins long que <em>La Prose<\/em>&nbsp;: impossible de tenir longtemps le texte sans infl\u00e9chissement avec une telle complication \u2014 Comment dire [\u2026]&nbsp;? \u2014 compendieuse et promptuaire, sommaire\u2026<br>D\u00e8s lors, puisqu\u2019on parle d\u2019espace enfin, la g\u00e9ographie Apollinairienne d\u2019Apollinaire l\u2019Apollinien qui r\u00eavait de Dionysiaque, se borne \u00e0 \u00ab&nbsp;l\u2019Europe aux anciens parapets&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb47\">47<\/a>]&nbsp;\u00bb dont parlait Rimbaud&nbsp;: une Europe qui, en soi, au contraire de celle de Cendrars qui (elle) d\u00e9passera l\u2019Oural, n\u2019a rien d\u2019orientale, parce que confin\u00e9e, trop proche. Enfin, (et pour finir enfin, Ah&nbsp;! enfin&nbsp;! sur ce point.\u00ab&nbsp;Oh&nbsp;! l\u00e0&nbsp;! l\u00e0&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb48\">48<\/a>]&nbsp;!&nbsp;\u00bb) ces nouveaut\u00e9s, dont on nous a depuis des dizaines d\u2019ann\u00e9es rebattu les oreilles dans les manuels et dans les pr\u00e9faces des r\u00e9\u00e9ditions successives (\u00e0 croire que dans leur \u00e9crasante majorit\u00e9 la plupart des camarades critiques et des camarades professeurs ne commentent et ne lisent jamais les textes&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb49\">49<\/a>], mais seulement refondent \u00e0 leur sauce sans cesse le premier commentaire fait par l\u2019un deux et ceux qui suivent&#8230;&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb50\">50<\/a>]) ces nouveaut\u00e9s, disais-je, comme par exemple l\u2019\u00e9loge de la publicit\u00e9 et de la litt\u00e9rature populaire, il les doit \u00e0 Rimbaud, le Rimbaud d\u2019<em>Une saison en enfer<\/em>, inventeur de l\u2019art brut dans \u00ab&nbsp;Alchimie du Verbe&nbsp;\u00bb&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><small>J\u2019aimais les peintures idiotes, dessus de portes, d\u00e9cors, toiles de saltimbanques, enseignes, enluminures populaires&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb51\">51<\/a>][&#8230;]<\/small><\/p>\n\n\n\n<p>et, nous pourrions m\u00eame dire aussi, bien avant la <em>Saison<\/em>, \u00e0 l\u2019introduction d\u2019une \u00ab&nbsp;publicit\u00e9&nbsp;\u00bb d\u00e9j\u00e0 si l\u2019on veut, d\u2019une enseigne du moins, dans \u00ab&nbsp;Au Cabaret vert&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb52\">52<\/a>]&nbsp;\u00bb, o\u00f9, par la mise en italique, Rimbaud nous signifie clairement qu\u2019il lit l\u2019enseigne avec nous, introduisant ainsi ce morceau de r\u00e9alit\u00e9, ce fragment d\u2019\u00ab&nbsp;art brut&nbsp;\u00bb, dans son texte. Je ne parle pas de la publicit\u00e9 \u00ab&nbsp;Astra&nbsp;\u00bb dans les toiles de Delaunay, copain de Blaise, dont les premi\u00e8res <em>Tours Eiffel<\/em> datent de 1911, ni m\u00eame, l\u2019ann\u00e9e 1912, de l\u2019introduction d\u2019un cannage de chaise dans une composition cubiste de Picasso&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb53\">53<\/a>]&nbsp;: chacun conna\u00eet ces faits majeurs dans l\u2019histoire de la modernit\u00e9 picturale, m\u00eame si, une fois encore, Delaunay, \u00e0 son tour, comme Blaise, est injustement sous-estim\u00e9&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb54\">54<\/a>] par le gros du troupeau de ces autres auteurs de profils et de manuels scolaires pompeusement baptis\u00e9s&nbsp;: \u00ab&nbsp;Livres d\u2019Art&nbsp;\u00bb.<br><br>\u2014&nbsp;La vraie modernit\u00e9 de \u00ab&nbsp;Zone&nbsp;\u00bb, et, cela, il me semble mais peut-\u00eatre \u00e0 tort&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb55\">55<\/a>], aucun critique ne l\u2019a soulign\u00e9&nbsp;: c\u2019est cet extraordinaire hommage d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9, d\u00e9sabus\u00e9, au Catholicisme, comme si, au contraire d\u2019un Malraux fantasmatique parlant du XXIe si\u00e8cle&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb56\">56<\/a>], Apollinaire, \u00ab&nbsp;voyant&nbsp;\u00bb \u2014 au sens rimbaldien, lui aussi, oui, quand m\u00eame un peu, disons-le \u2014 disait&nbsp;: \u2014 \u00ab&nbsp;Le XXe si\u00e8cle sera antireligieux ou ne sera pas&nbsp;\u00bb&nbsp;; or, m\u00eame cela \u2014 et, surtout cela, peut-\u00eatre&nbsp;! \u2014 Cendrars ne le dit-il pas avant lui, dans \u00ab&nbsp;<em>Les P\u00e2ques<\/em>&nbsp;\u00bb&nbsp;?\u2026 Guillaume \u00e0 cet \u00e9gard encore ne le plagie-t-il pas dans \u00ab&nbsp;Zone&nbsp;\u00bb&nbsp;? Pauvres critiques d\u2019avant-hier, des ann\u00e9es de fonte et de fer \u00e0 baudet, celles du structuralisme (ce m\u00e9cano de l\u2019intellectualisme)&nbsp;: tous ath\u00e9es et id\u00e9ologues, parce qu\u2019il \u00e9tait de bon ton de l\u2019\u00eatre jusqu\u2019au milieu des ann\u00e9es 80, et, qui, tous, ont occult\u00e9 cet aspect essentiel du texte, d\u00e9velopp\u00e9 tout au long comme une passion, camp\u00e9 comme une <em>pieta<\/em> polonaise de Christ assis et aux outrages&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb57\">57<\/a>].<br>Bon. J\u2019ai l\u2019air de faire ici le proc\u00e8s d\u2019Apollinaire en tr\u00e8s m\u00e9chant Z\u2019osi\u00f4. C\u2019est faux. Je fais le proc\u00e8s de l\u2019auteur de \u00ab&nbsp;Zone&nbsp;\u00bb, parce qu\u2019il est un usurpateur, mais j\u2019ai donn\u00e9 bien des ann\u00e9es de ma vie \u00e0 l\u2019auteur de \u00ab&nbsp;Marizibill&nbsp;\u00bb et des <em>Rh\u00e9nanes <\/em>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb58\">58<\/a>], \u00e0 l\u2019auteur des <em>Calligrammes<\/em>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb59\">59<\/a>] et de certains <em>Po\u00e8mes \u00e0 Lou<\/em>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb60\">60<\/a>], quoiqu\u2019ils rel\u00e8vent le plus souvent de \u00ab&nbsp;l\u2019ancien jeu des vers&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb61\">61<\/a>]&nbsp;\u00bb et de la \u00ab&nbsp;vieillerie po\u00e9tique&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb62\">62<\/a>]&nbsp;\u00bb. Pour moi (et l\u2019on ne me fera pas revenir de ce sentiment de si t\u00f4t), Apollinaire, tout entier, vient du symbolisme. Le symbolisme, \u00e0 d\u00e9faut de pouvoir encore se repr\u00e9senter un objet, se tourne vers la repr\u00e9sentation des concepts&nbsp;: pour exemple le concept \u00ab&nbsp;femme&nbsp;\u00bb chez Puvis ou chez Moreau. Lou, la fameuse Lou, \u00e0 la vulve de jument rose (Pardon&nbsp;! \u00e0 la vulve rose de jument&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb63\">63<\/a>]) et \u00ab&nbsp;qui serre comme un casse-noisettes&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb64\">64<\/a>]&nbsp;\u00bb (\u2014 ne vous \u00e9tonnez plus des bruits suspects, la nuit, aux abords de pr\u00e9s), aux pauvres petites fesses rougies par la vilaine habitude et le vilain go\u00fbt de \u00ab&nbsp;la schlague&nbsp;\u00bb du bon Guillaume, oui, Louise de Coligny-Ch\u00e2tillon m\u00eame \u2014 au nom de station de m\u00e9tro protestante elle-m\u00eame fantasmatique \u2014 avec ses seins obus&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb65\">65<\/a>] et son \u00ab&nbsp;derri\u00e8re [de] rose&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb66\">66<\/a>]&nbsp;\u00bb, telle que Guillaume la d\u00e9crit, n\u2019est-elle pas un concept r\u00eav\u00e9 encore par \u00ab&nbsp;Kostro&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;en allant chercher des obus&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;les testicules pleins, le cerveau tout empli d\u2019images\/neuves&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb67\">67<\/a>]&nbsp;\u00bb, perdu dans la boue des tranch\u00e9es du XIXe si\u00e8cle qui meurt comme Sardanapale couch\u00e9 moelleusement sur le lit d\u2019apparat des derni\u00e8res monarchie d\u2019Europe, en sacrifiant ses enfants m\u00e2les&nbsp;? Ce Lou-l\u00e0 n\u2019entoure-t-il pas les yeux, ne cache-t-il pas encore le visage du symbolisme&nbsp;: un symbolisme qui irait quand m\u00eame jusqu\u2019\u00e0 la vision du corps de l\u2019amante de fa\u00e7on unanimiste, sinon par les couleurs, ici, gu\u00e8re \u00ab&nbsp;simultan\u00e9es&nbsp;\u00bb&nbsp;? Car qui pr\u00e9c\u00e8de Apollinaire, l\u2019Apollinaire de \u00ab&nbsp;Zone&nbsp;\u00bb, et, de qui peut-il \u00eatre fils&nbsp;? \u2014 La r\u00e9ponse est l\u2019Unanimisme, n\u00e9 du symbolisme belge et de Verhaeren qui, le premier, tint compte de la modernit\u00e9 mais pour en exprimer l\u2019angoisse qui en naissait. L\u2019Unanimisme appara\u00eet un peu avant le Futurisme fran\u00e7ais comme un renouveau du lyrisme apr\u00e8s le d\u00e9clin po\u00e9tique amorc\u00e9 d\u00e8s apr\u00e8s Baudelaire, l\u2019h\u00e9ritage impossible de Hugo et du Romantisme. Mais les unanimistes sont de jeunes universitaires bourgeois, donc trop frileux pour \u00eatre des po\u00e8tes qui comptent&nbsp;; ils donneront des romanciers&nbsp;: romanciers acad\u00e9misables. Cependant, il s\u2019agit d\u2019\u00eatre juste et de rendre \u00e0 chacun sa place au Panth\u00e9on&nbsp;: si l\u2019Unanimisme n\u2019a dur\u00e9 qu\u2019un temps de 1906 \u00e0 1907, Jules Romains aura fait passer la litt\u00e9rature de l\u2019angoisse de la modernit\u00e9 propre \u00e0 Verhaeren (grand hallucin\u00e9), \u00e0 l\u2019exaltation de la modernit\u00e9. \u2014 Gr\u00e2ces lui en soient rendues&nbsp;! Apollinaire le suit\u2026 comme il suit en \u00ab&nbsp;toutou&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Lou Toutou&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb68\">68<\/a>]&nbsp;\u00bb \u2014 Who\u00fb\u00e2\u00e2a&nbsp;! Who\u00fb\u00e2\u00e2\u00e2a&nbsp;!!<br>S\u2019il fut influenc\u00e9 par les Unanimistes \u2014 vite remplac\u00e9s par les Futuristes italiens puis russes, et, les Expressionnistes allemands plus pr\u00e9sentables politiquement (du moins alors&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb69\">69<\/a>]), \u2014 il fut davantage proche et marqu\u00e9 par des po\u00e8tes du pass\u00e9 d\u00e9j\u00e0, par les D\u00e9cadents comme Pierre Louys&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb70\">70<\/a>]&nbsp;: leur tentative d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e de retrouver l\u2019essence par les sens sous couvert d\u2019antiquit\u00e9 le tentait, moins l\u2019antiquit\u00e9. Dieu merci pour lui, il retourne aussi \u00e0 Villon.<br>Depuis Rimbaud, apr\u00e8s Baudelaire, le po\u00e8te se devait d\u2019\u00eatre un aventurier&nbsp;; c\u2019est bien l\u00e0 o\u00f9 Rimbaud avait laiss\u00e9 la po\u00e9sie&nbsp;: la po\u00e9sie se devait d\u2019\u00eatre d\u00e9sormais une fa\u00e7on d\u2019\u00eatre \u2014 une fa\u00e7on d\u2019\u00eatre au monde \u2014 et il fallait que la litt\u00e9rature f\u00fbt l\u2019\u00e9cume de la vie et non l\u2019inverse. En 1913, comme d\u00e9j\u00e0 en 1871&nbsp;: il s\u2019agissait de raccommoder la litt\u00e9rature et la vie, de les marier&nbsp;: il s\u2019agissait de r\u00e9concilier l\u2019\u00e9crivain avec l\u2019homme enfin, afin qu\u2019ils ne forment plus qu\u2019un, afin, dis-je, que le divorce entre l\u2019un et l\u2019autre ne soit plus le seul espace d\u2019\u00e9criture, ce <em>no man\u2019s land<\/em> \u00e0 la fois d\u00e9sol\u00e9, schizophr\u00e9nique et terrifiant, o\u00f9 seule, elle pouvait na\u00eetre mais (h\u00e9las&nbsp;!) \u00e9criture seule, la po\u00e9sie. Le \u00ab&nbsp;tu&nbsp;\u00bb et le \u00ab&nbsp;je&nbsp;\u00bb de \u00ab&nbsp;Zone&nbsp;\u00bb, ce jeu du \u00ab&nbsp;je&nbsp;\u00bb et du \u00ab&nbsp;tu&nbsp;\u00bb, rel\u00e8ve bien de ce divorce et l\u2019avoue. Il durera pour Apollinaire, jusqu\u2019\u00e0 <em>Calligrammes<\/em>, jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019il comprenne que la guerre n\u2019\u00e9tait pas \u00ab&nbsp;jolie&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb71\">71<\/a>]&nbsp;\u00bb, jusqu\u2019\u00e0 ce que la r\u00e9alit\u00e9 pleuve sur lui, fasse \u00e9clater son moi en l\u2019\u00e9tendant au monde en faisant mat\u00e9riellement \u00e9clater sa t\u00eate travers\u00e9e d\u2019un \u00e9clat d\u2019obus, c\u2019est-\u00e0-dire la p\u00e9n\u00e8tre d\u2019un pur fragment de r\u00e9alit\u00e9 brute comme un tableau de Picasso\u2026, pour l\u2019\u00e9toiler de r\u00e9el (Boum&nbsp;!). Pour l\u2019Apollinaire d\u2019avant <em>Calligrammes<\/em> donc, le po\u00e8te n\u2019est que \u00ab&nbsp;l\u2019Enchanteur pourrissant&nbsp;\u00bb \u2026sur pied, parce qu\u2019il prend racine, se r\u00e9fugiant dans la surr\u00e9alit\u00e9 des contes fantastiques et de f\u00e9es. A Apollinaire, il faudra, il aura fallu l\u2019\u00e9tat de choc pour passer \u00e0 l\u2019\u00e9tat de fait. Le fait de chanter une certaine modernit\u00e9 dans \u00ab&nbsp;Zone&nbsp;\u00bb \u2014 j\u2019y reviens encore pour bien insister \u2014 il le tient de fait de l\u2019Unanimisme&nbsp;: ce lyrisme du Modernisme, du Futurisme italien aussi&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb72\">72<\/a>], et, il ne l\u2019a pas invent\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>BLAISE CENDRARS OU \u00ab&nbsp;L\u2019HOMME NOUVEAU&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Mais, parlons \u00e0 pr\u00e9sent de <em>La Prose<\/em> et de son auteur tout de \u00ab&nbsp;braise&nbsp;\u00bb et de \u00ab&nbsp;cendres&nbsp;\u00bb&nbsp;: Blaise&nbsp;! \u2014 Blaise \u00e9tait le contraire d\u2019un carri\u00e9riste&nbsp;; c\u2019\u00e9tait un po\u00e8te pur, le po\u00e8te que r\u00eavait Rimbaud&nbsp;: pas un \u00e9crivain, pas un homme de lettres, non, mais un photographe, un cin\u00e9aste, un preneur d\u2019instantan\u00e9s spirituels, illumin\u00e9s et rayonnants, \u00e9vitant tous les clich\u00e9s. Cin\u00e9aste et photographe&nbsp;: oui, voil\u00e0 comment on pourrait qualifier ce rimbaldien authentique \u00ab&nbsp;aux semelles de vents&nbsp;\u00bb comme lui, comme lui fuguant \u00e0 seize ans, ne se lassant pas de courir le monde ensuite&nbsp;: sans doute un de ses plus purs h\u00e9ritiers, peut-\u00eatre bien le seul qui serait \u00e0 authentifier. Photographe et cin\u00e9aste, il fut l\u2019auteur de <em>Kodak<\/em> (1924)&nbsp;: une sorte de court-m\u00e9trage po\u00e9tique d\u00e9coup\u00e9 et mont\u00e9 \u00e0 partir des romans populistes de son ami Gustave Lerouge&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb73\">73<\/a>]&nbsp;; <em>Kodak<\/em>, qui dut \u00eatre rebaptis\u00e9, suite \u00e0 une plainte de la firme am\u00e9ricaine \u2014 doit-on dire&nbsp;: par cons\u00e9quent protectionniste \u2014 outrag\u00e9e (sic) de voir ainsi sa marque servir de titre \u00e0 un Fran\u00e7ais Franco-Suisse et porta d\u00e8s lors le titre, presque plus significatif, parce que non plus seulement photographique mais bien cin\u00e9matographique cette fois, de <em>Documentaires<\/em>.<br>La forme m\u00eame de <em>La Prose<\/em>, ce livre-objet con\u00e7u comme un manifeste de la modernit\u00e9, cette \u00e9troite bande de papier de deux m\u00e8tres de long et de trente-six centim\u00e8tres de large dont l\u2019\u00e9dition compl\u00e8te devait atteindre mise bout \u00e0 bout la hauteur de la Tour Eiffel&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb74\">74<\/a>] \u2014 symbole alors encore r\u00e9cent malgr\u00e9 tout du modernisme triomphant&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb75\">75<\/a>]&nbsp;\u2014, peut faire penser \u00e0 deux choses&nbsp;: \u00e0 une carte g\u00e9ographique et routi\u00e8re pli\u00e9e, \u00e0 un morceau de pellicule cin\u00e9matographique une fois la carte soigneusement d\u00e9pli\u00e9e&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb76\">76<\/a>]. Le po\u00e8me en tant qu\u2019objet est donc la m\u00e9taphore concr\u00e8te d\u2019une bande de pellicule dont les \u00ab&nbsp;images simultan\u00e9es&nbsp;\u00bb du po\u00e8te sont comme projet\u00e9es sur l\u2019\u00e9cran de notre cin\u00e9ma intime, intuitif, imaginaire, par la lumi\u00e8re&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb77\">77<\/a>] des pochoirs sous-impos\u00e9s des \u00ab&nbsp;couleurs simultan\u00e9es&nbsp;\u00bb de Sonia Delaunay lesquels repr\u00e9sentent \u2014 on le sait \u2014 le plus souvent, le prisme d\u00e9compos\u00e9 de la lumi\u00e8re&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb78\">78<\/a>], qui obs\u00e9dait depuis l\u2019\u00e9t\u00e9 1912 son mari Robert&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb79\">79<\/a>], quand, \u00e0 la Madeleine, dans la vall\u00e9e de Chevreuse, sous la double influence de Chevreul et de Seurat, il avait effectu\u00e9 ses premi\u00e8res \u00e9tudes sur la r\u00e9frangibilit\u00e9 du spectre lumineux en per\u00e7ant son volet \u00e0 l\u2019aide d\u2019un vilebrequin comme le raconte si joliment Cendrars&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb80\">80<\/a>], ce prisme qui l\u2019obs\u00e9dera, elle aussi, en tant que peintre, toute sa vie.<br>Mais si le po\u00e8me en tant qu\u2019objet en soi est comme une pellicule de cin\u00e9ma, concurrencer le cin\u00e9ma est peut-\u00eatre bien l\u2019objet du po\u00e8me&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><small>Nous \u00e9tions peut-\u00eatre seuls, \u00e0 Paris, Robert Delaunay et moi [dit Cendrars] \u00e0 parler de machines et d\u2019art et \u00e0 avoir vaguement conscience de la grande transformation du monde moderne&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb81\">81<\/a>].<\/small><\/p>\n\n\n\n<p>\u2014&nbsp;La premi\u00e8re manifestation, le premier manifeste plut\u00f4t du go\u00fbt de l\u2019ami Blaise pour le cin\u00e9ma, la premi\u00e8re v\u00e9ritable profession de foi de Cendrars pour le cin\u00e9ma est \u00e0 dater du printemps 1912, juste apr\u00e8s la composition des <em>P\u00e2ques \u00e0 New York<\/em> dat\u00e9es, elles, du 6-7 (jour de P\u00e2ques) et 8 avril 1912 (il vient alors d\u2019inventer son pseudo&nbsp;: \u2014 \u00ab&nbsp;Je me suis fait un nom nouveau&nbsp;\u00bb). Il s\u2019agit de la pr\u00e9face au texte <em>New York in flashlight<\/em>, il est encore alors au U.S.&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb82\">82<\/a>] et s\u2019embarquera pour un retour en Europe le 21 mai 1912, \u00e0 bord du Volturno&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><small><em>New York in flashlight<\/em>.<br>Pr\u00e9face.<br>J\u2019ai \u00e9t\u00e9 en traitement chez un cin\u00e9matographe.<br>Depuis lors je me suis procur\u00e9 un appareil. Je l\u2019emploie souvent. Surtout le soir, quand j\u2019ai vainement pein\u00e9 sur un po\u00e8me et que les rimes ne viennent pas. L\u2019appareil cr\u00e9pite. Le film ronronne. Les images pleuvent. Le cerveau se gonfle \u00e0 la pluie. Les nerfs se d\u00e9tendent. Le c\u0153ur s\u2019apaise. Les sc\u00e8nes d\u00e9filent, me cinglent, comme les flagelles glac\u00e9s des douches. La vulgarit\u00e9 de la vie quotidienne me r\u00e9g\u00e9n\u00e8re. Je ne poursuis plus de chim\u00e8res. Je ne r\u00eave pas. Pas de m\u00e9taphysique. Pas d\u2019abstraction. Les m\u00e2choires se d\u00e9crochent. Je ris, en \u00e9quilibre dans un fauteuil. Pour cinq sous&nbsp;! C\u2019est en mon hygi\u00e8ne d\u2019homme-de-lettres trop aigri. Le cin\u00e9matographe est mon hydroth\u00e9rapie.<br>J\u2019aime aussi beaucoup les m\u00e9tropolitains et les chemins de fer suspendus. Surtout ceux de New York, car ils sont mal b\u00e2tis et il y arrive beaucoup d\u2019accidents. Les express fusent. Les roues tournent. Les ressorts grincent. Un rythme aheurt\u00e9, impair, m\u2019emporte. Je bois de la vitesse, cette absinthe de tout le corps. Quand je suis ivre, le train s\u2019arr\u00eate. Et mes exc\u00e8s ne vont pas plus loin.<br>Je me suis aussi achet\u00e9 un gramophone. C\u2019est par \u00e9pargne. J\u2019y enregistre sur les disques sympathiques le parler des gens qui dialoguent dans la rue&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb83\">83<\/a>]. Je n\u2019ai plus aucun frais d\u2019imagination. Mes romans sont dict\u00e9s par une machine parlante qui, parfois, hausse la voix et hurle l\u2019en-t\u00eate redondante d\u2019un journal. Elle me fait de la r\u00e9clame. J\u2019ai beaucoup de lecteurs. J\u2019ai su combiner les merveilles du monde moderne. J\u2019ai invent\u00e9 un appareil qui, actionn\u00e9 par les roues des express, d\u00e9roule ses films transparents, d\u00e9brouille ainsi, devant les passagers ennuy\u00e9s, l\u2019\u00e9cheveau des derni\u00e8res nouvelles t\u00e9l\u00e9graphiques qu\u2019un gramophone grasseye. Pas une minute de perdue. \u00ab&nbsp;Time is money.&nbsp;\u00bb Je cherche \u00e0 l\u2019adapter aux besoins du commerce. A la place des insipides tableaux-r\u00e9clames&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb84\">84<\/a>] qui font le beau au parois des wagons, les vues gesticulantes d\u2019un grand magasin forceraient l\u2019attention, tandis que le gramophone, avec la voix du patron, \u00e9noncerait les arrivages et les prix. On saisirait sur le vif le dialogue \u00e9pique de la concurrence.<br>Quand mon appareil sera mis au point et d\u00fbment patent\u00e9, je ferai fortune. Apr\u00e8s les Balzac, les Villiers&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb85\">85<\/a>], c\u2019est l\u00e0 mon dernier r\u00eave romantique. Millionnaire, je me ferai citoyen am\u00e9ricain. Je suis pratique.<br>Ce livre est le produit des exp\u00e9riences de mise au point, au fond de mon laboratoire&nbsp;; c\u2019est le premier fonctionnement de la machine. Il sert de prospectus \u00e0 N.Y., cet entrep\u00f4t. Si sa vision est par trop sp\u00e9ciale, sa caract\u00e9ristique est d\u2019autant plus d\u00e9termin\u00e9e. Plus de routine.<br>La machine fait tout&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb86\">86<\/a>].<br>[\u00e0 peine rentr\u00e9 \u00e0 Paris, Blaise \u00e9crit aux revues pour se proposer comme chroniqueur ou dans les journaux comme reporter et il \u00e9crit \u00e0 son ex-m\u00e9c\u00e8ne et parent&nbsp;: Suter&nbsp;:] Je suis pr\u00eat \u00e0 envoyer des impressions, des films, des aper\u00e7us cin\u00e9matographiques de la vie d\u2019une grande ville am\u00e9ricaine&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb87\">87<\/a>].<\/small><\/p>\n\n\n\n<p>\u2014&nbsp;Le cin\u00e9ma, quoi de plus simultan\u00e9iste&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb88\">88<\/a>] puisque tout film repose dans sa forme m\u00eame sur le principe de montages de s\u00e9quences h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes&nbsp;! Ainsi en est-il dans <em>La Prose<\/em> qui fonctionne comme un grand film&nbsp;: \u2026film, dont la rythmique assure la bande-son avant m\u00eame l\u2019arriv\u00e9e du cin\u00e9ma parlant\u2026&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb89\">89<\/a>] Songez donc&nbsp;! Ce n\u2019est pas un hasard, non, si Cendrars a \u00e9t\u00e9 acteur chez son copain Abel Gance, dans le <em>J\u2019accuse<\/em> de 1918 comme figurant, et, en 1921, dans la c\u00e9l\u00e8bre <em>Roue <\/em>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb90\">90<\/a>] avec un r\u00f4le plus important&nbsp;; ce n\u2019est pas un hasard non plus si le recueil pr\u00e9c\u00e9dant <em>La Prose<\/em> s\u2019appelle <em>S\u00e9quences <\/em>&nbsp;; ce n\u2019est pas un hasard que ces textes ou articles dat\u00e9s de 1919 qu\u2019il intitule&nbsp;: <em>L\u2019A.B.C du Cin\u00e9ma<\/em>, <em>Un Art nouveau&nbsp;: le Cin\u00e9ma.<\/em> D\u00e8s 1921, Cendrars s\u2019essaye \u00e0 l\u2019\u00e9criture de sc\u00e9naris et commence une \u00ab&nbsp;carri\u00e8re&nbsp;\u00bb de critique cin\u00e9matographique&nbsp;; je dis d\u00e8s 1921, mais Miriam Cendrars r\u00e9v\u00e8le dans la biographie qu\u2019elle a r\u00e9alis\u00e9e sur son p\u00e8re que celui-ci, sit\u00f4t apr\u00e8s avoir \u00e9crit <em>La Prose<\/em>, d\u00e8s 1914, allait proposer, par l\u2019interm\u00e9diaire de son ami Canudo, des sc\u00e9naris \u00ab&nbsp;inspir\u00e9s par la vie agreste&nbsp;\u00bb \u00e0 la c\u00e9l\u00e8bre firme \u00ab&nbsp;<em>Path\u00e9 <\/em>&nbsp;\u00bb&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb91\">91<\/a>]&nbsp;: soit \u00e0 peine quelques mois apr\u00e8s la publication de <em>La Prose<\/em>, comme une cons\u00e9quence peut-\u00eatre.<br>Revenons donc au plus pr\u00e8s de l\u2019ann\u00e9e de la conception de <em>La Prose<\/em>\u2026 Le recueil la pr\u00e9c\u00e9dant, je l\u2019ai dit, s\u2019intitule <em>S\u00e9quences<\/em>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb92\">92<\/a>]&nbsp;; le recueil qui suit, ce sont les c\u00e9l\u00e8bres <em>Dix-neuf po\u00e8mes \u00e9lastiques<\/em> dat\u00e9s de 1914, dont le nom m\u00eame fait penser au support photographique d\u2019alors&nbsp;; parmi ces textes&nbsp;: <em>Fantomas<\/em>, qui triomphait sur les \u00e9crans, mais surtout le texte&nbsp;: \u00ab&nbsp;la T\u00eate&nbsp;\u00bb dont les trois premiers vers \u00e9voquent peut-\u00eatre le bruit caract\u00e9ristique des projecteurs de l\u2019\u00e9poque&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><small>La guillotine est le chef-d\u2019\u0153uvre de l\u2019art plastique<br>Son d\u00e9clic<br>Cr\u00e9e le mouvement perp\u00e9tuel&#8230;&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb93\">93<\/a>]<\/small><em><br><\/em><br><br>\u2014&nbsp;Et cet autre texte, comme en \u00e9cho&nbsp;: \u00ab&nbsp;Titres&nbsp;\u00bb&nbsp;:<br><small>[&#8230;] Premier po\u00e8me sans m\u00e9taphores<br>Sans images<br>Nouvelles<br>L\u2019esprit nouveau<br>Les accidents des f\u00e9eries<br>Quatre-cents fen\u00eatres ouvertes<br>L\u2019h\u00e9lice des gemmes des foires&#8230;&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb94\">94<\/a>]<em>,<br><\/em><\/small><em><br><\/em><br>lui, pourrait bien faire penser \u00e0 un film. A l\u2019\u00e9poque de sa rencontre avec Gance, Cendrars \u00e9crira \u2014 \u00ab&nbsp;Une race d\u2019hommes nouveaux&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb95\">95<\/a>] va para\u00eetre. Leur langage sera le Cin\u00e9ma.&nbsp;\u00bb C\u2019est ce qu\u2019on appelle une profession de foi&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb96\">96<\/a>].<br>Dans <em>La Prose<\/em>, le montage simultan\u00e9iste de Cendrars est celui d\u2019un cin\u00e9aste d\u2019avant-garde selon l\u2019esth\u00e9tique, la technique aussi de la \u00ab&nbsp;cam\u00e9ra-\u0153il&nbsp;\u00bb de Dziga Vertov&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb97\">97<\/a>] comme d\u2019Eisenstein par la suite, et non celui d\u2019un classique&nbsp;; il cherche non \u00e0 \u00e9mouvoir comme Apollinaire, mais \u00e0 surprendre. La simplicit\u00e9 relative des divers plans \u00ab&nbsp;simultan\u00e9s&nbsp;\u00bb \u2014 au contraire d\u2019Apollinaire les compliquant par un <em>flash-back<\/em>, donc par un plan chronologique \u2014 chez Cendrars vise au choc, \u00e0 l\u2019efficacit\u00e9&nbsp;: trois plans, le simultan\u00e9isme des images mentales se superpose et s\u2019associe \u00e0 celui des images de l\u2019int\u00e9rieur du train, qui, elles-m\u00eames, se superposent avec celles de l\u2019ext\u00e9rieur&nbsp;; le tout reproduit \u00ab&nbsp;le fonctionnement r\u00e9el de la pens\u00e9e en dehors de toute pr\u00e9occupation esth\u00e9tique ou morale&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb98\">98<\/a>]&nbsp;\u00bb dont parlera Breton, onze ans plus tard&nbsp;!\u2026<br>Cette confusion, en oubliant cette boutade toujours savante des trois plans, cr\u00e9e un lyrisme neuf, original, moderne en somme, bien diff\u00e9rent de celui de <em>Zone<\/em>. Le lyrisme chez Cendrars dans <em>La Prose<\/em> est unanimiste, futuriste et instantan\u00e9. Il n\u2019a plus rien \u00e0 voir avec \u00ab&nbsp;la vieillerie po\u00e9tique&nbsp;\u00bb romantique dont, dans presque toute sa dur\u00e9e, rel\u00e8ve \u00ab&nbsp;Zone&nbsp;\u00bb, selon le pathos romantique de \u00ab&nbsp;la Chanson du Mal-aim\u00e9&nbsp;\u00bb, qui est un chef-d\u2019\u0153uvre, oui, on l\u2019a dit, c\u2019est incontestable, mais pas une \u0153uvre d\u2019avant-garde, non. Le lyrisme d\u2019Apollinaire ne sort pas de la glu infecte du sentiment et de l\u2019auto-complaisance pathologique&nbsp;; au reste, si l\u2019on veut rester honn\u00eate et au plus pr\u00e8s de la biographie sans jouer pour autant les Sainte-Beuve de comptoir du \u00ab&nbsp;caf\u00e9 du Commerce&nbsp;\u00bb ou de \u00ab&nbsp;bouchons&nbsp;\u00bb pour forts des halles \u2014 qui pourrait le nier&nbsp;? \u2014 la seule aventure (ultime, entendons) pour Apollinaire aboutit entre les deux cuisses, les rondeurs des fesses de l\u2019\u00eatre suppos\u00e9 aim\u00e9 qui n\u2019est qu\u2019un soi projet\u00e9 qu\u2019on en vient \u00e0 battre dans la pratique, ne s\u2019aimant pas&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb99\">99<\/a>].<\/p>\n\n\n\n<p><small>Blaise Cendrars est de sept ans le cadet de Guillaume Apollinaire. Mais de combien de vies son a\u00een\u00e9&nbsp;? [interroge Miriam Cendrars&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb100\">100<\/a>].]<\/small><\/p>\n\n\n\n<p>Apollinaire est un na\u00eff qui ne s\u2019est pas d\u00e9mont\u00e9, compris. Ses motivations ressortissent de ce propos de Giraudoux \u2014 \u00ab&nbsp;\u00c9crire, c\u2019est le d\u00e9sir d\u2019\u00eatre aim\u00e9.&nbsp;\u00bb Le lyrisme du sentiment, Cendrars dans <em>La Prose <\/em>le pratique par parodie comme r\u00e9f\u00e9rent pour contraste&nbsp;: son lyrisme est celui de la po\u00e9sie des \u00ab&nbsp;express-internationaux&nbsp;\u00bb chant\u00e9e aussi paradoxalement par le grand bourgeois oisif Val\u00e9ry Larbaud&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb101\">101<\/a>], de la po\u00e9sie rimbaldienne v\u00e9cue&nbsp;: celle de <em>Bourlinguer<\/em>. La litt\u00e9rature est pour lui l\u2019\u00e9cume de la vie. La vie n\u2019est pas pour lui comme pour Apollinaire, le carri\u00e9riste, l\u2019\u00e9cume de la litt\u00e9rature, avec, pour seule r\u00e9compense demand\u00e9e, jamais obtenue, l\u2019amour et la notori\u00e9t\u00e9 chez les femmes. Apollinaire est un bell\u00e2tre, et, Cendrars&nbsp;: un aventurier. Apollinaire ne rejoindra l\u2019avant-garde seul \u2014 j\u2019entends, oui, tout seul&nbsp;: non aid\u00e9, matern\u00e9, conseill\u00e9 par ses amis peintres \u2014 qu\u2019avec <em>Les Mamelles de Tir\u00e9sias<\/em>&nbsp;: pas avant 1917 donc. Il ne rejoindra l\u2019avant-garde, seul, qu\u2019apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 sonn\u00e9 par \u00ab&nbsp;l\u2019\u00e9toile de sang&nbsp;\u00bb qui le couronnera \u00ab&nbsp;\u00e0 jamais&nbsp;\u00bb, en le couronnant effectivement.<br>Qu\u2019il ait effectu\u00e9 tous ses voyages ou non \u2014 ce dont je me fous, comme des Lipp, des Deux-Magots ou du Flore \u2014 une fois \u00e9chapp\u00e9 de Suisse comme Jean-Jacques, Blaise est un trans-Europ\u00e9en doubl\u00e9 d\u2019un trans-Panam\u00e9en, un citoyen du monde, un vrai.<br>La plupart des \u00ab&nbsp;critiques&nbsp;\u00bb pour manuels scolaires ne lisent pas les textes (non&nbsp;!)&nbsp;: ils lisent les commentaires sur les textes, n\u2019\u00e9tant exclusivement qu\u2019int\u00e9ress\u00e9s par l\u2019illusion de litt\u00e9rarit\u00e9 de leurs bavures syntaxiques. Dieu merci, il y a l\u2019exception, ne serait-ce que pour confirmer la r\u00e8gle, et, il y a quelques critiques-\u00e9crivains&nbsp;: \u2014 rares&nbsp;!\u2026 Les autres, la grosse masse des autres, celle des b\u0153ufs, des bofs&nbsp;: ils sont comme des boulangers qui n\u2019auraient jamais fait de pain, des \u00e9b\u00e9nistes qui n\u2019auraient jamais fait de meubles mais pourtant se seraient bombard\u00e9s chefs de corporation&nbsp;! \u2014 Quand on est vraiment \u00e9b\u00e9niste, boulanger (je veux dire ici&nbsp;: \u00e9crivain) au premier coup d\u2019oeil, on voit tout ce qu\u2019Apollinaire doit \u00e0 Cendrars. On voit combien Cendrars \u00e9tait all\u00e9 plus loin.<br>Ne parlons pas des registres, des tons aussi, car, s\u2019ils sont limit\u00e9s par l\u2019auto-critique chez Apollinaire, Cendrars, comme Villon, les utilise tous&nbsp;: la gamme compl\u00e8te \u00e0 360\u00b0, toute la palette, en plus de celle d\u00e9coupant le prisme de la lumi\u00e8re des pochoirs de Sonia Delaunay. Il m\u00e9lange aussi \u2014 le premier&nbsp;! \u2014 tous les genres&nbsp;: du roman d\u2019aventure, \u00e0 la po\u00e9sie versifi\u00e9e ou non, en passant m\u00eame par le feuilleton.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>LE S\u00c9MANTISME TYPOGRAPHIQUE DANS L\u2019ESPACE ET L\u2019ESPACE-TEMPS<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Mouvement, espace, volont\u00e9 de rendre sensible la notion m\u00eame d\u2019espace-temps&nbsp;: tout le futurisme est l\u00e0, qu\u2019il soit italien, russe ou fran\u00e7ais, suite aux travaux du physiologiste fran\u00e7ais Marey sur la chronophotographie. Marinetti, ou Larionov ont th\u00e9oris\u00e9 cette id\u00e9e de quatri\u00e8me dimension cherch\u00e9e et revendiqu\u00e9e par les peintres, et, obtenue (selon le russe, rejoignant ainsi le fran\u00e7ais Robert Delaunay), obtenue par la couleur que Chevreul et les Delaunay \u2014 Robert et Sonia \u2014 appellent de \u00ab&nbsp;contrastes simultan\u00e9s&nbsp;\u00bb. \u2014 Quels sont les moyens mis en \u0153uvre par Cendrars pour parvenir au m\u00eame effet&nbsp;? Quels sont les moyens mis \u00e0 la disposition du po\u00e8te par la langue&nbsp;? \u2014 Pour r\u00e9pondre&nbsp;: parlons du rythme. Chez Cendrars, dans <em>La Prose<\/em>, il est tr\u00e8s divers&nbsp;: il y a une r\u00e9elle utilisation de la s\u00e9mantique rythmique (Voir&nbsp;: fragment du texte en annexe), \u00e9voquant le rythme du train par exemple. Chez l\u2019Apollinaire de \u00ab&nbsp;Zone&nbsp;\u00bb, non (Voir&nbsp;: fragment en annexe encore). Mais le plus frappant reste l\u2019invention d\u2019un s\u00e9mantisme typographique&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb102\">102<\/a>] jamais confus et fort riche. Il n\u2019en faudrait pour preuve que ce passage&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb103\">103<\/a>] o\u00f9 Cendrars mime la mont\u00e9e de l\u2019inspiration po\u00e9tique, cr\u00e9ant ainsi dans l\u2019\u00e9criture du texte m\u00eame un effet de mise en abyme du plus bel effet qui vaut bien tous les discours souvent ronflants que Val\u00e9ry pondait \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque sur le sujet. On constate, d\u2019abord, que la r\u00e9alit\u00e9, par le choix des caract\u00e8res les plus gros dans ce passage, est mise sur le m\u00eame plan que le po\u00e8me d\u2019amour sing\u00e9 en parodie (qu\u2019il fait appara\u00eetre \u00e0 la fin du fragment cit\u00e9 en annexe). Mise en abyme donc aussi. La vie vaut la litt\u00e9rature, la litt\u00e9rature vaut la vie&nbsp;: elles en sont chacune un reflet, ayant besoin l\u2019une de l\u2019autre pour se voir, pour se regarder\u2026, pour se prouver, en fait, qu\u2019elles sont. L\u2019inspiration commence par un syncr\u00e9tisme \u00ab&nbsp;simultan\u00e9iste&nbsp;\u00bb de souvenirs de r\u00e9cits de voyages et de l\u00e9gendes dans l\u2019esprit du narrateur&nbsp;; c\u2019est ainsi que na\u00eet la po\u00e9sie&nbsp;; la derni\u00e8re r\u00e9f\u00e9rence nous ram\u00e8ne aux \u00ab&nbsp;express-internationaux&nbsp;\u00bb. Nous sommes en petits caract\u00e8res italiques. Ils se redressent en romains, mieux, s\u2019\u00e9rigent&nbsp;: l\u2019esprit du po\u00e8te, \u00e9veill\u00e9 par le r\u00eave enfantin et l\u2019imaginaire, va m\u00ealer les images de l\u2019int\u00e9rieur du train et celles de l\u2019ext\u00e9rieur&nbsp;; \u00e0 l\u2019imaginaire se confond la r\u00e9alit\u00e9&nbsp;; \u00ab&nbsp;la moelle chemin de fer des psychiatres am\u00e9ricains&nbsp;\u00bb am\u00e8ne peu \u00e0 peu le po\u00e8te \u00e0 somnoler&nbsp;: son inconscient se m\u00eale alors \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 au rythme des ballasts, onze ans avant Le <em>Premier Manifeste du Surr\u00e9alisme<\/em>&nbsp;! Le caract\u00e8re grossit encore&nbsp;: comme l\u2019inspiration enfle&nbsp;; on passe en caract\u00e8res gras&nbsp;: le po\u00e8te se laisse aller \u2014 comme en une parodie, on l\u2019a dit \u2014 \u00e0 la sentimentalit\u00e9&nbsp;; il s\u2019est \u00ab&nbsp;couch\u00e9 dans un plaid bariol\u00e9 comme sa vie&nbsp;\u00bb, comme <em>La Prose<\/em> aussi, et, il se laisse aller au poison romantique comme dans \u00ab&nbsp;Zone&nbsp;\u00bb mais par parodie, au poison de l\u2019autocomplaisance dans sa propre souffrance. Puis, voici qu\u2019apr\u00e8s l\u2019ellipse des trois points de suspension, maladroitement le po\u00e8me na\u00eet de clich\u00e9s plats d\u2019abord en clich\u00e9s de moins en moins plats ensuite qui se r\u00e9v\u00e8lent comme un \u00e9cho \u00e0 l\u2019un des tout premiers textes de Baudelaire (sans doute un des plus beaux)&nbsp;: \u2014 \u00ab&nbsp;Je n\u2019ai pas pour ma\u00eetresse une lionne illustre [\u2026]&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb104\">104<\/a>]&nbsp;\u00bb, Jehanne devenant, soudain, le double de Sarah dite \u00ab&nbsp;louchette&nbsp;\u00bb&nbsp;: la petite prostitu\u00e9e, amante elle aussi, du Baudelaire adolescent&nbsp;; plus on avance dans le texte, plus le texte devient meilleur et moderne, car tout en passant par Baudelaire on refait en quelques vers le saut de la Pr\u00e9ciosit\u00e9, avec son all\u00e9gorie de l\u2019Amour, \u00e0 ce train de 1913 ou plut\u00f4t de 1903, en somme&nbsp;: \u00e0 la modernit\u00e9, et, tout le message de Cendrars, au-del\u00e0 de la parodie est l\u00e0, visible et clair quand on regarde, mis en abyme et en chiasme le premier et le dernier vers&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><small>Du fond de mon c\u0153ur des larmes me viennent<br>Si je pense, Amour, \u00e0 ma ma\u00eetresse [\u2026]<br>[puis, la fin&nbsp;: ]<br>[\u2026] Que les larmes me viennent si je pense \u00e0 son c\u0153ur.<\/small><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Mon c\u0153ur [&#8230;] Son c\u0153ur.&nbsp;\u00bb On est pass\u00e9 du moi \u00e0 l\u2019autre. \u2014 Qu\u2019est-ce que faire \u0153uvre de po\u00e8te&nbsp;? \u2014 Ce n\u2019est pas porter sa souffrance en exergue comme l\u2019Apollinaire de \u00ab&nbsp;Zone&nbsp;\u00bb, mais bien oublier sa souffrance pour porter celle d\u2019autrui et la traduire&nbsp;; bref, c\u2019est s\u2019ouvrir \u00e0 l\u2019alt\u00e9rit\u00e9 par le biais de la cr\u00e9ation. On est pass\u00e9 du c\u0153ur du po\u00e8te Cendrars, \u00e0 celui de \u00ab&nbsp;la petite Jehanne de France&nbsp;\u00bb, la petite prostitu\u00e9e de Montmartre, l\u2019anonyme et malade petite pute de la Butte&nbsp;: symbole soudain de la po\u00e9sie, d\u2019un peuple de mis\u00e8re injustement brim\u00e9, symbole \u00e0 elle seule de la libert\u00e9 anarchiste et royale que le po\u00e8te lui donne et se donne, et, par-del\u00e0, nous donne \u00e0 tous, en lui rendant sa dignit\u00e9. Le po\u00e8te n\u2019est plus solitaire, parce qu\u2019il devient solidaire&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb105\">105<\/a>].<\/p>\n\n\n\n<p><strong>LORSQUE LES FINS DIVERGENT AUSSI DES MOYENS<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Revenons enfin pour finir \u00e0 \u00ab&nbsp;Zone&nbsp;\u00bb&nbsp;: \u2014 Quels sont les points communs entre les deux po\u00e8mes&nbsp;? \u2014 Par son proc\u00e9d\u00e9 de <em>flash-back<\/em>, Apollinaire est tout entier tourn\u00e9 vers le pass\u00e9&nbsp;; son avant-gardisme est confus, mim\u00e9. Au contraire, chez Cendrars, on note la pr\u00e9sence de trois unit\u00e9s&nbsp;: lieu, espace, temps&nbsp;; sa cr\u00e9ation joue sur l\u2019espace. \u2014 Je l\u2019ai d\u00e9j\u00e0 dit et je me r\u00e9p\u00e8te&nbsp;: si Apollinaire est un Parisien, Cendrars est un Europ\u00e9en, mieux&nbsp;: une tzigane, en quelque sorte, libre de tout et de tous&nbsp;; si Cendrars aussi est un populiste \u2014 au sens le plus noble du terme&nbsp;\u2014, Apollinaire est un bourgeois qui se soumet aux lois d\u2019un milieu pr\u00e9cis, artistique, o\u00f9 tout en fait est codifi\u00e9, compt\u00e9 sur le mode du troc, du \u00ab&nbsp;march\u00e9&nbsp;\u00bb, des lois du \u00ab&nbsp;march\u00e9&nbsp;\u00bb et de sa mafia, lequel se pr\u00e9tend r\u00e9volutionnaire et d\u2019\u00e9lite. Cendrars du reste s\u2019en plaignait&nbsp;: \u00ab&nbsp;D\u2019avoir publi\u00e9 <em>Les P\u00e2ques \u00e0 New-York<\/em>&#8230; me valut l\u2019inimiti\u00e9 des bonzes et des pontifes\u2026&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb106\">106<\/a>]&nbsp;\u00bb \u00e9crit-il dans la <em>Notule d\u2019Histoire Litt\u00e9raire 1912-1914<\/em> accompagnant la premi\u00e8re r\u00e9\u00e9dition des <em>Dix-neuf po\u00e8mes \u00e9lastiques<\/em>&nbsp;; et, Cendrars pr\u00e9cise&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><em>Le Mercure de France<\/em>, <em>Vers et Prose<\/em>, <em>Les Soir\u00e9es de Paris<\/em>, <em>Po\u00e8me et Drame<\/em>, c\u2019est-\u00e0-dire les a\u00een\u00e9s, les po\u00e8tes d\u00e9j\u00e0 class\u00e9s et la soi-disant avant-garde refusaient ma collaboration. C\u2019est qu\u2019\u00e0 ce moment-l\u00e0, il ne faisait pas bon, en France, d\u2019\u00eatre un jeune authentique parmi \u00ab&nbsp;les jeunes&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb107\">107<\/a>]&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ces revues, Andr\u00e9 Billy, Andr\u00e9 Salmon (amis d\u2019Apollinaire), \u00ab&nbsp;cassaient&nbsp;\u00bb Cendrars \u00e0 d\u00e9faut de pouvoir le caser, le classer. \u2014 L\u2019appartenance \u00e0 une caste exige des r\u00e9f\u00e9rences complices, clins d\u2019oeil&nbsp;: les r\u00e9f\u00e9rences culturelles dans \u00ab&nbsp;Zone&nbsp;\u00bb semblent n\u00e9cessaires et savantes, elles sont donc en abondance&nbsp;; chez Cendrars, dans <em>La Prose<\/em>, elles sont le plus souvent inutiles ou populistes.<br>Comparons \u00e0 pr\u00e9sent les fins&nbsp;: \u00e0 bien des \u00e9gards significatives&nbsp;! On note, dans les deux textes&nbsp;: <em>La Prose<\/em>, \u00ab&nbsp;Zone&nbsp;\u00bb, et, cela d\u2019embl\u00e9e, l\u2019\u00e9vocation conjointe de deux prostitu\u00e9es, d\u2019un m\u00eame recours pour clore \u00e0 l\u2019alcool\u2026 \u2014 Soit&nbsp;! mais, il ne s\u2019agit en aucun cas des m\u00eames ivresses, des m\u00eames amours. Dans <em>La Prose<\/em>, apr\u00e8s celle des mots pour le lecteur, celle de l\u2019alcool pour le po\u00e8te, l\u2019ivresse est dionysiaque et la chair&nbsp;: une exultation&nbsp;; la petite prostitu\u00e9e, Jehanne, est symbole de l\u2019injustice, de la mis\u00e8re&nbsp;; Cendrars aime le peuple \u00e0 travers elle, qu\u2019elle incarne, qui l\u2019incarne, qui l\u2019incarne, lui. Cendrars aussi s\u2019assume&nbsp;: pour lui la sexualit\u00e9 n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 un refuge. A la fin du texte, il est seul. \u2014 Chez Apollinaire, dans \u00ab&nbsp;Zone&nbsp;\u00bb, tout diff\u00e8re&nbsp;: l\u2019alcool est un refuge, il signifie tristesse&nbsp;; le sexe est un refuge aussi&nbsp;; la prostitu\u00e9e est v\u00e9cue comme une d\u00e9ch\u00e9ance, comme d\u00e9j\u00e0 dans \u00ab&nbsp;la chanson du Mal-Aim\u00e9&nbsp;\u00bb, jadis&nbsp;: on s\u2019humilie, on s\u2019avilit au \u00ab&nbsp;rire horrible de sa bouche&nbsp;\u00bb&nbsp;; seule la vision doloriste et bourgeoise \u2014 quasi sulpicienne, osons-le mot, oui&nbsp;! \u2014 dont il l\u2019accoutre avec d\u00e9go\u00fbt, lui donne une vague dimension Christique exalt\u00e9e, mais, non, pas sociale en tous cas\u2026 \u2014 oh&nbsp;! que non&nbsp;! \u2014 \u00ab&nbsp;La chair est triste h\u00e9las&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb108\">108<\/a>]&nbsp;!&nbsp;\u00bb comme disait Mallarm\u00e9 d\u00e9j\u00e0&nbsp;! Cette prostitu\u00e9e sale, qui \u00e9voque celles puantes, faisand\u00e9es, recherch\u00e9es avec perversion par Huysmans&nbsp;: tout cela est bien symboliste&nbsp;! D\u00e9sesp\u00e9r\u00e9, n\u2019assumant pas, \u00e0 la fin du texte \u2014 \u00ab&nbsp;distanci\u00e9e&nbsp;\u00bb \u2014 le po\u00e8te s\u2019apitoie sur soi&nbsp;; et, pour conclure, Apollinaire se r\u00e9v\u00e8le un \u00ab&nbsp;\u00e9gocen-triste&nbsp;\u00bb introverti, tout entier tourn\u00e9 vers le pass\u00e9\u2026, tandis que Cendrars, boh\u00e8me g\u00e9n\u00e9reux et extraverti, est tout entier tourn\u00e9 vers la modernit\u00e9, l\u2019avenir&nbsp;; les deux sont lyriques et mystiques, certes, mais pas sur les m\u00eames sujets&nbsp;!<br>La le\u00e7on de Cendrars est simple, je l\u2019ai dit, on peut la rappeler \u2014 elle est belle \u2014&nbsp;: il suffit d\u2019\u00eatre solidaire pour ne plus \u00eatre solitaire&nbsp;; le monde est exaltant&nbsp;: \u00ab&nbsp;le monde est plein de femmes&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb109\">109<\/a>]&nbsp;\u00bb, entre autres \u00ab&nbsp;choses&nbsp;\u00bb riches d\u2019\u00eatre&nbsp;; et, lorsqu\u2019on se veut seul parce qu\u2019on se sent triste, Dionysos est l\u00e0, fid\u00e8le.<br>La le\u00e7on d\u2019Apollinaire se r\u00e9sume dans \u00ab&nbsp;Zone&nbsp;\u00bb \u00e0 ceci&nbsp;: Dieu est mort et je suis seul&nbsp;; ma jeunesse est perdue et mes amours aussi&nbsp;; je suis d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9&nbsp;; il faut me plaindre. \u2014 \u00ab&nbsp;Plains-moi, sinon je te maudis&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb110\">110<\/a>]&nbsp;!&nbsp;\u00bb peut-on encore entendre en somme, comme un lointain \u00e9cho de qui l\u2019on sait&nbsp;: le Baudelaire de l\u2019\u00ab&nbsp;\u00c9pigramme pour un livre condamn\u00e9&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb111\">111<\/a>]&nbsp;\u00bb \u00e0 qui, de loin, Apollinaire en se confondant se confond ou croit se confondre plut\u00f4t, singeant le \u00ab&nbsp;po\u00e8te maudit&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb112\">112<\/a>]&nbsp;\u00bb.<br>Cendrars est d\u2019avant-garde, oui, de la vraie&nbsp;: la seule d\u2019alors, marginale, marginalis\u00e9e, soigneusement tenue \u00e0 l\u2019\u00e9cart, r\u00e9cup\u00e9r\u00e9e et plagi\u00e9e. N\u2019emp\u00eache&nbsp;!&nbsp;: Cendrars est un anarchiste-humaniste, le sauveur de la po\u00e9sie, le grand artisan du renouveau du lyrisme au seuil du si\u00e8cle qui na\u00eetra en 1915 avec la guerre de mat\u00e9riel. Blaise, apr\u00e8s l\u2019implosion po\u00e9tique d\u2019<em>Un Coup de d\u00e9<\/em>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb113\">113<\/a>] de Mallarm\u00e9 qui lui aussi m\u00e9langeait tous les bas de casse de l\u2019imprimerie, faisant \u00e9clater forme et sens, apr\u00e8s l\u2019impasse symboliste, mouvement inverse&nbsp;: dans <em>La Prose<\/em>, gr\u00e2ce \u00e0 Blaise, forme et sens se reconstituent. \u2014 Cendrars, mon vieux Blaise&nbsp;! Merci&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><strong>POSTFACE<\/strong><br>La guerre de 14-18 va, h\u00e9las, couper court \u00e0 ce renouveau, laissant le champ libre \u00e0 l\u2019iconoclasme et \u00e0 la r\u00e9cr\u00e9ation Dada suivie de ce surr\u00e9alisme&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb114\">114<\/a>] qui doit tant au Jacob du <em>Cornet \u00e0 D\u00e9<\/em>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb115\">115<\/a>] et, selon Cendrars, \u00e0 Arthur Cravan&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb116\">116<\/a>]. Il faudra attendre Ren\u00e9 Guy Cadou et \u00ab&nbsp;l\u2019\u00c9cole de Rochefort&nbsp;\u00bb pour que, apr\u00e8s les d\u00e9bordements terroristes, intellectualistes, herm\u00e9tistes, clos, souvent putassiers du surr\u00e9alisme \u2014 mort en 39&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb117\">117<\/a>] \u2014 la Po\u00e9sie, cherchant \u00e0 nouveau le public, se veuille enfin \u00ab&nbsp;\u00e0 hauteur d\u2019homme&nbsp;\u00bb, dans la grande tradition lyrique r\u00e9veill\u00e9e au tournant du si\u00e8cle par Apollinaire et Cendrars&nbsp;: par Cendrars puis Apollinaire. Mais Cadou se sentit plus proche d\u2019Apollinaire&nbsp;; la critique (d\u00e9j\u00e0&nbsp;!) avait privil\u00e9gi\u00e9 le plus carri\u00e9riste des deux\u2026 \u2014 Le plus sage&nbsp;? Saint et martyr&nbsp;?\u2026 \u2014 A vous seul de voir. En tous cas, un peu trop encens\u00e9, sur\u00e9valu\u00e9 pour moi. Car enfin, ce que Blaise a ouvert comme route, comme horizon, et de fa\u00e7on unique et g\u00e9niale, au champ po\u00e9tique&nbsp;: \u00e0 part un auteur de profil scolaire fonctionnaire et mal embouch\u00e9, qui oserait, qui pourrait encore le nier&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb118\">118<\/a>]&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p><small>(25\/III\/91. \u2014 Repris et d\u00fbment compl\u00e9t\u00e9 en avril 1999.)<\/small><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><br><strong>ANNEXES&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>1\u00b0) Extrait de \u00ab&nbsp;Zone&nbsp;\u00bb d\u2019Apollinaire<br><br>2\u00b0) Extrait de <em>La Prose du Transsib\u00e9rien et de la Petite Jehanne de France<\/em> de Blaise Cendrars.<\/p>\n\n\n\n<p>3\u00b0) \u00ab&nbsp;Je n\u2019ai pas pour ma\u00eetresse&#8230;&nbsp;\u00bb&nbsp;: extrait des <em>Po\u00e8mes de jeunesse<\/em> de Charles Baudelaire.<\/p>\n\n\n\n<p>3\u00b0) CHARLES BAUDELAIRE&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb119\">119<\/a>]&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>Je n\u2019ai pas pour ma\u00eetresse une lionne illustre&nbsp;:<br>La gueuse, de mon \u00e2me, emprunte tout son lustre&nbsp;;<br>Invisible aux regards de l\u2019univers moqueur,<br>Sa beaut\u00e9 ne fleurit que dans mon triste c\u0153ur.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour avoir des souliers elle a vendu son \u00e2me&nbsp;;<br>Mais le bon Dieu rirait si, pr\u00e8s de cette inf\u00e2me,<br>Je tranchais du Tartufe et singeais la hauteur,<br>Moi qui vends ma pens\u00e9e et qui veux \u00eatre auteur.<\/p>\n\n\n\n<p>Vice beaucoup plus grave, elle porte perruque.<br>Tous ses beaux cheveux noirs ont fuis sa blanche nuque&nbsp;;<br>Ce qui n\u2019emp\u00eache pas les baisers amoureux<br>De pleuvoir sur son front plus pel\u00e9 qu\u2019un l\u00e9preux.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle louche, et l\u2019effet de ce regard \u00e9trange<br>Qu\u2019ombragent des cils noirs plus longs que ceux d\u2019un ange,<br>Est tel que tous les yeux pour qui l\u2019on s\u2019est damn\u00e9<br>Ne valent pas pour moi son \u0153il juif et cern\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle n\u2019a que vingt ans&nbsp;; la gorge d\u00e9j\u00e0 basse<br>Pend de chaque c\u00f4t\u00e9 comme une calebasse,<br>Et pourtant, me tra\u00eenant chaque nuit sur son corps,<br>Ainsi qu\u2019un nouveau-n\u00e9, je la tette et la mords&nbsp;;<\/p>\n\n\n\n<p>Et bien qu\u2019elle n\u2019ait pas souvent m\u00eame une obole<br>Pour se frotter la chair et pour s\u2019oindre l\u2019\u00e9paule,<br>Je la l\u00e8che en silence avec plus de ferveur<br>Que Madeleine en feu les deux pieds du Sauveur.<\/p>\n\n\n\n<p>La pauvre cr\u00e9ature, au plaisir essouffl\u00e9e,<br>A de rauques hoquets la poitrine gonfl\u00e9e,<br>Et je devine au bruit de son souffle brutal<br>Qu\u2019elle a souvent mordu le pain de l\u2019h\u00f4pital.<\/p>\n\n\n\n<p>Ses grands yeux inquiets, durant la nuit cruelle,<br>Croient voir deux autres yeux au fond de la ruelle,<br>Car, ayant trop ouvert son c\u0153ur \u00e0 tous venants,<br>Elle a peur sans lumi\u00e8re et croit aux revenants.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qui fait que de suif elle use plus de livres<br>Qu\u2019un vieux savant couch\u00e9 jour et nuit sur ses livres,<br>Et redoute bien moins la faim et les tourments<br>Que l\u2019apparition de ses d\u00e9funts amants.<\/p>\n\n\n\n<p>Si vous la rencontrez, bizarrement par\u00e9e,<br>Se faufilant, au coin d\u2019une rue \u00e9gar\u00e9e,<br>Et la t\u00eate et l\u2019\u0153il bas comme un pigeon bless\u00e9,<br>Tra\u00eenant dans les ruisseaux un talon d\u00e9chauss\u00e9,<\/p>\n\n\n\n<p>Messieurs, ne crachez pas de jurons ni d\u2019ordure<br>Au visage fard\u00e9 de cette pauvre impure<br>Que d\u00e9esse Famine a, par un soir d\u2019hiver,<br>Contrainte \u00e0 relever ses jupons en plein air.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette boh\u00e8me-l\u00e0, c\u2019est mon tout, ma richesse,<br>Ma perle, mon bijou, ma reine, ma duchesse,<br>Celle qui m\u2019a berc\u00e9 sur son giron vainqueur,<br>Et qui dans ses deux mains a r\u00e9chauff\u00e9 mon c\u0153ur&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nb120\">120<\/a>].<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh1\">1<\/a>]&nbsp;.\u2014 Note de lecture et d\u2019humeur, r\u00e9solument provocatrice. \u2014 Ah&nbsp;! Ah&nbsp;! Messieurs les auteurs de \u00ab&nbsp;profils&nbsp;\u00bb, \u00c9gyptiens de pacotille, puisque vous n\u2019attaquez jamais de face&nbsp;: \u2014 En garde&nbsp;!\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh2\">2<\/a>]&nbsp;.\u2014 Recueil posthume constitu\u00e9 de morceaux retrouv\u00e9s&nbsp;: <em>Il y a<\/em>, in <em>Po\u00e8mes \u00e0 Lou<\/em> pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 de <em>Il y a<\/em>, \u00e9d. Gallimard, nrf, coll. \u00ab&nbsp;Po\u00e9sie \/Gallimard&nbsp;\u00bb, 1969, pr\u00e9face de Michel D\u00e9caudin.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh3\">3<\/a>]&nbsp;.\u2014 Rassemblant des po\u00e8mes r\u00e9dig\u00e9s de 1913 \u00e0 1916, du moins l\u2019affirme-t-il. Voir&nbsp;: <em>Calligrammes<\/em>, \u00e9d. Gallimard, 1925, r\u00e9\u00e9d. nrf, coll. \u00ab&nbsp;Po\u00e9sie \/Gallimard&nbsp;\u00bb, 1966, pr\u00e9fac\u00e9 par Michel Butor.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh4\">4<\/a>]&nbsp;.\u2014 Dans la tr\u00e8s justement populaire collection blanche&nbsp;: coll. \u00ab&nbsp;Po\u00e9sie \/Gallimard&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh5\">5<\/a>]&nbsp;.\u2014 Pr\u00e9face de Michel Butor, op. cit., p. 7.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh6\">6<\/a>]&nbsp;.\u2014 Pluriel de majest\u00e9 de l\u2019\u00ab&nbsp;Auteur-Roi&nbsp;\u00bb. Article ou pas&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh7\">7<\/a>]&nbsp;.\u2014 Son invention est attribu\u00e9e \u00e0 Simmias de Rhodes au IVe si\u00e8cle&nbsp;: Rhodes&nbsp;: \u00ab&nbsp;l\u2019\u00eele o\u00f9 roucoulent les colombes&nbsp;\u00bb&nbsp;: in \u00ab&nbsp;Les Dicts d\u2019amour \u00e0 Linda&nbsp;\u00bb, in <em>Il y a<\/em>, <em>op. cit.<\/em>, p. 23. Elle fut reprise par Th\u00e9ocrite au IIIe si\u00e8cle avant notre \u00e8re, illustr\u00e9e par Raban Maur au IXe si\u00e8cle de la n\u00f4tre, par Rabelais au XVIe si\u00e8cle \u2014 et par d\u2019autres, c\u2019est \u00e9vident, \u00e0 cette \u00e9poque riche et b\u00e9nie \u2014&nbsp;; elle fut enfin utilis\u00e9e proph\u00e9tiquement, d\u00e8s 1905, par Christian Morgenstern sous forme de \u00ab&nbsp;po\u00e9sie concr\u00e8te et spatiale&nbsp;\u00bb dans son \u00ab&nbsp;<em>Fisches Nachtgesang<\/em>&nbsp;\u00bb tir\u00e9 de ses Chants du gibet\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh8\">8<\/a>]&nbsp;.\u2014 Pierre Seghers en poss\u00e9dait deux dans sa collection priv\u00e9e, et, pour faire plaisir \u00e0 Cendrars avait assur\u00e9, en 1957, une r\u00e9\u00e9dition en fac-simil\u00e9 de la typographie initiale usant des diff\u00e9rents bas-de-casse.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh9\">9<\/a>]&nbsp;.\u2014 Une des premi\u00e8res collections \u00ab&nbsp;de poche&nbsp;\u00bb fran\u00e7aise, qui rendit accessible \u00e0 tous l\u2019approche des \u0152uvres des po\u00e8tes par le biais de monographies.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh10\">10<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>Pierre Seghers, un homme couvert de noms<\/em>, Paris, \u00e9d. Robert Laffont, 1981, p. 163-164, <em>passim<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh11\">11<\/a>]&nbsp;.\u2014 J\u2019ai eu la chance de compter un temps parmi ses amis.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh12\">12<\/a>]&nbsp;.\u2014 Miriam Cendrars&nbsp;: <em>Blaise Cendrars<\/em>, Paris, \u00e9d. Balland, 1984.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh13\">13<\/a>]&nbsp;.\u2014 R\u00e9\u00e9d. \u00e9d. Deno\u00ebl, 1947. R\u00e9\u00e9d. \u00e9d. Gallimard, nrf, coll. \u00ab&nbsp;Po\u00e9sie \/Gallimard&nbsp;\u00bb, 1967, pr\u00e9fac\u00e9 par Paul Morand.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh14\">14<\/a>]&nbsp;.\u2014 Miriam Cendrars&nbsp;: op. cit., p. 244.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh15\">15<\/a>]&nbsp;.\u2014 Miriam Cendrars&nbsp;: <em>op. cit.<\/em>, p. 245.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh16\">16<\/a>]&nbsp;.\u2014 Voir&nbsp;: Miriam Cendrars&nbsp;: <em>op. cit.<\/em>, p. 254.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh17\">17<\/a>]&nbsp;.\u2014 Qui avait d\u00e9j\u00e0 influenc\u00e9 pointillistes et divisionnistes&nbsp;: \u00e0 savoir Seurat (1859-1891) et Signac (1863-1935).<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh18\">18<\/a>]&nbsp;.\u2014 Allais (1854-1905)&nbsp;! Que nous ne manquerons pas de c\u00e9l\u00e8brer dans notre prochain num\u00e9ro, traitant de L\u2019Humour fin de si\u00e8cle, de L\u2019Humour fin de mill\u00e9naire. (Y aurait-il une diff\u00e9rence notable&nbsp;? \u2014 Sur ce point, je vous laisse gamberger, en attendant le prochain POLAIRE .)<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh19\">19<\/a>]&nbsp;.\u2014 Voir&nbsp;: Miriam Cendrars&nbsp;: <em>op. cit.<\/em>, p. 253-254, <em>passim<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh20\">20<\/a>]&nbsp;.\u2014 1909&nbsp;: Robert Delaunay \u2014 dont l\u2019importance est gravement sous-estim\u00e9e par la plupart des critiques \u2014 peint sa <em>Tour Eiffel aux arbres<\/em> o\u00f9, semble-t-il, pour la premi\u00e8re fois appara\u00eet clairement la contestation cubiste de la vision en trois dimensions et la volont\u00e9 d\u2019en inventer une quatri\u00e8me \u00e9clat\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh21\">21<\/a>]&nbsp;.\u2014 Cit\u00e9 par Miriam Cendrars, <em>op. cit.<\/em>, p. 259.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh22\">22<\/a>]&nbsp;.\u2014 Voir&nbsp;: M.&nbsp;Cendrars, <em>op. cit.<\/em>, p. 259.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh23\">23<\/a>]&nbsp;.\u2014 Blaise Cendrars&nbsp;: \u00ab&nbsp;Cr\u00e9pitements&nbsp;\u00bb, in <em>Dix-neuf po\u00e8mes \u00e9lastiques<\/em>, in <em>Du monde entier<\/em>, Po\u00e9sies compl\u00e8tes 1912-1924, pr\u00e9face de Paul Morand, Paris, \u00e9d. Gallimard, n.r.f., Coll. \u00ab&nbsp;Po\u00e9sie \/Gallimard&nbsp;\u00bb, 1967, p. 89.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh24\">24<\/a>]&nbsp;.\u2014 L\u00e0 encore l\u2019ambiguit\u00e9 de sa position est totale. \u00c9coutons ce qu\u2019en disent Leroy C. Breunig et J.-CL. Chevalier dans la pr\u00e9face \u00e0 la r\u00e9\u00e9dition de <em>Les Peintres cubistes, M\u00e9ditations esth\u00e9tiques<\/em> chez Hermann en 1980, 1993&nbsp;: \u00ab&nbsp;[\u2026] Semblablement, d\u2019autres termes se font plus ambigus. Au moment o\u00f9 il se mit \u00e0 r\u00e9diger son manuscrit, Apollinaire avait encore une impression tr\u00e8s vivre de l\u2019exposition futuriste de f\u00e9vrier (1912) et de son manifeste belliqueux, et ce fut en une certaine mesure par opposition \u00e0 ce mouvement \u00e9tranger qu\u2019il d\u00e9finit la peinture qu\u2019il aimait. En accusant les futuristes d\u2019 \u00ab\u00a0intellectualisme\u00a0\u00bb \u2014 et par l\u00e0 il entendait \u00e0 la fois la pr\u00e9occupation du \u00ab\u00a0sujet\u00a0\u00bb dans le tableau et la tendance \u00e0 faire d\u2019une \u0153uvre une g\u00e9n\u00e9ralisation \u2014 il leur opposait les pr\u00e9occupations plus purement plastiques et individualis\u00e9es des jeunes peintres de Paris. [\u2026]&nbsp;\u00bb p. 28. \u00ab&nbsp;[\u2026] En somme, cet ouvrage qui d\u2019abord s\u2019\u00e9tait form\u00e9 en une certaine mesure par l\u2019opposition entre cubisme et futurisme, finit par pr\u00e9senter un contraste tr\u00e8s net entre cubisme et orphisme.&nbsp;\u00bb p. 30.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh25\">25<\/a>]&nbsp;.\u2014 Cit\u00e9 par M.&nbsp;Cendrars, <em>op. cit.<\/em>, p. 253.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh26\">26<\/a>]&nbsp;.\u2014 \u00ab&nbsp;Le reproche le plus couramment fait \u00e0 Guillaume Apollinaire, critique d\u2019art, a \u00e9t\u00e9 celui de l\u2019incomp\u00e9tence. Kahnweiler, l\u2019un des plus p\u00e9n\u00e9trants ex\u00e9g\u00e8tes du cubisme, l\u2019\u00e9diteur de L\u2019Enchanteur pourrissant, disait encore de lui tout r\u00e9cemment&nbsp;: \u00ab\u00a0il \u00e9crivait sous la dict\u00e9e des peintres\u00a0\u00bb. Et il est vrai que ce style m\u00e9taphorique, ces bastes synth\u00e8ses lyriques, ces disparates d\u00e9routantes, ce miroitement des abstractions a pu souvent donner l\u2019impression qu\u2019Apollinaire cherchait \u00e0 masquer le poisson insoluble de son ignorance.&nbsp;\u00bb Cit\u00e9 par Leroy C. Breunig et J.-CL. Chevalier, in la r\u00e9\u00e9dition de <em>Les Peintres cubistes, m\u00e9ditations esth\u00e9tiques<\/em>, Paris, \u00e9d. Hermann, 1980, 1993, p. 167-168.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh27\">27<\/a>]&nbsp;.\u2014 Cit\u00e9 par M.&nbsp;Cendrars, <em>op. cit.<\/em>, p. 232.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh28\">28<\/a>]&nbsp;.\u2014 Apollinaire est aussi critique litt\u00e9raire et d\u2019Art \u00e0 <em>L\u2019Intransigeant<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh29\">29<\/a>]&nbsp;. \u2014 Voir&nbsp;: M.&nbsp;Cendrars, op. cit., p. 241.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh30\">30<\/a>]&nbsp;.\u2014 Voir&nbsp;: M.&nbsp;Cendrars, <em>op.cit.<\/em>, p.241.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh31\">31<\/a>]&nbsp;.\u2014 Cit\u00e9 par M.&nbsp;Cendrars, <em>op. cit.<\/em>, p. 249.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh32\">32<\/a>]&nbsp;.\u2014 Blaise Cendrars&nbsp;: <em>Du monde entier<\/em>, Po\u00e9sies compl\u00e8tes 1912-1924, Pr\u00e9face de Paul Morand, \u00e9d. Gallimard, n.r.f., Coll. \u00ab&nbsp;Po\u00e9sie \/Gallimard&nbsp;\u00bb, Paris, 1967, p. 85-86, <em>passim<\/em>. Cit\u00e9 par Miriam Cendrars, op. cit., p. 259-260.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh33\">33<\/a>]&nbsp;.\u2014 Le mot est, on le sait, du transcendentaliste Emerson et repris par Baudelaire dans le fragment 1 de <em>Mon c\u0153ur mis \u00e0 nu<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh34\">34<\/a>]&nbsp;.\u2014 St\u00e9phane Mallarm\u00e9&nbsp;: <em>Un coup de d\u00e9 jamais n\u2019abolira le hasard<\/em>, Paris, 1897. \u2014 Soit quinze ans de vide&nbsp;!\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh35\">35<\/a>]&nbsp;.\u2014 \u00ab&nbsp;L\u2019esprit de la viande, vois-tu, Margot, c\u2019est la moutarde\u2026&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh36\">36<\/a>]&nbsp;.\u2014 Voir&nbsp;: Thomas de Quincey&nbsp;: <em>L\u2019Assassinat consid\u00e9r\u00e9 comme un des Beaux-Arts<\/em>. \u2014<em> On Murder as one of the Fine Arts<\/em> (1827).<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh37\">37<\/a>]&nbsp;.\u2014 M\u00eame h\u00e9r\u00e9tique, comme le rappelle Robert, pardon&nbsp;: <em>Le Robert<\/em> (1524, lat. \u00e9ccl\u00e9siastique) p. 923.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh38\">38<\/a>]&nbsp;.\u2014 Hein&nbsp;? D\u00eetes&nbsp;?!\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh39\">39<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>Les Mamelles de Tir\u00e9sias<\/em>, \u00ab&nbsp;drame surr\u00e9aliste en deux actes et un prologue&nbsp;\u00bb repr\u00e9sent\u00e9e en 1917, publi\u00e9e en 1918.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh40\">40<\/a>]&nbsp;.\u2014 Pi\u00e8ce dada\u00efste de Tristan Tzara, jou\u00e9e pour la premi\u00e8re fois le 17 mai 1924, au th\u00e9\u00e2tre de la Cigale, au cours de soir\u00e9es de Paris, organis\u00e9es par M.&nbsp;le Comte \u00c9tienne de Beaumont. R\u00e9\u00e9d. Tristan Tzara <em>\u0152uvres compl\u00e8tes<\/em>, t. 1, 1912-1924, Paris, \u00e9d. Flammarion, 1975, p. 301-351.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh41\">41<\/a>]&nbsp;.\u2014 Ces paroles historiques furent prononc\u00e9es par le Douanier Rousseau lors du fameux banquet organis\u00e9 en novembre 1908 dans son atelier du Bateau-Lavoir par Picasso. \u00c9taient pr\u00e9sents&nbsp;: Georges Braque, Max Jacob, Andr\u00e9 Salmon, Apollinaire accompagn\u00e9 de Marie Laurencin que les coups du po\u00e8te n\u2019avaient pas encore lass\u00e9e, le critique Maurice Raynal, le sculpteur Auguste Ag\u00e9ro, et\u2026 Gertrude et L\u00e9o Stein [la Vip\u00e8re am\u00e9ricaine]\u2026 Picasso et Fernande Olivier pr\u00e9sidaient cette soir\u00e9e m\u00e9morable durant laquelle Henri Rousseau chanta&nbsp;: \u00ab&nbsp;A\u00efe&nbsp;! A\u00efe&nbsp;! A\u00efe&nbsp;! Que j\u2019ai mal aux dents&nbsp;\u00bb. Peu de temps apr\u00e8s, il allait \u00eatre d\u00e9livr\u00e9 de ce souci \u00e0 jamais.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh42\">42<\/a>]&nbsp;.\u2014 Bordel&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh43\">43<\/a>]&nbsp;.\u2014 A moi, M\u00e8re Ubu&nbsp;!&nbsp;!&nbsp;!\u2026&nbsp;: \u00ab&nbsp;Par ma chandelle verte&nbsp;!&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh44\">44<\/a>]&nbsp;.\u2014 \u00c9conomisons les col\u00e8res critiques de nos d\u00e9tracteurs potentiels&nbsp;; cultivons-les avec l\u2019amour d\u2019un jardinier g\u00e9om\u00e8tre humaniste, cr\u00e9ateur de \u00ab&nbsp;jardins de m\u00e9moire&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh45\">45<\/a>]&nbsp;.\u2014 Bzzzzzzzzzzzzzzzzzz&nbsp;! \u2026&nbsp;!\u2026&nbsp;!\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh46\">46<\/a>]&nbsp;.\u2014 En Tch\u00e8que, on dirait simplement&nbsp;: Ma\u00efslova.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh47\">47<\/a>]&nbsp;.\u2014 Arthur Rimbaud&nbsp;: \u00ab&nbsp;Le Bateau ivre&nbsp;\u00bb, <em>Po\u00e9sies<\/em>\/Fin 1870-1871, in <em>\u0152uvres I<\/em>,<em> Po\u00e9sie<\/em>, pr\u00e9face, notices et notes par Jean-Luc Steinmetz, \u00e9d. G.F.-Flammarion, Paris, 1989, p. 184. Il est bien Steinmetz. Enfin, il s\u2019est beaucoup calm\u00e9, hein , depuis T.X.T.&nbsp;! C\u2019est dommage&nbsp;!\u2026 Mais enfin, il est bien.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh48\">48<\/a>]&nbsp;.\u2014 Que d\u2019amours splendides j\u2019avais r\u00eav\u00e9es&nbsp;!\u2026 Voir&nbsp;: Arthur Rimbaud, \u00ab&nbsp;ma Boh\u00e8me&nbsp;\u00bb, in <em>Po\u00e9sies<\/em>, Paris, \u00e9d. G.F.-Flammarion, pr\u00e9face, notices et notes par Jean-Luc Steinmetz, 1989, p. 103.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh49\">49<\/a>]&nbsp;.\u2014 Non&nbsp;! Le mot \u00ab&nbsp;camarade&nbsp;\u00bb n\u2019a pas pour moi de connotation p\u00e9jorative&nbsp;; j\u2019ai des amiti\u00e9s communistes.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh50\">50<\/a>]&nbsp;.\u2014 \u00ab&nbsp;Moutarde&nbsp;: Plante crucif\u00e8re \u00e0 fleurs jaunes, cultiv\u00e9e pour ses graines (cuisine, pharmacie) [\u2026] de couleur jaune verd\u00e2tre.&nbsp;\u00bb in <em>Le Robert de poche<\/em>, Dictionnaires <em>LE ROBERT<\/em>, 27, rue de la glaci\u00e8re, 75013, Paris, tous droits r\u00e9serv\u00e9s pour le Canada, p. 470a. (\u2014 O\u00f9 vont les mots&nbsp;?\u2026 Ah&nbsp;! )<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh51\">51<\/a>]&nbsp;.\u2014 Arthur Rimbaud&nbsp;: \u00ab&nbsp;Alchimie du Verbe&nbsp;\u00bb, in \u00ab&nbsp;D\u00e9lires II&nbsp;\u00bb, in <em>Une saison en enfer<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh52\">52<\/a>]&nbsp;.\u2014 Arthur Rimbaud, in \u00ab&nbsp;Recueil de Douai&nbsp;\u00bb, <em>op. cit.<\/em>, p. 99.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh53\">53<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>Nature morte \u00e0 la chaise cann\u00e9e<\/em> (1912).<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh54\">54<\/a>]&nbsp;.\u2014 Et, c\u2019est encore une fois au bon Kostro qu\u2019on le doit, en grande partie&nbsp;!\u2026 R\u00e9f\u00e9rons-nous au texte m\u00eame d\u2019Apollinaire&nbsp;: <em>Les Peintres cubistes<\/em>, heureusement r\u00e9\u00e9dit\u00e9 dans la \u00ab&nbsp;collection savoir&nbsp;\u00bb, chez Hermann, Paris, en 1980, nouveau tirage 1993, texte pr\u00e9sent\u00e9 et annot\u00e9 par Leroy C. Breunig et J.-CL. Chevalier. Page 25 de la pr\u00e9face, je lis cette note&nbsp;: \u00ab&nbsp;Comment se fait-il que Delaunay, qu\u2019Apollinaire admirait tant en 1912 et dont l\u2019influence sur la r\u00e9daction du livre fut si consid\u00e9rable, n\u2019y ait pas de chapitre \u00e0 lui consacr\u00e9&nbsp;? Il est fort probable que d\u2019abord Delaunay lui-m\u00eame a exprim\u00e9 le v\u0153u de ne pas \u00eatre incorpor\u00e9 dans un livre sur les cubistes [\u2014 C\u2019est un point de vue&nbsp;! \u2014], et qu\u2019ensuite Apollinaire lui a assur\u00e9 que dans un deuxi\u00e8me livre sur les peintres orphiques, pr\u00e9vu chez Figui\u00e8re, il aurait le beau r\u00f4le.&nbsp;\u00bb \u00ac\u2014 Ouaih&nbsp;! En somme&nbsp;: Demain, on rase gratis&nbsp;! \u2014 Page 8, je lis en note&nbsp;: \u00ab&nbsp;le manuscrit des Peintres cubistes est en la possession de M.Renaud Gillet [\u2026]&nbsp;\u00bb. Page 18, je lis en note&nbsp;: \u00ab&nbsp;Le 28 ao\u00fbt 1912, Apollinaire envoie une carte \u00e0 Serge F\u00e9rat o\u00f9 il \u00e9crit&nbsp;: \u00ab\u00a0J\u2019ai fait un petit livre sur les cubistes&nbsp;; il para\u00eetra en octobre\u00a0\u00bb. Le deuxi\u00e8me jeu d\u2019\u00e9preuves (coll. Tristan Tzara) [D\u00e9cid\u00e9ment, quel bibliophile averti, ce Tristan&nbsp;! Il a d\u00e9busqu\u00e9 toutes les supercheries du Saint-Patron voulu par le Pape des surr\u00e9alistes, Breton&nbsp;! Mais, je reprends&nbsp;: le deuxi\u00e8me jeu d\u2019\u00e9preuves] porte la date du 8 octobre 1912, comme en fait foi le tampon de l\u2019imprimerie. Un premier jeu aurait donc \u00e9t\u00e9 revu et corrig\u00e9 aux environs de septembre.&nbsp;\u00bb Pages 24-28, <em>passim<\/em>, dans le corps du texte, je lis&nbsp;: \u00ab&nbsp;Le style de Delaunay \u00e9voluait. A partir d\u2019avril [1912], la s\u00e9rie de <em>Fen\u00eatres<\/em> et de <em>Disques<\/em> annon\u00e7a une peinture abstraite dont la force et la beaut\u00e9, en se passant d\u2019objets, devaient d\u00e9pendre enti\u00e8rement du contraste de couleurs compl\u00e9mentaires. Apolllinaire approuva avec enthousiasme cet acheminement vers ce qu\u2019il avait d\u00e9j\u00e0 appel\u00e9 la \u00ab\u00a0peinture pure\u00a0\u00bb, y discernant une tendance qui s\u2019\u00e9cartait de plus en plus du cubisme analytique ou \u00ab\u00a0int\u00e9gral\u00a0\u00bb que pratiquaient la plupart des peintres, disciples de Picasso et de Braque qu\u2019il avait choisis pour son livre. [\u2026] Il fallait donc inventer un nom pour cette tendance nouvelle dont il voyait aussi l\u2019expression chez L\u00e9ger et Marcel Duchamp. Se rappelant peut-\u00eatre une note [Non&nbsp;! pas \u00ab\u00a0peut-\u00eatre\u00a0\u00bb, \u00e9videmment&nbsp;! Monsieur Kostro entend jouer le r\u00f4le du Monsieur Loyal du mouvement naissant&nbsp;!] qui accompagnait le po\u00e8me liminaire, Orph\u00e9e, de son Bestiaire ou Cort\u00e8ge d\u2019Orph\u00e9e de 1908, dans laquelle il avait associ\u00e9 po\u00e9sie pure et peinture \u2014 celle-ci \u00e9tant proprement un \u00ab\u00a0langage lumineux\u00a0\u00bb \u2014 il choisit le terme d\u2019 \u00ab\u00a0orphisme\u00a0\u00bb. Et en janvier 1913, lors qu\u2019une conf\u00e9rence \u00e0 Berlin o\u00f9 il s\u2019\u00e9tait rendu avec Delaunay, il proclama hautement ce nouvel \u00ab\u00a0isme\u00a0\u00bb comme un mouvement ind\u00e9pendant. [\u2026] L\u2019envie de se faire le h\u00e9raut de ce nouveau \u00ab\u00a0r\u00e8gne\u00a0\u00bb se r\u00e9v\u00e8le dans les autres corrections qu\u2019il apporte aux \u00e9preuves du livre. On sait qu\u2019Apollinaire demeurait chez les Delaunay au moment o\u00f9 il fit ces corrections, en attendant l\u2019installation de son nouvel appartement, 202 boulevard Saint-Germain&nbsp;; et c\u2019est en d\u00e9cembre que para\u00eet dans <em>Les Soir\u00e9es de Paris<\/em> son article, \u00ab\u00a0R\u00e9alit\u00e9 peinture pure\u00a0\u00bb, dans lequel il ne fait que citer les d\u00e9clarations de Delaunay sur son nouveau style. [\u2026]&nbsp;\u00bb Leroy C. Breunig et J.-Cl. Chevalier concluent, page 30 et 31&nbsp;: \u00ab&nbsp;Apollinaire, en renvoyant les \u00e9preuves sans cette refonte, aurait pu faire para \u00eetre son livre \u00e0 l\u2019automne 1912, comme il l\u2019avait annonc\u00e9, et \u00e0 peut pr\u00e8s en m\u00eame temps que l\u2019ouvrage de Gleizes et de Metzinger et celui de Salmon. S\u2019il refusa, c\u2019est sans doute parce qu\u2019il pressentait lui-m\u00eame l\u2019importance de cette scission qui s\u2019effectuait devant ses yeux (entre cubisme et orphisme), et il est \u00e9vident que, malgr\u00e9 tout ce que ses remaniements peuvent avoir d\u2019ambigu et de contradictoire, ils ne contribuent pas peu \u00e0 donner au texte d\u00e9finitif une perspective qui r\u00e9v\u00e8le la sagacit\u00e9 proph\u00e9tique du po\u00e8te.&nbsp;\u00bb \u2014 Sagacit\u00e9 proph\u00e9tique sur le r\u00f4le que M.&nbsp;D\u00e9caudin, entre autres, allait donner \u00e0 notre bon Kostro dans la litt\u00e9rature fran\u00e7aise, aux d\u00e9pends de Blaise Cendrars&nbsp;? \u2014 Sans doute\u2026 \u2014 Proph\u00e9tique sur le r\u00f4le qu\u2019une certaine critique tr\u00e8s politis\u00e9e allait donner \u00e0 Picasso aux d\u00e9pends de Delaunay, sans doute aussi\u2026 \u2014 Pour ma part, j\u2019en reste \u00e0 l\u2019interrogation premi\u00e8re de Messieurs Leroy C. Breunig et J.-CL. Chevalier posaient en note page 24 de la r\u00e9\u00e9dition du texte des <em>Peintres cubistes<\/em>&nbsp;: \u00ab&nbsp;Comment se fait-il que Delaunay, qu\u2019Apollinaire admirait tant en 1912 et dont l\u2019influence sur la r\u00e9daction du livre fut consid\u00e9rable, n\u2019y ait pas de chapitre \u00e0 lui consacr\u00e9&nbsp;?&nbsp;\u00bb \u2014 Pour ma part, la r\u00e9ponse est claire, lumineuse m\u00eame&nbsp;: Robert Delaunay et Blaise Cendrars qui s\u2019\u00e9taient trouv\u00e9s et collaboraient si efficacement lui faisaient de l\u2019ombre\u2026 Delaunay a \u00e9t\u00e9 occult\u00e9, comme Cendrars a \u00e9t\u00e9 cass\u00e9 par les copains de Kostro dans la presse d\u00e8s l\u2019annonce de la parution de <em>La Prose<\/em>, et, bien \u00e9videmment, apr\u00e8s, avec une violence alors et une mauvaise foi inouies&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh55\">55<\/a>]&nbsp;.\u2014 Je ne demande qu\u2019\u00e0 \u00eatre d\u00e9menti.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh56\">56<\/a>]&nbsp;.\u2014 On sait que la fameuse phrase&nbsp;: \u00ab&nbsp;le XXIe si\u00e8cle sera spirituel ou ne sera pas\u2026&nbsp;\u00bb, ou, seconde version&nbsp;: \u00ab&nbsp;\u2026 sera religieux ou ne sera pas&nbsp;\u00bb n\u2019a par lui jamais \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e&nbsp;; ce qui fait que les salauds postmodernes pr\u00e9tendent pour sauver leur petite boutique qu\u2019elle n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 prononc\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh57\">57<\/a>]&nbsp;.\u2014 Ah&nbsp;! l\u00e0,\u2026 l\u00e0 \u2026&nbsp;: ils sont vraiment tr\u00e8s en col\u00e8re&nbsp;; je le sens\u2026 Oh&nbsp;! je le sens&nbsp;!! Si&nbsp;! si&nbsp;!\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh58\">58<\/a>]&nbsp;.\u2014 in <em>Alcools<\/em>. Pour les r\u00e9f\u00e9rences, j\u2019ai d\u00e9j\u00e0 donn\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh59\">59<\/a>]&nbsp;.\u2014 Enfin, vous charriez, quoi&nbsp;! Je viens de vous le dire&nbsp;!\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh60\">60<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>Ibid<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh61\">61<\/a>]&nbsp;.\u2014 Je ne sais plus\u2026 Et, pourtant, je ne conna\u00ees que \u00ab&nbsp;\u00e7a&nbsp;\u00bb&nbsp;! Ben mince alors&nbsp;!\u2026 \u2014 \u00ab&nbsp;\u00ab\u00a0Pardonnez-moi mon ignorance\/\u00a0\u00bbPardonnez-moi de ne plus conna\u00eetre l\u2019ancien jeu des vers\u00a0\u00bb\/Comme dit Guillaume Apollinaire.&nbsp;\u00bb Blaise Cendrars, in <em>La Prose du Transsib\u00e9rien et de la petite Jehanne de France<\/em>, \u00e9d. cit., p. 41.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh62\">62<\/a>]&nbsp;.\u2014 Rimbaud. Voir plus haut, fain\u00e9ants&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh63\">63<\/a>]&nbsp;.\u2014 \u00ab&nbsp;La vulve des juments est rose comme la tienne&nbsp;\u00bb in <em>Po\u00e8mes \u00e0 Lou<\/em>, \u00e9d. cit., VIII, p. 100. (Question&nbsp;: la vulve des juments est-elle socialiste&nbsp;? Les Juments ont-elles le con socialiste&nbsp;?)<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh64\">64<\/a>]&nbsp;.\u2014 \u00ab&nbsp;vulve qui serre comme un casse-noisette je t\u2019aime&nbsp;\u00bb in <em>Po\u00e8mes \u00e0 Lou<\/em>, \u00e9d. cit. XXXIII, p. 150. \u2014 Et apr\u00e8s cela, on me dira qu\u2019il n\u2019y a pas de pulsion sado-masochiste chez notre bon Guigui&nbsp;! Eh&nbsp;! Eh&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh65\">65<\/a>]&nbsp;.\u2014 \u00ab&nbsp;Tes seins sont les seuls obus que j\u2019aime&nbsp;\u00bb, in \u00ab&nbsp;Fus\u00e9e&nbsp;\u00bb, in \u00ab&nbsp;Lueurs des tirs&nbsp;\u00bb, in <em>Calligrammes<\/em>, \u00e9d. cit., p. 126&nbsp;; \u00ab&nbsp;Tes nichons rempliraient un quart de cavalerie&nbsp;\u00bb, in <em>Po\u00e8mes \u00e0 Lou<\/em>, \u00e9d. cit., p. 138. \u2014 C\u2019est vraiment du petit calibre&nbsp;!\u2026 Elle ne doit pas co\u00fbter cher \u00e0 habiller.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh66\">66<\/a>]&nbsp;.\u2014 \u00ab&nbsp;Ton derri\u00e8re merveilleux n\u2019est-ce pas la plus belle rose [\u2026]\/Fustige les fesses des roses dans le jardin\/Abandonn\u00e9 [\u2026]&nbsp;\u00bb in \u00ab&nbsp;Lou ma rose&nbsp;\u00bb, in <em>Po\u00e8mes \u00e0 Lou<\/em>, \u00e9d. cit., p. 204. \u2014 Les fesses des roses, Kostro&nbsp;! Non mais je vous demande un peu&nbsp;!\u2026 Je sais que ce genre de femme-l\u00e0 p\u00e8te dans la soie, mais quand m\u00eame&nbsp;!\u2026 \u2014 Et comment se passe l\u2019effeuillage&nbsp;? Apr\u00e8s \u00ab&nbsp;La Couronne effeuill\u00e9e&nbsp;\u00bb de la bonne Marceline, \u00ab&nbsp;Le Derri\u00e8re effeuill\u00e9 de Kostro\u2026&nbsp;\u00bb&nbsp;? Oh&nbsp;! Oh&nbsp;! \u2014 En tous les cas, nous sommes bien loin de la flamboyante et de la turgescente et nonobstant moins larmoyante \u00ab&nbsp;Tour&nbsp;\u00bb des <em>Dix neuf po\u00e8mes \u00e9lastiques<\/em>, in <em>Du monde entier<\/em>, \u00e9d. Gallimard, p. 71-73, d\u2019ao\u00fbt 1913, d\u00e9di\u00e9e au \u00ab&nbsp;simultan\u00e9 Delaunay [parce qu\u2019elle est] le pinceau qu\u2019il trempe dans la lumi\u00e8re&nbsp;\u00bb (\u00f4 psychalanyse avant Breton &amp; Co&nbsp;! )&nbsp;; alors, comme il le dit dans \u00ab&nbsp;Construction&nbsp;\u00bb en f\u00e9vrier 1919, <em>op. cit.<\/em>, p. 104-105&nbsp;: \u00ab&nbsp;La peinture devient cette chose \u00e9norme qui bouge\/La roue\/La vie [\u2026], chose et roue qu\u2019il ante-commente dans \u00ab&nbsp;Tour&nbsp;\u00bb, <em>op. cit.<\/em>&nbsp;: \u00ab&nbsp;\u00c9tincelle des horizons simultan\u00e9s\/[le] sexe\/O Tour Eiffel&nbsp;! [\u2026]&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;<em>Lignum Crucis<\/em>\/O Tour Eiffel\/Feu d\u2019artifice de l\u2019ExposItion Universelle&nbsp;! [\u2026] En Europe tu es comme un gibet\/(je voudrais \u00eatre la tour, pendre \u00e0 la Tour Eiffel&nbsp;!)\/Et quand le soleil se couche derri\u00e8re toi\/La t\u00eate de Bonnot roule sous la guillotine [\u2026]&nbsp;\u00bb, \u00e0 Paris\u2026, \u00e0 \u00ab&nbsp;Paris\/Ville de la Tour unique du grand Gibet et de la Roue.&nbsp;\u00bb, in <em>La Prose du Transib\u00e9rien et de la petite Jehanne de France<\/em>, \u00e9d. cit, p. 45. \u2014 Pauvre Kostro\u2026, pauvre \u00ab&nbsp;Guigui&nbsp;\u00bb&nbsp;! Que vaut la lune de ta \u00ab&nbsp;Lou&nbsp;\u00bb devant un tel soleil&nbsp;?&nbsp;!\u2026 On comprend dans cette mesure que le bon Robert Delaunay aimait \u00e0 dire de la \u00ab&nbsp;Tour&nbsp;\u00bb en faisant r\u00e9f\u00e9rence au grand C\u00e9zanne, dont tout le cubisme est issu&nbsp;: \u00ab&nbsp;La Tour Eiffel, c\u2019est mon compotier.&nbsp;\u00bb \u00c0 l\u2019h\u00e9ritage de C\u00e9zanne, en apportant ses propres \u00ab&nbsp;couleurs simultan\u00e9es&nbsp;\u00bb, l\u2019orphisme de Delaunay se montrait plus prodigue\u2026 Les ternes cama\u00efeux des cubistes bon teint \u00e0 c\u00f4t\u00e9 font p\u00e2le figure&nbsp;!\u2026 Robert n\u2019\u00e9tait ni un triste, ni un sec. Bon. J\u2019admets que la s\u00e9cheresse de Braque \u00e0 la diff\u00e9rence de celle de Picasso, toute de d\u00e9miurgie intellectuelle violente et souvent m\u00e9prisante m\u00eame, est, elle, quasi monacale.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh67\">67<\/a>]&nbsp;.\u2014 \u00ab&nbsp;En allant chercher des obus&nbsp;\u00bb, in <em>Po\u00e8mes \u00e0 Lou<\/em>, \u00e9d. cit., p. 186.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh68\">68<\/a>]&nbsp;.\u2014 in \u00ab&nbsp;Ode&nbsp;\u00bb, in <em>Po\u00e8mes \u00e0 Lou<\/em>, \u00e9d. cit., p. 217. Voir aussi&nbsp;: \u00ab&nbsp;le Toutou et le gui&nbsp;\u00bb, in <em>Po\u00e8mes \u00e0 Lou<\/em>, \u00e9d. cit., p. 223&nbsp;: \u00ab&nbsp;Un gentil toutou vit un jour un brin de gui\/Tomb\u00e9 d\u2019un ch\u00eane\/Il allait lever la patte dessus sans g\u00eane\/Quand sa ma\u00eetresse qui\/L\u2019observe l\u2019en emp\u00eache et d\u2019un air alangui\/Ramasse le gui [\u2026]&nbsp;\u00bb \u2014 AH&nbsp;! les po\u00e8tes&nbsp;!\u2026 Les po\u00e9\u00ea\u00e8tes&nbsp;!&nbsp;!&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh69\">69<\/a>]&nbsp;.\u2014 On sait ce qu\u2019il advint politiquement de certains de nos futuristes&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh70\">70<\/a>]&nbsp;.\u2014 Par ailleurs virulent, \u00e9c\u0153urant et obsc\u00e8ne anti-Dreyfusard, avec Val\u00e9ry\u2026 \u2014 Y aurait-il un lien de cause \u00e0 effet dans leurs int\u00e9r\u00eats communs pour l\u2019antique&nbsp;: y peut-on lire l\u2019expression proph\u00e9tique d\u2019un fascisme \u00e0 l\u2019italienne, un remugle de ce romantisme antiquisant aussi, qui allait, qui, \u00e0 terme et se d\u00e9gradant (Herder + Fichte = Hitler), allait donner le nazisme&nbsp;? La probl\u00e9matique est tentante. Il demeure que Val\u00e9ry et Louys furent ponctuellement deux S\u2026, c\u2019est \u00e9crit dans l\u2019Histoire. Tirez-en vous m\u00eames les cons\u00e9quences.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh71\">71<\/a>]&nbsp;.\u2014 In \u00ab&nbsp;l\u2019Adieu du cavalier&nbsp;\u00bb, in \u00ab&nbsp;Lueurs des tirs&nbsp;\u00bb, in <em>Calligrammes<\/em>, \u00e9d. cit., p. 117.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh72\">72<\/a>]&nbsp;.\u2014 Cendrars, lui, rel\u00e8ve plut\u00f4t du futurisme russe, encore qu\u2019il l\u2019ait grandement influenc\u00e9, selon ses dires.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh73\">73<\/a>]&nbsp;.\u2014 Voir&nbsp;: <em>Le Myst\u00e9rieux docteur Corn\u00e9lius<\/em> de Gustave Lerouge, et, les travaux de M.&nbsp;Francis Lacassin.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh74\">74<\/a>]&nbsp;.\u2014 Comme son auteur le voulait. Sans doute en partie en hommage \u00e0 son ami Robert Delaunay, dont s\u2019\u00e9tait un de sujets de pr\u00e9dilection dans sa cr\u00e9ation picturale d\u2019alors.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh75\">75<\/a>]&nbsp;.\u2014 1889. La cons\u00e9cration, le symbole de tout l\u2019espoir machiniste du XIXe et la cath\u00e9drale en somme (date \u00e0 date&nbsp;: 1789-1889) du positivisme r\u00e9publicain.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh76\">76<\/a>]&nbsp;.\u2014 La Prose est le premier objet que j\u2019ai demand\u00e9 \u00e0 voir chez Pierre et Colette Seghers, invit\u00e9 par eux au c\u00e9l\u00e8bre 228, boulevard Raspail. Pierre, l\u2019ayant d\u00e9pli\u00e9 \u00e0 terre, et, parti dans une grande diatribe po\u00e9tique, avec l\u2019enthousiasme qu\u2019on lui connaissait, faillit m\u00eame le fouler aux pieds&nbsp;! \u2014 Ce jour-l\u00e0, je sauvais un des rares exemplaires de ce monument po\u00e9tique&nbsp;! J\u2019en ai la fiert\u00e9 modeste et r\u00e9trospective.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh77\">77<\/a>]&nbsp;.\u2014 Devant l\u2019ampleur que prend la pol\u00e9mique sur le \u00ab&nbsp;simultanisme&nbsp;\u00bb dont l\u2019invention est revendiqu\u00e9e soudain par un certain Barzun d\u00e8s la publication du prospectus annon\u00e7ant la publication de <em>La Prose<\/em> (il l\u2019appliquait pourtant fait remarquer A.M.&nbsp;Jaton \u00ab&nbsp;\u00e0 la musique, et \u00e0 l\u2019union du son et du sens de la parole&nbsp;\u00bb), pol\u00e9mique attis\u00e9e en sous-main par les amis de Guillaume, en novembre 1913, dans <em>Der Sturm<\/em>, Blaise se justifie, revendiquant non \u00ab&nbsp;le droit de se contredire&nbsp;\u00bb comme Baudelaire dans l\u2019Album de Philox\u00e8ne Boyer, mais celui du \u00ab&nbsp;libertinage&nbsp;\u00bb&nbsp;: \u00ab&nbsp;J\u2019ai la fi\u00e8vre. Et c\u2019est pourquoi j\u2019aime la peinture des Delaunay, pleine de soleils, de ruts, de violences. Mme&nbsp;Delaunay a fait un si beau livre de couleurs que mon po\u00e8me est plus tremp\u00e9 de lumi\u00e8re que ma vie. Voil\u00e0 ce qui me rend heureux. Puis encore que ce livre ait deux m\u00e8tres de long&nbsp;! \u2014 Et encore, que l\u2019\u00e9dition atteigne la hauteur de la Tour Eiffel&nbsp;!\u2026 Maintenant, il se trouvera bien des grincheux pour dire que le soleil a peut-\u00eatre des fen\u00eatres et que je n\u2019ai jamais fait mon voyage.&nbsp;\u00bb Cit\u00e9 par A. Sidoti, in <em>Gen\u00e8se et dossier d\u2019une pol\u00e9mique<\/em>, \u00ab&nbsp;La Prose du Transsib\u00e9rien&nbsp;\u00bb, Blaise Cendrars-Sonia Delaunay, Paris, Archives des Lettes Modernes, 1987, p. 99. Repris par Anne-Marie Jaton, in <em>Blaise Cendrars<\/em>, Gen\u00e8ve, \u00e9d. de l\u2019Unicorne, \u00e9d. Slatkine, 1989, p. 41. La m\u00eame A.M.&nbsp;Jaton, dans le m\u00eame ouvrage, fait remarquer, p. 75, que dans un Manifeste de 1919&nbsp;: Le Cin\u00e9ma, qui deviendra L\u00a0\u00bbA.B.C. du cin\u00e9ma, Cendrars d\u00e9finira le cin\u00e9ma comme \u00ab&nbsp;le soleil qui tombe&nbsp;\u00bb, et, elle ajoute, p. 75 encore, que pour Cendrars le cin\u00e9ma \u00ab&nbsp;est un r\u00e9v\u00e9lateur qui a la propri\u00e9t\u00e9 \u00ab\u00a0de nous arracher la peau et de nous montrer nus, \u00e9corch\u00e9s, d\u00e9pouill\u00e9s dans une lumi\u00e8re plus r\u00e9frig\u00e9rante que celle qui tombe de l\u2019\u00c9toile d\u2019Absinthe\u00a0\u00bb (VIII, 269).&nbsp;\u00bb Ce go\u00fbt du feu, de la lumi\u00e8re, du soleil, est partout exprim\u00e9 dans la Prose et fait de ce po\u00e8me une des plus incandescentes prose lyrique de tous les temps&nbsp;: \u00ab&nbsp;j\u2019\u00e9tais \u00e0 Moscou, o\u00f9 je voulais me nourrir de flammes&nbsp;\u00bb peut-on lire d\u00e8s le d\u00e9but du po\u00e8me, <em>op. cit.<\/em>, \u00e9d. cit.,p. 29.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh78\">78<\/a>]&nbsp;.\u2014 On songe aussi bien s\u00fbr au <em>Manifeste du rayonnisme<\/em>, du peintre et th\u00e9oricien russe Michel Larionov (1881-1964), qui, \u00e0 la suite de sa rencontre avec le futuriste Filippo Tommaso Marinetti (1876-1944) \u00e0 Moscou professera que \u00ab&nbsp;la peinture doit sugg\u00e9rer une quatri\u00e8me dimension (espace-temps), \u00eatre compos\u00e9e uniquement de rayons de couleur, de faisceaux de lignes \u00e0 la mani\u00e8re de rayons lumineux, d\u2019o\u00f9 le terme de rayonnisme (<em>Portrait rayonniste<\/em> de Tatline (1911).&nbsp;\u00bb Voir&nbsp;: \u00c9lisabeth Li\u00e8vre-Crosson, in <em>Du cubisme au surr\u00e9alisme<\/em>, Toulouse, \u00e9d. Milan, coll. \u00ab&nbsp;les Essentiels&nbsp;\u00bb, 1995.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh79\">79<\/a>]&nbsp;.\u2014 Non&nbsp;! Pas Alain&nbsp;!\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh80\">80<\/a>]&nbsp;.\u2014 Voir&nbsp;: Miriam Cendrars, <em>op. cit.<\/em>, p. 248.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh81\">81<\/a>]&nbsp;.\u2014 Miriam Cendrars&nbsp;: <em>op. cit.<\/em>, p. 249.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh82\">82<\/a>]&nbsp;.\u2014 Il serait sans doute assez tentant, d\u2019\u00e9voquer aussi la personnalit\u00e9 de Charles Ives (1874-1954) dont la Hollidays symphonie \u2014 et, principalement, le deuxi\u00e8me mouvement \u2014 commenc\u00e9e en 1909 et achev\u00e9e en 1912 fut donn\u00e9e pour la premi\u00e8re fois en 1913&nbsp;: les rencontres d\u2019orph\u00e9ons venant de diff\u00e9rents endroits qui l\u2019avaient inspir\u00e9s sur le motif, font de cette musique une musique \u00e0 proprement parler&nbsp;: \u00ab&nbsp;simultan\u00e9\u00efste&nbsp;\u00bb. D\u00e8s 1906, avec <em>Central-Park in the dark<\/em>, n\u2019est-il pas l\u2019inventeur des constrastes simultan\u00e9s sonores&nbsp;? (Barzun, lui-m\u00eame, en France, ne revendiquait-il pas l\u2019invention d\u2019un \u00ab&nbsp;simultanisme&nbsp;\u00bb du son, plut\u00f4t que de la couleur&nbsp;?) Il appara\u00eet que les U.S. chez Cendrars ont vraiment une influence fondamentale, qui explique sans doute qu\u2019en retour Cendrars ait lui-m\u00eame influenc\u00e9 le roman am\u00e9ricain. Voir&nbsp;: Henri Miller, bien s\u00fbr, voire John Dos Passos.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh83\">83<\/a>]&nbsp;.\u2014 Dommage pour toi, mon cher Guillaume, avec ton \u00ab&nbsp;Lundi, rue Christine&nbsp;\u00bb, in <em>Onde<\/em>, repris in <em>Calligrammes<\/em> \u00ab&nbsp;po\u00e8mes de paix et de la guerre, 1913-1916&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh84\">84<\/a>]&nbsp;.\u2014 Dommage pour toi encore, mon cher Guillaume, car avec ton&nbsp;: \u00ab&nbsp;les prospectus les catalogues les affiches qui chantent tout haut\/Voil\u00e0 la po\u00e9sie ce matin [\u2026]&nbsp;\u00bb in \u00ab&nbsp;Zone&nbsp;\u00bb, v. 11-12, tu arrives encore un peu tard&nbsp;!\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh85\">85<\/a>]&nbsp;. \u2014 Cf.&nbsp;: l\u2019\u00c9dison de <em>L\u2019\u00cave future<\/em> de Villiers que Cendrars, sans doute, a du lire par le biais de son cher R\u00e9my de Gourmont.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh86\">86<\/a>]&nbsp;. \u2014 Cit\u00e9 par M.&nbsp;Cendrars, <em>op. cit.<\/em>, p.221.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh87\">87<\/a>]&nbsp;.\u2014 Cit\u00e9 par M.&nbsp;Cendrars, <em>op. cit.<\/em>, p. 225.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh88\">88<\/a>]&nbsp;.\u2014 Note rajout\u00e9e, datant de 1998&nbsp;: \u2014 Dans son r\u00e9cent ouvrage paru aux \u00e9ditions Milan dans collection \u00ab&nbsp;Les Essentiels&nbsp;\u00bb, <em>Du cubisme au surr\u00e9alisme<\/em> (Toulouse, 1995), \u00c9lisabeth Li\u00e8vre-Crosson cite, p. 54, dans son chapitre intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;l\u2019Art moderne et le cin\u00e9ma&nbsp;\u00bb ce propos de D. Pa\u00efni et J. Morice \u00e0 l\u2019occasion de l\u2019exposition \u00ab&nbsp;l\u2019Art et le 7e Art&nbsp;\u00bb en 1995&nbsp;: \u00ab&nbsp;Il y a du cin\u00e9ma dans le cubisme&nbsp;: la d\u00e9multiplication des plans et des points de vue dans les toiles de Picasso, de Braque ou de L\u00e9ger, l\u2019impression de tourner autour d\u2019un objet et d\u2019un corps (panoramique), la mani\u00e8re de d\u00e9composer l\u2019action\u2026 le traitement du volume et de la profondeur de champ chez L\u00e9ger fait de lui, sans doute, le premier sp\u00e9cialiste du gros plan et du \u00ab\u00a0zoom\u00a0\u00bb dans la peinture moderne.&nbsp;\u00bb Et, \u00c9lisabeth Li\u00e8vre-Crosson poursuit, p. 54-55,&nbsp;: \u00ab&nbsp;le cin\u00e9ma enregistre le temps et le mouvement&nbsp;; la peinture et la sculpture vont s\u2019employer \u00e0 en restituer l\u2019id\u00e9e (L\u00e9ger, Kupka, Duchamp, Delaunay). En 1916, les futuristes italiens signent un Manifeste de la cin\u00e9matographie futuriste. D\u00e8s 1919, L\u00e9ger illustre le roman de Blaise Cendrars <em>La Fin du monde film\u00e9e par l\u2019Ange N.-D.<\/em>, un sc\u00e9nario qui ne fut jamais tourn\u00e9, de 22 peintures et dessins, dont un chapitre intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;Cin\u00e9ma acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 et ralenti.&nbsp;\u00bb Le po\u00e8te russe Ma\u00efakovski s\u2019exclame&nbsp;: \u00ab&nbsp;Le rythme de la vie a chang\u00e9. Tout a acquis une rapidit\u00e9 fulgurante comme sur les bandes du cin\u00e9matographe. [\u2026] La fi\u00e8vre, voil\u00e0 ce qui symbolise le mouvement de la vie contemporaine.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh89\">89<\/a>]&nbsp;.\u2014 Avec le \u00ab&nbsp;Vitaphone&nbsp;\u00bb des fr\u00e8res Warner de la fameuse \u00ab&nbsp;Warner Bros&nbsp;\u00bb fond\u00e9e en 1923, et, qui, en 1926, sortirent le premier long m\u00e9trage sonore&nbsp;: une version du <em>Dom Juan<\/em>, puis, en 1927, le premier long m\u00e9trage comportant un synchronisme labial&nbsp;: Le Chanteur de Jazz, avec Al Johnson.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh90\">90<\/a>]&nbsp;.\u2014 Bande-son d\u2019Arthur Honegger, qui en tirera, en 1923, Pacific 231.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh91\">91<\/a>]&nbsp;.\u2014 Miriam Cendrars&nbsp;: <em>op. cit.<\/em>, p 275.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh92\">92<\/a>]&nbsp;.\u2014 En janvier 1913, \u00e0 l\u2019invitation d\u2019Herwarth Walden, directeur de la revue <em>Der Sturm<\/em>, grand d\u00e9fenseur et propagateur des travaux de Delaunay \u00e0 peu pr\u00e8s alors inconnu en France, Robert Delaunay, outre dix-neuf toiles, expose ses onze \u00e9tudes sur la refrangibilit\u00e9 de la lumi\u00e8re \u00e9labor\u00e9es durant l\u2019\u00e9t\u00e9 1912 et qui constituent un v\u00e9ritable manifeste de la peinture simultan\u00e9iste. La reliure simultan\u00e9iste que Sonia a r\u00e9alis\u00e9e le 1er janvier 1913 des P\u00e2ques \u00e0 New York de son ami Blaise est aussi expos\u00e9e, ainsi que les \u00e9preuves de <em>S\u00e9quences<\/em>, deuxi\u00e8me plaquette hors-s\u00e9rie de la revue des <em>Hommes Nouveaux<\/em>. Robert, Sonia, Guillaume Apollinaire et Blaise partent \u00e0 Berlin pour le vernissage du 27 janvier. Apollinaire fait une causerie sur la peinture moderne, et, Blaise, lui, fait la gueule. (Voir&nbsp;: M.&nbsp;Cendrars, <em>op. cit.<\/em>, p. 248-249.) En avril 1913, Blaise et Sonia dessineront et de r\u00e9digeront enfin la maquette d\u2019un bulletin de souscription pour <em>La Prose du Transsib\u00e9rien et de la petite Jehanne de France<\/em> , \u00ab&nbsp;Premier livre simultan\u00e9&nbsp;\u00bb \u00ab&nbsp;repr\u00e9sentation synchrone&nbsp;: Peinture simultan\u00e9e&nbsp;: Mme&nbsp;Delaunay-Terck. Texte&nbsp;: Blaise Cendrars.&nbsp;\u00bb (Voir&nbsp;: M.&nbsp;Cendrars, <em>op.cit.<\/em>, p. 254.)<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh93\">93<\/a>]&nbsp;.\u2014 Dat\u00e9 de juillet 1914, in <em>Du monde entier, op. cit.<\/em>, p. 103.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh94\">94<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>Ibid.<\/em>, dat\u00e9 de juillet 1914, p. 101.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh95\">95<\/a>]&nbsp;.\u2014 Les Hommes nouveaux, c\u2019est aussi le titre d\u2019une revue po\u00e9tique et de critique d\u2019Art \u00e0 la vie \u00e9ph\u00e9m\u00e8re (s\u2019agirait-il d\u2019un pl\u00e9onasme&nbsp;?), \u00ab&nbsp;revue libre et franco-allemande&nbsp;\u00bb dont Blaise, tant bien que mal, fait para\u00eetre le premier num\u00e9ro en 1912, avec Emil Szittya et Marius Hanot, tous deux militants anarchistes. Voir&nbsp;: Miriam Cendrars, op. cit., p. 239-240. La revue <em>Les Hommes Nouveaux<\/em>, initialement <em>Neue Mensch<\/em> (premi\u00e8re s\u00e9rie) fut fond\u00e9e par Emil Szittya \u00e0 Paris. Lors de la reprise du titre pour une deuxi\u00e8me s\u00e9rie \u00e0 laquelle participe Cendrars, Blaise \u00e9crit pour les revues allemandes <em>Das Buch<\/em> et <em>Der Pionier<\/em> (Voir&nbsp;: M.&nbsp;Cendrars, <em>op. cit.<\/em>, p. 231.) Fin de la revue au troisi\u00e8me num\u00e9ro. Le projet de la revue <em>Zone<\/em> la remplace pour Cendrars, mais, on le sait, le projet tombera \u00e0 l\u2019eau, et, le bon Guillaume fera la surprise \u00e0 son cadet de reprendre le titre \u00e0 son compte pour son po\u00e8me manifeste, son po\u00e8me in\u00e9dit d\u2019<em>Alcools<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh96\">96<\/a>]&nbsp;.\u2014 Mais qui a dit que <em>La Prose du Transsib\u00e9rien et de la petite Jehanne de France<\/em> constituait en France, en po\u00e9sie surtout, la premi\u00e8re du genre&nbsp;? \u2014 Moi. Avec \u00ab&nbsp;l\u2019humble orgueil d\u2019\u00eatre soi&nbsp;\u00bb dont parlait Ionesco, et, surtout, la volont\u00e9 tr\u00e8s modeste de rappeler que les po\u00e8tes sont des provocateurs destin\u00e9s \u00e0 r\u00e9veiller&nbsp;: \u00ab&nbsp;ce qui brise la mer gel\u00e9e en nous&nbsp;\u00bb, comme les romanciers, selon Franz Kafka&nbsp;; or, vous m\u2019avouerez&nbsp;: pas de mer plus gel\u00e9e que le conformisme critique&nbsp;: c\u2019est la banquise&nbsp;! \u2014 Et encore&nbsp;: si elle d\u00e9rivait&nbsp;!\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh97\">97<\/a>]&nbsp;.\u2014 Denis Arkadievitch Kaufman, dit Dziga Vertov (1896-1954). Sous l\u2019influence radicale du futurisme de Ma\u00efakovski, il prend le pseudonyme de Dziga (\u00ab&nbsp;toupie&nbsp;\u00bb en ukrainien) Vertov (d\u00e9riv\u00e9 du russe <em>vertet<\/em>, \u00ab&nbsp;tourner, pivoter&nbsp;\u00bb). Sa th\u00e9orie du \u00ab&nbsp;<em>Kino-glaz<\/em> \/Cin\u00e9-\u0153il&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;\u0153il plus parfait que l\u2019\u0153il humain&nbsp;\u00bb, fonctionne selon l\u2019id\u00e9e manifeste que \u00ab&nbsp;le montage pr\u00e9c\u00e8de le tournage&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh98\">98<\/a>]&nbsp;.\u2014 Andr\u00e9 Breton&nbsp;: <em>Premier manifeste du surr\u00e9alisme<\/em>, 1924. in Manifestes du surr\u00e9alisme, \u00e9d Jean-Jacques Pauvert, r\u00e9\u00e9d. Paris, \u00e9d. Gallimard, coll. \u00ab&nbsp;Id\u00e9es\/Gallimard&nbsp;\u00bb, 1975.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh99\">99<\/a>]&nbsp;.\u2014 Voir&nbsp;: \u00ab&nbsp;la schlague&nbsp;\u00bb que Guillaume Apollinaire pratiquait avec ses ma\u00eetresses. Marie Laurencin pourrait, selon les t\u00e9moignages d\u2019Andr\u00e9 Salmon, en dire long sur ce sujet. Apollinaire battait ses femmes, comme Debussy.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh100\">100<\/a>]&nbsp;.\u2014 Miriam Cendrars&nbsp;: <em>op. cit.<\/em>, p.244.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh101\">101<\/a>]&nbsp;.\u2014 \u00ab&nbsp;O <em>Harmonika-Zug&nbsp;!<\/em>&nbsp;\u00bb in \u00ab&nbsp;Ode&nbsp;\u00bb, p. 25 \u2014 Voir&nbsp;: Val\u00e9ry Larbaud, Les <em>Po\u00e9sies de A.O. Barnabooth<\/em>, suivi de <em>Po\u00e9sies diverses<\/em> et des po\u00e8mes de A.O. Barnabooth \u00e9limin\u00e9s de l\u2019\u00e9ditions de 1913, \u00e9d. Gallimard, n.r.f., coll. \u00ab&nbsp;Po\u00e9sie \/Gallimard&nbsp;\u00bb, pr\u00e9face de Robert Mallet, 1966.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh102\">102<\/a>]&nbsp;.\u2014 Voir&nbsp;: <em>Le Transsib\u00e9rien<\/em>, Blaise Cendrars, \u00ab&nbsp;avec un portrait in\u00e9dit de Blaise Cendrars par Modigliani, un t\u00e9l\u00e9gramme liminaire (\u00ab&nbsp;ton fid\u00e8le clichage me conf\u00e8re l\u2019immortalit\u00e9 que j\u2019aime.&nbsp;\u00bb B.C.) et, en suppl\u00e9ment, les reproductions in\u00e9dites des premi\u00e8res \u00e9preuves corrig\u00e9es de la main (droite) de Blaise Cendrars en 1912&nbsp;\u00bb, Paris, \u00e9d. Pierre Seghers, 1957, r\u00e9\u00e9dition o\u00f9 la typographie est merveilleusement reproduite en fac-simil\u00e9 (h\u00e9las sans les pochoirs) alors que dans la r\u00e9\u00e9dition courante destin\u00e9e au tr\u00e8s grand public aux \u00e9ditions Gallimard, in <em>Du monde entier<\/em>, Po\u00e9sie compl\u00e8tes 1912-1924, pr\u00e9face de Paul Morand, n.r.f., coll. \u00ab&nbsp;Po\u00e9sie \/Gallimard&nbsp;\u00bb, p. 27-45, cette dimension essentielle a \u00e9t\u00e9 supprim\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh103\">103<\/a>]&nbsp;.\u2014 Voir&nbsp;: annexe donc.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh104\">104<\/a>]&nbsp;.\u2014 Voir&nbsp;: annexe en fin de texte.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh105\">105<\/a>]&nbsp;.\u2014 Selon la tr\u00e8s belle formule du po\u00e8te alg\u00e9rien Kateb Yacine.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh106\">106<\/a>]&nbsp;.\u2014 Miriam Cendrars&nbsp;: <em>op. cit.<\/em>, p. 255. Voir aussi&nbsp;: <em>\u0152uvres compl\u00e8tes<\/em>, Le Club Fran\u00e7ais du Livre, 1976, t. XIII, p. 161, ou \u00e9d. Deno\u00ebl, p. 653.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh107\">107<\/a>]&nbsp;.\u2014 Tr\u00e8s politique, le bon Kostro, fid\u00e8le en cela sans doute (mais juste un peu, et, sans que cela pr\u00eate \u00e0 cons\u00e9quence pour sa ca-carri\u00e8re) \u00e0 la formule de Balzac&nbsp;: \u00ab&nbsp;ils tenteront de vous couvrir de boue, et, s\u2019ils n\u2019y parviennent pas, ils vous adoreront \u00e0 genoux\u2026&nbsp;\u00bb, finira par reconna\u00eete officiellement La Prose de Blaise et de Sonia, une fois qu\u2019elle avait \u00e9t\u00e9 cass\u00e9e par ses copains, en bon Machiavel&nbsp;: \u00ab&nbsp;[\u2026] Blaise Cendrars et Mme&nbsp;Delaynay-Terck ont fait une PREMI\u00c8RE TENTATIVE SIMULTAN\u00c9IT\u00c9 \u00c9CRITE o\u00f9 des constrastes de couleurs habituaient l\u2019\u0153il \u00e0 lire D\u2019UN SEUL REGARD l\u2019ensemble d\u2019un po\u00e8me, comme un chef d\u2019orchestre lit d\u2019un seul coup les notes superpos\u00e9es dans la partition, comme on voit d\u2019un seul coup d\u2019\u0153il les \u00e9l\u00e9ments plastiques et imprim\u00e9s d\u2019une affiche.&nbsp;\u00bb Cit\u00e9 par A. Sidoti, in <em>Gen\u00e8se et dossier d\u2019une pol\u00e9mique<\/em>, \u00ab&nbsp;La Prose du Transsib\u00e9rien&nbsp;\u00bb, Blaise Cendrars-Sonia Delaunay, Paris, Archives des Lettres Modernes, 1987, p. 135. Cit\u00e9 par Anne-Marie Jaton, in Blaise Cendrars, Gen\u00e8ve, \u00e9d. de l\u2019Unicorne, \u00e9d. Sltakine,1989, p. 41. \u00ac\u2014 Pour ma part, cette reconnaissance tardive, ne marque que la volont\u00e9, une fois de plus, d\u2019\u00eatre le ma\u00eetre d\u2019\u0153uvre de tout le mouvement cubiste et orphique, une fa\u00e7on de montrer au public que la chose est par lui connue, donc contr\u00f4l\u00e9e, voire m\u00eame g\u00e9n\u00e9r\u00e9e par lui.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh108\">108<\/a>]&nbsp;.\u2014 St\u00e9phane Mallarm\u00e9, in \u00ab&nbsp;Brise marine&nbsp;\u00bb, 1865, po\u00e8me influenc\u00e9 du c\u00e9l\u00e8bre \u00ab&nbsp;Parfum exotique&nbsp;\u00bb de Charles Baudelaire, in <em>Les Fleurs du Mal<\/em>, 1857.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh109\">109<\/a>]&nbsp;.\u2014 In \u00ab&nbsp;Tu es plus belle que le ciel et la mer&nbsp;\u00bb, in <em>Feuilles de route<\/em>, in <em>Au c\u0153ur du monde<\/em>, Po\u00e9sies compl\u00e8tes, 1924-1929, \u00e9d. Deno\u00ebl, 1947, r\u00e9\u00e9d. n.r.f., coll. \u00ab&nbsp;Po\u00e9sie \/ Gallimard&nbsp;\u00bb, 1977.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh110\">110<\/a>]&nbsp;.\u2014 Charles Baudelaire&nbsp;: \u00ab&nbsp;Epigraphe pour un livre condamn\u00e9&nbsp;\u00bb, in <em>Les Fleurs du Mal<\/em>, ajouts de 1868<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh111\">111<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>Les Fleurs du Mal<\/em>, ajouts de 1868.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh112\">112<\/a>]&nbsp;.\u2014 Selon l\u2019expression de Verlaine, invent\u00e9e en 1883 pour son opuscule&nbsp;: <em>Les Po\u00e8tes maudits<\/em> (Corbi\u00e8res, Rimbaud, Mallarm\u00e9) augment\u00e9 en 1888 d\u2019une seconde livraison (Marceline Desbordes-Valmore, Villiers de l\u2019Isle-Adam, et, le \u00ab&nbsp;pauvre L\u00e9lian&nbsp;\u00bb lui-m\u00eame).<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh113\">113<\/a>]&nbsp;.\u2014 <em>Op. cit<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh114\">114<\/a>]&nbsp;.\u2014 Vis \u00e0 vis de Dada, le surr\u00e9alisme, c\u2019est Port-Royal&nbsp;!\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh115\">115<\/a>]&nbsp;.\u2014 R\u00e9dig\u00e9 entre 1904 et 1910, publi\u00e9 en 1917. Voir&nbsp;: <em>Le Cornet \u00e0 d\u00e9s<\/em>, pr\u00e9face de Michel Leiris, \u00e9d. n.r.f.\/Gallimard, coll. \u00ab&nbsp;Po\u00e9sie \/Gallimard&nbsp;\u00bb, Paris, 1945.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh116\">116<\/a>]&nbsp;.\u2014 Arthur (Fabian Avenarius Lloyd)(1887-1920), le \u00ab&nbsp;po\u00e8te-boxeur&nbsp;\u00bb, le \u00ab&nbsp;po\u00e8te aux cheveux les plus courts du monde&nbsp;\u00bb, le directeur de la revue Maintenant [revue fond\u00e9e en 1912].<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh117\">117<\/a>]&nbsp;.\u2014 Sade ait son \u00e2me&nbsp;!\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh118\">118<\/a>]&nbsp;.\u2014 A bon entendeur, Messieurs les auteurs (de profils) apollinairiens [Apollinaire&nbsp;: un pet, deux ailes&nbsp;!\u2026 P\u00e9gasse pseudo-prol\u00e9tarien.]&nbsp;: \u2014 Salut&nbsp;! On se retrouvera, je le sais\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh119\">119<\/a>]&nbsp;.\u2014 Baudelaire, avec Nerval, Rimbaud et Lautr\u00e9amont, figure dans les toutes premi\u00e8res places dans le Panth\u00e9on portatif du bon Blaise, d\u00e8s les premi\u00e8res ann\u00e9es de formation. La place de Baudelaire est, avec celle de Rimbaud, l\u2019une des plus d\u00e9terminantes&nbsp;; pour seule preuve dans La Prose, encore (\u00e9d. cit., p. 27-28)&nbsp;: \u00ab&nbsp;En ce temps-l\u00e0 j\u2019\u00e9tais dans mon adolescence\/J\u2019avais \u00e0 peine seize ans et je ne me souvenais d\u00e9j\u00e0 plus de mon enfance\/J\u2019\u00e9tais \u00e0 16.000 lieues du lieu de ma naissance\/J\u2019\u00e9tais \u00e0 Moscou, dans la ville des mille et trois clochers et des sept gares\/Et je n\u2019avais pas assez sept gares et des mille et trois tours\/Car mon adolescence \u00e9tait si ardente et si folle\/Que mon c\u0153ur, tour \u00e0 tour, br\u00fblait comme le temple d\u2019\u00c9ph\u00e8se ou comme la Place Rouge de Moscou\/Quand le soleil se couche.\/Et mes yeux \u00e9clairaient des voies anciennes.\/[\u2026]\/Un vieux moine me lisait la l\u00e9gende de Novgorode\/J\u2019avais soif\/Et je d\u00e9chiffrais des caract\u00e8res cun\u00e9iformes\/ Puis, tout \u00e0 coup, les pigeons du Saint-Esprit s\u2019envolaient sur la place\/Et mes mains s\u2019envolaient aussi, avec des bruissements d\u2019albatros\/Et ceci, c\u2019\u00e9tait les derni\u00e8res r\u00e9miniscences du dernier jour\/Du tout dernier voyage\/Et de la mer [\u2026]&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article53.html#nh120\">120<\/a>]&nbsp;.\u2014 L\u2019excellent Marcel A. Ruff signale dans Baudelaire \u0152uvres compl\u00e8tes, \u00e9d. du Seuil, Paris, 1968, p. 141, que ce \u00ab&nbsp;po\u00e8me [de jeunesse] provenant d\u2019un album [fut] publi\u00e9 en 1875 avec quelques coupures, puis au complet dans La Jeune France , en 1884 [\u2026]&nbsp;\u00bb \u2014 Oserais-je ajouter, qu\u2019en vieux baudelairien que je suis, je place ce po\u00e8me parmi les toutes premi\u00e8res \u0153uvres du Ma\u00eetre&nbsp;?<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Du plagiat consid\u00e9r\u00e9 comme un des Beaux-Arts On \u00e9crit dans tous les livres scolaires \u2014&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_editorskit_title_hidden":false,"_editorskit_reading_time":0,"_editorskit_is_block_options_detached":false,"_editorskit_block_options_position":"{}","advgb_blocks_editor_width":"","advgb_blocks_columns_visual_guide":"","_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":""},"categories":[11],"tags":[],"class_list":["post-80","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-peres-meres-nos-modeles-nos-heros-nos-saints-nos-valeurs"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.3 - 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