{"id":82,"date":"2007-10-10T19:09:00","date_gmt":"2007-10-10T17:09:00","guid":{"rendered":"http:\/\/revuepolaire.com\/?p=82"},"modified":"2023-08-12T15:18:19","modified_gmt":"2023-08-12T13:18:19","slug":"petites-suites-allemande-francaise","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/2007\/10\/10\/petites-suites-allemande-francaise\/","title":{"rendered":"Petites Suites allemande &#038; fran\u00e7aise"},"content":{"rendered":"\n<p>(Extraits)<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est notre Histoire. Nous aurions bien tort de la croire \u00e0 jamais r\u00e9volue, oubli\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p><br><small>(Voir \u00e9galement dans la rubrique&nbsp;: \u00ab&nbsp;P\u00e8res &amp; M\u00e8res&nbsp;\u00bb, des extraits de la \u00ab&nbsp;Petite Suite yiddish&nbsp;\u00bb pour mieux comprendre la gen\u00e8se de ce livre, en plusieurs tomes, en tr\u00e8s grande part in\u00e9dit, entam\u00e9 v\u00e9ritablement en 2000 (apr\u00e8s des premiers brouillons en 1995), dont le premier tome sous le titre de <em>Petites Suites pour voix seule<\/em> \u2014 comprenant la \u00ab&nbsp;Petite Suite hongroise&nbsp;\u00bb, la \u00ab&nbsp;Petite Suite yiddish&nbsp;\u00bb, la \u00ab&nbsp;Petite Suite <em>H\u00e4ftling<\/em> du \u201cBrouillard\u201d et de la \u201cNuit\u201d&nbsp;\u00bb \u2014 consacr\u00e9 \u00e0 la Shoah et \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience de la D\u00e9portation sur des t\u00e9moignages de t\u00e9moins vivants (et, termin\u00e9 bien avant la publication du livre de Littell sous ce titre et cette r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 Bach), cherche \u00e9diteur, en vain, depuis \u00e0 pr\u00e9sent un an et sept mois.)[Autre corr\u00e9lat&nbsp;: <em>Petite Suite rouge avec \u00e9toile<\/em>.]<\/small><br><\/p>\n\n\n\n<p><strong>PETITE SUITE ALLEMANDE<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"http:\/\/revuepolaire.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/P_La_Lampe.mp3\"><\/audio><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>La Lampe&nbsp;:<\/strong><a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/IMG\/mp3\/P_La_Lampe.mp3\"><\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Une lampe pend dans Hambourg en ruine\u2026 Dans Hambourg en ruine, une lampe pend. Dans Hambourg qui br\u00fble\u2026 et que des inconnus bombardent.<br>Le Prince de Hombourg erre, seul, par les rues\u2026 par des rues qui n\u2019existent plus&nbsp;; fant\u00f4me, il est bien m\u00e9ritant.<br>Voil\u00e0 six jours, voici six nuits \u2014 mais qui songe \u00e0 compter encore&nbsp;?\u2026 \u2014 que du ciel, chaque nuit, le jour\u2026 \u2014 on ne sait plus o\u00f9 est le jour, \u2014 tombe du feu, tombe la nuit, selon la volont\u00e9 de ceux qui d\u00e9tiennent, aussi, la foudre. Op\u00e9ration \u00ab&nbsp;Gomorrhe&nbsp;\u00bb&nbsp;: faut-il y voir un jeu de mots&nbsp;? 2300 tonnes de bombes&nbsp;; 270.000 immeubles effondr\u00e9s, volatilis\u00e9s&nbsp;; 30.000 victimes environ, surtout des femmes, des enfants&nbsp;; un million de rescap\u00e9s, qui, pour l\u2019instant, n\u2019ont plus la notion du temps, et, demain vont \u00e9vacuer, apr\u00e8s six raids, six, en sept jours. La guerre.<br>C\u2019est la chaleur\u2026 c\u2019est la chaleur, qui fait tourner, tournoyer comme une toupie cette lampe encore accroch\u00e9e entre deux fa\u00e7ades qui fusent, chanteuses, torch\u00e8res chantantes, immeuble dedans \u00e9croul\u00e9, croulant, fondant sous le phosphore, sur des femmes, sur des enfants\u2026<br>Dans Hambourg qui siffle, chuinte, crache et souffle comme une forge o\u00f9 des milliers de coups s\u2019abattent, s\u2019abattent avec un \u00e9cho mat, un \u00e9cho de tympans crev\u00e9s sur l\u2019enclume \u00e9cras\u00e9e des rues qui r\u00e9sonne comme une cloche\u2026 si \u00e2me vit encore, si \u00e2me vit\u2026 elle demande\u2026 se demande&nbsp;:<br><br>\u2014&nbsp;Est-ce, l\u00e0, la Cath\u00e9drale\u2026 la Cath\u00e9drale qui sonne\u2026 toutes cloches confondues\u2026&nbsp;: glas\u2026 tocsin, tocsin, bourdon, glas\u2026 glas soudain, soudain confondus, fondus en une cloche \u00e9norme\u2026&nbsp;: ce sifflement, ce sifflement\u2026 ce bourdonnement sourd, plus sourd que sourd\u2026 ce mart\u00e8lement lourd, plus lourd que lourd, qui tournoie dans l\u2019air asphyxi\u00e9&nbsp;?\u2026<br>Le Prince de Hombourg, fant\u00f4me \u2014 est-ce en qu\u00eate d\u2019un <em>Reich<\/em> fant\u00f4me&nbsp;? \u2014 seul, erre\u2026 erre seul, par les rues&nbsp;; fant\u00f4me, il est bien m\u00e9ritant\u2026 L\u2019incendie doit durer mille ans. Ceux que l\u2019on dit leurs ennemis, \u00ab&nbsp;ennemis du <em>Reich<\/em>&nbsp;\u00bb, l\u2019ont promis, ils l\u2019ont promis en repr\u00e9sailles depuis f\u00e9vrier 42, le 14 pr\u00e9cis\u00e9ment&nbsp;: \u00ab&nbsp;bombardements strat\u00e9giques&nbsp;\u00bb, bombardements syst\u00e9matiques&nbsp;! [\u2026] C\u2019est pour faire oublier Plymouth\u2026 Liverpool, Londres, Coventry\u2026 Plymouth, Sheffield, Sheffield aussi\u2026 que Wilhemshaven et Hanovre, Cologne, D\u00fcsseldorf et Manheim, Luschaven, Essen, Br\u00eame aussi\u2026 n\u2019existent plus d\u00e9j\u00e0, ras\u00e9es\u2026 ras\u00e9es\u2026 en totalit\u00e9 ou partie [\u2026]. 25, 26, 27, 28, 29, 30 juillet 43 [\u2026].<br>Et cette lampe\u2026 cette lampe\u2026 dans le souffle vertigineux du phosphore crachant qui roule sur l\u2019incendie qui se propage, s\u2019\u00e9tend et se propage encore si tant est que faire se peut, cette lampe, dans l\u2019incendie, incompr\u00e9hensible, inou\u00ef, qui, pourtant, se d\u00e9plo\u00eet encore\u2026 para\u00eet brusquement la luette d\u2019une bouche incommensurable \u2014 une bouche \u00e9norme et atroce\u2026 \u2014 la luette \u00e9corch\u00e9e, qui luit, d\u2019une bouche ouverte qui b\u00e9e, d\u2019une bouche qui agonise&nbsp;: vainement, vainement \u00e0 chercher son souffle\u2026 une luette qui tressaute, incongrue, fr\u00eale, ridicule, qui tressaute et tourne, et qui pend\u2026 et qui pend, lamentablement, sur un cri inarticul\u00e9 qui ne peut rien exorciser de tout ce qui arrive au corps. Rien&nbsp;! Rien&nbsp;!\u2026 D\u00e9risoire, elle pend. On ne voit rien \u2014 si quelqu\u2019un voit \u2014 on ne voit qu\u2019elle&nbsp;: cette bouche ouverte et immense, dedans, dedans qui pend, la lampe, la lampe qui pend \u00e0 son cable, \u00e0 ce cable encore tendu\u2026 on se sait \u00e0 quoi, ni comment\u2026 et tourne, et pend\u2026 et tourne, et pend\u2026 et tressaute.<br>Puis\u2026 cette lampe\u2026 cette lampe dans Hambourg br\u00fblant, dans les \u00e9clats, dans les \u00e9clairs \u00e9pileptiques, empuantis et enrag\u00e9s de l\u2019incendie qui, semble-t-il, crie, semble un cri\u2026 soudain changeante dans la fum\u00e9e qui vire au noir, comme un obus tomb\u00e9 trop pr\u00e8s d\u00e9sorbite les combattants, para\u00eet un \u0153il, un \u0153il crev\u00e9, qui pend au bout d\u2019un nerf optique \u00e9ject\u00e9 de son orbite par le souffle m\u00e9dusant et exorbitant \u00e0 la fois des d\u00e9flagrations combin\u00e9es&nbsp;; elle semble un \u0153il, un \u0153il qui cuit, et qui cuit au dessus des caves, des caves o\u00f9 rissolent \u2014 qui voudrait le sentir le sent \u2014 par milliers des corps entass\u00e9s, agglutin\u00e9s, \u00e9clat\u00e9s\u2026 qui furent humains, para\u00eet-il\u2026<br>La victoire a l\u2019ombre des ailes&nbsp;; n\u2019est-ce pas celles de La Mort&nbsp;? Elle est aussi un Ange&nbsp;!\u2026 Il vole&nbsp;!\u2026 \u00ab&nbsp;Gomorrhe&nbsp;!\u2026 <em>Go more&nbsp;!<\/em>\u2026&nbsp;\u00bb<br>Le Prince de Hombourg n\u2019est plus. Dans Hambourg, il n\u2019est plus de rues. Et, pourtant, une lampe tourne\u2026 accroch\u00e9e par un c\u00e2ble, nagu\u00e8re, jadis, \u00e9lectrique, au sommet improbable de deux torch\u00e8res qui crachent, vomissent, gerbent, qui \u00e9ructent, hurlent ou crient, des volutes vrombissantes et sifflantes de phosphores noirs, de fum\u00e9es noires, des volutes de feu aveugl\u00e9es [\u2026].<br>Une lampe pend dans Hambourg en ruine. Dans Hambourg en ruine, une lampe pend. Dans Hambourg aras\u00e9e qui br\u00fble\u2026 et que des inconnus bombardent, depuis six jours, depuis six nuits\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><small>(2001)<\/small><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>PETITE SUITE ALLEMANDE<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><small>(\u00e0 partir d\u2019un souvenir de ma m\u00e8re, qui a vu ce soldat mort, lors d\u2019une \u00e9vacuation de la Croix-Rouge, pr\u00e8s de ce Fort du Vert-galant, et qui n\u2019a jamais pu oublier ce visage\u00a0: elle avait dix-sept ans.)<\/small><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"http:\/\/revuepolaire.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/P_La_Cycliste.mp3\"><\/audio><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>La Cycliste&nbsp;:<\/strong><a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/IMG\/mp3\/P_La_Cycliste.mp3\"><\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Le long du \u00ab&nbsp;Fort du Vert-galant&nbsp;\u00bb dort un soldat allemand. Il est beau. il a vingt ans. Un peu de sang mousse \u00e0 ses l\u00e8vres. Ses yeux \u2014 grands, bleus \u2014 sont grand ouverts. Mais le ciel qui s\u2019y voit (y plonge), cependant, non, ne s\u2019y noit pas&nbsp;: le ciel bleu s\u2019y regarde, \u00e9tal\u2026 L\u2019on ne saurait dire qui d\u2019eux est le plus bleu soudainement&nbsp;: si c\u2019est ce ciel qui s\u2019y regarde \u2014 qui se regarde et n\u2019y voit rien \u2014 ou si c\u2019est eux, bleus, si \u00e9tals. C\u2019est au reste sans importance.<br>Jeune, soldat, \u00ab&nbsp;l\u2019Allemand&nbsp;\u00bb, seul, couch\u00e9 l\u00e0 dans ses vingt ans le long du \u00ab&nbsp;Fort du Vert-galant&nbsp;\u00bb, face \u00e0 ce ciel qui le regarde, ne sourie pas sous le sang. On ne sait pas bien ce qu\u2019il pense ou qu\u2019il pensa,\u2026 ce qu\u2019il pensait le long du fort, tout \u00e0 l\u2019heure, lorsqu\u2019il tomba. Sait-il m\u00eame lorsqu\u2019il tomba&nbsp;? Sait-il seulement qu\u2019il tomba&nbsp;? Sait-il seulement qu\u2019il est l\u00e0&nbsp;?\u2026 Se voit-il&nbsp;?\u2026 Se peut-il qu\u2019il voit&nbsp;?\u2026<br><br>\u2014&nbsp;Qui r\u00e9pondra&nbsp;? Qui\u2026 r\u00e9pondra&nbsp;?\u2026 Qui r\u00e9pondrait&nbsp;?\u2026<br><strong>\u00ab&nbsp;Pauvre soldat\u2026&nbsp;\u00bb<br><\/strong>S\u2019il ne voit plus le fort, s\u2019il ne voit plus ce ciel de mai, ce ciel de printemps sans nuage (presqu\u2019aussi pur qu\u2019en mai quarante), il ne voit pas la jeune fille, cette jeune fille \u00e0 v\u00e9lo, tout habill\u00e9e de bleu, de blanc, d\u2019on ne sait d\u2019o\u00f9 soudain surgie, qui se penche vers lui, sur lui, et, qui s\u2019est arr\u00eat\u00e9e pour lui. Elle pensait ne pas le faire \u2014 \u00ab&nbsp;Ah&nbsp;! pour un Allemand, jamais&nbsp;!&nbsp;\u00bb&nbsp;\u2014, simplement passer, \u00ab&nbsp;passer vite&nbsp;\u00bb&nbsp;; et elle est l\u00e0, l\u00e0, comme lui, seule avec lui dans la campagne&nbsp;; elle est l\u00e0 avec lui, sur lui, dans le soleil, l\u00e0, sous le ciel. La voit-il&nbsp;? Ne la voit-il pas&nbsp;? La voit-il, l\u00e0&nbsp;? Qui le dira&nbsp;?<br><strong>\u00ab&nbsp;Pauvre gar\u00e7on&nbsp;!\u2026 Pauvre soldat.&nbsp;\u00bb<br><\/strong>S\u2019il ne voit pas la jeune fille, il ne voit pas la fleur non plus, cette fleur dans ses cheveux roux qui se d\u00e9nouent \u00e0 son insu&nbsp;: cette fleur rouge \u00e9carquill\u00e9e, \u00e9carquill\u00e9e comme incr\u00e9dule, bien plant\u00e9e dans ses cheveux lourds, il ne voit pas, l\u00e0, davantage, sous les m\u00e8ches folles, rebelles, grands, ces grands yeux, bleus, grand ouverts, qui le fixent, bleus, bleus aussi.<br><strong>\u00ab&nbsp;Pauvre soldat, pauvre soldat\u2026&nbsp;\u00bb<\/strong>, sait-il bien pourquoi il tomba&nbsp;?<br>De tout ses yeux, de tout ses yeux qu\u2019elle e\u00fbt imagin\u00e9s plus secs, moins incr\u00e9dules, plus assur\u00e9s, plus droits sans nul doute, plus durs&nbsp;: elle le voit, elle regarde cette mousse de sang poisseux qui bullait encor tout \u00e0 l\u2019heure, tout \u00e0 l\u2019heure au bord de ses l\u00e8vres\u2026<br>Une d\u00e9tonation peut-\u00eatre&nbsp;? La chute d\u2019un corps, puis plus rien. Ce corps \u00e9tait-ce bien le sien&nbsp;? D\u00e9j\u00e0, c\u2019\u00e9tait quand&nbsp;?\u2026 Quand \u00e9tait-ce&nbsp;?<br><strong>\u00ab&nbsp;Pourquoi \u00e9tait-il allemand&nbsp;? Pauvre gar\u00e7on. presqu\u2019un enfant.&nbsp;\u00bb<br><\/strong>Le sang qui bullait soudain colle&nbsp;; il noircit au bord de ses l\u00e8vres\u2026&nbsp;: des l\u00e8vres fines, d\u00e9licates, qu\u2019on aurait pu\u2026 qu\u2019elle pouvait, qu\u2019elle pourrait les croire faites pour autre chose que pour b\u00e9er, pour b\u00e9er ainsi b\u00eatement sur ce mot insoup\u00e7onnable, impronon\u00e7able d\u00e9sormais qui ne peut rien exorciser, non certes plus rien \u00e0 pr\u00e9sent. Elles paraissent d\u00e9j\u00e0 froides, ces l\u00e8vres minces et si p\u00e2les, sur lesquelles elle s\u2019est pench\u00e9e. Et la fleur qui regarde tombe. Et les cheveux sous leur pes\u00e9e d\u2019un coup, d\u2019un seul, sont totalement d\u00e9nou\u00e9s. Et le visage est balay\u00e9. Et le sang est comme lav\u00e9 par un lourd flot de cheveux rouges, l\u00e0, tandis que la fille en bleu, en bleu et blanc, observe, coll\u00e9e pr\u00e8s de lui, comme une autre flaque de sang, la fleur tomb\u00e9e sur l\u2019Allemand, la fleur tomb\u00e9e contre sa joue.<br>Rouge, la fleur, contre ces l\u00e8vres, ce visage que les longs cheveux d\u00e9nou\u00e9s pouss\u00e9s au gr\u00e8 d\u2019un vent complice, caressent soudain, soudain sage\u2026 rouge, la fleur lui fait brusquement un visage qui ne semble plus ennemi. L\u2019ennemi est ailleurs soudain car l\u2019Invisible est l\u00e0 qui r\u00f4de et qui bient\u00f4t va l\u2019emporter ce beau visage, l\u2019emporter, lui, avec tant d\u2019autres, pour l\u2019engloutir, l\u2019an\u00e9antir, pour l\u2019effacer, pour l\u2019abolir, pour le dig\u00e9rer tout entier avec le grand corps de vingt ans qui demeurera inconnu pour jamais \u00e0 cette inconnue.<br><strong>\u00ab&nbsp;Juste un petit mort dans l\u2019Histoire.&nbsp;\u00bb<br><\/strong>Le long du \u00ab&nbsp;Fort du Vert-galant&nbsp;\u00bb, jeune, un soldat allemand est couch\u00e9 l\u00e0 dans ses vingt ans qu\u2019une jeune fille regarde, son lourd v\u00e9lo entre les cuisses, pench\u00e9e, courb\u00e9e, couch\u00e9e sur lui, comme pour mieux se souvenir, comme pour mieux sauvegarder ce que la terre va couvrir, bient\u00f4t recouvrir \u00e0 jamais. Elle est si pr\u00e8s que, pour un peu, elle les toucherait des l\u00e8vres, ces l\u00e8vres bleues, ces l\u00e8vres p\u00e2les. On aurait pu les croire faites, elle aurait pu les croire faites \u2014 se le dit-elle, on ne le sait \u2014 pour exorciser au contraire&nbsp;: et le malheur, et la d\u00e9faite, et les malheurs de la victoire, la faim d\u2019amour ou bien la peur, la peur, oui&nbsp;; m\u00eame l\u2019amour, \u2026m\u00eame&nbsp;! N\u2019est-ce pas en secret pour \u00e7a que l\u2019on part en guerre \u00e0 vingt ans, qu\u2019on soit Fran\u00e7aise ou Allemand, le long du \u00ab&nbsp;Fort du Vert-galant&nbsp;\u00bb, par un beau jour de printemps, un jour qui para\u00eet si parfait qu\u2019on le croyait semblable aux autres&nbsp;: ceux que l\u2019on aurait pu r\u00eaver, ceux que l\u2019on r\u00eavait avant-guerre, et, qui, jamais, n\u2019auront plus cours.<br>S\u2019il dort\u2026 se peut-il qu\u2019il la r\u00eave, elle&nbsp;? Se pourrait-il qu\u2019il r\u00eave encore, couch\u00e9 dans sa jeunesse, fig\u00e9 l\u00e0 dans la mort, sous elle, si vivante, si belle&nbsp;? Certes, il ne verra pas \u2014 c\u2019est bien \u2014 comme tant d\u2019autres ont d\u00fb voir, ont d\u00fb le voir sans le vouloir, les plaines de la Russie rouge, de Bi\u00e9lorussie et d\u2019Ukraine&nbsp;: ces villages qu\u2019on br\u00fble \u00e0 L\u2019Est, et ces civils que l\u2019on massacre&nbsp;: hommes, vieillards, femmes, enfants, nourrissons accroch\u00e9s aux flancs de leur m\u00e8re\u2026 ces slaves, <em>untermensch<\/em> officiels, que certains des Boches fusillent en se faisant photographier dans l\u2019exercice pour le Reich, pour envoyer l\u2019instantan\u00e9, en Allemagne, \u00e0 la famille. Certes\u2026 il n\u2019y participera pas, et, cela, ce n\u2019est pas plus mal.<br><strong>\u00ab&nbsp;Il a \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 cela. Et il sera mort en soldat, en jeune homme et non en bourreau\u2026&nbsp;\u00bb<br><\/strong>Elle serre l\u2019arme contre elle, comme une main, comme une \u00e9paule. Pour quarante otages tu\u00e9s, en voil\u00e0 un tu\u00e9 chez eux qui paye un peu pour tous les autres.<br>\u2026S\u2019il dort, se pourrait-il qu\u2019il r\u00eave\u2026 ou qu\u2019il r\u00eavait, qu\u2019il se r\u00eavait\u2026 qu\u2019il se r\u00eava une autre mort&nbsp;?<br><strong>\u00ab&nbsp;Pauvre petit mort de la guerre&nbsp;\u00bb<\/strong>, seras-tu pourtant oubli\u00e9&nbsp;?<br>Il ne voit rien. Il ne voit plus. D\u00e9j\u00e0, il n\u2019aura jamais vu en bleu, blanc, rouge, la cycliste, qui s\u2019en va, effray\u00e9e soudain, qui s\u2019\u00e9loigne, avec, d\u00e9sormais, \u00e0 jamais inscrite en ses yeux, \u00e0 jamais grav\u00e9e, son image, comme un point noir, comme un point bleu qui dansera devant ses yeux entre elle et ce monde toujours&nbsp;: vague souvenir, douloureux remords, souvenir de mort, souvenir d\u2019amour\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><small>(29\/X\/2001)<\/small><strong>   <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>PETITE SUITE FRAN\u00c7AISE<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"http:\/\/revuepolaire.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/P_Les_pe_niches.mp3\"><\/audio><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Les P\u00e9niches du front de l\u2019Yser&nbsp;:<\/strong><a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/IMG\/mp3\/P_Les_pe_niches.mp3\"><\/a><\/p>\n\n\n\n<p><small>\u00e0 Maurice Lema\u00eetre, mon grand p\u00e8re,<br>qui me raconta cette histoire<br>\u00ab&nbsp;souventefois&nbsp;\u00bb\u2026<\/small><\/p>\n\n\n\n<p>\u2014&nbsp;On entendait au loin, comme un orage dans la brume&nbsp;: la canonnade. Pas d\u2019\u00e9clairs dans ce halo sale&nbsp;; et la brume en rouleaux roulait comme du linge blanc que l\u2019on d\u00e9roule au kilom\u00e8tre.<br>On attendait\u2026<br>Les Allemands, nos ge\u00f4liers, nos \u00ab&nbsp;<em>W\u00e4rter<\/em>&nbsp;\u00bb, nos \u00ab\u00a0matons\u00a0\u00bb, les \u00ab&nbsp;<em>Wache<\/em>&nbsp;\u00bb, \u2014 des vieux de la <em>Landswehr<\/em> d\u00e9j\u00e0, car les plus jeunes, depuis peu, avaient rejoint le front, o\u00f9, c\u00f4t\u00e9 boche, soufflait-on, on manquait cruellement d\u2019hommes, \u2014les Allemands, les teutons donc (des \u00ab\u00a0tontons\u00a0\u00bb, des parents ceux-l\u00e0, presque des p\u00e8res, oui\u2026 \u00e0 force\u2026) avaient sonn\u00e9, dans la nuit noire, le rassemblement avant l\u2019aube. La colonne, guettant \u00e0 l\u2019Est le peu qui servirait de jour dans ce brouillard couleur de craie, sans un mot s\u2019\u00e9tait mise en route vers la c\u00f4te tenue secr\u00e8te, vers le lieu d\u2019un d\u00e9chargement, l\u00e0, au Nord, le long du canal.<br>Depuis trois heures, trois ou bien quatre, au garde-\u00e0-vous sous les flingos, rang\u00e9s en ligne au bord de l\u2019eau, debout dans cette brume basse, cette brume basse en rouleaux qui, indistinctement, roulait, sous ce ciel au halo opaque d\u2019un blanc p\u00e2le, d\u2019un blanc sale ou de pl\u00e2tre humide ou de chaux, frissonnant dans nos oripeaux, n\u2019ayant que la peau sur les os, le ventre vide, nourris seulement de soupe d\u2019orties, de pain noir, aval\u00e9s la veille, on attendait. On entendait au loin, sans \u00e9clair, tonner le canon avec un bruit presque mat, comme \u00e9touff\u00e9. Le temps coulait. Seul le clapotis de l\u2019eau noire, de l\u2019eau lourde de froid mais qui h\u00e9sitait \u00e0 geler&nbsp;; seuls les clapotis de l\u2019eau flasque, de l\u2019eau glac\u00e9e sur l\u2019eau gel\u00e9e contre les piles du ponton, tout au long du caillebotis, pourri, couvert de givre, lui, rythmaient l\u2019attente. On n\u2019entendait plus rien, au loin. On attendait. On attendait, debout, dans l\u2019aube, au lieu fix\u00e9 pour le d\u00e9chargement. Debout, dans l\u2019aube, sous le ciel ferm\u00e9, sans parler.<br>Alors, au loin, sur l\u2019eau, il y eut comme un premier cri, sec et bref, mais mat, \u00e9touff\u00e9&nbsp;; comme un cri de sauvagine bless\u00e9 et qui se cache&nbsp;: bref, mais comme mat, \u00e9touff\u00e9. Il y eut\u2026 ce premier cri\u2026&nbsp;; puis d\u2019autres\u2026&nbsp;: plus mats, plus \u00e9touff\u00e9s encore. Le plus vieux de la <em>Landswehr<\/em>, \u2014 \u00e0 l\u2019instant, je le vois encore&nbsp;: \u2014 un <em>Grossvater<\/em>, le moins rosse, comme vo\u00fbt\u00e9, le torse pench\u00e9 en avant, lisait sa moustache avec de gros doigts tordus d\u2019artisan, de roulier ou de paysan, les yeux perdus dans ses sourcils, je m\u2019en souviens, hochant la t\u00eate imperceptiblement, hochant la t\u00eate, tristement, sous son bonnet de police.<br>\u00c0 mesure que le bruit, les cris se rapprochaient, ce fut comme un g\u00e9missement, un g\u00e9missement de b\u00eate en g\u00e9sine et qui sait qu\u2019elle va mourir, parce que la vie passe mal, ou que la vie ne passe pas\u2026 comme un long meuglement de vache porteuse d\u2019un veau, d\u2019un veau mort-n\u00e9&nbsp;: \u2026un meuglement fait d\u2019une confusion de voix\u2026 de voix humaines. Debout dans l\u2019aube, sous le ciel blanc, sous ce ciel mort,\u2026on attendait. Lentement\u2026 lentement\u2026 progressivement\u2026 le meuglement humain grossit jusqu\u2019\u00e0 l\u2019intol\u00e9rable&nbsp;; et l\u2019on vit \u00e9merger de la brume basse en rouleaux qui roulait, l\u00e0, sur le canal, la proue basse de la premi\u00e8re p\u00e9niche, du premier chaland, au raz de l\u2019eau noire quasi, charg\u00e9 \u00e0 bloc, le premier chaland noir hal\u00e9 par d\u2019autres prisonniers, tous courb\u00e9s et porteurs de sacs, maigres polichinelles, spectres tirant les c\u00e2bles de halage de cette annexe improvis\u00e9e de leur h\u00f4pital de campagne&nbsp;: le premier des douze chalands r\u00e9quisitionn\u00e9s dans l\u2019urgence, qui, revenant du front, servaient \u00e0 l\u2019\u00e9vacuation des bless\u00e9s.<br>Dans la confusion des cris, la premi\u00e8re p\u00e9niche amarr\u00e9e au premier ponton, on se mit \u00e0 la d\u00e9charger, \u00e0 d\u00e9charger ce qu\u2019on pouvait sous les hurlements des vieux qui gueulaient, dont la voix, cass\u00e9e, chevrotait en donnant leur ordre. On d\u00e9chargea on d\u00e9chargeait, en commen\u00e7ant d\u2019abord, sur ordre, par ce qui \u00e9tait mort comme ils voulaient \u2014 \u00ab\u00a0pour \u00e9claircir\u00a0\u00bb comme ils disaient \u2014&nbsp;: t\u00eate-b\u00eache, faisant des tas.&nbsp;\u00bb<br>Prisonnier depuis trois ans mon grand p\u00e8re avait dix-sept ans. Et, il me la conta souvent, cette histoire. D\u2019abord affect\u00e9 en suivant la ligne de front au chargement des canons, au transport d\u2019obus, toujours alors \u00e0 la merci des pilonnages, n\u2019ayant connu depuis trois ans que la <em>Schlague<\/em>, le froid, la faim, la crasse, les poux\u2026 mais aussi les humiliations pouvant na\u00eetre de la mis\u00e8re et de la promiscuit\u00e9, il avait \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 en bataillon disciplinaire pour avoir \u00e9t\u00e9 surpris \u00e0 retirer la poudre des obus qu\u2019il portait aux pi\u00e8ces, en les d\u00e9vissant pour chier dedans. On l\u2019avait battu, presqu\u2019\u00e0 mort, puis affect\u00e9 au d\u00e9bardage des morts, des mourants, des bless\u00e9s&nbsp;: parce que, l\u00e0, c\u2019\u00e9tait pire encore. S\u00e9par\u00e9 de son fr\u00e8re, prisonnier avec lui, et plus forte t\u00eate encore que lui, pour la premi\u00e8re fois, l\u2019enfant voulait mourir. C\u2019\u00e9tait son tout premier d\u00e9chargement&nbsp;; d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9, il restait l\u00e0, bras ballants, comme p\u00e9trifi\u00e9, parmi ces chairs \u00e9clat\u00e9es, ces visages emport\u00e9s, ces bras, ces jambes arrach\u00e9s, les membres absents plus pr\u00e9sents que les corps eux-m\u00eames, ces ventres ouverts, b\u00e9ants, ces uniformes bleus et verts, tach\u00e9s de boue, tach\u00e9s de sang, et, il se mit \u00e0 pleurer, \u00e0 pleurer comme un enfant&nbsp;; ce qui ne lui \u00e9tait plus arriv\u00e9 depuis tr\u00e8s longtemps&nbsp;; il pleurait \u00e0 grands hoquets silencieux, sous l\u2019\u0153il du vieux de la <em>Landswehr<\/em>, qui, \u00e9mu, lui laissait le temps, lui laissait le temps de s\u2019y faire.<br>Fig\u00e9, l\u2019enfant ne bougeait pas, pleurait. Et le canon avait repris son mart\u00e8lement mat, au loin, son mart\u00e8lement\u2026 Mais, soudain, une main vigoureuse qui l\u2019avait agripp\u00e9 au raz du sol \u00e0 la cheville et secouait cette cheville, le secouait tout entier comme un moine paysan agite avec all\u00e9gresse une cloche&nbsp;: \u00ab&nbsp;Tu pleures, mon gars&nbsp;?\u2026 Tu pleures&nbsp;?\u2026&nbsp;\u00bb demandait, inqui\u00e8te, une voix&nbsp;? C\u2019\u00e9tait un bleu, un vieux d\u00e9j\u00e0, un vieux aussi, un des n\u00f4tres. Gaze rouge, coll\u00e9e, poisseuse, noire par plaques, par endroits, il avait re\u00e7u, semble-t-il, son premier pansement de campagne. Il avait les deux jambes coup\u00e9es \u00e0 raz, au raz du tronc. Alors, comprenant, \u00e9tonn\u00e9, comme honteux, au premier regard \u00e9chang\u00e9, toute l\u2019horreur qu\u2019il inspirait \u00e0 ce qui n\u2019\u00e9tait qu\u2019un enfant, qu\u2019un enfant encore en effet, il ajouta simplement, en marmonnant, en s\u2019excusant, tout en t\u00e2chant de lui sourire&nbsp;:<br><br>\u2014&nbsp;T\u2019en fait pas, p\u2019tit. On les aura&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><small>(2001)<\/small><strong>   <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>PETITE SUITE FRAN\u00c7AISE<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"http:\/\/revuepolaire.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/P_Evacuation_44.mp3\"><\/audio><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab&nbsp;\u00c9VACUATION&nbsp;\u00bb ASCQ 44<\/strong>&nbsp;[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article52.html#nb1\">1<\/a>].<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/IMG\/mp3\/P_Evacuation_44.mp3\"><\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Les morts sont propres. Tous ont pass\u00e9s par le savon et par l\u2019eau froide. On a lav\u00e9 leurs plaies, le sang. Ils sont couch\u00e9s sous le plafond de la salle des f\u00eates chang\u00e9e \u00e0 la h\u00e2te en chapelle ardente&nbsp;: rang\u00e9s, compt\u00e9s, mis sur les tables. Quand le sang par terre sera nettoy\u00e9, lav\u00e9, effac\u00e9 \u00e0 son tour, les familles vont pouvoir entrer pour reconna\u00eetre les corps, les leurs, mais beaucoup seront seuls alors, les leurs \u00e9tant couch\u00e9s pr\u00e8s d\u2019eux.<\/p>\n\n\n\n<p>Au plafond sont coll\u00e9s des rires, si mats qu\u2019ils en sont devenus muets, d\u2019un autre temps, d\u2019un autre temps, d\u00e9j\u00e0\u2026 Au plafond, les souvenirs des jours anciens, des jours heureux \u2014 qui se savaient ou qui s\u2019ignoraient \u2014 se dissolvent, se dissolvent ou s\u2019\u00e9ternisent, s\u2019\u00e9ternisent encore un peu. On ne sait. Qui donc pourrait se souvenir\u2026&nbsp;: \u00e0 pr\u00e9sent qu\u2019ils sont couch\u00e9s l\u00e0, l\u00e0 dans l\u2019Histoire,\u2026 leur histoire qui se d\u00e9fait&nbsp;? On l\u2019enterrera avec eux. On le croit. On l\u2019esp\u00e8re peut-\u00eatre d\u00e9j\u00e0, comme un mauvais souvenir, un souvenir trop douloureux. En v\u00e9rit\u00e9, en v\u00e9rit\u00e9, on sait qu\u2019on ne pourra plus d\u00e9sormais l\u2019emp\u00eacher de hanter les rues, l\u2019emp\u00eacher de hanter les murs, la brique m\u00eame, et les m\u00e9moires.<\/p>\n\n\n\n<p>Non, le long de la voie ferr\u00e9e o\u00f9 ils ont \u00e9t\u00e9 mitraill\u00e9s&nbsp;; non, plus rien ne restait d\u00e9j\u00e0, lorsqu\u2019on leur a ferm\u00e9 les yeux. Mais sait-on bien ce qui persiste&nbsp;? Pour l\u2019heure, on n\u2019y pense pas. C\u2019est trop terrible, trop horrible, ce qui vient de se passer, l\u00e0\u2026&nbsp;: ce qui vient de les envoyer dans le pass\u00e9, tous, en paquet de morts, sans compter. Quatre vingt six \u00e0 ramasser, tu\u00e9s par la <em>Hitlerjungend<\/em> en repr\u00e9sailles, par surprise, comme otages, quatre vingt six sur les cailloux macul\u00e9s, sur la caillasse des ballasts.<br><br>\u2014&nbsp;\u00ab&nbsp;Tu parles d\u2019un premier avril&nbsp;! [\u2026]&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 grand eau, le sang est lav\u00e9. \u00c0 grande eau, on lave le sol.<br>Silence.<br>On fait tourner la clef dans la serrure de la porte. On ouvre sur le ciel, dehors.<br>On fait rentrer les survivants.<br>Entrent les grands-m\u00e8res, les m\u00e8res, les veuves, les filles, les s\u0153urs, les fianc\u00e9es\u2026<br>Quatre vingt six, ils sont couch\u00e9s&nbsp;; et le plus jeune avait quinze ans\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Les voyaient-ils coll\u00e9s sous le plafond ces rires&nbsp;? \u00c9taient-ils comme des hirondelles, sortis par la fen\u00eatre, parties migrer, mais pour jamais&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014&nbsp;Silence, femmes&nbsp;! Silence [\u2026].<br>On dort.<\/p>\n\n\n\n<p><small>(2001)<\/small><\/p>\n\n\n\n<p><small>(La <em>Suite Fran\u00e7aise<\/em> d\u2019Ir\u00e8ne Nemirovski ayant \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e en 2004 \u00e0 l\u2019instigation de Pierre Assouline, je ne pouvais conna\u00eetre ce titre en 2001, lorsque j\u2019ai choisi de placer ma s\u00e9rie de livres sous la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 Bach et \u00e0 la musique.)<\/small><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p>[<a href=\"file:\/\/\/Users\/jean-louiscloet\/Desktop\/www.editions-polaire.com\/revue-polaire\/spip.php%EF%B9%96article52.html#nh1\">1<\/a>]&nbsp;.\u2014 On appelait \u00ab&nbsp;\u00e9vacuation&nbsp;\u00bb, toute mission de la Croix Rouge fran\u00e7aise. Six cheminots r\u00e9sistants d\u2019Hellemme, croyant qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un train de marchandise ou de munitions alors qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un convoi de soldats, avaient fait sauter un convoi de chemin de fer allemand, sans faire de mort. Le dimanche des Rameaux 1944, les Allemands de la \u00ab&nbsp;<em>Hitlerjugend<\/em>&nbsp;\u00bb, pr\u00e9textant qu\u2019ils avaient besoin d\u2019hommes pour r\u00e9parer la voie ferr\u00e9e, ont d\u00e9barqu\u00e9 dans le village le plus proche du lieu de l\u2019attentat, \u00e0 Ascq, et ont r\u00e9quisitionn\u00e9 au hasard quatre vingt six hommes. Arriv\u00e9 sur les lieux de l\u2019attentat, ils les ont mitraill\u00e9s. Il n\u2019y avait plus personne \u00e0 \u00ab\u00a0\u00e9vacuer\u00a0\u00bb d\u2019Ascq. La Croix rouge s\u2019est content\u00e9e de rassembler les corps dans la salle des f\u00eates, de les nettoyer, afin de les pr\u00e9senter aux familles. C\u2019est mon grand-p\u00e8re qui \u00e9tait \u00e0 la t\u00eate de l\u2019\u00e9quipe locale de la Croix Rouge. C\u2019est son \u00e9quipe qui a nettoy\u00e9 et pr\u00e9par\u00e9 les corps. Il ne m\u2019en a jamais parl\u00e9. J\u2019ai appris la chose incidemment, cinquante-huit ans apr\u00e8s les faits, par une amie de ma m\u00e8re, qui \u0153uvrait alors dans l\u2019\u00e9quipe de mon grand-p\u00e8re, qui se souvenait.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>(Extraits) C\u2019est notre Histoire. 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