{"id":88,"date":"2007-09-28T19:20:00","date_gmt":"2007-09-28T17:20:00","guid":{"rendered":"http:\/\/revuepolaire.com\/?p=88"},"modified":"2023-08-08T16:44:10","modified_gmt":"2023-08-08T14:44:10","slug":"pierre-seghers-toujours-a-la-une-des-actualites-eternelles","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/2007\/09\/28\/pierre-seghers-toujours-a-la-une-des-actualites-eternelles\/","title":{"rendered":"Pierre Seghers, toujours \u00e0 la une des \u00ab\u00a0actualit\u00e9s \u00e9ternelles\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"\n<p><em>O\u00f9 sont \u00e0 l\u2019heure actuelle les \u00e9diteurs comme Pierre Seghers, qui osaient encore publier de la po\u00e9sie lyrique et parier sur le vrai talent, qui n\u2019\u00e9taient pas des commer\u00e7ants ou des sacristains de chapelles&nbsp;?\u2026<br>O\u00f9 sont les financiers qui les soutiennent encore&nbsp;?<br>La belle \u00e9dition n\u2019est-elle pas perdue ou en voie de totale extinction au profit du seul profit et des jeux m\u00e9diatiques st\u00e9riles o\u00f9 l\u2019humain n\u2019a pas sa place&nbsp;?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><small>\u00ab&nbsp;La mode, c\u2019est ce qui se d\u00e9mode.&nbsp;\u00bb<br>Jean Cocteau<br>\u00ab&nbsp;Il faut \u00eatre absolument lyrique.&nbsp;\u00bb<br>Charles Baudelaire<\/small><\/p>\n\n\n\n<p>Pierre Seghers. Un homme. Un nom, mieux&nbsp;: \u00ab&nbsp;Un homme couvert de noms&nbsp;\u00bb pour emprunter le beau titre d\u2019un bel ouvrage, t\u00e9moignage de Colette, sa compagne de combat, son \u00e9pouse. Est-il bien vrai qu\u2019il est mort&nbsp;?<br>Deux images me restent vives.<br>D\u2019abord, celle du p\u00e8lerin de la po\u00e9sie, juste au tout d\u00e9but des ann\u00e9es quatre-vingt. Pierre portait bien son pr\u00e9nom&nbsp;: c\u2019\u00e9tait dans l\u2019\u00e2me un \u00ab&nbsp;Compagnon&nbsp;\u00bb, un b\u00e2tisseur, et il faisait son tour de France \u00e0 la recherche encore, et malgr\u00e9 l\u2019\u00e2ge qui venait, d\u2019autres \u00ab&nbsp;compagnons&nbsp;\u00bb, d\u2019\u00ab&nbsp;amis inconnus&nbsp;\u00bb sans rel\u00e2che. Il savait plus que tout qu\u2019on ne b\u00e2tit rien seul et qu\u2019avec une certaine foi dans le \u00ab&nbsp;Bien commun&nbsp;\u00bb, dans une \u00ab&nbsp;commune pr\u00e9sence&nbsp;\u00bb au monde \u2014 osons les mots&nbsp;: dans \u00ab\u00a0l\u2019id\u00e9al\u00a0\u00bb, dans des \u00ab\u00a0valeurs\u00a0\u00bb, \u2014 on l\u00e8ve des montagnes contre l\u2019indiff\u00e9rence, l\u2019\u00e9gocentrisme, la violence et la b\u00eatise, toutes meurtri\u00e8res \u00e0 terme&nbsp;: l\u2019Histoire l\u2019avait tellement prouv\u00e9&nbsp;! En homme de m\u00e9tier, de passion, en \u00ab&nbsp;artisan&nbsp;\u00bb (il tenait \u00e0 ce mot), comme un luthier et un charpentier de marine (la casquette flamande qu\u2019il portait y faisait penser), sa mati\u00e8re \u00e0 lui, c\u2019\u00e9tait le chant, le souffle&nbsp;; pour lui&nbsp;: l\u2019appel du large. \u00ab&nbsp;La musique souvent me prend comme une mer&nbsp;! \/ [\u2026] Vers ma p\u00e2le \u00e9toile [\u2026] \/, Je mets \u00e0 la voile\u2026&nbsp;\u00bb Un lyrique de haut bord, un long courrier de l\u2019Espoir&nbsp;: voil\u00e0 ce qu\u2019il \u00e9tait, voil\u00e0 v\u00e9ritablement ce qu\u2019il fut&nbsp;; et, c\u2019est bien l\u00e0 ce qu\u2019il demeure&nbsp;: le temps ne fait rien \u00e0 l\u2019affaire et ne peut pas le lui voler.<br>L\u2019autre image&nbsp;? Dans le bureau du 228 boulevard Raspail \u00e0 Paris, qui aura accueilli tant de po\u00e8tes connus ou inconnus \u2014 car chacun pour lui \u00e9tait digne d\u2019\u00eatre enr\u00f4l\u00e9 s\u2019il pouvait servir \u00e0 la cause, \u2014 en rayonnage, le long d\u2019un mur, toute la s\u00e9rie des \u00ab&nbsp;Po\u00e8tes d\u2019aujourd\u2019hui&nbsp;\u00bb comme une colonne de Brancusi en sommeil, comme un m\u00e2t pr\u00eat \u00e0 \u00eatre hiss\u00e9 pour \u00ab&nbsp;mettre \u00e0 la voile&nbsp;\u00bb, faire craquer tout l\u2019appartement, mettre la terre enti\u00e8re en branle, pour fixer un point vers l\u2019avenir, fixer un cap&nbsp;: il para\u00eet qu\u2019on appelle cela \u00ab&nbsp;une utopie&nbsp;\u00bb, mais sans utopie un avenir est-il possible&nbsp;? N\u2019a-t-il pas fallu r\u00eaver l\u2019horizon, le voilier qui en d\u00e9coula, dont il d\u00e9coula, pour qu\u2019ils existent tous deux&nbsp;? N\u2019en est-il pas de m\u00eame de fait pour tout ce qui est&nbsp;? Plus d\u2019utopie du tout, Messieurs&nbsp;? Quoi&nbsp;! plus le droit&nbsp;?\u2026 C\u2019est \u00ab\u00a0obsc\u00e8ne\u00a0\u00bb, c\u2019est \u00ab\u00a0dangereux\u00a0\u00bb, d\u00e9clarez-vous, p\u00e9remptoires&nbsp;? Ne vous semble-t-il pas que pour garder votre fond[s] de commerce sinistre et prosp\u00e8re d\u2019inquisiteurs patent\u00e9s, pour conserver le plus longtemps possible vos fonctions de censeurs et de contr\u00f4leurs des \u00ab\u00a0travaux finis\u00a0\u00bb, vous avez mis dans le m\u00eame bac les bonnes avec, nous vous l\u2019accordons, les pires&nbsp;? Pour les pires, Messieurs, pour les mettre au bac&nbsp;: nos grands Anciens comme Seghers ont-ils eu besoin de vous&nbsp;? \u00ab&nbsp;L\u2019Honneur des po\u00e8tes&nbsp;\u00bb a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9, et de beaucoup, les d\u00e9ductions d\u2019apothicaires et les pr\u00eaches ath\u00e9ologiques de tout poil qui s\u2019en sont suivis pendant pr\u00e8s de cinquante ann\u00e9es, \u00e0 l\u2019exclusion de tout le reste, ou presque.<br>Utopiste, Seghers&nbsp;? Il n\u2019\u00e9tait pas un optimiste mais un homme d\u2019esp\u00e9rance&nbsp;: il croyait en l\u2019homme, lui. Lucide, il savait comme Cocteau, son ami, que ce sont les coups port\u00e9s contre lui qui le sculptent, m\u00eame les plus bas. Dans l\u2019homme, Seghers croyait au \u00ab&nbsp;chant&nbsp;\u00bb, avant tout au chant, au \u00ab&nbsp;<em>Canto Jondo<\/em>&nbsp;\u00bb cach\u00e9 au plus profond de l\u2019\u00eatre&nbsp;: \u00e0 tous \u00e9gards, quintessence m\u00eame de son humanit\u00e9, sa source. Il savait que le chant, c\u2019est l\u2019\u00e2me, et qu\u2019il en faut une&nbsp;; elle n\u2019est pas \u00e0 vendre, \u00e0 brader jamais, \u00e0 l\u2019idiot esprit, pas plus qu\u2019\u00e0 une absurde et comique sentimentalit\u00e9 narcissique, pleurarde&nbsp;; car \u00ab&nbsp;la pens\u00e9e ne construit rien, le sentiment nous \u00e9puise&nbsp;\u00bb comme le dit sagement Rousselot, mais si \u00ab&nbsp;nous serrons les dents&nbsp;\u00bb parce que l\u2019Histoire ne nous laisse pas le choix \u2014 l\u2019Histoire, ou, pire&nbsp;: la post-historicit\u00e9 rampante et la post-modernit\u00e9 \u2014 il serait quand m\u00eame bon que ce soit pour quelque chose, et, tant qu\u2019\u00e0 faire, pour \u00ab&nbsp;accoucher&nbsp;\u00bb, accoucher d\u2019un autre moi, plus fraternel, plus solidaire avec autrui, inventeur d\u2019alt\u00e9rit\u00e9. Quel que soit le degr\u00e9 de pauvret\u00e9 auquel ils sont parvenus, certains, comme Job, sont encore capables d\u2019accoucher d\u2019un chant, lequel reste ce qu\u2019il y a de plus vivant en eux, parce qu\u2019ils savent que c\u2019est l\u00e0 la part la plus commune \u00e0 tous&nbsp;: celle qui vaut que l\u2019on se batte, celle dont naissent tous les partages, celle qui fait que l\u2019on est au monde&nbsp;; c\u2019\u00e9tait vrai au pass\u00e9, c\u2019est encore vrai au pr\u00e9sent, et ce sera vrai encore et toujours au futur.<br>\u00ab&nbsp;Qui chante son mal l\u2019enchante&nbsp;\u00bb avait dit le cher Aubanel apr\u00e8s le tr\u00e8s grand Du Bellay&nbsp;; Pierre \u2014 je dis&nbsp;: \u00ab&nbsp;Pierre&nbsp;\u00bb comme on dit \u00ab&nbsp;Vincent&nbsp;\u00bb \u2014 est toujours rest\u00e9 fid\u00e8le \u00e0 ce pr\u00e9cepte de vie et de mort, \u00e0 cette id\u00e9e de viatique et d\u2019espoir. Il savait qu\u2019on chantait encore parfois dans les prisons de Fresnes, ou d\u2019ailleurs, avant de repasser aux mains des bourreaux, que des r\u00e9sistants se r\u00e9citaient dans la nuit absolue du cachot des po\u00e8mes qui r\u00e9inventaient la lumi\u00e8re, qu\u2019elle brillait alors, malgr\u00e9 tout, malgr\u00e9 la mort s\u00fbre souvent, et qu\u2019elle rayonnait comme une \u00ab&nbsp;aube&nbsp;\u00bb. Il savait qu\u2019\u00e0 Auschwitz, que dans chaque camp des Pyr\u00e9n\u00e9es \u00e0 la Baltique&nbsp;: un chant plus pur que tout, plus fort, et \u00e0 jamais plus fort, que les \u00e9lucubrations soi-disant purificatrices de tous les totalitarismes, s\u2019\u00e9levait encore, et, lui, Seghers, avait d\u00e9cid\u00e9 de l\u2019entendre, de le faire entendre, se foutant pas mal de savoir si ce chant \u00e9tait acceptable et estampillable par certains universitaires \u00e0 col dur (tous ne sont pas ainsi bien s\u00fbr), se foutant pas mal de savoir si, selon eux, on pouvait ou non le taxer de na\u00efvet\u00e9, ce chant. Villon n\u2019\u00e9tait pas sorbonnard&nbsp;; \u00ab&nbsp;Les Sorbonnes sont [trop] bien pav\u00e9es&nbsp;\u00bb avait dit Pierre Emmanuel, pour qu\u2019y pousse le coquelicot, le chardon ou le bleuet.<br>Continuer \u00e0 esp\u00e9rer plong\u00e9 dans le malheur ou l\u2019horreur, ce n\u2019est pas de la na\u00efvet\u00e9, on appelle cela&nbsp;: le courage. Pierre n\u2019en manqua pas, jamais. Ceux dont il porta la parole, n\u2019en manqu\u00e8rent pas non plus&nbsp;: ils se ressemblaient&nbsp;; ils \u00e9taient ses fr\u00e8res\u2026 de combat comme lui. Ils sont nos a\u00een\u00e9s, notre m\u00e9moire, et nous aurions tort, grand tort, nous prendrions un risque fatal que de les oublier, que de ne plus vouloir les \u00e9couter en disant&nbsp;: \u00ab&nbsp;c\u2019est fini tout \u00e7a, c\u2019est pass\u00e9, c\u2019est pay\u00e9 [\u2014 mais par qui&nbsp;? \u2014], allons, du vent, n\u2019en parlons plus&nbsp;!&nbsp;\u00bb C\u2019est ainsi qu\u2019on r\u00e9veille les vents de L\u2019Histoire en se pr\u00e9parant des temp\u00eates \u00e0 venir, des orages d\u2019acier.<br>N\u00e9 du ventre de ceux de 14, il savait. r\u00e9sister, Pierre&nbsp;; il avait r\u00e9sist\u00e9. R\u00e9sistant, il avait \u00e9t\u00e9 l\u2019\u00e9diteur des po\u00e8tes de la R\u00e9sistance&nbsp;; r\u00e9sistant et po\u00e8te lui m\u00eame, il avait ajout\u00e9 sa voix parmi ces voix de l\u2019ombre qu\u2019il permit de faire venir au jour, au plein jour irr\u00e9sistible d\u2019une libert\u00e9 qui se levait, en d\u00e9pit des d\u00e9faitistes, ces premiers collaborateurs, car la voil\u00e0 \u00ab&nbsp;La France moisie&nbsp;\u00bb, elle n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 ailleurs. R\u00e9sister, c\u2019est toujours r\u00e9sister au nihilisme sous quelque forme que ce soit, mondaine ou pas, contre le d\u00e9sespoir commode, contre l\u2019ironie \u00e9c\u0153urante de tous ceux qui se croient vaincus sans se battre, oui, sans m\u00eame s\u2019\u00eatre battus, et qui ont le culot de rire de ceux qui osent r\u00e9sister malgr\u00e9 tout contre l\u2019abandon, contre l\u2019abandon au seul petit int\u00e9r\u00eat mercantile, au nombrilisme vaniteux et st\u00e9rile, \u00e0 l\u2019onanisme \u00ab\u00a0tendance\u00a0\u00bb, au loisir vain, \u00e0 la distraction pascalienne ou bien au seul profit cynique lequel sacrifie tout et tous pour \u00ab\u00a0triompher\u00a0\u00bb passag\u00e8rement en ne reculant devant rien.<br>Les faisceaux d\u2019int\u00e9r\u00eats constitu\u00e9s par les pontifes glac\u00e9s \u2014 ou ti\u00e8des, ceux l\u00e0 sans doute plus vils encore, \u2014 les petits r\u00e9seaux d\u2019int\u00e9r\u00eats priv\u00e9s, les chapelles c\u00e9l\u00e9brant le culte bon teint de la D\u00e9rision universelle impos\u00e9e depuis Auschwitz \u2014 car que peut-on \u00e9crire depuis Auschwitz, n\u2019est-ce pas, et, \u00e0 quoi, \u00e0 qui croire encore&nbsp;? \u2014 le faisaient gerber. Dans ses conf\u00e9rences, pardon ses \u00ab&nbsp;rencontres&nbsp;\u00bb avec le public, il fallait l\u2019entendre&nbsp;: il ne m\u00e2chait pas ses mots, le Compagnon, le R\u00e9sistant, l\u2019Artisan. Ils ne croient pas au chant&nbsp;? Tant pis pour eux&nbsp;! L\u2019\u00e9pop\u00e9e hom\u00e9rique, les <em>cantos<\/em> occitans, \u00ab&nbsp;les soupirs de la sainte et les cris de la f\u00e9e&nbsp;\u00bb, les chants des partisans d\u2019Espagne, d\u2019Italie, de France, du Chili, d\u2019Argentine\u2026 et\u2026 jusqu\u2019aux comptines de Desnos ou de Max Elskamp n\u2019en chanteront pas moins, sans eux&nbsp;! Ces chants, tous issus du profond, ce \u00ab&nbsp;<em>Canto Jondo<\/em>&nbsp;\u00bb permettra \u00e0 l\u2019homme d\u2019habiter ce monde malgr\u00e9 l\u2019horreur et la souffrance, de l\u2019habiter po\u00e9tiquement \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019H\u00f6lderlin, toujours. Ils ne croient plus au chant&nbsp;? Allons&nbsp;! C\u2019est donc que rien ne chante en eux. C\u2019est leur affaire, mais qu\u2019au moins ils n\u2019imposent pas leur d\u00e9sir totalitaire de silence abscons pour qu\u2019on y entende \u00e0 la place leurs palinodies grin\u00e7antes qui chantent malgr\u00e9 tout quoi qu\u2019ils veuillent comme les cha\u00eenes et les poulies des instruments des \u00ab&nbsp;Prisons&nbsp;\u00bb de Piran\u00e8se.<br>Le r\u00e9p\u00e9tera-t-on jamais assez par les temps qui courent \u2014 vers quoi&nbsp;? \u2014&nbsp;: les pontifes glac\u00e9s auto-recrut\u00e9s apr\u00e8s la guerre parmi les survivants de l\u2019arri\u00e8re, h\u00e9ritiers nantis de cette libert\u00e9 qu\u2019eux pourtant n\u2019avaient pas conquise avec leur sang ou avec leur combat, les pontifes glac\u00e9s des chapelles c\u00e9l\u00e9brant le culte bon teint de la d\u00e9rision universelle impos\u00e9e depuis Auschwitz o\u00f9 ils n\u2019\u00e9taient pas all\u00e9, l\u2019exasp\u00e9raient, le faisaient rire, car, Lui, Seghers savait en tant que po\u00e8te r\u00e9sistant, en tant qu\u2019\u00e9diteur r\u00e9sistant, que c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment au plein c\u0153ur du brouillard et de la nuit, de l\u2019horreur, que le \u00ab&nbsp;<em>Canto Jondo<\/em>&nbsp;\u00bb et que le \u00ab&nbsp;<em>poien<\/em>&nbsp;\u00bb de la po\u00e9sie renaissent plus forts comme derni\u00e8re et premi\u00e8re expression de la dignit\u00e9 humaine. Et c\u2019est la dignit\u00e9 humaine, Seghers, qui l\u2019int\u00e9ressait&nbsp;: la dignit\u00e9, celle qui appartient aux plus humbles, celle que l\u2019Histoire elle-m\u00eame ne peut pas, ne sait pas r\u00e9duire. Au service des plus humbles \u2014 pr\u00eater sa voix \u00e0 ceux qui n\u2019ont jamais et n\u2019auront jamais la parole&nbsp;!\u2026&nbsp;\u2014, c\u2019\u00e9tait l\u00e0 pour lui, c\u2019est bien l\u00e0, \u00ab&nbsp;l\u2019honneur des po\u00e8tes&nbsp;\u00bb. C\u2019\u00e9tait, l\u00e0, c\u2019est bien \u2014 car pourquoi les choses auraient-elles soudain chang\u00e9&nbsp;? \u2014 l\u2019\u00ab&nbsp;Actualit\u00e9 \u00e9ternelle&nbsp;\u00bb pour emprunter le mot \u00e0 son cher Max Jacob, mort le 5 mars 44 \u00e0 Drancy, Jacob, po\u00e8te assassin\u00e9.<br>Chanter&nbsp;? L\u2019un des plus grands lyriques fran\u00e7ais \u2014 \u00ab&nbsp;Je chante pour passer le temps, petit, qu\u2019il me reste de vivre [\u2026]&nbsp;\u00bb, \u2014 Aragon, ne s\u2019y est pas tromp\u00e9, lui, qui, croisant Seghers, son vieux complice, \u00e0 l\u2019enterrement d\u2019Elsa Triolet, laquelle n\u2019avait su remplacer, malgr\u00e9 son talent et sa vigilance attentionn\u00e9e voire despotique, la passionnante mais destructrice Nancy Cunard, lui confiait avec un sourire&nbsp;: \u00ab&nbsp;Sais-tu ce que j\u2019ai fait cette nuit, Pierre&nbsp;?\u2026 J\u2019ai relu ton <em>Piran\u00e8se<\/em> [\u2026].&nbsp;\u00bb<br>De quel droit les intellectuels dogmatiques et vaticinants (tous ne sont pas ainsi heureusement) retireraient-ils \u00e0 l\u2019homme le viatique et la consolation, le droit d\u2019au moins pousser \u2014 <em>Fortune, Infortune, Fortune<\/em> \u2014 un chant des morts&nbsp;? Un chant des morts cache toujours un chant de vie plus fort que celle qui a \u00e9t\u00e9 perdue, trahie, puisqu\u2019elle lui rend hommage, rend hommage \u00e0 l\u2019homme dans le cadre \u00e9troit de sa condition, et affirme tout haut une solidarit\u00e9 avec lui, comme on dit&nbsp;: \u00ab\u00a0\u00e0 la vie, \u00e0 la mort\u00a0\u00bb\u2026 \u00e0 la vie.<br>Aujourd\u2019hui, Seghers \u00ab\u00a0est mort\u00a0\u00bb et des hommes comme lui manquent avec leur bon sens, leur sinc\u00e9rit\u00e9 de plain-pied, cette humilit\u00e9 fraternelle qui fait dire, par exemple, avec Katheb Yacine qu\u2019\u00ab&nbsp;il suffit d\u2019\u00eatre solidaire pour ne plus \u00eatre solitaire&nbsp;\u00bb. O\u00f9 sont les b\u00e2tisseurs d\u2019aujourd\u2019hui&nbsp;? O\u00f9 sont les concepteurs des nouveaux Kibboutz d\u2019une fraternit\u00e9 qui ne se fasse pas aux d\u00e9pens d\u2019autrui sur des territoires occup\u00e9s. O\u00f9 est l\u2019\u00e2me&nbsp;? Cette \u00e2me n\u00e9cessaire pour que vive une g\u00e9n\u00e9ration \u00e0 laquelle on peut croire, m\u00eame ath\u00e9e, au-del\u00e0 de toute confession&nbsp;? La s\u00e9rie des \u00ab&nbsp;Po\u00e8tes d\u2019aujourd\u2019hui&nbsp;\u00bb, avec toutes ses entr\u00e9es dont certaines qui pariaient de mani\u00e8re militante et pour tout dire \u00e9chevel\u00e9e sur un avenir possible, serait-elle encore publi\u00e9e aujourd\u2019hui, \u00e0 l\u2019heure du \u00ab&nbsp;roman unique de la rentr\u00e9e&nbsp;\u00bb, \u00e0 l\u2019heure o\u00f9 de grands groupes financiers ont peu \u00e0 peu mang\u00e9 voire d\u00e9j\u00e0 dig\u00e9r\u00e9 l\u2019\u00e9dition fran\u00e7aise&nbsp;? Dans un monde pareil, camarades, o\u00f9 l\u2019on ne sait pas du tout, o\u00f9 l\u2019on ne voit pas du tout vers quoi l\u2019on se dirige, la r\u00e9\u00e9dition programm\u00e9e de <em>La R\u00e9sistance et ses po\u00e8tes<\/em> (initialement paru en 1974), l\u2019hommage qui sera bient\u00f4t rendu \u00e0 Pierre Seghers et \u00e0 la collection \u00ab&nbsp;Po\u00e8tes d\u2019aujourd\u2019hui&nbsp;\u00bb \u00e0 la Maison de la Po\u00e9sie, au Th\u00e9\u00e2tre Moli\u00e8re, \u00e0 Paris, dont Colette Seghers (de plein droit) est pr\u00e9sidente d\u2019honneur, est (sans chercher \u00e0 faire passer Seghers pour un quelconque \u00ab\u00a0Grand Timonier\u00a0\u00bb, un ma\u00eetre \u00e0 penser, mais bien plut\u00f4t \u00e0 se penser comme tous les \u00ab\u00a0grands\u00a0\u00bb) un \u00e9v\u00e9nement. Il nous parle, Pierre, de ce que Max Jacob \u2014 l\u2019ami Max \u2014 oui, appelait&nbsp;: \u00ab&nbsp;les actualit\u00e9s \u00e9ternelles&nbsp;\u00bb.<br>Il pose une question \u00e9ternelle, bien d\u2019\u00ab&nbsp;aujourd\u2019hui&nbsp;\u00bb, le po\u00e8te, l\u2019\u00e9diteur, le r\u00e9sistant&nbsp;:<br><br>\u2014&nbsp;Le lyrisme, \u00ab&nbsp;\u00c9ternel retour&nbsp;\u00bb&nbsp;?\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><small><strong>(Cet article est paru une premi\u00e8re fois en 2004 dans la revue <em>Lieux d\u2019\u00eatre<\/em>.)<\/strong><\/small><strong>*<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>PIERRE SEGHERS<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>AUTOMNE<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pour caresser l\u2019odeur des bois<br>Une main aux cent mille doigts<\/p>\n\n\n\n<p>Pour aller dans l\u2019enfance ancienne<br>Une main pour tenir la tienne<\/p>\n\n\n\n<p>T\u2019en souvient-il&nbsp;? Un grand ciel blanc<br>dans l\u2019\u00e9tang luisant et le vent<\/p>\n\n\n\n<p>passant sur un ch\u00e2teau d\u00e9truit<br>avec ses feuilles et sa pluie\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Sur la route du C\u0153ur-Volant<br>T\u2019en souvient-il&nbsp;? c\u2019\u00e9tait au temps<\/p>\n\n\n\n<p>des saisons, au temps des nuages<br>Nous \u00e9tions comme eux de passage<\/p>\n\n\n\n<p>Et si parfois tu sens sur toi<br>Comme aujourd\u2019hui, comme autrefois<\/p>\n\n\n\n<p>Une main aux cent mille doigts<br>Redis-toi toujours que c\u2019est moi.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Automne&nbsp;\u00bb, <em>Le C\u0153ur volant,<\/em> 1954, in <em>Le Temps des merveilles,<\/em> \u0152uvre po\u00e9tique, 1938-1978, 1978, Paris, \u00e9d. Seghers.<\/p>\n\n\n\n<p> <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>O\u00f9 sont \u00e0 l\u2019heure actuelle les \u00e9diteurs comme Pierre Seghers, qui osaient encore publier 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