{"id":940,"date":"2006-11-24T11:16:00","date_gmt":"2006-11-24T10:16:00","guid":{"rendered":"http:\/\/revuepolaire.com\/?p=940"},"modified":"2023-11-02T21:08:26","modified_gmt":"2023-11-02T20:08:26","slug":"croire-aux-lendemains-qui-font-chanter","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/2006\/11\/24\/croire-aux-lendemains-qui-font-chanter\/","title":{"rendered":"Croire aux lendemains qui font chanter&#8230;"},"content":{"rendered":"\n<p>\u00ab Le sommeil de la Raison produit des monstres. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Francisco Goya<\/p>\n\n\n\n<p>\u00e0 Roger-Marc, Olivier, Jean-Marc, Jean-Pierre, Christian, et Fabrice, mes amis suicid\u00e9s, victimes de mauvais ma\u00eetres, de \u00ab&nbsp;la trahison des clercs \u00bb et du dandysme postmoderne\u2026 \u00e0 mes chers amis, mes Grands A\u00een\u00e9s D\u00e9port\u00e9s, Lili, Robert et Andr\u00e9, Genia, Michelle, Jean, Jules et \u00c9mile, qui ont pris leur place \u00e0 mes c\u00f4t\u00e9s\u2026&nbsp;\u00e0 l&rsquo;avenir auquel nous croyons encore\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><em>Apr\u00e8s pr\u00e8s de cinq ann\u00e9es de compagnonnage et de dialogue amical avec d&rsquo;anciennes et d&rsquo;anciens D\u00e9port\u00e9s, je viens de terminer un livre intitul\u00e9&nbsp; <\/em>Petites Suites pour voix seule<a href=\"#_ftn1\" id=\"_ftnref1\">[1]<\/a> <em>qui cherche&nbsp; ma\u00efeutiquement par-del\u00e0 leurs r\u00e9cits \u00e0 rendre compte du message philosophique r\u00e9sultant de leur exp\u00e9rience mais \u00e9galement des \u00ab\u00a0croyances\u00a0\u00bb les ayant soutenus au fil des mois voire des ann\u00e9es lors de leur survie pourtant improbable au&nbsp; <\/em>Lager.A posteriori, <em>&nbsp;alors que la r\u00e9ception et le \u00ab\u00a0succ\u00e8s\u00a0\u00bb des <\/em>Bienveillantes<em> de l&rsquo;Am\u00e9ricain Jonathan Littell sur les march\u00e9s occidentaux du livre semblent brouiller la donne, r\u00e9v\u00e9ler, r\u00e9veiller un malaise profond<\/em> <em>, comment rendre compte d&rsquo;un tel projet ?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>DES ORIGINES DE LA CRISE DE LA PENS\u00c9E EN OCCIDENT<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Dieu est mort ! le ciel est vide\u2026 \/ Pleurez ! enfants, vous n&rsquo;avez plus de p\u00e8re<a href=\"#_ftn2\" id=\"_ftnref2\">[2]<\/a>&nbsp;!&nbsp;\u00bb C&rsquo;est l\u00e0 le constat, sans \u00e9tat d&rsquo;\u00e2me pour ce qui le concerne, que faisait le bon \u00ab&nbsp;Jean-Paul \u00bb&nbsp;\u2014 Jean-Paul Richter \u2014&nbsp;bien avant Nietzsche : d\u00e8s 1790 !\u2026 Cons\u00e9cutif au progr\u00e8s des Sciences, \u00e0 la r\u00e9volution industrielle commenc\u00e9e en Angleterre d\u00e8s 1750, install\u00e9e dans les mentalit\u00e9s et dans les pratiques \u00e9conomiques d\u00e8s 1775, se r\u00e9pand en Europe un mouvement litt\u00e9raire et artistique globalement en r\u00e9action contre le ph\u00e9nom\u00e8ne du progr\u00e8s et ses cons\u00e9quences dans le domaine spirituel et celui des mentalit\u00e9s : on le nomme, on le sait, le romantisme. Le romantisme est la d\u00e9ploration du monde \u00e0 jamais perdu de la croyance en Dieu, du recours aux mythes, aux l\u00e9gendes, \u00e0 la f\u00e9erie\u2026&nbsp;en un mot : \u00e0 l&rsquo;enchantement<a href=\"#_ftn3\" id=\"_ftnref3\">[3]<\/a>. La modernit\u00e9 est v\u00e9cue comme \u00ab&nbsp;la chute \u00bb dans un univers d\u00e9senchant\u00e9 ; c&rsquo;est le d\u00e9but de ce qu&rsquo;on va appeler \u00ab&nbsp;le d\u00e9senchantement du monde<a href=\"#_ftn4\" id=\"_ftnref4\">[4]<\/a> \u00bb. Le romantisme \u2014&nbsp;mis \u00e0 part le romantisme social<a href=\"#_ftn5\" id=\"_ftnref5\">[5]<\/a> qui sauve au mieux sa dynamique,&nbsp;\u2014c&rsquo;est l&rsquo;esp\u00e9rance nostalgique et r\u00e9actionnaire d&rsquo;un retour \u00e0 cet ordre ancien du monde&nbsp;; cela consiste \u00e0 ressasser \u2014&nbsp;ressassement le plus souvent st\u00e9rile \u2014 sous diverses formes, sur le mode de la variation musicale : \u00ab&nbsp;Ils reviendront, ces Dieux que tu pleures toujours&nbsp;! \/ Le temps va ramener l&rsquo;ordre des anciens jours [\u2026]<a href=\"#_ftn6\" id=\"_ftnref6\">[6]<\/a>. \u00bb Depuis, pour d&rsquo;aucuns la certitude est arr\u00eat\u00e9e :<\/p>\n\n\n\n<p>Le monde va finir. La seule raison pour laquelle il pourrait durer, c&rsquo;est qu&rsquo;il existe. Que cette raison est faible, compar\u00e9e \u00e0 toutes celles qui annoncent le contraire, particuli\u00e8rement \u00e0 celle-ci : qu&rsquo;est-ce que le monde a d\u00e9sormais \u00e0 faire sous le ciel ? \u2014&nbsp;Car, en supposant qu&rsquo;il continu\u00e2t \u00e0 exister mat\u00e9riellement, serait-ce une existence digne de ce nom et du dictionnaire historique ? [\u2026]&nbsp;Nouvel exemple et nouvelles victimes des inexorables lois morales, nous p\u00e9rirons par o\u00f9 nous avons cru vivre. La m\u00e9canique nous aura tellement am\u00e9ricanis\u00e9s, le progr\u00e8s aura si bien atrophi\u00e9 en nous toute la partie spirituelle, que rien parmi les r\u00eaveries sanguinaires, sacril\u00e8ges ou anti-naturelles des utopistes ne pourra \u00eatre compar\u00e9 \u00e0 ses r\u00e9sultats positifs. Je demande \u00e0 tout homme qui pense de me montrer ce qui subsiste de la vie. De la religion, je crois inutile d&rsquo;en parler et d&rsquo;en chercher les restes, puisque se donner la peine de nier Dieu est le seul scandale en pareilles mati\u00e8res.&nbsp;[\u2026] \/ L&rsquo;imagination humaine peut concevoir, sans trop de peine, des r\u00e9publiques ou autres \u00e9tats communautaires, dignes de quelque gloire, s&rsquo;ils sont dirig\u00e9s par des hommes sacr\u00e9s, par de certains aristocrates<a href=\"#_ftn7\" id=\"_ftnref7\">[7]<\/a>. Mais ce n&rsquo;est pas particuli\u00e8rement par des institutions politiques que se manifestera la ruine universelle, ou le progr\u00e8s universel ; car peu m&rsquo;importe le nom. Ce sera par l&rsquo;avilissement des c\u0153urs. Ai-je besoin de dire que le peu qui restera de politique se d\u00e9battra p\u00e9niblement dans les \u00e9treintes de l&rsquo;animalit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale, et que les gouvernants seront forc\u00e9s, pour se maintenir et pour cr\u00e9er un fant\u00f4me d&rsquo;ordre, de recourir \u00e0 des moyens qui feraient frissonner notre humanit\u00e9 actuelle pourtant si endurcie ? [\u2026]&nbsp;Alors, ce qui ressemblera \u00e0 la vertu, \u2014&nbsp;que dis-je, \u2014&nbsp;tout ce qui ne sera pas l&rsquo;ardeur vers Plutus sera r\u00e9put\u00e9 un immense ridicule. La justice, si \u00e0 cette \u00e9poque fortun\u00e9e, il peut encore exister une justice, fera interdire les citoyens qui ne sauront pas faire fortune. [\u2026]&nbsp;Et toi-m\u00eame, \u00f4 Bourgeois, \u2014&nbsp;moins po\u00ebte encore que tu n&rsquo;es aujourd&rsquo;hui, \u2014&nbsp;tu n&rsquo;y trouveras rien \u00e0 redire ; tu ne regretteras rien. Car il y a des choses dans l&rsquo;homme, qui se fortifient et prosp\u00e8rent \u00e0 mesure que d&rsquo;autres se d\u00e9licatisent et s&rsquo;amoindrissent, et, gr\u00e2ce au progr\u00e8s de ces temps, il ne te restera de tes entrailles que des visc\u00e8res ! \u2014&nbsp;Ces temps sont peut-\u00eatre bien proches ; qui sait m\u00eame s&rsquo;ils ne sont pas venus, et si l&rsquo;\u00e9paississement de notre nature n&rsquo;est pas le seul obstacle qui nous emp\u00eache d&rsquo;appr\u00e9cier le milieu dans lequel nous respirons<a href=\"#_ftn8\" id=\"_ftnref8\">[8]<\/a> !<\/p>\n\n\n\n<p>Quel est l&rsquo;auteur de cette fulgurante proph\u00e9tie ? Jean-Fran\u00e7ois Lyotard ? Jacques Derrida ?\u2026 Quelqu&rsquo;autre de leurs \u00e9pigones postmodernes fanatiques et besogneux qui pulullent, comme au ciel dans la nuit brasillent ou scintillent les astres morts ?\u2026 Pourrait-on h\u00e9siter longtemps ? Si le constat d\u00e9sabus\u00e9 \u2014&nbsp;et ironique ? \u2014 sur la modernit\u00e9 est le m\u00eame, cela sent trop la nostalgie des temps qui l&rsquo;ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e pour qu&rsquo;ils la signent. C&rsquo;est en fait de Charles Baudelaire, et cela date sans doute de fin d\u00e9cembre 1861 ou du d\u00e9but de l&rsquo;ann\u00e9e 1862. D\u00e8s alors, il semble \u2014&nbsp;bien avant Marcuse<a href=\"#_ftn9\" id=\"_ftnref9\">[9]<\/a> et Debord<a href=\"#_ftn10\" id=\"_ftnref10\">[10]<\/a>, \u2014 tout \u00e9tait dit. En mati\u00e8re de destin, rien n&rsquo;est \u00e9crit d&rsquo;avance pourtant, sauf si l&rsquo;on d\u00e9nie par principe et d&rsquo;avance toute r\u00e9demption possible, tout r\u00e9veil, tout sursaut de l&rsquo;\u00eatre. Si Baudelaire, jamais coup\u00e9 des perspectives jud\u00e9o-chr\u00e9tiennes qui constituent sa r\u00e9f\u00e9rence obsessionnelle, conclut : \u00ab&nbsp;en r\u00e9alit\u00e9 le satanisme a gagn\u00e9<a href=\"#_ftn11\" id=\"_ftnref11\">[11]<\/a> \u00bb \u2014&nbsp;bien qu&rsquo;il continue de croire encore, de croire malgr\u00e9 tout, bien avant Bergson<a href=\"#_ftn12\" id=\"_ftnref12\">[12]<\/a> et \u00e0 l&rsquo;imitation du Pascal des \u00ab&nbsp;deux infinis<a href=\"#_ftn13\" id=\"_ftnref13\">[13]<\/a> \u00bb, \u00e0 \u00ab&nbsp;La Reine des facult\u00e9s<a href=\"#_ftn14\" id=\"_ftnref14\">[14]<\/a> \u00bb, l&rsquo;imagination, pour lui seule r\u00e9demptrice possible pour l&rsquo;homme, \u2014&nbsp;c&rsquo;est qu&rsquo;il pr\u00e9voit d\u00e9j\u00e0&nbsp; le rire de la d\u00e9rision postmoderne qui ne saurait que venir saluer de mani\u00e8re dandy, aristocratique au pire sens du terme, toute l&rsquo;\u00e9tendue du d\u00e9sastre de la civilisation occidentale sur le mode du \u00ab Apr\u00e8s moi le d\u00e9luge&nbsp;!&nbsp;\u00bb, devise secr\u00e8te de Louis XV comme chacun sait\u2026&nbsp;c&rsquo;est qu&rsquo;il entrevoit cette pose qui consistera \u00e0 tourner tout \u00e9lan vers l&rsquo;id\u00e9alisme en ridicule, et \u00e0 faire de l&rsquo;\u00ab&nbsp;aquoibonisme \u00bb une pseudo \u00e9thique qui saura se parer de tous les sophismes pour se faire adorer, pour briller\u2026 Pr\u00e9voyant proph\u00e9tiquement ce rire-l\u00e0, s&#8217;emparant du rire comme objet philosophique (l\u00e0-encore bien avant Bergson<a href=\"#_ftn15\" id=\"_ftnref15\">[15]<\/a>), Baudelaire, le maudissant, jette sur lui, par-del\u00e0 le temps, son anath\u00e8me : \u00ab le rire humain est intiment li\u00e9 \u00e0 l&rsquo;accident d&rsquo;une chute ancienne, d&rsquo;une d\u00e9gradation physique et morale. [\u2026] le comique est un \u00e9l\u00e9ment damnable et d&rsquo;origine diabolique, [\u2026] un des plus clairs signes sataniques de l&rsquo;homme et l&rsquo;un des nombreux p\u00e9pins contenus dans la pomme symbolique [\u2026]<a href=\"#_ftn16\" id=\"_ftnref16\">[16]<\/a>. \u00bb Pour choisir son camp, sans la moindre \u00e9quivoque, par avance il fustige, par avance il \u00ab&nbsp;fouette<a href=\"#_ftn17\" id=\"_ftnref17\">[17]<\/a> \u00bb les ricanants : \u00ab&nbsp;<em>Le Sage ne rit qu&rsquo;en tremblant<\/em>&nbsp; [\u2026]<a href=\"#_ftn18\" id=\"_ftnref18\">[18]<\/a>. \u00bb Messieurs les postmodernes, Baudelaire en personne vous condamne, du fond du pass\u00e9, de la mort ou du n\u00e9ant\u2026 de l&rsquo;Enfer ou du Purgatoire\u2026&nbsp;du Paradis, qui sait ?\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><strong>DEUX IMPOSTURES QUI OCCULTENT TOUT HORIZON<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Posthistoricit\u00e9<a href=\"#_ftn19\" id=\"_ftnref19\">[19]<\/a> et postmodernit\u00e9 : deux impostures qui laissent \u00e0 entendre, qui laissent \u00e0 \u00ab\u00a0penser\u00a0\u00bb, qu&rsquo;il n&rsquo;y a plus rien \u00e0 esp\u00e9rer, qu&rsquo;il n&rsquo;est plus de \u00ab\u00a0jeunesse\u00a0\u00bb possible en Europe et en Occident, que le monde occidental a rendu toute \u00e2me avec Auschwitz, et, bien s\u00fbr, Hiroshima\u2026 Dans un monde o\u00f9 la mort de Dieu, la mort de l&rsquo;Art, la mort de l&rsquo;homme, et la mort de la Mort en somme puisqu&rsquo;elle semble ne plus pouvoir offrir aucune esp\u00e8ce d&rsquo;au-del\u00e0, semblent avoir \u00e9t\u00e9 ent\u00e9rin\u00e9es de longue date par les chapelles intellectuelles bon-chic bon-genre qui se font les gardiennes du cimeti\u00e8re depuis plus de quarante ans, des voix s&rsquo;\u00e9l\u00e8vent encore \u2014 contre toute attente \u2014 qui parlent de la solidarit\u00e9 qui combat la solitude, du courage qui d\u00e9fie la haine et la peur, de dignit\u00e9 et de grandeur, d&rsquo;\u00ab amour \u00bb pour risquer le mot interdit, le mot obsc\u00e8ne entre tous : ce sont celles des derni\u00e8res et des derniers D\u00e9port\u00e9s. Seulement voil\u00e0, \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 \u2014 pour emprunter la m\u00e9taphore \u00e0 la mythologie catholique \u2014 au Christ on pr\u00e9f\u00e8re une fois encore Barabas\u2026 \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 \u2014&nbsp;et le dernier prix Goncourt attribu\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Am\u00e9ricain Jonathan Littell le r\u00e9v\u00e8le si besoin \u00e9tait \u2014 on pr\u00e9f\u00e8re \u00e9couter les bourreaux, m\u00eame fantasm\u00e9s de la mani\u00e8re la plus voyeuriste et la plus obsc\u00e8ne qui soit, plut\u00f4t que de pr\u00eater une oreille m\u00eame inattentive aux victimes les plus r\u00e9elles\u2026 qui les \u00e9coute encore, les D\u00e9port\u00e9s ?\u2026 Derniers d\u00e9tenteurs d&rsquo;un sacr\u00e9 pluri-confessionnel sans lequel aucune construction d\u00e9mocratique ou \u00e9thique n&rsquo;est possible, leur message est pourtant d&rsquo;une \u00e9tonnante modernit\u00e9 : il s&rsquo;inscrit et il nous inscrit au c\u0153ur de l&rsquo;Histoire \u00e0 venir, de ce qui nous attend, nous guette\u2026 il nous projette dans ces temps proches o\u00f9 il va nous falloir pour survivre reconstruire de l&rsquo;\u00e9thique, une \u00e9thique viable et carrossable, reconstruire des routes, des voies nouvelles, pr\u00e9f\u00e9rer par souci de survie, de vie conviviale, civique et d\u00e9mocratique, b\u00e2tir des ponts plut\u00f4t que de b\u00e2tir des chapelles. Digne \u00e9l\u00e8ve de Jean Cavaill\u00e8s<a href=\"#_ftn20\" id=\"_ftnref20\">[20]<\/a>, R\u00e9sistant de la premi\u00e8re heure comme lui, l&rsquo;excellent et discret Jean-Toussaint Desanti qui fuyait les interviews et se gardait bien de toute m\u00e9diatisation sans objet, juste apr\u00e8s le 11 septembre 2001 a \u00e9prouv\u00e9, se sentant proche de sa fin<a href=\"#_ftn21\" id=\"_ftnref21\">[21]<\/a>, le besoin de confier \u00e0 son ami Roger-Pol Droit dans un livre d&rsquo;entretiens<a href=\"#_ftn22\" id=\"_ftnref22\">[22]<\/a> \u2014&nbsp;comme s&rsquo;il nous livrait-l\u00e0 son testament sous forme de proph\u00e9tie \u2014 une pr\u00e9vision laconique : il est vraisemblable que les horreurs du XXe&nbsp;si\u00e8cle nous appara\u00eetront comme une joyeuse kermesse compar\u00e9es \u00e0 celles qui nous attendent au XXIe&nbsp;si\u00e8cle. \u00c9coutons, dans ces conditions, ces \u00ab voix ch\u00e8res \u00bb qui ne sont pas encore tues, et qui nous mettent en garde, ces voix qui nous indiquent en leur \u00e2me et conscience, avec tout leur corps d\u00e9fendant, toute leur \u00e2me et leur exp\u00e9rience, quelle direction est \u00e0 suivre. Si la Sagesse, Ath\u00e9na, na\u00eet arm\u00e9e et casqu\u00e9e de la t\u00eate de Zeus lorsque ce dernier re\u00e7oit le coup de hache qui \u2014&nbsp;en principe \u2014&nbsp;devait immanquablement le tuer et dont il survit, il en est rarement de m\u00eame pour l&rsquo;homme lorsque le Destin l&rsquo;accable, lorsque le Destin entend l&rsquo;\u00e9duquer \u00e0 coups de cataclysmes, sauf si, comme pour Zeus, le Destin le touche dans sa propre chair, dans sa chair intime et profond\u00e9ment ; parce que l&rsquo;homme raisonne d&rsquo;abord \u00e0 partir de sa propre peau comme le constatait Michel de Montaigne. Un cataclysme, les Anciens en ont connu un il y a un peu plus de soixante ann\u00e9es. Le 11 septembre 2001 en est un autre. Du cataclysme de la Seconde Guerre Mondiale et de la Shoah, les Anciens ont tir\u00e9 toutes les cons\u00e9quences utiles pour assurer leur survie. Leurs associations de D\u00e9port\u00e9es et de D\u00e9port\u00e9s, d&rsquo;ob\u00e9diences diverses, bien vivantes et bien actives, sont encore l\u00e0 pour en t\u00e9moigner ; mais nous, depuis le retour de l&rsquo;Histoire, son retour impromptu, fracassant : sommes-nous arm\u00e9s, avons-nous appris quelque chose&nbsp;?\u2026 Sommes-nous r\u00e9veill\u00e9s seulement ? Quand l&rsquo;Histoire s&rsquo;inscrit au c\u0153ur d&rsquo;un corps, elle inscrit ce corps au c\u0153ur de l&rsquo;Histoire, et, ce corps, alors, devient eucharistique pour tous les membres d&rsquo;une nation ; partageable entre tous sur l&rsquo;autel sacr\u00e9 des m\u00e9moires, il l&rsquo;incarne \u00e0 lui seul, il en fait l&rsquo;union et la transcendance : il la sauve. \u00ab Aux Grands Hommes \u00bb, \u00e0 ceux qui se sont sacrifi\u00e9s comme aux victimes innocentes, une \u00ab Nation \u00bb se devrait toujours d&rsquo;\u00eatre \u00ab&nbsp;Reconnaissante \u00bb. \u00c0 chaque nation, chaque civilisation, pour qu&rsquo;elles soient debout et unies, pour qu&rsquo;elles aient une dynamique, il faut au moins le sacr\u00e9 la\u00efc d&rsquo;un Panth\u00e9on<a href=\"#_ftn23\" id=\"_ftnref23\">[23]<\/a>. L&rsquo;existence d&rsquo;un seul Jean Moulin lave la honte d&rsquo;au moins dix millions de l\u00e2ches et d&rsquo;un million de collaborateurs actifs : il suffit d&rsquo;une poign\u00e9e d&rsquo;hommes debout pour porter ou sauver l&rsquo;honneur d&rsquo;une nation. Un seul Leclerc fait d&rsquo;une arm\u00e9e de \u00ab&nbsp;clochards<a href=\"#_ftn24\" id=\"_ftnref24\">[24]<\/a>&nbsp;\u00bb \u2014&nbsp;pour reprendre l&rsquo;expression de Malraux \u2014 une arm\u00e9e de h\u00e9ros vainqueurs. L&rsquo;<em>aura<\/em>&nbsp; d&rsquo;un seul \u00ab&nbsp;Grand Homme \u00bb au sens o\u00f9 l&rsquo;entend le Panth\u00e9on, donne de la lumi\u00e8re \u00e0 des millions d&rsquo;hommes pour plusieurs g\u00e9n\u00e9rations. Nos D\u00e9port\u00e9es, nos D\u00e9port\u00e9s, sont autant de Jean Moulins et de Leclercs modestes et anonymes qui rayonnent encore autour d&rsquo;eux, surtout aupr\u00e8s de la jeunesse, des adolescents, des plus jeunes qu&rsquo;ils peuvent encore marquer \u00e0 vie, influencer durablement dans la conduite de leur pens\u00e9e et de leur vie. Pour jouer d\u00fbment les Leporellos et les Sganarelles jusqu&rsquo;au terme de la com\u00e9die, du drame \u2014&nbsp;\u00ab le monde entier [n&rsquo;]est[-il pas] un th\u00e9\u00e2tre<a href=\"#_ftn25\" id=\"_ftnref25\">[25]<\/a> \u00bb o\u00f9 chacun doit jouer d\u00fbment sa partie&nbsp;?&nbsp;\u2014 devant nos Dom Juans au libertinage postmoderne si satisfaits d&rsquo;eux-m\u00eames, qui ont rang\u00e9 les Dieux, les mythologies, les \u00ab Grands Hommes \u00bb et tous les r\u00e9cits au placard, dans l&rsquo;enfer de leurs biblioth\u00e8ques, d\u00e9fiant pour obtenir une r\u00e9ponse tangible enfin \u00e0 leur angoisse refoul\u00e9e tout ce qu&rsquo;il y avait de sacr\u00e9, tout ce qu&rsquo;il y avait encore de sacr\u00e9 en Occident, avec le plus solide bon sens, je continue la tirade\u2026&nbsp;et je prolonge le tir : \u2014&nbsp;Sans Dieu ou principe sup\u00e9rieur all\u00e9goris\u00e9, Messieurs les postmodernes, il n&rsquo;y a plus de saints et il n&rsquo;y a plus de h\u00e9ros (mais cela vous ne le savez que trop bien) ; sans h\u00e9ros et sans saints, il n&rsquo;y a plus de \u00ab\u00a0religion\u00a0\u00bb, du latin \u00ab&nbsp;<em>religere<\/em>&nbsp; \u00bb : relier&nbsp;; sans \u00ab\u00a0religion\u00a0\u00bb, il n&rsquo;y a plus de liens, de lien social ; sans lien social, il n&rsquo;y a plus de nation possible ; et sans nations possibles enfin il n&rsquo;y a plus de civilisation. Parce que la mondialisation \u00e9vacue l&rsquo;id\u00e9e de nation et par l\u00e0 m\u00eame celle des \u00ab&nbsp;Grands Hommes \u00bb, elle instaure les conditions de la d\u00e9liquescence de l&rsquo;Occident ou celles de l&rsquo;\u00e9mergence de la pire forme de totalitarisme qui ait jamais exist\u00e9 : celle d&rsquo;un capitalisme sauvage aux t\u00eates invisibles donc inattaquables, d&rsquo;un grand corps social mou \u00e0 jamais d\u00e9sormais sans \u00ab&nbsp;\u00e2mes \u00bb, sans \u00ab grandes \u00e2mes \u00bb, sans \u00ab belles \u00e2mes \u00bb pour le contrarier\u2026 et le guider ! s&rsquo;il est vrai que \u00ab tout grand [homme] est comme un second gouvernement dans son pays<a href=\"#_ftn26\" id=\"_ftnref26\">[26]<\/a> \u00bb. Une question : la pens\u00e9e postmoderne est-elle encore \u00e0 m\u00eame de faire encore illusion longtemps, de faire mine de r\u00e9soudre les probl\u00e8mes \u00e9thiques nouveaux les plus concrets : les probl\u00e8mes du ch\u00f4mage dans la vieille Europe, les probl\u00e8mes de l&rsquo;affrontement Orient-Occident en cours, et, ceux n\u00e9s de la mondialisation ? Il est permis d&rsquo;en douter. Les impostures t\u00f4t ou tard finissent par se r\u00e9v\u00e9ler surtout lorsqu&rsquo;elles rencontrent l&rsquo;Histoire. Le temps des amusements de salon est sans doute pass\u00e9. La postmodernit\u00e9 \u00e9tait une \u00ab\u00a0id\u00e9e\u00a0\u00bb de temps de paix, une pens\u00e9e de nantis. En face de l&rsquo;Occident&nbsp; capitaliste a-religieux, sans \u00ab \u00e2mes \u00bb ayant droit de cit\u00e9 encore pour \u00ab\u00a0le sauver\u00a0\u00bb, il y a des arm\u00e9es de fanatiques, reli\u00e9s par la religion qu&rsquo;ils ont de ceux qu&rsquo;ils consid\u00e8rent comme leurs saints, leurs h\u00e9ros (eux en ont !) et comme leurs martyrs, et, qui, \u00e0 leur exemple, sont \u2014&nbsp;sinon chacun, du moins, disciples de la cause, de plus en plus nombreux&nbsp;\u2014&nbsp;pr\u00eats \u00e0 mourir, puisque pour eux la vie dans \u00ab\u00a0l&rsquo;ici-bas\u00a0\u00bb ne compte pour rien<a href=\"#_ftn27\" id=\"_ftnref27\">[27]<\/a>. Apr\u00e8s un cataclysme, \u00ab&nbsp;d\u00e9construire \u00bb c&rsquo;est bien ; mais, \u00e0 terme, il faut reconstruire&nbsp;: c&rsquo;est mieux ! Il serait peut-\u00eatre temps de s&rsquo;y mettre, et pour ce faire d&rsquo;unir nos efforts, tous : Juifs, Musulmans, Chr\u00e9tiens, Communistes, Franc-ma\u00e7ons, Ath\u00e9es\u2026 partisans de \u00ab\u00a0droite\u00a0\u00bb ou de \u00ab\u00a0gauche\u00a0\u00bb, mod\u00e9r\u00e9s comme radicaux\u2026 tous sinc\u00e8res, tous solidaires\u2026&nbsp;tous \u00e9gaux dans un m\u00eame \u00e9lan civique, un m\u00eame r\u00e9flexe de survie : ceux qui croient au ciel, comme ceux qui n&rsquo;y croient pas<a href=\"#_ftn28\" id=\"_ftnref28\">[28]<\/a>. \u2014 Utopie ? \u2014 Non. Les combats de la R\u00e9sistance et de la France Libre l&rsquo;ont prouv\u00e9 : l&rsquo;\u00ab&nbsp;union sacr\u00e9e<a href=\"#_ftn29\" id=\"_ftnref29\">[29]<\/a> \u00bb qui fait la force, celle qui se cr\u00e9e au-dessus des partis, des factions, des confessions et des id\u00e9ologies, s&rsquo;est plusieurs fois r\u00e9alis\u00e9e pour le meilleur (m\u00eame en prenant souvent le risque du pire) ; \u00ab&nbsp;le sang, la sueur et les larmes \u00bb, la peur, les risques, l&rsquo;engagement jusqu&rsquo;au sacrifice ont \u00e9t\u00e9 partag\u00e9s fraternellement pour l&rsquo;honneur, pour la dignit\u00e9, un id\u00e9al commun de \u00ab&nbsp;Libert\u00e9&nbsp;\u00bb. Les perspectives pour qu&rsquo;il y ait encore un avenir sont simples : o\u00f9 nous retrouverons ce sens de l&rsquo;unit\u00e9, de l&rsquo;\u00ab&nbsp;union sacr\u00e9e \u00bb, o\u00f9 les temps du pire reviendront\u2026&nbsp;ne nous leurrons pas une seconde ; Desanti me para\u00eet des plus justes : quand les \u00e9lites elles-m\u00eames sont infect\u00e9es par le totalitarisme de quelque fond ou de quelque bord qu&rsquo;il soit, la guerre peut \u00e9clater n&rsquo;importe o\u00f9 et n&rsquo;importe quand. Si l&rsquo;affrontement Orient-Occident avec le 11 septembre 2001 a atteint l&rsquo;un de ses sommets, il semble qu&rsquo;il s&rsquo;en profile d&rsquo;autres, et nous serions na\u00effs de croire que nous avons vu dans le 11 septembre le point culminant du conflit Orient-Occident, lequel constitue depuis bient\u00f4t vingt ans \u00e0 pr\u00e9sent le nouvel axe<a href=\"#_ftn30\" id=\"_ftnref30\">[30]<\/a> crucial pour un \u00ab\u00a0\u00e9quilibre\u00a0\u00bb mondial. Bien loin des dandysmes nihilistes mondains coup\u00e9s de toute r\u00e9alit\u00e9 et des fonds de commerce intellectuels qui fonctionnent \u00e0 trop bon compte en mettant tout id\u00e9alisme et tout espoir au rebut ou au mieux en soldes, nos grands Anciens, ayant pay\u00e9 de leur personne et \u00e9tant de droit inscrits dans l&rsquo;Histoire, esp\u00e8rent encore : ils attendent la jeunesse \u00e0 venir qui devra se battre comme eux pour survivre et pour b\u00e2tir de nouvelles solidarit\u00e9s autour de nouvelles croyances qui laisseront leur chance \u00e0 l&rsquo;homme, auront \u00e0 nouveau foi dans l&rsquo;homme, contre les nouvelles formes \u2014&nbsp;plus pernicieuses encore que celles de jadis \u00e0 les entendre \u2014 de l&rsquo;exploitation de l&rsquo;homme par l&rsquo;homme, de la violence et de l&rsquo;ostracisme, du racisme et du totalitarisme. Nos d\u00e9port\u00e9[e]s seraient-ils les derniers porteurs du \u00ab\u00a0sacr\u00e9\u00a0\u00bb \u2014&nbsp;d&rsquo;un sacr\u00e9 la\u00efc et universel \u2014&nbsp;en Occident ? On peut raisonnablement le penser. Leur message ?\u2026 Ne plus croire aux \u00ab lendemains qui chantent \u00bb, soi&nbsp;!\u2026&nbsp;Croire aux lendemains qui font et qui feront chanter.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>R\u00c9SISTER, CE N&rsquo;EST PAS POSSIBLE SANS ESP\u00c9RANCE<\/strong><strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 C&rsquo;est le combat de l&rsquo;Ombre et de la Lumi\u00e8re\u2026 disait Victor Hugo mourant. Sur son lit d&rsquo;agonie, Goethe r\u00e9clamait, lui, soudain, ou constatait qu&rsquo;il voyait \u2014&nbsp;nul n&rsquo;a pu le d\u00e9terminer \u2014 : \u00ab&nbsp;<em>mehr Licht !\u2026<\/em> \u00bb, \u00ab plus de Lumi\u00e8re !\u2026&nbsp;\u00bb Parmi les ultimes mots d\u00e9pos\u00e9s par Hugo sur une feuille de papier, il y a ceux-ci, lanc\u00e9s \u00e0 la face des Si\u00e8cles et des Nations, que la simplicit\u00e9, l&rsquo;archa\u00efsme \u00ab\u00a0religieux\u00a0\u00bb cherchant \u00e0 relier les hommes entre eux au sens le plus large du terme, rend \u00e0 jamais d\u00e9finitifs : \u00ab Aimer, c&rsquo;est agir. \u00bb Peut-on r\u00eaver \u00ab\u00a0programme\u00a0\u00bb plus beau ? Peut-on r\u00eaver \u00ab\u00a0r\u00eave\u00a0\u00bb plus beau ? Peut-on vivre sans r\u00eaver, sans id\u00e9al ?\u2026 Les postmodernes feignent d&rsquo;y croire. Nos D\u00e9port\u00e9s n&rsquo;y croient pas. Les D\u00e9port\u00e9es, les D\u00e9port\u00e9s, qu&rsquo;ils soient raciaux ou politiques, chacune, chacun, reviennent de la \u00ab&nbsp;Nuit \u00bb, sans fin ; la \u00ab Nuit \u00bb, ils en r\u00eavent encore chaque nuit, mais pour mieux penser \u00ab\u00a0la Lumi\u00e8re\u00a0\u00bb. Ils repensent sans cesse \u00e0 tous ceux qu&rsquo;ils laiss\u00e8rent \u00ab\u00a0l\u00e0-bas\u00a0\u00bb, et, chaque nuit, ils les entendent. Qu&rsquo;est-ce donc que ces voix leur disent ? \u2014&nbsp;\u00ab Ne nous oubliez pas, Camarades\u2026 \u00c9coutez, \u00e9coutez encore\u2026 \u00e9coutez, \u00e9coutez nos cris, plus encore notre silence\u2026 Puisque la \u00ab\u00a0Nuit\u00a0\u00bb seule \u00e9claire, puisque la nuit seule est claire\u2026&nbsp;: \u00e9coutez le sanglot des Anges, lui seul \u00e9claire la nuit. \u00bb Si nous ne pouvons pas entendre, nous (les g\u00e9n\u00e9rations qui suivirent), entendre ce qu&rsquo;ils entendent chaque nuit, ce qu&rsquo;ils entendent de \u00ab\u00a0l\u00e0-bas\u00a0\u00bb encore si distinctement de l&rsquo;en de\u00e7\u00e0 toujours si proche, il nous faut \u00e9couter, nous, \u00e9couter encore la parole des survivants, des rescap\u00e9s du pire. Pourquoi ? Pour \u00e9viter le pire, qui, \u00e0 les en croire, peut revenir, pourrait revenir sans conteste, et nous concerne autant qu&rsquo;eux. En le disant, en le r\u00e9p\u00e9tant inlassablement, ils ne \u00ab\u00a0radotent\u00a0\u00bb pas, ils ne jouent pas pour autant non plus les Cassandres. Non. Ils pensent \u00e0 nous : ils sont nos p\u00e8res, nos m\u00e8res, et s&rsquo;inqui\u00e8tent pour notre avenir. Chacune et chacun d&rsquo;entre eux se reconna\u00eetrait sans nul doute dans l&rsquo;affirmation testament de Jean-Toussaint Desanti : \u00ab&nbsp;Tout ce que j&rsquo;ai tir\u00e9 de ma vie, tout ce que la soci\u00e9t\u00e9 m&rsquo;a laiss\u00e9 comme id\u00e9es sur elle, ce sont des inqui\u00e9tudes<a href=\"#_ftn31\" id=\"_ftnref31\">[31]<\/a>. Je reste pourtant optimiste en ceci que j&rsquo;ai confiance en la capacit\u00e9 de r\u00e9volte des hommes et je tiens pour a-humain tout ce qui s&#8217;emploie \u00e0 tuer cette r\u00e9volte qui est simplement le d\u00e9sir de vivre<a href=\"#_ftn32\" id=\"_ftnref32\">[32]<\/a>. \u00bb On ne conna\u00eet bien que ce dont on manque. On ne conna\u00eet bien que ce dont a manqu\u00e9, que ce dont on craint d&rsquo;\u00eatre un jour priv\u00e9, priv\u00e9 encore. C&rsquo;est ainsi en revenant de la Mort que l&rsquo;on conna\u00eet le mieux la vie, sans doute\u2026 Vivre, vivre encore, donc aimer encore\u2026 : voil\u00e0 leur mot d&rsquo;ordre, et ils ne comptent plus en changer. S&rsquo;\u00ab il faut r\u00e9inventer l&rsquo;amour \u00bb comme le&nbsp;r\u00eavait Arthur Rimbaud pour qu&rsquo;enfin les choses un jour changent, pour enfin \u00ab&nbsp;changer la vie \u00bb \u2014&nbsp;Rimbaud avait ainsi raison pour eux mille fois plut\u00f4t qu&rsquo;une d&rsquo;en formuler le souhait, le souhait conjoint, le double souhait \u2014 dans la parole des survivants, ce qu&rsquo;on entend au sujet du monde d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est sans nul doute d&rsquo;abord ceci : il faut r\u00e9inventer l&rsquo;espoir ! L&rsquo;amour ? L&rsquo;amour entre les hommes, suivra.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L&rsquo;ESPOIR COMME PREMIER DES \u00ab DROITS DE L&rsquo;HOMME \u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ce qu&rsquo;il y de frappant lorsqu&rsquo;ils le confient, c&rsquo;est que leur t\u00e9moignage revendique et proclame avant toute chose le premier des \u00ab&nbsp;Droits de l&rsquo;homme \u00bb que tout le monde semble avoir oubli\u00e9 depuis quelques temps\u2026 : le droit de croire en des valeurs de solidarit\u00e9 et de d\u00e9passement, celui d&rsquo;esp\u00e9rer, celui de r\u00e9sister. R\u00e9sister, certes, c&rsquo;est dire \u00ab&nbsp;non<a href=\"#_ftn33\" id=\"_ftnref33\">[33]<\/a> \u00bb \u2014&nbsp;ainsi que l&rsquo;affirmait Camus, \u2014 mais c&rsquo;est avant tout \u00ab esp\u00e9rer \u00bb, croire en des lendemains meilleurs qui font et qui feront chanter. La premi\u00e8re forme de la r\u00e9sistance, c&rsquo;est l&rsquo;esp\u00e9rance, qu&rsquo;il faudrait faire inscrire parmi \u00ab les Droits de l&rsquo;homme \u00bb. Il n&rsquo;est pas de pays, ni de civilisation sans espoir. Aucune r\u00e9sistance n&rsquo;est possible sans esp\u00e9rance. Pour r\u00e9sister, il faut esp\u00e9rer ; et pour esp\u00e9rer, il faut croire, croire en quelqu&rsquo;un, en quelque chose. Cela rel\u00e8ve du plus solide bon sens pratique, n\u00e9 de l&rsquo;exp\u00e9rience, en l&rsquo;occurrence ici de l&rsquo;exp\u00e9rience la plus tragique \u00e0 quoi l&rsquo;humanit\u00e9 dans l&rsquo;Histoire a pu \u00eatre confront\u00e9e. Croire ? Est-ce \u00e0 dire croire en Dieu, croire en un Dieu pour certains, croire en des valeurs politiques et civiques pour d&rsquo;autres ?\u2026&nbsp;Si vous voulez\u2026&nbsp;mais l&rsquo;homme est pour nos D\u00e9port\u00e9s vraiment la mesure de toute chose<a href=\"#_ftn34\" id=\"_ftnref34\">[34]<\/a>, la mesure qu&rsquo;ils connaissent le mieux, dont ils connaissent tout le prix\u2026 un prix \u00e0 la mesure de sa fragilit\u00e9&nbsp;; il est vraiment le point de rencontre universel, non confessionnel, de tous leurs points de vue, de leurs esp\u00e9rances, de leurs souvenirs du <em>Lager <\/em>&nbsp;; ainsi, lorsqu&rsquo;ils parlent d&rsquo;\u00ab&nbsp;esp\u00e9rance&nbsp;\u00bb, ce qu&rsquo;ils veulent dire, c&rsquo;est qu&rsquo;il faut croire en l&rsquo;homme, en l&rsquo;homme d&rsquo;abord, pour que l&rsquo;avenir, qu&rsquo;un \u00ab \u00e0 venir \u00bb se rouvre\u2026&nbsp;assez grand pour qu&rsquo;on y passe pour le plus grand nombre d&rsquo;entre nous et que patiemment d\u00e8s lors en l&rsquo;humanisant on le cultive et le b\u00e2tisse pour en faire la \u00ab&nbsp;Cit\u00e9 \u00bb future. Esp\u00e9rer, c&rsquo;est d&rsquo;abord esp\u00e9rer en l&rsquo;homme, consid\u00e9rer que s&rsquo;il ne na\u00eet pas humain, il le devient<a href=\"#_ftn35\" id=\"_ftnref35\">[35]<\/a>. Esp\u00e9rer, c&rsquo;est croire non seulement qu&rsquo;il peut, qu&rsquo;il peut encore, qu&rsquo;il peut toujours, mais qu&rsquo;il doit \u00ab\u00a0monter en humanit\u00e9\u00a0\u00bb. Et, \u00e0 cet \u00e9gard, les \u00ab\u00a0h\u00e9ros\u00a0\u00bb ne sont pas souvent ceux qu&rsquo;on croit. Dans l&rsquo;\u00e9chelle de l&rsquo;humanit\u00e9, si on prend le parti de monter, ce qui compte ce sont les \u00e9chelons que l&rsquo;on a \u00e9t\u00e9 capable de gravir et non pas la hauteur \u00e0 laquelle on est arriv\u00e9 aux yeux des autres, aux yeux du monde ; ce qui compte, c&rsquo;est de progresser. R\u00e9inventer un humanisme sur la base d&rsquo;un optimisme tragique, pragmatique : inventer un au-del\u00e0, une transcendance si l&rsquo;on veut \u00e0 l&#8217;empirisme, \u00e0 l&rsquo;exp\u00e9rience, f\u00fbt-elle, comme celle qu&rsquo;ils ont v\u00e9cue dans leur chair et leur \u00e2me, la plus tragique : voil\u00e0 bien leur nouveau combat. Cr\u00e9er cet humanisme ? Comment ?\u2026 Croire en l&rsquo;homme, c&rsquo;est d&rsquo;abord \u00eatre \u00ab&nbsp;solidaire \u00bb et d\u00e9couvrir tout en l&rsquo;\u00e9tant \u2014 comme le disaient si bien de concert le Pied-noir Albert Camus et l&rsquo;Alg\u00e9rien Kateb Yacine \u2014 que celui qui est \u00ab&nbsp;solidaire \u00bb n&rsquo;est \u00e0 jamais plus \u00ab&nbsp;solitaire<a href=\"#_ftn36\" id=\"_ftnref36\">[36]<\/a> \u00bb, qu&rsquo;il suffit d&rsquo;\u00eatre solidaire pour ne plus \u00eatre solitaire. Redisons-le, puisque c&rsquo;est l\u00e0 leur aspiration cardinale, leur aspiration, leur inspiration<a href=\"#_ftn37\" id=\"_ftnref37\">[37]<\/a> : croire en l&rsquo;homme, c&rsquo;est oser penser qu&rsquo;il peut-\u00eatre perfectible. Une conspiration du vide s&#8217;employant depuis quarante ans \u00e0 r\u00e9duire toute trace d&rsquo;esprit humaniste en Occident, pressentant la fin de cette h\u00e9g\u00e9monie, sentant bien qu&rsquo;infailliblement il va se faire des mouvements, une r\u00e9action pour enfin passer \u00e0 autre chose de plus \u00ab\u00a0productif\u00a0\u00bb et de plus dynamisant, de plus \u00ab f\u00e9d\u00e9rateur \u00bb, ne faut-il pas se lever, n&rsquo;est-il pas temps ?\u2026 N&rsquo;est-il pas temps, peut-\u00eatre encore, de retrousser les manches de notre pens\u00e9e et de se mettre \u00e0 l&rsquo;\u0153uvre en inventant de nouvelles solidarit\u00e9s ?\u2026 Au \u00ab je pense donc je suis \u00bb qui une fois encore n&rsquo;a pas fait ses preuves, r\u00e9essayons le \u00ab&nbsp;je sens donc je suis \u00bb des pr\u00e9romantiques, pour r\u00e9pondre \u00e0 l&rsquo;exigence qu&rsquo;avait H\u00f6lderlin d&rsquo;\u00ab&nbsp;habiter le monde po\u00e9tiquement \u00bb ; m\u00eame dans \u00ab des temps de d\u00e9tresse \u00bb, devenons \u00ab surromantiques<a href=\"#_ftn38\" id=\"_ftnref38\">[38]<\/a> \u00bb ainsi que Ren\u00e9 Guy Cadou, proph\u00e9tique sans doute lui aussi comme Desanti, y invitait d\u00e8s le milieu des ann\u00e9es quarante. Croire aux lendemains qui font et qui feront chanter. Sans doute face aux p\u00e9rils qui guettent n&rsquo;est-il plus qu&rsquo;un seul mot d&rsquo;ordre : \u00ab&nbsp;Aux \u00e2mes, citoyens&nbsp;!\u2026 \u00bb Et libre aux cr\u00e9tins intellectuels (sortis de la cuisse de Jupiter<a href=\"#_ftn39\" id=\"_ftnref39\">[39]<\/a> \u2014&nbsp;h\u00e9las ! pas de son cr\u00e2ne fendu \u2014) qui n&rsquo;\u00e9coutent que leur \u00ab Raison \u00bb dont il font un \u00ab&nbsp;\u00catre supr\u00eame \u00bb pour mieux jouer les Robespierres ou les Saint-Justs sans plus croire pour autant \u00e0 la R\u00e9volution \u2014 un comble&nbsp;! \u2014, en oubliant que l&rsquo;intelligence humaine est trinitaire (raison, c\u0153ur, sens), de traiter de cr\u00e9tins \u00ab\u00a0poujadistes\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0populistes\u00a0\u00bb ceux qui y r\u00e9pondront avec c\u0153ur (en toute innocence, oui, oh ! oui !), avec toute l&rsquo;intelligence de leurs sens et de leur raison.&nbsp;&nbsp; Les jours mauvais sont revenus et il va nous falloir beaucoup de c\u0153ur, beaucoup de coffre et de c\u0153ur au ventre pour r\u00e9inventer \u00ab&nbsp;l&rsquo;aube&nbsp;\u00bb \u2014&nbsp;m\u00eame si le soleil se l\u00e8ve \u00e0 l&rsquo;Est encore\u2026 semble se lever \u2014 pour encore donner un sens \u00e0 cet amalgame de cellules \u00e9ph\u00e9m\u00e8res, d&rsquo;\u00e9lectrons et de noyaux d&rsquo;atomes n\u00e9s dans les \u00e9toiles, qu&rsquo;on nomme un corps, pour donner un sens \u00e0 cet amalgame de corps qu&rsquo;on nomme une nation, pour donner un sens \u00e0 cet amalgame de nations qu&rsquo;on nomme une civilisation. Pour gagner des batailles, il va nous falloir d&rsquo;autres banni\u00e8res que celles des transnationales, d&rsquo;autres fanions de ralliement que ceux de partis politiques exsangues qui n&rsquo;ont d&rsquo;autre projet que de se maintenir au pouvoir ou que d&rsquo;y acc\u00e9der, simplement pour y \u00eatre \u00e0 nouveau ou y \u00eatre enfin.&nbsp;Et il faudrait \u00eatre le dernier des na\u00effs pour penser que nous sommes encore en temps de paix. La guerre ne s&rsquo;est simplement pas encore totalement \u00ab r\u00e9v\u00e9l\u00e9e \u00bb comme disait Giraudoux en 37 dans <em>\u00c9lectre,<\/em> comme il l&rsquo;\u00e9crivait \u00e0 l&rsquo;occasion de l&rsquo;Exposition Universelle \u2014&nbsp;c&rsquo;\u00e9tait bien choisi ! \u2014 pour annoncer qu&rsquo;on allait bient\u00f4t quitter le train-train, \u00e0 nouveau quitter le repos de la posthistoricit\u00e9. R\u00e9p\u00e9tons-le : quand les \u00e9lites elles-m\u00eames sont infect\u00e9es par le totalitarisme de quelque bord qu&rsquo;ils soit, pr\u00eates \u00e0 mourir n&rsquo;importe o\u00f9 et n&rsquo;importe quand, la guerre peut se \u00ab&nbsp;r\u00e9v\u00e9ler \u00bb, peut \u00e9clater, n&rsquo;importe quand et n&rsquo;importe o\u00f9, et, quoi qu&rsquo;il advienne, quoi qu&rsquo;on fasse, se r\u00e9v\u00e9lera quelque jour, dans toute sa violence. On ne pourra pas la contenir \u2014 ne nous leurrons pas, \u2014 ind\u00e9finiment. Nous sommes assis sur une poudri\u00e8re tant en Orient qu&rsquo;en Occident : d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 des extr\u00e9mistes exalt\u00e9s, candidats suicides \u00e0 la saintet\u00e9 du martyre pour entrer au paradis d&rsquo;Allah\u2026&nbsp;de l&rsquo;autre de jeunes dipl\u00f4m\u00e9s qui, de plus en plus, ne trouvent pas d&#8217;emploi ou au moins un emploi \u00e0 salaire \u00ab\u00a0d\u00e9cent<a href=\"#_ftn40\" id=\"_ftnref40\">[40]<\/a>\u00ab\u00a0, ne trouvent plus dans les \u00e9tudes m\u00eame longues le sauf-conduit qui \u00e9tait cens\u00e9 leur permettre de rentrer dans la soci\u00e9t\u00e9 de consommation, alors qu&rsquo;une mafia d\u00e9magogue de menteurs le leur avait promis \u00e0 coups de discours \u00e9lectoraux\u2026 Qu&rsquo;ont toujours faits les politiciens \u00e0 vis\u00e9es expansionnistes\u2026 qu&rsquo;ont toujours fait les politiciens sans projet social r\u00e9el, pour sauvegarder leur pouvoir, pour recr\u00e9er \u00ab\u00a0une unit\u00e9\u00a0\u00bb, pour relancer l&rsquo;\u00e9conomie, quand leurs mensonges ne passaient plus et que le peuple et les \u00e9lites inemploy\u00e9s commen\u00e7aient \u00e0 exiger des r\u00e9ponses, des r\u00e9ponses pr\u00e9cises et des comptes&nbsp;?\u2026 Ils ont invent\u00e9 des boucs \u00e9missaires et ont eu recours \u00e0 la guerre. Vieille recette connue : regardons l&rsquo;Afrique. Dans la vieille Europe, \u00e0 l&rsquo;exception de l&rsquo;Europe de l&rsquo;Est<a href=\"#_ftn41\" id=\"_ftnref41\">[41]<\/a>, soixante ans qu&rsquo;ils n&rsquo;y ont pas recouru. De toute fa\u00e7on, il est vraisemblable qu&rsquo;avec l&rsquo;Orient dans l&rsquo;impasse, qu&rsquo;avec l&rsquo;Orient des terroristes \u00e9galement qui trouve un terrain d&rsquo;expansion eu Europe et aux Am\u00e9riques, un jour ou l&rsquo;autre, ils n&rsquo;auront plus d&rsquo;autre choix. Pour r\u00e9sister, il faut croire en quelque chose, esp\u00e9rer\u2026 : croire aux lendemains qui font chanter. Est-ce la le\u00e7on des D\u00e9port\u00e9s ? Oui. On m&rsquo;objectera que Primo Levi ainsi que d&rsquo;autres D\u00e9port\u00e9[e]s se sont suicid\u00e9s suite \u00e0 leur d\u00e9portation, mais une question s&rsquo;impose&nbsp;: l&rsquo;ont-ils fait parce qu&rsquo;ils n&rsquo;avaient pas recouvr\u00e9 leur humanit\u00e9 ou l&rsquo;ont-ils fait parce qu&rsquo;ils constataient que \u2014&nbsp;dans la soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9cadente, d\u00e9solante, dans laquelle nous vivons&nbsp;depuis l&rsquo;instauration dans les milieux intellectuels officiels de la dictature postmoderne, \u2014 cette humanit\u00e9 si ch\u00e8rement pay\u00e9e, si ch\u00e8rement sauv\u00e9e par eux, \u00e9tait ni\u00e9e par l&rsquo;iconoclasme du postmodernisme, \u00e9tait \u00ab\u00a0morte\u00a0\u00bb au m\u00eame titre que le civisme, que la \u00ab <em>virtu <\/em>&nbsp;\u00bb, que l&rsquo;homme, que la litt\u00e9rature, que l&rsquo;Art, que Dieu\u2026 bref, s&rsquo;av\u00e9rait \u00eatre dans la Babel postmoderne sans valeur et non partageable ? Pour ma part, je n&rsquo;h\u00e9site pas un instant s&rsquo;il faut fournir une r\u00e9ponse : Primo Levi ne s&rsquo;est pas suicid\u00e9, c&rsquo;est la m\u00e9diocrit\u00e9 et l&rsquo;intellectualisme nihiliste \u00ab\u00a0petit bourgeois\u00a0\u00bb de son temps qui l&rsquo;ont tu\u00e9. Ainsi en est-il de m\u00eame pour ses camarades qui dans le suicide l&rsquo;ont suivi : ils se sont sentis \u00ab\u00a0l\u00e2ch\u00e9s\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>LA D\u00c9R\u00c9ALIT\u00c9 POSTMODERNE<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Depuis 1968 et sa \u00ab\u00a0r\u00e9volutionnette\u00a0\u00bb de nantis en France, depuis 1968 qui vit une vraie R\u00e9volution \u00e0 Prague \u2014&nbsp;la chute du mur de Berlin et la d\u00e9sagr\u00e9gation du Bloc sovi\u00e9tique n&rsquo;ayant pas arrang\u00e9 les choses comme certains avaient pu l&rsquo;envisager au d\u00e9part,\u2014 nous errons entre la damnation que constitue la d\u00e9r\u00e9alisation n\u00e9e de \u00ab La Soci\u00e9t\u00e9 du spectacle \u00bb paradoxalement parall\u00e8le \u00e0 la surmat\u00e9rialisation n\u00e9e de la soci\u00e9t\u00e9 de consommation, et cette \u00ab&nbsp;damnation<a href=\"#_ftn42\" id=\"_ftnref42\">[42]<\/a> \u00bb que constitue la th\u00e9orisation nihiliste postmoderne a-humaniste, a-th\u00e9ologique, a-transcendante, a-humaine. Avec la pens\u00e9e postmoderne telle qu&rsquo;elle s&rsquo;est impos\u00e9e et s&rsquo;impose encore, on arrive au paradoxe d&rsquo;une pens\u00e9e \u00e9litiste, une pens\u00e9e de dandys et d&rsquo;aristocrates, qui cependant va exactement dans le sens de la \u00ab&nbsp;soci\u00e9t\u00e9 du spectacle \u00bb et de la \u00ab soci\u00e9t\u00e9 de consommation \u00bb \u2014&nbsp;que soi disant ils d\u00e9noncent\u2026\u2014 dans ce qu&rsquo;elles ont de plus vulgaire : \u00ab&nbsp;apr\u00e8s eux le d\u00e9luge<a href=\"#_ftn43\" id=\"_ftnref43\">[43]<\/a>&nbsp;!&nbsp;\u00bb ; et il est assez piquant de constater que les postmodernes, m\u00e9prisant l&rsquo;universit\u00e9 fran\u00e7aise qui ne paie pas et rel\u00e8ve encore du sacerdoce r\u00e9publicain, sont all\u00e9s installer leurs bases aux U.S.A. dans les universit\u00e9s am\u00e9ricaines que l&rsquo;on sait faites pour \u00e9tudiants riches ou surendett\u00e9s, bref en plein c\u0153ur du capitalisme, autrement nomm\u00e9 \u00ab&nbsp;r\u00eave am\u00e9ricain \u00bb. Car le postmodernisme, qui, comme tous les \u00ab syst\u00e8mes \u00bb, selon le mot de Baudelaire, est une \u00ab&nbsp;damnation \u00bb, ne s&rsquo;est pas accord\u00e9 sur un autre plan que celui-l\u00e0&nbsp;\u00ab&nbsp;le Droit de se contredire<a href=\"#_ftn44\" id=\"_ftnref44\">[44]<\/a> \u00bb. Il a omis \u2014&nbsp;comme c&rsquo;est dommage !&nbsp;\u2014 de se l&rsquo;accorder \u00e9galement, j&rsquo;entends, sur celui des id\u00e9es : il n&rsquo;a jamais pris ce risque cependant combien honn\u00eate et qui est pourtant la condition et la preuve m\u00eame du g\u00e9nie : \u00ab&nbsp;<em>Muss es sein ? Es muss sein&nbsp;!<\/em>&nbsp; \u00bb comme disait Beethoven\u2026 car la v\u00e9rit\u00e9 ne peut exister sans contenir la force qui la nie<a href=\"#_ftn45\" id=\"_ftnref45\">[45]<\/a> ainsi que le constatait H\u00e9raclite\u2026 Refusant toute forme de d\u00e9bat r\u00e9el sur ces questions fondamentales, en singeant nonobstant le d\u00e9bat d\u00e9mocratique comme si nous \u00e9tions encore dans une \u00ab&nbsp;A.G<a href=\"#_ftn46\" id=\"_ftnref46\">[46]<\/a>.&nbsp;\u00bb de 68, le postmodernisme offre une th\u00e9orie sans nuance, monolithique donc totalitaire, et, dans la pratique de l&rsquo;enseignement et de sa diffusion telle qu&rsquo;il est pratiqu\u00e9 par ses \u00e9pigones<a href=\"#_ftn47\" id=\"_ftnref47\">[47]<\/a>, le plus souvent inquisitorial. Qu&rsquo;on veuille bien y r\u00e9fl\u00e9chir et l&rsquo;on se rendra compte que la pens\u00e9e postmoderne avec son pessimisme extr\u00e9miste et sans r\u00e9demption ne correspond ni plus ni moins qu&rsquo;au retour du jans\u00e9nisme, sous la forme d&rsquo;un jans\u00e9nisme plus radical encore : un jans\u00e9nisme ath\u00e9e. Chez leur champion en \u00e9criture, le postmoderne Pascal Quignard \u2014 influenc\u00e9 par son pr\u00e9nom ? Allez savoir ! \u2014&nbsp;la r\u00e9f\u00e9rence est au reste explicite et revendiqu\u00e9e : relisez-le ! Les chapelles du postmodernisme, c&rsquo;est ni plus ni moins Port-Royal. Port-Royal des champs (des campus) ayant d\u00e9sormais ses quartiers dans certaines grandes universit\u00e9s chics chapeaut\u00e9es par eux aux \u00c9tats-Unis. Les D\u00e9port\u00e9[e]s, eux, qui n&rsquo;ont de chapelle que leur propre corps, tabernacle du souvenir, nous r\u00e9inscrivent au c\u0153ur du corps et inscrivent ce corps au c\u0153ur de l&rsquo;Histoire. Ils nous invitent \u00e0 passer du corps de la victime, du corps supplici\u00e9 involontaire qui fut le leur, \u00e0 celui volontaire de corps solidaire du corps social<a href=\"#_ftn48\" id=\"_ftnref48\">[48]<\/a>. Ils entendent qu&rsquo;il se consid\u00e8re ontologiquement comme un morceau du corps social agissant dans l&rsquo;Histoire, mu par l&rsquo;\u00e9nergie de l&rsquo;id\u00e9al de la \u00ab<em>virtu&nbsp;<\/em>\u00bb tel que l&rsquo;envisageaient les Latins. Ils veulent qu&rsquo;il cherche inlassablement&nbsp; et courageusement \u00e0 s&rsquo;inscrire dans le pr\u00e9sent et dans l&rsquo;avenir : ce pass\u00e9 futur, ce futur pass\u00e9 qui provisionnera tout pr\u00e9sent, pour le bien commun, dans l&rsquo;int\u00e9r\u00eat premier de la communaut\u00e9 des hommes. Ils veulent assurer en un mot la survie de leur h\u00e9ritage. Le conseil donn\u00e9, le mot d&rsquo;ordre fix\u00e9 par les Anciens est clair : il convient de quitter au plus vite les ectoplasmes narcissiques de la postmodernit\u00e9 pour se r\u00e9incarner dans l&rsquo;Histoire, et il faut choisir de le faire volontairement au lieu d&rsquo;\u00eatre contraint de le faire un jour \u00e0 son corps d\u00e9fendant comme eux\u2026&nbsp;m\u00eame s&rsquo;il faut&nbsp; ajouter de suite que la r\u00e9flexion m\u00e9taphysique qu&rsquo;ils ont men\u00e9e avec leur peau et leur carcasse, qu&rsquo;elle leur ait \u00e9t\u00e9 impos\u00e9e ou non, ils l&rsquo;incarnent pour jamais. Elle leur appartient. Ils la veulent, eux, eucharistique et partageable : \u00ab Prenez et mangez, ceci est mon corps\u2026&nbsp;Prenez et buvez, ceci est mon sang. \u00bb Excusez la m\u00e9taphore, car nul n&rsquo;est besoin d&rsquo;\u00eatre chr\u00e9tien ou \u00ab&nbsp;croyant \u00bb au sens ancien pour s&rsquo;y r\u00e9f\u00e9rer et y croire. Se r\u00e9incarner dans nos corps, se r\u00e9incarner dans l&rsquo;Histoire, dans une modernit\u00e9 en marche et au c\u0153ur de la Cit\u00e9, parce qu&rsquo;on se sent solidaire de ses contemporains et que l&rsquo;avenir est \u00e0 cr\u00e9er, \u00e0 cr\u00e9er ensemble, il conviendrait de le faire afin que leur exp\u00e9rience, leur sacrifice ou leur martyre, au moins n&rsquo;aient pas servi \u00e0 rien.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>CORPS D\u00c9R\u00c9ALIS\u00c9 OU CORPS EUCHARISTIQUE : \u00c0 CHACUN DE FAIRE SON CHOIX<\/strong><strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Dans \u00ab&nbsp;la soci\u00e9t\u00e9 du spectacle \u00bb qui est la n\u00f4tre en Occident \u2014&nbsp;et qu&rsquo;avait pr\u00e9vue bien avant Debord le po\u00e8te St\u00e9phane Mallarm\u00e9 nous annon\u00e7ant que le monde futur serait un gigantesque \u00ab Barnum<a href=\"#_ftn49\" id=\"_ftnref49\">[49]<\/a> \u00bb, en quoi il ne s&rsquo;est pas tromp\u00e9 \u2014&nbsp;les images de la Shoah correspondent confus\u00e9ment pour la plupart au retour de la condition humaine que la structure sociale et culturelle <em>a minima<\/em>&nbsp; nous invite et nous contraint m\u00eame \u00e0 refouler. La d\u00e9r\u00e9alisation, la vision virtuelle de toute r\u00e9alit\u00e9 est telle dans les esprits\u2026&nbsp;on en est arriv\u00e9 \u00e0 un tel point\u2026&nbsp;qu&rsquo;on en vient \u00e0 occulter la victime par le bourreau, le pr\u00e9f\u00e9rant \u00e0 la victime qu&rsquo;on trouve sans sel et sans <em>aura <\/em>\u2014&nbsp;comme nous l&rsquo;a r\u00e9cemment prouv\u00e9 l&rsquo;accueil hyst\u00e9rique r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 l&rsquo;ouvrage de M. Littell.&nbsp; \u2014&nbsp;On m&rsquo;objectera sans doute que le soixanti\u00e8me anniversaire de la lib\u00e9ration des camps et la profusion d&rsquo;\u00e9missions qui a fleuri alors sur le \u00ab PAF \u00bb comme sur le paysage audio-visuel europ\u00e9en a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 un int\u00e9r\u00eat de masse du grand public pour la Shoah ainsi que pour l&rsquo;aventure indicible (non cernable), innommable (non exorcisable) de la D\u00e9portation. Mais peut-on raisonnablement l&rsquo;affirmer&nbsp;? L&rsquo;objection vaut-elle vraiment ? Le record de vente de l&rsquo;ouvrage de M. Jonathan Littell, <em>Les Bienveillantes,<\/em> \u00e9rig\u00e9 au niveau de ph\u00e9nom\u00e8ne de soci\u00e9t\u00e9 viendrait logiquement l&rsquo;infirmer. Il n&rsquo;est pas impossible que dans le cadre de plus en plus \u00e9troit de notre Occident d\u00e9cadent, dans l&rsquo;inconscient collectif de l&rsquo;\u00e9poque contemporaine, la fascination pour les camps et pour la Shoah tienne sans doute en tr\u00e8s grande partie au fait que dans un monde o\u00f9 la mort, la faiblesse des corps, leur d\u00e9gradation in\u00e9luctable, les images de leur d\u00e9gradation sont partout refoul\u00e9es par le jeunisme et l&rsquo;image iconifi\u00e9e d&rsquo;un corps id\u00e9al tel que l&rsquo;imposent \u00e0 l&rsquo;adoration de <em>\u00ab\u00a0l&rsquo;homo-m\u00e9diaticus\u00a0\u00bb<\/em>&nbsp; \u00ab la soci\u00e9t\u00e9 du spectacle \u00bb, le <em>Lager<\/em>&nbsp; impose au rebours l&rsquo;image et la r\u00e9alit\u00e9 du corps et de la condition humaine dans toute leur crudit\u00e9. \u00c0 l&rsquo;ic\u00f4ne du corps id\u00e9al, \u00e0 ce corps id\u00e9al m\u00e9diatique destin\u00e9 \u00e0 occulter toute r\u00e9alit\u00e9 du corps, des corps r\u00e9els\u2026 \u00e0 ce corps substitut du sacr\u00e9 civique ou mystique, \u00e9videmment d\u00e9r\u00e9alis\u00e9 puisqu&rsquo;\u00e9tant suppos\u00e9 \u00eatre \u00ab\u00a0transcendant\u00a0\u00bb, ne pouvant \u00eatre \u00e9videmment dans l&rsquo;ici et le maintenant : chaque ann\u00e9e, des centaines de jeunes anorexiques se sacrifient en l&rsquo;honneur de son mirage, de son apparition constante sur son autel m\u00e9diatique d\u00e9multipli\u00e9 dans tous les foyers. Pour ce faire, elles suppriment leur corps ; elles suppriment le corps ; elles le torturent, l&rsquo;effacent. Elles ne font l\u00e0 que r\u00e9v\u00e9ler une mentalit\u00e9 inconsciente qui empoisonne toute l&rsquo;\u00e9poque par sa confusion et son simulacre : face \u00e0 la laideur, la vieillesse, la maladie, face \u00e0 la mort in\u00e9luctable \u00e0 terme, qui para\u00eet d\u00e9sormais \u00ab&nbsp;irr\u00e9parable \u00bb, \u00ab&nbsp;irr\u00e9m\u00e9diable \u00bb \u2014 pour user de mots baudelairiens&nbsp;\u2014 : dans un monde sans Dieu, sans valeurs et sans transcendance, qui, sous des allures de d\u00e9mocratie, n&rsquo;a pas plus de logique dans sa cruaut\u00e9 purement \u00e9conomique que celle de l&rsquo;univers m\u00eame du <em>Lager <\/em>&nbsp;\u2014&nbsp;cet univers o\u00f9 plus personne n&rsquo;a le droit de dire ou de demander : \u00ab Pourquoi ? \u00bb&nbsp; : \u00ab&nbsp;<em>Hier ist kein warum <\/em>&nbsp;<a href=\"#_ftn50\" id=\"_ftnref50\">[50]<\/a><em>!<\/em>&nbsp; \u00bb comme l&rsquo;\u00e9crit, le d\u00e9crit si bien Primo Levi dans <em>Si c&rsquo;est un homme,<\/em> &nbsp;\u2014&nbsp;nous sommes tous des D\u00e9port\u00e9s. Dans notre contemporan\u00e9it\u00e9 occidentale tout enti\u00e8re r\u00e9gie par l&rsquo;univers de la publicit\u00e9 qui se confond \u00e0 celui des m\u00e9dias qu&rsquo;il a phagocyt\u00e9 enti\u00e8rement pour \u00eatre ce \u00ab&nbsp;<em>Big Brother<\/em>&nbsp; \u00bb&nbsp;qui entre dans tous les foyers pour d\u00e9verser son \u00ab&nbsp;soma<a href=\"#_ftn51\" id=\"_ftnref51\">[51]<\/a> \u00bb, dans ce monde o\u00f9 l&rsquo;informatique pour bricoler une transcendance accessible au plus grand nombre, contr\u00f4lable, exploitable et lucrative,&nbsp; retouche \u00e0 l&rsquo;infini et d\u00e9r\u00e9alise les corps pour les imposer comme mod\u00e8le et comme id\u00e9al \u00e0 tous les esprits en qu\u00eate d&rsquo;incarnation&nbsp; \u2014&nbsp;et de sens, \u2014 le <em>Lager <\/em>, lui, fascine et m\u00e9duse, car il offre ou plut\u00f4t impose l&rsquo;image du corps tel qu&rsquo;il est dans sa v\u00e9rit\u00e9. C&rsquo;est une fascination-rejet. Ce que montrent d&rsquo;abord les camps de concentration et d&rsquo;extermination \u00e0 nos contemporains, ce n&rsquo;est pas l&rsquo;inhumanit\u00e9 \u2014&nbsp;qu&rsquo;ils ne peuvent pas comprendre ou m\u00eame envisager, seuls les d\u00e9port\u00e9s eux-m\u00eames peuvent l&rsquo;envisager en face pour en t\u00e9moigner, et encore !\u2026&nbsp;\u2014 mais l&rsquo;humain \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat brut en dehors de toute hi\u00e9rarchie, le degr\u00e9 z\u00e9ro de l&rsquo;humain, lequel est aussi son degr\u00e9 premier. Bref, il s&rsquo;agit l\u00e0 d&rsquo;une fascination-exorcisme : on est fascin\u00e9 par ce qu&rsquo;on refoule et on croit l&rsquo;affronter en face \u00e0 seules fins de tenter de l&rsquo;exorciser une bonne fois. Dans ces conditions, les repr\u00e9sentations du <em>Lager<\/em>&nbsp; constituent \u2014 pour reprendre un genre pictural ancien qui fleurissait \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque du jans\u00e9nisme et invitait le spectateur \u00e0 la m\u00e9ditation, \u00e0 l&rsquo;humilit\u00e9 sur le mode : \u00ab&nbsp;tu es poussi\u00e8re et tu retourneras en poussi\u00e8re \u00bb, \u00ab&nbsp;on m&rsquo;a vu ce que vous \u00eates, vous serez ce que je suis \u00bb \u2014 la plus grande, la plus gigantesque mais aussi l&rsquo;ultime des \u00ab Vanit\u00e9s<a href=\"#_ftn52\" id=\"_ftnref52\">[52]<\/a> \u00bb, devant laquelle un petit groupe d&rsquo;esth\u00e8tes, cherchant \u00e0 tuer la m\u00e9taphysique dans l&rsquo;\u0153uf, se sont plu \u00e0 vaticiner et \u00e0 p\u00e9rorer, tentant d&rsquo;imposer leur discours en se faisant guide de mus\u00e9e ; l&rsquo;image des camps telle qu&rsquo;elle est v\u00e9hicul\u00e9e aujourd&rsquo;hui par l&rsquo;<em>establishment&nbsp; <\/em>postmoderne \u2014&nbsp;je ne parle pas de Lanzmann, bien s\u00fbr, qui n&rsquo;a rien \u00e0 voir avec \u00ab&nbsp;\u00e7a \u00bb&nbsp;\u2014c&rsquo;est le <em>Guernica<\/em>&nbsp; oblig\u00e9, le substitut ultime du tombeau de L\u00e9nine ou du mausol\u00e9e de Mao (puisqu&rsquo;il n&rsquo;est plus question de r\u00eaver utopies politiques, ce n&rsquo;est plus tendance) devant lequel chacun, tout en continuant de r\u00eaver au \u00ab quart d&rsquo;heure de c\u00e9l\u00e9brit\u00e9<a href=\"#_ftn53\" id=\"_ftnref53\">[53]<\/a> \u00bb que lui a promis Andy Warhol et la t\u00e9l\u00e9-r\u00e9alit\u00e9, se doit de faire son quart d&rsquo;heure de m\u00e9ditation, comme une B.A., afin d&rsquo;exorciser en soi en m\u00eame temps que la condition humaine, le vieillissement, la laideur, la maladie et la mort.&nbsp; Pour les intellectuels postmodernes qui se sont empar\u00e9s de la Shoah \u00e0 la suite d&rsquo;Adorno, soi-disant pour la th\u00e9oriser, l&rsquo;Europe des <em>Lager <\/em>&nbsp;all\u00e9goris\u00e9e dans Auschwitz et r\u00e9duite \u00e0 un seul camp alors qu&rsquo;il en a eu plus de mille, c&rsquo;est le tableau d\u00e9r\u00e9alis\u00e9 par leurs commentaires, rendu abstrait, devant lequel en jouant les guides de mus\u00e9e, ils se donnent de l&rsquo;importance, et, surtout, cette bonne conscience qui leur permet d&rsquo;affirmer que tout humanisme, tout \u00e9lan lyrique\u2026 est \u00ab&nbsp;barbare \u00bb, que toute envie de fraternit\u00e9 solidaire, toute envie de croire encore en l&rsquo;homme ou en l&rsquo;avenir, toute envie de changer le monde ou de \u00ab changer la vie \u00bb est louche et constitue le terreau futur d&rsquo;une nouvelle \u00ab&nbsp;barbarie&nbsp;\u00bb pour emprunter le mot \u00e0 l&rsquo;in\u00e9narrable Adorno : on se souvient tous de la sentence, de la <em>fatwa <\/em>&nbsp;du Grand Mage de l&rsquo;\u00e9cole de Frankfurt : \u00ab&nbsp;\u00c9crire un po\u00e8me apr\u00e8s Auschwitz est un acte de barbarie<a href=\"#_ftn54\" id=\"_ftnref54\">[54]<\/a>. \u00bb Entendons : se laisser penser par le chant, se laisser penser par le corps, par ce chant au c\u0153ur du corps, ce \u00ab <em>canto jondo<\/em>&nbsp; \u00bb, ce \u00ab chant profond \u00bb, se laisser penser par l&rsquo;humain en somme \u00ab est un acte de barbarie \u00bb. Peut-on r\u00eaver pire sophisme, sophisme plus obsc\u00e8ne ? Pour Pierre Seghers, cette phrase de Theodor Adorno \u00e9tait une absolue aberration. Grand et fervent d\u00e9fenseur et illustrateur de la po\u00e9sie lyrique<a href=\"#_ftn55\" id=\"_ftnref55\">[55]<\/a>, il lui opposait sereinement la phrase du vieux f\u00e9librige Aubanel, autre Th\u00e9odore, ami du grand Lyrique Mistral : \u00ab&nbsp;Qui chante son mal l&rsquo;enchante \u00bb et recouvre l\u00e0 son humanit\u00e9, et sauve par-l\u00e0 son humanit\u00e9 mise en p\u00e9ril. Le chef d&rsquo;\u0153uvre de Primo Levi \u00e0 lui seul lui donnait raison. Dans <em>Si c&rsquo;est un homme, <\/em>en effet, parmi ces plus beaux passages o\u00f9 \u00ab&nbsp;Le Paradis \u00bb de Dante se recr\u00e9e au c\u0153ur de l&rsquo;Enfer gr\u00e2ce aux mots, il y a cette image fugitive des Grecs qui se soutiennent entre eux pour survivre en chantant, en rond, en se tenant par les \u00e9paules, les chansons populaires de leur pays ; il y a aussi bien \u00e9videmment cette grande sc\u00e8ne<a href=\"#_ftn56\" id=\"_ftnref56\">[56]<\/a> o\u00f9 Primo Levi explique \u00e0 Jean le \u00ab <em>Pikolo<\/em> \u00bb du \u00ab&nbsp;Kommando de chimie \u00bb les merveilles cach\u00e9es, les beaut\u00e9s de <em>La Divine Com\u00e9die <\/em>&nbsp;de Dante, d\u00e9cid\u00e9ment de circonstance pour exorciser Auschwitz, au moins le temps de l&rsquo;\u00e9change de quelques mots. La \u00ab&nbsp;haine de la po\u00e9sie<a href=\"#_ftn57\" id=\"_ftnref57\">[57]<\/a> \u00bb s&rsquo;explique : quand toute l&rsquo;\u00e9cole postmoderne hurle \u00e0 la mort d&rsquo;une seule voix pour proclamer l&rsquo;indignit\u00e9 et l&rsquo;obsc\u00e9nit\u00e9 du lyrisme, l&rsquo;impossibilit\u00e9 d\u00e9sormais de recourir au lyrisme, elle proclame \u2014&nbsp;sous peine d&rsquo;excommunication de ses chapelles et des c\u00e9nacles qu&rsquo;elle contr\u00f4le \u2014 l&rsquo;interdiction de s&rsquo;incarner dans ce substitut du corps qu&rsquo;est la langue toujours et encore, dans ce chant qui permet de croire aux lendemains qui font chanter, dans cette langue, qui, elle-seule, peut cr\u00e9er une \u00ab\u00a0religion\u00a0\u00bb, peut recr\u00e9er une \u00ab\u00a0unit\u00e9\u00a0\u00bb. Si depuis longtemps, \u00ab l&rsquo;enchantement du monde \u00bb n&rsquo;est plus, il s&rsquo;est r\u00e9fugi\u00e9 dans le chant, et c&rsquo;est pourquoi ils le r\u00e9cusent. Eux, ne chantent qu&rsquo;\u00ab <em>Il Diavolo<\/em>&nbsp; \u00bb, le Diviseur, pour \u00ab r\u00e9gner \u00bb. Car \u00ab&nbsp;d\u00e9construire \u00bb, c&rsquo;est \u00ab&nbsp;diviser \u00bb. \u00ab&nbsp;De la vaporisation et de la centralisation du <em>Moi.<\/em>&nbsp; Tout est l\u00e0<a href=\"#_ftn58\" id=\"_ftnref58\">[58]<\/a>. \u00bb De l&rsquo;incarnation en ce monde\u2026 Une fois encore, on y revient : tout est toujours affaire de corps, d&rsquo;incarnation possible ou non, assum\u00e9e ou non, et \u00ab tout le reste est litt\u00e9rature \u00bb dans la pire acception du terme. Les chr\u00e9tiens n&rsquo;ont pas tort quand ils pensent m\u00e9taphoriquement le monde et le rapport \u00e0 l&rsquo;autre sous le signe de la reconnaissance, sur le mode : \u00ab&nbsp;Ceci est mon corps\u2026&nbsp;ceci est mon sang\u2026&nbsp;\u00bb Au corps souffrant de la victime, \u00e0 ce corps eucharistique radical d\u00e8s qu&rsquo;il suscite la compassion et qui pose la question de l&rsquo;alt\u00e9rit\u00e9, la pose et la repose de mani\u00e8re obs\u00e9dante et fondamentale, de mani\u00e8re lib\u00e9ratrice pour qui ne refuse pas de s&rsquo;incarner compassionnellement en lui, de faire corps avec lui totalement pour r\u00e9inventer un monde, \u00ab&nbsp;changer la vie \u00bb en \u00ab&nbsp;r\u00e9invent[ant] l&rsquo;amour \u00bb \u2014&nbsp;l&rsquo;un ne peut exister sans l&rsquo;autre,&nbsp;\u2014 \u00e0 ce corps supplici\u00e9 d&rsquo;o\u00f9 na\u00eet encore un chant d&rsquo;Espoir et d&rsquo;unit\u00e9,&nbsp;on pr\u00e9f\u00e8re visiblement aujourd&rsquo;hui (mais n&rsquo;\u00e9tait-ce pas d\u00e9j\u00e0 le cas ?) le corps narcissique onaniste et d\u00e9f\u00e9cateur du bourreau qui conchie l&rsquo;univers et autrui, les r\u00e9ifie et les d\u00e9nie. Une grande part du public contemporain (un public que l&rsquo;on dit \u00eatre principalement constitu\u00e9 des trentenaires qui avaient d\u00e9j\u00e0 f\u00eat\u00e9 et s&rsquo;\u00e9taient d\u00e9j\u00e0 projet\u00e9s dans les h\u00e9ros d\u00e9jant\u00e9s, d\u00e9bauch\u00e9s, d\u00e9glingu\u00e9s et d\u00e9liquescents de Houellebecq) semble se reconna\u00eetre dans le corps de Maximilien Aue, la marionnette postmoderne<a href=\"#_ftn59\" id=\"_ftnref59\">[59]<\/a> fantasm\u00e9e par M. Jonathan Littell qui n&rsquo;a pas m\u00eame pass\u00e9 le stade de la sexuation, qui v\u00e9g\u00e8te dans l&rsquo;immaturit\u00e9 d\u00e9finitive, \u00ab\u00a0amoureux\u00a0\u00bb des images st\u00e9riles, des propres ectoplasmes de son <em>ego<\/em>&nbsp; sous la forme de sa s\u0153ur (puisqu&rsquo;elle est de sa propre chair)\u2026 sans \u00eatre capable de d\u00e9terminer s&rsquo;il est masculin ou f\u00e9minin\u2026 donc \u00e0 jamais ferm\u00e9 \u00e0 une quelconque alt\u00e9rit\u00e9 au point qu&rsquo;il confond affection de soi-m\u00eame \u2014 la seule \u00e0 laquelle il puisse acc\u00e9der \u2014&nbsp;avec d\u00e9f\u00e9cation. Bref, un h\u00e9ros, qui, au sens propre comme \u00e9galement au figur\u00e9, sans alt\u00e9rit\u00e9 possible \u00ab\u00a0s&#8217;emmerde\u00a0\u00bb\u2026 \u00ab&nbsp;En v\u00e9rit\u00e9, je vous le dis&nbsp;[\u2026]&nbsp;\u00bb comme dirait le Grand \u00ab&nbsp;Autre \u00bb avec Mahomet et Bouddha, et pourquoi pas Marx ou L\u00e9nine, Jaur\u00e8s, Hugo ou de Gaulle\u2026&nbsp;(la liste n&rsquo;est pas exhaustive), voil\u00e0 bien en r\u00e9alit\u00e9 o\u00f9 nous en sommes aujourd&rsquo;hui. Parfaitement dans la logique de la phrase de Pascal Quignard, l&rsquo;anachor\u00e8te postmoderne chantre des perversions subtiles : \u00ab&nbsp;Celui qui \u00e9crit sodomise, celui qui lit est sodomis\u00e9<a href=\"#_ftn60\" id=\"_ftnref60\">[60]<\/a> \u00bb, dans un livre pornographique \u00e0 tous \u00e9gards, qui rend parfaitement compte de la culture de la pornographie et de l&rsquo;exhibitionnisme dans laquelle nous vivons, et \u00e0 quoi semble se r\u00e9sumer aujourd&rsquo;hui la culture occidentale \u00ab\u00a0autoris\u00e9e\u00a0\u00bb qui a rejet\u00e9 toute tradition, toute c\u00e9l\u00e9bration du r\u00e9cit mythique et sacr\u00e9, politique aussi, au profit du seul m\u00e9diatique, Littell offre comme objet de projection de soi \u00e0 ses lecteurs un corps pr\u00e9dateur qui re\u00e7oit, qui prend, qui les transforme en excr\u00e9ments, qui, d\u00e8s qu&rsquo;il le peut les expulse, n&rsquo;importe o\u00f9, en tire une jouissance, en couvre l&rsquo;univers qui l&rsquo;entoure et ainsi l&rsquo;annule. Voil\u00e0 ce qui fascine et ce qui fait r\u00eaver aujourd&rsquo;hui !\u2026 Maximilien Aue n&rsquo;a pour organe et pour outil de connaissance du monde et d&rsquo;autrui en v\u00e9rit\u00e9 que son anus \u2014&nbsp;gu\u00e8re \u00ab&nbsp;solaire<a href=\"#_ftn61\" id=\"_ftnref61\">[61]<\/a>&nbsp;\u00bb&nbsp;! \u2014 ; son narcissisme en fait \u00e0 vrai dire \u00ab&nbsp;le cul du monde<a href=\"#_ftn62\" id=\"_ftnref62\">[62]<\/a> \u00bb \u00e0 quoi tout, soit le tout du \u00ab Tout \u00bb, se r\u00e9sume : un trou noir, un n\u00e9ant vers quoi tout converge pour s&rsquo;annuler ; \u00ab&nbsp;l&rsquo;\u0153il \u00bb de Dieu, \u00ab&nbsp;l&rsquo;\u0153il \u00bb de la Conscience, il se le fourre aussi dans le cul dans la bataille\u2026&nbsp;et les enfants n\u00e9s du postmodernisme le voient entrer et sortir, rerentrer, ressortir\u2026&nbsp;\u00ab\u00a0fascin\u00e9s\u00a0\u00bb\u2026 \u2014&nbsp;Les pauvres ! \u2014 Maximilien Aue, faux nazi, nazi d&rsquo;op\u00e9rette, mais vrai \u00ab\u00a0trou du cul<a href=\"#_ftn63\" id=\"_ftnref63\">[63]<\/a>\u00ab\u00a0, trou du cul all\u00e9gorique, est \u00e0 lui seul l&rsquo;anus de la postmodernit\u00e9. C&rsquo;est pourquoi ce livre est\u2026&nbsp;\u00ab&nbsp;fondamental \u00bb, fondamental, oui (qu&rsquo;on m&rsquo;excuse du vilain jeu de mots) ; c&rsquo;est pourquoi ce \u00ab&nbsp;torche-cul&nbsp;\u00bb comme dirait Rabelais \u2014&nbsp;car Jonathan Littell dans une diarrh\u00e9e torrentielle de neuf cents pages pour prouver son g\u00e9nie aux critiques \u00e0 grands gosiers invente au postmodernisme \u00e0 la fois l&rsquo;anus qui pourrait le soulager et son \u00ab&nbsp;torche-cul<a href=\"#_ftn64\" id=\"_ftnref64\">[64]<\/a> \u00bb (Eh oui ! pour une fois que le postmodernisme tente de s&rsquo;incarner, \u00e7a d\u00e9gage<a href=\"#_ftn65\" id=\"_ftnref65\">[65]<\/a> !\u2026), \u2014 c&rsquo;est pourquoi ce livre \u00ab&nbsp;torrentiel&nbsp;\u00bb ainsi que le caract\u00e9rise Claude Lanzmann, o\u00f9 le h\u00e9ros, note-t-il, ne parvient \u00ab jamais \u00e0 l&rsquo;incarnation<a href=\"#_ftn66\" id=\"_ftnref66\">[66]<\/a> \u00bb v\u00e9ritable, pr\u00e9cis\u00e9ment parce qu&rsquo;il la nie, est un livre canal, un livre cloacal, un livre \u00e9cluse, qui s&rsquo;inscrira quoi qu&rsquo;il advienne dans l&rsquo;histoire de la pens\u00e9e : il cl\u00f4t l&rsquo;\u00e9poque du r\u00e8gne de la postmodernit\u00e9 ou au contraire l&rsquo;ouvre pour encore \u00ab&nbsp;mille ans \u00bb, on ne sait. En poussant la logique du postmodernisme \u2014&nbsp;ses poncifs, son cynisme nihiliste, satanique et d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9, sa pornographie, son a-th\u00e9ologie militante&nbsp;\u2014&nbsp;au-del\u00e0 de tout ce qu&rsquo;avaient os\u00e9 Lyotard, Derrida et leurs \u00e9pigones fanatiques, en un seul corps ectoplasme : succube et incube \u00e0 la fois, en un seul livre, l&rsquo;\u00e9l\u00e8ve a d\u00e9pass\u00e9 les ma\u00eetres pour s&rsquo;installer dans un pr\u00e9sent \u00e0 jamais sans avenir, st\u00e9rile et sans post\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00c9PILOGUE\u2026 OU PR\u00c9FACE \u00c0 UN AUTRE TEMPS ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Et pourtant, c&rsquo;est incontestablement en se se projetant au <em>Lager<\/em>, plus pr\u00e9cis\u00e9ment dans le corps m\u00eame des D\u00e9port\u00e9s, ce&nbsp;\u00ab <em>Memento Mori&nbsp; <\/em>\u00bb de tous leurs compagnons, de tous les autres morts de la Shoah et de la D\u00e9portation \u2014 dernier lieu de l&rsquo;interrogation, de l&rsquo;inqui\u00e9tude m\u00e9taphysique g\u00e9n\u00e9ratrice de \u00ab\u00a0religion\u00a0\u00bb (de lien possible) et donc d&rsquo;espoir duquel toute sacralit\u00e9 dynamique peut repartir en Occident \u2014 que l&rsquo;ont peut penser toute l&rsquo;erreur, toute l&rsquo;horreur du postmodernisme, qui, arbitrairement, prive de sens le sacrifice des victimes, tout comme elle prive de reconnaissance les rescap\u00e9s des camps pour le courage qu&rsquo;ils ont manifest\u00e9 \u00e0 vouloir survivre, \u00e0 patiemment se reb\u00e2tir et reb\u00e2tir une r\u00e9alit\u00e9 conviviale, une \u00ab esp\u00e9rance \u00bb. Pour reb\u00e2tir du civique, de l&rsquo;\u00e9thique, bref de l&rsquo;avenir, du progr\u00e8s, de la modernit\u00e9 en marche, de la solidarit\u00e9, de l&rsquo;id\u00e9al\u2026 il ne suffira pas de \u00ab d\u00e9construire \u00bb la pens\u00e9e postmoderne pr\u00e9sentant comme le jans\u00e9nisme un homme vaincu d&rsquo;avance, sans h\u00e9ritage et sans avenir, cette pens\u00e9e postmoderne qui a fait de l&rsquo;homme un Ca\u00efn<a href=\"#_ftn67\" id=\"_ftnref67\">[67]<\/a> sans transcendance<a href=\"#_ftn68\" id=\"_ftnref68\">[68]<\/a> et sans espoir\u2026&nbsp;Non. Il faut raser Port-Royal<a href=\"#_ftn69\" id=\"_ftnref69\">[69]<\/a> !<\/p>\n\n\n\n<p>24 novembre 2006<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\" id=\"_ftn1\">[1]<\/a>.\u2014&nbsp;\u00ab Petite Suite yiddish \u00bb, la troisi\u00e8me partie du livre, a paru d\u00e9j\u00e0 en revue dans sa premi\u00e8re version en d\u00e9cembre 2002, in <em>Lieux d&rsquo;Etre,<\/em>&nbsp; n\u00b035 intitul\u00e9 : <em>Gare(s) ou en Train de Po\u00e8me(s).<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref2\" id=\"_ftn2\">[2]<\/a>.\u2014 Jean-Paul Richter, \u00ab&nbsp;Discours du Christ mort prononc\u00e9 du haut de l&rsquo;\u00e9difice du monde \u00bb, 1790.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref3\" id=\"_ftn3\">[3]<\/a>.\u2014 La soci\u00e9t\u00e9 \u00e9tait une jungle comme elle l&rsquo;a toujours \u00e9t\u00e9 et le sera toujours, mais l&rsquo;on y enseignait encore les armes spirituelles d&rsquo;une esp\u00e9rance pour y combattre efficacement et y survivre.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref4\" id=\"_ftn4\">[4]<\/a>.\u2014&nbsp;Voir : Max Weber, et, Marcel Gauchet, <em>Le D\u00e9senchantement du monde, <\/em>Gallimard, 1985<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref5\" id=\"_ftn5\">[5]<\/a>.\u2014 et politique, qui d\u00e9fend \u00ab les mis\u00e9rables \u00bb : Lamartine, Desbordes-Valmore, Hugo\u2026 Nationalisme et communisme sont \u00e9galement deux utopies romantiques.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref6\" id=\"_ftn6\">[6]<\/a>.\u2014 G\u00e9rard de Nerval, \u00ab <em>Delfica<\/em> &nbsp;\u00bb, in <em>Les Chim\u00e8res,<\/em>&nbsp; 1854.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref7\" id=\"_ftn7\">[7]<\/a>.\u2014&nbsp;Le dernier en France a \u00e9t\u00e9 de Gaulle.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref8\" id=\"_ftn8\">[8]<\/a>.\u2014 Charles Baudelaire, <em>Fus\u00e9es,<\/em>&nbsp; XV.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref9\" id=\"_ftn9\">[9]<\/a>.\u2014&nbsp;\u00c0 la fois celui de <em>\u00c9ros et civilisation,<\/em>&nbsp; 1955, et surtout de <em>L&rsquo;homme unidimensionnel,<\/em> 1964.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref10\" id=\"_ftn10\">[10]<\/a>.\u2014 Celui, bien s\u00fbr, de <em>La Soci\u00e9t\u00e9 du spectacle,<\/em>&nbsp; 1967.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref11\" id=\"_ftn11\">[11]<\/a>.\u2014&nbsp;Charles Baudelaire, \u00ab&nbsp;Sur <em>Les Liaisons dangereuses<\/em>&nbsp; \u00bb. Vraisemblablement sa derni\u00e8re note critique.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref12\" id=\"_ftn12\">[12]<\/a>.\u2014&nbsp;Celui de l&rsquo;<em>Essai sur les donn\u00e9es imm\u00e9diates de la conscience,<\/em>&nbsp; 1889.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref13\" id=\"_ftn13\">[13]<\/a>.\u2014&nbsp;Blaise Pascal, \u00ab Disproportion de l&rsquo;homme \u00bb, in <em>Pens\u00e9es, <\/em>&nbsp;fragment 230, classement des <em>Pens\u00e9es<\/em> \u00e9tabli par P. Sellier, \u00e9d. Bordas, coll. \u00ab Classiques Garnier \u00bb, 1991.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref14\" id=\"_ftn14\">[14]<\/a>.\u2014 Charles Baudelaire, \u00ab La Reine des facult\u00e9s \u00bb, <em>Salon de 1859,<\/em>&nbsp; III.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref15\" id=\"_ftn15\">[15]<\/a>.\u2014&nbsp;Voir : Henri Bergson, <em>Le Rire, Essai sur la signification du comique,<\/em>&nbsp; 1899.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref16\" id=\"_ftn16\">[16]<\/a>.\u2014&nbsp;Charles Baudelaire, \u00ab De l&rsquo;essence du rire et g\u00e9n\u00e9ralement du comique dans les arts plastiques \u00bb, II, III, <em>passim.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref17\" id=\"_ftn17\">[17]<\/a>.\u2014&nbsp;[Le fouetteur est pour lui un bienfaiteur. Voir : <em>Mon c\u0153ur mis \u00e0 nu,<\/em>&nbsp; VIII.]<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref18\" id=\"_ftn18\">[18]<\/a>.\u2014&nbsp;<em>Ibid.<\/em>&nbsp; Phrase que Baudelaire attribue successivement \u00e0 des Ma\u00eetres pour lui : au Christ \u00ab&nbsp;roi philosophe de la Jud\u00e9e \u00bb, \u00e0 \u00ab Joseph de Maistre, ce soldat anim\u00e9 de l&rsquo;esprit saint \u00bb, \u00e0 \u00ab la saintet\u00e9 majestueuse de Bossuet \u00bb, \u00e0 \u00ab Bourdaloue, l&rsquo;impitoyable psychologue chr\u00e9tien&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref19\" id=\"_ftn19\">[19]<\/a>.\u2014&nbsp;Voir : Francis Fukuyama, <em>La Fin de l&rsquo;homme,<\/em> \u00e9d. de la Table ronde, Paris, 2002 \u2014&nbsp;livre qui fait \u00e9cho bien s\u00fbr \u00e0 son c\u00e9l\u00e8bre article de 1989 intitul\u00e9 \u00ab La Fin de l&rsquo;Histoire ? \u00bb qui devint en 1999 un livre.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref20\" id=\"_ftn20\">[20]<\/a>.\u2014&nbsp;Philosophe et math\u00e9maticien, R\u00e9sistant, n\u00e9 le 15 mai 1903 \u00e0 Saint-Maixent, fusill\u00e9 vraisemblablement le 17 f\u00e9vrier 1944 par les nazis \u00e0 Arras. Il fut le ma\u00eetre de Jean-Toussaint Desanti.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref21\" id=\"_ftn21\">[21]<\/a>.\u2014 Afflig\u00e9 de probl\u00e8mes cardiaques depuis quelques temps, il meurt le 20 janvier 2002.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref22\" id=\"_ftn22\">[22]<\/a>.\u2014&nbsp;Jean-Toussaint &amp; Dominique Desanti, interrog\u00e9s par Roger-Pol Droit, in <em>La Libert\u00e9 nous aime encore, <\/em>&nbsp;\u00e9d. Odile Jacob, 2001, r\u00e9\u00e9d. coll. \u00ab Odile Jacob poches \u00bb, Paris, octobre 2004.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref23\" id=\"_ftn23\">[23]<\/a>.\u2014&nbsp;La panth\u00e9onisation \u2014 les r\u00e9volutionnaires qui la\u00efcisaient les valeurs sacr\u00e9es chr\u00e9tiennes l&rsquo;avaient bien compris \u2014 conf\u00e8re \u00e0 qui panth\u00e9onise de l&rsquo;<em>aura.<\/em>&nbsp; Pour redonner du souffle au gaullisme, Malraux eut l&rsquo;id\u00e9e g\u00e9niale d&rsquo;y recourir \u00e0 nouveau en 1964. M. Chirac, lui, dut y recourir deux fois\u2026 : il y fit entrer A. Malraux, qui fit entrer Moulin en 64 au Panth\u00e9on\u2026 mais en faisant entrer au Panth\u00e9on le romancier d&rsquo;Histoire Alexandre Dumas, avouait-il par l\u00e0 que sans Histoire, la politique n&rsquo;\u00e9tait plus qu&rsquo;une fiction ?<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref24\" id=\"_ftn24\">[24]<\/a>.\u2014&nbsp;L&rsquo;expression est tir\u00e9e du discours d&rsquo;Andr\u00e9 Malraux du 19 d\u00e9cembre 1964, \u00e0 l&rsquo;occasion du transfert des cendres de Jean Moulin au Panth\u00e9on.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref25\" id=\"_ftn25\">[25]<\/a>.\u2014&nbsp;La formule baroque est de Shakespeare.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref26\" id=\"_ftn26\">[26]<\/a>.\u2014 Pour paraphraser Alexandre Soljenitsyne qui dit cela du \u00ab&nbsp;grand \u00e9crivain \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref27\" id=\"_ftn27\">[27]<\/a>.\u2014&nbsp;Voir : Jean-Toussaint Desanti, <em>op. cit.,<\/em>&nbsp; p. 341-342.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref28\" id=\"_ftn28\">[28]<\/a>.\u2014&nbsp;Chacun fait son lit comme il meurt, et cela ne regarde que lui.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref29\" id=\"_ftn29\">[29]<\/a>.\u2014 Aragon \u2014 notre Victor Hugo du XXe&nbsp;si\u00e8cle avec Malraux, selon le choix des ob\u00e9diences&nbsp;\u2014 a chant\u00e9 en son temps cette \u00ab union sacr\u00e9e&nbsp;\u00bb qui sut r\u00e9unir dans un m\u00eame combat des hommes comme Gabriel P\u00e9ri et \u00c9tienne d&rsquo;Orves, Guy Mocquet et Gilbert Dru.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref30\" id=\"_ftn30\">[30]<\/a>.\u2014 avec celui de la fracture \u00e9conomique Nord-Sud.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref31\" id=\"_ftn31\">[31]<\/a>.\u2014 \u00ab&nbsp;le meilleur de l&rsquo;homme \u00bb selon Goethe.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref32\" id=\"_ftn32\">[32]<\/a>.\u2014&nbsp;Jean-Toussaint Desanti interrog\u00e9 par Roger-Pol Droit, <em>op. cit.,<\/em>&nbsp; p. 333.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref33\" id=\"_ftn33\">[33]<\/a>.\u2014&nbsp;Voir : Albert Camus, <em>L&rsquo;homme r\u00e9volt\u00e9,<\/em> 1951. \u00ab Camus, philosophe pour classes terminales \u00bb selon l&rsquo;in\u00e9narrable Jean-Jacques Brochier\u2026 Pour \u00ab classes teminales \u00bb ? C&rsquo;est donc une honte ?\u2026 Mais, aimant la jeunesse, autant que moi, l&rsquo;estimant, nos D\u00e9port\u00e9s, eux, verraient comme un honneur, et moi de m\u00eame, d&rsquo;\u00eatre tax\u00e9s de \u00ab&nbsp;philosophes pour classes de quatri\u00e8me \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref34\" id=\"_ftn34\">[34]<\/a>.\u2014 Comme pour Protagoras d&rsquo;Abd\u00e8re et les humanistes. Ils sont humanistes sans le savoir.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref35\" id=\"_ftn35\">[35]<\/a>.\u2014&nbsp;On retrouve l\u00e0 la sagesse d&rsquo;\u00c9rasme.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref36\" id=\"_ftn36\">[36]<\/a>.\u2014 Voir : Albert Camus, <em>L&rsquo;Exil et le royaume,<\/em>&nbsp; 1957.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref37\" id=\"_ftn37\">[37]<\/a>.\u2014&nbsp;\u00ab \u2026avoir quelque chose \u00e0 dire qu&rsquo;on ne se lasse pas de r\u00e9p\u00e9ter \u00bb selon Jean Paulhan.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref38\" id=\"_ftn38\">[38]<\/a>.\u2014&nbsp;La d\u00e9saffection progressive et irr\u00e9versible, il semble, de l&rsquo;int\u00e9r\u00eat pour les Sciences Humaines ne laisserait-elle pas penser que nous vivons une \u00e9poque assez semblable \u00e0 celle du passage de l&rsquo;<em>Aufklarung<\/em>&nbsp; au romantisme, donc \u00e0 un retour du baroque ? Le romantisme \u00e9tant la r\u00e9surgence du baroque.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref39\" id=\"_ftn39\">[39]<\/a>.\u2014&nbsp;Sans \u00eatre Dionysos.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref40\" id=\"_ftn40\">[40]<\/a>.\u2014&nbsp;Eh ! oui ! Plus d&rsquo;ambitions le plus souvent autres que \u00ab\u00a0petites bourgeoises\u00a0\u00bb. Tels sont les temps.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref41\" id=\"_ftn41\">[41]<\/a>.\u2014&nbsp;On a vu alors comment la pulsion g\u00e9nocidaire pouvait r\u00e9appara\u00eetre vite.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref42\" id=\"_ftn42\">[42]<\/a>.\u2014 Voir : Charles Baudelaire, <em>Exposition universelle 1855,<\/em>&nbsp; I \u00ab&nbsp;M\u00e9thode de critique. De l&rsquo;id\u00e9e moderne du progr\u00e8s appliqu\u00e9e aux Beaux-Arts. D\u00e9placement de la vitalit\u00e9 \u00bb : \u00ab&nbsp;un syst\u00e8me est un esp\u00e8ce de damnation. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref43\" id=\"_ftn43\">[43]<\/a>.\u2014&nbsp;Phrase exergue qui, \u00e0 elle seule, r\u00e9sume tout l&rsquo;\u0152uvre de Sollers.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref44\" id=\"_ftn44\">[44]<\/a>.\u2014 Voir : Charles Baudelaire,&nbsp; sur l&rsquo;album de Philox\u00e8ne Boyer.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref45\" id=\"_ftn45\">[45]<\/a>.\u2014 Voir : H\u00e9raclite, IV, 2, 9 : \u00ab&nbsp;Les contraires se font \u00e9quilibre dans l&rsquo;esprit, parce qu&rsquo;ils se font \u00e9quilibre dans la r\u00e9alit\u00e9. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref46\" id=\"_ftn46\">[46]<\/a>.\u2014 \u00ab Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale \u00bb : cour du roi p\u00e9taud id\u00e9ologique o\u00f9 chacun se croyait le roi, c&rsquo;est-\u00e0-dire alors Marx ou Engels, Freud ou Marcuse, voire Lacan\u2026 en parlant hyst\u00e9riquement et terroristement de \u00ab&nbsp;d\u00e9mocratie \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref47\" id=\"_ftn47\">[47]<\/a>.\u2014&nbsp;Clon\u00e9s \u00ab&nbsp;\u00e0 l&rsquo;infini \u00bb (et je ne parle pas de la revue, quoique\u2026)<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref48\" id=\"_ftn48\">[48]<\/a>.\u2014 Pour emprunter \u00e0 Camus, dont on pourrait mesurer bient\u00f4t \u00ab l&rsquo;\u00e9ternelle actualit\u00e9 \u00bb pour paraphraser Max Jacob.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref49\" id=\"_ftn49\">[49]<\/a>.\u2014 Voir : St\u00e9phane Mallarm\u00e9, \u00ab Le Ph\u00e9nom\u00e8ne futur \u00bb, \u00ab Anecdotes et po\u00e8mes \u00bb, in <em>Divagations,<\/em>&nbsp; et, le commentaire que Baudelaire en fait dans <em>Pauvre Belgique ou La Belgique deshabill\u00e9e,<\/em>&nbsp; Ft&nbsp;39.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref50\" id=\"_ftn50\">[50]<\/a>.\u2014 Primo Levi, <em>Se questo \u00e9 un uomo,<\/em>&nbsp; \u00e9d. Einaudi, Turin, 1958 &amp; 1976, \u00e9d. Julliard pour la traduction fran\u00e7aise, 1987, r\u00e9\u00e9d. \u00e9d. Pocket, 1997, p. 29<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref51\" id=\"_ftn51\">[51]<\/a>.\u2014 C&rsquo;est l&rsquo;univers imagin\u00e9 par Aldous Huxley dans son roman d&rsquo;anticipation <em>Le Meilleur des mondes,<\/em>&nbsp; o\u00f9 chacun se doit de prendre sa dose de \u00ab soma \u00bb pour tout oublier. Voir : Aldoux Huxley, <em>Brave Neuw World,&nbsp; Le Meilleur des mondes,<\/em>&nbsp; 1932<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref52\" id=\"_ftn52\">[52]<\/a>.\u2014&nbsp;Genre pictural en vogue \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque jans\u00e9niste et visant \u00e0 amener \u00e0 m\u00e9diter sur le th\u00e8me du \u00ab&nbsp;<em>Tempus fugit<\/em> &nbsp;\u00bb, ainsi que sur celui de la vanit\u00e9 de toute entreprise humaine.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref53\" id=\"_ftn53\">[53]<\/a>.\u2014 aujourd&rsquo;hui d\u00e9multipli\u00e9 par internet, presque \u00e0 l&rsquo;infini.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref54\" id=\"_ftn54\">[54]<\/a>.\u2014&nbsp;T.W. Adorno, <em>Prismes, critique de la culture et soci\u00e9t\u00e9, <\/em>&nbsp;1955.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref55\" id=\"_ftn55\">[55]<\/a>.\u2014&nbsp;Voir : Pierre Seghers, <em>La R\u00e9sistance et ses po\u00e8tes,<\/em>&nbsp; \u00e9d. Seghers, Paris, 1974, &amp;, Colette Seghers, <em>Pierre Seghers, un homme couvert de noms,<\/em>&nbsp; \u00e9d. Robert Laffont, Paris, 1981, r\u00e9\u00e9dit\u00e9s respectivement aux \u00e9d. Seghers en 2005 et 2006, \u00e0 l&rsquo;instigation de Bruno Doucey.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref56\" id=\"_ftn56\">[56]<\/a>.\u2014 Primo Levi, \u00ab Le Chant d&rsquo;Ulysse \u00bb, <em>op. cit.,<\/em>&nbsp; XII, \u00e9d. cit., p. 116-123.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref57\" id=\"_ftn57\">[57]<\/a>.\u2014&nbsp;Voir : George Bataille, <em>Haine de la po\u00e9sie,<\/em> 1947, &amp;, Denis Roche, <em>La Po\u00e9sie est inadmissible,<\/em> 1995. Voir \u00e9galement : Pascal Quignard, <em>Haine de la musique,<\/em> 1996\u2026 et tous leurs \u00e9pigones fanatiques et besogneux\u2026&nbsp;ils sont nombreux.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref58\" id=\"_ftn58\">[58]<\/a>.\u2014 Charles Baudelaire, Phrase liminaire de <em>Mon corps mis \u00e0 nu, <\/em>&nbsp;emprunt\u00e9e \u00e0 l&rsquo;ouvrage d&rsquo;Emerson, <em>The Conduct of life, La Conduite de la vie,<\/em>&nbsp; 1860.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref59\" id=\"_ftn59\">[59]<\/a>.\u2014&nbsp;Car Maximilien Aue pense comme un postmoderne et pas du tout comme un nazi, si on en croit les valeureux continuateurs de Marc Bloch que sont les historiens Peter Sch\u00f6tler, Florent Brayard, et \u00c9douard Husson pour qui l&rsquo;ouvrage de M. Littell est avant tout \u00ab un canular \u00bb. Il est vrai que la scatologie dont M. Littell pars\u00e8me son livre rel\u00e8ve de l&rsquo;humour potache de s\u00e9minaire\u2026 jans\u00e9niste\u2026 Canular aussi le fait d&rsquo;oser comparer Littell \u00e0 Tolsto\u00ef et Dosto\u00efevski, puisqu&rsquo;eux n&rsquo;\u00e9taient obs\u00e9d\u00e9s que par l&rsquo;id\u00e9e de la r\u00e9demption, d&rsquo;une r\u00e9demption toujours possible pour l&rsquo;homme, par l&rsquo;humain en somme. Il me faut citer Jean-Toussaint Desanti encore : \u00ab&nbsp;[que] l&rsquo;humanit\u00e9 dans l&rsquo;homme [soit] perdue [\u2026]&nbsp;[ce]&nbsp;serait la chose la plus horrible qui puisse arriver \u00e0 l&rsquo;humanit\u00e9 \u00bb, <em>op. cit.,<\/em> p. 338, <em>passim.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref60\" id=\"_ftn60\">[60]<\/a>.\u2014&nbsp;Pascal Quignard, <em>Le Sexe et l&rsquo;effroi,<\/em>&nbsp; \u00e9d. Gallimard, 1996.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref61\" id=\"_ftn61\">[61]<\/a>.\u2014&nbsp;Voir : George Bataille, <em>Anus Solaire,<\/em>&nbsp; 1927, &amp;, <em>Histoire de l&rsquo;\u0153il,<\/em> 1928. R\u00e9f\u00e9rences de M. J. Littell, assez mal dig\u00e9r\u00e9es de toute \u00e9vidence, vue la mani\u00e8re dont il \u00ab\u00a0les ressort\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref62\" id=\"_ftn62\">[62]<\/a>.\u2014&nbsp;Expression dont certains us\u00e8rent pour d\u00e9signer Auschwitz.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref63\" id=\"_ftn63\">[63]<\/a>.\u2014&nbsp;Qu&rsquo;on veuille bien ne lire aucune homophobie dans ce propos : mon jugement ne porte pas sur la question du choix de la sexualit\u00e9. Je m&rsquo;\u00e9tonne d&rsquo;ailleurs que la communaut\u00e9 homosexuelle n&rsquo;ait pas r\u00e9agi violemment au livre de M. Jonathan Littell qui, avec un puritanisme tr\u00e8s am\u00e9ricain, ram\u00e8ne l&rsquo;homosexualit\u00e9 \u00e0 \u00ab&nbsp;\u00e7a \u00bb. Cocteau, c&rsquo;est quand m\u00eame autre chose !\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref64\" id=\"_ftn64\">[64]<\/a>.\u2014&nbsp;Voir : Rabelais, <em>Gargantua,<\/em>&nbsp; XIII. Grandgousier d\u00e9couvre le g\u00e9nie de son fils par l&rsquo;invention que ce dernier fait d&rsquo;un nouveau \u00ab torche-cul \u00bb : \u00ab un oizon \u00bb ; pour M. Jonathan Littell, il semblerait que ce soit plut\u00f4t \u00ab la dentelle \u00bb, qui donne \u00ab&nbsp;volupt\u00e9 mirificque \u00bb, jouissance b\u00e9atifique&nbsp;\u00ab au boyau culier \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><a id=\"_ftn65\" href=\"#_ftnref65\">[65]<\/a>.\u2014&nbsp;Je sugg\u00e8re \u00e0 M. Jonathan Littell d&rsquo;abandonner le titre par trop quignardien des <em>Bienveillantes,<\/em>&nbsp; pour en adopter un autre qui fustigerait l&rsquo;humanisme ath\u00e9e mais universel d&rsquo;un Vercors \u2014&nbsp;pour les postmodernes risible, \u2014 le na\u00eff humanisme r\u00e9sistant d&rsquo;un Vercors auteur du \u00ab Silence de la mer \u00bb : <em>Le Silence de la merde.<\/em> C&rsquo;est un titre qui irait bien \u00e0 son livre, \u00e0 \u00ab&nbsp;sa premi\u00e8re \u0153uvre \u00bb. \u00c0 quand les autres&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref66\" id=\"_ftn66\">[66]<\/a>.\u2014&nbsp;Claude Lanzmann, in <em>Le Journal du dimanche<\/em>&nbsp; &amp; <em>Le Nouvel Observateur,<\/em> tout premier \u00e0 r\u00e9agir.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref67\" id=\"_ftn67\">[67]<\/a>.\u2014&nbsp;Celui de Byron (1821), h\u00e9ritier du <em>Paradise lost<\/em>&nbsp; de Milton (1667) via Blake, et fondateur du ca\u00efnisme romantique, cette d\u00e9miurgie de l&rsquo;\u00e9lan qui \u00e9tait dynamique au moins !\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref68\" id=\"_ftn68\">[68]<\/a>.\u2014&nbsp;Celle d&rsquo;une r\u00e9volte, \u00ab cette r\u00e9volte qui est simplement le d\u00e9sir de vivre \u00bb : pour reprendre la belle expression de Jean-Toussaint Desanti, <em>op. cit.,<\/em>&nbsp; p. 333.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref69\" id=\"_ftn69\">[69]<\/a>.\u2014&nbsp;De nos esprits, de nos modes de fonctionnement, de nos r\u00e9f\u00e9rences. Le postmodernisme fait d\u00e9sormais partie d&rsquo;un pass\u00e9 r\u00e9volu. Ironie supr\u00eame du sort : ses gourous morts, ses lieutenants de plus en plus vieillissants, il est d\u00e9sormais entr\u00e9 dans l&rsquo;Histoire.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab Le sommeil de la Raison produit des monstres. \u00bb Francisco Goya \u00e0 Roger-Marc, Olivier,&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_editorskit_title_hidden":false,"_editorskit_reading_time":0,"_editorskit_is_block_options_detached":false,"_editorskit_block_options_position":"{}","advgb_blocks_editor_width":"","advgb_blocks_columns_visual_guide":"","_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"class_list":["post-940","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-editoriaux"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.4 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Croire aux lendemains qui font chanter... - Revue Polaire<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/2006\/11\/24\/croire-aux-lendemains-qui-font-chanter\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Croire aux lendemains qui font chanter... - Revue Polaire\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"\u00ab Le sommeil de la Raison produit des monstres. \u00bb Francisco Goya \u00e0 Roger-Marc, Olivier,...\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/2006\/11\/24\/croire-aux-lendemains-qui-font-chanter\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Revue Polaire\" \/>\n<meta property=\"article:publisher\" content=\"https:\/\/www.facebook.com\/polaire.editions\/?locale=fr_FR\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2006-11-24T10:16:00+00:00\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2023-11-02T20:08:26+00:00\" \/>\n<meta name=\"author\" content=\"Jean-Louis Clo\u00ebt\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"\u00c9crit par\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"Jean-Louis Clo\u00ebt\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label2\" content=\"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data2\" content=\"50 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\\\/\\\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"Article\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/revuepolaire.com\\\/index.php\\\/2006\\\/11\\\/24\\\/croire-aux-lendemains-qui-font-chanter\\\/#article\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/revuepolaire.com\\\/index.php\\\/2006\\\/11\\\/24\\\/croire-aux-lendemains-qui-font-chanter\\\/\"},\"author\":{\"name\":\"Jean-Louis Clo\u00ebt\",\"@id\":\"http:\\\/\\\/revuepolaire.com\\\/#\\\/schema\\\/person\\\/11d483a5451aa8b6c61183495e4e3cd5\"},\"headline\":\"Croire aux lendemains qui font chanter&#8230;\",\"datePublished\":\"2006-11-24T10:16:00+00:00\",\"dateModified\":\"2023-11-02T20:08:26+00:00\",\"mainEntityOfPage\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/revuepolaire.com\\\/index.php\\\/2006\\\/11\\\/24\\\/croire-aux-lendemains-qui-font-chanter\\\/\"},\"wordCount\":10745,\"publisher\":{\"@id\":\"http:\\\/\\\/revuepolaire.com\\\/#organization\"},\"articleSection\":[\"\u00c9ditoriaux\"],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/revuepolaire.com\\\/index.php\\\/2006\\\/11\\\/24\\\/croire-aux-lendemains-qui-font-chanter\\\/\",\"url\":\"https:\\\/\\\/revuepolaire.com\\\/index.php\\\/2006\\\/11\\\/24\\\/croire-aux-lendemains-qui-font-chanter\\\/\",\"name\":\"Croire aux lendemains qui font chanter... - Revue Polaire\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"http:\\\/\\\/revuepolaire.com\\\/#website\"},\"datePublished\":\"2006-11-24T10:16:00+00:00\",\"dateModified\":\"2023-11-02T20:08:26+00:00\",\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/revuepolaire.com\\\/index.php\\\/2006\\\/11\\\/24\\\/croire-aux-lendemains-qui-font-chanter\\\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\\\/\\\/revuepolaire.com\\\/index.php\\\/2006\\\/11\\\/24\\\/croire-aux-lendemains-qui-font-chanter\\\/\"]}]},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/revuepolaire.com\\\/index.php\\\/2006\\\/11\\\/24\\\/croire-aux-lendemains-qui-font-chanter\\\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Accueil\",\"item\":\"http:\\\/\\\/revuepolaire.com\\\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Croire aux lendemains qui font chanter&#8230;\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"http:\\\/\\\/revuepolaire.com\\\/#website\",\"url\":\"http:\\\/\\\/revuepolaire.com\\\/\",\"name\":\"Revue Polaire\",\"description\":\"Pour retrouver magn\u00e9tiquement, au-del\u00e0, en-de\u00e7\u00e0 des frilosit\u00e9s postmodernes, l&#039;esprit des p\u00f4les, le grand Air\u2026\",\"publisher\":{\"@id\":\"http:\\\/\\\/revuepolaire.com\\\/#organization\"},\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"http:\\\/\\\/revuepolaire.com\\\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"Organization\",\"@id\":\"http:\\\/\\\/revuepolaire.com\\\/#organization\",\"name\":\"Revue Polaire\",\"url\":\"http:\\\/\\\/revuepolaire.com\\\/\",\"logo\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"http:\\\/\\\/revuepolaire.com\\\/#\\\/schema\\\/logo\\\/image\\\/\",\"url\":\"https:\\\/\\\/revuepolaire.com\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2023\\\/10\\\/cropped-cropped-cropped-b-vert-deau-1-2.png\",\"contentUrl\":\"https:\\\/\\\/revuepolaire.com\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2023\\\/10\\\/cropped-cropped-cropped-b-vert-deau-1-2.png\",\"width\":246,\"height\":246,\"caption\":\"Revue Polaire\"},\"image\":{\"@id\":\"http:\\\/\\\/revuepolaire.com\\\/#\\\/schema\\\/logo\\\/image\\\/\"},\"sameAs\":[\"https:\\\/\\\/www.facebook.com\\\/polaire.editions\\\/?locale=fr_FR\"]},{\"@type\":\"Person\",\"@id\":\"http:\\\/\\\/revuepolaire.com\\\/#\\\/schema\\\/person\\\/11d483a5451aa8b6c61183495e4e3cd5\",\"name\":\"Jean-Louis Clo\u00ebt\",\"image\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/revuepolaire.com\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2023\\\/08\\\/Montage-9-150x150.jpg\",\"url\":\"https:\\\/\\\/revuepolaire.com\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2023\\\/08\\\/Montage-9-150x150.jpg\",\"contentUrl\":\"https:\\\/\\\/revuepolaire.com\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2023\\\/08\\\/Montage-9-150x150.jpg\",\"caption\":\"Jean-Louis Clo\u00ebt\"},\"sameAs\":[\"http:\\\/\\\/revuepolaire.com\"],\"url\":\"https:\\\/\\\/revuepolaire.com\\\/index.php\\\/author\\\/admin3723\\\/\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Croire aux lendemains qui font chanter... - Revue Polaire","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/2006\/11\/24\/croire-aux-lendemains-qui-font-chanter\/","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"Croire aux lendemains qui font chanter... - Revue Polaire","og_description":"\u00ab Le sommeil de la Raison produit des monstres. \u00bb Francisco Goya \u00e0 Roger-Marc, Olivier,...","og_url":"https:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/2006\/11\/24\/croire-aux-lendemains-qui-font-chanter\/","og_site_name":"Revue Polaire","article_publisher":"https:\/\/www.facebook.com\/polaire.editions\/?locale=fr_FR","article_published_time":"2006-11-24T10:16:00+00:00","article_modified_time":"2023-11-02T20:08:26+00:00","author":"Jean-Louis Clo\u00ebt","twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"\u00c9crit par":"Jean-Louis Clo\u00ebt","Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e":"50 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"Article","@id":"https:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/2006\/11\/24\/croire-aux-lendemains-qui-font-chanter\/#article","isPartOf":{"@id":"https:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/2006\/11\/24\/croire-aux-lendemains-qui-font-chanter\/"},"author":{"name":"Jean-Louis Clo\u00ebt","@id":"http:\/\/revuepolaire.com\/#\/schema\/person\/11d483a5451aa8b6c61183495e4e3cd5"},"headline":"Croire aux lendemains qui font chanter&#8230;","datePublished":"2006-11-24T10:16:00+00:00","dateModified":"2023-11-02T20:08:26+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/2006\/11\/24\/croire-aux-lendemains-qui-font-chanter\/"},"wordCount":10745,"publisher":{"@id":"http:\/\/revuepolaire.com\/#organization"},"articleSection":["\u00c9ditoriaux"],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/2006\/11\/24\/croire-aux-lendemains-qui-font-chanter\/","url":"https:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/2006\/11\/24\/croire-aux-lendemains-qui-font-chanter\/","name":"Croire aux lendemains qui font chanter... - Revue Polaire","isPartOf":{"@id":"http:\/\/revuepolaire.com\/#website"},"datePublished":"2006-11-24T10:16:00+00:00","dateModified":"2023-11-02T20:08:26+00:00","breadcrumb":{"@id":"https:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/2006\/11\/24\/croire-aux-lendemains-qui-font-chanter\/#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/2006\/11\/24\/croire-aux-lendemains-qui-font-chanter\/"]}]},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/2006\/11\/24\/croire-aux-lendemains-qui-font-chanter\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Accueil","item":"http:\/\/revuepolaire.com\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Croire aux lendemains qui font chanter&#8230;"}]},{"@type":"WebSite","@id":"http:\/\/revuepolaire.com\/#website","url":"http:\/\/revuepolaire.com\/","name":"Revue Polaire","description":"Pour retrouver magn\u00e9tiquement, au-del\u00e0, en-de\u00e7\u00e0 des frilosit\u00e9s postmodernes, l&#039;esprit des p\u00f4les, le grand Air\u2026","publisher":{"@id":"http:\/\/revuepolaire.com\/#organization"},"potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"http:\/\/revuepolaire.com\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"Organization","@id":"http:\/\/revuepolaire.com\/#organization","name":"Revue Polaire","url":"http:\/\/revuepolaire.com\/","logo":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"http:\/\/revuepolaire.com\/#\/schema\/logo\/image\/","url":"https:\/\/revuepolaire.com\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/cropped-cropped-cropped-b-vert-deau-1-2.png","contentUrl":"https:\/\/revuepolaire.com\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/cropped-cropped-cropped-b-vert-deau-1-2.png","width":246,"height":246,"caption":"Revue Polaire"},"image":{"@id":"http:\/\/revuepolaire.com\/#\/schema\/logo\/image\/"},"sameAs":["https:\/\/www.facebook.com\/polaire.editions\/?locale=fr_FR"]},{"@type":"Person","@id":"http:\/\/revuepolaire.com\/#\/schema\/person\/11d483a5451aa8b6c61183495e4e3cd5","name":"Jean-Louis Clo\u00ebt","image":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/revuepolaire.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Montage-9-150x150.jpg","url":"https:\/\/revuepolaire.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Montage-9-150x150.jpg","contentUrl":"https:\/\/revuepolaire.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Montage-9-150x150.jpg","caption":"Jean-Louis Clo\u00ebt"},"sameAs":["http:\/\/revuepolaire.com"],"url":"https:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/author\/admin3723\/"}]}},"author_meta":{"display_name":"Jean-Louis Clo\u00ebt","author_link":"https:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/author\/admin3723\/"},"featured_img":null,"coauthors":[],"tax_additional":{"categories":{"linked":["<a href=\"https:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/category\/editoriaux\/\" class=\"advgb-post-tax-term\">\u00c9ditoriaux<\/a>"],"unlinked":["<span class=\"advgb-post-tax-term\">\u00c9ditoriaux<\/span>"]}},"comment_count":"0","relative_dates":{"created":"Publi\u00e9 19 ans il y a","modified":"Mis \u00e0 jour 2 ans il y a"},"absolute_dates":{"created":"Publi\u00e9 le 24 novembre 2006","modified":"Mise \u00e0 jour le 2 novembre 2023"},"absolute_dates_time":{"created":"Publi\u00e9 le 24 novembre 2006 11h16","modified":"Mise \u00e0 jour le 2 novembre 2023 21h08"},"featured_img_caption":"","series_order":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/940","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=940"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/940\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1528,"href":"https:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/940\/revisions\/1528"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=940"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=940"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revuepolaire.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=940"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}